Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Chambre 1

Noan
Author of 99 Stories

Rated: K+ - French - Romance/General - Draco M. & Harry P. - Reviews: 11 - Published: 12-08-07 - Complete - id:3934758

Voici le 1er opus d'un nouvel arc!!

A chaque Os, un couple différent et pas forcement sur Hp.

Disclamer: Rien est à moi, sauf Noa et Sephren. Toute ressemblance avec XXXHolic est voulue !!!

Résumé: Bienvenue à vous au Manoir des Rêves!! Ici, la maîtresse de maison saura voir au fond de votre cœur et exaucer ce rêve que vous croyez irréalisable... Laissez-vous emporter par la magie du lieu...

Bienvenue au Manoir des Rêves !!

Vous qui entrez dans cette auguste demeure, vous passez, sans le savoir, dans un autre monde. Plus tout à fait celui des hommes, ni tout à fait celui des sorciers.

Comme une autre dimension.

Et seuls ceux qui ont un rêve…

Oh pas n’importe lequel, non, un de ces rêves qui vous hante, qui vous poursuit sans relâche jusqu’à que vous puissiez le réaliser, de ces rêves qui, malheureusement, ne se concrétisent jamais car vous avez déjà perdu espoir de le voir devenir un jour réalité.

Seuls ceux qui ont ce genre de rêves qui dort au creux de leur cœur entrent ici même.

Pour eux, l’endroit est un beau manoir du XIXème siècle, aux allures de château anglais victorien , à la façade rose pâle et aux moulures de pierres brutes, entouré d’un magnifique jardin où les chênes centenaires offrent au promeneur la fraîcheur de leur ombre, où les fleurs sauvages embaument l’air, flattant avec délice les nez les plus fins, où la nature entière s’évertue à être le plus agréable à l’âme perdue qui déambule en son sein.

Pour les autres, il n’est qu’une vaste ruine sans attrait au beau milieu d’un terrain abandonné aux mauvaises herbes et dont les ronces, de gros buissons de bien deux mètres de haut en barrent l’accès.

Et sur ce petit bout de monde règne une femme, la maîtresse des lieux, la châtelaine de cette étrange de bâtisse reconvertie en hôtel pour âmes égarées : Noa Löwe.

Noa Löwe est aussi étrange que sa demeure.

Un petit bout de femme aux cheveux gris argentés et aux yeux vert pâle. Un joli minois aux yeux bridés et à la peau étonnement pâle à qui l’on donnerait 20 ans à peine.

Mais ne croyez pas que cela soit son âge car l’enchanteresse qui vit sur ces terres est immortelle. Elle pourrait vous raconter la disparition de l’Atlantide ou bien la chute de l’Empire romain ou encore la grandeur et la décadence de l’Empire maya.

Celle que ceux qu’elle a aidé nomme affectueusement « La Guérisseuse des Ames » porte en elle l’histoire du monde et pourtant, ce n’est pas pour cela qu’elle vous ouvre aujourd’hui les portes de sa maison.

Non, aujourd’hui, ce qu’elle souhaite juste, c’est raconter toutes les petites histoires qui se sont passées sous son toit.

Etes-vous prêts, messieurs, mesdames et mesdemoiselles à entrer dans ce monde ensorcelant et à écouter ces petites histoires faites de bonheurs simples et de beaux sentiments ?

Si oui, asseyez-vous confortablement et écoutez ce qui se cache derrière les portes du Manoir aux Rêves.

-

-

Chambre 1 : Le rêve d’Harry Potter.

-

-

Bien des années après avoir vaincu Voldemort et être devenu un Auror confirmé, Harry rentra chez lui en soupirant.

Certes, ce qu’il venait de vivre était en soi un moment merveilleux mais le vivre sans avoir personne avec qui le partager lui pesait.

Il revenait de l’hôpital où Hermione avait accouché de son deuxième enfant, un joli petit rouquin qui avait été prénommé Remus, en souvenir du maraudeur qui avait péri lors de la dernière bataille.

Voir le bonheur sur le visage de ses deux amis avait rempli le cœur d’Harry de joie mais celle-ci avait été vite ternie par un manque.

Celui de se tourner vers sa compagne ou compagnon, Harry n’était pas regardant quant au sexe de ses amours, et de partager ce doux moment.

Et voir autour de lui Luna et Seamus, Bill et Fleur, Mr et Mme Weasley, rayonnants de bonheur et partager cela à deux lui avait mis un coup au moral.

-

Une fois dans son appartement du Londres moldu, Harry s’affala dans son fauteuil et d’un simple geste de la main, alluma la cheminée et se servit un Whisky Pur Feu.

Un long moment, il resta à regarder danser les flammes dans l’âtre en se demandant ce qu’il avait mérité pour être seul.

Il avait une enfance difficile, une adolescence bousillée par un sorcier atteint de névrose narcissique qu’il avait dû tuer, perdu des amis chers, sa famille et en plus, il avait sauvé le monde !!

Pourquoi alors, était-il toujours aussi seul ?

N’avait-il pas, lui aussi, sa part de bonheur ?

Un lourd soupir s’échappa d’entre ses lèvres.

Il en avait marre de rentrer chaque soir dans cet appartement beaucoup trop grand pour une seule personne.

Il en avait marre des repas en « famille » où il était toujours le célibataire de la soirée.

Marre de ne pas être accompagné lors des sorties officielles…

Marre de ne pas avoir, lui aussi, quelqu’un à aimer et qui le lui rendrait.

Il ne désirait pas grand chose.

Non…

Juste quelqu’un qui l’accueillerait avec un sourire chaleureux quand il rentrerait, éreinté par une journée de labeur, des bras qui se pendraient à son cou et des lèvres qui viendraient poser un doux baiser sur sa bouche pour lui faire oublier sa journée.

Rien de plus… Et pourtant cela semblait le bout du monde.

Déprimé, il alla se coucher dans son grand lit vide et froid et laissa Morphée l’emmener loin de sa vie plate et insipide.

-

Le lendemain, dimanche, il reçut la visite de son amie Luna.

Sans qu’il ne s’en étonne, la jeune femme lui dit qu’elle était venue prendre de ses nouvelles, il avait semblé ne pas aller bien la veille.

Cette constatation arracha un sourire au pauvre Survivant qui l’invita évidemment à boire un thé.

Sous le regard certes un peu halluciné mais si doux de son amie, Harry ne put s’empêcher de lui raconter ce qu’il avait sur le cœur.

Luna ne sembla pas surprise et lui parla d’une rumeur qui voulait que dans le sud de la France se trouvait un endroit où une sorcière exauçait les rêves.

Harry rigola de la naïveté candide de la jeune femme qui n’en prit pas ombrage et le sujet fut abandonné au profit de la récente naissance du dernier des Weasley.

Aussitôt qu’elle fut partie, Harry repensa à cette histoire et, bien malgré lui, l’envie d’aller vérifier par lui-même, sait-on jamais, s’imposa à lui.

-

Pendant plusieurs jours, l’idée de partir pour le sud de la France tourna dans son esprit au point que 11 jours plus tard, il posait un congé sans solde d’une durée indéterminée.

Après tout, il pouvait se le permettre et cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas pris de vacances.

Dès que le grand jour arriva, Harry fit ses valises après avoir fait le tour de ses amis pour leur dire au revoir et surtout de ne pas s’inquiéter pour lui, et il partit, non sans avoir demandé à Luna dans quel coin du sud il devait aller.

-

Ce fut donc un beau matin de mars qu’il débarqua dans une petite bourgade sorcière du sud-ouest de la France, non loin de la ville d’Agen, affublée de ce drôle de nom, Gringus-sur-Garonne.

Harry découvrit un petit village pittoresque de la région, perché sur un promontoire rocheux avec une belle vue sur la vallée de la Garonne, d’où son nom d’ailleurs.

Les maisons étaient toutes faites de pierres blanches, du calcaire, et dont les colombages, de toutes les couleurs, donnaient un petit air, à la fois très médiéval et très… excentrique qui le fit sourire.

Le jeune sorcier s’installa à l’auberge du coin, « Aux chevreuils fourrés », une spécialité locale s’il avait bien compris l’argot occitan de l’aubergiste.

Une petite maison sans prétention où il trouva une petite chambre proprette et dont la fenêtre donnait sur l’incomparable panorama qu’offrait le village.

Bien sûr, il n’osa pas trop demander où il pourrait trouver l’endroit dont Luna lui avait parlé mais il se renseigna tout de même sur les habitudes des moldus du coin, histoire de ne pas faire de problèmes.

Sans trop de surprise, la serveuse, une jolie brune aux cheveux très longs typée espagnole lui répondit dans un parfait anglais que les gens d’ici n’étaient guère différents des anglais quoique un peu plus volubiles que leurs compatriotes du nord mais qu’en règle générale, c’était la même chose.

-

Le jeune homme profita de sa première journée pour faire le tour du coin, se baladant ça et là dans le village, découvrant avec étonnement que Honeyduck avait aussi une succursale ici et que, bien sûr, il n’était pas un étranger dans le coin.

S’il avait tout fait pour passer inaperçu, les gros titres de la Gazette du Sorcier, eux, étalaient son nom en première page.

Il ne prit même pas le temps de lire ce qu’ils disaient et finit par pousser sa balade jusqu’au bord du fleuve.

Le soir venu, il demanda à la jolie serveuse comment il pouvait se rendre à Agen sans éveiller trop de soupçon. Transplaner dans une ville qu’il ne connaissait pas risquait de le faire atterrir en plein milieu d’un magasin bondé.

La jeune sorcière lui répondit qu’il y avait un portoloin pour ce genre de demande et qu’il fonctionnait tous les jours, à la même heure, 10h38, et qu’elle serait ravie de venir elle-même le prévenir quand ce serait l’heure du départ.

Harry la remercia et monta se coucher après avoir mangé du fameux chevreuil fourré à il ne savait trop quoi mais qui était tout de même délicieux, accompagné d’un vin moldu du coin.

-

Le lendemain, comme promis la veille, Maria, la serveuse, vint le chercher dans la salle où il finissait son petit déjeuner.

Il y avait avec lui une famille de sorciers qui tenait dans leurs mains un bout de carte routière qu’il attrapa lui aussi et dès que l’horloge sonna 10h38, il fut aspiré par le nombril.

Par Merlin qu’il avait horreur de cette sensation mais au moins, il arriva dans une toute petite ruelle du vieux quartier d’Agen. Il fit un signe de tête à la famille puis partit de son côté.

Très vite, il trouva une grande avenue avec son enfilade de magasins.

Soucieux de ne pas se perdre dans la ville, il chercha, en priorité, une librairie où il chercha une carte détaillée de la ville et de la région.

Tout en cherchant, il tomba sur un ouvrage qui recensait les châteaux, fort nombreux, du coin et se dit que cela pourrait peut-être l’aider dans sa recherche.

Ses achats faits, il ressortit du magasin cherchant des yeux un café où il pourrait s’installer pour découvrir son livre. A une dizaine de mètres sur sa gauche, un café lui ouvrait les bras.

Sans attendre, il s’y rendit et s’installa à la terrasse, sur une petite place au cœur de la ville. Après avoir commandé un chocolat chaud, il ouvrit le livre sur les châteaux.

Harry découvrit, à la fois ravi et désespéré, le nombre incroyable de châteaux et de places fortes qui jalonnaient les environs.

Ravi par leur beauté et l’envie de se plonger dans l’histoire du coin qui semblait tumultueuse et désespéré par le nombre.

Luna lui avait dit que selon la légende, l’endroit était un vieux château en ruine qui se transformait en un magnifique domaine si l’on avait la chance d’avoir le droit d’y pénétrer.

Et le nombre de châteaux en ruine était effrayant.

Le 1er qu’il découvrit en feuilletant les pages fut le château féodal de Bonaguil, partiellement en ruine.

Tout en buvant son chocolat, il lut avec avidité l’article qui suivait une magnifique photo de l’endroit.

Immédiatement séduit par l’imposant ouvrage, Harry se promit d’y aller faire un tour dès le lendemain.

Il continua de feuilleter le bouquin mais rien n’éveilla son intérêt.

Aussi le posa-t-il sur la table et il déplia la carte de la région.

Il mit quelques minutes à trouver le petit village de Bonaguil et s’intéressa à l’itinéraire qu’il devait emprunter.

Sur la route, seuls quelques villages étaient mentionnés et puisqu’il était en vacances, il allait profiter du paysage en louant une voiture.

Fort de ce projet d’excursion, il laissa quelques euros sur la table pour payer son chocolat et s’en alla, tranquillement, à la recherche d’une agence de location.

Toute à sa recherche, il n’en regardait pas moins tout autour de lui, découvrant l’architecture bourgeoise de la ville.

Quelques rues plus loin, il trouva son bonheur.

Fort de son permis de conduire moldu qu’il se félicita d’avoir passé ainsi que de sa carte Gold, il entra, fit le nécessaire pour avoir une voiture à disposition le lendemain matin et ce, pour une semaine.

Ainsi fait, il continua à se promener jusqu’au déjeuner, apprenant un peu l’histoire de la ville grâce aux panneaux installés aux endroits stratégiques de la ville par les bons soins de la Mairie pour les touristes.

Sur les coups de 12h30, il entra d’un petit restaurant où il fut accueilli chaleureusement.

Il commanda des plats du terroir en commençant par une salade périgourdine suivie d’un magret de canard aux cèpes.

Décidément, il appréciait de plus en plus la cuisine française.

Il finit par un cabecou au miel et se permit un pruneau à l’eau de vie en guise de digestif.

Il se promit d’en acheter, Ron aimerait sûrement.

Quand il eut le ventre plein, il retourna à Gringus-sur-Garonne où il passa le reste de la journée à lire l’histoire des bastides de la Vallée du Lot.

-

Le lendemain, il n’eut pas besoin de portoloin et transplana dans la même ruelle que la veille après un solide petit déjeuner, à 9h tapante.

Il prit possession de la voiture et après avoir demandé au jeune homme qui lui avait remis les clés par où il devait aller pour sortir de la ville, Harry s’assit au volant de la Golf louée et s’en fuit hors de la ville en direction de Bonaguil.

Après quelques kilomètres dans la banlieue agenaise, il se retrouva en campagne et sous le charme du paysage, Harry fut très content de ne pas avoir utilisé de moyens sorciers pour se rendre à destination.

Les environs étaient magnifiques, tantôt des champs, tantôt un petit bois, le tout illuminé par le soleil printanier.

Cela valait bien de perdre une petite heure pour admirer.

Après une demi-heure de route, il passa au pied d’une citadelle perchée sur une falaise.

Il reconnut immédiatement une des places fortes décrites dans le livre acheté la veille : Tournon d’Agenais.

Il se dit que cela serait sympa de visiter, surtout intrigué par l’immense tour qui semblait vouloir toucher le ciel, plantée au bord du précipice.

Il s’y rendrait au retour s’il ne rentrait pas trop tard ou peut-être le lendemain, tenté qu’il était de prendre un autre chemin pour rentrer.

Ce qu’Harry ignorait encore à ce moment-là, c’était qu’il ne rentrerait pas le soir même « Aux Chevreuils fourrés ».

Juste avant d’arriver à Fumel, petite ville de 5000 âmes, à quelques kilomètres de Bonaguil, un bâtiment attira son attention.

Un joli manoir dans un style anglais élevait ses tours à quelques mètres de la route.

Un petit écriteau indiquait qu’il s’agissait d’un hôtel-restaurant-café et comme la barrière était ouverte, Harry en déduisit qu’il devait en être de même pour l’établissement.

Aussi pensa-t-il qu’un petit café ne lui ferait pas de mal.

Il avait déjeuné très tôt et l’idée de s’arrêter un peu avant de continuer lui plaisait.

Il bifurqua vers l’entrée et s’engouffra dans l’allée bordée de chênes.

Quand il fut devant l’hôtel, la beauté de l’endroit le subjugua.

-

Avant même qu’Harry Potter ne sorte de sa voiture, le réceptionniste, un bel homme aux longs cheveux bruns attachés en catogan et aux yeux verts d’une trentaine d’années appela sa patronne, via le téléphone interne.

Une voix à la fois basse et pourtant bien féminine lui répondit.

« Oui ? »

« Mr Potter vient d’arriver. »

« Merci Sephren. Je l’attendais. Donnez-lui la chambre 1. »

« Très bien. »

Le réceptionniste raccrocha et sourit.

Harry venait d’entrer.

-

A mesure qu’il montait les marches de l’imposant escalier de pierres qui menait à l’entrée, Harry eut envie de rester un peu plus longtemps que pour prendre un simple café.

Le domaine respirait le calme et la paix, celle-là même qui lui manquait depuis… Depuis il ne savait combien de temps.

Cette envie se confirma quand il franchit les lourdes portes de chêne, ouvertes, et qu’il entra dans le hall de réception.

Le réceptionniste ressemblait à s’y méprendre à Sirius, les marques de son enfermement en moins et le décor rappelait les demeures anglaises de l’Inde coloniale.

Tout était fait pour que le simple passant est envie de séjourner plus de quelques minutes.

« Bienvenue Monsieur Potter. »

Pendant une seconde, Harry fut surpris mais il comprit vite qu’il devait être dans un établissement sorcier, d’où, peut-être, cet intense sentiment de bien-être. Il devait y avoir un quelconque charme là-dessous.

Harry fut tenté de le demander au réceptionniste mais il ne le fit pas, préférant finalement garder le mystère entier.

« Bonjour… »

« Vous pouvez m’appeler Sephren, Monsieur Potter. »

« Bonjour Sephren. Je voudrais savoir s’il vous reste des chambres… »

Le sourire de l’homme s’élargit mais avant qu’il n’ait pu répondre, la maîtresse des lieux, vêtue d’un kimono noir à la ceinture vert d’eau, assortie aux broderies qui courraient partout sur le costume asiatique le coupa.

« Toujours pour vous, Mr Potter. Il serait indélicat de notre part de refuser votre présence entre nos murs. »

Harry eut un léger recul face à la jeune femme, malgré son sourire désarmant. Elle semblait plus jeune que lui mais sa prestance lui rappelait étrangement celle de Dumbledore.

Le jeune homme se reprit vivement.

« Merci. »

La jeune femme s’avança jusqu’aux côtés de Sephren.

« Je suis la patronne de cet hôtel, Noa Löwe. »

Pendant ce temps, le réceptionniste avait pris une clé sur le tableau et la donna à la jeune femme.

Puis passant devant le comptoir, elle fit signe à Harry de la suivre.

« Suivez-moi, je vais vous conduire à votre chambre. »

Ce ne fut que devant sa chambre qu’Harry se souvint qu’il n’avait pris aucuns bagages.

Noa glissa la clé dans la serrure de la porte et se tourna vers lui avant qu’il n’ait pu manifester à voix haute son désarroi.

« Ne vous en faîtes pas, Mr Potter, vous êtes descendu « Aux Chevreuils fourrés » n’est-ce pas ? »

Un des sourcils d’Harry se leva.

« Heu… oui… mais com… »

« Alors ne vous inquiétez pas, nous enverrons quelqu’un chercher vos bagages dans la journée. »

Avant qu’il n’ait pu lui demander comment elle savait où il était descendu, la possibilité qu’elle fut une maîtresse en légimencis germa dans son esprit.

Il haussa les épaules et le suivit dans la chambre.

« J’espère que cela vous conviendra. »

Harry se dirigea immédiatement vers la fenêtre et soupira de plaisir devant la vue. Un immense parc s’offrait à sa vue où les arbres et les fleurs entouraient une petit lac d’eau claire qui scintillait sous le soleil matinal.

Il se tourna vers elle en souriant.

« C’est absolument parfait. »

Noa inclina légèrement la tête.

« J’en suis ravie. Puis-je faire autre chose pour vous ? »

Harry, qui était retourné à la contemplation de la vue mit quelques secondes à répondre.

« Heu…oui. Je voudrais boire un café. »

D’un geste de la main, Noa fit voler jusqu’à elle une brochure qu’elle lui donna.

« Sur cette brochure, vous avez le numéro du bar où vous pourrez demander toutes les boissons que vous souhaitez, aussi bien moldues que sorcières et elles vous seront montées dans votre chambre. Si vous préférez y descendre, le bar se situe au rez-de-chaussée à droite de la réception. »

« Merci. Je crois que je vais descendre. Je voudrais profiter de la vue. »

« Très bien. Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas à demander à Sephren. Il se fera une joie de combler vos attentes. »

Sur ce, la jeune femme le laissa seul dans sa chambre.

Quelques instants plus tard, ses bagages arrivèrent directement dans sa chambre.

Harry fouilla un instant dans sa valise et prit son livre avant de descendre au bar.

Il repassa devant la réception où Sephren lui sourit aimablement et continua son chemin, suivant les indications de Noa.

Il passa devant la double porte en verre du restaurant avant d’arriver au bar qui s’ouvrait sur une large terrasse légèrement en hauteur et qui laissait une vue superbe sur un jardin à la française composé en majorité de roses plus colorées les unes que les autres.

Tout comme la veille à Agen, il choisit la terrasse. La température était clémente et il trouvait idiot de ne pas en profiter.

Le barman vint prendre sa commande et Harry, contrairement à sa première idée, préféra un chocolat au café.

Il se cala confortablement, ouvrit son livre et oublia tout le reste en sirotant la boisson parfumée.

Aussi manqua-t-il de s’effondrer sur sa table quand, levant les yeux sur le jardin, il vit une chevelure blonde aux reflets étonnement blancs qui lui rappela immédiatement quelqu’un de sa connaissance.

Tout confirmait son impression.

L’attitude très droite, le port de tête altier, la manière même qu’il avait de remettre une de ses mèches derrière l’oreille criait qui il était.

Draco Malfoy.

Draco Malfoy était là.

Aussitôt, il se leva et alla tout droit vers la réception où il trouva Sephren accueillant d’autres clients.

Il attendit patiemment qu’il est fini et s’approcha de lui.

Celui-ci se tourna vers lui, souriant.

« Puis-je faire quelque chose pour vous, Mr Potter. »

« Oui. Je souhaiterais juste savoir quelque chose. Est-ce que Mr Draco Malfoy est ici ? »

Sephren feuilleta rapidement son carnet de réservation.

« Effectivement Mr Potter, Mr Malfoy est chez nous depuis deux jours. »

Le visage d’Harry se décomposa.

-

Dès qu’Harry fut reparti, Sephren tint sa maîtresse au courant des choses.

« Il semblerait que Mr Potter soit très affecté par la présence de Mr Malfoy. »

Un petit rire lui répondit.

« C’est très bien. »

« Veux-tu que je m’arrange pour qu’ils soient l’un en face de l’autre au déjeuner ? »

« Inutile, Mr Potter prendra ses trois prochains repas dans sa chambre. Par contre, prévois ça pour demain soir. »

« Bien. »

Sephren raccrocha et sourit en voyant Draco rentrer par la grande porte.

« Votre promenade s’est-elle bien passée ? »

« Oui, très bien. Vous aviez raison, votre roseraie est vraiment splendide. »

Draco lui sourit et Sephren inclina respectueusement la tête.

Le jeune homme prit le chemin de sa chambre.

-

Résigné à faire face à son ancien ennemi, Harry retourna vers son chocolat chaud.

La silhouette de l’ancien Serpentard avait disparu du jardin. Harry regarda partout autour de lui mais plus de traces du blond ce qui déçut Harry bien malgré lui.

Il essaya bien de se remettre à sa lecture mais son regard déviait invariablement sur le jardin.

Exaspéré par son attitude qu’il avait bien du mal à cerner, Harry finit sa tasse et remonta dans sa chambre.

Il s’enferma dans celle-ci toute la journée, se faisant monter ses repas directement.

Il ne voulait pas prendre le risque de se trouver face à son ancien ennemi alors que le fait même de la voir juste entre aperçu semblait le troubler.

Harry n’avait plus eu de nouvelles de Draco depuis qu’ils avaient quitté Poudlard.

Certes, il s’était souvent demandé ce qu’il était devenu mais sans y penser plus que cela.

Pourtant…

Pourtant, il ne cessait de retourner cet instant fugace dans sa tête.

L’ancien Serpentard semblait ne pas avoir vraiment changé mais pourtant, Harry avait senti quelque chose de différent et plus il y pensait et moins il arrivait à mettre le doigt dessus.

Quand la nuit tomba sur le manoir, Harry sortit sur la petite terrasse de sa chambre, un verre de Whisky Pur Feu à la main.

Il s’accouda à la rambarde et un lourd soupir s’échappa de ses lèvres.

Pourquoi le simple fait de revoir le blond Serpentard le chamboulait-il à ce point ?

Il sursauta violemment en entendant la fenêtre de la chambre d’à côté s’ouvrit et il rentra dans sa chambre sans demander son reste.

Avec la chance qu’il avait ces derniers temps, il y avait fort à parier que c’était Draco. D’ailleurs, un coup d’oeil par sa fenêtre toujours ouverte le lui confirma.

L’ancien Prince de la maison de Serpentard prit exactement la même pose que lui quelques instants plus tôt.

La pleine lune permettait à Harry de distinguer son profil et la mélancolie qu’il lisait sur le visage pâle l’attrista.

Qu’est-ce qui rendait Draco si triste ?

Un long moment, Harry resta adossé contre la fenêtre, son regard détaillant son ancienne Némésis.

Il était plus grand et un peu plus large que dans son souvenir même s’il restait plus chétif que lui.

Ses cheveux étaient plus longs aussi quoique, à peine quelques centimètres.

Ce ne fut que lorsque l’envie de le réconforter le prit qu’Harry détacha son regard de lui et alla s’asseoir dans un fauteuil.

Ses yeux étaient écarquillés, stupéfait qu’il était par ce qu’il venait de penser.

Réconforter Malfoy ?

Lui ?

Il devenait dingue ou alors c’était peut-être le manque de câlins…

Quoique d’un autre côté, la seule fois où il avait vu Draco vulnérable, cela avait été sa pensée première.

Lui offrir une épaule pour le soutenir.

Mais il s’était réprimé comme maintenant et Dumbledore en était mort…

Harry enleva ses lunettes, les jetant presque sur la table et posa son bras en travers de son visage.

Que lui arrivait-il ?

-

Le lendemain, l’esprit d’Harry n’était guère plus clair.

Durant la nuit, il avait rêvé de Draco.

D’un Draco qu’il serrait dans ses bras et qui lui souriait avant de déposer un chaste baiser sur ses lèvres.

Pas plus désireux que la veille de se trouver face à lui, il fit monter son petit déjeuner dans la chambre.

Il passa sa matinée à regarder la télé, chose qu’il avait trouvé surprenante dans un hôtel sorcier mais qui, à l’instant, lui permettait d’oublier un peu ses tourments.

Et, quand on vint lui apporter son plateau à midi, il fut surpris de voir un petit mot sur le plateau, signé de la main même de la patronne.

« Il y a un temps pour réfléchir et un temps pour agir, Mr Potter. Peut-être le moment d’agir est-il enfin venu ?

Harry ne comprit pas de quoi elle voulait parler et se promit de le lui demander quand il la verrait.

Mais, étrangement, les quelques mots le firent sortir de sa tanière.

Il alla jusqu’à la bibliothèque de l’établissement et se choisit quelques livres sur les environs, toujours à sa quête du Manoir des rêves.

Il se laissa emporter par l’histoire de la région, entre domination anglaise et guerres de religion, jusqu’à l’heure du dîner. Il en avait même oublié de noter les endroits susceptibles d’être ce qu’il cherchait.

A 19h, il choisit de monter se doucher et de s’habiller convenablement pour le dîner. Et si, par le plus grand des hasards, Draco était là aussi, il lui sourirait courtoisement et voilà.

Fort de cette résolution, il descendit au restaurant, habillé d’un complet noir sur un col roulé blanc.

Ce fut Sephren qui l’accueillit.

« Mr Potter. »

« Je voudrais une table avec une vue sur le jardin. Est-ce possible ? »

Le sourire de Sephren s’élargit imperceptiblement.

« Bien sûr Mr. »

Sans attendre, il le conduisit près de la terrasse où de grandes baies vitrées offraient une vue superbe sur la roseraie illuminée par des centaines de petits flambeaux, disséminés ça et là dans le jardin.

La beauté du tableau coupa le souffle d’Harry. Il resta un long moment les yeux rivés sur la vitre, incapable de détourner le regard.

Et quand il fit enfin, ce fut pour croiser le regard gris surpris de son ancienne Némésis.

Le cœur d’Harry rata un battement.

S’il y a bien une chose qu’il avait comprise depuis longtemps, c’était que Draco était beau.

Mais là, la lumière tamisée du restaurant ainsi que la lueur diffuse qui venait du dehors donnait au jeune homme un éclat qui laissa l’ancien Griffondor sans le souffle.

Au diable le sourire poli qu’il s’était imaginé lui faire s’il le croisait.

Il ne pouvait même pas bouger, pris dans le mercure liquide des yeux qui le fixaient intensément.

-

Soudain, Draco se leva et sortit du restaurant.

Harry hésita à la suivre, pourquoi le ferait-il d’ailleurs ? Mais les mots lus le matin même revinrent à son esprit.

« Peut-être le moment d’agir est-il enfin venu ? »

Aussitôt, le brun se leva et partit à la poursuite de son ancienne Némésis.

Il ne savait pas ce qui le poussait à le faire mais il était persuadé que s’il n’écoutait pas le conseil de la maîtresse de maison, il le regretterait.

Arrivé dans le hall, Draco avait disparu.

« Vous cherchez quelque chose, Mr Potter ? »

Harry sursauta violemment et se tourna, une main sur le cœur.

Noa se tenait dans l’embrasement de la porte qui menait à la bibliothèque et lui souriait doucement.

« Je cherche Draco »

« Mr Malfoy est sorti dans le jardin. »

A peine eut-elle fini sa phrase qu’Harry avait déjà disparu.

Le sourire de Noa s’agrandit.

« Ca n’aura pas été très difficile cette fois-ci. »

Sephren apparut derrière elle.

« Non. Ils s’aiment depuis des années et le fait de se revoir après 7 ans sans nouvelles, aura fait ressurgir leurs sentiments les plus profonds. »

Le jeune homme déposa un léger baiser sur l’épaule dénudée de la jeune femme avant de passer à côté d’elle pour aller s’occuper de leurs autres clients.

-

Harry arriva en courant dans le jardin.

Malgré la lumière dispensée par les flambeaux, les ténèbres étaient opaques dès que l’on s’éloignait des jardins.

Si Draco avait choisi de s’enfoncer dans la forêt qui bordait le domaine, il aurait un mal fou à le retrouver.

Quand ses yeux furent habitués à la pénombre, Harry finit par distinguer une silhouette adossée à un arbre à une centaine de mètres en face de lui.

Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine à chaque fois qu’il faisait un pas.

Pourtant, il s’obligea à aller jusqu’à lui et s’adossa lui aussi au chêne qui devait être des dizaines de fois centenaire.

Le silence perdura un long moment avant que Draco ne le brise.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Le ton était clairement agressif mais Harry choisit de ne pas relever, préférant rester le plus calme possible malgré son cœur qui menaçait d’exploser à chaque battement.

« Seulement te parler. »

Un rire sans joie répondit à sa déclaration.

« Ne me fais pas croire ça, Potter. Fous-moi la paix comme tu l’as si bien fait pendant 7 ans. »

Harry soupira.

« Justement, cela fait tellement longtemps que l’on ne s’est pas vu. »

« C’était très bien ainsi. »

« Le temps de nos gue-guerres est révolu. Pourquoi ne pas recommencer à zéro ? »

Soudain, Draco se trouva dans le champs de vision d’Harry.

« Recommencer ? A zéro ? C’est si facile de dire ça pour toi Potter !! Mais moi, je ne veux pas recommencer à zéro… »

La colère qui avait un instant assombri les iris de Draco laissèat place à la mélancolie qu’Harry lui avait vu la veille et à nouveau, cette envie de le prendre dans ses bras le prit.

La voix de Draco ne fut plus qu’un murmure alors qu’il se détournait pour partir.

« Je ne peux pas recommencer à zéro… »

Se laissant aller à ses émotions, Harry saisit le poignet de Draco et le tira contre lui. Il ne voulait pas le voir partir, pas cette fois-ci.

Draco se retrouva tout contre son torse, les yeux écarquillés.

Harry en profita pour lui murmurer à l’oreille ce qu’il avait sur le cœur et qui s’était réveillé en le revoyant.

« Moi, je voudrais pouvoir recommencer. Ne pas te laisser seul affronter Voldemort alors qu’il utilisait un odieux chantage sur toi. Ne pas te laisser seul quand, à la fin de la guerre, tu as dû affronter le regard de ceux qui te méprisaient. Ne pas te laisser t’éloigner… »

Les yeux d’Harry se fermèrent alors qu’il respirait doucement le parfum qui s’échappait de la blonde chevelure.

« Ne pas laisser 7 ans passer sans savoir ce que tu devenais, juste en me posant la question régulièrement, sans chercher… »

Un souffle le coupa.

« Harry… »

Les mains de Draco vinrent se poser sur le torse du Griffondor.

Celui-ci sourit doucement.

« Tiens, ce n’est plus Potter ? »

Draco releva son visage vers lui.

« Tu préfères peut-être Potter ? »

Harry rit doucement.

“ Non, Harry me convient tout à fait. »

Ils ne surent jamais ce qui les poussa ce jour-là dans les bras l’un de l’autre mais à l’instant, ils ne se posaient même pas la question.

Leurs visages se rapprochèrent doucement et leurs lèvres s’unirent en un tendre baiser.

-

-

De retour à Londres, avec dans ses bagages son nouveau compagnon, Harry passa voir Luna pour lui annoncer qu’il n’avait pas trouvé l’endroit dont elle lui avait parlé.

Quand il eut passé la porte de sa maison, elle s’adossa à sa fenêtre, le regardant partir.

« Je crois pourtant bien que tu l’as trouvé. »

-

-

J'espère que vous aurez aimé ce petit texte !!!!

Kisu.

Noan



Return to Top