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benebu
Author of 72 Stories

Rated: K+ - French - Drama/General - Hermione G. & Severus S. - Reviews: 180 - Updated: 09-11-09 - Published: 11-16-07 - id:3894475

Disclaimer : les personnages appartiennent à JK Rowling.

Chapitre quatorze.

« Merlin, Granger… tu vas finir dans la cellule voisine de la mienne ! » Il la dévisageait, incrédule.

« Je sais, » gémit Hermione. Elle retomba dans le fauteuil. « J’y réfléchis, encore et encore, et la situation semble tellement désespérée. Je ne sais plus ce que je fais. »

« Il y a longtemps que je sais que je suis du mauvais côté dans cette bataille, » dit Drago. « Mais je ne me serais jamais attendu à ce que tu sois dans la même situation. Enfin, » il haussa les épaules. « Je ne peux pas dire que je me plaindrai de la compagnie. On pourra se crier des trucs à travers les murs, et… »

« Oh, arrête ! » supplia Hermione. « Ce n’est même pas drôle ! »

« J’ai l’impression que tous les deux, on ferait mieux d’espérer que l’Ordre gagne cette guerre, et qu’il soit enclin à se montrer clément envers ceux d’entre nous qui ont joué dans les deux camps. »

Hermione le fixa intensément. « Drago, tu ne vas pas le dénoncer… s’il te plaît. »

Il ne répondit rien pendant un long moment, puis secoua la tête. « Pas moi. J’aime bien ce bon vieux Snape ; il s’est vraiment mis en quatre pour moi. »

Elle s’adossa dans le fauteuil et ferma les yeux. « Merci. Maintenant, il faut juste que je trouve ce que je vais dire aux garçons. Ils pensent que je sors avec toi. »

« Ça ne devrait pas poser de problème : laisse-les continuer à penser ça. Tu peux te servir de moi comme couverture quand tu rencontres Snape. »

Hermione y réfléchit rapidement. Ce serait la solution au problème de ses déplacements dans le château : les garçons ne soupçonneraient pas l’endroit où elle allait. Elle pourrait leur dire qu’elle allait voir Drago. Ils détesteraient ça, mais ils ne soupçonneraient pas qu’elle allait voir qui que ce soit d’autre. Si elle pouvait faire confiance à Drago. Elle l’observa avec curiosité. C’était un Serpentard, et il n’accepterait pas d’aider quelqu’un sans y trouver personnellement avantage. Eh bien, elle, elle était Gryffondor, et parfois, l’approche directe était la meilleure.

« Tu ne fais pas ça pour mes beaux yeux, Drago. Alors… crache le morceau ! Qu’est-ce que tu y gagnes ? »

Drago sourit. « Ça m’amusera, surtout parce que ça rendra Potter et Weasley fous rien qu’à y penser. »

Hermione rit, et continua à rire. Drago en fit autant, et ils rirent jusqu’à l’épuisement.

Gloussant toujours, Hermione articula, « Tu es horrible ! Mais j’imagine trop la tête des garçons… » Elle rit de nouveau.

« Ça fait des jours que je suis assis ici et que je m’ennuie comme un rat mort, » dit Drago. « Ça sera probablement le truc le plus marrant que j’aie fait depuis un moment. Mais, » continua-t-il, « si on tient à ce que ce soit crédible, il va falloir que tu passes du temps avec moi. Et que tu amènes les autres avec toi. Et que tu me laisses te toucher quand ils sont là. »

Hermione frémit. « Ça risque d’être la partie la plus difficile de toute cette histoire. »

« Merci, Granger, j’avais besoin de ça. »

« Non… je suis désolée, Drago. Ça n’est pas sorti tout à fait comme je voulais le dire. » Elle hésita. « C’est seulement que… c’est déjà assez compliqué de ne rien laisser échapper au sujet du Professeur Snape sans en plus ajouter un autre scénario… J’espère seulement que je ne vais pas m’emmêler les pinceaux. »

« Et que tu sauras empêcher les deux autres membres du trio de me tuer à vue. »

Hermione s’indigna. « Ne t’en fais pas pour ça. Quand j’en aurai terminé avec eux, ils seront désolés d’avoir jamais mis le nez dans mes affaires ! »

Drago leva les sourcils. « J’aimerais pouvoir être là pour le voir. Botte-leur le train, Granger. »

« Compte sur moi, » acquiesça-t-elle. « D’accord, c’est décidé. A partir de maintenant, on est un couple. » Elle se glissa hors du fauteuil et se dirigea vers l’âtre. « Et arrête de faire la grimace. Ça ne va pas être terrible à ce point ! »

« Je ne fais pas la grimace. »

« Non ? Comment est-ce que tu appelles ça ? » Elle prit une poignée de Poudre de Cheminette et observa son visage.

Le sourire supérieur des Malefoy avait retrouvé sa place. « En fait, j’espérais qu’avant que tu t’en ailles, je pourrais avoir ce baiser que tu me dois. »

« Oh, franchement ! » s’impatienta Hermione. « Tu ne peux pas oublier un peu cette histoire ? »

« Probablement pas… » répondit-il. « Et pourquoi est-ce que je devrais ? Après tout, je suis aussi Serpentard que mon prochain… ou dans ton cas, aussi Serpentard que ton précédent ! »

« Tu es… tu es impossible ! » Hermione lança la poudre et s’en alla sans perdre de temps.

Avec un whoosh, elle émergea de la cheminée dans la Salle Commune de Gryffondor. Vacillant un instant, elle retrouva l’équilibre et se tourna pour foudroyer du regard le groupe qui y était assemblé. Se concentrant sur Harry et Ron, elle avança pour se confronter à eux.

Ron la regarda d’un air sournois. « On est allée réconforter Malefoy, Hermione ? »

« Il ferait mieux de prévoir de se tenir à l’écart de toi, » ajouta Harry.

« Vous feriez MIEUX d’y réfléchir à deux fois avant d’interférer à nouveau dans ma vie ! » Hermione sortit sa baguette et la dirigea vers eux. Les autres s’écartèrent, Ginny plongeant loin de Harry en glapissant.

« Prominensus Proboskis ! » Le sortilège avait quitté la pointe de sa baguette avant que ni l’un ni l’autre des garçons n’aie eu le temps de réagir. Ils retombèrent en arrière avec un cri, les mains sur leurs visages. Hermione les regarda et eut un hochement de tête satisfait.

« Puisque vous êtes tous les deux tellement avides de fourrer vos nez dans mes affaires de cœur, vous devriez avoir l’appendice approprié ! »

Ginny se releva, et dévisagea les garçons, abasourdie. Elle se retourna vers Hermione, affichant un air admiratif. « Joli sort ! Il faudra que tu me l’apprennes. J’ai d’autres frères sur lesquels je pourrais l’utiliser. »

Les garçons avaient découvert leurs visages, et tous les deux avaient des nez longs, rougis, qui ne ressemblaient à rien tant qu’à de petites trompes d’éléphants. Harry touchait prudemment le sien.

« Ze truc fait mal ! Enlève-le ! »

Ron essaya de parler, mais ce qui sortit fut une imitation fausse d’un barrissement d’éléphant. A ça, les autres explosèrent de rire, se roulant par terre, et se tenant le ventre. Hermione glissa sa baguette dans sa manche et croisa les bras.

« N’osez plus jamais ne serait-ce que penser à faire encore du mal à Drago ! »

Les deux garçons la regardaient, implorants. Elle les ignora, s’adressant plutôt à Ginny. « Je reviendrai plus tard… j’ai des choses à faire. »

Alors qu’elle franchissait la porte de la Salle Commune, elle eut un sourire satisfait en entendant les barrissements de protestation de Harry et de Ron.

XoXoXoXoXoX

Dans l’intention d’éviter à la fois les garçons et Severus Snape, Hermione resta à l’écart de ses destinations habituelles. Ayant obtenu des elfes de maison un panier de pique-nique garni, elle passa le reste de la journée isolée dans le petit cottage rustique qui avait été bâti pour remplacer la cabane de Hagrid après l’incendie. Hagrid lui était en mission pour le compte de l’Ordre, ce qui faisait qu’elle avait l’endroit pour elle toute seule. Elle avait apporté avec elle plusieurs livres, et elle apprécia sa solitude, grignotant le contenu du panier tout en parcourant les volumes pour plus d’informations sur le sortilège de Convergence. Elle retourna au château à la tombée du jour, se glissant tranquillement dans sa chambre pendant que les autres assistaient au dîner. Barricadant prudemment la porte et la cheminée contre toute intrusion, elle se recroquevilla sur son lit, Pattenrond sur l’oreiller derrière elle.

Elle se réveilla en sursaut, se rendant compte qu’elle avait dû s’assoupir. Il y avait un bruit qui venait de la cheminée, comme si quelqu’un essayait de franchir ses barrières de protection. Les garçons… pensa-t-elle, ils voulaient sans doute qu’elle annule le sort. Elle attrapa sa baguette, lança quelques protections supplémentaires sur la cheminée, et se retourna. L’un dans l’autre, la journée avait été plutôt satisfaisante.

Elle sauta le petit-déjeuner le lendemain matin, désireuse de prolonger la torture des garçons aussi longtemps qu’elle le pouvait. Elle donna à Pattenrond les derniers restes de son panier de pique-nique, et alla prendre une douche et s’habiller. Après avoir terminé ses ablutions, elle s’installa au bureau de son salon, se préparant à écrire une lettre rapide à ses parents. Un petit coup à la porte l’interrompit. Il fut suivi par la voix de Ginny, demandant à entrer et assurant à Hermione qu’elle était seule. Levant les barrières et ouvrant la porte, elle l’invita à entrer.

« Oh, Hermione, tu as manqué une telle rigolade au dîner hier soir ! » Les yeux de Ginny dansaient d’amusement. « Les garçons sont au trente-sixième dessous. Ils étaient sûrs que Remus ou McGonagall seraient capables d’annuler le sort. Quand on est arrivés… »

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » gloussa Hermione.

« Eh bien, Remus allait l’annuler. Sauf qu’il riait tellement qu’il a fait tomber sa baguette… deux fois… avant même de pouvoir essayer ! Et après… ça n’a pas marché. Alors il est resté assis là et il a dit, ‘Je crois que vous êtes coincés avec’, et… et… Harry et Ron ont failli s’étouffer sur place ! »

« Est-ce que la Directrice a essayé ? »

« Non. Elle a compris tout de suite que tu avais ajouté quelque chose pour empêcher n’importe qui d’autre que toi d’annuler le sort. Elle a dit aux garçons qu’ils iraient peut-être plus loin en s’excusant auprès de toi. Et puis elle est sortie de la pièce plutôt rapidement. Elle n’a jamais laissé échapper un sourire, mais je te jure… ses épaules tremblaient si fort quand elle est partie… je suis sûre qu’elle riait aux éclats dès qu’elle est arrivée dans le couloir ! »

« C’est parfait, » dit Hermione entre deux gloussements. « Est-ce que tu crois qu’ils ont appris leur leçon ? »

« Je n’ai pas le moindre doute. » Ginny rit et s’essuya les yeux. « Tu te rends bien compte que tu en entendras parler par Fred et George. J’imagine qu’ils seront prêts à te promettre n’importe quoi pour que tu leur apprennes comment tu as rendu ce sort irréversible. » Elle marqua une pause. « Alors, comment tu as fait ? »

« C’est dans le mouvement de la main. Si tu ajoutes une petite impulsion particulière à un moment donné, ça associe le sort avec toi, et alors tu es la seule personne qui peut l’annuler. »

« Brillant… absolument brillant. »

« J’imagine que je vais devoir… l’annuler, je veux dire, avant la fin de la journée. C’est la nouvelle lune et on doit accomplir le rituel pour détruire le Horcrux ce soir. »

« C’est vrai. J’avais presque oublié. La Directrice veut tous nous voir dans son bureau à quatre heures pour recevoir des instructions et nous préparer pour le rituel. Si tu peux rester à l’écart des garçons d’ici là, tu pourras l’annuler dans le bureau. Plus il y a de gens pour le voir, mieux ils retiendront leur leçon. Tu n’es pas d’accord ? »

« C’est une très bonne idée, » convint Hermione. « Je me tiendrai à l’écart jusque là. »

Ils se réunirent dans le bureau de la Directrice : les élèves, ceux des professeurs qui étaient restés à Poudlard, et divers membres de l’Ordre. L’atmosphère était sombre quand Hermione entra dans la pièce. Le Professeur McGonagall se tourna vers elle, brusque et impatiente.

« Vraiment, Miss Granger, occupez-vous de ça… » Elle fit un geste vague en direction de Ron et Harry, et retourna à sa concertation avec les membres de l’Ordre.

Hermione sortit sa baguette et la pointa vers les garçons, et fut gratifiée de les voir tous les deux tressaillir. « Finite Incantatem ! » Leurs nez respectifs rétrécirent jusqu’à leur taille originale et retrouvèrent une couleur normale. Ron secoua la tête alors qu’Harry se frottait le nez, poussant un soupir de soulagement. Depuis le groupe rassemblé autour de la Directrice, Remus Lupin lui lança un clin d’œil.

« Très bien ! » La Directrice attira l’attention de tous. « Nous ne doutons pas que Voldemort ait anticipé que nous allons essayer de détruire le Horcrux ce soir. Il est tout aussi conscient du calendrier que nous, et nous en sommes sûrs, il a fait des plans pour perturber le rituel. »

Tout le monde s’était tu dans la pièce. Hermione sentit sa gorge s’assécher.

« Nous garderons d’importantes forces sur les terres du château en cas d’attaque de Mangemorts. Mais nous nous attendons à des attaques multiples en dehors de Poudlard lui-même pour essayer d’attirer nos défenses à l’écart. Des mesures ont été prises pour mettre ceux qui seraient des cibles potentielles hors de danger. »

Mes parents. Hermione fit un pas en avant, paniquée.

« Monsieur Londubat, votre grand-mère a été envoyée en lieu sûr, tout comme votre père, Miss Lovegood. Les Granger ont été envoyés hors du pays il y a plusieurs jours. »

Elle n’avait pas su. Elle avait envoyé son hibou ce matin sans réellement y penser. Elle n’avait même pas considéré le danger qu’ils pourraient encourir.

« Et pour ma famille ? » demanda Ron.

« Ne vous en faites pas, Monsieur Weasley. Vos frères, la plupart d’entre eux en tout cas, sont avec votre père et les autres membres de l’Ordre autour du château. Votre mère est à l’Infirmerie, prête à assister Madame Pomfresh selon ses besoins. » Elle discerna leurs visages pâles, mais n’autorisa aucun adoucissement de ses propres traits. Ils seraient tous en danger ce soir, et elle ne voulait pas qu’ils l’oublient. « Alastor, si vous voulez bien… »

Fol-Œil fit un pas en avant. « A la tombée du jour, qui devrait être dans à peu près quarante-cinq minutes, tous les membres de l’Ordre devront se trouver à la place qui leur a été assignée. Les élèves accompagneront Lupin sur le site du rituel. Une fois que tout le monde sera en position et qu’il fera complètement noir, le Horcrux sera amené sur le site, et le rituel commencera. Le temps que ça prendra dépendra de votre capacité à détruire le Horcrux. Plus ça prend de temps, plus il y aura de risques pour ceux d’entre nous à découvert autour du château. Pendant ce temps, il se peut que nous soyons informés d’attaques de diversion, ou Poudlard lui-même pourrait être attaqué, mais rien… je le répète, rien ne doit entraver l’achèvement du rituel. Des questions ? »

Personne ne parla, et les membres de l’Ordre commencèrent à sortir de la pièce. Hermione sentit sa panique augmenter. « Harry… Ron ? Si… S’il devait arriver quoi que ce soit… »

Sans hésiter, ils passèrent leurs bras autour d’elle. « Ça va bien se passer, » lui assura Harry. « Après tout, tu es de notre côté. »

« Ouais, » ajouta Ron. « Une sorcière qui fait sacrément peur. »

Luna prit la main de Ron. En silence, elle désigna l’autre côté de la pièce. Ils observèrent Remus et la Directrice qui sortaient leurs baguettes et commençaient à psalmodier doucement. Un son bourdonnant semblait se réverbérer dans la pièce, et un rai de lumière parut flotter pendant un moment, et le coffre apparut à l’endroit exact où il avait disparu avant Noël.

Remus se tourna vers les élèves. « Retrouvez-moi à l’entrée principale dans trente minutes. Ôtez tout maquillage, parfum, ou bijou. Cheveux détachés, pieds nus, » les instruisit-il.

Ils y furent en moins que le temps qu’on leur avait accordé, et il les y attendait. Sortant sa baguette, il la passa au dessus de la tête de chacun d’eux. Avec un hochement de tête satisfait, il ouvrit les portes. « Suivez-moi. »

Tout semblait surnaturel à Hermione : marcher dans le parc de Poudlard en silence, suivre Remus dans l’obscurité croissante. La brume même dans les airs autour d’elle semblait de sinistre augure, portant son poids de tension. Elle se rapprocha des autres.

Dehors, après le Saule Cogneur, il y avait un grand espace dégagé. Remus s’arrêta juste hors de portée de l’arbre et leva sa baguette. Il cria, une phrase courte dans un langage qu’Hermione n’avait jamais entendu auparavant. Et si soudainement qu’elle n’aurait pas pu dire quand elles étaient là et quand elles ne l’étaient pas, une série de structures apparut dans la brume devant eux. Arrangées en cercle, régulièrement espacées, était une série de pierres noires éparses de diverses hauteurs. Certaines semblaient faire un mètre quatre-vingt, deux mètres, et d’autres se dressaient, imposantes, au dessus d’eux. Au centre du cercle se tenait un bloc surélevé, craquelé et usé par les éléments. Le cercle tout entier semblait encastré dans le sol.

« C’est un cromlech, » souffla Hermione. « Mais nous sommes déjà venus ici, tous, et il n’y avait pas trace de lui. »

Remus parlait bas. « Il est caché pour une très bonne raison. La magie accomplie dans un cromlech crée un sortilège d’un pouvoir écrasant. Ce n’est pas une chose avec laquelle on encouragerait les élèves à faire des expériences.

« Ça a l’air vieux, » dit Ginny.

« Ça l’est, » expliqua Remus. « Plus vieux que n’importe quel Cercle de Pouvoir connu dans les îles britanniques, et bien plus ancien que le château de Poudlard. »

« Le rituel va avoir lieu ici ? » demanda Harry.

Remus hocha la tête. « Bon, que je vous mette en position. Nous utilisons de la magie très ancienne ici, ce qui veut dire que les femmes prendront le rôle central. » Ils le suivirent à l’intérieur du cromlech et, selon les instructions de Remus, prirent place entre les sentinelles de pierre, au bord du cercle, mais pas à l’intérieur. L’espace entre les pierres juste en face du bloc central fut laissé libre. Remus demanda à Ginny et Luna de prendre les places pile à l’aplomb de chacune des extrémités du bloc, et Hermione prit position en face de la place laissée vacante. Les garçons et Remus remplirent les autres places libres.

Les derniers rais de lumière semblèrent disparaître soudain du ciel, et il fit noir. Il faisait aussi froid, et Hermione frissonna, serrant ses bras autour d’elle, regrettant de ne pas pouvoir porter quelque chose aux pieds. Les autres autour d’elle semblaient ressentir la même impression de froid ; ils remuaient, mal à l’aise, à l’endroit où ils se tenaient.

Et puis, soudainement à nouveau, sans un bruit, une silhouette se tenait au bloc central, déposant dessus le Sceau de Rowena Serdaigle. Il fallut à Hermione un moment pour reconnaître la silhouette pour celle de la Directrice. Elle était vêtue de noir, avec un châle de tartan pendant de ses épaules pour effleurer le sol à ses pieds. Ses cheveux étaient détachés comme l’étaient les leurs, ils étaient… noirs, mêlés d’argent. C’est une prêtresse, réalisa Hermione, se demandant combien d’autres facettes il y avait chez la Directrice qu’elle ne soupçonnait pas.

Le Professeur McGonagall leva les mains, et lança un appel dans le même langage étrange que Remus avait utilisé pour faire apparaître le cromlech. A l’étonnement d’Hermione, elle comprit ce qui était dit. Presque instinctivement, elle leva également les mains, imitant la Directrice. Autour du cercle, elle pouvait voir que Luna et Ginny en avaient fait autant.

« Nous appelons la Terre, qu’elle soit témoin de ce qui est devant nous. Nous implorons la Déesse de révéler ce qui est contre nature, ce qui a été déformé et corrompu, ce qui a endossé les pouvoirs du mal ! »

L’air autour d’elle semblait bourdonner en réponse, et Hermione retint une inspiration étonnée quand elle sentit le sol chauffer sous ses pieds nus. Depuis quelque part au loin, elle entendit des voix alarmées s’élever. Les ignorant, la Directrice continua le rituel, appelant à nouveau.

« Nous invoquons les pouvoirs de la Terre pour nous aider et nous servir, nous apporter leur force, Converger avec nous. En tant qu’enfants de la Déesse, nous allons détruire ce qui a été changé en mal, ce qui a été créé avec en son cœur la haine et la destruction. »

Le sol sous les pieds d’Hermione vibrait, comme s’il avait un pouls. Autour du cromlech, la brume approchait, les enveloppant d’un voile gris qui dissimulait le rituel à ceux qui n’y prenaient pas part. La Directrice quitta le bloc, laissant le Horcrux en son centre, et prit sa position entre les deux pierres qui étaient pile en face. Elle sortit sa baguette et la pointa vers le Sceau de Serdaigle. Hermione sortit sa propre baguette et la dirigea vers le Sceau, mais garda ses pensées concentrées sur la Directrice. Autour d’elle, elle sentit les mouvements des autres alors qu’ils en faisaient autant.

« Convergez avec moi, vous tous ! » L’ordre de la Directrice ne pouvait être ignoré. « Pouvoirs de la Terre, Convergez avec moi ! Volonté de la Déesse, Converge avec moi ! »

L’air autour d’eux vibrait, au son du vent qui sifflait entre les pierres et s’enroulait autour d’elles. La brume se faisait plus compacte autour du cromlech, étouffant entièrement tout son et toute vision de ce qu’il y avait autour. Hermione ne pouvait plus sentir le sol sous ses pieds ; pour autant qu’elle le sache, le cromlech aurait pu flotter dans les airs. Un souffle d’énergie qui semblait émaner de la Directrice elle-même la submergeait. Elle se concentra pour y combiner sa propre énergie, l’y ajouter, en renforcer le pouvoir. D’autres énergies affluaient, se combinant à la sienne. Elle sentit le lancement du sort, avant même d’entendre le cri de la Directrice « Destructio ! »

Les énergies Convergentes frappèrent le Sceau de plein fouet et il sauta du bloc de pierre pour flotter au dessus. Hermione pouvait sentir une puissance qui résistait aux énergies combinées, essayant de les repousser. Le Horcrux combattait sa propre destruction.

Elle se força à se concentrer sur les énergies, essayant d’engloutir toute sa volonté dans la Convergence. Le sortilège reprit son assaut, bataillant contre la résistance du Horcrux, et le Sceau s’allongea et s’aplatit sous l’effort, tournant follement au dessus du bloc. Un halo de lumière entourait le Sceau tourbillonnant, le compressant plus encore. Hermione ferma les yeux, et vida son esprit de tout sauf le sort, sa respiration courte, et sa poitrine qui lui faisait mal à force d’effort.

L’explosion ébranla le cromlech, giflant les pierres ; la brume se déchira en lambeaux autour d’eux. Hermione tomba à genoux, s’appuyant contre le sol pour se soutenir, essayant désespérément de reprendre son souffle. Elle regarda autour d’elle, les autres en faisaient autant. La seule toujours debout était la Directrice et elle récupérait le Sceau au centre du bloc. Hermione se força à se relever et l’y rejoignit. Le Sceau était noir, brûlé, mais l’aigle en son centre brillait dessous comme de l’or. Le Professeur McGonagall sourit. « Bienvenue à la maison, Rowena. »

Les autres les rejoignirent. « Retournons au château, » décréta Remus. Ils n’avaient fait que quelques pas quand la Directrice s’écroula au sol. Rapidement, Remus se pencha vers elle, vérifiant son pouls et sa respiration.

« Est-ce qu’elle est… ? » Harry ne semblait pas avoir envie de finir sa question.

« Non, » répondit Remus. « Seulement épuisée. » Il prit la femme inconsciente dans ses bras. « Hermione, prends le Sceau. » Il se remit en route, les autres sur ses talons. Hermione regarda derrière elle, et vit les pierres du cromlech qui commençaient à disparaître dans la brume. Puis il disparut. Disparu, supposa-t-elle, jusqu’à ce qu’on l’invoque à nouveau.

« C’était incroyable, » dit Harry derrière elle. « J’imagine que la Directrice parlait une forme d’ancien gaélique. J’aurais bien voulu comprendre ce qu’elle disait. »

Luna se retourna en entendant ce que disait Harry, et lança à Hermione un sourire vague. Un ancien rite, un rite de femmes…

Dans l’Infirmerie, la Directrice fut installée dans un lit, et Madame Pomfresh commença à travailler sur elle, pendant que Madame Weasley vérifiait l’état des autres. « Aucun d’entre vous ne semble être blessé, » annonça-t-elle, soulagée. « Nous attendons des blessés de la bataille dans le parc. Allez à votre dortoir et reposez-vous, et nous vous tiendrons au courant de ce qui s’est passé dans la matinée. »

« Mais est-ce que les combats sont toujours rudes ? » demanda Ron. « Ils ont peut-être besoin de nous. »

« Ils ne sont plus que sporadiques maintenant. Et aucun de vous n’en approchera de près ou de loin, Ron Weasley. »

Remus était assis à côté du lit où la Directrice était étendue, endormie. « L’Ordre va prendre les choses en main ce soir. Je suis d’accord avec Molly… au lit, vous tous. »

Personne ne voulait être séparé après ce qu’ils venaient de traverser, alors ils rassemblèrent oreillers et couvertures de quelques Accio !, et se recroquevillèrent par terre dans la Salle Commune. L’épuisement pur et simple gagna, et ils s’endormirent en quelques minutes.

XoXoXoXoXoX

Hermione se réveilla le lendemain matin en entendant la porte de la Salle Commune s’ouvrir. Toujours à moitié endormie, elle s’assit, repoussa ses cheveux de devant ses yeux, et lança un sourire ensommeillé à Remus et Tonks qui entraient dans la pièce. « Est-ce que je les réveille ? »

« S’il te plaît, » confirma Remus en hochant la tête, et Hermione remarqua pour la première fois que ni lui ni Tonks ne souriaient. En fait, l’air déterminé qu’ils affichaient l’encouragea à secouer rapidement le groupe endormi.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demandait Harry avant que les autres ne soient tout à fait réveillés.

« Attendons que tout le monde soit levé et bien réveillé pour qu’on n’aie pas à répéter les choses, » dit Tonks.

Ce fut l’affaire de quelques minutes qu’ils soient assis, réveillés, attendant. Remus s’installa dans un fauteuil, et Tonks se percha sur l’accoudoir. « Nous vous avions dit que nous nous attendions à des attaques de diversion pour perturber le rituel, n’est-ce pas ? » Ils hochèrent la tête en réponse, le dévisageant anxieusement. « Il y a eu une escarmouche mineure ici, avec quelques blessés, mais rien de grave. »

« Alors… il s’est passé quelque chose ailleurs ? » demanda Hermione, nerveuse.

Tonks hocha la tête. « Il y a eu plusieurs attaques sur des membres de l’Ordre et leurs familles, et sur des familles moldues. » Elle avait le visage sinistre. « La famille Crivey était l’une d’entre elles… je suis désolée de vous apprendre qu’il n’y a eu aucun survivant. »

Hermione eut un haut-le-cœur. Pauvres Colin et Dennis… ils étaient tellement excités d’être des sorciers, et par tout ce qui avait à voir avec la magie. C’était si injuste…

Tonks parlait à nouveau. « La famille Bones a également été prise pour cible. Susan n’était pas chez elle, alors elle en a réchappé, mais ses parents ont été tués. Et comme Amelia a été assassinée… enfin, elle n’a plus aucun parent vivant. »

« C’est terrible, » dit Ginny. « Qu’est-ce qui va lui arriver ? »

« Ses parents avaient anticipé cette possibilité, et ils avaient nommé la Directrice sa tutrice légale pour le cas où quelque chose leur arriverait. Elle sera amenée ici dès que ce sera sûr. »

Harry regardait le visage de Remus d’un air concentré. « Il y a quelque chose d’autre… quelque chose de pire, non ? »

Remus grimaça. « Malheureusement, oui. L’attaque majeure a eu lieu à Azkaban. Les gardes et les membres de l’Ordre ont résisté, mais les Mangemorts ont réussi à entrer dans la prison. » Il serra les poings. « Lucius Malefoy a été libéré, j’en ai peur. »



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