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Author of 6 Stories |
Voilà l'Ultime chapitre de cette fanfiction, je ferai un épilogue prochainement. Merci à tous ceux qui ont suivi cette fanfiction (s'il y en a)... Bonne lecture !
Chapitre 17 : Rira bien, qui rira le dernier
Mrs Weasley surgit en robe de chambre dans le hall d’entrée, et s’arrêta de stupéfaction lorsqu’elle vit l’état d’Hermione. Ron se précipita dans le salon et déposa la jeune fille sur le canapé. Du sang coulait doucement du coin de sa bouche, et son pull était trempé de sang. La mère de Ron commença à tamponner la plaie avec un chiffon humide. Elle ne disait rien, les mots étaient de trop. Fébrilement, elle épongea le front de la jeune Gryffondor, et laissa échapper un gémissement. Des morts, des blessés, du sang, elle en avait trop vu. La seule peur qui la hantait était de retrouver un membre de sa famille agonisant, comme l’était Hermione à ce moment-là. Bien sûr, elle n’était pas son enfant, mais elle la considérait comme telle, et la perdre serait une atroce souffrance. Hermione était quelqu’un d’attachant, de confiant et de sincère. Elle ne pouvait pas partir comme ça ! Non… Elle ne le pouvait pas… Mrs Weasley se prit la tête dans les mains, et se mit à sangloter contre le canapé. Les autres étaient derrière, et ne bougeaient pas. Serrés les uns aux autres, la tête basse, les épaules voûtées, ils ne pipaient mot. Seuls les bruyants hoquets de Mrs Weasley brisaient le silence cristallin de la nuit.
Alors, Ellana se détacha de Draco contre lequel elle s’était blottie, et s’avança d’un pas hésitant vers le corps de son amie. Elle s’agenouilla, et mit ses mains frêles et tremblantes au-dessus du corps d’Hermione. Elle ne pouvait guérir les sortilèges de magie noire, mais pouvait au moins soigner la plaie. Elle ferma les yeux, et se laissa envahir par cette étrange magie qui l’habitait. Quelques instants plus tard, la blessure sanguinolente s’était refermée, mais Hermione était toujours inconsciente. Ellana se retourna, et haussa les épaules en signe d’impuissance.
- Je ne peux pas faire mieux… murmura-t-elle.
- Ca va aller… Hermione a toujours été forte ! Elle va s’en sortir, il n’y a aucun doute ! tenta de s’en convaincre Harry.
- Oui… J’espère… balbutia Ron.
Celui-ci tenait la main de la jeune fille, et se cramponnait à elle. Il s’y cramponnait comme à une bouée de sauvetage. Hermione ne pouvait pas partir. Elle ne pouvait pas l’abandonner ! Que deviendrait-il sans sa Miss Je-Sais-Tout préférée ? Alors, un flot de souvenir heureux en sa compagnie l’envahit, et il sourit. Un sourire à la fois triste, et joyeux, pour des souvenirs heureux et à la fois tragiques. Puis son sourire se transforma en grimace de douleur. Qu’il était bête ! Pourquoi avait-il perdu autant de temps à faire son timide ? Pourquoi n’avait-il pas profité pleinement de ces moments avec elle ? Pourquoi ? Alors qu’il savait pertinemment que le Mage Noir aurait raison de séparer le trio qu’ils formaient avec Harry !
Une main se posa alors sur son épaule, lui rappelant qu’il ne serait jamais seul. Il se releva, et croisa le regard émeraude de son meilleur ami. Il pouvait y lire toutes les émotions qu’il ressentait lui-même, toutes étaient communes. Leur douleur était partagée.
Ils passèrent encore quelques heures au chevet de leur amie, puis partirent se coucher, harassés de chagrin. Seul Draco dormit cette nuit-là. Ils se levèrent à une heure avancée, et trouvèrent avec étonnement des cadeaux aux pieds de leur lit.
- Pourquoi on a des cadeaux ? demanda Ginny à Ellana.
- C’est Noël… chuchota-t-elle.
Les garçons pénétrèrent dans leur chambre, des poches sous les yeux, Ron et Harry plus tristes que jamais. Ron tenait une robe de soirée brillante, et Harry un livre de Quidditch. Devant l’air interrogateur des jeunes filles, Ron balbutia :
- Ce… Ce sont les cadeaux… d’… d’Hermione… Maman ne veut pas qu’on aille la voir…
Ils s’assirent, découragés, aux côtés de Ginny et Ellana. Bien que le cœur n’y était pas, elles entreprirent d’ouvrir leurs cadeaux. Draco s’approcha d’Ellana et lui enserra la taille, nichant sa tête dans le creux de son épaule.
- Merci… Pour l’Éclair de Feu… murmura-t-il.
Elle hocha les épaules en gage de réponse, et continua à déballer un gros paquet qui refusait de s’ouvrir, tout en reniflant. Ellana reçu un bracelet en argent de la part d’Hermione, et Ginny eut des vêtements. Puis cette dernière prit le dernier de ses cadeaux : une petite boite ronde qui bougeait. Sans plus de cérémonie, elle l’ouvrit et en sortit une minuscule boule de poils blancs neige. Ellana eut un faible sourire à la vue de son cadeau, puis prit la parole :
- Il s’appelle Sylver…
- Merci beaucoup… murmura sa meilleure amie.
Le petit chaton mordillait doucement le pyjama de Ginny. Il était magnifique : ses poils étaient d’un blanc éclatant, et ses yeux, d’un bleu turquoise. D’un accord commun, ils décidèrent de descendre : ce n’était pas Mrs Weasley qui les empêcherait de voir leur meilleure amie ! Du salon, leur provenait des bruits de voix. Ils se regardèrent : était-elle réveillée ! Ils se ruèrent sur la porte – qu’ils démolirent au passage- et pénétrèrent dans le salon. Là, se tenait Mrs Weasley, agenouillée près du canapé, et Hermione elle-même assise sur celui-ci. La mère de Ron lui parlait, mais elle n’écoutait apparemment pas ; elle se contentait de fixer avec curiosité les nouveaux venus. Mrs Weasley se tourna vers eux : elle avait les yeux rougis et le teint pâle. Elle s’approcha, et leur chuchota à l’oreille d’une voix cassée :
- Le… Le sort lui… lui a fait perdre la… la… la raison…
Puis elle éclata en sanglots et quitta la pièce. Redoutant le pire, ils s’avancèrent vers leur amie, et Ron s’assit à côté d’elle. Il la serra contre lui. Elle, ne réagissait pas, et ne faisait pas un geste pour le réconforter. Elle le fixait d’un air hagard. Il sortit alors une petite boite de sa poche, l’ouvrit, et en sortit une bague étincelante. Il lui passa au majeur, et murmura :
- Joyeux Noël, Hermione…
Il releva la tête, et vit qu’elle le fixait avec un sourire béat. Sa mère avait dit vrai : Hermione ne serait plus jamais l’adorable Miss Je-Sais-Tout d’auparavant. Elle était condamnée pour l’éternité à la folie. Alors, Ron pleura, pleura pendant une durée qui lui sembla infiniment longue. Puis il s’arrêta, et, sans un regard, monta s’enfermer dans sa chambre. Tous étaient profondément meurtris, et tristes de voir l’état dans lequel leur amie se trouvait à présent. Harry n’en était que plus résolu à tuer Voldemort. Maintenant, il n’avait plus qu’un Horcruxe à détruire, et dès que McGonagall viendrait au QG, il le lui demanderait.
Tous passèrent les deux semaines qui suivirent à faire semblant d’être heureux lorsqu’ils étaient avec Hermione, mais en réalité, ils étaient écrasés par le chagrin. Ils étaient solidaires, plus liés que jamais, même Draco, qui avait fait une trêve avec Harry et Ron. La directrice n’était pas venue, mais Mr Weasley, Fred, et Georges étaient passés, mais vite repartis. Il était temps de repartir pour Poudlard, mais sans Hermione, cette fois-ci. Mrs Weasley avait insisté sur le fait qu’il fallait qu’elle se repose. A contrecœur, Harry, Ron, Ellana, Ginny et Draco prirent donc le Poudlard Express sans elle. Une fois arrivés, Harry et Ellana allèrent voir le professeur McGonagall :
- Eh bien, jeunes gens, j’ai appris ce qui est arrivé à Miss Granger… J’en suis désolée… Une si bonne élève ! chuchota-t-elle.
- Oui… Professeur, nous… Nous ne sommes pas venus vous voir pour ça… dit Ellana.
- Nous avons l’ultime Horcruxe…
- Bravo Harry ! Je savais que tu y arriverais ! déclara solennellement le professeur Dumbledore, qui venait d'apparaître dans son portrait.
- Merci, professeur… Pouvez-vous le détruire s’il vous plait ? demanda Harry.
La directrice prit la petite coupe, et quelques secondes plus tard, celle-ci avait explosé. Ils la remercièrent et sortirent du bureau. Ils n’avaient plus qu’un seul but : venger Hermione en tuant celui qui avait détruit sa vie. Et le plus tôt serait le mieux. Mais aucun ne savait combien de temps se passerait avant qu’il attaque. Deux jours ? Deux mois ? Deux ans ? La seule chose dont ils étaient certains, c’est que ce jour-là, il payerait pour tous ses crimes.
Les semaines passèrent, le mois de janvier laissa place à février, qui laissa lui-même place au mois de mars ; et toujours aucune trace de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… Cependant, au troisième jour de printemps, pendant le petit déjeuner, un grand fracas se fit entendre. Les portes de la Grande Salle explosèrent, et une centaine d’hommes encapuchonnés déboulèrent tels des spectres sombres, glissants sur les dalles. Harry, Ron, Ginny, Ellana et Draco se levèrent immédiatement et se précipitèrent sur les Mangemorts.
Et le combat commença. Une bataille sans pitié, où les Impardonnables étaient lancés à tout va et au hasard dans la masse. Ellana usait de ses pouvoirs contre une dizaine de Mangemorts à la fois. La plupart des Serpentards s’étaient rangés du côté du Mage Noir qui venait de faire son apparition, et les autres élèves combattaient difficilement ses partisans. Draco lançait des sorts à côté d’Ellana avec une agilité hors normes, lorsqu’il vit son père torturer un première année. Toute sa colère jusqu’à présent renfermée contre cet homme éclata alors, et il se jeta sur son père, qu’il ne considérait à présent plus comme tel. En un éclair, tout était fini, et Lucius Malefoy s’effondra sur le sol, mort. Des dizaines de cadavres recouvraient le sol : Draco distinguait le corps de Neville Londubat, mort en héros, et celui du professeur Bibine. La grand-mère de Neville pourrait être fière de son petit-fils, digne fils de ses parents, mort en tuant un Mangemort nommé Avery. Une main se posa sur l’épaule de Draco. Celui-ci se retourna, et vit avec horreur son ancien professeur de potions qui le fixait, un rictus sur son visage pâle. Draco se dégagea et le menaça de sa baguette. Rogue eut un rire gras, et prit la parole :
- Tu as trahi ton camp, Draco… Tu dois payer pour ça !
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, qu’il fut projeté contre le mur sur le coup d’un sortilège très puissant d’Ellana.
- Ca va, Draco ?
- Oui, ne t’inquiète pas, sois prudente, lui recommanda-t-il avant de l’embrasser.
Ils étaient deux, ils étaient un. Unis au milieu de ce champ de bataille, parmi ces corps mutilés, indifférents au combat qui éclatait autour d’eux. Unis par ce baiser qui contenait tout leur amour l’un pour l’autre, un baiser de rage, de désespoir, et de désir. Ils se séparèrent à contrecœur, et dans un dernier regard, partirent chacun de leur côté pour combattre.
De leur côté, Ron, Harry et Ginny se battaient au coude à coude, parant sortilège Impardonnable sur sortilège Impardonnable. Ils avaient vu Rogue voler à travers la pièce, et cela leur avait arraché un petit sourire. Lui aussi avait payé. Voldemort approcha du trio, et les défia du regard. Tous trois se mirent en position d’attaque, mais Voldemort fut projeté en arrière, toujours par le même sort imparable d’Ellana. Il se releva avec peine quelques instants plus tard, et se tourna vers sa fille. Mais celle-ci était retournée se battre avec des Mangemorts, qu’elle s’amusait à secouer dans tous les sens. Le Mage Noir regarda Harry, et eut un rictus, qui fit frissonner Ron, Ginny et Harry. Puis Voldemort s’avança dans la direction d’Ellana. Harry comprit, mais c’était trop tard : l’éclair vert percuta sa sœur dans le dos, et un hurlement aigu retentit. Le même hurlement qu’Harry entendait dans ses cauchemars, le même éclair que dans ses souvenirs. Tout se passait au ralenti, le corps d’Ellana sembla suspendu dans l’espace quelques instants, puis tomba avec grâce. Il tomba inexorablement dans une chute sans fin, tel la chute d’un oiseau dans le ciel d’été ; puis il s’écrasa sur le sol, parmi tant d’autres cadavres, tant d’autres qui y avaient laissé leur vie. Pour Harry, se fut comme si quelqu’un avait éteint la lumière, sa lumière… Il se précipita vers le corps de sa sœur, et s’agenouilla.
- NOOON ! PAS ELLE ! POURQUOI ! POURQUOI ELLE ? NOOOOON ! hurla-t-il. NON, LAISSEZ MOI ! LAISSEZ-MOI ! JE VEUX MOURIR ! TUEZ-MOI ! TUEZ-MOI ! JE N’EN PEUX PLUS ! JE VEUX QUE CA FINISSE ! POURQUOI ELLE ! PRENEZ-MOI, MAIS LAISSEZ-LA ! LAISSEZ-LA ! continua-t-il alors que Ron tentait de le retenir.
- Harry, laisse-la, c’est fini…
- NOON ! CE NE SERA JAMAIS FINI TANT QUE JE NE SERAIS PAS MORT ! « AUCUN D’EUX NE PEUT VIVRE, TANT QUE L’AUTRE SURVIT », N’EST-CE PAS ? ALORS TUEZ-MOI ! QU’ON EN FINISSE !
Ron le lâcha, et Harry continua à pleurer sur le corps de sa sœur. Draco accourut, et tomba à genoux lorsqu’il vit le corps de sa bien-aimée. Il ne hurlait pas, mais ses yeux montraient une douleur indescriptible. Il tremblait tout en serrant la main d’Ellana entre ses doigts fébriles. Le Serpentard releva les yeux, et croisa ceux d’Harry. Ils n’avaient aucun point commun, un blond, un brun ; un aux yeux gris, un aux yeux verts ; un chaleureux, un froid ; un Sang-Pur, un Sang-Mêlé, et pourtant, ils partageaient la même douleur sourde qui rongeait leurs entrailles, qui les brûlait de l’intérieur. Qui aurait cru qu’un jour, ils se seraient associés pour supprimer le plus grand Mage Noir de tous les temps ? Personne, et pourtant…
D’un regard, ils se levèrent, et dirigèrent tous deux leur baguette sur cet être qu’ils détestaient.
- AVADA KEDAVRA ! hurlèrent-ils.
Voldemort n’eut pas le temps de comprendre, que les deux éclairs verts le percutèrent en pleine poitrine, et il s’effondra sur le sol. Le silence se fit dans la Grande Salle, tous les combats avaient cessé, et à la vue de la déchéance de leur Maître, tous les Mangemorts transplanèrent. Cela aurait du être un jour de fête, le jour où Vous-Savez-Qui a été éradiqué de la surface de la planète à jamais ; pourtant, aucun ne put se réjouir. Tous avaient perdu cette même personne, sans qui rien ne serait arrivé. Sans qui, ils seraient peut-être morts. Harry se promit d’offrir à Ellana un enterrement digne de Dumbledore, et aida avec Ron, Ginny et Draco à ramener les cadavres dans l’infirmerie.
Dehors, le soleil brillait, le ciel était bleu. Une belle journée s’annonçait, comme pour narguer tous ces morts. Pour narguer ces gens qui avaient perdu cette femme aux yeux turquoise et à l’air confiant. Le chat de Ginny passa, il avait les yeux turquoise.
Une tite review pour ce chapitre ? Pliize ?