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Author of 6 Stories |
Disclaimer: Je ne possède en aucune façon Yu-Gi-Oh!/Yuugi-Ou.
Pairings: Aucun. Déçus, hein ?
Warnings: Jurons et insultes par-ci, par-là, mais rien de bien méchant, je vous rassure.
Note de l'auteur :
Non. Vous ne me jetterez pas des pierres à la figure pour me punir de mon retard inconvenant. Non. Vous n'irez pas spammer ma boite e-mail/mon blog avec des messages d'insultes à mon intelligence. Non. Vous ne me direz pas combien je suis une mythomane pathologique, à vous promettre un chapitre le plus tôt possible avant de faire attendre un an.
: / Je suis ignoble, je sais. Mais bon ! J'espère que ce chapitre vous plaira, au moins !
Merci à vous tous pour vos reviews qui m'ont vraiment remonté le moral après mon année de débâcle scolaire ! : ) Et merci en particulier à Regenerating Fire, pour sa relecture de mon chapitre et sa gentillesse qui m'a vraiment convaincu de poster –finalement- ce chapitre 2 !
Voilà, bonne lecture et bonne nuit !
Chapitre 2
De Sorcellerie Particulière en Magie Universelle
La pièce était confortable, décorée avec goût dans des tons chauds. Immédiatement, la sensation familière d'intimité vint s'établir dans le cœur de l'étudiant lorsqu'il s'installa sur sa chaise préférée -celle dont le dossier était un peu plus abîmé et un peu moins raide que les autres.
D'un côté, un vieux mais néanmoins luxueux sofa d'un rouge profond, et de l'autre, la table de travail noire, usée par les nombreuses heures de labeur qui avaient pris leur appui sur son dos. Elle était de style baroque, se démarquant parmi le classicisme de la pièce, et ses grands pieds sculptés semblaient étirer leur ombre bien plus loin que ce qui aurait du être normal.
Un magnifique candélabre d'argent était posé en son milieu, illuminant de sa dizaine de cierges le petit monticule de papier négligemment étalé ; pourtant inutile face au magnifique lustre centenaire qui éclairait le moindre recoin de la pièce au moyen du sortilège savamment gravé en son centre, et qui, à la moindre injection, augmentait ou diminuait de force.
Le professeur s'empressa de réunir les documents, les rangeant en vrac dans un des tiroirs de son cabinet familial en acajou.
Yuugi suivit distraitement du regard l'homme dans ses mouvements, son air rêveur venant une fois de plus adoucir ses traits, lui faisant sembler un peu plus simplet qu'il n'était.
Il croisa les bras sur le bois de la table, et enfouit son menton entre ceux-ci, ses yeux dérivant de leur chemin pour se poser sur la grande peinture qui prenait place au dessus de la commode, tranchant par ses couleurs sombres sur le rouge flamboyant de la tapisserie.
L'homme de la peinture sembla lui rendre son regard, ses yeux indigos brillant de toux leurs feux sous l'ombre de son casque, à la manière de ceux de Anzu.
Le magicien –car l'homme en était un, si l'on se fiait au titre de la toile- était vêtu d'une lourde armure sombre aux reflets violets qui lui recouvrait épaules et buste, masquant en partie une tunique bleu sombre, qui frôlait ses lourdes bottes de fer. Un bâton, copie conforme de celui que possédait Mahado-sensei, posait négligemment dans une de ses mains, donnant l'impression de n'être qu'une simple plume entre les longs doigts fins qui le manipulait. Sa main droite tenait fermement son avant bras gauche, croisé par dessus son ventre.
Ses pieds ne semblait toucher terre, flottant sans appui dans les tons gris des volutes de fumée qui composaient l'arrière plan. Et pourtant, le guerrier se tenait toujours droit et fier, comme s'il eut été sur la terre ferme, ses yeux durs semblant défier ceux qui osaient les croiser.
Yuugi avait toujours trouvé que le sorcier ressemblait étrangement à Mahado-sensei, avec ses yeux bleus -soulignés de cette poudre à base de minéraux, que ceux du Royaume des Ombres nommaient khôl, et qui servait à les protéger des trop rudes lumières de leur Royaume-, et ses longs cheveux qui tombaient en cascade sur ses épaules. Il y avait également la façon dont Yuugi trouvait leur regard bienveillant, là où les autres le qualifierait de glacial et désapprobateur.
L'élève avait déjà fait part un jour de son avis quant à cette ressemblance à son professeur, qui, riant doucement, lui avait expliqué que l'homme de la toile était un de ses plus lointains ancêtres, qui vivait alors loin dans le Royaume des Ombres (comme le démontrait son teint hâlé), aux côtés du dernier Pharaon de la monarchie. Le garçon avait été impressionné par la révélation, son admiration envers le magicien grandissant avec le temps, et se transformant en passion pure et simple pour ce royaume si fascinant et empreint d'une culture si variée, envers et contre les préjugés avec lesquels il avait grandi.
« Voyons voir… Ah… Magie Noire ! » s'exclama son professeur en sélectionnant quelques livres de tailles diverses dans son énorme bibliothèque qui occupait un mur entier, à l'exact opposé de la table.
Yuugi secoua la tête, tentant d'en chasser les rêveries qui semblait s'y être installées, et déposa son sac de toile beige à ses pieds, prenant soin d'en sortir sa plume et son encrier, délicatement enveloppés dans un mouchoir de tissu blanc.
« Alors, commence par me parler un peu des différentes sortes de magies, et de comment s'en démarque la noire.» entama Mahado en déposant sa pile de bouquins face à sa chaise, s'y installant confortablement avant de caler son bâton entre un fauteuil adjacent et le mur.
Yuugi se mordit légèrement l'intérieur de la joue, réfléchissant rapidement aux leçons dispensées à ce sujet, au cours de l'année passée.
« Il existe toute sortes de magie… » Son professeur fit un léger signe de la tête, l'encourageant à continuer «La magie élémentale, qui influe sur l'environnement ; la magie blanche, qui sert à guérir, réparer et protéger ; la magie neutre, qui influe sur les lois fondamentales et les interactions entre les corps ; la nécromancie, invocation des corps et âmes défunts ; la prestidigitation, qui créé des illusions et confond l'ennemi ; la divination, qui permet d'anticiper le futur instantané ; la magie incantatoire, qui permet d'invoquer et de passer des pactes avec des créatures de dimensions parallèles ; l'alchimie, magie des transformations suivant un principe très strict d'équité ; et, enfin, la magie noire, qui n'agit que sur les capacités de son utilisateur, renforçant ses caractéristiques ou bien maudissant celles de ses ennemis… »
Il s'arrêta, prenant une grande bouffée d'air tout en rassemblant ses idées.
« Là où les autres types de magie préviennent la violence et ont tendance à être utilisées dans le but de venir en aide à autrui, la magie noire ne sert qu'à nuire à l'équilibre naturel afin de déstabiliser l'adversaire, et améliorer ses propres capacités physiques, magiques et spirituelles… C'est pourquoi on dit que la magie noire est une magie instable. C'est une magie dangereuse et… »
Mahado leva une main, stoppant son élève dans sa lancée.
« Je t'arrête ici. Pourquoi la magie noire est-elle une magie dangereuse ? »
Yuugi ouvrit de nouveau la bouche, pour seulement la fermer de nouveau, clairement perdu.
« Euh… Il y a le TCR… Le Triple Choc Retour… Et ce genre de choses n'arrivent que lorsque l'on pratique la magie noire…
- C'est faux. Les autres magies ont des effets secondaires aussi dévastateurs que ceux de la magie noire, le conseil des Mages n'a tout simplement pas pris le temps de les officialiser, c'est tout. Lorsque l'on pratique trop de magie blanche, par exemple, la réparation peut se transformer en destruction.
- Mais… Dans le passé, la magie noire à permit à de nombreux bandits et traîtres de commettre d'horribles méfaits…
- Donne un exemple.
- Euh… la Reine-Magicienne des Ténèbres qui tua, il y a longtemps, le princesse Shirayuki…
- Qui te dit que, au final, cette légende n'avait pas été modifiée ou même, tout simplement, créée dans le but de rabaisser la magie noire, et ainsi renforcer la haine des hyouri envers le Royaume des Ombres ? » l'interrompit une fois de plus le professeur, plus sérieux que jamais.
Yuugi se mit à balbutier follement, une légère tâche rouge s'étalant doucement sur ses joues chaudes. Son professeur le rassura immédiatement en riant doucement à sa réaction, recevant un regard intéressé de son étudiant.
« Que voulez vous dire par « modifiée » ? » s'enquit le garçon, timidement.
« Réfléchis bien aux moyens qu'utilisa la Reine pour tuer la princesse » le conseilla le professeur.
Son élève joua un moment avec ses doigts, ses yeux fixant un point, loin devant lui, que Mahado identifia comme le tableau du Magicien.
« Tout d'abord, elle l'étouffa avec les rubans d'un corset… » marmonna-t-il.
« Et quel type de magie peut bien donner vie à des rubans ?
- La magie noire… avec un maléfice changeant leurs caractéristiques primaires… ou bien… » Un éclair de compréhension traversa les yeux violets « Les rubans auraient pu être faits de produits naturels comme la soie, produite par des vers et des araignées, elle aurait pu donc utiliser la magie élémentale !
- Mais encore… ?
- … La nécromancie ! Elle avait placé l'âme d'un de ses serviteurs trépassés dans les rubans !
- Exactement ! Maintenant, réfléchit au second et au dernier moyen…
- Elle utilisa peigne et pomme empoisonnés…
- Et… ?
- Il est inutile de jeter un maléfice pour empoisonner un objet : il suffit de choisir les bonnes plantes, et, à l'aide de réactions chimiques, de créer une potion à appliquer sur l'objet en question ! »
Le visage du garçon était illuminé par la compréhension et la joie : il avait réussit à comprendre seul ! Mahado-sensei n'avait pas eu à intervenir !
« Très bien. Je vois que tu as compris. Nous allons donc pouvoir passer à la suite, maintenant que tous les préjugés sont tombés. » lança le professeur avec un sourire en coin, faisant légèrement rougir de honte son élève.
« Heureusement que le blondinet sait où vit ton oncle, Yami. » s'exclama la jeune femme blonde en étirant ses bras au dessus de sa tête, faisant remonter sa tunique ridiculement courte et froncer les sourcils de Haga.
L'interpellé se contenta d'acquiescer vaguement de la tête, suivant du regard un paysan tirant une petite charrette de bois rongé et pourri, le visage couvert à moitié par l'ombre de son grand chapeau conique.
« Bah, en même temps, heureusement que je sais où vis mon prof, ce s'rait pas facile d'aller à ses cours particuliers, sinon ! »
Le blond éclata d'un rire nerveux, se frottant maladroitement le crâne. Kaiba roula les yeux, l'agacement que provoquait chez lui le rire de l'autre dragon lui faisant serrer les dents. Il marmonna un « crétin » impoli avant presser le pas, dépassant le garçon rapidement tout en le bousculant de l'épaule, faisant vaciller le blond.
« Hé ! » cria Jonouchi, se massant son épaule douloureuse et fusillant du regard son compatriote « Tu pourrais au moins dire pardon !
- Je ne vois pas l'intérêt de s'excuser auprès d'un chien. Tu devrais plutôt apprendre à rester à ta place et dégager du passage, clébard.
- Espèce de connard ! » grogna l'étudiant en magie.
Yami s'attendit presque à le voir aboyer, les oreilles et la queue basse.
« C'est fatiguant, de vous entendre vous disputer, comme ça, tout le temps… » râla Insector en se massant les tempes, pestant légèrement derrière ses dents après le vent et les graminées qui se laissaient porter par ce dernier.
« Tu comprends alors ce que je ressens lorsque toi et Mai vous chicanez. » Répliqua l'épéiste aux yeux rouges, dans un souffle, las.
« Et puis d'abord, c'est quoi ton problème ? » pu-t-on entendre Jou dire, plus loin, aux côtés du dragon brun.
« Toi.
- Espèce de… de connard !
- Oh, pitié... Tu te répètes tellement que ça en devient lassant…
- Bon sang, c'est quoi cette condescendance ? Vous êtes tous comme ça chez les White Eyed Blue Dragons ?
- Qui donc t'as appris ce mot ? C'est déplacé de trouver un tel vocabulaire dans la gueule d'un canidé…
- Je vais te-…!
- C'est Blue Eyed White Dragon…
- Quoi? »
Jonouchi se stoppa un instant, l'air totalement perdu, faisant soupirer son antagoniste Il attrapa la mâchoire du dragon noir d'une main et planta son regard dans celui du blond, une grimace colérique aux lèvres, ses yeux froids brillant d'une lueur effrayante. Jou émit une petite exclamation semblable à un jappement, ressemblant étonnamment à un chien à qui on vient de marcher sur la queue.
« Mon clan est celui des Blue Eyed White Dragon. » répéta-t-il lentement, mot par mot « Regarde moi bien dans les yeux et ose dire qu'ils sont blancs. »
Il se retrouvait à présent tout proche du visage de « l'homme-glaçon », l' agréable odeur animale revenant emplir ses narines, et lui faisant tourner la tête. C'était vrai, constata-t-il. Kaiba n'avait certainement pas les yeux blancs, mais plutôt un regard d'un bleu aussi glacial et profond que les grandes mers du Nord dont il avait tellement entendu parler par son père.
Il marmonna quelque chose, malgré la prise de son ennemi sur sa mâchoire, tentant d'ignorer l'odeur qui engourdissait ses sens.
« J'fais bien partie des Red Eyed Black Dragon, et pourtant j'ai pas les yeux rouges… »
Kaiba eut un léger sourire satisfait à la réponse.
« Tu dois effectivement être plutôt particulier dans ton genre… Et ne prend surtout pas ça pour un compliment, clébard… »
Tous deux trop pris dans leur petite dispute, il ne remarquèrent pas que les trois autres les avaient déjà dépassés, et les attendaient maintenant bien loin devant, observant la scène d'un œil las, pour les uns, et amusé pour les autres.
« Bon, et bien… Puisque Tic et Tac semble tant vouloir rester derrière, je propose de demander notre chemin à ce charmant jeune homme que je vois là-bas » suggéra innocemment Mai avant de se retourner vers l'étranger en faisant un grand signe, adoptant une pose séduisante.
« Je n'aurai aucun remord à dénoncer ton asociabilité, si Mahado exige une excuse pour notre retard. » lança Yami à Kaiba, un éclair de sadisme éclairant brièvement ses yeux rouges.
Jonouchi, brusquement chassé, coups de pieds au derrière, de ses profondes pensées, prit soudainement conscience de la proximité de l'autre dragon et du souffle sur son visage. L'odeur si particulière se fit plus entêtante, et il se dégagea brusquement, une grimace sur les lèvres, ne remarquant pas le sourcil haussé du brun.
« Crétin » marmonna-t-il, avant de s'empresser de rejoindre les autres. « Tu pourrais au moins stopper deux secondes ton flux de phéromones, quand tu te colles à quelqu'un comme ça… » ajouta-il plutôt pour lui que pour l'autre.
Autre qui, cependant, ne perdit pas une miette de la boutade, et pâlit légèrement, pour tout aussi vite tourner au vert, et laissant une seconde son masque de froideur se craqueler, à l'insu de –presque- tous ses compagnons de voyage.
Il ne remarqua jamais le regard clairement amusé de l'épéiste aux yeux rouges alors qu'il fermait les yeux sous l'exaspération, un tic nerveux agitant le coin de ses lèvres.
Yuugi cligna doucement des yeux, fixant d'un air plus qu'étonné son ami.
« Jonouchi ?
- Alors, comment c'était ce cours ?
- Bien… » répondit prudemment l'autre « Mais… Qu'est-ce que tu fais ici…? Ca n'est pas que je n'apprécie pas de te voir ! Mais…
- Ben, j'ai rencontré des étrangers au bar (Son ami lui lança un regard désapprobateur) qui cherchaient à se rendre chez sensei, mais qui s'étaient paumés. Alors, j'les ai aidés à retrouvé leur chemin ! Tu les as pas croisés en revenant ? »
Le petit mage secoua la tête faiblement.
« Bah, pas grave ! J'vais t'raccompagner chez toi ! Ca m'fera marcher un peu ! L'entraînement physique, y'a qu'ça d'vrai ! »
Et le blond éclata d'un grand rire, tête rejetée en arrière, le poing brandit devant lui, sans remarquer la goutte de sueur qui coula sur la tempe de l'autre.
Il n'a vraiment rien à faire dans une académie magique… soupira mentalement ce dernier, une vague d'affection envers son grand ami lui réchauffant le coeur.
« Dépêchons-nous, ou Anzu va encore faire tout un plat de tes trois minutes de retard » marmonna le dragon, finalement calmé. « Comme si il pouvait arriver quoi que ce soit, en trois minutes… Pff… »
Et Yuugi ne put qu'acquiescer, ne trouvant absolument rien à y redire : Anzu pouvait être une vraie mère poule, à ses heures.
La « jeune » elfe avait toujours été à ses côtés, d'aussi loin qu'il puisse se souvenir. Engagée en temps que nourrice par son grand-père suite au décès de ses parents, elle s'était révélée une redoutable éducatrice, allant jusqu'à essayer de faire du pauvre Yuugi un féministe fini en le conditionnant, lors de ses jeunes années. Avant, bien entendu, que Sugoroku ne découvre le pot aux roses, et ne fasse sa petite affaire de son côté, peu enthousiaste à l'idée d'avoir un petit-fils militant pour des causes perdues.
Malgré ces quelques frasques, et le caractère bien trempée de la femme qui, à de nombreuses reprises, lui avait causé de grosses frayeurs, Anzu était toujours à ses côtés quand il en avait besoin, allant même parfois jusqu'à mettre des corrections à ses tyrans. Quelques années auparavant, il avait même eut le béguin pour elle, -son impopularité avec les jeunes filles de son âge et la prévenance de l'elfe y étant pour beaucoup-, mais son amour pour elle lui était vite passé, et il pouvait sincèrement affirmer la considérer comme sa mère (ou, au moins, sa grande sœur).
Une mère elfique dont il ne savait rien. A l'âge inconnu (Son grand-père lui avait dit que c'était normal, car, selon lui, les femmes détestaient parler de ce sujet). Qui se révélait parfois des tendances cleptomanes. Et qui semblait penser que tous les mâles qui n'étaient ni enfants, ni animaux, étaient des monstres de perversité, de stupidité et de méchanceté. Mais une mère quand même.
Et ce fut pensant à combien il avait de la chance d'avoir une mère pareille, qu'il prit la route pour le château à l'autre bout du village, son ami blond à ses côtés lui racontant avec passion sa rencontre avec le « plus salaud de tous les connards ».
« Qu…Qu'est-ce que c'est ? »
Yuugi écarquilla les yeux devant le cadeau, la lueur dorée qui en émanait se reflétant dans son regard, lui donnant un air légèrement mystérieux.
« C'est une antiquité très précieuse d'origine ombre. Elle contiendrait, selon la légende, 'Une chose visible qui n'a encore jamais été vue.' » répondit le vieil homme avec un sourire.
Se penchant par dessus la table de bois laqué, le garçon ramena vers lui la boite en or, effleurant du bout des doigts les gravures étranges qui en ornaient les côtés. Elles étaient froides et lisses et il frissonna. Sur le devant, un œil, qui donnait à Yuugi la dérangeante impression que la boite le regardait. Il était entouré de nombreuses gravures, toutes semblant décrire une scène différente.
« C'est écrit en Ombre… » chuchota l'étudiant, fasciné.
« Effectivement… » répondit le vieil homme, plus sérieux que jamais. « Je l'ai découverte dans le tombeau du dernier vrai dirigeant de ce Royaume, lorsque j'était encore jeune et plein d'énergie. Ouvre la donc ! »
Sans se faire plus prier, le garçon retira délicatement le couvercle pour le poser sur la table, il ne put étouffer un cri de stupéfaction. Sous ses yeux, d'innombrables morceaux d'or miroitaient à la lumière du soleil couchant.
Un grand sourire fleurit sur ses lèvres, faisant briller ses yeux.
« Un puzzle ! »
Le vieil homme rit doucement, ses traits s'adoucissant sensiblement face à la joie de son petit fils.
« C'est un petit cadeau pour t'encourager, étant donné que les examens seront très bientôt là. » expliqua Sugoroku, avant de lever un doigt réprobateur. « Mais que ceci ne t'empêche pas de réviser, ou tu entendra parler de moi ! J'attend de toi des résultats à ces examens à la hauteur de tes capacités !»
« Oui, oui ! Merci grand-père ! » répondit vaguement le garçon, sans vraiment écouter, avant de filer, la boîte contre son cœur, dans le but d'éviter un nouveau sermon concernant les responsabilités. Après tout, ce n'était pas son grand-père, le roi de l'irresponsabilité, qui allait lui apprendre ce qu'elles étaient.
Yuugi se réveilla en douceur dans son lit, étourdit comme s'il venait de courir jusqu'à l'Académie en retenant son souffle.
Son bras lui faisait mal, et, pendant un instant, il se demanda si le rêve avait été réalité, avant de remarquer qu'il s'était tout simplement assoupi sur le cadeau de son grand père, face enfouie dans les couvertures, et qu'il venait d'aspirer toute la poussière qui s'était accumulée dans ces dernières. Il eut une quinte de toux particulièrement violente, suivie d'une crise d'éternuements, et ponctua le tout d'un petit bruit dégouté.
Remarquant avec stupéfaction qu'il était encore habillé, il se frotta le derrière du crâne, tentant finalement de se remémorer sa soirée.
Après être rentré de son cours avec Mahado-sensei, il avait été convoqué au grand salon par son grand-père. Il lui avait offert un puzzle antique qu'il avait ramené d'une de ses nombreuses missions au Royaume des Ombres, en guise d'encouragement pour ses futurs examens. Bien évidemment, en amateur de jeux qu'il était, il avait immédiatement voulu commencer l'énigme. Il avait donc passé la plupart de sa soirée à tenter d'assembler entre elles les pièces dorées.
Il avait sûrement du s'assoupir dessus, ayant accumulé trop de tension ces derniers jours, avec ses révisions, pour résister à un soir de folie.
Yuugi soupira, rassemblant les trois seules pièces qu'il avait réussi à assembler ensemble pour les placer soigneusement dans la boite, elle-même installée sur sa table de chevet.
Il s'étira doucement, tel un chat, et s'accorda un énorme bâillement qui le laissa sans souffle et sans forces.
Il tourna la tête vers sa fenêtre, petite lucarne ne laissant que peu de lumière filtrer, et remarqua la lune, haute dans le ciel. Il s'était réveillé beaucoup trop tôt, constata-t-il, l'esprit embrumé par la fatigue.
L'étudiant baissa un œil brillant vers son uniforme froissé et soupira, avant de s'infiltrer sous ses draps. Il était trop fatigué pour se changer.
Il les remonta jusqu'à son cou, et se roula en boule comme un chaton. Il aimait beaucoup s'endormir ainsi, la chaleur de son propre corps lui donnant l'impression d'être moins seul. Le son de son cœur battant le réconfortait quelque peu, et il se laissait ainsi partir vers son monde de rêves, entouré par cette présence invisible, qui, il l'espérait, était l'âme bienveillante de ses parents décédés, il y a longtemps.
Ce soir-là, ne dérogeant pas à la règle, il s'assoupit rapidement avec l'aide de sa position, le sourire aux lèvres.
A suivre.
Note de fin de chapitre :
Et voilà, à suivre au prochain chapitre. Verdict ? /*se planque sous son lit avec son chat*/
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