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James leva les yeux de sa lecture, partagé entre l’envie de rire et de s’énerver. Severus Rogue, amoureux ? Impossible ! Seulement, ce document prouvait bien le contraire… Ce type est complètement illogique, pensa-t-il, il l’aime, mais passe son temps à l’insulter… « Le Prince-de-Sang-Mêlé se vengera », je rêve, là… Pour qui il se prend, celui-là ?
Le silence pesait sur les amis, plus exténués que surpris. Seul Sirius avait un léger sourire sur les lèvres : il devait encore préparer un mauvais coup… Lynne était la seule qui percevait le trouble de James, c’est pourquoi elle décida d’envoyer tout le monde au lit, avant que ça ne dégénère.
Bon, si on allait se coucher ? demanda-t-elle en étouffant un bâillement.
Bonne idée, je tombe de fatigue, répondit Sirius avec entrain.
Ils montèrent donc dans leurs dortoirs respectifs, déjà à moitié endormis.
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Le lendemain, les autres étaient déjà attablés devant leur petit-déjeuner depuis plus d’une demi-heure, lorsque les expéditeurs nocturnes daignèrent faire leur apparition. Ils avaient tous des mines fatiguées, sauf Lynne et Sirius, et faisaient à peine attention à leurs gestes. Ainsi, William tenta d’attraper la carafe de jus de citrouille, et renversa au passage le café sur la jupe d’Emma, qui poussa un cri de douleur.
Tu pourrais faire attention ! s’énerva-t-elle.
Chui chraimechnt décholé, chai pas chais exchprès… dit-il la bouche pleine.
Hermione nettoya la jupe d’Emma d’un coup de baguette, et celle-ci se rassit, jetant à son frère des coups d’œil furieux.
Sirius observait Lily, indifférent à ce qui venait de se passer. Elle l’avait remarqué et le fixait d’un œil noir. Il se décida enfin à parler, cherchant ses mots :
Lily, tu savais que tu avais un… admirateur secret ? railla-t-il.
La ferme, Sirius ! ordonna James.
Laisse-le finir… dit Lily.
Notre petit Servilo est amoureux ! déclara-t-il à la tablée qui éclata de rire, hormis Lily et ceux qui étaient déjà au courant.
Sirius, arrête ! Je ne vois pas en quoi c’est drôle ! Tu as encore besoin de le provoquer ? s’emporta-t-elle.
Je crois que t’as pas compris, là… Servilo t’aime ! insista-t-il.
Et alors ? Mais je m’en fiche ! Il serait temps que tu grandisses un peu ! T’es sûr que t’as 17 ans ?
Très drôle, Lily… marmonna-t-il.
Je t’avais bien dit de te taire, Sirius ! dit James, rassuré que Lily n’attache pas d’importance à cette nouvelle.
On a quoi comme cours, ce matin ? demanda Lynne à Sirius, souhaitant changer de sujet.
Bonne question, demande à Lily, c’est elle qui sait tout…
Celle-ci s’apprêtait à répliquer, lorsque la porte de la Grande Salle s’ouvrit, laissant apparaître des Serpentards furieux. Ceux-ci se dirigèrent vers la table des Gryffondors, fixant des yeux un groupe précis. Lorsqu’ils approchèrent, tous les Gryffondors pestèrent contre l’odeur nauséabonde qu’ils dégageaient.
Tiens, vous avez changé de gel douche ? C’est plus « Parfum bouse de Dragon », c’est « Parfum haleine de troll » alors ?
Très drôle, Black ! répliqua Rogue, Toi et tes petits copains allaient nous le payer ! Parole de Serpentard !
Pas de problème, Lily t’enverra un sort d’Entrave comme elle sait si bien les faire… ricana Sirius, guettant la réaction de Rogue.
Tu ne pouvais pas tomber plus bas, Black… Se faire protéger par une sale Sang-de-Bourbe…
Ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre… Comment disais-tu, déjà ? Ah oui, « Pourquoi me fait-elle autant d’effet ? » dit-il sur un ton mélo-dramatique.
Rogue devint encore plus pâle, si c’était toutefois possible, semblant se contenir de lui sauter à la gorge.
Je ne sais pas comment tu l’as eu, Black, mais tu vas me rendre ça, et tout de suite ! rugit-il.
Hum… je sais pas… dit-il, faisant semblant de réfléchir intensément. Non, je crois que je vais le garder, pour voir ce qu’il y a marqué d’autre…
Qu’est-ce qu’il a pris Rogue ? demanda un autre Serpentard.
Ca ne te regarde pas ! Black, tu vas bien m’écouter, maintenant, soit tu me rends ce que tu m’as pris, soit je serais obligé de te le prendre par la force !
C’est fou comme j’ai peur ! Attention, Servilo va sortir le bout de bois qui lui sert de baguette ! se moqua-t-il.
Sirius, rend-lui, ordonna Lily.
Hein ? Mais t’es malade ! C’est super instructif ! Si ça se trouve, je vais découvrir que Servilo est un vrai petit ange sentimental ! Tu veux quand même pas me faire rater ça ?
Sirius, ne me force pas à m’énerver, et rend-lui !
Fait ce qu’elle te dit, l’odeur commence à me donner mal à la tête… pesta Lynne.
Pff… bougonna Sirius en rendant son journal à Rogue, qui le prit rapidement et le cacha dans une poche de sa cape.
On se reverra, Black ! dit-il d’un ton théâtral, avant de tourner le dos.
Mais oui, c’est ça…
Le reste du petit-déjeuner se déroula sans aucun incident, Sirius ne parlant plus à personne. Ils se rendirent bientôt aux serres, dans le froid de ce début de mois de novembre. Ils rentrèrent deux heures plus tard : ils avaient une heure de temps libre, avant le déjeuner. Ils s’installèrent donc dans la bibliothèque, et commencèrent à travailler pour certains, à chuchoter pour d’autres. La porte de la bibliothèque s’ouvrit, et un courant d’air glacial envahit la pièce, faisant frissonner les jeunes gens. Albus Dumbledore s’approcha d’eux, un sourire bienveillant flottant sur les lèvres. Il fit signe aux six intrus d’approcher, ce qu’ils firent, et leur parla à voix basse :
Je vous ai trouvé un moyen pour revenir chez vous, les informa-t-il.
Et en quoi consiste-t-il, professeur ? demanda Hermione, avide d’en savoir plus.
Vous verrez… Venez tous les six dans mon bureau ce soir après le dîner, et faite vos adieux à vos camarades, avant… Sur ce, je vous laisse étudier ! dit-il avec un clin d’œil.
Wayne avait oublié comment il pouvait être aussi mystérieux, ce qui l’agaçait au plus haut point. Puis il se rappela qu’il était mort, et une vague de regret l’envahit. Certes, jouer aux devinettes était parfois énervant, mais ce sourire bienveillant, cette sensation de force lorsque l’on était à proximité, cette confiante sérénité qu’il dégageait, ces soirs passés dans son bureau à essayer d’analyser le passé de Tom Jésudor, tout ça lui manquait atrocement, et c’était à ce moment-là qu’il se rendit vraiment compte à quel point Dumbledore était un être cher pour lui, et combien il avait été cruel de s’emporter contre ce directeur, qui l’avait toujours protégé des dangers, qui avait veillé sur lui, qui l’avait soutenu dans toutes ces épreuves qu’il avait du affronter, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent à peine sorti de l’enfance, et surtout, qui lui avait appris à quoi il était voué, c’est-à-dire à détruire Lord Voldemort. Il retourna à sa place en soupirant, combien de fois encore allait-il se rappeler de tous ces moments horribles qu’il avait vécu ? C’était fini, il voulait oublier tout ça, tourner la page, et avancer vers le destin qui l’attendait, qu’importe en quoi il consiste, il le ferait pour tous ces êtres chers qui avaient péris pour le protéger, pour tous ses amis et pour sa sœur… Oui, il devait leur permettre de vivre une vie sans souffrance, où aucun mage noir ne viendrait les surprendre en pleine nuit… Où ils pourraient vivre cette vie que ses parents n’avaient pas pu avoir, et pour ça, il donnerait même sa vie.
Il sortit de ses pensées, et se mit à parler avec Emma à voix basse. Ils profitèrent de leur dernière journée avec Lily, James, Sirius et Lupin. Ils avaient décidé de leur annoncer leur départ juste au dîner, ne voulant pas leur gâcher leur journée. Ils s’assirent donc à la table des Gryffondors, et commencèrent à manger, s’observant du coin de l’œil pour voir qui allait se décider à parler. Lynne soupira, et posa ses couverts, s’apprêtant à parler :
Nous… nous repartons… ce soir… annonça-t-elle.
Oh… eh bien… nous pourrons nous écrire ! regretta Lily.
C’est que… commença William.
Le courrier n’est pas autorisé à Dumstrang… compléta Owen.
Quoi ! Mais c’est pas une école, c’est une prison ! s’exclama James.
Non, non, je t’assure, c’est bien une école… dit Lynne joyeusement.
En tout cas, ça va nous faire un sacré vide, quand vous serez parti ! dit Sirius.
Ca, c’est sûr ! affirma Lupin.
Le reste du repas se déroula joyeusement, tous voulant profiter au maximum de leurs derniers instants en compagnie de leurs amis. Puis, il fut temps de se rendre au bureau du directeur. Ils s’arrêtèrent à la porte de la Grande Salle :
Bon… bein… balbutia Lily.
Ouais… adieu… murmura Sirius.
Ils s’étreignirent tous, et partirent en direction du bureau de Dumbledore, avant que les effusions ne se transforment en torrents de larmes pour les filles.
Suçacides ! dit clairement Owen.
Ils pénètrent alors dans le bureau. Là, Dumbledore les attendait tout en caressant Fumseck. Il se retourna et alla s’asseoir à son bureau, regardant les jeunes sorciers pensivement, il se racla enfin la gorge et commença à parler :
Eh bien, jeunes gens, vous allez pouvoir rentrer chez vous… Le sort qui fait effet sur vous pour vous empêcher de parler, ne fera plus effet une fois que vous serez dans votre présent. Le professeur Slughorn a eu la gentillesse de me préparer une potion - assez particulière, je dois dire – qui ramène automatiquement celui qui la boit dans le lieu où il a fait ses études, qu’importe l’espace-temps… Vous vous doutez sûrement que cette potion n’est pas à la portée de tout le monde, elle nécessite des ingrédients très rares, et un réel don pour l’art des potions… Il vous suffira d’en boire une gorgée chacun, poursuivit-il en sortant d’un tiroir une fiole contenant un liquide violet. Cependant, je préfère vous prévenir que vous avez continué de vivre, dans le présent… Ce qui signifie que les gens vous sûrement vous parler de choses que vous ne vous rappellerez pas d’avoir faites…
Je ne comprends pas, professeur… Notre corps a continué à agir, dans le présent ? s’étonna Hermione.
Non, Miss Granger, votre corps et votre esprit, enfin, tout ce qui constitue une personne normale…
Mais… Comment peut-on être dans deux endroits différents à la fois ? Je veux dire… surtout avec 20 ans d’écart…
Écoutez-moi bien, tous, ce calendrier que vous avez touché, n’était pas là par hasard… C’est un objet qui contient de la magie noire très puissante ! Et la personne qui l’a placé là, l’a fait volontairement… Tout en sachant que vous alliez le prendre… Bon, trêve de bavardage ! Je pensais que vous étiez pressés de retourner dans « votre » présent ?
Oui, bien sûr, professeur… acquiesça Hermione.
Alors, je vous souhaite bon voyage ! dit-il joyeusement tout en leur tendant la fiole.
Ils burent chacun une petite gorgée, et quelques instant plus tard, ils ressentirent la même sensation de tomber dans un gouffre sans fond, puis basculèrent sur un sol dur et froid. Ils étaient enfin de retour dans le présent ! Ellana leur redonna leurs véritables apparences, et ils regardèrent où ils étaient apparus : le hall de Poudlard, désert à cette heure, tous les élèves étant dans leurs dortoirs. Ils regagnèrent donc chacun leurs dortoirs, épuisés : ils avaient convenu qu’ils parleraient le lendemain. Ellana et Draco se dirigèrent donc vers leur salle commune, silencieusement. Le Serpentard regardait droit devant lui, indifférent aux regards insistants que sa partenaire posait sur lui. N’y tenant plus, elle explosa :
Mais qu’est-ce qu’il y a, à la fin ! Ca fait une semaine que tu ne m’as pas adressé la parole ! Qu’est-ce que je t’ai fait ?
Il la fixa, une expression étrange sur son visage à la peau pâle. Ils s’étaient arrêtés, et Ellana l’observait toujours avec hargne. Il s’approcha légèrement d’elle, et caressa sa joue du revers de la main :
Pardonne-moi… Tu comprends… Vous avez tous l’air si… soudés…
C’est ça avoir des amis, Draco… murmura-t-elle, à présent calmée.
Il l’embrassa, et ils repartirent vers leur salle commune, main dans la main. Elle l’observait toujours en coin : cette attitude contrastait de beaucoup avec celle qu’il avait adoptée ces derniers jours, et pour être franche, elle doutait qu’il se soit déjà excusé un jour… Elle s’endormit sur ces pensées.
Le lendemain matin, ils se retrouvèrent tous, pendant leur heure de pause, dans la Salle sur Demande.
Alors, vous avez une idée de qui a bien pu vouloir nous ramener dans le passé ? demanda Ginny.
Je ne sais pas… En tout cas, la personne ne devait pas nous vouloir du mal, vu qu’il ne s’est rien passé… dit Hermione.
Oui, c’est peut-être quelqu’un qui voulait que nous voyions quelque chose… suggéra Ron.
C’est possible… Mais pour voir quoi ? demanda Harry.
Bah, réfléchis, Potter ! Qu’est-ce que tu as appris et que tu ne savais pas ? railla Draco.
Rogue ! s’exclama celui-ci.
Tu as peut-être un cerveau, alors… dit Draco, pensif.
Mais qui voudrait que nous apprenions ça ? demanda Ginny.
Mais c’est logique ! s’exclama Ellana. C’est Dumbledore !
Ouf… je ne sors pas avec une demeurée… soupira Draco, réprimant un sourire.
Ne me dis pas que tu le savais depuis le début ! se récria Harry.
Enfin, Potter, qui pourrait avoir une idée aussi stupide, à part Dumby ? Hein ? se moqua-t-il.
Draco ! le gronda Ellana, ne pouvant s’empêcher de sourire à l’appellation « Dumby ».
Il faudrait aller vérifier par nous-même, proposa Ron. Nous pouvons aller le voir, dans le bureau de McGonagall…
Quelques minutes plus tard, ils se tenaient devant le tableau d’Albus Dumbledore. Celui-ci dormait, où du moins, faisait semblant…
Professeur ? l’appela Hermione.
Il feinta de sursauter, et regarda d’un air malicieux les jeunes sorciers :
Ah, bonjour jeunes gens ! Que me vaut l’honneur de votre visite ? demanda-t-il.
Albus, est-ce toi qui as placé ce calendrier dans une petite salle ? le questionna Ellana.
Ah... Je vois… Votre petite expédition vous a plu ? Je pensais que ça intéresserait certains de savoir ça… répondit-il d’un ton mystérieux.
Mais… commença Harry.
Trop tard, il s’était rendormi… Ils décidèrent d’oublier cette histoire, qui ne pouvait pour l’instant leur servir à grand chose.
Le mois de novembre s’écoula, ainsi que le début du mois de décembre ; aucun incident étant à signaler, à part quelques morts de Moldus suspectes… Voldemort préférait se tenir à l’écart, on aurait dit…
Bientôt, les vacances de Noël arrivèrent, apportant avec elles, joie et bonne humeur. Il était convenu qu’ils rentreraient tous 12, Square Grimmaurd, même Draco, n’étant à présent plus en sécurité chez lui.