Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Search
B s . A A A   full 3/4 1/2   E E   Light Dark
Anime/Manga » Yu-Gi-Oh » Ces Stupides Princesses!
Paracetamol
Author of 6 Stories
Rated: T - French - Adventure/Humor - Yūgi M. & Yami Yūgi - Reviews: 34 - Updated: 07-15-09 - Published: 11-02-07 - id:3869859
Share

Disclaimer: Je ne possède en aucune façon Yu-Gi-Oh!/Yuugi-Ou.

Pairings: Début de Friendship!Yami/Yuugi (Heureux ?)

Warnings: Légers sous-entendus sexuels, jurons/insultes (Plaignez vous auprès de Jounouchi, c'est bien pour lui que je choque mes pauvres doigts innocents… -_-)

Note de l'auteur :

Eh ben non, je ne suis pas morte. Miracle, non? Vous pouvez remerciez les professeurs pour avoir fixé la date de passage à l'oral des TPE pour Avril (Au lieu du Mars promis).

Je n'aurai jamais cru que le relâchement de tout le stress et de toute la tension accumulée lors de l'année me donnerait autant d'inspiration et de motivation (Ou bien était-ce la peur renouvelée de se faire lyncher par des lecteurs énervés?)

Enfin ! Bonne lecture (et pas de lynchage, hein ?)!


Chapitre 3

On ne se lie pas au premier mot (Enfin, presque)


« P'pa ! J'suis rentré ! »

Il retira ses chaussures mouillées, les plaçant dans le casier prévu à cet effet, et referma la porte en bois derrière lui, avec précaution.

Ses pieds frappèrent le bois froid sans douceur, mais il ignora les longs frissons qui parcoururent son corps. Les dragons souffraient particulièrement du froid, étant des créatures de feu, et la plupart avaient choisi de vivre dans des pays tropicaux. Cependant, son père étant son père –et un aventurier avant tout-, il s'était retrouvé à vivre à Uraomote Uchuu, connu pour ses hivers glacial et ses étés frileux. Bref, l'enfer sur Terre pour un lézard de feu. Enfin. Encore une fois, l'intelligence n'était pas la qualité première de son paternel, et Katsuya lui-même avait dû hériter de la perspicacité légendaire de son père, au vu de ses résultats scolaires (Et ce pour son plus grand malheur).

Il ouvrit prestement la porte coulissante intérieure, pénétrant dans le petit salon, et trouva finalement son géniteur, les jambes enfouies sous un kotatsu, une bouteille de saké dans une main, un verre dans l'autre. Il était étalé sur le dos, ronflant comme un bienheureux, et totalement ignorant de l'alcool qui se déversait sur le parquet, coulant entre les lattes en bois rayées et poussiéreuses.

« Vieux soûlard…» marmonna le garçon, en se penchant pour ramasser la bouteille.

D'un geste nonchalant il lança son sac à l'autre bout de la pièce, où il retomba dans un bruit sourd sur les coussins qui entourait la table basse.

Malgré les apparences, son père ne se soûlait pas par désespoir. Il ne se soûlait même pas par dépendance! Non. C'était tout simplement pour se réchauffer que « Mon Sieur » Jonouchi possédait la plus grosse réserve d'alcool du village de Domino. Et c'est ce qui énervait le plus son fils. Si c'était pour finir par rester chez soi toute sa journée à se soûler, ce crétin de vieil homme aurait dû tout simplement rester en terre de Florence, où le climat y était le plus doux au monde, quasi-paradisiaque, comme si fait spécialement pour les dragons. Mais non. « Pas assez romanesque » lui avait répondu son père.

Roulant des yeux face à l'apathie du plus vieux dragon, le garçon souleva le tissu de la table chauffante, se penchant pour vérifier que le sort qui maintenait la chaleur à l'intérieur était encore en état de marche.

« Merde… » lança-t-il de dépit, face à l'état du papier ensorcelé. « T'as encore renversé ton putain de saké dessus, le vieux, j'parie ? »

A force de vivre avec quelqu'un de trop éméché pour vous répondre – et encore moins vous entendre, on finit vite par parler tout seul. Katsuya était bien placé pour le savoir, ce qui ne l'empêchait pourtant pas de se sentir stupide à chaque fois qu'il parlait à un mur tel que Jonouchi Senior.

Avec un soupir défaitiste, il arracha le parchemin et entreprit de le déchirer en morceaux avec un zèle inhabituel.

L'étudiant se releva et s'éloigna en direction du couloir, jetant au passage les bouts de papier dans la poubelle du coin de la salle. Son père, à travers le brouillard induit par l'alcool, entendit le bruit de ses pas se faire de plus en plus ténu, jusqu'au moment où il ne resta dans la pièce qu'un silence pesant, que seules les gorgées intermittentes de saké qu'il prenait ne venait troubler.

Bien vite, le fils revint, ignorant totalement et totalement ignoré par l'autre occupant de la pièce, un morceau de parchemin neuf et à la main où était habilement tracé à l'encre noire un kanji en forme de rectangle.

Prestement, il souleva de nouveau le tissu du kotatsu et plaqua d'un geste rapide le sortilège sous les planches-maîtresses de la petite table, observant d'un air satisfait le papier se fondre dans le bois pour ne laisser visible que l'encre, luisante.

Une bonne chose de faite.

Katsuya s'affala sur les cousins, glissant ses jambes gelées sous le tissu de la table avec un soupir de soulagement -la pluie et le froid les avaient engourdies et il ne sentait même plus ses extrémités.

Plaçant ses pieds sous les cousins du kotatsu, l'adolescent se relaxa petit à petit, la tête posée sur le bois verni de la table. Il frotta légèrement un de ses pieds d'une main ferme et chaude, cherchant à dégeler la peau avant qu'un de ses orteils ne tombe.

Les yeux à moitié fermés et un bras enfoui sous la tête, l'étudiant poussa un soupir fatigué, rejouant dans sa tête les évènements de la journée qui avait, il fallait l'avouer, été particulièrement bien remplie. Et à présent qu'il y pensait... Que venaient donc faire à Domino, capitale hyouri de la magie, un groupe d'étudiants de l'ASSP fraîchement diplômés, en bons bourrins qu'ils étaient? C'était louche. Très louche.

Katsuya n'était pas idiot, malgré ce que pouvaient penser les autres -et lui-même, à l'occasion-. Il n'était peut-être pas un génie au quotient intellectuel atteignant des chiffres astronomiques, mais il possédait un esprit vif et alerte qui compensait tout son manque de culture générale sans difficulté. Et puis il était imbattable en ce qui concernait les Lézards Géants.

Car peu pouvaient se vanter d'être nés dans un clan de dragons, à cette époque, et la précieuse progéniture des créatures mythiques était élevée dans l'objectif de faire perdurer les secrets et traditions de la race. Jonouchi n'avait pas dérogé à la règle et avait passé sa petite enfance au milieu des anciens et de leurs livres millénaires.

Oh ! Bien sûr, les secrets les plus importants n'étaient certainement pas confiés à de jeunes dragons à peine capable de se tenir sur deux pattes. Après tout, les clans ne pouvaient pas se permettre de laisser tomber leurs arcanes millénaires entre les griffes de clans ennemis. Les Red Eyes Black Dragons en particulier, était extrêmement paranoïaques, craignant que la moindre information filtrant ne leur fasse perdre leur statut d'égalité avec les Blue Eyes White Dragons, qui les avaient longtemps dominés avant leur reprise de pouvoir, quelques siècles auparavant.

...

Penser à ces fichus Dragons Blancs lui rappelait sa rencontre avec un certain voyageur aux yeux plus froids que le climat de ce fichu pays. Ce gars-là, Seto Kaiba, avait l'air d'être un admirable connard, songea Katsuya avec un petit grognement.

Pas un cheveu qui ne dépassait, les vêtements impeccables, sans une tâche ni un pli de travers. Comment quelqu'un pouvait-il traverser tout une région à pied, franchir marécages et champs et en ressortir aussi... aussi parfait?

Katsuya était exaspéré. Il détestait ce genre de personne à l'apparence irréprochable (Et ce n'était certainement pas par jalousie! Oh que non!), car elles se révélaient toujours particulièrement snob et méprisantes -et ce dragon-là ne semblait par être l'exception à la règle-.

Le garçon soupira encore une fois, son humeur allant en se dégradant. Il sentait la colère laisser place au nuage noir de la dépression. Et à raison. Après tout, c'était ce même dragon qui lui avait volé sa place dans l'école où il avait tant voulu aller étudier afin de suivre les traces de ses ancêtres, et qui en était ressorti avec de biens meilleures notes que celles qu'il aurait jamais pu rêver d'obtenir -si ce que racontait le dossier du larron était vrai-.

Oh ! Pour voir le bon côté des choses, ça n'était pas comme s'il aurait à recroiser le glaçon de si tôt, et c'était toujours ça de gagné. Ce gars-là était insupportable. Invivable.

Lui et ses foutues phéromones qui semblait hurler aux dragons alentour: « Jeune mâle sain et fertile approchant maturité. Cherche chienne prête à porter sa progéniture dès qu'il daignera perdre son temps précieux en fornication. (Insérer rire niais.) »

Enfin, c'était tout du moins la vision qu'avait Katsuya des choses. Ce qui ne faisait certainement pas de lui un hypocrite! Non, monsieur ! Surtout pas après que son propre organisme ait réagit en conséquence en produisant une hormone délivrant le sain message suivant: « Bon petit dragon soumis à l'appareil reproducteur bientôt opérationnel, intéressé par proposition de copulation/reproduction»

Le garçon retint un frisson de dégoût à la pensée même. Ugh. Beurk…

Heureusement pour sa fierté, il avait réussit à stopper la réaction chimique à temps. Rien que la pensée de ce qu'aurait dit ce connard en sentant la réponse de son organisme avait suffit à couper court à toute émission de phéromones.

Un nouveau frissonnement écœuré remonta le long de sa colonne vertébrale. Sincèrement. C'était bien trop bestial et retors au goût de Katsuya, tout ces trucs de dragons, avec leur parthénogé-truc et autres organes hermaphro-machins (Ce qu'il en savait!).

Ouais. C'était vraiment dégoûtant, conclut le jeune dragon.

Il ne remarqua pas le regard médusé que lui adressait son père alors que son rougissement intempestif s'étendait à ses oreilles, trop occupé à s'immerger dans ses pensées meurtrières.

-


La vue était particulièrement belle depuis la villa du professeur Mahado.

Malgré la sinistre image qu'elle dégageait, on ne pouvait nier la beauté de ses jardins. Elle avait plusieurs centaines d'années, construite à l'époque où était arrivée la vague de colonisateurs warfariens, qui avaient alors imposé leurs modèles d'architecture.

Car nul hyouri n'aurait pensé à construire une telle maison sur un ancien cimetière bouddhiste, et ce, peu importe la beauté du paysage. C'était peut-être ce qui rendait si mal à l'aise les habitants de Domino, à chaque fois qu'ils regardaient le manoir.

Enfin ! Ils ne savaient pas ce qu'ils manquaient, songeait Yami, une jambe se balançant par dessus la balustrade du balcon, et l'autre repliée légèrement sous sa cuisse. Il nettoyait nonchalamment le fil de son épée, un chiffon imbibé d'huile en main. Ses gestes étaient lents et précis, et on sentait la valeur sentimentale qu'il accordait au morceau de métal à chaque fois qu'il la tournait en direction du soleil, faisant réfléchir les rayons le long des délicates gravures.

S'il entendit son compagnon approcher, il ne le montra pas.

« Toujours en train de chercher à recouvrir la mémoire, je suppose, pour t'isoler dans un endroit aussi désert. » lui adressa Seto, sarcastique, la voix légèrement teintée de fatalisme.

Le regard que lui renvoya Yami suffit à lui donner sa réponse.

« Après tout ce temps, s'il y avait vraiment quelque chose dont tu devais te souvenir, tu aurais déjà retrouvé tous tes souvenirs. »

L'épéiste aux yeux rouges ne répondit rien, n'ayant rien à dire pour démentir son compagnon. Il se contenta de lever le regard vers l'horizon brûlant, où le soleil s'empressait de se coucher.

« Je fais de plus en plus de rêves étranges. »

La dragon souleva un sourcil, surpris. Il ne s'attendait pas à ce que Yami lui confie quoi que ce soit. C'était après tout une personne très taciturne et silencieuse, et lui-même n'était pas le meilleur des confidents -ni le plus compatissant d'ailleurs-. Reportant son attention sur son interlocuteur, Seto Kaiba se contenta de rester muet, attendant la suite tout en tâchant de ne pas montrer son impatience caractéristique.

« Je suis avec un jeune garçon - aux environs de quatorze printemps à vue d'œil- et nous sommes dans une pièce aux murs en pierre recouverts de dessins d'enfants, et remplie de boîtes de plus de jeux que je ne pourrais en citer... » Il s'arrêta, et jeta un bref coup d'œil au jeune homme aux yeux froids. « Nous passons à chaque fois la nuit à jouer à toutes sortes de jeux. Je n'arrive jamais à entendre clairement son nom, tout comme il n'entend le mien, et chaque matin, au réveil, j'oublie les traits de son visage. »

Il poussa un profond soupir, et posa son chiffon imbibé de graisse sur la balustrade avant d'en descendre.

Sans mot dire, il rangea son épée étincelante dans son fourreau.

« Tu sais bien la seule chose que je peux te dire : les rêves sont un moyen parmi tant d'autres de te permettre de recouvrir la mémoire. Ils sont la porte vers l'inconscient. Souvent, ils donnent des indices de ce que l'on a pu oublier. »

Le Dragon blanc grinça légèrement des dents, irrité d'être forcé de se répéter.

« Dans ce cas, je suppose que je devais beaucoup aimer les jeux de société. » Lança l'épéiste aux cheveux rouges sur un ton sarcastique.

« Tu sais pertinemment bien que c'est plus profond que cela. Ne t'attend pas à ce que ton subconscient brandisse une pancarte indiquant "Mémoire perdue, c'est par ici", c'est beaucoup plus subtil que cela. »

Le ton de Seto s'était fait sec et froid. Aujourd'hui n'était pas encore le jour où il serait d'humeur à subir les sarcasmes de Yami. Ce dernier passa outre l'irritation évidente du dragon, et se dirigea vers la sortie.

« Préviens Mahado que je ne serais pas là pour dîner, je vais méditer. »

Et ce fut ainsi, sous le regard sombre de son ancien camarade de classe, que l'épéiste s'en fut, sans savoir qu'il rencontrerait très bientôt la personne qui hantait ses rêves, pour le meilleur, comme pour le pire.

-


Yuugi n'oublierait jamais la toute première fois où il le rencontra..

C'était une nuit comme les autres, précédant une journée banale et suivant un jour rythmé par une session habituelle de soutien scolaire avec Mahado.

A dire vrai, sur le coup, il avait même cru qu'il ne s'agissait que d'un rêve normal. Car Yuugi rêve énormément. A vrai dire, il rejoint le monde des rêves chaque nuit sans aucune exception. Tout y est toujours très vivace et réaliste. Il y conserve toujours ses cinq sens (Ce qui n'est pas toujours une bonne chose, contrairement à ce qu'il aimerait penser.). Et tous les matins, il se souvient toujours de ses aventures nocturnes. Ses amis trouvent ce fait particulièrement amusant, et il finit toujours par leur conter son rêve de la veille, sur le chemin de l'école, heureux de pouvoir partager quelque chose d'aussi représentatif de sa vie avec ceux qu'il aime.

Ce rêve, cependant, resta secret. Et jamais, de toute sa vie, le jeune Mutou n'en souffla mot à qui que ce soit.

«-'froid. »

Yuugi se redressa prestement, frissonnant au contact de la pierre fraîche contre ses paumes.

Il jeta un bref coup d'œil autour de lui, intrigué, arrangeant d'une main sa frange blonde qui lui bloquait la vue.

La pièce dans laquelle il se trouvait était simple, nue… Ce qui ne faisait cependant pas d'elle une pièce banale, bien au contraire. Ses murs, son plafond et son sol étaient tous fait de pierre lisse et froide, et elle avait une ambiance particulière qui lui rappelait celle des cachots du château de son grand-père.

Elle était plutôt petite, sous forme de cube d'à peu près cinq mètres sur cinq, et deux piliers sobres placés de part et d'autre de la chambre supportaient le plafond (plus pour lui donner un genre que par nécessité, il semblait), la faisant paraître encore plus étroite.

En y repensant, elle ressemblait étrangement aux pièces que son grand-père lui avait décrites, dans ces grands tombeaux Ombres que le vieil aventurier aimait à visiter dans sa jeunesse, remplis de passages secrets, d'énigmes mystérieuses et de trésors.

Malgré cette maigre ressemblance, pourtant, elle n'avait rien de bien grandiose, avec ses murs dépourvus de la moindre décoration et ses torches en bois brut et pierre taillée qui projetaient des ombres macabres le long des murs.

Un bruit étouffé fit sursauter le petit étudiant, coupant court à son train de pensée et il se retourna brusquement, sur ses gardes ; le son ressemblait vaguement à celui d'une porte qu'on claque, bien que lointain et étouffé.

Son regard glissa le long de la pièce et s'arrêta sur un couloir étroit qu'il n'avait pas remarqué au premier abord. Une sueur froide coula lentement le long de sa nuque, et les battements de son cœur se firent plus rapides et bruyants, au rythme de son souffle qui se raccourcissait visiblement.

Rassemblant son courage et prenant une grande inspiration tremblante, le petit mage s'avança vers le corridor, s'arrêtant à son entrée pour poser une main contre le mur en un geste sensé être rassurant (Mais qui se révélait l'angoisser encore plus: il s'attendait presque à ce que le mur bouge sous ses doigts).

« Euh… » tenta-t-il timidement à la cantonade, la voix à peine plus forte qu'un murmure. « Il y a quelqu'un ? »

Le silence était à présent total.

Déglutissant, le garçon se résigna à avancer : ce n'était pas comme s'il y avait grand chose à faire dans cette salle. Et puis, c'était un rêve après tout! Ca n'était pas comme si les rêves pouvaient être vraiment dangereux, tenta-t-il de se convaincre (Tout en ignorant le fait que les rêves pouvaient vraiment être dangereux, quand manipulés par un oniromancien)

Faisant fît de la petite voix qui lui répliquait que ce rêve était bien trop réaliste pour n'être qu'un simple rêve (même pour lui), l'adolescent laissa sa curiosité l'emporter et s'engagea dans le corridor, en scrutant le fond ténébreux. Il lui semblait discerner une porte au loin, et il accéléra le pas, ne souhaitant pas s'attarder dans le couloir sinistre.

Au fur et à mesure de sa progression, des torches revenaient à la vie, comme si sentant sa présence, et il retint un frisson. Quel rêve glauque. Quelque chose n'allait pas…

A présent éclairée, il pouvait apercevoir clairement la grande porte du fond du couloir. Elle était imposante, en pierre polie, avec sa poignée en forme d'anneau, comme dans ces châteaux galériens de la frontière Sud d'Ura-uchuu.

Le jeune mage s'arrêta net face à la porte, hésitant. Etait-ce bien prudent d'ouvrir ainsi une porte qui pouvait mener à n'importe où ? Qui savait ce qui se cachait derrière…

Un œil étrange était gravé en son centre, semblable à celui qui ornait le cadeau de son grand père, et Yuugi ne s'en trouva que plus intrigué, traçant d'une main hésitante le relief de l'iris.

… Il mourrait réellement d'envie de découvrir ce qui s'y cachait.

C'était étrange d'ailleurs, pour Yuugi, d'être aussi curieux. Le garçon avait tendance à chercher à éviter les ennuis, de nature prudente –A force de se faire persécuter par les tyrans de l'école, il avait appris à se faire encore petit que ce qu'il n'était-, et il connaissait mieux que quiconque combien une action irréfléchie pouvait être hasardeuse.

Enfin ! Ca n'était qu'un rêve, après tout. Ca ne pouvait pas faire de mal, d'être un peu curieux, de temps en temps. N'était-ce pas Anzu qui lui répétait si souvent de faire preuve d'un peu plus dé témérité ?

Le garçon agrippa fermement l'anneau qui faisait office de poignée, décidé. Il allait enfin ouvrir cette fichue porte, danger ou non.

« Oi. »

De nombreux termes pouvaient décrire le cri que poussa alors le jeune mage sous le coup de la surprise. Viril n'en était pas un.

Se retournant brusquement, le dos plaqué contre la porte, les bras étalés de chaque côté du corps et les yeux écarquillés de façon presque comique, Yuugi observa avec ahurissement la personne responsable pour son semblant d'infarctus

Un jeune homme –d'à peine un ou deux ans son aîné à vue d'œil se tenait face à lui, les bras croisés sur son torse et l'air ennuyé. Il était vêtu simplement d'un pantalon et d'un tee-shirt à manches courtes on-ne-pouvait-plus ordinaires.

« Qu-qui es-tu ? demanda Yuugi, abasourdi « Q-Qu'est-ce que tu fais dans mon rêve ? »

L'adolescent lui faisant face haussa un sourcil.

« Je pourrais te retourner la question. Aux dernières nouvelles, je visitais ma chambre de l'âme, et non le rêve d'un enfant à peine assez grand pour se permettre un ton pareil » , répliqua-t-il sans se démonter.

Yuugi s'étouffa sur sa propre salive, se sentant rougir sous le coup de la colère et de la honte. Un enfant à peine assez grand pour-… ? s'indigna-t-il intérieurement.

Il fronça les sourcils et pinça les lèvres, irrité. Cependant, loin de paraître intimidant, il ignorait que la moue qu'il arborait ne faisait que lui donner un air plus infantile encore, bordant l'adorable.

« J-Je ne suis pas un enfant ! » s'insurgea-t-il, dans un éclat de courage alimenté par l'irritation.

L'étranger le fixa un instant, une étrange expression sur le visage, et décroisa finalement ses bras en déguisant un petit rire en toux embarrassée.

« Eh bien, désolé, dans ce cas... » lança-t-il avec un petit sourire en coin, clairement amusé. « Je suis '…', et toi ? »

Yuugi fixa l'étranger avec une expression confuse. Il n'avait pas entendu son nom, une sorte de grésillement étrange enveloppant le mot et le rendant incompréhensible.

« Hum… Je-Je suis Yuugi…» bégaya-il, embarrassé, n'osant pas avouer qu'il n'avait pas saisi le nom de son interlocuteur.

Ce dernier fronça les sourcils, une expression interloquée venant s'installer sur son visage. Les deux garçons se fixèrent quelques instants, les sourcils froncés en une expression déconcertée

« Désolé, mais je n'ai pas saisi-… » commencèrent-ils, à l'unisson.

S'interrompant brusquement sous le coup de la surprise, il s'accordèrent un nouveau regard nerveux. Bien vite cependant, un sourire irrépressible naquit sur les lèvres du petit mage, suivit par un gloussement bien vite étouffé par une main crispée. Le garçon adressa un regard inquiet à son compagnon, ses grands yeux violets cloués sur la silhouette de l'homme en noir, espérant que l'étranger n'avait pas mal pris son attitude.

L'homme en question, tout aussi surpris par le comportement du plus jeune garçon, vit son visage se figer en cette même expression indéchiffrable que celle qu'il arborait précédemment, rendant nerveux l'autre occupant du couloir.

Le silence s'installa. Et Yuugi crut bien faire de nouveau un simili de crise cardiaque lorsqu'un rire profond et grave empli le corridor vide.

La bouche pendante, il observa la poitrine de son interlocuteur se soulever au rythme du rire de ce dernier, apparemment sincèrement amusé par la situation.

L'étudiant en magie sentit sa colère et sa nervosité s'évaporer comme neige au soleil. L'autre garçon ne semblait pas si désagréable que ça, après tout, songea-t-il alors qu'un nouveau petit sourire timide venait orner ses lèvres.

-


Dans la famille de Bakura Ryou, il était rare de parler de ses problèmes à qui que ce soit.

Si l'on avait une mauvaise note, jamais au grand jamais ne se serait-on plaint au professeur, ou (plus simplement) ses amis. Si son poisson rouge mourrait, interdiction d'aborder le sujet avec ses parents. Et surtout, si l'on se découvrait une préférence pour son propre genre, hors de question de l'avouer lors d'un repas familial.

C'était, l'on peut dire, la valeur la plus sacrée du clan Bakura. On ignorait son origine , et il était interdit de remettre en cause son bien-fondé, mais c'était une règle devenue tellement naturelle pour les membres du clan que personne ne pensait à la contester.

Et pourtant, si les parents du jeune Ryou avait appris où ce manque de communication avait mené leur unique fils, ils auraient certainement fait preuve d'un plus grand esprit critique. Car leur dernier enfant, ce si gentil garçon qui tenait le rôle de l'élève modèle dans leur famille, dans son manque d'expérience et de communication, avait touché à une science interdite qui ne manquerait de lui brûler les ailes au moindre faux pas. Les Dieux seuls savaient combien une tristesse ainsi étouffée pouvait être poison pour l'esprit, et pousser à des folies telles que peu se livrent à.

Cela faisait maintenant près d'un an. Un an que Ryou avait perdu sa seule et unique sœur dans un accident effroyable de magie expérimentale. Et cela faisait à présent bien plus de neuf cycles lunaires qu'il tentait secrètement de finir l'œuvre à laquelle sa sœur avait laissé la vie, utilisant pour cela la plus risquée des magies : l'Alchimie.

Peu avaient su à l'époque quelles étaient les expériences auxquelles se livraient Amane.

Un beau jour, alors qu'elle finissait le premier semestre de sa seconde année d'études supérieures, à 21 ans passés, le gouvernement provisoire d'Uraomote Uchuu l'avait contactée par le biais de sa grande Confrérie des Alchimistes Nationaux (CAN). Il lui avait proposé un travail qui lui avait certes semblé difficile à accomplir et à la durée était incertaine, avait-elle révélé à son jeune frère, mais réellement fascinant, et très bien payé. Si elle réussissait, elle s'assurait une place confortable parmi la très respectée Confrérie, son rêve de toujours.

Ses parents avaient haussé les épaules, peu intéressés par les frasques de leur fille, et ne désirant surtout pas se mêler des problèmes des Alchimistes. Ces derniers n'avaient pas la meilleure des réputations, à folâtrer une magie aussi instable que l'Alchimie.

Ce fut à la mort de la jeune Amane, seulement, que les Bakura commencèrent à éprouver des regrets et à se demander s'ils n'auraient pas dû s'inquiéter plus tôt.

Et ce fut également à sa mort, lorsque Ryou se vu confier la tâche de trier les affaires de la décédée, qu'il se rendit compte l'ampleur du travail qui avait été confiée à la jeune femme.

Elle avait cherché à ressusciter le voleur qui avait fait disparaître à tout jamais le dernier Pharaon du Royaume des Ombres.

A suivre.

-


Note de fin de chapitre:

Bon, ben, ce chapitre contient quelques brèves allusions à des M-pregs. Je sais que beaucoup détestent ce genre de choses alors je vous rassure: il est hors de question d'introduire un m-preg dans cette fanfic (Qui est centré sur l'aventure).

Sachez cependant que si j'écris un jour une séquelle (qui sera certainement centrée sur Jounouchi), j'ai bien peur que ceux qui ne se risque à sa lecture ne doivent subir bien plus que de simples sous-entendus de male-pregnancy.

Personnellement, je hais les m-pregs bâclés où le pauvre personnage masculin engrossé est réduit à un substitut de femelle. (-_- A ce moment-là, autant utiliser un VRAI personnage féminin. Duh.), cependant, au vu du semblant de scénario que j'ai imaginé, un m-preg (avec parthénogenèse) serait une addition nécessaire à cette séquelle.

Enfin, voilà, tout ça pour dire: pas de panique! : )

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu ! (Si non, j'en suis désolée /*se planque sous son lit*/ )

Pour le prochain chapitre… Eh bien, je ne peux pas vous promettre de le poster dans peu de temps, mais j'essayerai de réduire le temps entre deux updates au minimum.

-


A propos des termes employés en début de chapitre par Jonouchi...

- La parthénogenèse:

Pour faire simple, ça vous dit quelque chose, l'immaculée conception?

Il s'agit tout simplement d'une reproduction monoparentale.

Bien entendu, dans le cas présent, la progéniture serait plus un clone parfait de son géniteur qu'un produit de deux êtres vivants. : /

Enfin, ce qui est amusant, c'est qu'une race de reptile du nom de Dragon de Komodo est connue comme l'une des rare espèce de vertébrés capable de parthénogenèse. Alors vous comprenez, je n'ai pas pu résister. : P

- Les hermaphrodites:

Euh, bon, je suppose que vous n'avez pas vraiment besoin d'explications pour celui-là, alors je vais me contenter de citer Wikipédia (mon meilleur ami) :

« Phénomène biologique dans lequel l'individu est morphologiquement mâle et femelle, soit alternativement soit simultanément. »

Voilà, ce sera tout pour ce mini-cours de SVT, désolée de vous imposer tout ça. D:

07/07/2009 : Petite update en attendant le nouveau chapitre qui me bloque un peu. J'en ai profité pour corriger quelques fautes et remplacer un ou deux mots par-ci par-là.

Review this Chapter


Return to Top