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Voilà... Je sais ce que certains vont me dire : quoi ? Encore une nouvelle fic ? Termine déjà celles que tu as commencé...
Le Talisman avance bien, l'Héritage du Corbeau aura un nouveau chapitre ce soir... Donc, tout avance et tout devrait être terminé d'ici juin.
Devant à l'origine servir de trailer "Fragments du passé" relate l'histoire de la triade Grégory-Mende(Lola)-Luas, à l'origine du titre de la troisième partie du Talisman. La longueur des textes en a décidé autrement. Cependant, il est possible de lire les Fragements sans connaître le Talisman. Je recommande cependant un petit tour par l'encyclopédie nisirielle, article des magiciens.
En résumé, un magicien est un homme qui peut faire de la magie. Les sorcier, les ixilik, les nisrines et les enchanteurs sont différents types de magiciens. Les ixilik, habitant principalement dans le bassin méditerranéen, sont d'inspiration jedi. Ils sont en banc de la société magique et une organisation secrette, les Gardiens de la Vie, veillent à ce qu'ils y restent.
Sur ce...
Musiques conseillées : "hijo de la luna" et "porque te vas"
Les éclats sanguins de la Lune
Les éclats de voix colériques s'envolèrent, des portes claquèrent. Lola frappa dans le mur, excédée. Ses parents ne comprenaient rien à rien, ils étaient en retard d'un siècle au moins ! Mince, elle avait dix sept ans, dans le monde magique elle était majeur ! Elle avait le droit de sortir, avec les personnes qu'elle voulait, jusqu'à l'heure qu'elle voulait !
Mais voilà ses parents vieillots refusaient. Ils n'aimaient pas ses amis, surtout le grand brun là, celui avec un blouson qui ressemblait à dealer... Celui-là, il s'appelait Juan, et elle sortait avec depuis trois mois.
Quel pitié que ses parents résistent à l'influence de ses pouvoirs d'ixil ! Tant pis, elle irait quand même. Ils ne pouvaient la cloîtrer chez eux, impossible. Elle bâilla, jetant un cou d'oeil à sa montre. 8H12. Elle avait le temps de faire une petite sieste avant de se préparer.
« L'Aube Bleue de l'espoir naquit dans l'océan des myriades cristalines. Aurore et Crépuscule étaient ses soeurs, Selene la belle Dame de la Lune l'éduqua aux éclats, à la beauté étincelante des astres. Chaque jour qui naissait lui offrait de nouvelles cascades de gemmes qui la diaprait de nitescence argenté. Plus encore, toujours plus d'or.
Puis vint le fils de la Lune, celui que les luminaires, grands et petits, d'été d'hiver, nommaient Kur et parfois Sîn. Sîn vint au matin, Sîn vint et le coeur d'Aube Bleue il vit. Son ultime résistance il vaincit. Ensembles, ils devinrent Éclats et le firmament aveuglèrent.
Mais la lueur du Soleil, si fière, en prit ombrage. Alors, elle dépêcha ses flammèches flavescentes, ses traits meurtriers d'émeraude.
Fracassante fut la rencontre, funeste le résultat.
Aube Bleu, Aube d'espoir sombra dans les profondeurs d'Irkalla. Sîn, fils de Selene, se morcella en trois. Le malheur envahit le coeur de sa mère la Lune. Pour avoir enfanté le couple qui avait provoqué la fureur du Soleil, elle fut condamnée à l'arachnophose. Pour avoir tuer ses enfants, elle maudit le Soleil d'éméraude à la prison de la non-vie. »
Lola s'éveilla en sursaut. Encore ce rêve... Étrange, il lui semblait que l'essence même du songe venait de la magie.
Son regard tomba sur l'heure. Elle faillit s'étrangler. Il lui restait dix minutes. Sans plus attendre, elle sauta sur ses jambes et dans ses vêtements. Jean et haut moulants, décolté qui ferait hurler ses parents s'ils la voyaient ainsi. Ils ne la verraient pas. Coiffage express, une touche de maquillage en essayant d'oublier la désagréable impression, ce souffle qui lui caressait la nuque. Pure illusion.
Elle attrapa sa veste, ouvrit la fenêtre et se laissa glisser jusqu'au sol, atterrissant avec souplesse grâce à ses pouvoirs de jedi. Quelques foulées -pas parce qu'on sort qu'on prend des chaussures inconfortables- et elle fut hors de vue de la maison de ses parents. Quelques foulées de plus et elle était chez Rosa, sa meilleure amie avec qui elle faisait les quatre cents coups. Rosa avait le don d'attirer la magie à elle, mais ça, c'était leur secret bien à elles. De toute façon, elles étaient entourées de moldus...
Rosa l'attendait, tranquillement assise sur le porche de sa maison. Son père la laissait sortir, elle. Cependant, Lola n'irait pas jusqu'à dire qu'il était plus cool que ses parents. En vérité, le père de Rosa, divorcé depuis trois ans, s'était enfoncé dans l'alcoolisme depuis qu'on l'avait viré au bureau. A présent, il se désintéressait totalement du sort de Rosa.
La jeune fille vit son amie et se leva, grand sourire sur lèvres brillantes de cosmétiques. Rosa, plutôt petite, plutôt gironde, et carrément rousse, avait un grand succès auprès des garçons. Elle s'en était aperçue il y a cinq mois. Depuis, elle s'amusait bien avec cela, Lola l'avait suivie dans le jeu. C'est ainsi qu'elle avait fait la connaissance de Juan, un jour où elle avait fait le mur.
Les deux amies arrivèrent, après dix minutes de marche, chez le fameux Juan. Lui, il avait son appart' et pas de vieux sur le dos pour le cloîtrer à domicile. Il avait proposé à Lola de venir les chercher toutes les deux, avec pour argument que les rues n'étaient pas sûres pour deux jeunes filles. Lola avait rit avant de lui dire qu'elle n'avait rien à craindre. Ceinture noire de karaté. Et ixil, mais cela, elle le gardait pour elle. Devant la porte qui filtrait les éclats bruyants des festejos, Lola eut un instant d'hésitation. Un regard à Rosa lui apprit qu'elle pensait à la même chose : faire demi-tour. L'impression désagréable de danger leur hérissait l'échine. La porte s'ouvrit, elles entrèrent.
- Juan, Lolita esta aqui, cria Marco par dessus le brouhaha.
- Hey, me olvides ! S'emporta Rosa.
Marco la prit dans ses bras, sourire charmeur au coin des lèvres.
- No, pero eso no le intereso.
Rosa lui rendit sourire avant de l'embrasser. Cela faisait deux semaines qu'ils étaient ensemble. Marco était un jeune Don Juan, cheveux noir comme l'ébène, yeux clair comme l'azur d'été, de taille moyenne et athlétique. Lola ne l'aimait pas, il lui laissait un arrière goût nauséabonde derrière sa couche de miel. Mais Rosa lui assurait qu'elle était prudente, qu'il n'y avait rien de sérieux et qu'elle ne faisait que s'amuser. Mouais...
Et puis, elle vit Juan, assis avec deux autres potes sur le divan. Le jeune homme de vingt ans lui offrit un grand sourire, tout ce qu'il y a de plus séduisant. Lola oublia ses inquiétudes.
Les rires s'envolèrent dans l'atmosphère insouciante, où les effluves d'alcools côtoyaient d'autres un peu moins légales. Encore une fois, Lola s'émerveilla de la variété des jeux à boire, avec dés, avec dominos, avec rien. Les brumes éthyliques envahissaient doucement l'esprit, l'ambiance était détendue, plutôt joyeuse. Un sortit sa guitare et commença à gratter un peu. Lola grimmaça. Lui, il avait vraiment trop bu pour jouer.
Bien décidée à sauver ses oreilles, elle confisqua la guitare dans l'hilarité générale. Test : avait-elle trop bu ?
Ses doigts coururent sur les cordes et le bois, lançant des accords joyeux dans la petite pièce. Elle n'avait pas encore trop bu à en juger par la réaction des autres qui s'étaient tus pour écouter. En revanche, elle avait suffisamment bu pour oser chanter. Alors sa voix rauque accompagna la mélodie de la guitare. La musique... voilà probablement la seule chose qu'elle avait suivie sérieusement, depuis sa plus tendre enfance. Son rêve était de devenir guitariste professionnelle. Pas pour l'argent, pas pour la célébrité. Pour la musique. Lorsqu'elle touchait une guitare, elle se sentait plus vivante que jamais, plus vivante encore que lorsqu'elle courait mille dangers avec les frères Lagrange.
Puis un débile mentale, un bipède l'interrompit. Rosa intervint avant que la jeune fille n'en vienne au main. Juan la prit alors dans ses bras, visiblement amusé. On lança les dés, but divers cocktails... Puis, une heure après l'heure prévue, on leva le camps, direction une boîte gratuite le jeudi soir pour les deux couples. Les autres rentraient chez eux. Lola surveilla du coin de l'oeil Marco. RAS pour l'instant...
- Qui a-t-il ? Lui demanda Juan.
- Hum ? Rien, rien... marmmona Lola.
L'alcool avait étouffé l'impression de danger. Ils arrivèrent à la boîte où convergeait plusieurs groupes de jeunes. Seule l'enseigne lumineuse en trahissait la présence. « El Espirito ».
Cinq minutes de queue. Lola vit les demoiselles de devant faire demi-tour, interdites d'entrée. Motif : mineures.
- Pièce d'identité, fit le videur, un gorille peu commode.
- Elles ne sont pas nécessaires, nous pouvons passer, articula Lola.
Il opina et s'effaça. La boîte à sardines leur ouvrit ses portes. Tout les quatre se frayèrent tant bien que mal un chemin à travers la foule compressée des danseurs et danseuses à l'ébriétés plus ou moins avancée qui se trémoussait au rythme tonitruant du bruit que passait le DJ dans les basses. Lola estima qu'elle n'avait pas encore assez bu pour s'amuser en boîte. L'angoisse la saisit de plus belle alors qu'un mouvement de foule l'éloignée de Juan. Si serrée, dans un espace vitale si étroit... elle crut étouffer. Elle bourra un coup dans la masse, ignora les jurons qu'on lui lançait, attrapa la main que Rosa lui tendait alors que Juan et Marco la dévisageaient avec un sourire narquois.
- Quoi ? J'aime pas me sentir serrée, se justifia Lola, avec véhémence, hurlant pour couvrir le brouhaha.
Vraiment pas assez bu. Ses oreilles sifflaient douloureusement sous la percussion binaire. Ils trouvèrent enfin un endroit où l'on se serrait moins. Alors on accorda le corps au tempo pour vibrer en cadence. Mais l'ivresse tombait, les oreilles protestaient... Juan lui proposa d'aller chercher un verre. Lola accepta, s'assit, mains sur les oreilles. Tant pis pour le ridicule.
Elle soupira avant de chercher Rosa du regard. Groggy par l'ethanol et le bruit que certaines brutes osaient appeler musique, elle l'avait totalement oubliée. Elle se tendit. Où était-elle ?
Le frisson du danger était revenu sur sa nuque. Elle se leva, inquiète pour son amie. Deux gars vinrent la voir, deux grands baraqués. Bien lourds. Et Juan qui était hors de vue. Bon tant pis messieurs, pas le temps de faire dans la dentelle.
La masse trémoussante la happa, la panique la guida. Mais l'inquiétude pour Rosa était plus forte et l'aida à tenir. S'immergeant dans le Nisir, elle partie à la recherche du trou noir qu'était son amie. Elle le trouva, dehors. Jurant, elle se précipita vers la sortie. Tous semblaient décider à se mettre sur son passage. Tant pis, elle bousculait. Elle sentit qu'on lui attrappait le bras. Elle retint à temps son coup qui aurait atteint Juan sinon.
- Hey, où tu cours comme ça ? Lui demanda-t-elle avec son sourire à faire fondre.
Pas quand le Nisir hurle.
- Rosa, je vais la chercher.
Juan perdit un peu de son sourire.
- Bah, elle doit être quelque part avec Marco. Tu n'as pas à t'inquiéter.
- Elle est dehors, avec Marco justement. J'ai tout à m'inquiéter, répliqua Lola en se détournant.
Elle voulut se dégager, Juan l'attira à lui. Elle essaya de le repousser. Quelque chose ne fonctionna pas. La magie ne fonctionnait pas. Le Nisir ne hurlait plus, pas parce qu'il était rassuré au contact de Juan. Non, parce qu'il était absent.
- Je vais retrouver Rosa. Tu viens ou tu me lâches, siffla l'ixil.
Juan devint alors incroyablement sérieux.
- Crois-moi, tu ferais mieux de rester avec moi, dit-il à son oreille.
- Pourquoi ?
- Poses pas de questions.
Lola se dégagea, sans compter sur le Nisir cette fois-ci. Juan la rattrappa et l'attira vers une autre sortie. Sa poigne enserrée le bras de la jeune fille malgré les pressions changeantes de la foule et les bousculades. Lola accepta de le suivre, ayant besoin d'espace pour se dégager.
Enfin dehors. Il n'y avait personne hormis un groupe de trainards ivres.
- Lolita, avant que tu me tapes dessus, écoutes-moi, s'il te plaît. Écoutes, je fais ça pour toi, pour ta sécurité.
- Je m'en occupes très bien toute seule. Tu veux une démonstration ?
Juan la lâcha.
- Marco est bien plus dangereux que tu le crois.
- Je n'abandonne pas mes amis, claqua Lola, en tournant des talons.
- Non, attends.
Partagée entre la colère et l'urgence, l'ixil se retourna.
- Si tu veux vraiment m'aider, s'il est si dangereux que ça, alors tu viens avec moi aider Rosa.
- Je peux pas.
- Alors, casse-toi.
- T'es une ixil, pas vrai ? Questionna Juan sans crier gare.
Lola fut figée de stupeur.
- Je commençais à m'en douter, ajouta le jeune homme. Mais tes pouvoirs d'ixil ne pourront pas t'aider, bien au contraire.
- Pourquoi ?
Juan hésita avant de détourner le regard. Au point où il en était, s'Il découvrait que le jeune homme avait essayé de retenir Lola, cela reviendrait au même que s'il avait tout avoué. Donc, ou bien il livrait Lola, ou bien...
- Il va me tuer s'Il apprend ça. Lola, Marco il a des problèmes, il y a quelques temps, des flics ont failli le choper alors qu'il avait de la lessive sur lui.
Les yeux de Lola s'agrandirent encore, comprenant ce que cela signifiait. Cependant, cette fois-ci, elle ne fit pas demi-tour. Le froid, l'urgence achevait de la dégriser. Elle préférait ne pas foncer tête baissée.
- Il a dû tout balancer, poursuivit Juan. Du coup le patron lui réclame de la tune. Mais la tune, il l'a pas. Alors quand il a appris que ta copine était acconis, et sacrement mignonne...
- Merde ! Juan, tu savais ça et t'as laissé faire ? S'emporta Lola.
Mais au fond d'elle, elle sentait qu'il restait quelque chose, quelque chose qui terrifiait vraiment Juan et en rapport avec le fait que Lola était une ixil.
- Le patron, c'est un Gardien ?
Juan eut un rire nerveux.
- Les Gardiens, il les paye grassement pour avoir la paix. C'est un ixil, Ramunxo Garcia, dit El Salamandor, ce nom te dit quelque chose ?
Elle avait entendu Ambre et Chelidonia en parler, se demandant pourquoi personne n'intervennait. Elle avait la réponse. Elle s'écarta d'un pas de Juan, histoire d'avoir les idées claires et projeta ses sens. Rosa était à deux cent mètres à peine. Elle marchait avec Marco, il avait dû l'embobiner avec tout son bagou.
- Marco sait pas que t'es une ixil...
- Je laisserai pas Rosa, lâcha Lola avant de tourner le talon et de partir en courant.
Elle rattrapa Marco alors qu'il guidait Rosa, droguée, vers une ruelle sombre. Un crochet lui fit voir trente six milles étoiles. Rosa se mit à rire à gorge déployée.
- Rosa, ferme-la lui injecta Lola.
Mais la jeune fille rit de plus belle et attrapa la bras de l'ixil. Lola se dégagea à temps, Rosa s'effondra au sol, à moitié partie dans un trip. Lola maudit vodka, rhum et autres alcools qui empêchaient son esprit de réfléchir clairement. Elle ne pouvait toucher Rosa qui ne contrôlait pas ses dons d'acconis, elle ne pouvait la laisser seule, elle ne pouvait rester là... Juan arriva. Lola se tendit. Il tenait dans sa main un pistolet.
- Juan, t'es un nilnir, faut que tu m'aides à la porter.
- Je peux pas. Lolita, t'aurais dû m'écouter et pas poser de questions.
- Alors tu veux nous livrer toutes les deux ? Siffla Lola accusatrice.
- J'ai pas le choix, répondit Juan d'une voix mal assurée.
Lola fit un pas vers lui. La main du jeune homme trembla.
- Juan, écoutes-moi. Je te laisserai pas faire et t'es pas un meurtrier. Le seul truc que tu peux faire maintenant, c'est nous aider.
- Et pour aller où ? Il nous chasseront ! Cria-t-il d'une voix paniquée.
- Je connais des sorciers qui peuvent nous aider.
Elle se tut, fixa son petit ami.
- Merde, Juan, aide-moi ! On peut y arriver si tu m'aides.
- Je...
L'ixil lui arracha l'arme et la pointa sur lui, menaçante. Une lueur farouche de détermination brillait dans son regard.
- Tu m'aides ou je tire.
Juan obtempéra et hissa Rosa sur ses épaules. Rosa qui ne cessait de rire... Lola l'assoma à moitié.
- Avancez, je cache ce connard, ordonna-t-elle en prenant Marco sur ses épaules et bénissant le sort d'en avoir fait un moldu.
Elle le camouffla derrière des poubelles et retrouva Juan qui avait rejoins la rue principale. Une voiture arriva. Lola, sans hésitation se mit au travers de la route. L'engin pila, un conducteur en sortit, furieux.
- Non mais t'es malade ! Tu veux te faire tuer... Hey ! Qu'est-ce que vous faites ? Fit-il à l'adresse de Juan qui grimpait à l'arrière avec Rosa.
- On réquisitionne. Vous nous conduisez là où je vous dis sans faire d'histoire, déclara Lola.
Le chauffeur s'avisa alors que la gamine à l'arrière, n'était vraiment pas dans en état, que la jeune fille devant lui avait l'air vraiment d'une furie. Dans sa prime jeunesse, il avait oeuvré dans les mouvements terroristes qui s'opposaient à Franco. Il s'était rangé à la mort du dictateur mais restait qu'il en fallait plus pour l'impressioner. Il avait déjà vu la mort, avait connu la peur lorsqu'il avait décidé de lâcher les indépendantistes à la fin. Ils n'aimaient pas que l'on oublie la cause. Mais en lui demeurait l'idéalisme.
- Non. Je veux pas être mêlé à un enlèvement.
Une arme se pointa sur lui.
- C'est justement ce que j'essaye d'éviter, Monsieur, répliqua l'adolescente avec une assurance impressionnante. Nous avons besoin de votre aide.
Elle ne mentait pas. Le silence nocturne trahit le bruit de pas.
- Très bien, montez.
- Merci.
L'adolescente grimpa à la place. La voiture démarra.
- Police ?
- Non ! intervint Juan. Il aura tôt fait de dépecher une brigade spéciale s'il ne vient pas en personne.
- Aigua
Aigua était un petit village au nord de Barcelone, au pied des pyrennées. Là se trouvait le poste des Aurors.
- T'es malade ! S'emporta Juan.
- Je t'ai dis que je connaissais du monde.
- Ouais, et pour elle, on dit quoi ?
- T'as une meilleur idée ? Ecoute, je sais que c'est dingue. C'est pour ça qu'il n'y pensera pas.
Le chauffeur ne posa pas de question. Il était évident que ces jeunes avaient des ennuis, avec un circuit parallèle. De quoi ? Il ignorait. Mais dans ces cas-là, son expérience lui soufflait qu'il valait mieux ne pas chercher à savoir. La seule chose qu'il pouvait faire, c'était les conduire là où ils voulaient. Qu'il devait faire. Il connaissait le regard de leur meneuse. Sa détermination était sans faille et elle avait une arme.
Il jetait de temps à autre un regard dans le rétro, retrouvant l'excitation des opérations d'avant. Un frisson parcourut son échine alors que d'autres images, d'autres faits venaient à son esprit, le genre de chose que l'on préfère oublier.
Personne ne les suivait pour l'instant. Ils sortirent sans encombre de la cité catalane, empruntant des routes de plus en plus étroites.
Ils arrivèrent au village endormie. L'aube sanglante pointait à l'horizon. L'adolescente le guida sur le chemin à prendre. L'asphalte laissa place à la piste de terre qui longeait un profond ravin. Sur les hauteurs, demeuraient les ruines abandonnées par l'exode rural. Elle lui dit de s'arrêter là. Eux, sortaient, lui il pouvait repartir. Elle s'excusa pour le dérangement avant de monter vers les ruines avec son amie portant la dernière, plongée dans une profond sommeil. Il cligna des yeux. Cligna encore. Ils avaient disparu, comme par magie. La magie avait bien son rôle la dedans.
- Ça a plus de gueule comme ça, commenta Lola en voyant le village magique et pas du tout en ruine. Cinq cracs de transplanage retentirent autour d'eux, autant d'Auror les encerclaient.
- Arrêtez-vous là sans geste brusque ! Ordonna leur chef, un sorcier, la quarantaine bien passée, l'air fatigué d'avoir trop vécu.
Mende opina, plaça ses mains en évidence devant elle.
- Nous sommes venus pour vous demander de l'aide.
L'Auror s'approcha d'eux. Les relents d'alcools agressèrent ses narines. Il s'avisa que l'une des trois arrivants -dont l'un était un nilnir- était inconsciente.
- Qu'a-t-elle ?
- Elle a été droggée. Des gars on voulut l'enlever.
- Elle n'est pas sorcière, non ?
Il vit la jeune fille se crisper. Elle cachait quelque chose... Étrange, il ne parvenait pas à déterminer si elle était sorcière ou ixil...
- Lopez fait lui le teste.
- Inutile, coupa-t-elle. Je suis une ixil, si c'est ce que vous voulez savoir. Mais je ne vois pas où est le problème, les Aurors ne sont-ils pas sensés protéger tout les magiciens ?
Sensés, voilà le mot clé. Sensés... Pour sa part, il ne portait pas les ixilik dans son coeur. Cependant, il désapprouvait les actes des Gardiens. Les Gardiens si présents, si forts en ce moment.
- Lopez, conduis la gamine à l'infirmerie. Vous deux, vous me suivez. Je sens que vous avez pas mal de chose à me raconter.
- Non, intervint l'ixil, elle reste avec nous.
L'Auror hésita avant d'accepter. Il repéra un ou deux regards noirs parmi les Aurors. L'ixil opina et le suivit sans faire d'histoire. Tant mieux. Lola guettait dans le village si elle ne voyait pas une tête connue. Même Ambre à la limite... Il paraît qu'elle faisait un stage par ici. Mais quelqu'un, il fallait quelqu'un !
Le bureau était en désordre, poussiéreux, fatigué, comme son propriétaire. Une fois la porte fermée, Lola demanda à ce que l'on prévienne Ambre Laroche puis narra son histoire. L'Auror écouta. A la fin du récit, il sentit le poids des années peser plus que jamais sur ses épaules.
- Votre cas est délicat. Ici, on essaye d'oublier El Salamandor. Vous savez, il fait parti de ces chefs de gang qui ont profité de la dictature de Franco pour développer un réseau magico-moldu très influent. Les Gardiens ferment assurent ses arrières car il s'attaque aux moldus, aux nilnirs et ixilik, tous ceux qu'ils n'aiment pas.
- Ils ont donc quelqu'un qui les payent en plus de faire le sale boulot, comprit Lola, de plus en plus nerveuse. Et ils ne veulent pas qu'on leur retire leur jouer. Mais ce n'est pas ce que je vous demande. Je vous demande juste votre protection, pour nous et pour nos parents. La protection des moldus, c'est dans la ligne directe du gouvernement de ce pays, non ?
- Vous êtes bien naïve.
- Je t'avais dis que c'était une mauvaise idée, murmura le nilnir ateré.
- Mais enfin ! S'emporta l'ixil. Vous n'allez tout de même pas me dire que vous ne pouvez rien pas nous protéger parce qu'un ixil (elle insista sur ce mot) graisse la patte de quelques huiles.
Un silence gêné lui répondit. Elle en fut choquée, abasourdie. La pitié étreignit le coeur du vieil Auror. Elle avait beau être une ixil, elle lui paraissait bien plus humaine, plus innocente que nombres d'Auror corrompus par les Gardiens.
- En France ? J'ai la double nationalité. Emmenez-nous en France, eux peut-être qu'ils pourront nous aider.
- C'est ce que j'espère. Mais ne vous attendez pas à des miracles. Eux appliquent vraiment la politique de protection des moldus. L'ennui, c'est qu'il n'y que les moldus qui les intéressent.
- Mes parents sont moldus.
- Mais vous, vous êtes une ixil, rappela l'Auror.
- Ça c'est mon affaire. Mettre mes parents et Rosa en sécurité est ma priorité.
- Sympa pour moi, souffla Juan.
- On en serait pas là si...
- Si quoi ? Si j'avais vendu la mèche avant ? Pour me retrouver assassiné, non merci !
Lola l'ignora, reportant son attention sur l'Auror.
- Pourra-t-on les mettre en sécurité ?
- Je l'espère, soupira-t-il.
Le silence vint poser sa chape de plomb. Le sorcier réfléchissait à un moyen de les mettre en sécurité, tous. Pour la première fois depuis des années, la flamme qui l'animait lorsqu'il avait choisi ce métier, brûlait. Il voulait vraiment les aider, l'aider elle qui réclamait de l'aide pour les autres. Heureusement qu'aucun Gardien n'étaient à portée d'oreille. La jeune fille était typiquement le genre d'élément qu'ils voudraient éliminer. Pas bon pour l'image de sauvages sanguinaires que l'on collait si facilement sur les ixilik.
- Vous êtes un peu Gryfinedor, commenta-t-il à voix haute pour détendre l'atmosphère.
Elle esquissa un sourire alors que Juan fronçait des sourcils, ne comprenant rien à ce qui se disait.
- On me l'a déjà dis...
Une idée la frappa soudain.
- Mais oui ! Bien sûr ! Dumbledore ! Je veux dire, y a-t-il un moyen de le solliciter ?
- Il est déjà très solliciter et si l'on passe par tout les services administratifs, il y en a pour des jours, si tant est que l'on accepte de déranger ce grand homme déjà solliciter de tout les côtés.
Pour sa part, l'Auror estimait qu'il s'agissait d'un sorcier autrefois respectable, rendu gâteux par l'âge.
- Les hiboux, ça existe. Et quelqu'un qui a osé s'opposer à V... vous-savez-qui n'aura pas peur de s'opposer à Ramunxo Garcia.
L'Auror opina. Certes, Dumbledore ne pouvait intervenir sur le territoire espagnole contre Garcia -il y avait déjà songé- mais, protéger trois jeunes gens ? Vu la situation, c'était à tenter.
On frappa à la porte. Ambre Laroche. Encore un peu endormie et surtout rongée par l'inquiétude, la jeune femme s'était dépêchée de venir, sitôt réveillée.
Lorsqu'elle découvrit l'ixil, habillée de manière aguicheuse, maquillée comme pour aller en boîte, il lui fallut quelques secondes avant de reconnaître le garçon manqué qu'était Lola en compagnie des frères Lagrange. Toutes deux eurent un instant d'hésitation, ne s'étant pas pas quittées dans les meilleurs termes.
- Ambre, je crois que je me suis vraiment attirée des ennuis cette fois-ci, murmura Lola d'une voix blanche.
L'apprentie Auror fit un pas vers son amie.
- Pire que le dragon ?
Pour toute réponse, Lola se leva et se glissa dans les bras d'Ambre, s'abandonnant pour la première fois aux larmes, à la peur. La sorcière la sentait trembler de tout son corps. Pour la première fois, elle la voyait pleurer, ou plutôt sangloter doucement. Cela ne fit que l'alarmer davantage.
- Que paso ? Questionna-t-elle à son supérieur hiérarchique alors que Lola essayait tant bien que mal de se calmer.
Elle entendit l'histoire et comprit la panique de sa cadette.
- Liliana Delacour. C'est une amie de mes parents. Il faut la prévenir, elle nous aidera.
Le vieil Auror opina. Au pays de Voltaire et d'Hugo, seuls les ixilik n'avaient pas le droit à la douceur de l'égalité des droits.
- Et je sais qu'elle rêve de coincer des gars del Salamandor. Avec l'aide de Juan...
- Mais il faut qu'ils arrivent vivant là-bas, coupa le chef, très sombre. Et ils doivent partir le plutôt possible d'ici. Mlle Laroche, vous allez prendre deux Aurors de confiance avec vous. Vous devez avoir quitté les lieux dans une heure.
- Pourquoi ? Intervint soudain Lola qui s'était ressaisie. Pourquoi on parle comme si Ramunxo Garcia allait nous poursuivre aussi loin. Je veux dire, on est que trois, on en vaut pas la peine.
Et pourquoi le Nisir lui hurlait de fuir le plus loin possible ?
- El Salamandor n'aime pas qu'on lui échappe, lui répondit Juan, ou qu'on démissionne. Moi, c'est sûr, il me poursuivra à l'internationnal, et Rosa aussi. Seule toi, t'as tes chances de lui échapper, du moins tu les aurais eu...
- Mais c'est à cause de toi que Rosa et Juan lui ont échappé, à Barcelone et ça, il l'apprendra tôt ou tard.
- Excusez-moi, intervint Ambre, mais il va y avoir un problème au niveau du transport. Juan ne peut utiliser un balai.
- Rosa non plus, ajouta Lola. Du moins, pas dans son état.
- On peut toujours être à deux sur un balai.
- Pas avec Rosa. Faut une voiture, assura Juan.
Le vieil Auror opina, réfléchissant aux nouvelles données.
- Très bien, alors Juan et Rosa iront rejoindre Delacour à Perpignan. Ambre, vous partez directement avec Lola pour l'Angletterre.
- Pourquoi je ne vais pas à Perpignan aussi ?
- Parce que tu es une ixil Lolita et que tout les Aurors français n'ont pas la droiture de Liliana Delacour, déplora Ambre. Protéger un nilnir et une moldue, passe encore. Pas une ixil. On part de suite ?
L'Auror opina. Le plutôt serait le mieux, elles partiraient seules pour plus de discrétion. Lola se tourna vers Juan.
- Merci. Je sais que c'est à cause de moi que t'es là. Je suis désolée.
Le jeune homme retrouva un instant sa nonchalance et offrit un sourire à son amie.
Oh moins, tu m'as permis de leur claquer la porte au nez.
Lola lui rendit son sourire en même temps qu'un baiser, puis elle s'approcha de Rosa qui émergeait pour lui dire au revoir. Cette dernière lui rendit un timide sourire.
- Je crois que j'ai vraiment fait une bêtise, murmura la rouquine d'une faible voix.
- T'inquiètes, j'en ai fait des pires, la rassura Lola d'une voix douce.
- Ah ouais, quand ?
L'ixil haussa des épaules, un brin nonchalante pour camouffler son angoisse.
- Je ne sais pas, il y en a tellement. Allez bye. And may the Force be with you.
- May the Ring follow you.
C'était leur au revoir à elles. Leur dernier adieux, mais cela, elles l'ignoraient encore. Elles le pressentaient juste.
Ambre donna à Lola des vêtements chauds et elles s'envolèrent dans le ciel matinal. Elles passèrent par Port-Bou, remontèrent jusqu'à Clermont-Ferrant, arrivèrent dans la soirée en Bausse, à Minuit en Normandie. Au petit matin, elles survolaient Londres de loin. A midi, elles s'accordèrent une pause. Lola, tombant de fatigue, n'était vraiment plus en état de poursuivre leur périple. Elles se posèrent à l'ombre d'une forêt de hêtre silencieuse.
Soudain, Ambre fronça les sourcils. Elle sortit son miroir de communication, outil pratique mais cher à fabriquer et assez fragile si bien que seuls les Aurors en avaient. Elle lut le message et laissa échapper un juron.
- Dumbledore a été appelé par une urgence, on ne sait où, il y a deux jours. Impossible de le contacter.
Lola laissa un juron s'envoler à son tour. Elle se raidit soudain. Le danger... il était de nouveau là. Elle le sentait au travers de la fatigue. Pourquoi ? Comment pouvait-on savoir qu'elles étaient là ?... A moins que ce soit...
- Un problème en plus ? Questionna Ambre inquiète.
- Danger...
L'apprentie Auror se leva, baguette à la main. Lola enleva le cran de sûreté du pistolet qu'elle avait conservé. Ambre lui jeta un regard désaprobateur que surprit Lola.
- T'inquiètes, je tuerai personne avec. Je tuerai personne tout court. Je préférerais crever plutôt que de tuer quelqu'un...
Elle se tut. Un énorme craquement venait de résonner. Cinq personnes apparurent devant elles. Ambre attrapa vivement le bras de Lola et les transplana, blême. Elles étaient à Pré-au-Lard.
- Il y était. El Salamandor. Je l'ai reconnu et...
Autre craquement, autre transplanage.
- Merde, ils ont un moyen de nous tracer !
- Ouais, mais comment ?
Autre transplanage. Ambre ne pourrait plus en faire qu'un seul.
- Le miroir ! S'exclama-t-elle.
Elle le tira de sa poche et le plongea dans les feuilles mortes. Autre transplanage. L'apprentie Auror était livide. Lola dut la soutenir. Elle l'aida à rejoindre une vieille cabane abandonnée, à l'écart du village. De là, Lola vit des étudiants en uniforme arriver...
Le danger, toujours le danger qui lui hérissait la nuque. Elle les vit, pas loin dans la forêt. Elle sentit une présence qui fouillait le Nisir, qui la trouvait elle ! Elle et Ambre qui n'était plus en état de se battre... Les enseignants !
Elle sortit en trombe de la cabane, courut vers les enseignants qui accompagnaient la troupe insouciante des étudiants. Ignorant les regards effrayait que l'on jetait à l'ixil qu'elle était, elle les supplia de la suivre jusqu'à la cabane. Une femme dans la force de l'âge à l'air revêche et un petit sorcier lui emboitèrent le pas. Garcia était toujours à l'orée de la forêt. Une détonation retentit, une vitre cassa, un message télépathique glissa dans l'esprit de Lola.
« Tu as cinq minutes pour me rejoindre. Le prochain coup sera sur un enfant »
« Vous ne pouvez vous attaquer aux sorciers »
« Sur un enfant de moldus »
« Les enseignants vous en empêcheront »
« Nos balles sont magiquement traitées, et ces deux-là gênent les Gardiens »
- Who are you ? Lui demanda la revêche.
Lola ne répondit pas. Elle leur hurla, à travers la terreur de ne pas la suivre. L'épée de Gryffindor apparut dans sa main. La sorcière devant elle accusa avec surprise, mais accepta de se plier à la requête de la jeune ixil. Lola filait déjà vers la forêt. Elle ne voulait pas de mort.
La tête vide, elle marcha vers la forêt inquiétante, sombre, emplie de créatures dangereuses. Les plus menaçantes étaient les humains, qui attendaient tranquillement. Lola les vit, les cinq. Quatre hommes de mains, un enchanteur, un sorcier, un ixil, un nisrine. Et lui. Ramunxo Garcia. Il s'agissait d'un ixil, plutôt de petite taille, au front se dégarnissant de ses mèches poivrés, les yeux émeraude brillant de calcul et d'avidité, à la maîtrise du Nisir extrêmement mature. Il n'eut aucune réaction envoyant la jeune fille tenant l'épée de Gryffondor.
Lola vint se planter devant lui. Elle le dévisagea fière, déterminée.
- Je suis là maintenant. Pourquoi teniez-vous tant à me retrouver ?
- Pourquoi tenez-tu tant à fuir, Lola Orozco ?
La jeune fille se tendit. Il connaissait son identité. Ses parents... La sensation de danger était plus forte que jamais, cette sensation même qui l'avait poussait à fuir loin du Salamandor. Le Nisir hurlait. Le Nisir que fouillait Garcia, chacune des particules enveloppant Lola semblait être interrogée.
- Alors, je vous ai posé une question, s'impatienta-t-elle.
- Lopez, Belzenia...
Le sorcier et l'ixil se détachèrent et s'avancèrent vers Lola qui fit un bon en arrière. Elle leva le pistolet, pointé sur leur meneur.
- Dites-leur de reculer.
Ils s'avancèrent, elle se recula encore.
- Dites-leur !
Elle tira, visant la jambe. Rien ne se produisit. Le Scolopendre avait enrayé par magie. Lola jeta le pistolet sur l'ixil, de tout sa force, de toute sa puissance. Belzenia s'effondra, assommé par le choc. La baguette du sorcier cracha un éclair écarlate. Le maléfice percuta la lame gobeline qui diffusa ses éclats sanguins. Lola bénit les longues heures passées à harceler Frédéric et Gregory pour jouer au jedi.
Immergée dans le Nisir, elle para ainsi deux autres maléfices et attaqua. Un coup de pied fit sauter la baguette des mains sorcières, un coup de pommeau à la tempe envoya Lopez dans les brûmes. Les mêmes brumes que celle qui menaçaient de submerger l'adolescente épuisée. Au travers la fatigue, elle reconnut en Lopez l'un des Aurors de Aigua.
Garcia ordonna au nisrine et à l'enchanteur de s'attaquer à la furie. Un branchage sec surprit l'enchanteur par derrière. Restait le nisrine en course, le nisrine qui possédait un katana. Lola para un coup de tranche verticale, attrapa le bras, et assomma le dernier homme de mains d'un coup de tête. El Salamandor observa la scène, observa la jeune ixil. Il esquissa un rictus satisfait. Lola comprit que cela n'avait été qu'un test, test qu'elle avait brillamment réussi en y laissant ses dernières forces. Ses oreilles sifflaient avec forces, le monde devenait lointain, glacial. Dans ce monde, des présences chaleureuses couraient vers eux. Dans ce monde, l'homme aux yeux émeraudes venaient de lui attraper le bras, répandant une angoissante paralysie dans son corps.
Tout bascula.