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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Le temps d'une année

nadwen
Author of 5 Stories

Rated: M - French - Romance/General - Harry P. & Remus L. - Reviews: 85 - Updated: 06-29-09 - Published: 12-08-07 - id:3934614

Coucou, euh, tout d’abord désolée pour le temps mis depuis mon dernier chapitre mais bon la plupart savent ici, que ce n’est pas toujours facile d’écrire et là, jusqu’à novembre, cela risque d’être difficile mais bon je vais continuer autant que possible (pour l’instant sur l’héritier).

Par contre pour ceux (celles) qui ne s’en souviennent plus, Harry et Remus se retrouvaient invités à la même soirée alors qu’aucun des deux ne le souhaitaient vraiment. Comment va réagir le brun survolté ? Et les autres ?

N.B. j’ai séparé en deux temps pour le déroulement de la soirée sinon le chapitre aurait été trop long…

Bonne lecture et à bientôt…

Chapitre 6 : Une soirée mouvementée (première partie)

Une partie des convives avait pu profiter de l’énervement de Potter mais le gamin hargneux ne s’en démonta pas pour autant et sans attendre la moindre réponse de la part de Sirius, s’avança directement vers l’hôte de ce lieu. Son sourire était des plus goguenards. Il tendit la main vers l’homme qu’il ne connaissait absolument pas.

« M. Pettigrow ?

- Exactement, mon petit.

- Enchanté, lança le brun ironique.

- Dieu, si je m’attendais à ça. Comme tu ressembles à James, j’ai l’impression d’être revenu vingt ans en arrière.

- Ce n’est qu’une impression, je vous rassure. »

Peter Pettigrow rit grassement au sarcasme du gamin.

« Apparemment, tu as hérité de l’incroyable sens de l’humour de ton père. »

Légèrement embarrassé, Sirius répondit juste avant qu’Harry ne dise un nouveau propos blessant.

« Tu as tout à fait raison, Peter… J’ai eu la même impression que toi, lorsque j’ai parlé à Harry pour la première fois. »

Harry ne prêta aucune attention à son tuteur et regarda son professeur :

« Et, vous, Professeur Lupin, comment qualifieriez-vous mon sens de l’humour ? De ravageur, de caustique, d’ironique, de sarcastique ou encore un mélange de tout cela ? En tant que Professeur de Littérature, vous êtes le plus à même de répondre. »

Fleur et Peter, surpris, avaient ouvert de grands yeux à cette dernière réplique.

« A ce que je vois aucun des deux autres n’a eu le temps de vous l’annoncer. Par un hasard des plus incroyables ou des plus regrettables, M. Lupin est mon Professeur de Littérature.

- Effectivement, quel étrange hasard, répondit toujours aussi allègre le directeur du cabinet. »

Si Sirius était affligé par les propos et l’attitude d’Harry, ce n’était absolument pas le cas de Peter qui avait le sourire aux lèvres. Sirius se demandait si tout ceci n’était pas simplement lié au fait que Remus soit venu en compagnie de la jeune Fleur Delacour. L’avocat n’eut pas le temps d’approfondir sa pensée, il fut interrompu par Peter qui claqua des doigts et héla alors un pauvre serveur qui passait par là.

« Vous ! Apportez donc votre plateau ici. »

Un jeune homme aux cheveux blonds courut aussitôt à leur rencontre. Il se baissa, légèrement guindé, laissant les coupes de champagne bien en vue.

« Sers-toi, Harry. »

Le jeune homme n’avait aucunement l’intention de demander la permission à Sirius mais il le regarda assez étonné.

« Voyons, Sirius, tu ne vas pas l’empêcher de boire de l’alcool à son âge, surtout toi. Et vous, non plus M. Le Professeur ?

- Cela ne me concerne aucunement du moment que M. Potter ne s’apprête pas à suivre l’un de mes cours, il peut boire tout son soul. »

Harry vexé par le si peu d’attention que semblait lui prêter Remus prit une coupe et l’avala d’une traite avant de s’en servir une seconde.

« N’abuse pas trop Harry, souffla Sirius.

- Ce n’est pas bien méchant. Et puis, comme a dit M. Pettigrow, je pense que tu es mal placé pour me dire quoi que ce soit à ce propos. Je ne doute pas que les maraudeurs ont dû faire pire, bien pire à l’époque…

- Votre tuteur a raison, M. Potter ! ne résista pas Remus.

- Tiens, je croyais que vous n’en aviez rien à faire tant que je ne suis pas bourré en cours.

- Effectivement, cela ne me concerne pas mais il serait dommage que M. Black doive écourter sa soirée par votre seule bêtise, en étant par exemple obligé de vous ramener, pour ébriété !

- Hum, hum, toussa Pettigrow, ne nous fâchons pas pour si peu. Nous sommes tous ici pour fêter d’heureux événements, le retour de ce cher Sirius qui a réussi également à obtenir la garde d’Harry et la venue en Angleterre de notre talentueuse Fleur. »

Sans plus de cérémonie, l’homme attrapa la main de la jeune fille et lui fit un baisemain qui fit rougir la jolie française. Harry était pour sa part écœuré du spectacle qui lui faisait face mais il se contenta de lever les yeux au ciel. Charlie en avait pour sa part déjà plus qu’assez de ce spectacle, il se racla la gorge légèrement avant de s’adresser de son ton le plus respectueux à son patron.

« Peter, excusez-moi mais ne serait-il pas temps de commencer le repas ? Tous les convives ont l’air déjà présents. »

Pettigrow se retourna vers son subordonné, légèrement surpris et héla son maître d’hôtel qui se tenait près de la porte :

« Sebastian ! Sebastian ! »

Le dénommé Sebastian s’avança d’un pas raide, en direction du petit groupe.

« Monsieur ?

- Charles doit commencer à avoir faim et il m’a fait remarquer que la plupart des convives doivent être arrivés. Est-ce exact ?

- Seuls manquent M. Flitwick qui a annulé, il a eu un empêchement de dernière minute et vous prie de l’en excuser et M. Malefoy qui vient de téléphoner, il risque d’arriver un peu en retard.

- Ah, merci Sebastian. Que ferais-je sans vous ? »

Harry à l’écoute des deux hommes regarda d’un œil mauvais son tuteur. Il venait d’avoir la preuve que c’était possible d’inventer une excuse quelconque pour ne pas assister à cette soirée si ennuyeuse.

Le directeur du cabinet qui serrait toujours la main de sa jeune protégée, finit après quelques secondes par abonder dans le sens de son employé.

« Eh bien soit, Charles. Que les festivités commencent ! Drago pourra bien rattraper le retard. »

Il se frotta les mains et harangua alors de sa voix grave l’ensemble des invités.

« Mes amis, mes amis. Comme m’a fait judicieusement remarqué notre très cher Charlie, il est l’heure de passer aux choses sérieuses et d’aller se sustenter. »

Les différents serveurs se stoppèrent instantanément et s’écartèrent élégamment. Les convives suivirent très facilement Peter, abandonnant leur discussion en cours. Harry, lui, regarda avec consternation tous ces soi-disant adultes qui obéissaient aussi facilement à leur employeur, cessant toute activité seulement pour lui faire plaisir. Sirius lui souffla discrètement :

« Harry, je te le redemande, ne fais pas d’esclandre ce soir.

- Comme si c’était mon intention… nargua Harry.

- Je ne plaisante pas, Harry. Tout d’abord, n’agresse pas M. Lupin à la moindre occasion. Il est tout comme toi, un simple invité, alors évite de t’énerver.

- Comme s’il était important, je me fiche totalement de ce crétin.

- HARRY ! Qu’est-ce que je viens de dire !

- Très bien ! Très bien ! J’ai compris. Pas de méchanceté à propos de Lupin. Et Pettigrow, je peux ?

- Je sais ce que tu te dis mais Peter n’est pas aussi rustre qu’il en a l’air. C’est l’un des meilleurs avocats anglais, il a construit seul, petit à petit son cabinet qui est devenu à présent incontournable.

- Si tu le dis, tu as probablement raison. Moi, en tout cas, je vois surtout un vieux beau sur le retour qui tente par tous les moyens de diriger les autres, comme embaucher un ancien ami pour qu’il devienne son subordonné. Il est tout simplement écœurant.

- Harry ! »

Sirius regarda tout autour de lui, espérant que personne n’ait entendu le jugement à l’emporte-pièce d’Harry. Heureusement pour lui, ils étaient tous les deux légèrement en retrait et a priori personne ne les regardait d’un air choqué.

« Ne t’inquiète pas, Sirius. Qui, mis à part toi bien sûr, prêterait attention à un gamin de dix-sept ans avec un piercing au sourcil ? »

Harry avait à peine fini sa phrase qu’il remarqua que Remus Lupin l’observait du coin de l’œil. Le brun se demandait bien ce que le professeur imaginait mais il ne put le rejoindre, il fut en effet interrompu par Peter Pettigrow :

« Harry, Harry ! Voyons, reste à mes côtés, comme je l’ai dit, tu es au même titre que Fleur mon invité d’honneur. »

Le brun se rapprocha donc, poussé par Sirius avant que Peter Pettigrow ne reprenne.

« Ah ! C’est déjà mieux. Tu me sembles bien timide, Harry. J’ai pourtant, énormément de questions à te poser. Ce cher Sirius reste très secret à ton propos.

- Il a raison, je ne suis guère intéressant pour quelqu’un comme vous, aussi... poursuivit Harry, l’œil malin.

Sirius qui surveillait son cher pupille l’interrompit d’un léger raclement de gorge, ce qui provoqua l’hilarité de leur hôte.

« Voyons, Sirius, fais donc confiance aux autres, aussi bien à tes clients qu’à Harry, cela ne peut t’en être que bénéfique. Alors jeune homme, que suis-je donc ? »

Peter Pettigrow faisait face avec aplomb et une force insoupçonnée. Harry se sentit alors, légèrement décontenancé, il comprenait mieux la réussite du cabinet. Cet homme devait être un avocat hors pair, capable de faire dire aux gens le contraire de ce qu’ils pensaient et c’est ce que fit Harry.

« Je voulais dire d’aussi occupé.

- Ah, ah ! Bien rattrapé, jeune homme. Sirius, ton protégé ira loin dans la vie, je te promets. Harry, si tu te décides à suivre des études de droit, promis, je te réserve un poste dans mon cabinet. »

Il était difficile de deviner lequel des deux hommes avait été plus effrayée par cette possibilité, Harry qui préférerait mourir plutôt que de travailler avec tous ces requins ou Sirius qui imaginait déjà Harry insulter le juge et le traiter de tous les noms dès qu’il n’irait pas dans son sens. Les deux se contentèrent de secouer lamentablement la tête. Non, finalement, il ne valait mieux pas penser à de telles atrocités.

Tout ce petit monde se dirigeait à pas lent, vers la salle de réception. Harry avait fini par laisser partir le maître des lieux, toujours aussi attentif aux moindres paroles de la jolie française. Il tourna la tête en direction de son professeur qui avait l’air totalement ailleurs tel un insecte pris dans une toile d’araignée. Harry sourit à cette pensée. Quitte à passer la soirée avec des gens aussi orgueilleux et soporifiques, autant la rendre la plus agréable possible et se venger sur Lupin était indubitablement la meilleure des perspectives.

« Harry ! Harry ! »

La voix de Sirius l’avait rappelé aussitôt à l’ordre comme si l’adulte avait compris ce que l’adolescent mijotait.

« Quoi ?

- N’oublie pas ce que tu m’as promis !

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Ce petit sourire ne me dit absolument rien qu’y vaille. Je t’ai prévenu : Pas de scandale, ce soir ! Une soirée calme, c’est tout ce que je demande.

- Oh pauvre Sirius qui ne veut pas de remous… Pour qui passerait-il devant ses amis et collègues ? D’un incompétent incapable de maîtriser un gamin de dix-sept ans peut-être. Comme a dit Pettigrow, fais-moi confiance. Va donc retrouver tes chers collègues, continue donc cette discussion si palpitante sur le foot avec l’autre rouquin. »

Harry ne laissa même pas un droit de réponse à son tuteur, il lui fit un sourire diabolique et marcha droit en direction de Remus Lupin toujours autant délaissé par la jeune femme blonde.

« Alors, Professeur, vous n’êtes pas trop triste qu’elle préfère son chef à vos beaux yeux. »

Remus tourna son regard blasé vers l’adolescent.

« Monsieur Potter, cela m’aurait étonné que vous ne fassiez pas de vague et restiez bien calmement dans votre coin.

- Mais qu’est-ce que vous avez tous ce soir ? Comme si je pouvais rester bien sage alors que je vous sais ici, vous aussi ?

- Potter !

- Et puis vous avez l’air de vous emmerder si profondément, il faut dire que votre amie a l’air de très bien se porter sans vous. Je me suis donc porté volontaire et me dévoue pour vous tenir compagnie, vous devriez me remercier. Et je suis persuadé qu’au fond de vous, vous préférez la présence d’un mec, même la mienne à celle d’une petite blonde sans cervelle, il faut être réaliste.

- Ce n’est pas une blonde sans cervelle, c’est une brillante avocate.

- Vous êtes sûr que c’est pour son si remarquable CV que Pettigrow l’a recruté ou plutôt pour ses fesses qu’il reluque avec grand plaisir. »

Remus regarda le maître des lieux toujours aussi proche de sa jeune protégée qui riait à gorge déployée à la dernière blague de Pettigrow.

« Vous voyez bien que j’ai raison. »

Remus grommela pour toute réponse et ils furent heureusement arrêtés par Sirius.

« Il… Il ne vous dérange pas trop.

- Sirius, je t’ai déjà dit que je ne ferai pas de scandale… Je suis juste venu discuter gentiment avec mon professeur pour éviter qu’il ne s’ennuie. »

Au regard plus que sceptique que lui lança Sirius, Harry souffla bruyamment.

« JE NE MENS PAS !

- Est-ce bien le cas, M. Lupin ?

- Hum, hum, acquiesça le professeur. »

Ce n’était qu’un arrangement avec la vérité. Après tout, le gamin lui avait bien dit qu’il voulait seulement le distraire, même s’il y avait une marge à dire qu’ils discutaient ‘gentiment’. Pour être honnête, Remus ne voulait pas provoquer encore plus de colère et d’incompréhension alors que la soirée n’était même pas encore commencée. Harry sourit malicieusement, il se doutait de toute façon de la réponse de Lupin. Comment le gentil professeur qui se veut si proche de ses élèves aurait pu dire autre chose ? Il sait si bien se contrôler mais ce soir, Harry réussirait à le pousser à bout. Alors qu’il s’apprêtait à réattaquer, il fut une nouvelle fois interrompu, ils venaient enfin de parvenir dans la salle à manger, une magnifique table était dressée :

« Nous y sommes enfin, tonna Peter. Bon, alors, Harry, tu vas t’asseoir à mes côtés, j’ai hâte de découvrir les petits secrets de Sirius.

- Si vous voulez mais je connais surtout des secrets au sujet de M. Lupin, Sirius est une énigme pour moi aussi. »

Fleur et Charlie levèrent leurs sourcils, attentifs. Si la jeune femme était visiblement curieuse d’entendre des histoires croustillantes à propos de cet homme si charmant, le cadet de la famille Weasley lui semblait légèrement plus inquiet. Qu’est-ce que ce gamin aussi incontrôlable pouvait bien connaître ? Il espérait juste que cela ne ferait ni tort à Remus, ni à Bill.

« Tiens donc. répondit l’hôte, les yeux illuminés par l’intérêt. Donc pas de discussion, tu te placeras à ma droite. Après tout, tu es l’invité le plus important de cette soirée. Et vous, Fleur, je ne veux pas me priver de votre vue. Me feriez-vous l’obligeance de vous installer face à moi?

- Bien sûr, Peter. »

Fleur s’exécuta aussitôt avec grâce et élégance

« Evidemment, pour que le tableau soit parfait, M. Lupin, prenez place en face de votre élève adoré. Ah ! Ah ! Ah ! »

Seul, Pettigrow avait ri à sa mauvaise plaisanterie. Remus accepta sans s’y opposer. Après tout, il était tout naturel qu’il se retrouve aux côtés de Fleur, il ne pensait juste pas être à une telle place d’honneur et il devait reconnaître qu’il ne le souhaitait pas non plus. Tous les autres prirent naturellement place par la suite, Sirius s’installa à côté d’Harry, il avait bien trop peur que son filleul ne fasse ou plutôt dise des bêtises pour s’éloigner ne serait-ce que de quelques mètres. Remus sentait le regard froid et calculateur de son élève le surveiller, il ne pouvait prêter attention aux autres alors qu’il devait affronter une telle animosité. Il n’écoutait pas Sirius qui parlait avec Charlie de sa rencontre avec son frère plus tôt, dans l’après-midi. Un jeune serveur blond lui tendit un plateau de caviar :

« Monsieur, Monsieur…

Oh, pardon, vous voulez ?

Désirez-vous une lampée de caviar ?

Euh… Oui, merci mais vraiment juste un peu.

Comme vous voudrez… »

Alors qu’un autre serveur qui devait être guère plus âgé qu’Harry faisait de même de l’autre côte de la table, le brun soupira bruyamment et reprit les hostilités :

« Le service est à votre goût, je suppose. Vu votre statut de simple professeur, vous ne devez pas avoir l’habitude d’être servi avec une telle déférence.

- Vous avez parfaitement raison, Monsieur Potter, les professeurs n’ont généralement pas les moyens de se faire ainsi servir et si je n’avais pas été invité par Fleur, je crois bien que jamais je n’aurai pu manger dans un tel lieu, avec un tel faste.

- C’est donc pour ça que vous avez accepté son invitation. Je me doutais bien que ce ne pouvait être car vous partagez une relation sérieuse avec une femme.

- Harry ! reprit aussitôt Sirius.

- Je ne dis que la vérité, tout le monde à Poudlard sait bien que le divorce entre Monsieur et Madame Lupin est encore très récent. Mademoiselle Delacour, je vous plains, vous risquez d’attendre très longtemps qu’il veuille bien de vous. Je serais à votre place, je regarderai ailleurs… Parfois, même sans s’en rendre compte, l’amour idéal se trouve juste en face, enfin du moins, si on cherche plus l’argent et le pouvoir que l’amour avec un grand ‘A’. »

Sirius asséna un léger coup de coude dans les côtes de son filleul pour le faire taire.

« Fleur, pardonne-lui, il ne se rend pas compte des énormités qu’il peut sortir.

- Oh mais si, Sirius, continua Harry piqué au vif. Je ne le dis que pour l’aider, imagine qu’elle ne soit absolument pas le style de M. Lupin, je ne voudrais pas qu’elle perde son temps inutilement.

- Jeune homme, il me semble que c’est à moi de choisir, je n’ai aucunement besoin de l’aide d’un quelconque gamin.

- Oh mais vous êtes capables de réfléchir, vous n’êtes pas seulement là pour faire jolie.

- Harry !

- Potter ! »

Il eut été difficile de savoir lequel entre Sirius, Remus et Charlie avait parlé le plus fort.

« Retire immédiatement ce que tu viens de dire.

- Pourquoi ? Je ne fais qu’exprimer tout haut, ce que tout le monde pense tout bas, même Lupin a dû en arriver à cette conclusion, c’est dire. »

Si Sirius était affligé, Peter lui souriait assez cruellement, il adorait lorsque ses soirées s’envenimaient. Les avocats avaient l’habitude de se battre dans un tribunal comme des fauves et il n’avait quoi qu’en pense le fils de James pas pris Fleur sous son aile seulement pour son physique. C’était une bretteuse hors pair et il n’avait qu’une hâte assister à ce combat des plus prometteurs.

« Remus est peut-être votre professeur et pour cette raison, il ne peut pas dire le fond de sa pensée. Mais contrairement à lui, je n’ai rien qui m’en empêche. Et désolée de vous décevoir mais une jolie femme n’est pas forcément idiote. J’ai travaillé tout autant, si ce n’est plus que la plupart des gens réunis ici ce soir et je ne laisserai personne dire le contraire et encore moins un simple lycéen qui croit que la provocation est un mode de vie.

- Harry, Fleur vient de remporter le premier round. Je veux bien t’engager mais il va falloir que tu apprennes les règles de l’art dans le domaine de la plaidoirie. En effet, l’attaque ne sert à rien, si elle est trop directe car le jury ou le juge risquent de préférer l’autre camp, d’autant plus si les arguments utilisés ne sont pas des plus pertinents. »

Cette réplique eut le mérite de laisser coi Harry qui préférait se taire plutôt que de converser avec des gens pareils. Si la plupart des invités ne prêtaient guère attention à ce qu’il se passait, se contentant de manger avec entrain et bon appétit le délicieux repas, aux places d’honneur, l’humeur était plutôt morose, et notamment, Harry et Remus qui se regardaient silencieusement, comme lors de leur cours particulier. Ils allaient commencer la seconde entrée, une soupe de poisson, lorsque Sebastian parla à voix basse de sorte que seul Pettigrow puisse entendre. Le directeur du cabinet fit de grands gestes.

« Je n’y vois aucun problème, Sebastian, qu’il entre. Il n’est pas encore trop tard, l’entrée n’est même pas encore finie. »

Le majordome disparut aussitôt avant de revenir, accompagné d’un homme blond, élégant et distingué, qui ne devait guère avoir plus de vingt-cinq ans.

« Drago, vous voilà enfin, parmi nous. »

Le blond souriait, ses dents blanches étincelaient littéralement. Il paraissait sûr de lui et de son bon droit.

« Excusez mon retard, Peter mais j’ai eu un léger contretemps. La personne qui devait m’accompagner a annulé au dernier moment.

- Je vois, petite dispute de couple.

- Je ne crains que ce soit plus grave que cela mais tant pis. »

Cette réplique provoqua le rire gras de Pettigrow. Harry, lui, se dit qu’effectivement, le jeune homme n’avait vraiment pas l’air des plus tristes.

« D’ailleurs, poursuivit Malefoy, où se cache donc le pourquoi de cette soirée ?

- Voyons Drago, ouvrez les yeux, il s’agit de ce jeune homme. »

Peter posa sa main sur l’épaule d’Harry qui n’en demandait pas autant.

« Voici donc M. Harry Potter. Harry Potter, voici l’un de nos plus prometteurs avocats pénalistes, Monsieur Drago Malefoy, futur Sir Malefoy.

- Harry, enchanté. »

Le blond tendit une main chaleureuse, en direction du lycéen qui répondit mollement.

« Drago, vous connaissez la plupart des autres convives. »

Alors que Drago jetait un rapide coup d’œil, Peter rit de nouveau.

« Suis-je idiot, j’oubliais l’autre clou de la soirée, M. Lupin, invité par notre chère Fleur. »

Remus qui n’avait que peu prêté attention à l’arrivée du retardataire leva la tête en direction de l’hôte à l’entente de son nom, légèrement anxieux mais fort heureusement, avant que Peter ne rajoute quoi que ce soit, Malefoy commença.

« M. Lupin, ravi de vous rencontrer.

- Moi de même, M. Malefoy.

- Attendez Drago, je n’ai pas fini, il y a quelque chose que je dois vous dire. M. Lupin n’est autre que professeur de son état.

- Et ? reprit Drago, les yeux plissés

- Et, Harry est son étudiant et cela a créé quelques situations particulières depuis le début de cette soirée, dirons-nous.

- Pourquoi il n’est pas bon enseignant ? demanda Drago, toujours aussi souriant.

- A vrai dire, même si ça me fait mal de le reconnaître, ce n’est peut-être pas le pire, vu le niveau pitoyable des autres. Il y en a un qui tient plus de la chauve-souris que de l’être humain normal, une dépressive chronique et enfin un débile congénital.

- Ma foi, effectivement, cela doit former une jolie petite troupe. »

Le blond riait joyeusement à sa petite plaisanterie, suivi de près par Pettigrow, il ignorait volontairement le regard assassin et offusqué que lui jetaient Charlie, Sirius et en tout premier lieu Remus.

« M. Potter n’est pas très juste, l’ensemble de l’équipe professorale de Poudlard est des plus compétentes.

- Même votre ex-femme ?

- Nymphadora, malgré notre séparation est une personne que je respecte beaucoup et c’est une très bonne enseignante.

- Elle serait ravie d’apprendre que vous lui trouvez une qualité, je ne suis pas persuadé que ce soit réciproque par contre.

- Effectivement, je comprends mieux, Peter, quand vous parlez de clou de la soirée. Le combat professeur versus élève donne une saveur toute particulière pour l’une de vos soirées. Avez-vous ouvert les paris pour deviner qui l’emportera ?

- Non, pas encore mais c’est une idée qui demande réflexion.

- Moi, je mise tout sur Harry et sa fougue à n’en pas douter. Jeune homme, veillez à ne pas me décevoir. »

Sirius et Charlie n’appréciaient visiblement que très modérément la tournure des événements. Ils craignaient encore plus la réaction d’Harry s’il était poussé par Peter ou Malefoy. Ils ne purent toutefois intervenir, Remus toujours aussi calme répondit au blond fraîchement arrivé :

« Jusqu’à présent, il n’a jamais réussi à gagner. Bien sûr, si par gagner, vous sous-entendez me mettre hors de moi, je crains que ce ne soit pareil cette fois-ci.

- En êtes-vous aussi persuadé, M. Le Professeur ? »

Harry avait volontairement accentué le dernier mot, il lui sourit d’un air mauvais tandis qu’il portait sa fourchette à la bouche.

« Brrr, la tension est à son comble et dire que je vais devoir rejoindre ma place sans connaître le fin mot de cette histoire qui me semble des plus palpitantes, se plaignit le jeune avocat.

- Voyons, au diable la bienséance, mon cher, si on fait un léger effort, je suis sûr qu’il y a moyen de vous installer ici même, entre Harry et votre humble serviteur, vous serez aux premières loges.

- J’en serai plus que ravi et flatté. Me retrouver auprès des héros de la soirée, moi, un simple avocat fraîchement diplômé, ce n’est que trop d’honneur.

- Et bien soit. Sebastian ?

- Oui, monsieur. »

Le maître d’hôtel était resté tout au long de la conversation à côté de Drago et devinait par avance ce que Pettigrow allait lui demander.

« Sebastian, serait-il possible de rajouter un couvert ici, entre Harry et moi ? Drago ne semble guère désireux de se retrouver à l’opposé, auprès de M. et Mme Nott.

- Bien, monsieur. »

Aussitôt, Sebastian appela deux serveurs qui malgré leur regard dubitatif, exécutèrent les ordres et allèrent chercher une chaise et les couverts délaissés jusqu’alors. Après les ajustements nécessaires, Drago prit finalement, assez facilement place.

« Vous allez pouvoir profiter du spectacle, nous n’avons plus qu’attendre la prochaine attaque d’Harry, chuchota Peter à l’oreille de Drago.

- Cela me paraît très prometteur mais à mon avis, Lupin n’a pas tort. Il ne va pas être facile pour votre protégé de remporter une victoire et je crois qu’il va falloir l’aider un peu. »

Drago avait répondu sur le même ton bas. Seul, Pettigrow avait profité de ce petit commentaire, il se demanda bien ce que voulait dire mais il n’insista pas, il voulait laisser agir le maître. Drago lui observait Harry et Remus manger silencieusement, presque religieusement, en opposition totale avec le brouhaha général, qui régnait dans la salle. Lorsque l’adolescent se tourna et le dévisagea, il lui fit un signe discret. Il l’aiderait à remporter une victoire éclatante comme tout bon avocat défendant un client et il verrait bien ce qu’il pourrait obtenir en échange de ce service de la part de ce gamin si intéressant.

A suivre…


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