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Note: Je poste trop ces temps ci va falloir que je me calme. Mais j'avais promis ce chapitre pour septembre et nous sommes en septembre donc le voilà
Remerciements et bisouilles: Comme d'hab aux trois choupettes: BN, Baddy et Fanny et un spécial à Chris Tais qui a fait deux illustrations sublimes sur cette fic (allez voir mon profil, j'ai mis le lien de son blog)
Chapitre 3 : Ouske ça triche
Tout en marchant vers ma salle commune, j’essaie d’échafauder un plan.
Il s’avère que si je veux prendre en photo Potter, il ne doit surtout pas s’en rendre compte. Je n’ose imaginer la honte cuisante qui sera la mienne si cela venait à se produire. Il faut donc que je sois extrêmement discret.
Ensuite Crivey ne veut pas n’importe quelle photo. Je parie que les pieds ou un morceau de cape de Potter ne l’intéresse pas et qu’il faut donc qu’on voit sa tête de balafré…Il doit donc être plus ou moins de face et ne pas me voir (ce qui rajoute une difficulté). Si seulement j’avais une cape ou une potion d’invisibilité…Ou je pourrais lui faire croire que je prends une photo pour le journal de l’école : Sur les joueurs de quidditch de septième année !
Bon, d’un autre côté le fait que je ne bosse pas pour le journal de l’école peut lui paraître suspect. Il faut que je trouve autre chose…Et je ne dois pas mettre dix ans cette fois.
-Draco ! Draco ! crie quelqu’un derrière moi.
Je continue de marcher, sans même tourner la tête, qui que ce soit, s’il veut me parler, c’est à lui de se bouger. Je l’entends qui accélère et quand il m’appelle une troisième fois, sa voix ne cache pas son état d’énervement. Je reconnais Jonshon…Qu’est ce que j’ai fait aux dieux pour mériter ça ? Bien sûr, je n’attends pas de réponse mais ça ne m’empêche pas de souffler bruyamment. La seconde d’après sa main se pose sur mon épaule.
Je le trouve bien familier ce type ! Ok, on a un peu flirté ensemble dans le temps mais c’était avant qu’il m’embrigade dans toute cette histoire. Maintenant, j’ai juste envie de le frapper très fort quand je le vois. Mais je suis contre la violence, tout le monde sait ça. Frapper les gens, ce n’est pas mon truc –sauf Potter mais lui ce n’est pas pareil, ça ne compte pas- frapper, c’est le boulot de Crabbe et Goyle. Et comme, dieu merci, je ne suis ni l’un, ni l’autre, je me contente de me tourner vers lui en souriant, parce que mes parents m’ont appris à toujours être courtois. Je vire sa main de mon épaule avant d’épousseter l’endroit qu’il vient de toucher, parce que mes parents m’ont appris qu’il ne faut pas laisser les gueux poser les mains sur nous, ce n’est pas très hygiénique. Et surtout ça à l’air de le faire chier.
-Pourquoi tu me fuis ? demande-t-il avec un mélange de tristesse et d’exaspération.
Je le regarde impressionné par l’air qu’il a. Il joue parfaitement la femme outragée, je peux au moins lui accorder cela. Pour un peu j’applaudirais mais j’ai peur qu’il se vexe.
-Je ne te fuis pas, Sournois Serdaigle, je t’évite.
Ma précision semble tout d’abord le prendre au dépourvu, puis la colère déforme ses traits qui étaient pourtant réguliers et charmants.
-Tu m’évites ? Sournois Serdaigle ? s’insurge-t-il d’une drôle de voix suraiguë.
-C’est moi ou il y a de l’écho ici ? je demande stupéfait.
-Ne fais ça ! dit-il en serrant les poings.
-Faire quoi ?
-Faire comme si je n’étais plus important ! Tu me traites comme tu traites tous les gens qui t’indiffèrent ! Je n’en veux pas de ton putain de cynisme !
-Je fais encore ce que je veux.
Il commence sérieusement à m’énerver celui là.
-Tu ne comprends pas ! Tu ne peux pas essayer de me séduire et ensuite me rejeter comme ça ! s’exclame-t-il hargneusement.
-Hum…Attends, laisse-moi réfléchir…Si, je crois que si…je peux le faire, c’est tout à fait dans mes cordes même !
-Tu n’es qu’un salopard insensible ! crache-t-il visiblement dégoûté.
J’encaisse l’insulte impassiblement mais ma voix est un peu trop sèche quand je reprends la parole.
-C’est juste. Mais rassures-toi, tu ne vaux guère mieux. Ne me fais pas le coup de l’amoureux éconduit, je sais que tu ne m’aimes pas, c’est juste ta fierté qui en prend un coup. Ne t’en fais pas, tu t’en remettras…ils s’en remettent tous…
J’ai conscience qu’un sourire amer déforme mes lèvres, mais je m’en moque.
-Connard, siffle-t-il.
J’ai l’impression qu’il va me frapper. Son poing en tout cas me donne cette impression. Je ferme les yeux m’attendant au choc mais le seul truc que j’entends c’est le bruit de ses pas qui s’éloignent. Je pousse un soupire de soulagement, ouvre un œil et puis l’autre. S’il m’avait frappé, j’aurais dû me venger…et je n’ai pas le temps pour ce genre de chose.
°0°0°0°
-Il faudrait l’assommer, me propose Blaise dix minutes plus tard alors que je viens de tout lui raconter.
-Je n’ai pas vraiment le temps de m’occuper de Jonhson là, je réponds, j’ai une photographie à prendre.
-Non, je parlais de Potter, tu l’assommes –enfin Crabbe ou Goyle l’assomme- et tu le prends en photo tranquillement.
-C’est une idée excellente, je m’exclame un peu surpris de ne pas y avoir pensé moi même.
Blaise a un sourire ravi.
-Bon après faut que Crabbe et Goyle arrivent à le mettre hors jeu et ça ce n’est pas dit, poursuit Blaise, il a quand même abattu le seigneur des Ténèbres, ça compte ça sur un CV.
-Qu’est ce qu’on doit faire ? demande Gregory nous faisant sursauter.
Depuis quand est-il derrière nous celui là ?
-Assommer Potter, répond Blaise alors que Vincent arrive aussi.
-Potter comme dans « Harry Potter, le sauveur de du monde sorcier, le pourfendeur du plus grand mage noir de tout les temps, le détenteur du plus gros record de mangeur de pâtes en une soirée» ? fait Vincent en fronçant les sourcils alors que Grégory me regarde comme s’il venait de me pousser une seconde tête.
Je jette un bref coup d’œil à Blaise. Mes brutes épaisses adorées n’ont pas l’air chaudes pour cette mission, il va falloir faire preuve de diplomatie.
-Voyons les gars, il n’est pas aussi fort que la légende veut bien le dire…Un petit coup sur la nuque et…
-Sans moi, me coupe Grégory, je ne suis pas suicidaire.
-Idem, sourit Vincent, déjà qu’il ne nous a pas à la bonne…
-Mais non ! Potter n’a rien contre vous ! Je suis sûr que dans le fond, il vous aime bien !
-Ouais, c’est sûr, raille Vincent, son amour pour nous est si profond que chaque matin il nous déclame des vers enflammés ! C’est dommage que tu loupes ça d’ailleurs ! Désolé Draco, mais il va falloir te débrouiller sans nous.
Sur ce ils s’en vont, me laissant, je dois l’avouer, un peu perturbé.
-Ne sont-ils pas censés m’obéir ? je demande à Blaise un peu inquiet.
-Ben écoute, répond mon ami, s’ils veulent se rebeller, vu la taille de leur bras, ce n’est pas moi qui vais les en empêcher.
-Moi non plus, je me hâte de dire. Mais du coup il nous faut un autre plan.
-Tu pourrais l’assommer, tente Blaise.
-Ou tu pourrais le faire, je suggère.
-Ok, souffle-t-il, un autre plan alors…
Un grand silence s’installe entre nous pendant quelques minutes, chacun perdus dans ses pensées en train de réfléchir à un plan. Enfin c’est ce que je croyais lorsque je m’aperçois que Blaise semble surtout occupé à dessiner des « L » idiots sur son parchemin.
-Peut-on savoir ce que tu fais ? je grogne le faisant sursauter.
Il semble surpris de voir ce qu’il a fait de son parchemin et se hâte de le froisser, semblant fâché contre lui-même. Je ne veux même pas savoir ce que ce « L » signifiait…tant qu’il ne s’agit pas de mon père ça m’est égal.
-Désolé, fait-il après avoir jeté son papier, je pense que le mieux c’est que tu te planques derrière une statue et que tu attendes le bon moment et le bon angle pour le prendre en photo.
-Trop risqué et trop long, je réplique. Faut autre chose de mieux.
-Je ne vois pas là.
Je soupire, Blaise ne m’aide pas beaucoup. Il va encore falloir que je me débrouille tout seul. J’attrape mon appareil photo comme un chasseur attraperait son arme et décide qu’il est temps de partir à la chasse au Potty, animal à lunettes qui hante l’école de sorcellerie la plus réputée au monde.
Bien sûr, comme rien ne me sera épargné en ce bas monde, je ne le trouve pas. Ce n’est pas comme si je ne m’y attendais pas. Dès que je ne veux pas le voir, il apparaît comme par magie devant moi et dès que je le cherche pas moyen de le trouver. Il doit être dans la tour des gryffondors avec ses copains bruyants et inintéressants. Me reste plus qu’à attendre qu’il sorte pour son entraînement de quidditch.
Deux heures plus tard, planqué dans un arbre, j’essaie de le prendre en photo…en vain. Ce petit….ce sale…Potter, quand il s’entraîne il ne fait pas semblant. On dirait un volatile qui aurait abusé de substance illicite. Et vas-y que je vole à gauche, que je descends en piqué, que je tournoie tout en remontant…et puis il y met la gomme. Ce type est suicidaire. On ne frôle pas aussi souvent le sol pour un simple entraînement ! Je lui en donnerais moi des sensations fortes ! Finalement, j’ai bien envie de l’assommer histoire qu’il se calme un peu…enfin si ça continue il va s’assommer tout seul et mon cœur loupe un battement à chacune de ses pirouettes de cinglé. A croire qu’il veut que je fasse une crise cardiaque !
Pas moyen donc de le prendre en photo. Il va trop vite pour son propre bien –et le mien-. Et puis je suis trop occupé à serrer les dents. On n’a pas idée d’être aussi inconscient. Il mériterait vraiment que je l’assomme. Pendant les matchs encore je comprends, il y a un public, il y a une victoire en jeu…mais là…qu’est ce que ça peut bien lui apporter de tenter les figures des plus grands joueurs au risque de se casser en deux.
Les gryffondors sont vraiment stupides. Courageux, mes fesses, ils sont justes complètement inconscients du danger, oui ! Et vas-y que je frôle les tribunes pour le fun, et que je m’envole si haut qu’on ne me voit plus…A quoi il joue ce con ?
Je le cherche des yeux dans le ciel de plus en plus sombre à mesure que le soleil se couche. Où est-il cet idiot ?
-Bouh !
-AAAAAH !!
Je crie, sursaute et sens que je perds l’équilibre. Potter –ce sale connard- tente de me rattraper, me tord presque le poignet et tombe finalement avec moi et son balai. Il a quand même réussi à ralentir la chute mais la réception est douloureuse. Surtout celle de Potter. Je le reçois sur moi et mon souffle s’en retrouve coupé, sa saleté de balai cogne violemment contre mon mollet et m’arrache un cri de douleur.
J’ouvre les yeux et croise le regard ahuri du balafré, juste au dessus de moi.
-Dégage, je siffle en sentant à présent mon dos m’élancer.
Il s’exécute avec difficulté. Apparemment il s’est fait mal aussi. Peut-être qu’il y a enfin une justice ?
-Peut-on savoir ce qu’il t’a pris ? je demande en essayant de me relever.
Une main se tend vers moi et je la prends en grimaçant. Potter grimace aussi en me relevant. C’est fou ce qu’on doit être beaux à voir tout les deux.
-Blague idiote, marmonne-t-il, désolé. Qu’est ce que tu faisais dans cet arbre aussi ? grogne-t-il ensuite, plus du tout navré apparemment. Tu nous espionnais !
-Arrête d’être parano !
Je vérifie que mon mollet ne soit pas hors service mais tout va bien, j’aurais tout au plus un gros bleu. Je regarderai mon dos tout à l’heure.
-ça va aller ? demande-il.
-ça aurait mieux été si un gros bourrin ne se s’était pas jeté sur moi et fait tomber de l’arbre.
-J’ai essayé d’éviter ta chute ! s’insurge Potter.
Je lui jette un regard noir. Il a l’air d’oublier un peu vite que c’est de sa faute si j’ai perdu l’équilibre.
-Alors que viens tu faire ici ? reprend-t-il. Tu es venu voir Ginny ? Elle m’a dit pourtant qu’il ne se passerait rien entre vous.
-Je suis venu observer les Thys et essayer de les prendre en photo, je réponds ne voulant surtout pas m’attarder sur le cas de la rouquine féroce.
Comme quoi c’est parfois utile d’avoir une excuse toute faite, au cas où. Et comme preuve de ma bonne foi, je lui montre mon appareil photo.
-Je ne savais pas que tu t’intéressais aux oiseaux, dit-il en fronçant les sourcils.
-Parce qu’il faut te tenir informé de tout ce que je fais ? je demande d’une voix traînante. Je te trouve bien curieux.
-Je ne le suis pas, dit-il très vite. Maintenant, si tu permets, j’ai un entraînement à finir.
Comme je suis bon prince, je permets en effet et Potter remonte sur son balai avec une aisance insolente pour quelqu’un qui vient juste de faire une chute.
Le coup de la photo pendant son entraînement de quidditch, c’est donc un échec.
Je rentre au château en boitillant un peu, oui parce que moi quand je tombe de si haut j’ai un peu de mal à sautiller gaiement la minute d’après. Il n’a même pas tenté de me soigner cette fois-ci et je ne peux m’empêcher d’être contrarié.
°O°O°O°O°O°
Comment prendre en photo Potter ? Cette question m’obsède depuis quatre jours. J’ai fait plusieurs tentatives, toutes infructueuses. J’ai essayé au détour d’un couloir, lors de ses balades nocturnes et même pendant un cours de défense contre les forces du mal qui se passait exceptionnellement dans la forêt interdite.
Mais prendre une photo discrètement, sans cadrer, ne mène à rien de bon.
L’appareil ne me quitte pas au cas où le moment parfait se présenterait. Du coup, l’école toute entière croit que je me suis pris de passion pour la photographie. Génial, j’avais justement envie d’être considéré comme un Colin Crivey en puissance !
-Encore en train de ruminer ? questionne Blaise en sautant sur son fauteuil attitré de la salle commune.
-Encore en train de t’amuser à mes dépends ? je réplique de mauvaise humeur.
-Toi, tu n’as toujours pas réussi à prendre tu-sais-qui en photo ! annonce mon meilleur ami avec un sourire amusé.
-Ce type ne peut pas rester une seconde en place ! Impossible de prendre une photo convenable ! Le voir toujours occupé en devient fatiguant. Ça pour être un homme d’action, c’en est un. Si j’ai juste, au moment même où nous parlons, il doit être en train d’aider Hagrid avec ses monstres.
-C’est sûr, qu’il aurait été plus facile de prendre Crabbe ou Goyle en photo, ils sont plutôt du genre tranquilles.
-Le mieux cela aurait été un Crabbe avec le corps de Potter.
Blaise ricane imaginant la scène mais une idée géniale vient de germer dans mon esprit.
-J’ai trouvé, je murmure.
-Trouvé quoi ?
Je me tourne vers mon meilleur ami, un sourire aux lèvres. Ça a l’air de l’inquiéter de me voir ainsi.
-Trouvé quoi, Malfoy ? répète-t-il en fronçant les sourcils. Je te préviens si tu m’entraînes encore dans un de tes plans foireux, je change de maison et demande à aller chez les poufsouffles s’il le faut !
-Voyons, mon ami, je susurre, tu sais bien que je ne ferai rien qui puisse te nuire.
Le regard qu’il me lance alors, me laisse à penser qu’il doute beaucoup de la véracité de ma dernière phrase mais je me contente de garder un sourire innocent plaqué sur mes lèvres. ça risque d’être amusant.
O°O°O
-Je savais que je n’aurais pas dû accepter ! ronchonne Blaise en face de moi en enlevant son T-shirt, et arrête de me regarder comme ça, c’est flippant !
-Désolé, je murmure sans pour autant quitter son torse des yeux.
-J’ai l’impression d’être une fille qu’on a envie de se faire, grogne-t-il.
-Oh non, crois-moi tu es un mec, je susurre.
-Justement, en ce moment, je me demande pour ma sécurité personnelle s’il n’aurait pas mieux valut que je sois une fille.
Je ricane sans pouvoir m’empêcher de le dévorer des yeux.
-Allez Potter, je murmure chaudement, prend la pose.
-Ne me parle pas comme ça ! fait Blaise de mauvaise humeur. Je ne suis ni Potter, ni un morceau de viande. Peux-tu me rappeler pourquoi j’ai accepté de participer à ton plan stupide ?
-Tu es mon meilleur ami, je ferai tes devoirs de potion jusqu’à la fin de l’année, je te paie huit cent gallions pour ça et en sus...
-Pitié n’utilise pas cette expression quand je suis Potter et que tu baves sur moi.
-Je ne bave pas ! je m’insurge. Je suis juste curieux de voir comment Potter est fait et je répondais à ta question je te signale !
-Et bien n’y répond plus. Et ta curiosité va rester insatisfaite, je le crains, je n’enlèverai rien d’autre.
-Quoi ? Mais il était prévu que tu sois en caleçon !
-C’est toi qui a prévu ça tout seul, hors de question que tu profites de la situation pour satisfaire ta perversité naturelle. Je me demande comment je n’ai pas pu me rendre plutôt compte de la façon dont tu regardais Potter ? Ou pire comment lui n’a pas pu s’en rendre compte ?
Je lève les yeux au ciel, laissant Blaise partir dans son délire de vierge outragée, tout ça parce que j’ai eu le malheur d’apprécier ce que je voyais. C’est vrai que Potter est plutôt bien fait de sa personne. Mon idée d’utiliser du polynectar était géniale. Bon il a fallu que je provoque une bagarre avec Potter –et Merlin sait que c’est dur en ce moment- pour avoir un cheveu –une bonne poignée en fait je le crains, un seul aurait fait suspect en plein corps à corps-.
Je braque mon appareil photo sur mon meilleur ami, ayant à présent l’apparence de mon pire ennemi, j’ai un peu moins d’une heure pour prendre la photo parfaite.
°O°O°O°O°
-Magnifique ! s’exclame Crivey les yeux brillants.
-Je trouve aussi, je réponds humblement.
-Comment as-tu fais pour prendre une telle photo ? Son attitude est tout simplement parfaite, on dirait qu’il pose vraiment, qu’il joue avec l’appareil, qu’il ne fait qu’un avec le photographe.
-Holà ! Ne t’emballe pas Crivey, ce n’est qu’une petite photo. J’ai eu de la chance de capturer ce moment là.
-ça tu peux le dire, souffle Crivey avec envie.
Nous regardons tous les deux encore une fois la photographie où on voit un Potter torse nu, sans lunettes, attraper une chemise et commencer à se vêtir, le regard toujours rivé sur l’objectif.
Je suis plutôt fier de cette photo, même si Blaise n’a pas été un modèle des plus faciles. Il était incapable de me sortir un sourire qui n’était pas crispé, du coup on a oublié le sourire. Dommage, Potter a un sourire magnifique mais apparemment impossible à reproduire.
-Bien, je valide la photo, sourit Crivey. Maintenant il faut que tu te la fasses dédicacer par Harry.
-PARDON ??
-Oui, c’est la dernière épreuve, si tu réussis dans les dix premiers tu seras autorisé à passer l’écrit final. Mais attention, il faut que l’autographe soit pour toi, qu’il y ait ton prénom sur cette photo, sinon tout le monde peut prendre un ancien autographe d’un quelconque magazine et le falsifier. Allez bonne chance Malfoy !
-Mais…
Crivey vient de m’abandonner, seul avec ma photo –truquée- dont j’étais si fier. Autant dire que je suis déjà mort. Potter ne signe aucun autographe, c’est de notoriété publique.
Première année :
-Tu es Harry Potter ?
-heu…oui…
-Je suis Raphael, deuxième année de poufssouffle. Je peux avoir un autographe ?
-N-Non, je dois y aller !
-Mais…
-Et Potter tu cours où comme ça ?
-Va voir ailleurs si j’y suis Malfoy !
Seconde année :
-Harry Potter ! Je suis ta plus grande fan ! J’aimerais vraiment que tu me signes un autographe ! Tu veux bien, dis ?
-Désolé, je-je dois aller en cours…
-Et voilà, encore une fille que tu fais pleurer…Tu es vraiment méchant Potty !
-Ta gueule, Malfoy !
Troisième année :
-Je sais que tu ne donnes pas d’autographe mais en échange, je t’offre un paquet de chocogrenouille.
-ça ne m’intéresse pas ! Et Malfoy arrête de te marrer bêtement !
Quatrième année :
-Harry, je…
-Non range cette feuille petit, je ne signe pas d’autographe.
-Heu…Mais Dumbledore veut que tu signes ça, c’est un certificat de sortie.
-Ha…ex-excuse moi. Je-Je vais le faire.
-Ha ! ha ! ha ! C’est trop drôle ! « Je ne signe pas d’autographe ». Tu es impayable le balafré !
-Vire-toi de mon chemin la fouine !
Cinquième année :
-Allez s’il te plait, s’il te plait, s’il te plait !
-Non.
-Sois chic ! Mes amis en seraient verts !
-Non. Lâche mon bras maintenant !
-Mais ça ne va te prendre que dix secondes !
-J’ai dit non !
-Mais…ARRGG MAIS IL EST CINGLE !! MON BRAS !!
-Mon dieu, Blaise, je n’y crois pas ! Est-ce que Potter vient bien de planter une plume dans le bras de ce type ?
-Celui qui vient de partir en courant ? Oui, il semblerait que oui, Draco.
O°O°O°O°O
Et il ne vaut mieux pas que je repense à l’année dernière, trop de sang et trop de violence pour moi –c’est qu’il devient de plus en plus hargneux avec l’âge-. Tout ça pour dire que Potter n’est pas vraiment fan des autographes. Et si en plus il en a déjà donné à certains de mes chers camarades du Fan Club, autant dire qu’il ne va pas se jeter sur moi pour m’écrire un mot gentil. Il doit déjà avoir sa dose là. Et puis de quoi aurais-je l’air si moi, son pire ennemi, je lui demandais un autographe ? Il me faut un nouveau plan et vite.
-Alors ? me demande Blaise un peu stressé quand je reviens dans la salle commune. Comment a-t-il trouvé la photo ?
-Il a aimé, je marmonne.
-C’est vrai ? Il ne me trouvait pas trop surfait ? Personnellement, je pense que l’angle aurait pu être meilleur et puis je tremblais un peu pour les boutons.
-On se calme, Blaise. Ce n’est qu’une photo qui ne te représente même pas.
-J’ai mis mon âme dans cette photo ! s’insurge mon meilleur ami avec un regard noir. Toi, tu ne peux pas comprendre, tu t’es contenté d’appuyer sur le bouton. J’ai fait TOUT le travail en fait, prendre le polynectar, tromper la terre entière pour te sauver la vie, tu ne me montres pas vraiment ta reconnaissance.
-Je dois avoir un autographe de Potter.
Voilà la bombe est lâchée.
-Merde alors, souffle Blaise.
-A qui le dis-tu…
-Mais il ne voudra jamais t’en faire un, surtout à toi. Tu es foutu…
-Tes encouragements, me vont droit au cœur mon ami.
Nous restons quelques minutes, silencieux. Je repense à la dernière phrase de Blaise quand une idée brillante traverse mon esprit.
-J’ai trouvé ! je m’exclame.
-ça me rappelle quelque chose, grommelle Blaise.
-Tu ne me demandes pas ce que j’ai trouvé ?
-Non.
-Je vais te le dire quand même.
-Génial…
Je lui sors mon sourire le plus amical et il me répond en croisant les bras, en signe de défiance. Un air plus que sérieux plaqué sur le visage, je crains que cette fois ci il ne se laisse pas embobiner si facilement.
-Du polynectar ! je commence essayant de le motiver.
Il ricane et je trouve ça assez vexant.
-Faut te calmer avec ça mon vieux, à croire que tu as rien d’autre à faire le samedi soir. Tu sais, tu devrais essayer, je sais pas moi, de te trouver un copain, avoir une occupation plus saine, de ton âge.
Très vexant.
Mais je décide de passer outre pour le moment.
-Non mais écoute moi. Ça va être très simple.
-Même pas en rêve !
Mon meilleur ami, enfin celui que je prenais pour mon meilleur ami, se lève et tente de s’éloigner le plus rapidement possible de ma charismatique personne.
-Mais Blaise, cette fois tu prendras l’apparence d’un gamin à Près au Lard !
-Oublie moi ! lance-t-il d’un ton sans appel avant de sortir de la pièce.
Les serpentards autour de moi me regardent d’un air étonné. Je hausse les épaules.
-Excusez-le, j’annonce avec un petit sourire contrit, il a ses règles. Ça le rend d’humeur bougonne.
Après avoir flingué pendant un petit moment la réputation de Zabini je me rends dans ma chambre personnelle. Après tout, avec ou sans lui, je peux réaliser mon plan. Je suis un Malfoy, rien ne me résiste.
Je prends mon plus beau parchemin, m’installe à mon bureau et je commence à écrire à ma mère.
« A Poudlard, le mardi 24 avril,
Chère Maman,
J’espère que vous vous portez bien, ainsi que père et que les journées ne sont pas trop longues au manoir.
Surtout que connaissant père, il doit les passer à ronger son frein en attendant d’être réintégré au ministère.
A l’école, tout va pour le mieux. Je suis toujours second de la promotion. Je ne suis pas encore parvenu à la première place mais l’année n’est pas tout à fait finie et un accident est si vite arrivé…
Si je vous écris c’est pour vous demander un service. Nous devons faire un exposé sur la mode des sorciers des années quatre vingt, le professeur Binns est décidemment aussi inutile qu’ennuyeux, et mon groupe est chargé des vêtements des enfants. Et comme j’étais –et je suis toujours- à la pointe de la mode, pourriez-vous m’envoyer, un de mes costumes de cette époque. Cela me servira grandement et aucun doute que ma note ne s’en trouvera agrandie.
Je vous en remercie à l’avance et vous embrasse tendrement,
Dites à père que je pense à lui.
Bien à vous,
Draco »
Je me relis et fronce les sourcils. Ma lettre est un peu succincte mais elle fera l’affaire. J’espère que ma mère m’enverra de quoi m’habiller avant samedi. Maintenant il faut que "j'emprunte" -ok, j'avoue c'est plus un vol qu'un emprunt- à Snape du polynectar car ma réserve est épuisée. Au pire il pensera que le vol vient d'un gryffondor. Si ça se trouve Potter sera même puni pour ça! ça pourrait être marrant!
Mon plan est le suivant : Obtenir du polynectar. Samedi dans dix jours, lors de la sortie à Prè au Lard, arrach…enlever délicatement un cheveux sur la tête d’un petit garçon de six ou sept ans et le mettre dans la fiole. Trouver Potter sous l’apparence du gosse, faire des yeux de chien battu et lui demander un autographe. Personne ne peut refuser un autographe à un petit garçon de sept ans et Potter moins que quiconque. C’est quand même un gryffondor, il a des bases de gentillesse. C’est dans ses gènes ou un truc comme ça.
Enfin j’espère.
°O°O°O°O°O°
Le samedi tant attendu est arrivé, j’ai rétréci mon sac à dos avec les habits d’enfants à l’intérieur. Il va falloir que je trouve le gamin parfait pour la mission que je me suis donnée. Je suis de loin Potter et sa bande. Ils vont sûrement s’arrêter aux Trois Balais comme ils le font toujours.
-Blaise, pourras-tu m’accompagner chez Diablo’s Boutique, il me faut absolument, le nouvel enchantement de Mme Leeloo ? demande Pansy à celui-qui-refuse-de-m-aider.
Blaise me jette un coup d’œil, hausse les épaules et répond d’une voix blasée.
-Pourquoi pas.
-Où vas-tu toi Draco ? demande Nott qui pour une fois –alors que je m’en serais bien passé- a décidé de nous accompagner.
-Essayer d’obtenir un autographe de Potter et pour cela je vais prendre l’apparence d’un enfant de sept ans, j’annonce froidement.
Pansy, Crabbe et Goyle se marrent, Blaise lève les yeux au ciel et Théo me lance un regard de désapprobation.
-Si tu ne veux pas me le dire, annonce le carrément. N’invente pas une histoire bidon ! Ce que tu peux être mesquin parfois !
-Ouais c’est ça, on lui dira !
Après un dernier regard mauvais dans ma direction Théo s’en va, Blaise et Pansy font de même.
-Rejoignez-moi au Trois Ballais, j’ordonne à Crabbe et Goyle, j’ai quelques trucs à faire avant.
-Comme prendre l’apparence d’un gamin, ricane Vincent.
Décidément, il a trouvé ma pseudo blague très drôle. Ma qualité de comique m’étonnera toujours.
-Tout à fait, je réponds. Maintenant, si vous permettez…
Je prends congé d’eux et me mets immédiatement à la recherche du gamin idéal. Si je veux mettre toutes les chances de mon côté, il m’en faut un mignon. Le plus mignon du coin si possible. Et blond, les blonds sont les meilleurs, c’est bien connu.
Je me dirige vers Zonko, l’endroit où on trouve le plus de gamins au kilomètre carré à Près au Lard. En effet, je m’aperçois que j’ai fait le bon choix quand j’ouvre la porte. Il y a un brouhaha pas possible à l’intérieur, propre aux morveux. Je me fais bousculer, par un petit rouquin, pas mignon du tout, qui ne s’excuse même pas et qui fonce vers les chocolats. J’ai un reniflement de mépris.
Puis je le vois…
J’aurais dû m’en douter.
Le miséreux squatte toujours cette confiserie. Mais il a quel âge franchement ? Et comment ai-je pu oublier un truc pareil ? Je me planque rapidement derrière un rayon et l’observe à travers des bocaux de caramels enragés. Il parle avec le gamin roux et d’autres gamins, à croire qu’entre habitués ils se connaissent. Je prie pour que Potter ne vienne pas rejoindre son ami, c’est que lui aussi il aime les friandises. Ces deux grands benêts se sont bien trouvés !
-Pourquoi vous vous cachez monsieur ?
Je sursaute et me tourne vers un enfant aux cheveux blonds et bouclés et aux yeux d’un bleu limpide.
-On dit « Pourquoi vous cachez vous ? », je l’informe tout en le dévorant des yeux.
C’est le gamin parfait. Un véritable petit ange blond.
-Pourquoi vous cachez vous ? répète ma future apparence.
-Pour rien, je murmure cherchant un moyen pour lui piquer un cheveu sans l’effrayer. Dis-moi petit, ça te dirais un bonbon ? Je te l’offre, choisi celui qui te plaît.
Le gamin me regarde avec suspicion avant de se mettre à hurler.
-PAAAAAAAPAAAAAAAAAAAA !!
-Mais tais-toi !! je m’exclame stupéfié en essayant de lui mettre ma main devant la bouche.
-HIIIIIIIIIIIIIIIIII
La teigne blonde me mord et je sens des bras m’attraper et me tirer en arrière.
-On peut savoir ce que vous comptiez faire à mon fils ? exige un immense homme blond d’une trentaine d’année, d’une voix coléreuse.
Je suis toujours en train d’agiter ma main qui a été mordue jusqu’au sang. Les gens se rassemblent autour de nous. Le gamin chiale, le père est à deux doigts de me jeter un sort qui a l’air très douloureux.
-Ce n’est pas ce que vous pensez, je balbutie désemparé par cette grossière méprise.
-C’est ce qu’ils disent tous, murmurent une femme désapprobatrice, je l’ai vu devant la fenêtre de la boutique, il regardait tous les gamins. Je l’ai trouvé louche…
-Je vous assure que…
-C’es bon, fait une voix dans mon dos, je le connais, Malfoy ne ferait aucun mal à un gosse, sauf si celui-ci est un futur gryffondor ou s’il a eu le malheur de lui adresser la parole quand il est dans un mauvais jour.
Je me retourne vers mon sauveur avec une grimace méprisante.
-Merci Weasley pour cet inestimable soutien.
-A ton service, sourit-il.
-C’est vrai Ron ? demande alors le patron de la boutique. Tu te portes garant pour lui ?
-Je ne croyais pas avoir à dire ça un jour, grimace Weasley à son tour, mais oui, il n’y a rien à craindre à ce niveau là.
Sur un signe du gérant, le père du gamin paranoïaque me lâche enfin en grognant. Pour me donner contenance j’époussette ma robe. Quelle honte cuisante ! Et dire que je dois mon sauvetage au miséreux.
Nous sortons ensemble de la boutique sous le regard méfiant des clients.
A peine la porte refermée, le miséreux semble pris d’une crise de fou rire que je trouve assez vexante. La seule chose positive dans tout ça, c’est qu’avec l’altercation avec le mioche, j’ai réussi à lui chiper un de ses cheveux qui est maintenant sagement dans ma poche.
-Tu as fini ? je questionne en reniflant.
-Par Merlin Malfoy, fait la belette en se calmant un peu, on pourra dire que tu auras égayé ma journée ! Quand je vais raconter ça aux autres !
-Il n’y a pas de petites joies, je grommelle.
A coup sûr quand il va savoir ça, Potter va aussi se payer ma tête.
-Allez, rie-t-il encore, j’y vais et laisse les petits enfants tranquilles cette fois, j’ai autre chose à faire de ma journée que de te sauver les miches.
-Je m’en serais très bien sorti tout seul, Weasley !
Pour toute réponse, j’ai le droit à un regard moqueur qui veut tout dire et le miséreux s’en va, les épaules secouées d’un rire silencieux.
Je crois que je vais en avoir pour un moment avec cette histoire.
Je réglerai ça plus tard.
Je rentre dans un magasin de vêtements et me dirige vers les cabines d’essayage.
Une fois à l’intérieur, je me déshabille et prépare ma nouvelle tenue, soigneusement pliée. Je sors le poster de Blaise-Potter du sac ainsi que le polynectar. Après une fouille minutieuse de ma poche, je retrouve le cheveu qui a l’air plus auburn que blond à la lumière crue des cabines mais je suppose que le gamin n’est pas un vrai blond, lui. Ce qui expliquerait son côté psychopathe.
De toutes façons, je n’ai pas le choix, on ne va pas me laisser approcher un gosse avant un petit moment. Avec un soupir –ce qu’il ne faut pas faire quand même- je mets le cheveu dans la potion et dis adieu pour une heure à mon corps de jeune homme élégant et proche de la perfection.
Une fois la sensation désagréable partie, j’ouvre les yeux. Mon regard dans le miroir s’écarquille d’horreur devant ce que je suis devenu.
Comment le cheveu de ce gosse a-t-il pu atterrir dans ma poche ?
Et plus important ? Comment fait-on pour survivre lorsqu’on est roux ? J’aurais dû demander à Weasmoche tiens!
Je me regarde plus attentivement. J’ai trop de tâche de rousseur, des yeux noisette et les dents de devant écartées. On dirait un écureuil qui se serait trompé de karma. Je m’habille tout en grimaçant. Je suis (roux) le gamin (roux) de sept ans (roux) le moins mignon (roux) de la terre entière (roux).
J’attrape mon sac, autant en finir et vite, et sors du magasin.
A présent, il faut que je trouve Potter.
Je me rends vite compte qu’être petit c’est agaçant. Déjà personne ou presque ne fait attention à vous, ensuite tout est deux fois trop grands. On marche deux fois moins vite et j’ai une envie pressante de faire pipi.
Arrivé au Trois Balais, je me dirige directement vers les toilettes, y croise Crabbe qui en sort, commence à l’interpeller avant de me rendre compte qu’il n’est pas au courant de mon plan. Que je trouve de moins en moins génialissime, il faut bien l’avouer. Seul Blaise est au courant –enfin plus ou moins- mais il n’est pas là, alors que j’aurais été plus rassuré le sachant pas très loin. Etre petit donne vraiment un sentiment d’insécurité dont je me serais bien passé.
Après avoir vidé ma vessie, je retourne dans la salle et cherche Potter du regard.
Je ne tarde pas à le voir, enfin plutôt à voir la jeune serveuse qui s’affaire à leur table en lui lançant des œillades enflammées. C’est d’une vulgarité !
Je me dirige d’un pas assuré vers la table du balafré et de ses amis.
-…et là, le père du gamin, l’attrape par le col de la robe. Je vois Malfoy passer du rouge au vert pour finalement s’arrêter sur un blanc pâle peu seyant pendant que le mec lui demande ce qu’il essayait de faire à son fils.
Granger et Potter rigolent et je serre dans mes mains le poster du balafré. J’ai bien envie d’attraper ma baguette et de leur faire passer l’envie de rire à ces crétins.
-Il a quand même le chic pour se mettre dans les situations impossibles, sourit Granger.
Elle jette un coup d’œil entendu à Weasley. Potter a un petit air rêveur que je n’aime pas beaucoup. Je suis sûr que la serveuse lui fait de l’effet.
-Excuse-moi monsieur ! dis-je en agrippant la manche de mon ennemi.
Merlin, même ma voix est affreuse. D’ailleurs Potter grimace aussi. Quelle honte !
-Oui ? demande-t-il poliment.
-Tu es Harry Potter ? je demande en espérant avoir une mine un minimum attendrissante.
C’est étrange de le voir me regarder avec cet air là, patient et doux. Ça me perturbe un peu.
-En effet, sourit-il mais il a l’air un peu plus mal à l’aise.
Faut qu’il se calme avec ça, être célèbre c’est le pied et lui on dirait qu’il subit un doloris dès qu’on le reconnaît.
-J’ai perdu mes parents, je murmure sur le ton de la confidence, tu ne veux pas m’aider à les retrouver, s’il te plait.
Il doit penser qu’il s’agit pour moi d’un acte d’héroïsme ultime le fait d’aider un petit garçon à retrouver ses parents. Qui de mieux qu’un héros pour exécuter cette tâche ?
-Comment t’appelles-tu? demande-t-il.
-Draco April.
-Draco, murmure-t-il comme pour lui-même tout en me dévisageant. J’ai l’impression un instant qu’il va deviner qui je suis et je baisse les yeux.
-Charmant prénom, ironise Weasley.
-Moi je trouve ce prénom très joli, me sourit Granger après avoir donné un coup de coude rageur à la belette, Harry va t’aider. N’est-ce pas Harry ?
Potter regarde Granger d’un air ennuyé, apparemment aider un mioche à trouver ses parents n’était pas ce qu’il avait prévu.
-Pourquoi pas, dit-il enfin. Allons-y ! Je n’en ai pas pour longtemps ! fait-il à l’adresse de ses amis.
Je n’en reviens pas de la facilité avec laquelle j’ai réussi mon coup. Je suis génial !
-Alors, où est ce que tu les as vu pour la dernière fois ?
-Qui donc ? Ah mes parents ! Je réfléchis à toute allure avant de reprendre. Pas loin de chez Zonko, je crois.
-On va y aller, ils doivent te chercher là bas, je suppose…
-J’avais envie d’aller aux toilettes, je marmonne en guise d’excuse.
Il se contente de sourire et attrape ma main. Je me tends un instant et résiste à l’envie de lâcher cette grande main, un peu chaude et d’essuyer la mienne sur mon pantalon, mais ça risquerait de faire mauvais genre. Je le trouve quand même bien familier avec un gamin qu’il ne connaît même pas.
C’est donc sa main dans la mienne que nous nous mettons en route. Il se rend compte rapidement qu’il va trop vite pour moi et adapte son pas au mien, encore un truc qui ne manque pas de me surprendre. Je lui jette un coup d’œil suspicieux, c’est un peu chiant de voir qu’il est réellement gentil.
-Je peux te monter sur mes épaules ? demande-t-il en faisant une pause. Ce sera plus pratique pour reconnaître tes parents ou l’inverse.
Et puis quoi encore ? Il a fumé le Potter et pas du petit tabac gentillet du grand père du coin.
-Je ne monte sur les épaules de personne, je réplique d’un ton sans appel.
« Et surtout pas sur les tiennes Potty » je rajoute mentalement.
-Allons il ne faut pas avoir peur, sourit celui-qui-ne-comprend-décidement-rien, je ne te ferai pas tomber. Tu n’as pas peur de moi n’est-ce pas, Draco ?
Il s’est accroupi et me regarde sérieusement, comme un adulte regarderait un enfant à qui il voudrait faire passer toute sa confiance. Il est agaçant ce crétin. Je soupire et murmure que c’est bon, qu’il peut me porter s’il veut. Je suis récompensé par un sourire qui rend mes jambes d’enfant toutes faibles. Finalement c’est aussi bien qu’il me soulève.
Le voyage jusqu’à ses épaules se fait rapidement et je me retrouve avec l’odeur agréable de son shampoing dans les narines.
-C’est parti ! fait-il en riant et j’ai juste le temps de m’accrocher à ses cheveux.
Il attrape mes mains et les pose sous son visage.
C’est effrayant d’avoir sous ses doigts la peau de Potter. Je n’ose pas bouger d’un pouce, je dois avoir l’air d’un piquet orange sur ses épaules. Je comprends plusieurs choses, qu’il suffirait de peu pour que je connaisse le carré de sa mâchoire ou la douceur de ses cheveux. Que je suis assis, comme si je ne pesais rien, sur ses épaules qui si elles ne m’ont jamais parues très larges confirment le fait qu’elles sont solides. Je crois qu’il est normal que je me sente stressé par cette situation inédite. Je suis quand même sur Potter. S’il savait qui j’étais, il me jetterais à terre et me piétinerait sans hésiter…enfin je crois. C’est ce qu’aurait fait l’ancien Potter, en tous cas, avant de devenir celui-qui-veut-enterrer-la-hache-de-guerre-avec-toi.
-ça va là haut ? demande mon porteur. Tu les vois ?
-ça va, je réponds de mon affreuse voix criarde, mais ils ne sont pas là.
J’entends Potter soupirer et se remettre à marcher.
L’air de rien, il faut que je trouve le moyen de lui faire signer la photo.
Nous marchons encore un quart d’heure ainsi lorsque soudain il s’arrête et me descend de ses épaules.
-Regarde au fond de l’allée là, me dit-il avec un sourire.
Je m’exécute et m’aperçois avec horreur qu’il a retrouvé mes parents. Je ne peux pas nier les faits, puisque le gamin roux à qui j’ai pris l’apparence se trouve là bas aussi.
-Tu ne m’avais pas dit que tu avais un jumeau, s’amuse Potter.
-Oui.
-Je ne viens pas avec toi, me dit Potter en s’accroupissant pour être à ma hauteur, je préfère rester discret, allez va les rejoindre.
Comme un automate, je déroule la photographie de Blaise et tend une plume à Potter. Si je ne fais pas ça maintenant, tout ce que j’aurais fait n’aura servi à rien.
-S’il te plait, je murmure me rendant compte du ridicule de ma demande, tu peux m’écrire un autographe, comme ça mon frère me croira quand je lui dirai que c’est toi qui m’a sauvé.
-Je ne t’ai pas sauvé, chipote Potter, et je préfère éviter les autographes.
-ça va, ne fais pas ton modeste, je marmonne pour moi-même.
-Qu’as-tu dis ? demande-t-il. Je n’ai pas bien compris.
-J’ai dit : « ce sera la seule chose de toi, qu’il me reste »
Je lui fais un regard larmoyant et fait trembler ma lèvre inférieure.
-S’il te plait…je rajoute d’une toute petite voix tremblante.
-C’est bon, soupire-t-il à contre cœur après avoir, semble-t-il, vainement essayé de résister à mon pouvoir de persuasion. Passe moi ton poster.
Il écarquille alors les yeux devant la photo.
-Où as-tu eu ça ?demande-t-il.
-Dans un magazine que ma maman elle aime bien.
Il examine la photographie d’un air exaspéré et murmure un truc sur les journalistes qui n’a pas l’air très sympathique.
-Bon et après, tu me feras le plaisir de ne plus te perdre, dit-il en attrapant la plume. Ça peut être dangereux, tu sais ?
Ah, je me demandais quand la morale allait tomber. Il y en a toujours une avec les gryffondors.
-Je sais, je réponds vaguement tout en essayant de lire ce qu’il marque.
Dix secondes plus tard, il me rend plume et photo et je peux voir sa dédicace.
« A Draco,
l’enfant perdu
Ce fut un plaisir de te connaître.
Harry Potter. »
-Allez file, maintenant ! dit-il.
Je suis tellement soulagé par ces quelques mots qui marquent la fin de mon épreuve que je pose brièvement mes lèvres sur la joue de Potter en signe de remerciement.
Je me recule immédiatement après, me rendant compte de ce que je viens de faire et j’écarquille les yeux sous le choc.
Potter rigole, passe une main dans mes cheveux, me décoiffant joyeusement, avant de se relever.
Encore traumatisé par le fait que j’ai embrassé le balafré, je me dirige vers la direction que Potter me montre, la tête ailleurs.
Mais qu’est ce qu’il m’a pris bon sang ? Tout s’est déroulé à la perfection mais il a fallu que je fasse ce truc idiot, complètement hors de propos, inutile, pathétique et ridicule.
Je me retourne une dernière fois alors que je suis devant mes pseudos parents et je le vois de dos, en train de tourner à droite, hors de ma vue.
Comment ai-je pu l’embrasser ?
Je reviens à la réalité à cause d’un cri strident.
Devant moi, mon double hurle et les parents me regardent avec stupeur.
-Salut les gars, je susurre avec un sourire angélique et la mère manque de défaillir.
°O°O°O°O°O°O°
-Excellent ! me dit Crivey, en se sentant obligé de me donner une tape sur l’épaule.
J’époussette l’endroit où sa main a touché ma chemise et je reprends ma photo dédicacée.
-Tu es arrivé neuvième Malfoy, poursuit le gryffondor, je n’aurais jamais cru que tu irais aussi loin dans l’aventure ! Je dois dire que j’avais des doutes sur ton inscription, je pensais que tu préparais un mauvais coup.
-Les gens pensent souvent ça, je réplique de ma plus belle voix traînante, je trouve que c’est insultant à la longue. Moi qui suis quelqu’un de si intègre et honnête, se voir ainsi juger !
Crivey me lance un regard sceptique ce qui est en quelque sorte plus insultant encore que le reste.
-Bon alors quelle est la date de la dernière épreuve ?
-Dans dix huit jours exactement. Tu viendras ici même, à neuf heures. L’examen durera trois heures et les résultats tomberont le soir même. Des questions ?
-Il faut avoir la meilleure copie pour être intégré au FCO, c’est bien ça ?
-Oui, vous serez dix et le meilleur d’entre vous, aura l’immense honneur de faire parti du Fan Club Officiel de Harry Potter. Allez courage Malfoy, c’est la dernière ligne droite.
Il me tapote à nouveau l’épaule, je le fixe en fronçant les sourcils. Cela suffit pour qu’il enlève sa main et détourne le regard nerveusement.
-Désolé, marmonne-t-il.
Je ne réponds rien, après tout il sera celui qui corrigera ma copie mais qu’il me prenne pour son grand ami est agaçant au plus haut point.
Je réglerai cette histoire quand je serai hors de danger et donc membre du club, mais avant ça, il me reste dix-huit jours pour trouver un moyen d’être l’élu.
Tout en marchant vers ma salle commune, je cherche un plan pour finir premier des épreuves à coup sûr.
J’ai l’impression que depuis quelques mois, je ne passe mon temps libre qu’à élaborer des plans. Je m’en souviendrai de cette dernière année !
-Pourquoi tu m’empêches de passer ? demande une voix de fille un peu dans le vague sur ma droite.
Pousser par la curiosité, je m’approche doucement du couloir en question.
-Et toi que faisais-tu dans cette partie du château ? fait une voix que je reconnais comme étant celle de mon meilleur ami.
Un peu surpris, de le voir ici, en compagnie de Louffoca, je décide de rester écouter la fin de leur étrange conversation.
-Je suis en duo avec Malicia Liun pour un devoir de métamorphose, répond-t-elle. J’avais rendez-vous avec elle mais elle m’a dit finalement qu’elle avait trouvé une autre partenaire, donc je m’en vais.
-Je…je suis désolé, marmonne Blaise.
Louffoca hausse les épaules et fixe de son étrange regard mon meilleur ami qui semble se ratatiner sur place.
-Tu ne parles pas de Malicia là, comprend-t-elle. Tu n’as pas à t’en faire pour l’autre fois…c’est oublié.
-Comment ça c’est oublié ? s’offusque mon meilleur ami. Dois-je en conclure que tu fais ça tous les samedis, sans que ça porte à conséquence, comme la partie de cartes du samedi sauf que là c’est la partie de baise !
-Ne sois pas insultant, répond la serdaigle de sa voix déphasée, tu confonds nos deux comportements, je le crains. Et tu sais bien que j’étais vierge. Je peux passer à présent ?
-Je-je…
-Je prends ça pour un oui, Blaise, murmure-t-elle avec un sourire dans la voix.
Elle l’écarte passe devant lui, le laissant planté, l’air perdu.
-Bonsoir Malfoy, dit-elle en passant à ma proximité, j’adore tes cheveux.
-Heu…merci, je réponds interloqué.
Alors qu’elle s’éloigne, Blaise se retourne vers moi. Il n’a même pas l’air de m’en vouloir d’avoir assisté à leur échange.
-Elle est dingue ! dit-il mais sa voix tremble un peu.
-Ouais, je marmonne.
Je ne suis pas fier de moi. J’ai l’impression que cette histoire avec Louffoca est plus importante que je ne le pensais. C’est la première fois que je vois mon meilleur ami si peu sûr de lui avec une fille. Bordel, si je ne le connaissais pas aussi bien, je pourrais presque dire, qu’il en est tombé amoureux.
-Des nouvelles avec le FCO ? demande-t-il.
Je suis ravi de ce changement de sujet.
-Oui, j’ai été dans les temps mais à présent je dois abattre toutes mes cartes. Je vais avoir besoin de lui.
J’ai prononcé le « lui » dans un souffle que Blaise reprend presque immédiatement.
-Lui, tu es sûr ?
J’acquiesce sombrement.
°O°O°O°O°
Lui, se nomme en fait, Arsène Bond et est en cinquième année des serpentards. Il s’agit de l’élève le plus doué en espionnage de tout les temps. Il a des fiches sur tout le monde, connaît vos moindres secrets et n’a aucune (et si moi je dis « aucune » c’est que c’est vraiment le néant de ce côté-là) conscience morale.
En général, je l’évite, pour des raisons évidentes qui sont que moins je l’approche et moins il en sait sur moi mais là je ne peux pas faire autrement.
-Tu voulais me parler ? demande Arsène me faisant sursauter.
Ça ne fait pas deux minutes que j’ai pris ma décision et en ai parlé à Blaise, que l’objet de mes pensées se trouve devant moi. C’est flippant.
-Comment le sais-tu ? je demande en le toisant.
Sa chemise pends lamentablement hors de son pantalon et sa cravate est défaite. Comme ça, on dirait presque un gryffondor moyen, s’il n’y avait les couleurs vert et argent qui composent ladite cravate.
-Je sais tout ! dit-il avec un effroyable sourire.
Je grimace.
-Bien, alors tu dois savoir pourquoi j’ai besoin de tes services.
-Ah non, ça je l’ignore, je n’ai pas encore le don de lire dans les pensées des gens, susurre-t-il en plantant ses yeux bleus dans les miens.
Je lève les miens au ciel, ça a l’air de l’amuser tout ça.
-Je veux tout savoir sur les neuf autres personnes qui passent le concours pour le FCO. C’est dans tes cordes ?
-ça dépend, ça sera mille gallions par fiches et tu as ça demain matin.
-Mille gallions par personne!
Et bien, il y en a qui ne se font pas chier.
-A prendre ou à laisser.
Ce sale morveux ne me laisse pas le choix.
-C’est bon, je grogne, marché conclu.
Avec un grand sourire, il attrape ma main et la serre frénétiquement. Je vais devoir, je le crains, faire un tour à la banque le week end prochain.
°O°O°O°O°
Le lendemain matin, comme convenu, j’ai mes neufs fiches entre les mains.
-Alors ? me demande Blaise.
Je le lui fais signe de s’assoire et je commence à lire.
Maureen Herbert
Sixième année de serdaigle
Aime les glaces à la vanille et faire des calculs
N’aime pas le café
S’en suit deux parchemins recto verso sur sa famille et tout ce que je peux apprendre sur elle.
Il y a en tout, cinq serdaigles, trois gryffondors et un poufsouffle. Et je n’aurais jamais cru dire ça un jour mais c’est le poufsouffle qui m’inquiète le plus. Je passe directement à sa fiche.
Christopher Yiu
Sixième année de Poufsouffle
Aime tout ce qui concerne Harry Potter
N’aime pas échouer
-Il faut le mettre hors d’état de nuire ! dis-je à Blaise.
-En dix-sept jours, murmure-t-il, c’est comme si c’était fait.
Nous sourions, le titre est à moi !
°O°O°O°O°O°O°
-Mais c’est inconcevable ! je m’exclame hors de moi.
-Ecoute, je n’y comprends rien, dit Blaise, ça fait quinze jours qu’on s’acharne sur lui et il réussit à s’en sortir à chaque fois !
-Un putain de poufssoufle ! je poursuis rouge de colère.
-On a tout essayé, énumère Blaise beaucoup plus calme, l’empoisonnement, le sort déviant, le coup des parents malades, de le perdre dans la forêt interdite, de le faire punir par Snape le jour de l’examen…
-Je n’ai plus le temps de m’occuper de ça. C’est dans deux jours ! Je n’ai pas assez révisé !
-Tu plaisantes ? Tu as passé les deux dernières semaines à bosser là-dessus. Personne ne peut en savoir plus que toi sur Potter, même pas ce poufssoufle ! C’est toi son ennemi intime ! Toi et toi seul, n’oublie pas ça Draco !
-Tu crois ? je demande d’une petite voix.
Mon meilleur ami me fait un sourire assuré.
-Bien sûr. Qu’est ce qu’on fait pour Yui ?
-On laisse tomber, je grogne, il se croit plus fort que moi mais je vais lui montrer ! Je vais le battre à la loyale !
-Bien dit ! s’exclame mon meilleur ami. Je te retrouve bien là…enfin je crois, en fait non, la loyale c’est pas trop ton truc mais tu vois ce que je veux dire ?
-Oui, je vois.
Je souris à mon tour mais je n’ai jamais été aussi stressé de ma vie.
°O°O°O°O°
-Monsieur Malfoy, lance Denis Crivey, veuillez vider votre sac.
-C’est une plaisanterie ? je demande.
-Tous les autres l’on fait !
Enervé je balance mon sac à la tête de Crivey et vais m’assoire à une table. Je soupire en le voyant découvrir mes anti-sèches, ma plume copieuse, ma potion de génie ainsi que mon parchemin voyeur.
Je me retrouve avec une plume toute simple et un parchemin vierge.
-Bien, reprend Crivey en me jetant un regard torve, maintenant que vous êtes tous là, l’examen va commencer. Vous avez trois heures.
Je lis la première question qui s’inscrit au tableau.
1°) Comment définiriez vous la relation qu’entretient Harry avec Neville Londubat ?
Je fronce les sourcils, réfléchis quelques secondes et commence à écrire.
°O°O°O°O°O°O°
-Tu as réussi ? me demande Pansy à peine arrivé dans la salle commune.
Je lui fais un énorme sourire et l’embrasse sur la joue, elle rougit immédiatement.
-Il n’a pas les résultats, pas encore, répond Blaise à ma place, mais il est confiant.
-Ils vont être affichés dans une poignée de minutes, dis-je. Je vais être enfin débarrassé de tout ça !
-ça a si bien marché que ça ? demande Théo.
-Mieux que bien, j’exulte, c’était comme si le devoir avait été fait pour moi ! J’ai répondu à toutes les questions et je suis sûr d’avoir répondu juste ! Vous avez devant vous le futur membre du Fan Club Officiel de Potter !
Je m’incline mais seuls Crabbe et Goyles applaudissent.
-Tu ne crois pas que je vais applaudir au moins ? demande Théo. Fan Club de Potter…Berk !
-Oui enfin il faut surtout applaudir le fait que je finisse en vie à la fin de l’année.
Cette fois, seule Pansy se joint aux applaudissements des deux autres.
-Sympa, je grogne à l’adresse de Théo et Blaise.
-Moi j’attends les résultats, fait Blaise, je n’aime pas crier victoire trop vite.
-Mais puisque je te dis que c’est dans la poche ! je m’exclame.
-Et moi je m’en moque un peu que tu finisses vivant ou pas, explique Nott en haussant les épaules.
-Ton… honnêteté t’honore Théo, je siffle.
J’ai le droit à un autre haussement d’épaule. C’est beau d’avoir de tels amis !
-Bien, allons tout de suite constater de ma victoire, comme ça Blaise arrêtera de faire cette tête d’angoissé.
Nous montons jusqu’au second étage de l’aile ouest. Je vois qu’il y a déjà quelques élèves d’attroupés et pour la première fois depuis ce matin, je commence à angoisser.
Et si ce n’était pas moi ? Si je croyais avoir réussi mais en fait je m’étais trompé quelque part ?
J’avance avec l’impression d’avoir soudainement du plomb dans l’estomac. Je vois Maureen Herbert, sixième année de serdaigle qui aime les glaces à la vanille et faire des calculs mais pas le café, passer devant moi en pleurant avec une de ses amies qui tente de la consoler.
Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde pour voir le nom du vainqueur. On dirait que tous ceux qui se sont inscrits au tout début sont là.
J’avance et la foule s’écarte autour de moi, silencieusement. Je me demande si c’est bon ou mauvais signe.
J’arrive enfin à voir le panneau d’affichage mais je m’arrête qu’une fois bien en face du mur, même si j’ai pu y lire le nom d’inscrit depuis deux bons mètres déjà.
Ma tête tourne un peu ainsi que les lettres du nom du gagnant.
Et pour la première fois depuis très longtemps, je commence vraiment à avoir peur.
Ainsi, je vais mourir…aussi connement que ça.
Un sourire déforme mes traits et en face de moi sur un tableau deux mots : « Christopher Yui » me narguent obstinément.
A suivre…
Voilà j'espère que ça vous a plu et que l'attente vallait le coup pour ceux et celles qui ne l'aurait pas vu sur le TO. Il reste un chapitre et c'est fini.
A pluch.
Artoung.