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taraxacum.officinalis
Author of 94 Stories

Rated: M - French - Humor/General - Severus S. - Reviews: 104 - Updated: 11-23-09 - Published: 01-16-08 - Complete - id:4014711

Titre La maison sur l’île

Personnages/Pairing: Severus Snape/Remus Lupin, pairing entre les pairings connus sous le doux nom de Snuppin

Disclaimer: Tout à JKR

Rating : PG-13 à venir

Défi : Héros

La maison sur l’île

Severus ne saurait sans doute jamais pourquoi Rastaban l’avait prévenu ce soir là.

Reste d’amitié, une amitié qu’il avait pourtant crue enterrée depuis longtemps ?

Remords d’avoir été celui qui l’avait entraîné chez les Mangemorts ?

Désir de ne point l’enterrer de la même façon qu’il avait déjà perdu le troisième membre de leur Trio d’amis ?

Rastaban, Regulus, Severus…

Regulus n’avait pas vu la fin de la première guerre, Rastaban ne verrait pas la fin de celle-ci, puisqu’il, avait réclamé au Maître l’honneur d’aller le chercher avant de l’aider ensuite à s’enfuir, il restait seul à se souvenir. Le craquement de la porte tandis que son balai s’échappait par la fenêtre et le cri de Rastaban le poursuivraient longtemps.

Il fallait qu’il vive. Il voulait qu’au moins quelqu’un se souvienne d’eux autrement que comme des Mangemorts et froids sur les noms desquels l’Histoire crachait.

Pour eux, Severus avait mis sa fierté dans sa poche et son mouchoir par-dessus et demandé à quitter Poudlard, trop grande pour être vraiment sûre.

Pour eux, Severus grimpait lentement, valise en main, l’herbe verte d’une colline des îles Shetland.

Merlin, qu’est-ce qui avait pris au vieux fou de l’envoyer là ? Une seule maison sur une île d’à peine six hectares. D’accord, ce n’est pas ici que le Seigneur des Ténèbres chercherait en premier, mais le jour où il le ferait, il n’aurait pas grand mal à lui mettre la main dessus !

« C’est un endroit sûr. Un allié y vit et vous recueillera ». Connaissant le genre d’amis tordus qu’Albus se plaisait à cultiver, Severus s’avouait une pointe d’inquiétude.

Il se souvenait encore de la visite du marabout pendant sa seconde année d’enseignement (trois élèves sous potions anti dépressives), du mage autrichien spécialiste de la culture des huîtres dans les éviers, plaidant pour l’auto suffisance en crustacés des familles comme une solution au problème de la famine en Afrique, et de la vieille Russe qui voulait à toute force que Severus ait une liaison avec Minerva.

Pas de sonnette.

Il frappa trois coups sonores.

Début du spectacle, entrée en scène des acteurs.

Un bruit de pas grossit et la porte s’ouvrit.

C’était encore pire que tout ce qu’il avait imaginé.

« Qu’est-ce que tu fous là, Lupin ? »


Sa chambre était petite, mais confortable. Un lit au lourd édredon bleu roi, un tapis au centre de la pièce, un petit bureau …C’était plus que Severus avait eu pendant ses jeunes années à Spinner End. On voyait nettement que Lupin avait fait le ménage pour son arrivée, et la main qui avait préparé le feu dans la cheminée, disposé de l’encre, du parchemin et des plumes sur le bureau, agrémenté le rebord de la fenêtre d’une plante en pot, devait également être la sienne. Cela contrariait l’espion démasqué, sans qu’il réussisse vraiment à mettre le doigt sur le pourquoi.

Lupin en lui-même était un colocataire des plus calmes. La plupart du temps.

Le jour de son arrivée, par exemple.

Un loup-garou se planquant de ses créanciers, Severus trouvait cela très drôle, ce n’était vraiment pas la peine de monter sur ses grands chevaux et de le traiter de crétin au cœur froid avec la compassion d’un crotale socialement inadapté, tout cela pour un innocent sarcasme !!

Enfin, plusieurs innocents sarcasmes.

Un certain nombre d’innocents sarcasmes.

Bon, un nombre certain d’innocents sarcasme, mais franchement, vu la réaction de l’homme, on aurait pu croire que Severus avait sacrifié à Baal son premier né !

Ils glissèrent dans la routine en quelques jours. La maison avait appartenu à Flamel, un lieu de retraite et de réflexions avant qu’elle passe à Albus par héritage, et les multiples ouvrages dont elle était garnie suffisait au bonheur de Severus.

Tout aurait été parfait…sans Remus Lupin dans ses pattes.

L’homme l’horripilait. Il exécrait ses atroces pantalons marron et ses pulls verts. Il abhorrait la façon polie qu’avait l’ancien professeur de DADA de le saluer le matin, comme s’ils étaient amis. Il détestait que Lupin cuisinât toujours pour deux, et lui laissât sa part dans l’armoire enchantée réfrigérante, quand Severus refusait de dîner avec lui, c'est-à-dire à chaque fois. Il vomissait la façade de calme que l’autre homme lui présentait.

Qui croyait-il tromper ainsi ? Il était une foutue bête féroce, et ce n’était pas son numéro stupide d’intellectuel désargenté et propre sur lui qui allait convaincre Severus !

Alors il poussait sur tous les boutons disponibles : les Potter père et Fils, la mort de Black, les lois d’Umbridge sur les loups-garous,

Lupin serrait les dents, et trouvait tous les prétextes possibles pour passer le maximum de temps à l’extérieur…et parfois il craquait. Severus trouvait carrément cela fascinant : le loup-garou abandonnait sans même s’en rendre compte sa posture avachie habituelle, gagnait en aplomb, ses yeux brillaient de rage et il rendait sarcasmes pour sarcasmes, insultes pour insultes, hurlant d’un ton rude des insanités qui auraient fait pâlir Albus. Ah, ils auraient fait une belle tête, les bigots et bien pensants de l’Ordre s’ils avaient vu Lupin dans ces moments là !

Et un soir, Severus franchit sans s’en rendre compte une limite interdite…


C’était pourtant une excellente réplique.

Vicieuse, blessante, parfaitement calibrée pour être douloureuse au maximum, sans aucune trace de vulgarité dans le choix des mots et pourtant avec suffisamment de sous-entendus pour laisser comprendre l’opinion de Severus, à savoir que la lycanthropie avait un effet aussi sûr que l’émasculation sur les performances sexuelles des sujets atteints. Il avait même réussi à y glisser une pointe d’insinuation sur le mode de reproduction de l’espèce, la morsure, comme une preuve irréfutable.

Non, vraiment, la réplique était parfaitement ciselée et Severus l’aurait considéré avec une affection paternelle, si elle n’avait pas eu un tel effet.

Un instant après qu’elle eut quitté ses lèvres, soixante quinze kilos de loup-garou le clouaient brusquement à la porte du salon, et un grognement qu’aucun gosier humain n’aurait dû pouvoir émettre lui glaçait l’oreille. C’était un grondement bas, qui parlait à l’instinct à Severus plutôt qu’à son intellect, le grondement d’un prédateur juste avant la curée, et il sentit la chair de poule coloniser ses bras.

« Lupin, bougre de crétin galleux, lâche moi tout de suite ! »

Seul un gloussement lui répondit, et Severus déglutit. Il avait été stupide ! S’arquant un peu, la poignée de la porte s’incrustait douloureusement dans ses reins, il glissa la main dans sa poche pour saisir sa baguette.

Essaya de glisser la main dans sa poche mais Lupin lui saisit le poignet et le tordit.

Stupide animal et sa stupide force magique !

Severus tenta de placer un coup de genou en traître dans l’entrejambe de son adversaire, mais celui-ci se contenta de tordre le poignet jusqu’à la douleur. Le gémissement que la souffrance arrachât à l’espion le fit glousser.

Glousser ! Est-ce qu’il n’était pas censé être un protecteur de la veuve et de l’orphelin ? A cet instant, l’ancien Mangemort sentit le loup-garou renifler le creux de son cou…

« Par Merlin et sa barbe, Lupin, je ne suis pas un de tes semblables, lâche moi tout de suite !

—On a les jetons, Severus ? »

Lorsque Lupin serra encore plus fort, Severus entendit nettement le bruit de l’os qui cassait et la douleur remonta, fulgurante, quand l’autre sorcier frappa, une seule fois, le poignet brisé contre le mur. Severus se sentit glisser dans l’inconscience….


A 14 ans Regulus avait volé trois bouteilles d’une eau-de-vie gobeline que Rastaban, Severus et lui avaient asséché un samedi soir dans une salle vide. Leur mal de tête avait duré trois jours et convaincu Severus d’approcher désormais l’alcool avec un maximum de précautions.

Cependant, vu le battement insistant derrière son front, il avait dû renier cette règle de vie.

Il ouvrit un œil prudent et lorsqu’il se retourna sur le côté, la douleur fulgurante dans son poignet gauche fit rejaillir les souvenirs.

Lupin !

Il se redressa sur le lit et examina sa blessure plus attentivement. Quelqu’un avait posé une attelle pour l’empêcher de déplacer l’os et soigneusement bandé le tout. Sans doute le même quelqu’un qui l’avait allongé sur son lit en lui ôtant ses chaussures. Et vu qu’ils n’étaient que deux sur cette foutue île, c’était nécessairement la même personne qui avait commencé par lui fracasser les os du poignet.

La porte s’ouvrit, dévoilant un Lupin portant un plateau garni d’un déjeuner copieux, qu’il vint poser sur la table de la nuit. A ce moment seulement, il leva les yeux et croisa le regard de Severus.

« Je suis vraiment, vraiment navré.

— Une attelle ? Pourquoi ne m’as-tu pas soigné ?

—Je ne maitrise pas les sorts de guérison. Généralement, c’est moi qui en ais besoin.

—Tu es incapable de te contrôler et en plus, inapte à guérir les blessures que tu causes ?

—Parce que toi tu le peux ? Depuis combien de temps es tu passé au service d’Albus ? Penses tu vraiment que cela soignera les crimes que tu as commis lorsque tu es devenu Mangemort ?

Le culot de Lupin coupa le souffle de Severus, ce qui laissa à l’autre homme le temps de sortir. Toujours aussi furieux, le blessé lévita le plateau jusqu’à son lit. Qu’est-ce qu’il croyait, cette abomination, que lui apporter le déjeuner au lit suffirait à faire oublier son acte ?

Et comment osait-il comparer ainsi leurs deux situations ? Severus donna un coup de cuillère vengeur à une innocente purée de panais.

Remus revint une demi-heure plus tard, amenant une tasse de café, aussi noir que Severus l’aimait et le livre que l’autre homme avait entamé le matin-même et laissé dans le salon.

Lorsque le Maître de Potions sortit cueillir des lichens, pour une variation sur l’Elixir de Dünaburg, le loup-garou l’accompagna, et porta même le panier. Il proposa à Severus de lui faire couler un bain en revenant. Il alla même jusqu’à lui demander s’il voulait de l’aide pour se laver les cheveux, avec son poignet bandé

« Au nom de Merlin, Lupin, est-ce que tu n’as pas un peu plus d’amour propre que cela ! Tu te prends pour un elfe de maison ? »

Pivotant brusquement, Remus le saisit par son poignet intact et le tira contre lui…

« Tu préfères peut-être juste que je vienne te frotter le dos ? »

Severus déglutit.

Ne pas titiller un loup….Est-ce qu’il n’apprendrait jamais ?


Severus se maudit… et se jura d’empoisonner Lupin à la prochaine tournée de Tue-loup !

Allons, il était un Serpentard, que diable, il n’allait pas se laisser déstabiliser bêtement par cet imbécile. L’autre avait des tripes, il le reconnaissait, mais lui avait pour son compte la ruse, un esprit de stratège, une intelligence affutée et….« Lupin, qu’est-ce que tu fais, par Merlin !

—Je t’aide à te déshabiller, ça se voit, non ?

—C’est un outrage !

—Quoi, d’avoir des difficultés avec un poignet cassé ? »

Sa veste et sa chemise étaient déjà tombées tandis que Severus cogitait et la petite boule étrange au fond de son ventre lorsque le loup-garou s’était léché les lèvres à la peau dévoilée le déstabilisa tant qu’il le laissa lui retirer chaussures et chaussettes.

Il fallait bien dire que la vision de l’autre homme se laissant glisser à ses pieds pour s’attaquer aux lacets, avec son regard amusé, provocateur, pétillant de vie et de faim qui se levait vers lui…Il laissa Lupin, déboucler sa ceinture mais insista pour retirer lui-même pantalon et caleçon tandis que le lycanthrope testait de la main la température du bain. Severus y entra, circonspect : le loup allait certainement tenter de lui faire subir les derniers outrages, dès qu’il baisserait sa garde !

Remu..Lupin lui frotta le dos, et l’aida à se laver les cheveux.

Ah ! Ah !

Une preuve !

Il s’arrangeait machiavéliquement pour que Severus se détende et cesse de se méfier ! Inconscient des réflexions de l’espion, Remus continuait de lui laver les cheveux, et le blessé pensa à part lui qu’on devrait interdire aux lycanthropes de laver les cheveux d’autrui à la main. Il y avait certainement un autre moyen de s’y prendre, parce que les mains fortes et larges qui massaient fermement son cuir chevelu devraient être interdites !

« Et voilà, je vais te laisser sortir de là et te sécher tranquillement. »

Quoi ?

Severus reprit pied avec la réalité….se sécha…s’habilla, avec bien du mal….passa à la cuisine où il s’autorisa un verre de rhum et un peu de récriminations intérieures.

Lupin se jouait de lui!

Que croyait il, que Severus n’avait pas compris qu’en plus d’être un loup-garou, il était une tapette loup-garou ? Il pénétra d’un pas martial dans la chambre de l’autre homme pour l’enguirlander…et s’arrêta net.

Adossé torse nu aux oreillers dans la lumière fauve du soir qui dansait sur les cicatrices, les rendant si semblable à des scarifications rituelles magiques, dépouillé de sa chrysalide de tweed, Lupin semblait une créature sortie des creux de la lande pour entraîner un malheureux mortel jusqu’au Royaume de Fées.

Severus déglutit tandis que l’être sur le lit, grave et solennel, lui tendait la main.

« Ton choix, toujours ton choix. »

Le Serpentard grimpa à ses côtés, aux aguets. Les dents de Lupin, qu’il disait faites pour déchirer la chair innocente taquinèrent légèrement sa gorge sans même la marquer, la langue faite pour laper le sang se fit tendre et les mains qui auraient pu briser ses os encore intacts se firent doucement fermes, le dépouillèrent de tous ses artifices jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans la maison sur l’île que deux amants enlacés.

**Fin.


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