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Anyssia
Author of 21 Stories

Rated: K - French - General - John S. & Rodney M. - Reviews: 13 - Updated: 12-06-07 - Published: 10-18-07 - Complete - id:3843188

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I'm sorry.
Par Anyssia
Site web, voir Homepage
19/10/2007
Gen/Slash John Sheppard, Rodney McKay
Base
Stargate Atlantis. SPOILERS épisode 403.
Disclaimer
: Les personnages et le contexte sont la propriété originale de MGM Television Entertainment. Cette variante du scénario par contre m’appartient entièrement. Je ne reçois pas d’argent sur ce travail.

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"Ok. Tout cela est stupide."

Agacé était probablement un faible mot. John serra les dents et hésita à répondre. Les dernières heures avaient été plus que longues, et le stress n'aidant pas, il se sentait près à bouillir. Il sentit que s'il se risquait à ouvrir la bouche, il le regretterait probablement plus tard.

Ils étaient déjà dans une situation trop explosive pour qu'il se risque à devoir supporter un McKay morose et revêche par-dessus le marché.

Un léger regard du coin de l'œil lui confirma que le scientifique attendait une réaction. Il décida de tenter le coup. Un simple mot de devrait pas trop laisser transparaître sa colère. Non ?

"... Quoi ?"

Ok, il aurait pu faire mieux.

Malgré tout, il avait du mal à se sentir coupable si les fameux sentiments de McKay étaient blessés.

Apparemment l'autre n'était pas d'humeur à lui tenir tête, parce qu'il se contenta de soupirer un bon coup. Il détourna brièvement les yeux, semblant rassembler son courage, puis se lança dans une de ses éternelles tirades généralement incompréhensibles.

"Nous battre. Ecoutez, je sais que vous êtes en colère contre moi et... Et vous avez certainement des raisons. Mais ça n'aura pas d'importance si on ne trouve pas un moyen de s'en sortir, ok ?"

John se surprit à s'être perdu un instant dans ses souvenirs, à ressasser le bon vieux temps où ils avaient juste à s'inquiéter de revenir à la Cité en un morceau, sans avoir à se demander si elle avait été finalement réduite en miettes par des Wraiths bornés.

Il lui fallut une ou deux secondes pour replacer la remarque de Rodney dans la conversation, et pour ce temps là, l'autre avait déjà enchaîné. Le scientifique paraissait particulièrement nerveux, et John eut du mal à contenir une vicieuse envie de lui dire ses quatre vérités en face.

"Nous devons travailler ensemble, alors... Alors... Alors je... Je suis désolé."

McKay était décidément plein de surprises.

John se tourna vers lui, son regard dur trahissant probablement la colère sourde qui grondait en lui. Si la façon dont le scientifique bafouillait et gigotait était d'une quelconque indication, il pouvait avoir confiance en sa sincérité.

Pas que ça l'aidait beaucoup à oublier le fait qu'il avait délibérément transgressé un ordre direct.

Bon sang, maintenant plus que jamais John avait besoin de consolider son autorité auprès du personnel de la base, pour le moins inquiet. Il ne pouvait pas risquer des dissensions dans les rangs !

John serra les dents à nouveau. McKay avait fait le premier pas, ce qui, de sa part, était déjà une preuve de sa réelle bonne foi. A lui de montrer qu'il était capable de passer outre les différents et de continuer à tenter par tous les moyens de faire survivre cette foutue Cité !

John desserra les dents et détendit son corps à force de volonté, puis répondit à Rodney, avec un dernier regard noir en guise d'avertissement.

"Excuses acceptées."

Bien. Il aurait pu faire ça mieux, mais pour l'instant, malgré tous ses efforts, il ne s'y sentait pas tenu.

Ayant probablement tout à fait ressentit sa réticence, McKay se détourna, incapable de soutenir son regard. L'homme qui était capable de sortir des monologues de deux pages sans s'arrêter pour réfléchir ni respirer, à ce qui leur semblait, conclut la conversation avec un pitoyable "Bien."

John l'observa hésiter et tenter de débuter un semblant de conversation, et malgré lui, il ne pu s'empêcher de se sentir soulager. Quand bien même il avait tous les droits du monde d'être en colère, il n'était pas suffisamment sadique pour apprécier la situation.

Il accepta cet essai à alléger l'ambiance, mais Rodney semblait plus choqué qu'il ne l'avait imaginé. Après deux ou trois mots et une fin de phrase perdue Dieu sait où, le scientifique se détourna avec un air de chien battu et quitta la pièce silencieusement.

Le départ oppressant de celui qu'il appelait malgré tout son ami le gêna étrangement. Il resta un moment à fixer sombrement le couloir par lequel son collègue était partit, puis força ses pensées à retourner sur Elisabeth.


Etrange comment, maintenant qu'il était de retour à la cité, sur une nouvelle planète, avec un nouveau chef, et un lit dans lequel il pouvait enfin espérer quelques heures de sommeil, celui-ci l'évadait.

Tous ses efforts pour oublier le fait qu'ils avaient abandonné Elisabeth ne faisaient que le ramener à Rodney.

Rodney, qui avait à nouveau eut une brillante idée, un trait de génie qui les protégerait pendant un moment de la colère des Wraiths. Avec un peu de chance, ils auraient le temps de se relever complètement de la défaite que les Réplicateurs leur avait infligé, pendant que ces derniers étaient bien occupés à s'entretués.

John surprit son esprit en train de divaguer vers le docteur Weir pour la énième fois, et concentra avec force toutes ses pensées vers Rodney.

Ledit Rodney avait semblé étrangement silencieux au début de la mission. Enfin, pas vraiment silencieux – l'homme ne devait même pas connaître la signification de se mot – mais plutôt soumis, contenu.

Il avait gardé profil bas pendant un moment, jusqu'à ce que le feu de l'action le fasse repartir en mode "je me plains haut et fort, mais tout le monde sait bien que je vais trouver le moyen de nous sortir d'ici à la dernière minute. Maintenant, si vous pouviez vous taire cinq minutes et me laissez réfléchir, ça pourrait aider, en effet."

Et même s'il ne l'avouerait pour rien au monde, voir Rodney redevenir lui-même l'avait immensément soulagé. Et pas seulement parce que ça signifiait qu'ils avaient une chance de plus de ressortir vivants de se guet-apens.

John repensa à la colère qu'il avait ressentit lorsque le scientifique avait outrepassé ses ordres et "rebooté" Elisabeth.

Il ne pu s'empêcher de serrer les poings. L'idée complète avait été vouée à échouer monumentalement, et pas seulement en emportant Elisabeth, mais également Rodney, et Ronon, et Teyla, et tout la foutue population de ce qui restait de la Cité des Anciens.

Et il n'était certainement pas énervé parce que Rodney aurait pu mourir. Non, il s'était mis en colère parce que ses équipes avaient couru un grand risque. Pas parce que Rodney aurait pu y laisser sa peau. Pour la énième fois.

Avec un grognement enragé, John rejeta brusquement ses couvertures vers le fond du lit et enfila promptement sa tenue froissée et trouée, sans prendre le temps de chercher quelque chose de propre.

Il traversa les couloirs d'un pas lourd mais rapide, jetant un regard noir aux quelques insomniaques qui le saluèrent sur le chemin. Arrivé devant la porte, il ne prit pas le temps de réfléchir plus et déclencha sans préavis le mécanisme d'ouverture, pénétrant dans les quartiers du scientifique avec la discrétion d'un ours.

McKay leva vers lui un regard abasourdi, et allait probablement s'engager dans une tirade véhémente sur le comment du respect de la vie privée des autres, et pourquoi il était civilisé de frapper aux portes.

Décidé, John traversa rapidement la pièce, et attrapa rudement Rodney par le col de sa chemise. Il le hissa d'un geste sec à hauteur de visage et réaffirma sa prise sur la chemise. Le tissu – bien que solide et prévu spécial mission suicide made in Atlantis – céda facilement sous ses poings sans pitiés.

Sa colère redoublant face aux pathétiques efforts de la lingerie à le repousser, John lâcha sèchement la chemise, et avant que Rodney n'ait le temps de retomber sur ses fesses directement sur le lit règlementaire une personne fournit par l'armée, il empoigna son cou d'une main ferme.

Toutes tentatives de protestations du scientifique stoppèrent immédiatement, l'homme manifestement sous le choc.

Avant qu'il n'ait le temps de retrouver ses esprits, John glissa sa main et enfonça ses doigts dans la peau tendre de sa nuque, l'attirant à lui. Sa main libre se glissa entre eux, et il l'applique fermement sur les lèvres sèches et rugueuses de l'homme, stoppant efficacement toute tentative de rébellion.

"McKay, je me fiche de ce que vous voulez toujours avoir raison. Et je me fiche encore plus du fait que vous avez généralement toujours raison. La prochaine fois que vous prenez de tels risques malgré mes ordres contraires, je vous jure que je vous botte le cul jusqu'à la Lune. Et, qu'on soit bien clairs, je parle de celle qui est en orbite autour de la Terre."

L'expression ahurie qu'il pouvait deviner malgré sa main envahissant la plus grande partie du visage carré de son co-équipier l'amusa assez, même s'il n'en laissa rien paraître.

Pour autant, il n'ôta pas son bâillon de fortune.

Il fixa sa proie quelques instants, tentant de lire quelque chose dans les yeux étonnés qui le fixaient à leur tour. Mais, soit il était complètement nul à ça, soit c'était la plus grande farce de ses foutus romantiques. Toujours était-il qu'il ne parvenait pas à décrypter les pensées du scientifique, même si tout le monde affirmait que les yeux étaient le miroir de l'âme.

Les effets de l'adrénaline commençant à s'estomper, John sentit une partie de la tension quitter ses épaules. Avec un soupir fatigué, il se laissa glisser en avant, et s'appuya contre Rodney, front contre front, les yeux clos.

"Bon sang Rodney. Un jour, vous me ferez avoir une crise cardiaque avant l'âge."

Avec un dernier soupir et une légère pression de la main enserrant la nuque de son collègue, John se redressa avec quelques difficultés. Ses yeux englobèrent rapidement la pièce, glissant sur les innombrables pièces électroniques et les vêtements jonchant le sol. L'unique chaise était également submergée par des vestes et tee-shirts sales et troués, probablement durant leurs missions toujours plus mouvementées.

Une vraie chambre d'homme célibataire. Seul le lit échappait à la règle : il était fait au carré, les couvertures méticuleusement lissées, trahissant le côté maniaque de leur propriétaire.

Une soudaine envie de jeter les couvertures à travers la pièce, juste pour énerver Rodney le prit, et il se jeta en travers du lit à la place.

McKay, qui jusqu'ici avait conservé le silence de celui qui ne sait pas comment réagir face à un collègue manifestement tourné cinglé, laissa échappé une protestation outrée.

Quelques instants plus tard, le lit s'enfonça sous le poids de l'homme, et John retira le bras qu'il avait jeté en travers de ses yeux.

Il plongea directement son regard dans celui du scientifique penché au dessus de lui, et se fit la réflexion que, décidément, les yeux bleus ne lui apprenaient vraiment rien sur les intentions de leur propriétaire.

"Colonel Sheppard, puis-je suggérer que vous êtes devenu. Complètement. Barge !"

John leva un sourcil indifférent face à cette réaction assez énergique puis détendit intégralement son corps. La suppression brutale de toute cette tension faillit bien le faire gémir de plaisir, mais il se retint à la dernière seconde. Tout de même.

Un grognement défaitiste le fit rouvrir les yeux, tandis que le lit rebondissait légèrement, libéré du poids du scientifique.

A nouveau debout, l'homme le fixa quelques instants, et frotta une main contre sa nuque, manifestement mal à l'aise. Il sembla finalement prendre une décision, et leva les bras au ciel dans un de ses grands gestes théâtrales typiques.

"Sheppard, vous êtes complètement épuisé."

John roula des yeux. Pas que ce soit une grande nouvelle.

Pourtant, une main sur sa cuisse le fit retourner brusquement son attention vers le deuxième occupant de la pièce et il observa avec une sorte de détachement intéressé McKay le secouer deux ou trois fois.

"Allez, poussez-vous, le temps que je retourne les couvertures. Et si vous n'êtes pas trop partit, vous pourriez peut-être en profiter pour ôter vos chaussures, si vous pensez ça faisable."

Ayez confiance en Rodney pour vous sortir des mots doux. Le satané scientifique avait toujours le chic pour insulter les gens d'une façon tellement complexe avec ses grandes phrases et ses grands airs, que le temps que vous compreniez l'embrouille, il était déjà loin, ou partit sur un sujet complètement opposé.

Avec un craquement de vieux os, John se redressa lentement, la fatigue et le stress sous lequel avait été placé son corps ses derniers jours se faisant brutalement ressentir.

Il se pencha difficilement, et se déchaussa encore plus laborieusement. Le temps qu'il termine, McKay était à nouveau sur lui, le débarrassant efficacement de sa veste en cuir noir. Décidément, les nouveaux uniformes du SGA avaient la classe.

Un bâillement monstrueux interrompit ses pensées, et il laissa Rodney le tirer/traîner/pousser dans le lit.

"Allez, poussez vos fesses. Si vous croyez que je vais renoncer à mon sommeil parce que monsieur avait besoin de déverser ses peurs sur quelqu'un, vous vous tromper. Qui sait quelle situation de vie ou de mort requérra ma totale attention demain. Vous serez bien content, si je suis en pleine forme pour sauver votre peau une nouvelle fois."

John se contenta de montrer son opinion par un reniflement hautain, même si son sourire en coin démentait la tentative. Il eut juste le temps de se pousser au bord du lit avant que McKay ne s'étende à ses côtés.

Les lits règlementaires militaires étaient indubitablement trop petits pour deux personnes.

Après quelques instants de remuements maladroits, les deux hommes s'ajustèrent finalement à l'espace étroit. Même si ça signifiait qu'ils étaient pressés l'un contre l'autre des cheveux jusqu'aux orteils.

Décidant que demain serait assez tôt pour se sentir mal-à-l'aise, John ferma les yeux avec un soupir soulagé, et laissa le sommeil s'emparer de sa conscience, chérissant le sentiment de chaleur et le confort de dormir contre un corps accueillant.



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