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Disclaimer: Le monde et les personnages de YuGiOh ne sont pas ma propriété.
Pairing (pour ce chapitre): Aucun. Si ce n’est un Yamamoto(OC)/Alanna(OC) en arrière plan.
Warnings (pour ce chapitre):Aucun. Juste un petit sous-entendu sexuel.
Note de l'auteur: Merci à anothergirl, miss, odey et Miss pour leurs reviews et leurs encouragements! En réponse à celles-ci:
En vérité, j'imaginais plutôt Yuugi en hobbit qu'en nain! Finalement, j'ai opté pour magicien, après avoir visionné l'épisode où il se sert du Silent Magicien. Pas d'inquiétudes à avoir, Seto aura un rôle plus ou moins important dans les prochains chapitres, et il sera présent au minimum un chapitre sur deux... Et enfin, on peut dire que vous m'avez bien lustré le poil, à force de caresses: Voici le chapitre deux, bonne lecture!
Mais avant cela, je souhaitais dire un grand merci à Eagle Eclypse et Jade Chu qui ont toutes deux très gentiment accepté de corriger ce chapitre!
Chapitre 1
Partie 2: L'Académie des Sciences Spirituelles et Physiques
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Le tissu de sa robe remonta le long de ses cuisses laiteuses lorsqu’elle les croisa nonchalamment, s’attirant les regards de quelques hommes au fond du bar et faisant briller fièrement les yeux de celui sur les genoux duquel elle était assise. Ce dernier, un mage décharné, le crâne presque totalement rasé, savourait sa bière tout en gardant un œil sur sa dame, raffermissant sa prise sur sa taille. Quelques clients eurent une moue envieuse.
Yamamoto-san avait bien de la chance d’avoir une femme pareille, soupirèrent-ils intérieurement, repensant à leurs propres épouses qui les attendaient probablement chez eux, rouleau à pâtisserie en main.
Bien entendu, et même le concerné en était conscient, Alanna n’avait accepté la demande en mariage de son époux uniquement parce qu’elle savait que jamais homme aussi riche ne lui referait la proposition, et qu’elle assurait ainsi son avenir. Certains les plaignaient, tentant vainement de s’imaginer passer leur vie avec une personne pour qui ils n’éprouvaient rien. Les valeurs de ce pays si naïf qui les berçaient d’histoires d’amours impossibles et passionnelles étaient ancrées bien trop profondément en eux pour que cette pensée effleure leurs esprits. Le fait que la belle Alanna ait vécu la moitié de sa vie dans le Royaume de Warfare, pays désillusionné dans lequel seul les mariages arrangées étaient d’heureux mariages, devait certainement avoir la belle part dans l’union de ces deux êtres, l’expliquaient ainsi les commères du coin.
Cependant, ce peuple candide était bien loin de s’imaginer que la vie pouvait être plaisante ainsi. Après tout, Alanna se trouvait être la plus heureuse des femmes de son village, couverte de cadeaux et d’amour, et son mari, malgré les nombreux amants de son épouse, s’estimait heureux de pouvoir être avec une femme qui, selon sa réputation, se trouvait être si inaccessible.
C’était d’une tristesse. Le tenancier de l’auberge soupira, secouant la tête dans le but d’en chasser les pensées désagréables, puis il arracha son attention au couple pouffant quelques tables plus loin, et continua son service.
« Eh, patron ! On voit plus trop Jou c’derniers temps ! T’saurais pas c’qui est arrivé à ce p’tit gars ? » lança un paysan, sa bouche étirée en un sourire édenté.
« Je crois qu’il est en pleine période d’examens. Tu sais, en ce moment, l’Académie est en ébullition ! » répondit le gérant en haussant les épaules.
« Bah, ça m’étonnerait pas qu’on l’aperçoive bientôt ! L’est pas du genre à bosser trop longtemps » répliqua un barbu roux avant d’avaler cul sec sa boisson.
Comme pour lui donner raison, la porte s’ouvrit avec fracas, laissant pénétrer une grande bourrasque d’air frais et humide qui fit frissonner ceux qui en était le plus proche, et une grande figure dégingandée se précipita à l’intérieur, refermant prestement la porte derrière elle. Jonouchi rabattit son capuchon vivement, retirant sa cape détrempée pour la jeter par dessus son bras. S’avançant d’un pas claudicant, il secoua la tête, faisant voler ses cheveux mouillés dans le but d’en chasser le trop plein d’eau, tel un chien.
« Bon sang ! Les dieux sont d’une humeur, aujourd’hui ! » bougonna-t-il, passant une main froide dans ses mèches blondes.
Il s’assit lourdement à un tabouret, devant le bar, et posa son sac de toile grisâtre à ses côtés.
« Salut, Ojii-san ! » lança-t-il au tenancier qui lui répondit par un sourire bienveillant tout en essuyant les verres qu’il venait de nettoyer avec son torchon déjà bien mouillé. « Comme d’habitude, pour moi. »
L’adolescent plaça nonchalamment un coude sur le bar, calant son menton dans le creux de sa main tout en jouant de l’autre avec la manche de sa tunique.
Il était difficile de manquer l’étudiant, parmi tous les clients de la taverne : le riche tissu qui composait son uniforme tranchait par ses couleurs vives, donnant aux vieux vêtements délavés et déchirés des ouvriers et autres voyageurs pâle figure. L’uniforme avait longuement été étudié par des mages professionnels qui, par leur expérience, savaient quels types de vêtements s’adaptaient le mieux à une vie aussi mouvementée qu’était la leur.
Le haut, une tunique au col haut et raide et aux manches longues, d’un rouge flamboyant, tombait sur ses mollets, fendue latéralement jusqu’aux hanches dans le but de laisser une plus grande liberté de mouvements. Un pantalon de lin noir, classique, et pourtant solide et confortable, était rentré dans ses bottes noires réglementaires, adaptées à tous les terrains. Sur le devant de son uniforme était brodé en blanc un symbole étrange qui, si l’on tournait la tête de côté, ressemblait vaguement à un sablier, prouvait son appartenance à l’Académie des Arts magiques et Incantatoires.
Pour les connaisseurs, cependant, ce symbole prenait un tout autre sens. Car ce symbole n’était autre que la rune Daeg, symbole du progrès, de la lumière, de la vie et de la transformation. Un symbole qui était bien souvent utilisé lors d’invocations.
« Ben, quand on parle du dragon » fit le barbu en riant doucement. « Ca faisait une paye, gamin ! »
« S’lut, Yukimura » répondit l’adolescent, négligemment.
Bientôt, de nombreuses salutations retentirent à travers tout le bar, auxquelles répondit tout aussi joyeusement le garçon.
« Hey, Jonouchi. Ca va comme tu veux ? » ronronna Alanna, repoussant derrière son oreille une mèche de cheveux bruns.
« Et même mieux » répondit l’étudiant, avec un sourire charmeur. « Toujours aussi belle, à ce que je vois. Tu ferais mieux de la surveiller » lança-t-il à son mari, faisant glousser la jeune femme.
« Alors, dis-moi, Jou. » commença Yamamoto, entre deux gorgées de sa boisson, léchant la mousse alcoolisée accumulée sur sa lèvre supérieure « Tes examens sont bien la semaine prochaine, non ? Ca se passe comment pour toi ?
- Bof… Pas bien dur tu sais… La pratique de la magie est plutôt facile… C’est juste cette fichue théorie qui m’tire souci.
- Ah, mais tu sais, mon petit Jou, c’est la théorie qui m’a sauvée la vie lors de ces mythiques tirs croisés aux abords de la frontière Sud » répondit l’homme, un sourire amusé aux lèvres.
« Mouais, j’sais que c’est important ! Mais c’est barbant. » Le garçon fit la moue, remerciant nonchalamment le tenancier lorsque ce dernier vint lui apporter sa boisson. « Et pis, vous savez ce qui m’ont sorti, l’autre jour, en cours ? Vous allez pas en croire vos oreilles ! »
Il prit une longue gorgée de sa bière rousse, puis s’essuya la bouche de la manche de son uniforme tout en expirant bruyamment.
« Ils nous ont fait lire un bouquin qui disait que les dragons étaient les premières créatures du Royaume susceptibles d’enlever ces putains de princesse ! »
Les quelques clients qui tendaient l’oreille éclatèrent violemment de rire, se faisant écho les uns aux autres, sans reprendre le garçon pour le qualificatif quasi-blasphématoire qu’il avait accolé à la royauté. Le tenancier se contenta de sourire doucement, amusé, et Yamamoto se mit à rire à gorge déployée, sa poitrine parcourut de soubresauts.
« Comme si elles avaient le moindre intérêt pour vous !» jappa l’homme avant de retourner à sa boisson, sa femme amusée posant sa tête sur sa poitrine.
Soupirant un bon coup, Jonouchi s’apprêtait à imiter l’homme et à profiter de la meilleure bière de la région lorsque la porte s’ouvrit de nouveau, laissant rentrer un violent courant d’air glacé qui fit tressaillir l’adolescent. Tentant d’ignorer la fraîcheur soudaine de la pièce, il porta la choppe à ses lèvres, appréciant le liquide acide amer qui glissa sur sa langue avant de couler au fond de sa gorge, lui brûlant légèrement et agréablement le palais.
Reposant finalement la choppe sur le comptoir tout en expirant violemment, il s’essuya la bouche d’une main, tendant le récipient vide au gérant, accompagnant le geste d’un « Encore » impoli. L’homme, habitué au sans-gêne de l’adolescent, retourna à ses affaires, ponctuant son geste d’un « Bienvenue » chaleureux lancé aux nouveaux venus.
Ils étaient quatre, remarqua Jonouchi, au son des pas. Une femme et trois hommes, précisa-t-il lorsqu’il discerna la démarche plus légère de la quatrième personne, et sentit une odeur discrète de lila. Ou plutôt, une femme, un homme et deux enfants… Jonouchi aimait beaucoup tester ainsi ses capacités, dans les situations les plus saugrenues et inappropriées, et il se révélait souvent que son ouïe était la meilleure de son clan.
Il retourna à la nouvelle bière que venait de lui apporter le patron, ignorant les voyageurs qui vinrent s’installer au bar au profit de sa boisson.
Un des leurs, distingua le garçon, à la démarche si silencieuse (bien que pas assez encore pour tromper son oreille incroyablement sensible) qu’il semblait flotter au dessus du sol, posa quelques pièces sur le comptoir. Il s’agissait étonnamment d’une des personnes qu’il avait identifiée comme étant un enfant.
« Un plat de gyôza(1), deux okonomiyaki(2), des soba(3), et trois choppes de bières, je vous prie. »
La voix grave fit s'étrangler Jonouchi avec sa boisson. Toussant violemment, il sentit l’étranger lui taper le dos légèrement, l’aidant à faire passer sa gorgée avalée de travers.
Je croyais que c’était un gamin ! s'étonna intérieurement le dragon, les joues rosies par le manque d’air.
« Eh, ça va ?
- Ha… Ouais, merci, vieux… » grogna l’étudiant à bout de souffle, la voix rauque avant de se tourner vers le voyageur.
Et il comprit alors pourquoi il avait pris l’homme pour un enfant : ce dernier en avait la taille et, très certainement, le poids. Mais ce qui lui fit ouvrir démesurément les yeux n’était certainement pas cette conclusion qui, en réalité, le réconfortait légèrement en ce qui concernait ses capacités. Ce qui le laissait sans voix était…
« Yug’ ? Qu’est-ce que tu fiches ici, vieux ? », s’exclama-t-il bruyamment, « T’étais pas supposé bûcher chez Sensei pour tes exam’s ? »
Il se stoppa net, frappé.
Yeux rouges. Cheveux rouges. Epée.
« Eh ? Mais… Tu n’es pas Yuugi !» s’étonna-t-il, l’épée suffisant à le convaincre (après tout, Yuugi ne pouvait toucher une arme blanche sans faire de l’hyperventilation).
« Il t’en aura fallu du temps pour comprendre, clébard » claqua une voix plus froide que ces succulentes friandises que Yuugi avait inventées et nommées ‘crèmes glacées’.
Jonouchi se retourna, pour être confronté à une paire d’yeux tout aussi glacials que la voix qu’ils accompagnaient, et nota discrètement l’odeur familière et agréable que dégageait son interlocuteur. Une odeur qui ressemblait presque à…
Phéromones, remarqua le dragon, une petite rougeur apparaissant sur ses joues.
« Kaiba. Ca suffit. (« Kaiba … ? Ca me semble familier… ») » l’interrompit brusquement l’homme qui ressemblait à Yuugi, avec un léger accent, avant de se tourner vers le blond. « Je te prie de bien vouloir l’excuser, c’est une personne qui ne sait pas vivre en société. »
Jonouchi accorda un énorme sourire au garçon (car l’étranger ne semblait pas bien plus vieux que lui, même si, en y repensant, il avait l’air beaucoup plus mâture que Yuugi. Et un peu plus grand, également), essayant d’arrêter de penser à l’étrange odeur qui émanait de l’autre voyageur.
« J’suis désolé aussi pour t’avoir sauté dessus comme ça ! C’est juste qu’tu ressembles drôlement à mon ami ! » s’excusa l’étudiant, penaud, tout en se frottant le derrière du crâne.
Ce fut ce moment-là que choisit le tenancier pour revenir, déposant sur le comptoir les plats fumants commandés.
« Voici pour toi, Jou ! » fit-il en plaçant un plat débordant de teriyaki (4)et de riz blanc devant le garçon, ignorant les maigres protestations de ce dernier. « Arrête d’essayer de faire comme si tu n’en voulais pas, tu as de la bave au coin de la bouche. Et puis, ça te donnera quelques forces pour tes révisions, les dieux savent que tu en as besoin. »
Gonflant ses joues d’un air indigné, il s’essuya la bouche d’une main, fronçant les sourcils lorsque Monsieur Le Glaçon (comme il surnomma intérieurement l’homme aux yeux bleus) vint s’installer à ses côtés. Il réprima un petit grognement au fond de sa gorge, et choisit d’ignorer le malotru, se tournant vers l’autre garçon qui semblait bien plus sympathique. Lui tendant une main d’un air chaleureux, un sourire vint de nouveau illuminer son visage.
« Je suis Jonouchi Katsuya ! Ravi de te rencontrer !
- Mon nom est Yami » répondit l’autre en serrant la main qui lui était présentée.
Je me demande comment j’ai pu le confondre avec Yuugi, se demanda le dragon blond, face au visage serein et assuré de son interlocuteur. Ce garçon était bien plus distant et silencieux que lui. Voire même, un peu froid sur les bords. Bien entendu, beaucoup moins que le Glaçon de service, mais tout de même assez pour le faire entrer dans la catégorie des « gars pas marrants ». Interrompant brutalement ses pensées ô combien spirituelles, le blond réalisa soudain une chose.
« Attends… Yami ? Comme dans Yami, le roi du jeu ? Silent Swordsman Yami? » s’écria-t-il, les yeux grands ouverts.
« Le roi du jeu… ? » commença le garçon, ne comprenant apparemment pas ce que voulait dire son interlocuteur, avant de se faire interrompre.
« T’es ce gars, là, qui a battu Lord Pegasus Crawford aux Duels de Monstres ? Alors que c’était ce même richard qui avait créé l’jeu en question?
« Eh, oui, c’est bien lui » répondit à sa place la seule femme de leur groupe, une jolie blonde à l’air aguicheur.
Yami haussa un sourcil devant l’exubérance de l’adolescente.
« Waouw ! J’y crois pas ! Quand je vais raconter à mes amis que t’es dans les parages ! » s’exclama Jonouchi, les yeux brillants. « Tu sais, mon ami Yuugi t’admire beaucoup ! Il est tout le temps en train d’essayer de récolter des infos sur toi et tes combats, et les trois quarts du temps, il nous parle de toi, de combien tu es incroyable et talentueux. Une vraie groupie ! »
Jou ricana, apparemment très content de sa comparaison, tandis que Yami soupirait légèrement.
- A tes souhaits » fit Mahado.
Yuugi renifla légèrement, fronçant les sourcils. Il n’y avait pourtant pas de vent, ici…
« Par ici la bouffe ! » lança la blonde (bien lotie, remarqua Jou, les yeux rivés sur son décolleté plongeant), se penchant par dessus le comptoir pour récupérer les deux okonomiyaki.
« Alors, mon blondinet, c’est quoi ton p’tit nom ? » fit-elle, comme on s’adresse à un enfant, jouant avec ses baguettes.
« J’suis Jonouchi ! Ravi de te rencontrer ! » s’exclama le garçon, entre deux bouchées de viande.
« Ravi, hein ? Ouais, j’en suis certaine… » ricana intérieurement la jeune femme, n’ayant pas manqué le regard qu’il lui avait donné.« Moi c’est Kujaku Mai, et le crétin aux cheveux verts, c’est Insector Haga » lança-t-elle en pointant du pouce son ami qui étouffa un cri indigné dans son plat. « Et l’autre idiot, là, qui, je suis sûre, n’a pas pris la peine de se présenter, c’est Kaiba. »
Jonouchi fronça les sourcils, tapotant son menton pensivement, pendant quelques secondes.
« Kaiba, hein… ? Kaiba… » marmonna-t-il, en pleine réflexion, alors que le concerné l’ignorait royalement, se contentant de mâcher placidement ses gyôzas. Où avait-il bien pu entendre ce nom, auparavant ?
« Aaah ! Mais oui ! » hurla soudainement le blond, se redressant si violemment qu’il en fit tomber son tabouret, et pointant d’un air accusateur son doigt vers le garçon aux yeux froids.
« J’en étais sûr ! Cette odeur, c’était ça ! T’es ce connard de dragon !
- Connard ? Aucun doute, c’est bien lui » lança, à la cantonade Mai, clairement divertie, avant de prendre une bouchée de son omelette (5).
L’insulté souleva un sourcil, se stoppant dans son repas pour tourner son attention vers l’étudiant.
« Ne me pointe pas du doigt comme ça, clébard » fit-il, glacial.
« Toi ! » continua à hurler Jou, ignorant l’intervention. « Tu fais partie de ce putain de clan des White Eyed Blue Dragon ! Tu es celui qui m’a piqué ma place à l’Académie des Sciences Spirituelles et Physiques ! Rococo Kaiba ! »
Un silence choqué s’installa. La lourde respiration de Jonouchi résonnait étrangement dans la pièce, et les voyageurs purent voir que ses yeux avaient changés, ses pupilles sombres à présent de simples fentes parmi les mers d’ambre qu’étaient ses iris. Mai pu même apercevoir une canine proéminente dépasser de sa bouche, étrangement acérée.
Une énorme veine palpita dangereusement sur le front du dragon aux yeux bleus lorsque la jeune femme se mit à pouffer, et sembla sur le point de sauter quand elle explosa de rire. Son compagnon, Haga, haussa les sourcils à l’impossible, les faisant disparaître sous sa frange verte, une grosse goutte de sueur perlant sur son front. Yami, pour sa part, ignora tout bonnement l’explosion, déjà bien accaparé par ses propres soucis : manger avec deux bouts de bois était loin d’être chose simple.
« Ferme la ! » siffla Kaiba, ressemblant étrangement à un chat offusqué, un éclat mortel brillant au fond de son regard, tandis que Mai, au bord de l’asphyxie, tentait vainement de s’arrêter de rire, tapant du poing sur le comptoir.
« R… Rococo Kaiba ?! (6) » hurla-t-elle, son rire fendant l’air.
Jonouchi se contenta se froncer les sourcils. Quoi ? Ca n’était pas ça ?
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Yuugi expira nerveusement, dans un geste qui se voulait apaisant, et leva le regard vers l’imposante bâtisse qu’était la demeure de son professeur.
Bien entendu, la résidence Mutou était bien plus grande et magistrale que ce pauvre vieux manoir, mais l’étudiant devait bien avouer qu’il se dégageait un certain mystère de l’énorme bâtiment en bois. Il n’aurait pas été étonnant d’y trouver un ou deux spectres. Et puis, il fallait ajouter qu’il serait le premier élève de l’académie à poser le pied dans le foyer de Mahado-sensei. Cela exigeait une certaine préparation mentale pour le garçon, qui n’était pas habitué à inaugurer quoique ce soit.
Anzu roula les yeux devant la sottise de l’adolescent. Même pour faire deux pas, il fallait qu’elle lui tienne la main ?
« Allez ! » lança-t-elle d’un ton bourru en poussant violemment le petit garçon dans le dos, le faisant trébucher et pénétrer malgré lui dans la bâtisse.
Il se redressa de justesse, manquant de tomber, le choc inscrit sur son visage alors que la guerrière pénétrait dans la bâtisse derrière lui.
Yuugi se retourna vers l’elfe, les sourcils si froncés qu’il en avait presque les yeux clos, et les lèvres pincées, réduite à une simple ligne.
« Anzu ! J’allais entrer ! Tu n’avais pas à me pousser !
- Oui, oui ! Tu allais entrer… T’y voici donc maintenant, n’en fait pas tout un fromage ! »
Elle resserra nonchalamment la ceinture à laquelle était accrochée sa grosse épée, ignorant le regard furieux du garçon qu’elle avait élevé. Finalement, soupirant devant le manque de réaction de sa tutrice, Yuugi décida de passer à autre chose, secouant la tête d’un air défaitiste.
« Ah ! Yuugi. Tu es arrivé. »
Les deux invités se retournèrent pour apercevoir leur hôte, les bras remplis de livres épais et poussiéreux, en haut du grand escalier en bois qui surplombait l’entrée.
« Je vais y aller » lança Anzu à l’étudiant, ses beaux yeux bleus courbés joyeusement en un arc de cercle alors qu’un sourire étirait ses lèvres. « Travaille bien ! »
Elle adressa un petit signe de la main au garçon, se dirigeant vers la sortie.
Ce dernier lui répondit avec une moue vaincue. Il lui était réellement impossible de rester en colère contre elle.
« Suis-moi, la salle de travail est un peu plus loin » fit son professeur en réprimant un petit sourire devant la scène, se détournant pour continuer son chemin.
« Sensei ? » demanda, hésitant, le jeune élève « Qu’allons-nous étudier aujourd’hui ?
- Magie noire. »
Le plus vieil homme éclata de rire devant le regard alarmé de son disciple.
(2) Okonomiyaki, sorte d’omelette, ou de pizza, à la japonaise.
(3) Soba, pâtes fines et brunes, qui se mangent soient froides, soit en soupe.
(4) Teriyaki, viande grillée à la sauce soja sucrée.
(5) Omelette. Voir (2)
(6) « R… Rococo Kaiba ?! (6) » ; Mon humour est d’un pauvre… XD Ca ne fait réellement rire que Mai. Et encore, juste pour embêter Kaiba…
Petite précision :
Si j’ai décidé de garder les suffixes honorifiques, ainsi que certains mots en japonais, c’était surtout pour garder à l’esprit que ce pays est un Japon alternatif, et pour marquer la différence de culture avec le pays ennemi (Royaume des Ombres), je suis désolée si ça en dérange certains.
Aussi, je souhaitais également donner une ambiance plus Héroic-Fantasy que celle que peut donner un Japon médiéval, alors j’ai choisit de laisser telle quelle l’auberge et sa bière.
J’espère que ce choc des cultures ne vous indispose pas trop !