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Spoiler : Tomes 1 à 6
Disclamer : Rien à moi, tout à JKR sauf ce qui est à moi….
Rating : M car vulgarité, passages un peu dark ret du shonen-ai (ca veut dire du yaoi mais sans sexe des messieurs ensemble.. amoureux... si si ...)
Inspiration: la chanson "We used to be friends" du groupe The Dandy Warhols
Joyeux anniversaire à Owlie Wood pour ses 22 ans... Et joyeux Noël 2007... Et joyeux anniversaire pour ses 23 ans aussi ...
(Comment ça j'ai du retard ??)
Ce one-shot qui n’en est plus un est pour toi, Owlie !
Merci de me réveiller et de me motiver pour écrire
We used to be friends
Je ne veux pas grandir. C’est terrible mais ces derniers jours, j’ai l’impression qu’une multitude de choses m’arrive : le retour de Dean, ce truc de premier harpiste, et mes parents. Surtout mes parents. Ca me fait peur. J’ai peur de tous ces changements autour de moi, toutes ces implications. Je n’ai pas envie de gérer. Je ne veux pas de responsabilités. J’en porte déjà bien assez. Mais est-ce-que je peux lutter contre tout cela indéfiniment ? Je peux réellement vivre ici et maintenant sans jamais rien tenir, mais juste effleurer. Je ne crois pas.
J’ai finalement été sur la tombe de mes parents. Dean avait raison. C’est horrible toutes ces inscriptions. Avant je n’étais qu’un coupable involontaire. Après tout je n’ai jamais voulu cette attaque de mangemorts. Mais aujourd’hui, je suis pleinement coupable d’avoir laissé leur sépulture souillée pendant près d’une décennie. J’ai dû décaper la pierre. La peinture ne partait pas avec la magie. Leur tombe portera à jamais ces marques. Rien ne leur aura été épargné, même après leur mort. J’ai camouflé tout cela en mettant des plantes grimpantes. J’ai pu les faire pousser en un clin d’œil grâce à une potion. Mais le mal restera à jamais. Je me déteste.
Alors j’ai pris une résolution. Pour me faire pardonner, pour ne pas qu’ils aient trop honte de moi, là où ils sont, je vais essayer de respecter leur volonté. Je serais premier harpiste. Ainsi, je ne serais plus Seamus, le héros de guerre, connu pour le nombre de personnes qu’il a tué et pour la mort affreuse de ses parents, mais Seamus le meilleur harpiste que les Kenmare Kestrels n’aient jamais eu.
Mes parents se sont beaucoup privés pour ma passion. A l’âge de quatre ans, j’avais décidé de supporter cette équipe et surtout, je voulais jouer de la harpe comme un vrai fan. Une harpe celtique coûte une fortune, sans parler des cours. Alors au début mon père m’a payé des leçons de piano et je m’entrainais chez une voisine. J’ai appris mes gammes et j’ai développé une certaine agilité. Mon père a fait des heures supplémentaires pendant des années. Pour mes huit ans, il m’a offert ma première harpe. Elle était d’occasion et le pied était un peu ébréché. J’en ai pleuré de joie. Il a voulu la payer seul, même si ma mère gagnait plus que lui. Parce que c’était pour une activité sorcière, il voulait avoir un lien avec tout cela.
Il n’a jamais pu venir me voir jouer à un match. C’était un des plus grands regrets de sa vie. Alors il a voulu me faire une surprise grandiose. Il a mis une petite somme de côté chaque année. Puis, il a commandé une harpe chez le meilleur artisan du pays. Il est mort avant qu’elle ne soit achevée. C’est après la guerre que le luthier m’a contacté. Il avait appris la mort de mon père et il m’avait recherché pour me la donner. C’était une question d’honneur à ses yeux. Mon père lui avait demandé de graver « Quand on est dans la merde jusqu'au cou, il ne reste plus qu'à chanter. » (12). Ca me fait toujours un coup au cœur de lire cette phrase.
Mes parents se sont rencontrés lors d’une représentation de Beckett, ils étaient assis côte à côte. Ma mère, en sang-pur totalement ignorante du monde moldu, avait décidé de s’instruire en allant voir une pièce. Happy Days n’était probablement pas le meilleur choix. D’un bout à l’autre, elle interrogeait celui qui allait devenir mon père. Elle ne comprenait rien. Finalement, ils ont été priés de partir : ils gênaient les acteurs et le public par leur bavardage. Ils sont allés dans un pub pour continuer de discuter. Leur rencontre tient du hasard, de l’absence de timidité de ma mère et des adorables fossettes de mon père. Cette phrase de Beckett sur ma harpe est là pour que je n’oublie pas que la vie est pleine d’imprévus, d’amour et de bonheur…. Je dois être en train de prendre un sacré coup de vieux pour devenir aussi morose.
C‘est décidé. Je vais être premier harpiste. Je vais le faire… Pourtant, je me sens vraiment mal. J’ai des crampes d’estomac. Je ne devrais pas m’inquiéter autant. J’ai peur de contacter cet affreux bonhomme des Kenmare Kestrels. Je sais que je dois le faire mais ça me terrifie. La carte de visite sur mon étagère me nargue. Je suis un tel lâche. Et puis…. Que vont dire les autres ? Neville et Ernie seront sûrement en colère… Pourquoi ai-je menti ? Surtout à eux. Ils vont me détester. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Enfin, il est trop tard pour s’en inquiéter. On ne peut pas revenir en arrière. Je sui vraiment dans la merde…. Mon père a bien choisi la citation…
Edward O’Malley me fait un horrible sourire mielleux.
« Vous avez fait le bon choix. »
Je regarde le contrat que je m’apprête à signer. Je me sens mal à l’aise avec tous les dirigeants des Kenmare Kestrels dans la pièce.
« Je ne veux rien de médiatique. Pas de journalistes ou de trucs dans le genre… »
« Seamus, êtes-vous sûr de cela ? Nous ne pouvons pas vous forcer mais ce serait préférable d’accepter de faire de la publicité pour le club. » Me demande Dolores Hogan, la responsable communication.
« Je suis pas une putain de mascotte qu’on exhibe. »
« Bon… Si c’est ce que vous voulez… » Capitule l’horrible graisseux.
Dolores Hogan a l’air très déçue. Je sursaute quand le directeur du club, Patrick O’Ríordan, pousse un grommellement. Il est très éloigné de ce que j’imaginais être un PDG.
« Ah non ! Pour une fois qu’on en a un de pas mal, ça va nous faire de la pub. »
Je lui jette un regard courroucé. Ce type n’a aucune classe. Je n’arrive pas à croire qu’il puisse diriger ce club.
« Hé ! Je suis dans la pièce, merci de vous adressez à moi directement. »
Il se fige puis éclate de rire.
« Okay, Finnigan. Tu as l’étoffe d’une star, alors laisse-nous le business et ça va rouler tout seul. Tu auras aucun effort à faire. Un véritable fan des Kenmare ne refuserait pas, n’est-ce-pas ? »
Il me fait le sourire le plus arrogant du siècle.
« La dernière fois que j’ai été interrogé par un journaliste, il m’a demandé ce que cela m’a fait de retrouver le corps de ma mère dans le jardin.»
Le directeur a perdu de sa superbe.
« Hum… Je suis désolé. »
« Vous pouvez, effectivement. »
Je suis dur mais dans mon cas, je dois poser les bases dès le début. D’un autre côté, c’est vrai que le club a connu des jours plus glorieux. Nous n’avons pas eu de nouvelles inscriptions depuis des lustres. Foutu Potter, pourquoi est-il allé chez Flaquemare ?
« Je vais tout de même y réfléchir. Je vous donnerai la réponse vendredi. »
Ils ont l’air tellement mal que je ne peux pas m’empêcher d’envisager de le faire. La femme de la communication semble reprendre des couleurs.
« Vous allez être un premier harpiste épatant, Seamus. »
Je souris vaguement et signe enfin le contrat. Je ne savais pas que je serai payé. Je vais pouvoir m’acheter un piano ou une guitare, ou peut-être une clarinette… Oh non.. Une harpe classique… Nan, je ne vais quand même pas utiliser une autre harpe. Ou alors …
« Mr Finnigan ? »
Je rougis. J’étais encore en train de rêvasser.
« Les autres doivent vous attendre. »
Hé ! Ils me mettent dehors.
Le directeur me fait une grimace.
« Nous devons parler du Match. »
Je sers la main à tout le monde et quitte la pièce. Je n’aimerais pas être à leur place. L’opinion publique entière soutient Flaquemare. Même chez les irlandais. Satané Harry. Je fais à peine un pas dehors que Ide me saute dessus.
« Hey Honeypie ! Alors ? »
Presque aussitôt les autres la rejoignent.
« Alors ?? » Me presse Gordon.
Et dire que si je n’avais pas rencontré ce type, j’aurai tout dit aux autres à Poudlard…
« Je suis votre patron maintenant. »
Ide frétille contre mon bras.
« Ca va être génial. On commence à répéter quand ? »
Un toussotement m’attire mon attention. O'Sullivan.
« Comment va ta main ? »
Il me montre un moignon fripé. Merde, je ne pensais pas que ce serait si grave. Il me contemple avec mélancolie.
« Alors prêt à prendre les rênes ? »
J’hoche vaguement la tête, les autres harpistes se taisent.
« Je vais organiser ta soirée d’intronisation. Tu es d’accord ? »
« Pas de problème… Passe au Cumha ce soir, s’il te plait. »
Il a l’air surpris. Il est vrai que nos rapport ont toujours étaient un peu tendus.
« Ok. »
« A tout à l’heure alors. »
O’ Sullivan pousse un soupir puis transplane. Ca me fend le cœur. Je me retourne vers les autres.
« Je dois voir les joueurs de l’équipe avant de choisir les morceaux. Je vous ferai savoir quand aura lieu la prochaine répétition. En attendant, réviser les classiques. »
On discute tous ensembles. Finalement, je vais boire un pot avec Ide et Liam. Ce qui est étonnant car il ne me fait même pas la tête pour avoir été choisi.
« Tu es bien meilleur que moi pour l’instant Seamus. D’ici quelques années, je pourrais assumer ce rôle je pense.»
Voilà ce que ce petit prétentieux de 18 ans m’a dit quand je lui ai demandé s’il était déçu. Je vais le tuer. Ide, elle, semble réellement enchanter de me voir assumer le rôle de chef.
« J’adore tellement ta façon de jouer et de chanter. Tu vas enfin être le aonréadaí (13). »
Au boulot, elle se comporte à peu près normalement, mais dès qu’il est question de musique, elle devient une groupie pendue à mes jambes.
« Cad é atá cearr ?» (14)
Je rougis. Elle me connaît un peu trop bien.
« Je dois l’annoncer à mes amis demain. »
Mes deux compères grimacent.
« T’es vraiment dans la cac (15). »
Je me passe la main sur le visage.
« Ne m’en parlez pas. J’ai peur de me dégonfler. »
Ide se lève brusquement.
« Je t’accompagne. »
Pitié, non !
« Cha bhuailim !» (16)
Je vois dans ses yeux qu’elle ne changera pas d’avis. Cac.
« Si tu ne leur dis pas, je l’annoncerai pour toi. »
Je me pince l’arête du nez. D’un autre côté Lee est là demain et il a un faible pour elle. Ca peut être l’occasion.
« Bon, je viendrais te chercher à 14 heures demain. Sois prête. »
Liam semble furieux.
« Et moi ? »
« Céard atá uait ?» (17)
Il fait la moue.
« Je veux venir. »
Je roule des yeux.
«Non. Un gosse de ton âge ne peut certainement pas traîner avec moi. »
Il a l’air outré.
« Mais ça me dérange pas que tu sois si vieux. »
Si je lui plante ma paille dans l’oreille, je pourrais peut-être atteindre le centre de la parole.
« Moi, ça me dérange. T’as aucune conversation et tu ne sais pas te tenir. J’ai pas envie d’avoir la honte. »
Il semble sur le point de fondre en larmes.
« Seamus ! Tu es vraiment méchant. » Me réprimande Ide.
« Et alors… Toi tu peux venir seulement parce que je pense que tu plais à Lee Jordan. Il m’a promis de me passer mes chansons préférées à l’heure où je me lève si j’organise une rencontre. »
Son visage devient blême.
« Tu me vends pour une plage horaire de radio ? »
« Ouais. »
Elle frappe du poing sur la table et Liam me pince le bras. Sauvage.
« Je vaux bien plus que ça ! » Braille Ide.
Merlin, qu’elle est blonde parfois. Moi qui croyais la vexer pour de vrai.
« Il travaille à W&W Radio. » Je précise.
Liam renifle d’un air méprisant mais ma réplique fait mouche.
« Witch & Wizard ?? Il était pas sur Mélancolie Radio ? »
Je secoue la tête et Liam se frappe le crâne avec le plat de la main. Le jeune padawan n’a pas le niveau. Mouahahaha….
« Il a quitté cette radio de vieux il y a deux mois. »
Elle semble hésiter.
« Je veux bien. Mais dis-lui de couper ses rastas. A trente ans, ça fait vraiment ringard… Et arrête d’être méchant avec Liam. »
Je ne peux pas m’en empêcher. Ce type fait plus viril que moi alors qu’il sort à peine de Poudlard.
« Tu seras gentil, hein ? » Me lance le gosse d’un air défiant.
Bon, il est viril seulement quand il se tait, mais quand même : je trouve cela ultra énervant.
« Tu viens pas. »
« Crétin. »
« Puceau. »
Je ricane alors qu’il vire à l’écarlate. Je me lève et jette un billet de 10 euros (18) sur la table.
« C’est pour moi cette fois-ci. Tá agam le himeacht. (19) »
J’enfile ma veste.
« Tu as mis beaucoup trop. »
« Achète-toi une bodbheart (20) avec la monnaie. Tôt ou tard il faudra que tu apprennes comment en mettre une… »
Ide glousse alors que Liam se rembrunit.
« Póg mo thóin ! » (21)
Je lui fais un clin d’œil.
« A un de ces quatre… Ide, sois à l’heure. »
J’ai hâte de rencontrer les joueurs pour savoir ce qu’ils aimeraient que l’on interprête pendant les matchs. Une chose est sûre : je refuserais que l’on fasse « Ar thalamh na hEireann». C’est le premier morceau de harpe que j’ai appris. Ca m’a pris des heures pour y arriver. Je m’étais toujours jurer de ne plus jamais le jouer après cela. Malheureusement, j’ai dû le faire pour chaque match. Un cauchemar.
N’empêche… J’ai vraiment de la peine pour O’Sullivan. Il a tout perdu. Lui aussi joue depuis l’enfance. Après avoir passé plus de 40 ans à jouer de la harpe, peut-on vraiment accepter un tel changement ? C’était sa passion, son métier… J’ai vraiment mal pour lui. Enfin, heureusement que les médias n’en ont pas parlé. Ils sont tellement concentrés sur leurs idoles qu’ils ne font plus attention à rien d’autres.
Ils ne parlent que d’Harry, sa femme et leur futur enfant, ou de Draco et son ascension politique ou des exploits de Neville... Les héros préférés des sorciers. Si souriants, si gentils. Pourtant Ernie, Ron, Colin ou même moi avons vraiment beaucoup donné de nous même pour gagner cette guerre. Sous prétexte que l’on n’est pas photogénique ou que l’on ne soit pas devenu un notable, les gens doivent oublier ce que l’on a fait pour eux ? Ca me dégoute. Enfin, mes amis n’y peuvent rien. La vie est ainsi faite.
Demain midi, Hermione a invité tout le monde pour le déjeuner. Après on va passer la journée tous ensembles. Dean sera là. Je ne sais pas trop comment agir face à lui. En plus je vais devoir annoncer à tout le monde mon statut de premier harpiste. Je vais devoir faire un solo pour l’hymne du club alors Harry me remarquera forcément puisque le match ne sera pas encore commencé.
Mon portable sonne. C’est Hermione.
« Allo… Seamus ? »
« Qui veux-tu que ce soit ? C’est mon numéro je te signale ! »
« Ce que tu es grognon… Je voulais savoir si tu voulais dormir chez nous cette nuit après le travail, comme ça tu pourras gagner une ou deux heures de sommeil. »
« Merci. Ca me ferait plaisir. »
Même si elle est ultra chiante en faisant attention aux détails, cela fait d’elle quelqu’un de très attentionné. C’est agréable qu’elle se soucie de cela.
« C’est vrai que je vais travailler jusqu’au petit matin, ça va me faciliter les choses. Au fait, on mange quoi ? Tu veux que je ramène quelque chose ? »
Je sais qu’elle va dire non, mais ça fait toujours plus poli.
« Non ça ira merci. Je vais faire des cakes salés et des amuse-gueules. »
Hé, hé. Je le savais. Elle aime vraiment tout contrôler.
« Cool. J’adore les apéritifs dinatoires. Tu as trouvé l’idée comment ?»
Je parie 10 millions de gallions que c’est grâce à un livre.
« Je viens de dégoter un livre de recettes géniales alors j’ai très envie de tout essayer. Je vais même tenter des trucs avec des fruits de mer. »
« Ah. »
Je n’ai vraiment pas de chance.
« Je suis allergique aux fruits de mer. »
« Vraiment ? Tu as aussi dit ne pas digérer le tofu… »
Quelle rancunière.
« Non, non c’est sérieux… »
« Ok… Je te prévoirais autre chose alors. »
Je suis un tel boulet.
« Merci. Désolé pour le dérangement. Au fait, je peux inviter une amie ? J’ai totalement oublié de t’en parler.»
« … »
« Hermione ? »
« Tu… Tu sors avec quelqu’un ? »
« Oh, non, c’est juste Ide. »
Hermione a l’air bizarre.
« Vraiment ? »
« Oui, Lee a craqué sur elle. »
Je l’entends soudain rire au téléphone.
« Oh… Alors tout va bien. »
Par les règles du Quidditch, elle ne refait pas cela ??
« Tu ne seras pas en train d’organiser une de tes foutues réunions pour me caser ? »
« Voyons, Seamus, j’ai arrêté de vouloir te caser avec une fille depuis que ma cousine Emily s’est jointe au mouvement de Wendy McElroy. (22)»
Peut-être que j’avais exagéré ce jour-là.
« Bon à demain. Tu transplaneras directement dans ta chambre ? »
« Oui… Ne t’inquiète pas. »
Elle raccroche…. Une minute. Elle ne veut plus me caser avec des filles… Merde, c’est pas avec un mec au moins ?? Pitié ! Tout cela, c’est à cause de ces fichues bottes. Rah, si j’avais su.
Tant pis, il souffrira comme les autres.
Après avoir joué de la harpe pendant trois bonnes heures, me voilà fringant pour aller au boulot, même si mes genoux sont un peu endoloris (23). Ca passera et puis j’ai l’habitude.
«Dia duit, a Sheamus.»
Comme d’habitude, mon patron est appuyé devant le pub et fume un étrange mélange d’herbes.
« Dia's Muire duit, a Lucharba. »
Il tire une bouffée de sa pipe et m’observe attentivement.
« Alors comme ça tu es premier harpiste pour les Kenmare ? »
Ide doit être arrivée.
«Oui. »
Il prend une autre aspiration.
« Tu vas devoir prendre un mi-temps alors. »
Je fronce les sourcils.
« C’est vraiment nécessaire ?»
« Evidemment, amhlánta ! Tu vas avoir beaucoup à faire et tu seras stressé avant chaque match. O’Sullivan venait souvent se plaindre ici. Je sais de quoi je parle.»
Je n’avais jamais pensé à cela.
« Mais comment tu vas faire sans moi ? »
Il me frappe le crâne.
« Amhlánta ! Tu n’es qu’un prétentieux. On va trouver quelqu’un et tu le formeras. »
Ide sort du pub.
« Rentrez tous les deux. Il fait froid. »
Lucharba plisse le nez. Elle lui interdit de fumer ses trucs bizarres à l’intérieur.
« Ide, tu connais une personne qui cherche du travail ? »
Elle penche la tête.
« Quel genre de job ? »
« Pour me remplacer quand je serais trop pris par les Kenmare Kestrels. » Je précise.
« Pourquoi pas Liam ? Il a été diplômé de Poudlard l’été dernier et il envisage d’arrêter les études. »
Lucharba et moi échangeons un regard.
« Il a à peine fait 6 semaines de cours. Tu en es sûre ? »
« Oui, il a intégré une classe préparatoire pour passer le concours de fonctionnaire au Ministère pour faire plaisir à ses parents. Il déteste ça. »
Le patron entreprend de vider sa pipe sur le trottoir.
« Tu en penses quoi, amhlánta ? »
Je lui jette un regard de la mort-qui-tue. Pourquoi a-t-il besoin de m’insulter tout le temps ?
« Il est plutôt beau gosse, ça va attirer les clients. Il a une bonne carrure. C’est bien aussi pour la sécurité. »
Et puis comme ça finit la corvée de porter l’alcool jusqu’à la réserve. C’est bien créer des caisses anti-sortilèges pour éviter les vols mais c’est ultra lourd. Les types qui font de l’alcool ne pensent jamais à la main-d’œuvre. Surtout chez Fire Whiskey, pourtant c’est des irlandais.
« Je pourrais prendre une pause au cours de la soirée ? O’Sullivan va passer. »
Je suis épuisé, je pue, j’ai mal partout et j’ai faim. Ma discussion avec O’Sullivan a vraiment été chouette. C’est encore dur pour lui, bien sûr, mais il accepte sa situation. J’ai décidé de lui laisser carte blanche pour la soirée officielle où l’on me nommera premier harpiste. Il a besoin de s’occuper et de rester parmi nous. Il prévoit de faire la meilleure fête de tous les temps. J’essaie de ne pas trop appréhender. Il a toujours été plus sévère avec moi qu’avec les autres lorsque l’on jouait. Il ne m’a jamais laissé faire des solos ou quoique ce soit seul. J’ai toujours cru qu’il ne me jugeait pas assez bon pour ce genre de choses. Alors que c’est lui qui m’a désigné comme successeur… Je n’arrive toujours pas à le cerner. Nous avons surtout parlé de la passation, des corvées et tout le reste. Il ne m’a pas dit pourquoi il m’avait choisi.
Il est trop tard pour penser à tout cela.
Je transplane dans la cuisine d’Hermione et Ron. Il y a des plats emballés partout. Elle a prévu d’inviter tout le quartier ou quoi ? Bon, ça ne me regarde pas… Je prends les céréales de Toni et je me fais un monstrueux bol avec plein de lait et du chocolat en poudre, le tout passé aux microondes. J’adore. Ca dégoute tout le monde que je mange mes céréales chaudes. Les gens peuvent être si réactionnaires.
Je monte l’escalier le plus silencieusement et lance un sort d’insonorisation à la salle de bain, histoire de ne pas réveiller tout le monde en prenant ma douche. Il est tout de même 5 heures du matin. Lorsque je sors, Clyde est assis sur le pas de la porte.
« Que fais-tu ici ? »Je chuchote.
« J’arrive pas à dormir. Je t’ai entendu rentrer. »
Je lui tends les bras.
« Viens, je vais te coucher. »
Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive. Hermione m’a raconté qu’il fait ça très régulièrement et j’ai moi-même pu le constater lorsque j’ai vécu quelques temps ici. Il se réveille au beau milieu de la nuit et il ne sait pas se rendormir seul.
« Tu as fait un cauchemar ? » Je lui demande en le posant sur son lit.
« Non. Je pensais au Père Noël. »
Tandis que je le borde, il continue.
« Maman m’a dit qu’il ne pourrait pas m’apporter le cadeau que j’ai demandé. »
Merde, il pense déjà à ça en novembre ?
« Je t’ai dit que les percings.. »
« Nan, j’ai demandé une robe de princesse. »
Merlin, aidez-moi à ne pas rire. Je peux exactement visualiser la tête de Ron et d’Hermione.
« Et maman a dit que c’était pour les filles et que moi j’étais un garçon. Tu crois qu’elle a raison ? »
Il demande ça à un joueur de harpe.
« Je sais pas trop. J’ai jamais eu le problème. Mais pourquoi tu veux une robe ? »
« Mais t’es bête ! C’est pour joueur à la princesse. »
Oula. Effectivement, c’est un terrain miné.
« Tu veux être une princesse ? Depuis quand ? »
« On a regardé la Belle et la Bête samedi avec papa. Et moi, je veux faire comme Belle. »
Merde. Je le trouve adorable. Ca fait bizarre. Ca ne m’était pas arrivé depuis la portée de chatons d’Ide.
« C’est vrai qu’elle a une chouette robe. » Je constate.
Il me fixe avec tellement de confiance. Je ne peux quand même pas lui dire que vouloir une robe, ça fait carrément pédale. Il n’a que quatre ans.
« Mais peut-être que le Père Noël ne veut pas que tu sois triste avec ta robe. »
« Pourquoi ? »
« Si tu te déguises en princesse et bien la petite fille dont tu es amoureux elle va peut-être être jalouse de ta robe. Elle ne voudra pas que vous soyez deux princesses. Tu sais, les filles ça se met en colère pour un rien. »
« Comme maman ? »
Il est vraiment futé ce gosse.
« Exactement. »
« Mais moi, je veux un prince. Alors ce n’est pas grave. »
Mmh, je vais m’abstenir de faire un commentaire. Je veux ne pas trop me mêler de l’éducation de ses parents.
« Alors c’est pas grave, hein ? »
« Heu… »
« C’est pas bien ? »
« C’est surprenant. Je ne savais pas que tu… Que tu… »
Merde, il a quatre ans.
« Quoi ? »
« Que tu aimais les petits garçons. »
Je ne pensais pas dire cela à quelqu’un un jour.
« J’aime bien Mike à l’école. »
« Ah. »
« Mais maman a dit que c’était pas vrai. Que je ne sais pas ce que je dis. Mais moi, j’aime vraiment bien Mike. J’ai tort ? »
Trouve une parade. Réfléchis !
« Seamus ? »
« Je suis fatigué, Clyde. Je vais aller me coucher. »
Son visage se plisse.
« Mais tout le monde dit que c’est pas bien. Je ne suis pas normal ? Je suis méchant ? »
Je n’aurai jamais de gosse. Bordel, il est 5 heures du matin et je dois consoler un Weasley homosexuel de quatre ans.
«Mais non, tu es normal… »
« Papa dit que je dois pas dire que j’aime bien Mike. »
Ronald, t’es vraiment un looser. Je lui dis quoi à cet enfant ? Que son père est con ?
« Arrête de penser à ça Clyde. Il est tard. C’est pas l’heure de penser à des choses qui t’embêtent. »
« Oui mais… »
« Détends-toi. Tout à l’air compliqué la nuit. Ton papa et ta maman t’aiment très forts et c’est le plus important, non ? »
« Et le Père Noël ? »
Il fantasme sur ce vieux barbu ou quoi ?
« Oui, lui aussi. »
Il semble plus serein.
« Tu restes avec moi jusqu’à ce que je dorme ? »
Il est aussi chiant que son père avant un match des Canons. Je veux me coucher.
« Okay. Allez ferme les yeux. »
« Seamus… »
« Tais-toi. »
« Oui mais… »
« Chut… »
Soudain je me vois moi, à son âge. J’étais souvent angoissé étant enfant et je réveillais mes parents presque toutes les nuits. Je glisse ma main dans les cheveux de Clyde et commence à fredonner une berceuse. C’est radical. Il s’est endormi au troisième couplet. Ma mère me caressait la tête jusqu’à ce que je m’endorme et mon père préférait me chanter une chanson calme. Ce que j’aimais par-dessus tout c’est quand ils venaient à deux pour me rendormir. Ils me manquent.
« Seamus ? »
J’émerge de mon semi-coma.
« Quoi ? » Ma voix est particulièrement enrouée.
« On va faire une balade. Il a neigé. »
Je vais tuer Hermione.
« Putain ! Je m’en fous. »
« Clyde fait de la fièvre. Ca te dérange si je te le laisse ? »
J’émets un son rauque qu’elle prend pour ce qu’il l’arrange : elle met son gosse dans mon lit.
« Tu le surveilles bien, hein ? »
Merde, elle n’a qu’à rester à la maison pour s’en occuper. Mère indigne. La mienne n’aurait jamais fait cela. Remarque j’étais fils unique. Elle et Ron ont deux autres monstres bruyants. Ce n’est peut-être pas si bête de les faire partir pour que Clyde soit tranquille… Mais d’un autre côté, j’en ai vraiment rien à faire et je veux dormir….
Clyde se colle à moi.
« Dégage… Tu me tiens chaud. »
Je le repousse à l’autre bout du lit. Je ne sais pas combien j’ai dormi mais quand je me suis réveillé, il était encore collé à moi. Et il est vraiment brûlant. Je me lève difficilement. Putain de gosse malade. Il m’aura tout fait.
« Où tu vas ? »
« Chercher un truc pour ta fièvre… Et j’ai envie de pisser. »
Il se redresse doucement.
« Moi aussi. »
Je le prends dans mes bras.
« Beurk.. T’es trempé de sueurs. »
Il commence à chouiner.
« On va te laver et te changer. »
« Et faire pipi ? »
Je soupire.
« Oui aussi. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Je ne sais pas quelle heure qu’il est mais il est trop tôt pour moi.
« On se recouche ? »
« J’ai plus envie de faire dodo. »
« J’ai travaillé tard hier. On va quand même au lit… »
Il recommence à chouiner.
« Mais je veux pas… Je vais m’ennuyer moi… »
Si je l’assomme, ses parents ne m’en voudront peut-être pas. Pourquoi la pimentine est aussi efficace ? Maintenant il n’a plus de fièvre et va parfaitement bien – enfin si on ne tient pas compte de la fumée qui lui sort par les oreilles.
« On va dans le salon ? Tu dors dans le canapé et moi je joue parterre. »
J’embarque la couette dans ma chambre et on s’installe en bas. Je déteste le salon de cette baraque. Hermione a mis un énorme piano en plein milieu. Il a de la gueule et sa sonorité est excellente. Dommage que personne n’en joue. C’est vraiment une honte. Comme tous nouveaux riches qui se respectent, ils ont voulu que leurs gosses jouent de la musique. Après le terrible fiasco avec Lara, ils ont abandonné l’idée. Maintenant ce magnifique instrument reste là à dépérir en tant qu’objet de décoration.
« Seamus, tu dors ? »
J’essaie d’avoir l’air le plus endormi possible.
« Seamus ? »
Il me secoue violemment le bras.
« Tu dors ? »
« Je dormais… »
Il a l’air sérieusement désolé. Comme je faisais semblant de dormir, je ne me sens pas le courage de l’engueuler. Sale gosse.
« Dis… Tes parents, ils étaient comment ? »
Je crois que j’ai dû devenir très pâle car il s’est empressé d’ajouter.
« Alors ils étaient méchants ? Tu avais peur d’eux ? »
Je sens mon estomac se contracter.
« Mes parents étaient des personnes très gentilles. »
Il semble surpris.
« Vraiment ? Mais tu ne parles jamais d’eux. »
C’est surtout pour cela que je déteste les enfants. De vrais fouineurs.
« Ils sont morts il y a très longtemps. »
« Comme Harry ? »
« Non… Ils ont été tués pendant la guerre. »
Ses yeux s’agrandissent. Il s’assoit à côté de moi.
« Pourquoi ils ont été tués ? »
Ma voix devient très rauque.
« Les méchants les ont tués pour faire peur aux autres. Tu vois. Ils voulaient montrer à tout le monde ce qui arriverait si on essayait de les arrêter. »
« Mais ton papa et ta maman, ils avaient rien fait ? »
« Mon papa était moldu et ma maman sorcière. Les méchants détestaient les moldus alors ça les a mis en colère. »
Il semble troublé.
« Mais… Mais c’est pas juste ! »
« C’est comme ça, Clyde. C’était la guerre. »
Il commence à pleurer à chaudes larmes. J’étais un peu trop loin. Ce n’est pas le genre de choses qu’on raconte à un enfant, malade de surcroit.
« Mais j’ai plein de souvenirs de mes parents tu sais. Ils étaient vraiment très très gentils. Mon papa m’emmenait pêcher très souvent et quand on rentrait ma maman préparait le poisson qu’on avait attrapé. Si nous n’avions rien pris, elle se moquait de nous et on allait au restaurant. J’étais très heureux avec eux.»
Clyde renifle un peu.
« C’est vrai ? C’’est pas des mensonges ? »
Il s’essuie le nez sur sa manche marmonnant que cela lui plairait bien.
« Mais t’es dégoutant. Si tu veux te moucher, utilise un mouchoir. T’es pas une vache quand même. »
Il rit.
« T’es bête. »
« Non, je ne suis pas bête. Les vaches, elles se mettent la langue dans le nez ou elles s’essuient sur leur flanc. Continue comme ça et tu sentiras comme une vache. »
Il éclate de rire.
« Tu racontes toujours des bêtises. Les vaches, elles n’ont pas le nez qui coule. Les vaches, ça pleurent pas. »
J’aimerai lui dire que les vaches en exploitation agricole ont toutes les raisons de pleurer, notamment parce qu’on leur enlève leur veau dès la naissance et qu’il est vendu avant 8 jours à un engraisseur pour finir manger lorsqu’il atteint un poids suffisant.
« Bon tu arrêtes de dire n’importe quoi. Je veux une preuve que tes parents ils étaient gentils. T’es toujours en train de dire des mensonges, d’abord. »
Je soupire et me lève du canapé. Il a hérité de la logique d’Hermione.
« Mets-toi sous la couette, tu es encore malade. »
Il obtempère et je m’installe au piano. Je n’ai jamais arrêté d’en jouer. Paradoxalement, il y a énormément de choses que j’ai arrêté de faire depuis la mort de mes parents, mais au niveau musical. Bien sûr, je ne joue plus leurs morceaux préférés. Mais j’ai repris la harpe dès que le luthier me l’a donnée, à la fin de la guerre. Lorsque j’étais en planque au Square Grimmaud, je jouais souvent du piano dans le petit salon. J’ai toujours fait attention de ne pas m’abimer les mains et de rester habile.
« Tu sais jouer au piano ? »
« Un peu… Je vais te chanter la chanson que mon papa me chanter pour que je dorme. Je l’ai appris au piano pour lui faire plaisir. C’était son cadeau de Noël. »
Il m’avait avoué qu’il aurait préféré que je fusse pianiste mais que ce n’était pas à lui de choisir. Je n’ai jamais vraiment arrêté le piano à cause de cela. Pour lui faire plaisir, j’apprenais ses chansons préférées. De plus, lorsque je veux adapter un morceau pour la harpe, je le décompose d’abord sur le piano, pour mieux comprendre la structure et la ligne conductrice. C’est probablement dû au fait que j’ai appris mes gammes sur cet instrument…
« Cela s’appelle Perfect Day et c’est de Lou Reed. »
Je n’ai pas joué cette chanson depuis dix ans.
« Je connais pas. »
« Tu m’étonnes. »
« Si, si, pour de vrai. »
Mmmh… Je vais pas me lancer dans l’explication du mot sarcasme.
Les touches froides sous mes doigts me font frissonner. Ca fait bien des années que je n’ai pas écouté cette chanson et encore moins joué. Ma voix me semble étonnamment claire.
« Just a perfect day… I’m glad, I spend it with you… Oh such a perfect day… »
Je me sens léger. Je ne me rappelle pas avoir été aussi bien un jour. C’est la première fois que je pense à mes parents sans ressentir cette culpabilité.
“You make me forget myself. I thought I was someone else. Someone good. »(24)
J’entends Clyde qui se lève du canapé. Il semble ébahi de voir mes mains aussi agiles. Lorsque j’ai fini, il applaudit à tout rompre.
« T’es trop fort ! Tu en fais un autre ?»
Morgane, il va pas me demander de jouer toute la matinée.
« Je ne connais pas beaucoup de chansons… »
Je penche un peu la tête d’un air triste pour avoir l’air crédible.
« S’il te plait… »
Je me sens céder. Je suis lamentable : je me ramollis. Je vais finir avec un caniche couleur abricot à Noël si je ne me ressaisis pas. Si Ernie voit ma faiblesse, je suis foutu. Clyde vient de gagner contre moi au combat de la moue la plus adorable. C’est rvai que cela à moins d’impact quand on frôle la trentaine. C’est moche la vieillesse.
« Je ne savais pas que c’était aussi cool la musique. Tu sais, c’est la première fois que je vois quelqu’un jouer.»
« Ah bon ? »
« A quoi ça sert les chansons ? »
Oula, je sais pas comment il fait pour changer de sujet si brusquement, mais j’espère que ce n’est pas la fièvre.
« Euh… Ca sert à dire ce que tu n’oses pas dire. »
Je marmonne alors que je lui passe une main sur le front. R.A.S. Il est tiède.
« Oh. »
Heureusement qu’il est naïf car je ne pourrais pas l’embobiner aussi facilement.
« Par exemple, Ide, une amie à moi qui vient manger ici… Et bien elle chante toujours des chansons aux garçons dont elle est amoureuse. »
« Waaaah… Tu fais ça aussi ? »
Il me prend pour qui ??
« Euh… Noon… C’est pas trop mon truc… Mais Ide, mon amie, elle choisit toujours des chansons très très culcul. »
Et puis je n’aime personne, moi.
« Ca veut dire quoi culcul ? »
Ah.
« Tu vois quand maman veut ranger la maison ? Et bien elle essaie de trop ranger. Elle fait des trucs qui ne sont pas utiles et elle met trop de produits… Ide c’est pareil mais avec les chansons d’amour.»
« Ca doit être affreux… Parce que maman qui range… »
Si ça se trouve c’est Hermione qui le rend gay. Freud aurait-il raison ?
« Tu veux entendre les chansons de Ide ? C’est très drôle… »
Je rapproche un fauteuil et installe le gosse en l’enroulant dans ma couette.
« Prêt ? »
« Never wanna feel that again….”
“Tu comptes nous faire tout le répertoire des Corrs ? »
Oh-mon-Dieu… Je pivote lentement sur mon tabouret. Ils sont là… Ron, Hermione, Harry, Alicia et surtout… Dean. Merde. Merde. Merde…
« Vous êtes là depuis combien de temps ? Et comment vous savez que c’est les Corrs ? »
Harry fait mine de réfléchir.
« Gone are the days of precious love… Ma tante était super fan…”
Alicia pouffe.
“Mais non chéri, je suis certaine que nous sommes arrivées dès le début de la chanson… »
« Ouais je crois que tu disais Gone are the days when I was young and free, quand on a ouverte, n’est-ce-pas Ron ? » tente Dean.
J’ai tellement honte… Il m’a vu chanter les Corrs. Je suis le roi de la loose.
« Vous êtes sûrs ? Il a pas chanté ces paroles It's no good - 'cos you're not here avant ? » Renchérit le fan-de-l’équipe-la-plus-nulle-du-monde..
« Enfin, ça c’était après But if he say say says that he loves me I can cry. » Le réprimande Hermione.
Clyde se lève pour aller voir sa mère.
« Tu as manqué la mieux de toute façon, maman… Tu leur chantes la chanson de ton papa, Seamus ?»
Les adultes ont cessé de ricaner et me fixent sérieusement.
« Tu as vraiment fait cela ? » me demande Harry.
« Clyde, c’était un secret. »
Je suis ultra vexé. Traitre. On peut pas faire confiance à quelqu’un qui ne sait pas faire ses lacets.
« J’ai oublié. T’es en colère ?»
Hermione fronce les sourcils.
« Depuis quand tu fais de la musique, toi ? »
Je me lève brusquement.
« Qu’est-ce-que ça change ? »
Clyde revient vers moi et tire sur ma manche.
« Encore de la musique, s’il te plaaaaaiiiiiit… »
Hermione me dévisage, impassible.
« Plus tard, tu vois bien que les invités arrivent… Il faut que Seamus se prépare… Après tout, il est encore en pyjama.. »
Arrrrrrrrrrrrrrrghhhhhhhhhhhhhh. Merde. Merde. Merde. J’ai oublié ce détail. Dean m’a vu chanter les Corrs en pyjama. Je prends ma couette –et le peu de dignité qu’il me reste – et je pars pour ma chambre. Alors je me dirige vars les escaliers, je croise Mike. Putain, c’est ma fête.
« Chouette couleur. » Se gausse cet abruti d’étudiant en droit.
« C’est marrant, Katie m’a dit la même chose la dernière fois qu’elle est venue chez moi.»
Hou, hou, hou. Je suis un tel salaud. Il part vers le séjour avec une tête de six pieds de long.
« Seamus ? »
Je m’arrête en plein mouvement. Dean me regarde du bas des marches.
« On peut parler ? »
« Si c’est pour te foutre de ma gueule, attends que je me sois changé. »
Il sourit et me rejoint.
« Nan, c’est pour autre chose. »
« Oh. »
Je suis trop con. Pourquoi les ruptures d’anévrisme n’arrivent jamais quand on en a besoin ? Je suis ridicule. Je veux mourir….
« Alors, c’est oui ? »
Il est vraiment, vraiment beau avec son petit pull moulant. Pour un mec assis dans un bureau, je trouve qu’il s’entretient bien.
« Bien sûr. »
Les types parfaits, c’est super énervant… Je sais pas pourquoi mais je me sens frustré d’un coup. En arrivant en haut, il se pose sur le lit tandis que je fouille dans mon sac.
« Je suis désolé d’avoir été si indiscret la dernière fois… Tu as raison. Je n’ai pas le droit de te faire la morale. »
Super sujet de conversation…
« C’est pas grave, Dean. Tu avais raison. C’est pour ça que je me suis autant énervé. »
Je lui tourne le dos et fait passer par-dessus ma tête mon haut. J’entends le sommier qui craque derrière moi.
« Je… Tu t’es fait tatouer le dos ?... »
Je me retourne. Ses yeux semblent fixer mon torse.
« Oui… Pour cacher certaines cicatrices. »
Sa bouche forme une grimace.
« Ne fais pas cette tête-là… Je n’en ai pas autant ! Tu vois les étoiles sur mon épaule et mon biceps ? »
Il hoche doucement.
« Elles ne cachent rien… »
Ou presque. Enfin pas au sens propre du terme.
« Par contre le cheval recouvre une brûlure. »
Je m’approche du lit.
« Tiens passe ta main dessus.. »
Il a l’air vraiment choqué. Il se recule vers le centre du lit.
« Euh.. Non.. Ca ira. Je te crois. Tu as eu comment cette cicatrice ?»
« Tu n’as pas l’air de réaliser que j’ai fait une guerre, Dean. »
Je n’ai pas voulu être aussi abrupt mais sa question est vraiment stupide. Il gigote sur le lit.
« Désolé… »
« C’est Gregory Goyle que me l’a faite. »
Il me dévisage.
« Goyle ? L’imbécile de serpentard ? »
« Il m’en voulait d’avoir fait flamber son père durant la bataille de Poudlard…. Son avada kevadra était vraiment mauvais. Il n’a jamais cessé d’être nul en sortilège.» J’ajoute en souriant.
Cette remarque ne fait pas du tout rire Dean. Il se lève d’un bond et me contourne pour voir mon dos.
« Tu… C’est… »
« Oui… Le sortilège était mal lancée, j’ai juste était brûlé sur le flanc. »
Il glisse sa main sur mes côtes.
« Tu… Tu as reçu un avadakevadra. »
« Dean.. C’en était pas vraiment un. »
Sa main remonte jusqu’à mon omoplate gauche.
« Et celle-là ? Sous la harpe ? »
« Une griffure de loup-garou.. Greyback. »
Il redescend le long de ma colonne et s’arrête un peu au-dessus de ma ceinture. Je n’ai ni cicatrice, ni tatouage à cet endroit là. Sa respiration est courte, sacadée. Il m’oblige à me tourner sur moi-même. Ses doigts sont aussi râpeux qu’une langue de chat. Il stoppe son geste sur mon torse.
« Sous le symbole des Kenmare ? »
Je ferme les yeux un instant.
« C’était… C’était le Professeur MacGonal.. Elle était sous Imperium. »
Il retrace consciencieusement la blessure.
« Elle… »
Je ne veux pas me rappeler cette mission.
« Elle a essayé de me poignarder en plein cœur. Elle a tapé dans une côte. »
Dean fronce les sourcils. Il frôle à nouveau mon ancienne blessure.
« Ca n’a pas l’air net… »
« Elle a fait tourner la lame dans la plaie, pour que le poison se propage. »
Il baisse les yeux.
« Et le Fuck me I’m Irish sur ta hanche ? »
Arrrrrrrrrghhhhhh… Je veux – non j’exige – une rupture d’anévrisme MAINTENANT !
« Euh… Rien… J’avais bu… »
La honte. Je veux mourir. Et en plus ça le fait rire.
« Tu aurais dû le faire enlever. Parce que là ça fait invitation, non ?... A moins que cela soit ce que tu veuilles… »
Il dit ça le sourire aux lèvres. Je vais lui faire bouffer ses dents. Foi de Seamus !
« Canadien. »
Il me regarde sans comprendre.
« J’ai pas de leçon à recevoir d’un canadien. »
Hé, hé. Je lui ai cloué le bec.
« Tu t’es fait naturaliser, non ? Canadien… »
Sa peau devient encore plus noire et il grogne.
« Oh, la ferme… »
« Dean est canadien ! Dean est canadien ! »
« Arrête ! »
On dirait qu’il va péter une durite.
« C’est pas ma faute si c’est vrai. »
Il se redresse. Peuh… Il essaie de m’intimider, moi ?
« Je peux aussi appuyer où ça fait mal, Seamus. »
« Canadien. »
Il plisse les yeux.
« Que cachent les étoiles ? »
Hé ! C’est de la triche.
« Rien. Tu peux toucher. »
Vas-y ! Tombe dans le panneau !
« Cela signifie quoi pour toi ? La harpe et le symbole de Kenmare, pas besoin d’explication, le cheval est ton patronus… Et les étoiles ? »
« Rien. Je trouvais cela joli. »
Il fait la moue. Merde après toutes ces années il sait toujours quand je mens. Je déteste mon karma. Allez, juste une petite rupture d’anévrisme… Pitié…
« Seamus.. »
« Ca ne te regarde pas. »
Il soupire et se rassoit sur le lit.
« Tu as probablement raison… »
Je l’ai blessé ?
…
Non quand même pas ?
…
C’est un grand garçon ?
…
Il a une expression vraiment blessé.
…
« Les étoiles sont… Pour les personnes que j’ai aidées. »
« Je ne comprends pas. »
Je m’allonge à côté de lui. Je préfère avoir le plafond en face de moi plutôt que lui.
« Des gens qui m’ont demandé des services pendant la guerre. Après la mort de mes parents, j’ai failli… Failli… »
Je tousse. Je ne peux pas dire cela à haute voix.
« Bref, ils m’ont un peu sauvé la vie, en venant me demander des trucs… »
Dean reste un moment sans bouger. Je sais que lorsqu’il saura, il sera furieux. Peut-être a-t-il déjà compris.
« Quel genre de service ? »
Sa voix tremble.
« Justice. »
Il a arrêté de respirer. Il va me détester.
« Souvent des victimes, parfois, lorsqu’elles étaient mortes, leur famille. »
« Pourquoi toi ? »
« Ma mère… Ils pensaient que je pouvais les comprendre. Et ils avaient raison. »
Il se laisse tomber en arrière. Son corps est si prêt du mien. Ca me fait bizarre d’être avec lui, après tout ce temps.
« Tu… C’était… » Il est mal à l’aise.
« Des meurtres par vengeance. Oui. Je retrouvais les… Les violeurs et je les tuais. »
J’en avais jamais parlé. Tout le monde le savait à l’époque mais personne n’a jamais abordé le sujet avec moi.
« Les petites étoiles sont pour les adultes et les grandes pour les enfants. … »
« Seamus… »
« C’étaient des ennemis, ils torturaient, séquestraient et tuaient des gens. On ne pouvait pas faire de prisonniers. On n’avait pas les moyens de les nourrir ni assez de personnes pour les surveiller. C’étaient des mangemorts dangereux. Qu’ils soient morts sur le champ de bataille ou au coin d'une rue ne changeait pas grand-chose. Je ne faisais que les tuer. Ils auraient mérités de souffrir mais je n’ai fait que les tuer. »
Je ne me suis même pas rendu compte que je pleurais. C’est possible ? Normalement on le sens venir, non ?
« J’ai beaucoup tué… Le nombre de personnes que j’ai sauvé est insignifiant quand on fait la comparaison… »
Presque aussitôt Dean passe un bras sou ma nuque et me ramène vers lui. Contre lui.
« Moi, je n’ai sauvé personne. Je suis très fier de toi, Seamus. »
Il veut me faire chialer pour de vrai ou quoi ? J'ai quand même de la dignité !
« Canadien. »
Il me serre un peu plus. Je voulais avoir l’effet inverse. C’est quoi son problème ?
« Ca sonne comme lâche, tu ne trouves pas ? »
Il a murmuré ça si bas que j’ai presque peur de l’avoir imaginé.
« Non… Plutôt comme sous-culture d’arriéré mangeant du caribou. »
Il rit. Nous sommes l’un contre l’autre. Etrangement, je ne suis pas gêné. D’habitude, je déteste être proche de qui que ce soit. Je m’autorise à fermer les yeux un instant. Je suis si fatigué. J’aimerai faire une petite sieste, juste comme ça, avec lui.
« On va bientôt manger, je dois me changer. »
Je le repousse doucement. Il y a comme un reproche dans son regard. J’y suis pour rien si on doit le déjeuner est servi tôt, ici ! Il semble tout de même se reprendre.
« Crétin d’irlandais… C’est toujours aussi facile de te faire parler. »
Noooooooooon….
« Quoi ?? »
Il m’ébouriffe les cheveux.
« Je disais, j’arrive toujours à te tirer les verts du nez. »
Je l’ai laissé me câliner sans me plaindre… Salaud. Je vais le tuer. Je vais lui arracher ses putains d’ongles et lui enfoncer dans les yeux…
« T’es un nègre canadien mort. » (25)
Il glousse. Je me suis déjà levé. Il se couche sur le flan et me lance un regard amusé.
« C’est une petite blonde irlandaise qui me dit cela ? »
Je lui envoie ma trousse de toilette en pleine tête.
« Nègre canadien presque chauve et fan d’Abba. »’
Il se marre. Bordel ! Je l’insulte ! J’utilise des propos racistes, xénophobes et il se marre !
« Ha… Ha … »
Il n’arrive même plus à parler. Il me fait peut-être une attaque.
« Ha… … Har… »
Non vraiment ?
« Harpiste ! »
Je sens mes joues s’enflammer d’un seul coup.
« T’es vraiment trop con. »
Qu’il crève étouffé avec sa salive. Je décide d’ignorer son fou rire. Je ne vais pas me laisser emmerder par un débile. J’enfile vite fait mon T-shirt et un pull. Si seulement je pouvais arrêter de rougir, il se calmerait. Je me détourne de lui et abandonne mon bas de pyjama pour un caleçon.
Tiens, il ne rit plus.
« Tu…Tu… sais… Tu aurais dû me dire de partir, si tu voulais te changer. »
Je lui fais mon expression la plus dédaigneuse. Danger Mouse m’a même félicité pour avoir atteint ce niveau. Ce n’est pas très courant pour un gryffondor.
« On a partagé les mêmes dortoirs pendant des années. Tu ne vas pas être choqué pour avoir vu mon cul une fois de plus. »
Je mets mon jeans. Il a quitté le lit et fixe ses pieds.
« Enfin, Dean… »
« Je… » Il toussote.
Je ricane.
« Quelle sante-nitouche tu fais. »
Il tousse encore et époussète le lit pour faire disparaître les faux plis.
« Tu fais du sport ? » Me dit-il en essayant d’avoir l’air détendu.
« Ouais, ça se voit tant que ça ? »
Je me sens flatté qu’il ait remarqué…
« J’en fais avec Neville. Tu peux te joindre à nous si ça te tente. »
Ses lèvres s’étirent.
« Ca me plairait, oui… »
Merde, il est tellement beau. Ce n’est pas juste.
« Mais faudra que tu arrêtes de mater mon cul alors, sinon pas question d’aller à la piscine ensemble. »
Il ouvre la bouche et … Cassé. Atomisé. Pulvérisé. In your face ! Il ne sait plus quoi dire. Ah, ah, ça t’apprendra à te foutre de moi, canadien !
Une minute… Il matait vraiment mes fesses ?
Un silence s’installe. Je ne sais pas quoi lui dire. Réfléchis… On dirait deux abrutis… Mais il a maté mes fesses.
« J’ai nettoyé la tombe de mes parents. »
Bravo Seamus. C’est hyper joyeux comme sujet. Sur l’échelle du gros blaireau, tu atteins au moins le onzième barreau.
Je veux une rupture d’anévrisme….
« C’est une bonne chose. »
Mais pourquoi il n’engage pas la conversation, lui ? Bon, je ne dis rien jusqu’à ce qu’il dise un truc. Je dois me donner une contenance… Je vais mettre mes chaussettes ! Merde, il ne dit toujours rien. Ah, ah, heureusement j’ai aussi des chaussures. Pourquoi il les fixe comme ça ? Elles sont normales : c’est des converses.
« Je savais pas que ça existait en vert pomme avec des trèfles. »
« J’en ai acheté des blanches et j’ai jeté un sort. »
« Oh… Ca fait très … Très… »
« Irlandais ? »
« Oui, aussi… »
Comment ça oui aussi ? Alors ça fait très quoi ?
« T’as un problème avec mes godasses ? »
« Non, non… »
Il est pris d’un fou rire. Je vais lui faire bouffer ses dents.
« Ne te moque pas… »
Il passe sa main dans mes cheveux.
« Tu es toujours aussi mignon… »
Il est mort. Je lui flanque un coup dans le plexus solaire.
« Oh, la ferme. Foutu pervers…On descend ? »
Il reprend difficilement son souffle.
« Oui.. »
Alors que je passe la porte, il m’attrape le bras.
« Seamus… Je suis vraiment content de te revoir. »
Je lui souris gentiment.
« Je n’irai pas à la piscine avec toi… »
Il me frappe l’arrière du crâne.
« Je suis sérieux. »
« Mais moi aussi. » Je rétorque en ricanant.
Il s’humecte les lèvres.
« Tu m’as manqué, tu sais.. »
Je me sens heureux. Stupidement heureux. Nos regards se croisent…
« Vous allez vous faire des bisous ? »
Je fais un bond de quinze mètres.
« Lara ?! »
Sale gamine.
« Non… On allait pas se faire de bisous. Où tu vas chercher ça. »
Elle grimace.
« Mais quand papa et maman se regardent comme ça, après ils s’embrassent. »
Je hais les enfants. Je veux disparaître.
« On n’allait pas s’embrasser ! »
Pourquoi je rougis ? On n’allait pas le faire ! Ca ne m’a absolument pas traversé l’esprit. Pas du tout. Jamais.
« Si tu le dis… Ton amie est arrivée. »
Lara redescend les escaliers en trombe et je me retrouve seul avec Dean.
« Hum. Je dois descendre. »
« Qui est arrivé ? »
C’est moi ou il fait la gueule ?
« Ide. Elle travaille avec moi au bar. Lee veut sortir avec. »
Je ne sais pas pourquoi j’ai précisé ça.
« Tu la connais depuis longtemps ? »
« Je l’ai rencontrée à un match de Kenmare, avant POudlard. »
Il sourit.
« C’est une amie d’enfance ? »
Je n’y avais jamais songé.
« Oui… Oui, je pense qu’on peut dire cela. »
Il s’engage dans l’escalier.
« Qu’est ce que tu attends, blondinette ? »
Je réponds à son sourire.
« Négro… Tu sais, ça m’a manqué de ne plus pouvoir sortir des insultes racistes. »
Il approuve d’un mouvement de tête.
« Les blagues sur les blondes vont retrouver toutes leurs saveurs. »
« Je ne suis pas une blonde. »
Il tapote mon épaule.
« Excuse-moi…. Ma petite blonde… »
« Canadien ! »
« Harp…. »
Ma main obstrue sa bouche avant qu’il ne lâche la fin du mot.
« On vous dérange ? »
Harry semble bien s’amuser. Ron grimace par contre…
« Rien, c’est l’autre nègre qui ne sait pas rester à sa place. »
Pour toute réponse, Dean me mord la main.
« Moi manger homme blanc ! »
Je me dégage de sa prise en riant.
« C’est même pas la peine d’essayer, Dean Thomas. Je suis trop bon pour toi. »
Je dévale les escaliers pour rejoindre Harry.
« C’est trop choupinet, tes chaussures. »
Attention, atomisation du Survivant dans 4… 3… 2…1…
« Ecoute-moi bien Potter, si tu ne veux pas que ta femme sache que tu caches des magazines pornos dans ton grenier, tu as intérêt à la fermer. »
Harry a l’air de trouver mes chaussures beaucoup moins « choupinettes ».
« Mais… Pas du tout… Humm… »
« Mes affaires étaient stockées dans ton grenier. N’essaye même pas t’inventer un bobard… »
Il baisse la tête lamentablement et part en direction du salon. Ron lui tapote le dos en maugréant un truc du genre « Ca reviendra après la grossesse, vous recommencerez… ». York. Super glauque.
« Tu es méchant… » soupire Dean.
Je ricane.
« Je pourrais faire fortune en vendant cette info à la presse people… »
Dean glousse et nous rentrons dans le salon. Je suis soulagé qu’il soit là aujourd’hui. Je dois annoncer à tout le monde pour Kenmare et savoir qu’il est de mon côté me rassure. J’espère que tout ira bien.
J'espère que cela vous a plu ...
Blue Cinnamon
J’ai encore dû couper cette foutue histoire en morceau car le chapitre était super long. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis totalement inspirée par ce one shot. Merci à toutes les personnes qui ont reviewé (je réponds ce soir et pour les anonymes ou sans adresse mail c’est sur mon blog, cf mon profile ffnet).
Sinon petit cadeau.
L’ébauche du prochain chapitre D’un point de vue à l’autre va être postée sur mon blog ce soir également…
J’espère pouvoir poster bientôt.
(12) Citation de Samuel Beckett, écrivain, poète et dramaturge irlandais.
(13) soliste
(14) Qu’est ce qui ne va pas ?
(15) Merde
(16) Hors de question !
(17) qu'est-ce que tu veux ?
(18) Hé oui ! C’est les euros en Irlande alors qu’en Angleterre c’est la livre sterling (j’ai toujours du mal pour calculer combien coûte les choses à cause de cela Oo).
(19) je dois partir
(20) capotes
(21) Va te faire foutre !
(22) Une féministe anarchiste individualiste. On peut dire que Seamus a dû pas mal traumatiser la pauvre Emily XD
(23) La harpe celtique se joue sur le genou (position debout, hein !) ou alors sur sur une chaise selon la taille et le nombre de cordes. Seamus joue de « l’ancien manière ».
(24) En fait, c’est une chanson sur la drogue : le type raconte que lorsqu’il se shoot, sa journée est parfaite, il a l’impression d’être un type bien et il oublie ses problèmes. Le père de Seamus la chante d’une autre façon. Comme la drogue n’est pas évoquée de manière explicite (mais bon Lou Reed a l’époque du Velvet avait d’autres préoccupations que se balader au parc avec sa copine ou emmener un gosse au zoo… c’était plutôt héroine et tout le reste..), la fausse impression qu’on peut avoir de cette chanson est assez troublante. Quand on ne sait pas le sous-entendu, c’est plutôt une chanson sur un type qui a pas forcément bien réussi et qui passe un dimanche avec son gosse. La journée parfaite de sa semaine de merde. … Ouais le père de Seamus est super fan de rock and roll (je rappelle qu’ il a appelé son fils comme le chien des Pink Floyd »).
(25) C’est de l’humour, bien sûr.