| Login . Sign Up |
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Help |
Spoiler : Tomes 1 à 6
Disclamer : Rien à moi, tout à JKR sauf ce qui est à moi….
Inspiration: la chanson "We used to be friends" du groupe The Dandy Warhols
Joyeux anniversaire Owlie Wood !
(Avec beaucoup, beaucoup de retard)
Ce one-shot qui n’en est plus un est pour toi.
We used to be friends
Je me sens bien, là, dans l'herbe. Dommage que l'été touche à sa fin.
Digérer allongé au soleil, c'est le pied.
Je me sens incroyablement détendu et heureux de vivre…. Quand je pense à ce que j'étais à Poudlard - stupide, joyeux et totalement inconscient des dangers du monde - j'en arrive à me demander comment diable ai-je pu survivre à la guerre. Je n'aurai jamais cru autant changer. Le jour où j'ai touché le fond, je pensais simplement arrêter. Arrêter de me battre. Arrêter de rire. Arrêter de vivre… J'aimerais dire que c'est Dean qui m'a aidé. J'aurais tellement voulu que ce soit lui, mon meilleur ami, qui me soutienne. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est Ernie Macmillan qui a fait ce qu'il fallait. Peut-être qu'il n'y a qu'un orphelin puisse comprendre quelqu'un qui vient de perdre ses parents.
Quoiqu'il en soit, la guerre s'est terminée. Ces années de terreur et de souffrance ont tout de même laissé quelque chose de formidable – en plus de la victoire sur Tom Jedusor – elles ont créé un étrange lien entre nous, les combattants. Ils sont là autour de moi à discuter et se disputer… C'est étrange mais ne pas voir Neville ou Ernie deux jours d'affilé me parait insurmontable. Cela doit être pareil entre Ginny et Luna ou les autres. Nous nous réunissons assez souvent grâce aux fêtes d'anniversaire ou les fiestas de fin d'examens ou, comme aujourd'hui, pour un piquenique dans un parc. La plupart d'entre nous ont repris leur études. Enfin la plupart, c'est une manière de dire que je suis le seul à avoir tout lâché. Hermione m'a tanné des semaines entières mais je sais que je n'y arriverais pas alors ce n'est pas la peine de claquer autant de gallions pour ça.
Désabusé ?
Oui, probablement. Mais il y a autre chose. Il y a ma passionle Quidditch.
Quand je dis avoir changé ce n'est quand même pas une restructuration totale de mes priorités dans la vie. Pour me donner bonne conscience, je me dis que cela ferait plaisir à ma mère. C'est hypocrite car je sais qu'elle aurait aimé que je devienne médicomage. Elle était très optimiste, voir carrément hors des réalités de ce monde, quand j’y repense. Franchement, moi médicomage ?
Je travaille dans un petit bar sorcier à Londres nommé Cumha et j'ai des horaires suffisamment élastiques pour aller soutenir mon équipe chérie : les Kenmare Kestrels. Depuis la fin de la guerre, je n'ai pas raté un seul match, pas même une action. J'aurai bien aimé aller aux matchs avec Ron ou les autres mais il y a un problème. Un problème insurmontable. Seuls les connaisseurs du plus noble des sports auront compris sans plus d'explications mon dilemme : je joue de la harpe. Je suis cette équipe dans les quatre coins du monde et je joue de la harpe pour la soutenir. Lorsque j'ai décidé à quatre ans que mon équipe préféré serait les Kenmare Kestrels, je n'avais pas imaginé ce que cela impliquait.
Dans la famille de ma mère, il est coutume que les enfants choisissent une équipe qu'ils suivront toute leur vie. Par exemple, ma mère avait les Frelons de Wimbourne, mon cousin Fergus ne jure que par les Montrose Magpies ou encore mon grand-oncle Darren, malgré ses quatre-vingt-quinze ans, suit toujours les Ballycastle Bats dans leurs déplacements. Je regrette souvent de ne pas avoir choisi les mêmes équipes qu'eux mais c'est trop tard. J'ai réellement les Kenmare Kestrels dans la peau et c'est en partie à cause de la harpe justement. Très peu de supporters peuvent se vanter de participer autant au match, d'être aussi attendu que les joueurs pratiquement. Bien sûr le public des Frelons bourdonne lorsque l'adversaire s'apprête à marquer, mais ce n'est pas la même chose. Les matches des Kenmare Kestrels rassemblent des fans de sports mais également des fans de musique. Nous sommes une trentaine à jouer dans les gradins. Ca en jette. Enfin, je trouve. Je ne pense pas que les autres mecs seraient de cet avis.
Je n'en ai jamais parlé aux autres. Plus exactement, je n'ai pas réussi à en parler : quand je suis arrivé à Poudlard je n'ai rien dit. J'aurai certainement dû avouer et me faire vanner tout de suite. Mais quelque chose ou plutôt quelqu'un m'en a empêché. Gordon O'Malley. J'ai rencontré ce type au premier match que j'ai assisté et je l'ai revu à tous les autres où je suis allé. Il m'a traumatisé. De toute ma vie, je n'ai jamais autant voulu ne pas ressembler à quelqu'un. Il m'a raconté comment ses camarades de classe l'ont torturé quand ils ont su qu'il était harpiste. Ca m'a tellement impressionné à l'époque que je me suis juré de ne rien dire à personne. Gordon, the harpist queen, c’est un argument de taille à ma lâcheté, faut le reconnaître.
Je sais que c'est nul d'avoir honte d'un truc qui me passionne autant. Surtout que le cacher ne m'a pas facilité la vie. Tous les jours je m'enfermais une heure ou deux avec un sort d'isolation sonore pour jouer de la harpe dans notre salle de bain à Poudlard. On m'a surnommé "Seamus la branlette" jusqu'à la guerre : ce connard de Ron Weasley avait raconté à tout le monde que je m'astiquais quotidiennement pendant des heures. Au cas où quelqu'un se poserait la question : non aucune fille n'a voulu sortir avec moi.
Merci Ron.
Remarque, je me suis vengé pour ça bien sûr. L'année dernière, après une soirée bien arrosée, nous avons tous dormi chez Harry. Quand on m'a demandé de porter une tasse de café à Ron, j'ai pissé dedans. Oh, je sais, c'est dégueulasse. Je suis vraiment un salaud et gnagnagna... Mais qu'est ce que je suis content chaque fois que j'y pense : un sentiment d'intense jubilation me traverse et je souris niaisement. Je lui dirai un jour…. Quand il sera impotent. J'imagine déjà…
"OUCH !"
Je jette un regard noir à Katie qui est affalée à côté de moi dans l'herbe.
"Morue."
Elle me frappe encore.
"Non mais cela fait cinq minutes que tu rêvasses ! Ecoute un peu ce que je te dis !"
Je roule des yeux ostensiblement.
"Tu veux quoi ?"
"Le gâteau d'anniversaire d'Hermione, tu crois qu'elle préfèrerait aux fruits ou au chocolat ?"
Je me sens assez frustré d'être interrompu pour çà. J'étais en train de faire le point sur ma vie et mes problèmes existentiels et mademoiselle m'emmerde avec ses pâtisseries. Ca fait une demi-heure qu'elle discute avec Ginny et Colin, ils peuvent bien choisir ensemble.
"Chocolat"
Elle fait la moue.
"Oui mais…"
"Ecoute Katie, si tu t'es déjà décidée pour fruits, ne me demande pas mon avis."
B6, touché. Je crois qu'elle va me faire la tête toute la journée.
"Katie…"
"Laisse tomber, Seamus."
Saleté d'être pourvu de vagin. Je n'ai jamais rencontré de personne plus susceptible que Katie Bell.
"Allez, Katie, ne te vexe pas... Je suis sûr qu'un gâteau aux fruits sera parfait."
Elle se tourne vers moi, l'air passablement énervé.
"Ce n'est pas ça le problème. C'est toi, mon problème."
Allô, Houston, on a un problème. De quoi parle-t-elle ?
"Pardon ?"
"Tu m'énerves."
Hystérique. Elle se lève et part. Michael Corner en profite pour s'asseoir à côté de moi.
"Tu t'y prends mal."
Je lui lance un regard interrogatif.
"Avec Katie."
Ah. C'est encore à cause de cette vieille histoire.
"Tu plaisantes, Mike, elle y pense encore ?"
Michael me fait un petit sourire en coin avec un air paternaliste que je déteste par-dessus tout.
"Faut croire que tu lui as laissé un souvenir impérissable cette nuit-là."
Je n'aurai jamais dû coucher avec cette fille. Je me le répète chaque fois que je la vois. Ce n'était pas vraiment ma faute : j'étais totalement ivre et elle était définitivement saoule. Fille + garçon + alcool sexe. Les lois de Sainte Margarita sont inéluctables.
"C'était il y a des mois. Je ne comprends pas pourquoi elle s'accroche."
Mon interlocuteur reste un moment sans rien dire.
"Donc tu n'as aucune vue sur elle ?"
"Bien sûr que non."
Michael se mordit la lèvre inférieure, signe qu'il va dire une connerie. C'est Neville qui a découvert ce tic. Dans 95 des cas, c'est vérifié.
"Alors… Cela ne te dérangerait pas si je… Enfin si j'essayais…"
Qu'il est con.
"Pas de problème. Je ne vois même pas pourquoi tu me demandes."
"On ne sort pas avec les ex de ses potes."
Ça fait très altruiste mais je n'y crois pas trop. Un type qui refuse de partager son brownie ne doit certainement pas apprécier qu'un autre mec puisse lui piquer sa copine. Il assure ses arrières. Sacré Serdaigle.
"Bah… Bonne chasse alors."
Michael me fait un large sourire et se lève.
"Je dois y aller. J'ai bientôt des partiels."
Petit sourire supérieur genre "mais tu ne peux pas comprendre". J'ai comme envie de proposer à Katie de se faire un resto ce soir. Il a de la chance que je travaille. Mike est la personne que j'apprécie le moins dans le groupe. Il a de bons côtés – il est fan de Quidditch – mais il est tellement arrogant que parfois cela ne suffit pas…
"Seamus ?"
Cette fois, c'est Neville.
"Alors ?"
" Il va passer à 97 s'il continue sur cette voie-là. Il m'a encore dit une connerie."
Le pauvre secoue la tête.
"Je parle de Katie."
Respire. Ne le tue pas. Même s'il le mérite. Même s'il refuse de chanter les hymnes durant les matchs. Même s'il ne sait toujours pas la composition de l'équipe d'Irlande - pourtant Merlin sait que je suis persévérant.
"Pourquoi tout le monde me parle d'un sujet qui, excuse mon vocabulaire, m'en touche une sans bouger l'autre ?"
"Vous seriez mignon tous les deux."
Je rassemble mes affaires.
"Seam'…"
"Ecoute Neville. Si tu veux vraiment percer en tant qu'avocat, retravaille l'argumentation. Vraiment."
Il rougit.
"J'ai jamais dit que je voulais faire du droit."
"J'ai jamais dit que je voulais être avec Katie ou qui que ce soit d'autre. " Je rétorque en souriant.
"Sale petit crétin de nain."
"Je t'emmerde, bouboule. Allez, je dois me préparer pour le taf."
On se fait une accolade, je salue tout le monde et je pars.
Mon travail ne me fera certainement pas grimper l’échelle sociale. Pourtant, je l’aime bien. Mon patron m’adore, les clientes aiment être raccompagnée après la fermeture et j’ai plein de pourboires que je ne déclare pas par au Département des Finances du Ministère de la Magie.
Que rechercher de plus ?
Je ne vois pas. Les autres croient que l’épanouissement personnel passe par le travail, le couple et la famille.
Moi, j’ai le Quidditch.
La seule personne qui me comprenne est Oliver Wood. Il vient souvent au bar se plaindre de sa femme qui le trouve trop « passionné » et – dommage pour Olivier – il n’y a aucune allusion au sexe là-dedans. Je le verrais peut-être ce soir.
Je rentre donc chez moi pour me préparer pour ma longue nuit blanche. A mon arrivée, Dick, mon colocataire, faisait semblant de lire le Times. Un type qui croit que Margaret Thatcher était une star du porno-masochiste ne peut pas réellement comprendre des mots de plus de trois syllabes – même écrits phonétiquement.
Ca pue le piège.
L’espace-temps est mesquin. J’affirmerai même que l’espace-temps est contrôlé par des entités supérieures mesquines qui s’ennuient. Beaucoup. Très, très beaucoup. Alors, ces entités s’occupent. Elles emmêlent tout et s’arrangent pour que si une merde arrive, elle fasse plein de petits. Je viens de m’engueuler avec Katie et tout le monde va me faire la morale. En règle générale, j’évite Hermione et autres prêcheurs durant quelques jours. Sauf que les entités s’ennuient… Et paf ! Je sens que ce crétin va me mettre dans une situation qui va justement nécessité l’aide des puritains-marieurs. CQFD
« C’était bien ton ciné ? » Me demande mon très colocataire, d’un ton détaché.
« C’était un piquenique. Ca pouvait être mieux. » Je lui réponds en posant mes affaires sur la table basse puis je m’affale à côté de lui.
Sur ce, il balance le journal par-dessus le canapé et ouvre le sac que je viens de poser sur la table. Je savais bien qu’il ne lisait pas.
« Ca, c’est mes cookies. »
« Ch’ai trop faim. J’essaie de maigrir. »
« Tu sais, ce n’est pas en arrêtant d’acheter de la bouffe et en piquant la mienne que tu vas maigrir. » Je grogne.
Il hausse les épaules et prend un autre biscuit.
« Si tu veux perdre une putain de main, touche encore à ce putain de sachet. » Je siffle en lui arrachant mon bien.
« Seamus, arrête de faire ta gonzesse… »
« Ma gonzesse ? Ce n’est pas moi qui fais un régime à la con ! » Je lui réponds en mangeant le cookie que je viens de récupérer.
Je n’ai pas faim mais je ne veux pas lui laisser. Je suis puéril…Il me lance son regard humide.
« C’est à cause de Peggy. Elle m’a quitté hier. Elle a dit qu’elle ne voulait plus être avec une grosse larve comme moi.»
Dick n’est pas spécialement gras. Il a du bide mais il reste tout de même dans les normes anglaises. Bon, c’est vrai qu’il fait un peu tas de gelée face aux éphèbes irlandais…
« C’était peut-être une métaphore. » Je le rétorque, avec un sourire en coin.
Il semble réfléchir à la chose quelques secondes.
« Mummh, je crois pas. J’vois pas ce que cela pourrait vouloir dire. »
« Ouais, t’as raison. »
J’essaie de ne pas rire. Dick est entretenu par son père. Je n’ai jamais vu une seule facture ici. Il ne fait rien. Il m’a pris comme colocataire pour faire croire que le loyer que je lui paie est en fait le salaire d’un travail de pigiste au Sun. Je ne trouve pas cela très crédible mais apparemment ça marche. Quand j’y pense, heureusement qu’il ne peut pas trouver le bar où je travail – il y a un sortilège qui repousse les moldus – sinon il s’incrusterait à mon compte tous les soirs. C’est un parasite. Mais il a de bon côté : l’appartement est lumineux, une femme de ménage vient tous les jours et il ne s’intéresse pas du tout à ma vie privé. Il n’est pas parfait mais on vit en harmonie.
« Putain ! Pour la dernière fois pose ce sachet ! » Je beugle
Ou presque.
« Seamus… Hem…Il y a un petit problème. »
Si le dit problème le concernait lui, ce crétin aurait été paniqué et il m’aurait harcelé sur mon portable pour que je rentre dans la demi-heure. Donc c’est encore pour ma pomme. J’avais raison : il m’attendait. Foutues entités supérieures.
« Tu vois… Mon demi-frère va faire ses études de droit sur Londres… »
Je ne peux pas le croire.
« Alors… Mon père voudrait qu’il vienne vivre avec moi. »
Putain de grosse larve !
« Je dois partir quand ? »
« D’ici le 5. »
Mais quel connard !
« Bordel ! Tu ne pouvais pas le dire avant ! C’est après-demain !»
Il se ratatine sur lui-même et me jette des regards apeurés. Je me lève d’un coup.
« Depuis quand ? » Je hurle.
« Quoi ? »
Je vais le tuer.
« Putain ! Depuis quand tu le sais ? »
Il pâlit.
« Ne le prends pas mal, Seam’. »
« Quand ? »
Il frissonne et répond.
« Depuis que je suis allé rentre visite à mon père. »
Je hais Harry Potter et sa putain de défense des moldus.
« Tu le sais depuis mai ! On est en septembre, bordel ! »
J’arpente le salon.
« J’aurai eu le temps de chercher ! »
Soudain je réalise pourquoi il n’a rien dit.
« T’es vraiment qu’une pauvre merde. »
Il glapit et se lève à son tour.
« Hé ! Je ne te permets pas ! »
Je le bouscule violemment et il s’affaisse dans le canapé. Ce type n’est vraiment qu’un tas de gelée.
« Putain ! Tu voulais le loyer de septembre. Tu ne m’as rien dit pour continuer de toucher mon fric !»
Il a toujours voulu être payé le premier et non à la fin du mois comme ça se fait normalement. On se défie du regard un moment. Il est trop lâche pour essayer de se défendre.
« Rembourse-moi septembre. »
Il se met à rire nerveusement.
« J’ai pas le fric… Et de toute façon, considère que c’est la caution que je garde. Tu as fait des trous dans les murs quand même.»
Ma baguette dans ma manche me supplie de sortir. C’est tellement tentant. Je pourrais plaider la folie passagère ou demander des privilèges en tant que héros de guerre. Ou alors je dis que c’est mon double démoniaque. Ca peut être crédible. Ca a marché pour Samuel Melton – sauf que lui avait effectivement un frère jumeau cinglé.
« J’ai fait ces trous pour que tu puisses mettre des étagères. Qu’est-ce que j’y peux si tu ne les as jamais achetées ? »
Il détourne le visage.
« Tu vas être en retard au Cumha. Tu dois être parti demain soir. »
Je l’attrape par le col. Mais je ne le frappe pas. Son père est avocat. Et un sacrément bon.
« Pas de problème. » Je murmure.
Il frissonne. Je le laisse retomber et je vais dans ma chambre. J’enfile mes fringues pour le boulot et je quitte l’appartement. Je me sens frustré et énervé. Lorsque j’arrive au bar, mon patron est appuyé contre le mur et fume la pipe.
«Dia duit, a Sheamus.»
« Dia's Muire duit, a Lucharba. » (1)
Hé oui, mon patron s’appelle Lucharba Mag Uinseannáin. Il a un nom à coucher dehors, même pour un irlandais. Il a dû se faire vanner à Poudlard, quelque chose de terrible !
En allant mettre mes affaires dans mon casier, j’en profite pour envoyer un sms groupé à toute la bande.
« Mon colocataire me vire. Je dois être parti demain après-midi. J’aurais besoin d’aide pour déménager et un endroit où squatter le temps de trouver un appart’. Merci. Seamus ».
Une fois terminé, je réalise que j’aurai dû préciser que ce n’était pas ma faute si j’étais foutu dehors. Enfin, on verra bien. Quand j’y pense… Dommage que les sorciers aient inventé le portable sorcier juste à cause de la guerre. Il aura fallu des milliers de morts pour que les autorités acceptent de chercher des solutions à certains problèmes – tels que l’absence totale de moyens de communication pour la résistance – dans le monde moldu.
Je mets mon badge « Cumha – Seamus Finnigan ». Il parait que les clients aiment savoir qui les sert. A mon avis, c’est pour mieux pouvoir se plaindre.
« Dia duit, a Sheamus»
Je me retourne pour faire face à ma collègue préférée. Je lui souris.
« Dia's Muire duit, a Hide. On répète ensemble ce week-end ? »
L’irlandaise hoche la tête. Elle ôte son manteau et retire les cheveux qui sont collées sur le col. Ca me dégoûte toujours de la voir jeter ces longs fils blonds parterre. Les filles, c’est vraiment des grosses dégueulasses. On se plaint des mecs, mais alors elles, elles ne font pas mieux.
« Tu es à court d’argent ? »
Je suis surpris par sa question.
« Non, qu’est ce qui te fait dire cela ? »
Elle ricane.
« Avec un pantalon pareil, tu vas avoir de sacrés pourboires. »
Je fais la moue.
« Áiféiseach »
« Ridicule ? Tu veux dire que tu aimes porter des pantalons en cuir ?»
« Ouais. » Je pouffe.
Elle roule des yeux. Hélas, Rodan arrive en fusillant la blonde du regard.
« Ide ! Pourquoi tu es arrivée avant moi ? »
Voilà, je sens que ce soir sera une nuit pénible. Ide pousse un cri d’exaspération et quitte la pièce. Un jour, elle l’assommera avec son plateau. J’espère que je serais là pour le voir.
« Au bout de deux ans, tu devrais arrêter. Ca ne marchera jamais. » Je lui conseille.
Il renifle et range consciencieusement ses affaires dans son compartiment.
« Si elle faisait un effort. »
Je secoue la tête.
« Níl ciall duit ann »
« Si, justement ! Elle s’appelle Ide. Il faut donc qu’elle arrive en troisième ! » (2)
Rodan est un gentil garçon, sincèrement, mais il a des Tocs (3). Parfois c’est utile – les toilettes sont toujours nickels – et parfois il nous rend fou. Le pire je pense est pour Vaughn, le barman. Il mesure 1m98 et Rodan le hait profondément. Pour lui, s’appeler « petit » est être aussi grand est un crime. On essaie de ne pas avoir trop de ressentiments car ce n’est pas sa faute s’il est comme ça. C’est juste que certains jours, j’aimerai l’étouffer avec son éponge pour nettoyer les tables. Je suis tout de même relativement chanceux par rapport aux autres. Je m’appelle Finnigan, qui signifie blond et, oh miracle, je suis blond. De plus Rodan évite de trop m’approcher car mon prénom peut signifier usurpateur.
Merci papa, pour la peine je te pardonne de m’avoir donné le nom du chien des Pink Floyd. Car oui, je ne m’appelle pas Seamus car je suis irlandais mais parce que mon père adore cette chanson où un chien chante. Ma mère trouvait la proposition excellente et il a admis, après mon baptême, la raison de son engouement. Elle est devenue tellement dingue en apprenant cela qu’elle lui a jetée un sortilège de Chauve-furie. C’est ainsi que mon père découvrit que ma mère était une sorcière. Et par la même occasion que ma mère avait un caractère de harpie. C’est la version officieuse, bien sûr. Je raconte à tout le monde qu’elle l’avouait après leur mariage : j’ai ma fierté.
« Seamus ! »
Je réalise que cela fait un moment que je fixe le mur.
« A quoi tu pensais ? Tu as l’air étrange.»
Je ne peux pas m’empêcher de frissonner.
« A rien, Rodan. »
Répondre « à mes parents morts il y a 9 ans » laisse généralement un froid, alors j’évite.
« Lucharba veut que tu tiennes le bar. Vaughn est malade. »
Avec ses cheveux teints pourpre - faut le comprendre, c’est à cause de son prénom : cheveu rouge - et son air ravi, il me fait un peu peur.
« Tu ne l’as pas rendu malade, quand même ? »
Il glousse.
« Même pas. C’est génial, non ? »
Je l’ai rarement vu aussi heureux. A part quand Ide arrive troisième bien sûr. Pourquoi ma vie est si bizarre ?
La nuit tombe. Je lance un sortilège pour que le panneau « Cumha, Irish pub » s’illumine. On dirait un phare… Pour les naufragés de la bouteille, ouais !
1) « Dia duit a Sheamus » C’est comme cela qu’on salue en gaélique irlandais cela signifie en gros « Dieu soit sur toi, Seamus», ce à quoi il faut répondre « Dia's Muire duit » c’est-à-dire « Dieu et Marie sur toi, Lucharba ». Catholiques, les irlandais ? Nan ! A peine. Selon la première lettre du nom, on doit ajouter un h. Mais je ne suis pas certaine d’avoir bien compris Oo.
2) Seamus dit « Ca n’a aucun sens de faire ça. » et Rodan le contredit car justement ide signifie la troisième chez les irlandais.
3) Troubles Obsessionnels Compulsifs
J'espère que cela vous a plu !
J'ai un peu planté le post, désolée...
Voila c'est une mini-fic pour ainsi dire presque terminée. Joyeux anniversaire Owlie ! Bon tu es du 7 mai... Mieux vaut tard que jamais. Sinon pour mes autres bébés, j'y travaille, rassurez-vous ! Je n'abandonne rien. Je vais de ce pas écrire ... Si c'est pas de la motivation ??
Et un énorme merci aux gens qui ont reviewé pour mes autres fics. Ca me fait ultra plaisir . Je suis toute eyphorique après les avoir lu vos messages. Sinon, j'ai fait un blog sur LJ ! Si vous voulez des nouvelles, allez-y... L'adresse est sur mon profil de ffnet.
A très très bientôt : je posterai dimanche prochain un autre bout (il est déjà écrit donc c'est SUR et CERTAIN !!)...
Et vive les reviews !!!!!