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C’était le 24 décembre, premier jour des vacances, et tous les élèves allaient et venaient dans les dortoirs, rassemblant leurs affaires éparpillées aux quatre coins de la pièce, se préparant à passer les vacances de Noël dans leur famille. Les bagages de Ginny, Hermione, Ellana et Draco étaient déjà prêts, et ils attendaient Harry et Ron, qui s’y étaient pris à la dernière minute, comme à leur habitude. Le professeur Lupin devait les escorter jusqu’au Square Grimmaurd, où ils seraient enfin en sécurité.
Le Serpentard était quelque peu anxieux : il redoutait l’accueil des parents de Ron. Ellana tentait tant bien que mal de le réconforter, mais rien n’y faisait, il était persuadé qu’il serait jeté de la maison à coups de pieds au derrière.
La jeune Serdaigle s’approcha alors de Ron, et lui murmura à l’oreille :
- Tu pourrais faire quelque chose, s’il te plait ?
- Que veux-tu que je fasse… bougonna-t-il.
- Allez, s’il te plait ! Dis-lui juste que tes parents ne vont pas le mettre à la porte !
- J’aimerai bien qu’ils le fassent, tiens… Bon d’accord ! marmonna-t-il devant le regard insistant de son amie.
Il se tourna vers Draco, et s’exclama :
- T’es bien un Serpentard, toi ! Quel trouillard ! se moqua-t-il devant l’air outré d’Ellana.
- La ferme, Weasley ! La seule chose que je crains, c’est d’attraper des puces à habiter sous le même toit que toi et ta famille de traîtres à leur sang ! cracha-t-il.
Les oreilles du Gryffondor devinrent cramoisies, et seule Hermione qui s’interposa, l’empêcha de se jeter sur Draco.
- Ron, tu veux bien te dépêcher, s’il te plait, Lupin nous attend ! s’exaspéra-t-elle.
- Oui, oui, c’est bon… grogna-t-il.
Quelques minutes plus tard, ils descendirent dans le hall d’entrée, en retard de 20 minutes. Lupin les attendait, le sourire aux lèvres.
J- e vois qu’il y en a qui ont encore du mal à se lever ! dit-il avec un clin d’œil.
Ils sortirent du château, bavardant joyeusement avec le professeur. Une fois arrivés à Pré-Au-Lard, ils transplanèrent et quelques minutes plus tard, ils se tenaient devant le numéro 11 et 13 du Square Grimmaurd. Lupin tendit au Serpentard un petit bout de parchemin où il était inscrit l’adresse. Draco hocha lentement la tête en signe qu’il avait compris, et lorsqu’il releva la tête vers la bâtisse, une maison était venue s’ajouter entre le numéro 11 et13. Ils entrèrent précipitamment dans la maison, veillant à ne pas se faire voir, et furent accueillit par l’habituel hurlement de Mrs Black. Mrs Weasley se précipita, accompagnée de Lupin pour tenter de fermer les rideaux du tableau. Une fois ceci terminé, Mrs Weasley se dépêcha de les débarrasser de leurs affaires. Elle leur fit signe d’entrer dans le salon, et ils s’exécutèrent. Elle referma la porte derrière elle, et vint s’asseoir à côté d’eux.
- Tu dois être la sœur d’Harry, c’est ça ? se renseigna Mrs Weasley.
- Oui, je suis Ellana Evans.
- Oui, le professeur McGonagall m’a raconté… Et toi, tu es Draco Malefoy… dit-elle froidement.
- Oui.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai appris par le professeur McGonagall que vous meniez des missions contre Vous-Savez-Qui. Est-ce vrai ? demanda-t-elle en ignorant Draco.
- Oui, je suis désolé Mrs Weasley, mais je ne peux pas vous dire en quoi cela consiste, s’excusa Harry.
- Mais… mais… Ginny n’est pas majeure ! Je sais bien que je ne peux pas interdire à Ron de le faire, mais… Ginny…
- Ne vous inquiétez pas, je ne ferais rien qui pourrait mettre Ginny en danger ! la rassura Harry.
- De toute façon, je suis assez grande ! se récria la concernée.
- On va dans nos chambres, dit Harry avant que la conversation tourne au vinaigre.
Ils montèrent dans une chambre, et se mirent à bavarder joyeusement. Le soir, se déroulerait la fête du réveillon, en compagnie de tous les membres de l’Ordre.
- Dis, Harry, il reste deux Horcruxes, d’après ce que tu as dit, c’est ça ? demanda Hermione.
- Mais, tu ne nous avais pas dit l’année dernière, que Dumbledore avait trouvé une espèce de bague ? se rappela Ron.
- Mais oui ! J’avais oublié la bague des Gaunt ! s’exclama Harry. Ca veut dire qu’il n’en reste plus qu’un !
- Youpi… marmonna Draco.
- Tu comptes aller le chercher quand, Harry ? demanda Ellana.
- Je n’en ai aucune idée… Je ne sais même à quoi il ressemble et où il peut être caché !
- Ce serait logique qu’il soit chez Barjow&Beurk, quand on y réfléchit… C’est là qu’il a commencé sa carrière… proposa Hermione.
- Mais Barjow ou Beurk seraient tombés dessus, depuis le temps, non ? s’étonna Ginny.
- Je ne pense pas, les Horcruxes sont bien cachés, n’est-ce pas Harry ?
- Effectivement, c’est possible… Qu’en penses-tu, Ellana ?
- Hum… Il faudrait aller y jeter un coup d’œil… murmura-t-elle.
- Oui, mais quand ? demanda Ginny.
- Cette nuit, dit Ellana.
- Hein ?! s’exclamèrent-ils en cœur.
- Il faut agir vite, les magasins sont fermés la nuit de Noël, et ils doivent sûrement être allés faire la fête quelque part…
- Tu imagines Barjow et Beurk faire la fête, toi ? dit Ron d’un air dégoûté.
- Je peux toujours l’espérer… murmura Ellana.
- LES ENFANTS VENEZ A TABLE ! cria Mrs Weasley, mettant fin à leur discussion.
Ils descendirent donc, et s’attablèrent devant une pile de sandwichs au bacon.
- Vous m’aiderez à préparer le salon pour les invités, les meubles sont recouverts de poussière ! dit la mère de Ron.
- Oh, non, maman, s’il te plait, demande à Kreattur, nous on est fatigués ! se plaignit Ginny.
- Oui, c’est vrai, Mrs Weasley, nous sommes très fatigués ! renchérit Draco.
- Et bien, si vous êtes fatigués, il ne faudra pas faire la fête ce soir ! reprit-elle.
- Si, si, en fait, on se sent beaucoup mieux ! lança Ginny.
- Bah voyons ! s’exclama-t-elle. Vous avez de la chance vous avez vos baguettes pour vous aider…
- Pas moi, grommela Ginny.
- Allez venez, plus vite ce sera commencé, plus vite ce sera fini ! lança Harry.
- Je suis pas un Elfe de Maison, moi ! se récria Draco.
- Draco, s’il te plait, ne fais pas d’histoires ! s’impatienta Ellana.
- Pff… C’est bon, j’arrive…
Ils passèrent donc l’après-midi à nettoyer le salon et les autres pièces de la maison, et, le soir venu, ils montèrent dans leurs chambres pour se préparer. Ellana prit la parole :
- Il faut que nous nous habillions normalement, sinon nous serons gênés par nos habits au moment de partir.
- On ne peut pas non plus se permettre d’arriver en jean et pull-over dans le salon où se trouvent tous les membres de l’Ordre ! s’écria Hermione.
- Qui a parlé de jean et de pull ? demanda malicieusement Ellana.
- Que veut-tu que l’on mette, alors ? s’inquiéta Ron.
- Non, même pas en rêve, je sais déjà à quoi tu penses, et je préfère que tu ne le dises pas… grommela Draco.
La concernée eu un sourire victorieux et continua :
- Que dites-vous d’une soirée pyjama ?
Ils éclatèrent de rire, persuadés qu’elle plaisantait. Ellana les regardait, le plus sérieusement du monde, une moue d’incompréhension sur le visage :
- Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il y a de drôle ?
- Une… soirée… pyjama… articula Harry entre trois fous rires.
- Je suis très sérieuse, arrêtez !
- Hein ?! balbutia Ron.
- Vous vous mettez tous en pyjama, et que ça saute ! ordonna-t-elle.
- Je t’annonce solennellement que tu es complètement folle… soupira Ginny.
- C’est ça, et la folle elle vous dit que c’est beaucoup plus pratique !
Après maintes discussions, ils optèrent pour jean et pull-over, au grand dam d’Hermione, qui ne cessait de soupirer d’exaspération. Une heure et demi plus tard, ayant fixé l’heure où ils partiraient pour le Chemin de Traverse – à 3 heures de matin – ils descendirent dans le salon, où tous les invités étaient déjà présents, tous en vêtements de Moldus.
Cela faisait maintenant trois heures que la fête avait démarré, et tout se passait à merveille, lorsque des bruits venant de l’extérieur se firent entendre. Des bruits d’explosions, de verre brisé. Les discussions s’arrêtèrent, tous guettaient le moindre bruit porteur de mauvaises nouvelles. Mrs Weasley se précipita à la fenêtre, et poussa un cri de frayeur : des Mangemorts saccageaient les maisons voisines, massacrant les Moldus qui y habitaient. Ils cherchaient l’Ordre, grâce aux informations que Rogue avait du leur donner, mais c’était sans compter les nouvelles protections mises en place par le professeur McGonagall.
Tous se précipitèrent pour voir. L’horreur pouvait se lire sur tous les visages, mais aucun n’osait sortir pour sauver ces pauvres Moldus. Tous ne pensaient qu’à eux, qu’à se protéger. En période de guerre, chacun sa peau… Pourtant, nombre d’entre eux auraient voulu les aider, mais ils ne voulaient et ne pouvaient trahir les leurs. Se montrer au grand jour révèlerait leur cachette…
D’autres Moldus se firent traîner hors de leur maison, rejoignant un couple de personnes âgées et un adolescent. Leurs cris transperçaient le froid de cette nuit enneigée, des cris de douleur, de désespoir et de peur, se mêlant aux hurlements sauvages des Mangemorts. Ils subissaient l’Endoloris avec peine, se tortillant dans la neige, s’arrachant les cordes vocales. Puis les sortilèges prirent fin, et ils restèrent sur le sol, n’étant plus que masses sombres et informes, agitées de spasmes. Les Mangemorts disparurent.
Les membres de l’Ordre étaient bouleversés, certains pleuraient. Ces Moldus n’avaient pas mérité ce qui leur était arrivé, leur vie en était à présent changée. À cause de bourreaux sans cœur, qui vivaient pour tuer et détruire, et à cause de cette guerre qui faisait rage à leur insu. Ellana s’était blottie contre Draco, qui lui caressait les cheveux doucement, les yeux dans le vague. Lupin toussa, puis dit d’une voix rendue roque :
- Je pense que la fête est terminée, nous allons partir. Bonne fin de soirée, Molly.
- Merci Remus, soyez prudents, surtout.
Les invités partirent donc, la tête basse.
- Allez vous coucher, les enfants ! ordonna Mrs Weasley.
Harry, Ellana, Ron, Hermione, Ginny et Draco montèrent les escaliers lentement, encore sous le choc. Une fois en haut, ce fut Harry qui reprit la parole :
- Rien que pour ces massacres, il faut que la guerre cesse et il faut que nous allions ce soir chez Barjow&Beurk.
- Es-tu bien sûr Harry ? demanda Hermione.
- Bien sûr, qu’il est sûr ! s’exclama Ellana.
- Ellana a raison, Hermione, il le faut, dit-il d’un ton résolu.
- Comme tu voudras…
- Et il n’est pas question que je reste ici ! prévint Ginny.
- Je ne… commença Harry.
- Harry, écoute-moi ! Même si c’est la dernière chose que je dois faire, je le ferai ! Je suis assez grande pour gérer ma vie sans ma mère ! J’en ai assez de devoir obéir ! s’écria-t-elle.
- Ok, ne t’énerve pas, s’il te plait… la calma Ellana.
Sur ce, ils partirent prendre un repos mérité, avant le moment fatidique. Ellana fut la première réveillée, et elle s’approcha doucement de Ginny, et se mit à la chatouiller. Elle se réveilla en sursaut, et se mit à rire, mais fut vite coupée par la main de sa meilleure amie sur sa bouche. Elles réveillèrent les autres, et quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent dans la chambre des filles, une cape de voyage sur le dos. D’un accord commun, ils descendirent doucement, veillant à ne pas réveiller la mère de Ron et Ginny.
Une fois dehors, ils transplanèrent et se retrouvèrent devant la façade sale de Barjow&Beurk.
- Alhomora !
La porte s’ouvrit en grinçant, révélant un magasin sombre et poussiéreux.
- Lumos !
La lumière provenant de la baguette de Ron éclaira la pièce et ils avancèrent lentement vers l’arrière-boutique, attentifs au moindre bruit suspect.
- C’est l’arrière boutique… murmura Hermione.
- Non ?! Comment t’as deviné ?! railla Draco.
Ellana, lassée de leurs habituelles chamailleries, continua à avancer et arriva bientôt au fond du magasin. C’était un mur de pierre noire, comme du granit, et qui brillait légèrement dans l’obscurité. Intriguée, la jeune fille se rapprocha encore, et caressa du bout des doigts la surface rugueuse. Aucun signe de passage n’indiquait qu’une éventuelle porte se trouverait ici, mais la jeune Serdaigle en était persuadée. Les autres la rejoignirent, furent aussi saisis par la certitude à penser que l’entrée était là.
- Alhomora ! cria Ron.
- Voyons, réfléchis ! Tu-Sais-Qui ne protègerait pas ses Horcruxes par un simple sort de déverrouillage ! s’exclama Hermione.
- Peut-être que c’est le même système que dans la grotte, dans ce cas, il faut que je donne du sang… murmura Harry.
- Du sang ! s’écria Ginny.
Alors, sans l’écouter, Harry remonta la manche de son bras gauche, et, à l’aide de sa baguette, il entailla la peau. Le sang se mit à couler à flot, et il pressa son bras contre la paroi. Il attendit quelques instants, puis, voyant que rien ne c’était passé, il retira son bras ensanglanté, déçu.
- Laisse-moi te guérir ça, Harry, dit Ellana.
- Non, merci, ça va aller.
- Ne sois pas ridicule, Potter, tu vois bien que ton bras est dans un sale état ! ricana Draco. Ah, non, j’oubliai, l’Élu n’a pas besoin de se faire guérir…
- Mais arrêtez, bon sang ! Concentrez-vous sur un moyen pour ouvrir ce mur au lieu de vous préoccuper de moi ! s’énerva Harry.
Le temps passait, et ils avaient tout essayé, sans succès. Alors, qu’ils avaient perdu tout espoir, Ellana se plaça devant le mur et leva les bras vers le ciel. Elle ferma les yeux, et entonna une douce mélodie. Personne n’osait parler, de peur de la déconcentrer, et ils étaient tous envoûtés par ce chant harmonieux. Au bout d’un temps qu’il leur parut infiniment long, elle rouvrit les yeux, et, d’un geste rapide, tendit ses bras vers le mur. Un bruit de fracas retentit, et ils se retrouvèrent tous sous des débris de granite. Ils sortirent des décombres difficilement, et tous regardèrent Ellana avec des yeux ronds. Elle fit un geste négligé de la main et leva les yeux au ciel tout en soupirant :
- Ce n’est pas grand chose. Vous allez rester là pendant encore longtemps ?
- Tu m’étonneras toujours, toi ! s’exclama Draco avec un sourire malicieux.
- J’espère bien !
Ils se retournèrent, et scrutèrent le trou à travers la poussière stagnante. Ils avancèrent, et ils distinguèrent alors une petite pièce, avec un autel au centre ; et, derrière, sur un piédestal, se trouvait une petite coupe en or scintillante. Ils se sourirent : finalement, ce n’était pas si dur que ça !
Ils s’approchèrent de l’autel, et virent gravé sur la pierre ces mots : « L’avenir n’appartient qu’à celui qui s’est vu offrir du sang. » A la lecture de ses mots, un rayon doré vint couper la pièce en deux, rendant la coupe inaccessible.
- Il faut donner du sang, je pense, dit Harry.
- Laisse-moi le faire Harry, tu en as déjà trop perdu, s’interposa Hermione.
Et, sans réfléchir, elle ouvrit son bras, et laissa quelques gouttes de sang s’échapper. Au moment où le liquide rougeâtre atteignait l’autel, Hermione se mit à hurler. Ron la regardait sans comprendre, lorsqu’il vit la tâche de sang mouiller son pull à la hauteur de son cœur. Elle continuait à hurler, et s’agenouilla. Ginny se précipita et soutenu son amie.
- Dépêchez-vous ! hurla-t-elle. Trouvez une solution pour la coupe !
- « L’avenir n’appartient qu’à celui qui s’est vu offrir du sang. » Qui s’est vu offrir du sang ? paniqua Ron.
- Je sais ! Voldemort ! s’écria Harry.
- Tu sais, on se trimballe pas avec un échantillon de son sang dans la poche, Potter, dit Draco d’un ton sarcastique.
- Harry ! Il a le même sang que toi ! balbutia Hermione.
A présent, du sang sortait de sa bouche, et Ginny tentait tant bien que mal de l’essuyer. Elle lança un regard désespéré à Ellana, mais celle-ci lui fit comprendre qu’elle ne pouvait rien faire, elle ne pouvait guérir les blessures dues à la magie noire. Hermione était dans un piteux état, son pull était recouvert de sang, son visage mouillé de sueur et les yeux dans le vide.
Sans hésiter plus longtemps à la vue de son amie, Harry ré-entailla son bras et laissa son sang couler. Aussitôt, les rayons disparurent, et Harry se précipita pour prendre la coupe. Il la fourra dans sa cape et revint auprès des autres. Ron prit Hermione dans ses bras, et ils se mirent à courir jusqu’à la sortie. Une fois dehors, ils transplanèrent, et quelques instants plus tard, le hurlement de Mrs Black retentit au 12, Square Grimmaurd.