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Artoung
Author of 27 Stories

Rated: M - French - Romance - Draco M. & Harry P. - Reviews: 354 - Updated: 06-28-08 - Published: 03-03-08 - Complete - id:4110283

Disclamer :Pas à moi tout est à JKR

Coupleuh :HPDM (wath else ?)

Rating :M

Genre:Romance

Note :Oui alors je sais, j’ai déjà deux fics sur le feu mais comme on dit chez moi : jamais deux sans trois (ou comment s’éparpiller encore plus) mais j’avais ce chapitre de prêt alors je me suis dit : Postons ! (oui je me parle à la première personne du pluriel comme le faisait les roi, ça roxx !)

Vous devez vous demander aussi comment va mon bébé chat. Il va bien, je vous rassure, il se porte comme un charme et cherche désespérément l’amour ! Je passe donc une petite annonce pour lui :

« Jeune chat, peu expérimenté mais avide d’apprendre, propre, distingué, habile et souple recherche femelle moustachue peu farouche habitant pas très loin, pour contacts physiques très rapprochés. »

Oui, en gros j’en ai marre de l’entendre miauler à la mort parce qu’il a ses chaleurs ! Mais trouve toi une copine b de m ! hum hum pardon, à part son léger problème de miaulement (surtout le matin èé) il est mignon.

Bon voilà, le chat c’est fait…passons maintenant à Imeldamizi (désolée tu passes après le chat mais ne dit-on pas le meilleur pour la fin ?)

Cette fic est pour toi Juste retour des choses après ta super fic « Les winz » courrez vite la lire si ce n’est déjà fait ! Enfin cette fic c’est surtout pour te remercier pour toutes tes fics, parce que tu écris divinement, et que, ce qui roxx encore plus, tu es adorable. J’espère que ça te plaira.

Remerciement : à StarKilleur qui roxx, qui m’a corrigé et je j’adore (et qui est gentille et sexy pour moi:p), àBaddy et Fanny que j’ai dû saouler avec cette histoire et à Vifounette d’amour qui m’a inspiré pour ce premier chapitre avec son Quebec adoré et le personnage d’une certaine monitrice agaçante XD.


Chapitre 1 : Poignet foulé et cheville cassée

Harry regarda le plafond blanc de l’hôpital, se demandant comment tout avait pu dégénérer à ce point là. Son poignet droit lui faisait mal mais rien d’insupportable. Il était probable qu’il s’en tire avec une foulure. Par contre ses lunettes devaient être ensevelies sous la neige, quelque part sur la piste noire de la station de ski. Elles étaient perdues et presque sûrement cassées.

Si c’était la seule perte qu’il avait à déplorer, avec sa foulure au poignet, alors il s’en sortait bien…cela aurait pu être bien pire.

Il aurait pu mourir.

Cette révélation lui fit un choc, pas par ce qu’elle voulait dire en elle-même mais pour la conséquence qui s’imposait.

Draco-je-me-la-pète-Malfoy lui avait sûrement sauvé la vie. Harry écarquilla les yeux, horrifié.

C’était affreux, inimaginable ! Ce gros connard lui avait sauvé la vie !

L’infirmière près de lui, eut un regard consterné lorsqu’il se frappa le front de sa main valide en gémissant des « mais c’est pas vrai ! » désespérés.

Il n’aurait pas pu le laisser crever ! Non, il avait fallu qu’il se mette en travers de son chemin et maintenant Harry allait avoir une dette envers lui. Et la seule chose qui faisait que Harry désespérait d’être en vie c’était bien la perspective de devoir quelque chose à Malfoy.

Ce séjour au ski au Quebec devenait de plus en plus affreux à mesure que le temps passait.

Au début tout avait semblé parfait : En octobre, Dumbledore avait annoncé aux septièmes années qu’ils allaient partir au ski au Canada, pendant les vacances d’hiver. Autant dire, que tout le monde avait attendu le vingt deux décembre avec impatience. Cela ne dérangeait personne de ne pas être auprès de leur famille pour Noël sauf Théodore Nott, un serpentard qui venait d’avoir une petite sœur et qui préférait passer les vacances chez lui. C’était le seul septième année qui ne serait pas du voyage Ces deux semaines au Quebec ravissaient tout le monde. Les serpentards avaient juste grimacé quand on leur avait dit que la station de ski serait moldue et donc que la magie serait proscrite durant tout le séjour mais aucun d’eux n’avait bronché. Pas même Malfoy…enfin du moins pas en public. Une telle sortie était une première pour Poudlard. Mais Dumbledore tenait à fêter la chute de Voldemort et des mangemorts. Une aire de paix et de tolérance s’ouvrait pour tous. Il existait bien sûr des stations de ski sorcières mais le directeur pensait que côtoyer les moldus pendant quinze jours ne pourrait pas faire de mal à certains élèves et surtout, les stations moldues étaient beaucoup moins chères…Hé, il avait quand même une école à gérer !

Tout le monde était enchanté par cette sortie, sauf les élèves des six autres années qui devaient rester au château et les professeurs qui n’avaient pas été « conviés » à ces vacances.

Mc Gonagall en faisait partie. En tant que sous-directrice, elle devait s’occuper de Poudlard pendant que Dumbledore allait skier. Autant dire qu’elle avait été plus qu’hargneuse au fur et à mesure que la date fatidique approchait et beaucoup de points avaient été enlevés injustement. Surtout que Snape, lui, allait au ski et qu’il n’en loupait jamais une pour le lui rappeler, le petit con.

Lupin, qui avait été réembauché après la guerre, était aussi de la partie, il allait devoir surveiller le groupe des gryffondors, Snape celui des serpentards, Chourave celui des Poufssoufles et Hagrid celui des serdaigles…Dumbledore, lui, refusait de surveiller qui que ce soit, il voulait juste surfer en paix…

Lorsque le vingt deux décembre arriva, tout le monde avait eu le temps de faire ses préparatifs et l’impatience se lisait sur tous les visages ou presque (Draco étant juste blasé et Snape souriait de toutes ses dents à McGonnagall, ce qui était effrayant).

C’était deux jours avant que Harry fut amené en ambulance dans un hôpital moldu...en compagnie de Malfoy.

Le voyage s’était passé en deux étapes.

Ils avaient d’abord tous transplané, le vingt deux au soir dans une aire d’atterrissage québécoise prévue à cet effet. Ils avaient dormi dans un hôtel sorcier. Le lendemain, deux bus moldus les avaient pris pour les emmener vers la station « étoile des neiges » qui se trouvait à huit heures de route de là. Et c’est à ce moment que tout avait commencé à déraper…

Tout naturellement, les serdaigles étaient les premiers installés dans le bus et ils étaient déjà en train de calculer le temps qu’ils perdaient en utilisant un moyen de locomotion moldu par rapport aux divers moyens sorciers. Les poufsouffles surveillaient anxieusement les serpentards, pour pouvoir se mettre dans le bus où ils ne seraient pas. Et les serpentards attendaient hargneusement que les gryffondors prennent place pour ne pas se trouver dans le même bus qu’eux.

Finalement les gryffondors, sortant en retard et en braillant de l’hôtel, montèrent dans le bus encore vide de tout occupant, suite à quoi les poufssoufles se ruèrent à leur suite. Les serpentards, en traînant des pieds, se décidèrent enfin à monter dans l’engin moldu, près des serdaigles. Autant dire qu’ils furent tous malades…

Le trajet avait été plus long que prévu. Les bus ayant été obligés de s’arrêter souvent à cause des malades. Surtout celui qui comportait les gamins arrogants, à croire que ces jeunes n’avaient jamais voyagés en bus. Les chauffeurs, qui n’avaient aucune idée de l’identité des gens qu’ils transportaient, n’avaient jamais vécu voyage plus bizarre.

Ils parlaient de balai, de chouette, de molle drue (peut être un truc sexuel pensa le chauffeur en se disant que décidément, elle était belle la jeunesse anglaise !) un serpent tard (que celui qui a déjà vu un serpent tôt appelle le chauffeur de toute urgence) une pouffe souple (si ce n’est pas triste de voir des jeunes parler aussi mal de leurs compagnes ! » et de plein d’autres trucs incongrus. De plus, leurs professeurs faisaient les gros yeux dès qu’un des mots étranges était prononcé en leur présence. Sauf le vieux barbu, lui qui avait passé le voyage à manger des chocolats en forme de grenouille –un des chauffeur avait même cru en voir une bouger et après ça il avait une pause d’une demi-heure pour se calmer et laisser un jeune homme blond vomir tripes et boyaux pour la troisième fois-.

Dehors, les yeux fixés sur le bitume, Draco en avait marre du regard de pitié que le chauffeur lui lançait. Il s’efforçait de respirer calmement, les mains sur les genoux, les cheveux qui passaient sur ses yeux, il était plié en deux et son estomac semblait hésiter à rejeter le peu qu’il devait rester de son petit déjeuner. Il avait dû passer devant le bus de Potter pour vomir et avait eut le temps de voir son salut moqueur alors qu’il courrait en direction du bas-côté. Ce voyage était une véritable torture. En plus ils étaient quasiment tous malades dans son bus, puisqu’il y avait une majorité de sang-pur, et même ceux qui ne craignaient pas habituellement les voyages de ce genre, devenaient malades en voyant les autres l’être…sans compter qu’il y avait cette horrible odeur de vomi…En y repensant Draco eut un nouveau haut le cœur mais rien ne sortit. Il se douta que plus rien ne sortirait avant qu’il ne mange quelque chose et sur le coup il en fut soulagé. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il se rendrait compte que c’est encore plus douloureux quand on a plus rien dans le ventre. Au bout de cinq minutes, il se redressa doucement et ferma les yeux en sentant son estomac se contracter. Il se rinça la bouche méticuleusement mais il sentait encore cet horrible goût de rendu…Quel voyage affreux ! Le teint blafard et l’humeur au plus bas, il rejoignit son bus, si on ne lui avait pas confisqué sa baguette, il aurait dégagé de là vite fait. Ces vacances scolaires ne valaient plus vraiment le coup finalement…et il aurait donné n’importe quoi pour revenir un jour en arrière et rester à Poudlard. Déjà, il avait fallut se lever aux aurores dans un hôtel, certes sorcier, mais d’une propreté douteuse et il avait très mal dormi. Et à présent, il avait encore cinq heures de route à faire, route qui allait devenir de plus en plus tortueuse selon les chauffeurs. « Fallait grimper le versant de la montagne » d’après eux. Lorsqu’il fut installé à sa place, tout au fond, en compagnie de ses amis, le bus se remit en branle.

« -ça va mieux Draco ? » demanda Pansy à sa droite, en lui frottant doucement le dos.

« -Potter ce sale chien, s’est encore foutu de ma gueule », grogna le blond en réponse.

« -C’est……..un……….salop….pard ! »

Blaise parlait péniblement tout en soufflant dans un sac en papier. Sa peau noire avait pris un teint de cendre depuis maintenant deux bonnes heures mais il était l’un des rares à ne rien avoir vomi. Et pour lui c’était maintenant une question d’honneur. Il menait une lutte sans merci contre son estomac et rien ne le ferait flancher.

« -Les enfants, je dois vous parler ! », fit Dumbledore, à l’autre bout du bus en se levant. « C’est à propos de l’organisation du reste du voyage, soyez donc attentifs ! Que ceux qui dorment se réveillent ! Allez, allez ! »

« -Mais monsieur, si on réveille, Grégory, il va encore vomir », se plaignit Crabbe qui était à côté du dormeur.

« -C’est vrai que ce petit à l’estomac fragile », constata Dumbledore songeur, « mais c’est un risque que nous devons prendre Monsieur Crabbe ! »

Vincent ne semblait pourtant pas décidé et lorsque Snape se leva à son tour, l’air nauséeux, et qu’il lui jeta un regard mauvais, il préféra finalement réveiller son camarade.

« -Hein ? Qu’est ce qui se passe ? » demanda le brun en clignant des yeux un peu stupidement avant de se tenir le ventre, ayant de nouveau un mal de chien.

Il jeta un regard noir à Crabbe.

« -J’ai été obligé de te réveiller », annonça ce dernier en montrant Dumbledore de la tête.

« -Bien maintenant, que j’ai toute votre attention », sourit Dumbledore, « je vais laisser le professeur Snape vous expliquer ce qui va se passer, j’ai une partie de Mario Bross à finir ! » dit-il en brandissant une drôle de boite grise et rectangulaire avec un petit écran noir. « Ils sont à vous Severus ! »

Le Severus en question toisa les élèves méchamment. Apparemment, il ne supportait pas non plus les voyages en bus et c’était encore pire car lui il était à côté d’un type qui non seulement allait parfaitement bien mais en plus passait son temps à jouer à des jeux idiots. Il voulait donc finir cette corvée, qui était « d’expliquer aux élèves », au plus vite. Il faisait déjà assez cela durant l’année sans qu’il doive se le coltiner pendant les vacances.

« -Bien, vous serez deux par chambre d’hôtel. » Commença à débiter Snape. « Vous ne pourrez pas tous être dans le même, donc on vous a séparé en deux groupes. Les serpentards et les gryffondors seront dans l’hôtel « Neige éternelle » et les serdaigles et poufsouffles dans « Nuits Blanches ». Ne me demandez pas pourquoi ce groupement, le directeur en a décidé ainsi. Je ne fais que subir ses sautes d’humeur et me plier à son bon vouloir… »

« -Le……..pauvre…………il…………..a……………l’air…………bla………….sé », chuchota difficilement Blaise toujours par à-coup.

« -Vous serez répartis dans les chambres par sexe et par ordre alphabétique, je vais distribuer à tous la liste car je n’ai aucune envie d’énumérer les paires. Sachez juste que cette répartition est définitive. Pas de changement possible donc renoncez d’ores et déjà à supplier, menacer, corrompre ou faire du chantage à qui que ce soit. Cela m’amuse encore moins que vous puisque je partage ma chambre avec Rem…le professeur Lupin ET notre cher directeur. »

« -Allons Severus, vous verrez, on va bien s’amuser ! » s’éleva la voix de Dumbledore derrière son fauteuil. « Et puis je n’allais pas aller dans la chambre de Hagrid et Madame Chourave, ils ronflent trop tous les deux. Oh non…encore perdu ! Ce niveau est vraiment difficile ! Comment veulent-ils qu’on évite à la fois la plante carnivore et le champignon volant ?! »

Le professeur Snape pinça l’arrête de son nez avec ses doigts, l’air vraiment désespéré. Et Draco eut pitié de lui. Mais toute la sympathie qu’il pouvait éprouver s’évapora instantanément lorsqu’il eut la liste dans ses mains et qu’il vit qui allait être son voisin de chambre.

« -C’est une

-…plaisanterie !? » s’exclama Harry en secouant la feuille sous le nez de Remus Lupin.

L’ambiance dans le bus des gryffondors et des poufsouffles venait d’être plombée par l’affreuse nouvelle que le professeur Lupin avait dû divulguer.

« -Je suis désolé, Harry, mais vous avez été trié par ordre alphabétique. »

« -Et je suis avec Zabini ! » s’écria Ron Weasley qui venait de gagner un degré de pâleur en plus, le voyage en bus ayant déjà bien entamé la pigmentation de sa peau.

« -C’est ridicule ! On a qu’à échanger, je suis sûr que Malfoy et Zabini seront d’accords ! »

Remus secoua la tête d’un air navré.

« -Dumbledore refuse tout compromis, il ne veut pas qu’on le dérange pour ça.

-Il n’est pas obligé d’être au courant.

-C’est le directeur Harry.

-Mais on s’en fout, il…

-paie le voyage », coupa Remus. « Tu vas devoir faire contre mauvaise fortune, bon cœur. »

« -Mais c’est impossible ! Il doit bien y avoir une solution. Il ne peut pas y avoir personne entre Malfoy et Potter !

-Il n’y a personne.

-Non, il y a Neville ! » s’écria Harry le cœur plein d’espoir.

Trois sièges devant Harry, le garçon en question se retourna.

« -Je te rappelle que mon nom de famille c’est Londubat et pas Neville ! N’essaie pas de me refiler la fouine ! »

Le visage de Harry se ferma, boudeur, avant de s’éclairer à nouveau.

« -Pansy Parkinson ! » s’exclama-t-il.

« -C’est une fille», répliqua Remus patiemment.

Harry s’affaissa de nouveau alors que Ron à ses côtés soufflait que les scientifiques cherchaient encore à déterminer s’il s’agissait vraiment d’une fille. Mais il ne parvint pas à faire sourire son meilleur ami. Il ruminait, cherchant dans les serpentards quelqu’un qui aurait un nom qui ferait l’affaire, lorsque Hermione Granger derrière eux annonça d’une voix calme.

« -Il y a Théodore Nott... »

Harry bondit de son siège, en souriant comme si on venait de lui dire qu’il venait de gagner au loto.

« -Hermione, tu es la plus merveilleuse personne de cette planète ! » fit-il en la prenant dans ses bras.

« -Malheureusement », s’éleva la voix amusée de Chourave, qui venait de se placer à côté du dernier des maraudeurs, « Monsieur Nott est resté en Angleterre. »

« -Et est ce que vous, vous savez que ce séjour verra la mort d’un de nous deux ?! Nous allons nous entretuer ! Vous êtes inconscients ! »

« -Je ne sais pas pour les autres », répondit Snape à voix basse en jetant un bref coup d’œil en direction de Dumbledore et d’Hagrid. « Mais moi j’en suis conscient. Et j’espère que c’est toi qui restera debout Draco. Je compte sur toi…l’honneur des serpentards est entre tes mains et… »

« -Vous voulez dire que vous laissez faire tout cela dans l’espoir qu’il se passe vraiment quelque chose d’horrible et que ça retombe sur Potter ? » s’exclama Draco abasourdi.

« -Non, j’ai réellement les mains liées Draco ! » se récria Severus choqué. « Mais ça ne m’empêche pas d’espérer… », poursuivit-t-il d’un ton plus bas en lui faisant un clin d’œil de connivence.

Draco se détourna démoralisé. Il avait toujours su qu’il était dans une école de cinglés –suffisait de voir le directeur-, mais il ne pensait pas que Snape serait un jour atteint. Ce dernier s’en fichait complètement de savoir que la plupart des serpentards allait devoir cohabiter avec des gryffondors. Qu’IL allait devoir se coltiner Potter ! Ce type était pire que tout. Une vraie calamité. Sa calamité personnelle, il fallait le dire. Il lui était physiquement impossible d’être à ses côtés sans qu’il sente ses poils s’hérisser et son pouls s’accélérer de manière alarmante. C’était parfois même si intense qu’il se retrouvait à trembler de rage comme le dernier des attardés. Il ne savait vraiment pas si il était capable de survivre deux semaines dans la même chambre que lui. Ils risquaient vraiment de s’entretuer. Depuis le début de l’année, ils étaient sans cesse l’un sur l’autre…à se battre.

Ils se battaient pour un oui ou pour un non, parfois sans qu’aucun mot ne soit proféré, juste parce qu’on pensait qu’il était en train de nous insulter mentalement. Ridicule mais pour se défouler, tous les moyens étaient bons. Sauf que les faire cohabiter ensemble pendant deux semaines était de l’inconscience au dernier degré.

Draco, qui avait un sens aigue de sa survie personnelle, était déjà en train d’essayer de se rassurer en se disant que s’il passait ses journées sur les pistes, lorsqu’il rentrerait se coucher il serait beaucoup trop fatigué pour ne serait-ce que jeter un coup d’œil à Potter et il s’endormirait comme une masse. Et le matin il fuirait la chambre au plus vite et si Potter avait deux sous de jugeote, il ferait la même chose. Avec un peu de chance, au final, ils se verraient encore moins qu’à Poudlard.

Il oubliait juste dans ce programme, sa fâcheuse tendance à chercher Potter pour tout et n’importe quoi. Il n’était pas sûr que même fatigué au plus haut point, cette partie de lui ne vienne pas lui gâcher son séjour. Même en dormant, il serait capable de devenir somnambule juste pour pouvoir frapper Potter. C’était instinctif chez lui, d’aller emmerder le balafré. On pouvait avoir les meilleures intentions au monde mais notre nature profonde revenait toujours au triple galop.

Le reste du voyage se passa dans une humeur morose, entrecoupé d’arrêts fréquents pour les différents malades. Blaise finit même par l’être aussi, il faut dire que savoir qu’il allait être dans la même chambre que Weasley avait fini par terrasser sa volonté pourtant puissante et son estomac avait finalement gagné la bataille.

Ils étaient partis à sept heures du matin et au lieu d’arriver à quinze heures, il était dix-huit passées lorsque les bus s’arrêtèrent à la station « Etoiles des neiges ».

-Nous ne ferons pas de ski aujourd’hui, expliqua Dumbledore, visiblement déçu. On va monter vos affaires dans vos chambres respectives. Vous, vous allez donner aux moniteurs votre niveau en ski. Ceux qui n’en ont jamais fait, auront des cours tous les matins, vous verrez on apprend très vite.

Harry retint une grimace lorsqu’il entendit Malfoy ricaner. Il était à quelques mètres de lui et parlait à Parkinson d’une voix exagérément forte. Durant le voyage, il avait été étonnement discret lors des pauses-repas-raffraichissements, mais Harry savait que c’était parce qu’il avait honte d’être malade comme un chien, à présent il avait revêtu son arrogance mesquine en même temps que son lourd blouson d’hiver.

-Je suis quasiment un champion de ski, disait-il, enfin je le serais si je faisais de la compétition. Mais pour moi cela doit rester un plaisir…

-Moi je vais devoir prendre des cours, marmonna Blaise à ses côtés, je ne suis jamais monté sur ces trucs.

Draco prit un air navré que Harry trouva totalement faux.

-Tu verras, il n’y a pas plus simple, même les moldus y arrivent ! Il faut dire que je passe mes vacances sur les pistes depuis que j’ai l’âge de marcher. Enfin, avec mes parents c’était autre chose que cette station, nous avons une station privée et sorcière, bien entendu. Elle est magnifique et si nous n’étions qu’entre sang-purs j’aurais proposé à Dumbledore d’aller là bas…mais là, ce n’est vraiment pas possible !

-Ce qu’il peut m’agacer, siffla Ron à côté de Harry qui avait aussi entendu le blond. Je suis sûr qu’il n’est pas si bon que ça.

Harry hocha la tête avant de se retourner vers les pistes enneigées. C’était la première fois qu’il en voyait en vrai, toute cette neige avait quelque chose d’immense et comme il faisait presque nuit, l’impression écrasante se renforçait encore. Les derniers skieurs dévalaient la pente rapidement et avec facilité. C’était vraiment agréable de les voir et skier n’avait vraiment pas l’air compliqué. Il était sûr que Malfoy se ventait pour pas grand-chose comme pour le quidditch…

Comme s’il devinait ses pensées, le blond bouscula deux ou trois élèves pour s’approcher de lui. Il n’avait vraiment pas l’air content.

-Je te préviens Potter ! houspilla-t-il derrière lui. Le fait de partager ma chambre avec toi est déjà affreux alors tu n’as pas intérêt à me gâcher mes vacances !

-Si tu te la fermes et que tu ne m’approches pas, ça devrait bien se passer ! répondit Harry sur le même ton.

Ce fut à ce moment que le moniteur en combinaison rouge et bleue arriva en un dérapage impeccable. Il avait la trentaine d’année athlétique, un sourire colgate et une peau dorée par le soleil.

-Bienvenus, commença-t-il directement en souriant à tout va. Je m’appelle Loïc Dumont mais appelez moi juste « Loïc », ou « beau gosse » si vous y tenez !

Il eut un petit rire et fit un clin d’œil à la ronde mais son humour ne sembla pas faire mouche.

-Vous venez d’Angleterre à ce qu’on m’a dit, reprit-il pas décontenancé. J’espère que vous avez fait bon voyage.

Seuls des grognements lui répondirent. Il y avait des choses qu’il valait mieux oublier…

Le moniteur eut l’air un instant perturbé par ces airs maussades mais se reprit vite.

-On va faire vite car il est déjà tard et je vais vous laisser vous installer. Je voudrais savoir qui a besoin de cours et pour cela vous allez me dire à quel niveau vous vous situez en ski. Que les petits génies du ski, c'est-à-dire ceux qui pourraient prendre ma place ou faire les Jeux Olympiques lèvent la main !

Il avait dit ça en plaisantant, ne s’attendant sûrement pas à ce qu’un magnifique jeune homme blond, le menton levé et le regard méprisant, lève la main d’un air blasé.

-Comment t’appelles-tu ? demanda le moniteur.

Le blond plissa les yeux et le scruta, il semblait peser le pour et le contre d’un air très méfiant, n’ayant vraiment pas envie de lui dévoiler son nom.

-Oh arrête ton cinéma ! grogna un brun à lunettes, visiblement excédé, juste devant le blond. Il s’appelle Draco Malfoy, fit-il plus haut au moniteur.

Loïc sourit, celui qui venait de parler, ne le regardait pas comme une curiosité touristique comme la plupart des autres jeunes du groupe. Et il semblait beaucoup plus sympathique que le blond qui avait l’air horrifié que l’autre ait révélé son identité.

-Et toi ? fit le moniteur à Harry. Quel est ton nom ? Es tu aussi doué que ton camarade ?

Draco eut un ricanement avant de lâcher un « ça m’étonnerait ! » supérieur, ce qui acheva d’énerver le gryffondor.

-Harry Potter, se présenta Harry. Et je suis même plus doué que Malfoy !

-Pardon ?! s’exclama le blond choqué tandis que dans le même temps le moniteur le félicitait.

Harry, qui n’avait jamais fait de ski de sa vie, était presque entrain de regretter son mensonge lorsque Malfoy glissa à son oreille « Je te prends quand tu veux Potter ! Demain, à la première heure, on va faire la course sur la piste noire. Celui qui gagne demande ce qu’il veut à l’autre ! »

Harry aurait pu refuser, mais avec Malfoy sa raison s’envolait toujours vers des contrées où il n’était pas. Là, elle devait être même très loin…quelque part sur une île, au soleil.

Il avait la fâcheuse tendance à relever tous les défis de Malfoy. Il était presque sûr que si un jour Malfoy lui demandait de sauter de la tour d’astronomie avec lui, pour voir lequel des deux s’en sortirait le mieux –voir s’en sortirait tout court- il accepterait aussi. Cette fois là ne fit pas exception. Et la perspective de pouvoir demander n’importe quoi à Malfoy le réjouissait plus que de raison. De plus il était naturellement doué pour le sport, le quidditch en était la preuve. Il avait su en faire très vite et bien mieux que Malfoy qui se disait pourtant talentueux pour voler. Pourquoi cela serait-il différent avec le ski ? Ça ne devait pas être bien compliqué. Enfiler les skis, aller jusqu’en haut de la piste grâce au remonte pente et zou, se laisser glisser…un enfant de cinq ans pouvait le faire.

-Ok, la fouine, demain, rendez-vous en haut de la piste. D’ici là j’aurai trouvé une chose vraiment intéressante à te faire faire, car sois sûr que je vais gagner !

-C’est beau les rêves, Potty, profites en encore un peu parce que je vais faire de ta vie un cauchemar!

Finalement, seuls Ron et Blaise avaient levé la main lorsque le moniteur avait demandé qui n’avait jamais fait de ski. Et comme ils n’étaient que deux, ils allaient avoir des cours avec d’autres débutants moldus dès le lendemain. Les deux novices en ski qui devaient déjà partager leur chambre n’appréciaient pas vraiment ce nouveau coup du sort. Ron en voulait même à Harry d’avoir menti et il grogna tout le reste de la soirée.

-Tu ne vas pas réellement faire la course avec Malfoy ? s’indigna Hermione Granger quelques heures plus tard alors qu’ils mangeaient dans le réfectoire de l’hôtel.

-Et pourquoi pas ? Tu l’as entendu comme moi ! Il a passé la journée à se vanter ! Il est temps que quelqu’un la mate, cette sale fouine !

Il envoya un regard noir en direction de la table de Malfoy et de sa bande. Crabbe, qui s’en aperçut donna un coup de coude au blond tout en lui murmurant quelque chose. Malfoy leva alors la tête vers lui et lui adressa un magnifique doigt d’honneur. Harry répondit par l’habituel cercle sensé représenter un anus, qui ne sembla pas plaire au serpentard puisqu’il planta rageusement sa fourchette dans sa pomme de terre. Harry pensa qu’il imaginait que c’était sa tête et pour tout dire, il avait raison.

-C’est dangereux Harry ! reprit Hermione. Tu n’en as jamais fait, tu vas te rompre le cou !

-Ce n’est pas plus dangereux que le quidditch…si j’arrive à voler, je ne vois pas pourquoi je n’arriverais pas à skier.

-Son raisonnement se tient ! dut admettre Ron, qui lui aussi ne cessait d’envoyer des regards meurtriers aux serpentards. Mais j’aurai préféré que tu viennes avec moi dans le cours des débutants, Harry.

-C’est tout à fait différent ! fit Hermione énervée par l’inconscience de ses amis. Tu connais pourtant le monde moldu ! Tu sais bien que c’est un sport qui nécessite un apprentissage ! Malfoy doit en faire depuis son plus jeune âge. Et si par miracle, tu arrives à tenir sur tes skis et à descendre la piste noire, ce dont je doute fortement, tu n’arriveras jamais à le battre !

-Bien sûr que si ! arrête d’être si défaitiste. Je bats Malfoy en tout et il en sera de même avec le ski.

-Tu es parfois aussi prétentieux que lui ! siffla la jeune femme. Et c’est vraiment agaçant. Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu !

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Lorsque Harry regagna sa chambre, il était vraiment tard. Il avait retardé l’instant le plus possible mais à deux heures du matin, Hermione était allée se coucher et après avoir passé une demi-heure à se lamenter sur leur sort, Harry et Ron en avaient fait autant.

Il avait laissé Ron au second étage, sa chambre à lui était au quatrième. Son espoir que Malfoy fut endormi lorsqu’il arriverait fut anéanti quand il l’aperçut devant la porte, en train de pester.

-Malfoy qui n’arrive pas à ouvrir une porte ! s’exclama-t-il faisant sursauter le serpentard. Ce n’est pas sorcier pourtant !

-Toujours aussi pourris tes jeux de mots, Potter ! Qu’est ce que tu fous là ?

-Je viens dormir.

-Tu aurais déjà dû être entrain de dormir ! expliqua Malfoy essayant visiblement de contenir son énervement.

-Avec le boucan que tu fais avec cette porte, j’aurais été réveillé de toute façon !

Harry était un peu vexé que Malfoy ait pensé au même plan que lui. Il avait dû lui aussi veiller tard exprès pour ne pas avoir à le croiser et finalement ils se retrouvaient comme deux cons dans un couloir d’hôtel à plus de deux heures du matin. Il attrapa sa propre carte magnétique et ouvrit la porte aisément.

La chambre n’était pas très grande surtout selon les critères de Draco mais de toute façon, même pour Harry il faudrait plusieurs kilomètres de distance entre son lit et celui de la fouine pour qu’il se sente à l’aise…là il n’y avait qu’un pauvre petit mètre guère rassurant.

-Je prends le lit près de la fenêtre ! annonça Malfoy avec son éternelle mauvaise humeur.

Harry haussa les épaules. Il s’en moquait. S’il n’avait pas peur du ridicule, lui-même dormirait bien dans la baignoire juste pour s’éloigner encore du snobinard. C’était dingue, ça ne faisait pas une minute qu’ils étaient tous seuls tous les deux et déjà il y avait de l’électricité dans l’air. Harry se sentait irrité, sur la défensive comme à chaque fois qu’il était en présence de Malfoy, comme un chien le serait par un chat méprisant qui viendrait nonchalamment empiéter sur son territoire. Bon, il n’avait pas envie de le mordre même si ça lui était arrivé une ou deux fois, lors d’affrontements un peu trop passio…virulents. A cette pensée, il se mit à rougir sans raison. Quand il se battait avec Malfoy il se comportait parfois comme un animal. L’instinct prenait le pas sur la raison. Se battre avec lui était à la fois douloureux et jouissif. Il savait qu’il avait besoin de ça…besoin du serpentard, par extension. Et c’était effrayant. Il avait pensé se trouver un autre type à bastonner et il avait même essayé avec deux ou trois serpentards antipathiques mais il fallait bien avouer que l’envie n’y était pas. Si c’était pour se forcer, à quoi bon.

Malfoy lui jeta un regard étonné et Harry se rendit compte qu’il était resté planté au milieu de la pièce, perdu dans ses pensées. Ils n’échangèrent plus un mot et s’endormirent dans l’ambiance sombre et pesante qu’ils avaient crée.

O°O°O

Draco avait mal dormi. Il avait un lit trop petit, des couvertures trop rêches et qui pesaient une tonne. Mais s’il en enlevait n’en serait-ce qu’une, il avait froid. Et puis il y avait Potter…qui avait dormi de façon à ce qu’il ne puisse voir que son dos et encore juste au niveau de ses épaules puisque le reste était sous les couvertures. Il n’avait pas ronflé, sa respiration était légère et devait avoir un effet apaisant puisqu’il n’avait même pas eu envie de l’étrangler. C’était le 24 décembre et on leur avait dit à la réception que l’hôtel organisait une grande soirée le soir même. Draco se demanda à quoi ressemblaient les soirées moldues et si les filles étaient aussi dévergondées que se plaisait à raconter ce sang-de-bourbe de Dean Thomas. Enfin il doutait que ce puceau connaisse quoique ce soit aux femmes. Les gryffondors, même s’ils plaçaient l’amour sur un piédestal, ne connaissaient rien aux relations adultes. Y avait qu’à voir Weasley et Granger, ils étaient aussi torrides et passionnés qu’une batterie de cuisine. Il y avait bien Potty pour sauver un peu la mise, mais toutes les copines qu’il avait eues n’étaient clairement pas à la hauteur.

Ce qu’il faudrait au balafré c’est une fille qui ait de l’esprit et qui sache lui tenir tête. Fallait quelqu’un pour le tenir en laisse, pour qu’il arrête de se fourrer dans toutes les histoires dangereuses voire carrément suicidaires. Ce n’est pas une gentille fille qu’il lui fallait…

Il secoua la tête et décida de se lever. Il devait être sept heures et il avait une course à faire ce matin ! Et avant de penser à la femme idéale de Potter –qu’est ce qu’il en avait à faire franchement ?- il ferait mieux de trouver la sienne. Il l’imaginait brune. Ça n’avait rien de très mafoyen mais il préférait les brunes…aux yeux clairs. Le mieux restait les brunes aux yeux verts –couleur des serpentards- mais c’était les plus rares.

La douche le réveilla complètement et il cessa de rêvasser. Maintenant toutes ses pensées étaient tournées vers la course qu’il allait faire avec Potter et ce qu’il allait bien pouvoir lui demander puisqu’il était évident que c’était lui qui allait gagner. Lorsqu’il sortit de la salle de bain, son regard tomba sur le lit du gryffondor. Ce dernier le regardait, les yeux encore voilés par le sommeil, ne semblant pas réaliser qui se trouvait en face de lui puisqu’il eut même un léger sourire qui désarçonna complètement le serpentard.

-Rendez-vous à neuf heures en haut de la piste noire !lança Draco sèchement, irrité d’être perturbé par Potter au réveil.

Il eut le temps de voir les traits du balafré se durcir et le masque de haine qu’il connaissait si bien fut là. L’instant d’après, le serpentard refermait la porte et se trouvait dans le couloir, son cœur battant un peu vite.

°O°O°O°

Hermione regarda Harry se diriger vers le remonte pente qui devait le mener à la piste noire, les skis sur l’épaule. Elle était inquiète pour lui mais avait renoncé à intervenir une nouvelle fois. Elle suivit des yeux sa silhouette qui s’éloignait, il portait une combinaison rouge et or. Il n’avait pas fait exprès, c’était la dernière qu’il restait à sa taille –il s’y était pris un peu tard pour s’équiper- mais il était évident que Malfoy allait se moquer de lui. Pourtant ça lui allait bien.

-Je ne veux pas y aller ! grogna Ron à ses côtés, une nouvelle fois.

Elle se tourna vers lui. Il était séduisant même avec ses joues rougies par le froid et le bonnet bleu en laine qu’elle lui avait offert l’année dernière. Elle l’avait tricoté elle-même et il n’était pas très réussi mais Ron semblait le porter avec plaisir.

-Ne sois pas idiot ! Tu verras on apprend vite, et puis tu n’as cours que le matin. Si tu veux on skiera ensemble cet après-midi…avec Harry aussi, se hâta-t-elle de rajouter.

Elle ne voulait surtout pas qu’il pense qu’elle lui donnait un rencard ou quelque chose de ce genre. Il la regardait fixement et elle se sentit rougir. C’était vraiment la poisse d’être amoureuse d’un garçon qui vous prenait juste pour sa meilleure amie.

-Oh par pitié ! Vous n’allez pas vous embrasser j’espère !

Les deux gryffondors se retournèrent brusquement vers l’origine de la voix. Draco Malfoy, Blaise Zabini et Vincent Crabbe les regardaient visiblement dégoûtés. Pansy Parkinson avançait à leur rencontre et le deuxième gorille n’était pas en vue.

-Potter n’est pas avec vous ? demanda Malfoy.

-Il a peut-être peur, susurra Pansy qui venait d’arriver.

-Ou alors il a compris qu’il n’a aucune chance, renchérit Crabbe, et il a préféré jeter l’éponge.

-Il t’attend en haut de la piste ! siffla Ron.

-Tellement pressé de perdre, si c’est pas mignon ! susurra Draco. Bien, je vais vous abandonner. Mon cher voisin de lit n’attend apparemment que moi.

Si Harry avait une combinaison aux couleurs des gryfondors, le serpentard blond avait un pantalon de ski noir et un blouson gris et bleu ciel à la dernière mode. Il avait tout du jeune skieur branché, lunettes de soleil comprises et beaucoup de moldues le suivaient des yeux. Etrangement, lui qui aimait tant qu’on le regarde, était mal à l’aise dès qu’il s’agissait de moldu. Aussi pressa-t-il le pas, pas rassuré du tout.

Une fois sur le remonte-pente Draco se tassa le plus possible en voyant un moldu s’asseoir à côté de lui.

-Salut ! commença son voisin en même temps que le remonte pente s’élevait.

Draco ne répondit rien et tourna la tête de l’autre côté en direction des pistes enneigées. La piste noire était presque en bordure d’un versant de la montagne et il pouvait voir des gens y faire du parachute. L’attitude renfermée de Draco sembla doucher le moldu qui ne tenta plus de lui parler.

Il fut soulagé quand il arriva sur la piste et chercha immédiatement Potter des yeux. Il n’eut pas de mal à le repérer étant donné les couleurs de sa combinaison. Il aurait carrément dû mettre une pancarte lumineuse « Je suis un gryffondor » au dessus de sa tête, ça aurait eu le même effet. Il enfila ses skis et glissa aisément jusqu’à son…adversaire. Ce dernier eut un bref sursaut de surprise en le voyant mais se reprit vite.

-Tu es en retard, attaqua-t-il.

-Et toi, tu as une combinaison effroyable. Enfin, cela me donnera une raison de plus pour te distancer rapidement.

Harry allait répliquer lorsque quelqu’un passa devant eux à toute vitesse sur un surf et lança un « Youh Ouh ! » aussi enthousiasme qu’effrayant.

-Mon dieu, c’était…

-Dumbledore ?!? termina Malfoy aussi incrédule que lui. C’est qu’il est doué en plus l’ancêtre, poursuivit-il songeur en le suivant des yeux, mais il devrait rentrer sa barbe dans son blouson…

Depuis qu’il était descendu du remonte pente Harry était bien moins sûr de lui. Avant l’arrivée de Malfoy, il avait déjà beaucoup galérer pour mettre ses skis. Etait-ce obligé que ces machins soient si grands ? Et maintenant, il se tenait bien droit mais il savait que le moindre faux mouvement allait le faire se retrouver les fesses dans la neige. Il imaginait très bien le rire qu’aurait Malfoy à ce moment là.

Et puis la piste avait vraiment l’air très…pentue. De loin, elle lui avait semblée un peu plus plate et un peu moins bosselée.

Surtout que Malfoy venait d’arriver comme une fleur avec un dérapage parfaitement maîtrisé.

Il déglutit, il était trop tard pour reculer et puis peut être qu’une fois lancé ça allait glisser tout seul.

« Le quidditch est beaucoup plus dangereux » se rappela-t-il pour la énième fois.

-Bon Potty, tu es prêt ? demanda Malfoy en rangeant ses lunettes de soleil et en mettant en place ses lunettes « spécial glisse ».

Harry lui n’avait que son éternelle paire de lunettes de vue ronde et trouva que la fouine se la racontait beaucoup trop.

-Je suis prêt Blondinette !

-C’est quoi ce surnom ? S’insurgea Draco furieux.

-Tu n’aimes pas ? susurra Harry perfidement.

Draco se contenta de pincer les lèvres. Quand il aurait gagné, il allait vraiment falloir qu’il trouve quelque chose de dégradant à faire faire à Potter.

-A trois on y va ! exigea-t-il froidement.

-A tes ordres, princesse…

Draco lâcha un juron et se retint de se jeter sur le balafré pour lui faire bouffer de la neige.

-Un. Deux. Trois ! compta-t-il à la place tout en s’élançant une fois le « trois » prononcé.

Avec l’énervement, il avait un peu loupé son démarrage. Il aurait pu aller bien plus vite mais au bout de trois secondes sa vitesse avait déjà beaucoup augmenté. Il sentait déjà le vent fouetter son visage et il se concentra sur la piste. Il devait quand même avancer prudemment car il ne la connaissait pas encore et tomber signifiait la défaite. Et à la vitesse à laquelle il allait ça signifiait surtout les urgences ou pire…la morgue.

Il évita de justesse un gamin et continua à filer, gérant parfaitement les creux et les bosses du parcours. Et comme à chaque fois qu’il était en compétition avec Potter, il voulait savoir où l’autre en était. C’était stupide car ne serait-ce que jeter un coup d’œil en arrière risquait de lui faire perdre un temps précieux. Mais c’était plus fort que lui. Il savait que Potter était derrière lui et il voulait savoir à quel point il le distançait.

Il se retourna donc et ne le vit pas tout de suite parce qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il soit si loin. Il était bien à vingt mètres de là et ne prenait pas du tout la bonne direction. Il fonçait tout droit vers la zone hors-piste et quelques mètres plus loin il y avait le versant de la montagne…et le vide. Il ne semblait rien contrôler.

Draco ne s’aperçut pas immédiatement qu’il était en train de remonter la pente. Son corps avait semble-t-il pris tout seul cette décision alors que sa tête en était encore à : « Mais c’est pas vrai ! Ce crétin n’a jamais fait de ski ! Et il s’élance sur la piste noire !! Il va se tuer… »

Cette dernière pensée lui glaça le sang de manière inattendue, presque choquante et il grimpa encore plus vite.

Il fallait qu’il intercepte Potter avant qu’il ne tombe dans le gouffre. Le gryffondor n’avait plus ses bâtons et ses bras battaient dans l’air un peu stupidement. Potter venait de passer devant les délimitations de la piste.

Il aurait dû comprendre que l’autre idiot n’avait jamais fait de ski. Il était pourtant au courant de la façon dont ses moldus l’avaient traité. Ils ne l’avaient sûrement pas emmené en vacances d’hiver.

Il enrageait de ne pas avoir sa baguette ! Il enrageait que Potter soit aussi idiot ! Quel besoin avait-il eu d’accepter ce pari stupide !?

-Allez attends moi ! siffla-t-il en regardant Potter filer de plus en plus vite.

Draco venait juste d’atteindre la partie hors-piste et il espérait être monté assez haut. Il fonça en direction de Potter.

Il n’avait jamais skié aussi vite, aussi désespérément. Mais Potter se rapprochait du fossé plus vite que lui-même ne se rapprochait du gryffondor.

Pourquoi personne n’avait-il mieux protégé cette zone ? Pourquoi avait-il fait ce pari avec Potter ? Et surtout pourquoi n’allait-il pas plus vite ?

Il n’avait pas conscience que des larmes de désespoir roulaient sur ses joues. Il mettait sa vue brouillée sur le compte du vent et du froid, oubliant qu’il portait des lunettes de protection. Et si son cœur avait des ratés c’était à cause de l’effort physique.

« Merde, s’il meurt, je le tue ! » songeait-il enragé alors qu’une petite voix en lui murmurait sombrement un « s’il saute, je saute. » totalement incongru.

Harry ne s’était pas rendu compte tout de suite qu’il se dirigeait vers le ravin. Il était tellement préoccupé à essayer de ne pas tomber que la direction dans laquelle il allait lui importait peu. Il avait vu le serpentard filer comme une flèche et s’était élancé à sa suite. Miraculeusement, il avait tenu sur ses skis mais la vitesse l’avait surpris.

Il leva la tête brusquement, ayant peur de foncer sur quelqu’un puisqu’il venait d’entendre crier. Mais il n’y avait personne autour de lui…

Il était sorti de la piste. C’était le moment de tomber mais ses muscles étaient contractés par la peur et il était incapable de faire le moindre geste. Il aurait été tout à fait capable de s’en sortir magiquement, même sans baguette mais la peur avait annihilé ses facultés de réflexion. A quelques mètres devant lui, il y avait le vide. Il fit la seule chose qu’il lui restait à faire : fermer les yeux. D’ici une poignée de seconde, il ne sentirait plus le sol et encore quelques secondes après il allait le sentir un peu trop à son goût. Il se demanda si c’était douloureux de s’écraser. En tous cas, c’était une mort stupide.

Il se permit un sourire amer en pensant à Malfoy…il allait gagner finalement.

Malfoy…penser à lui dans un instant pareil était aussi ridicule que douloureux. Il perdit son étrange sourire lorsqu’un choc le propulsa à terre. Il en eut le souffle coupé et ressentit une vive douleur à la tête et au poignet. Ses lunettes avaient été propulsées elles aussi et quelqu’un s’agrippait furieusement à lui.

Il ouvrit les yeux, pour savoir qui était son sauveur et tomba sur des yeux gris voilés par la douleur.

-Je te tiens, souffla Malfoy et il s’évanouit.

Cela ne faisait pas trente secondes qu’ils étaient à terre que Draco reprit connaissance, sa cheville l’élançait sourdement. Et de la neige froide lui rentrait dans le dos. Au dessus de lui, Harry était entrain d’essayer de se dépêtrer de leur étrange étreinte mais avec les skis, il lui en restait un et deux du côté de Malfoy, ce n’était pas évident. Ils étaient complètement emmêlés.

Le gémissement du serpentard l’empêcha de bouger. Il était revenu à lui.

-Qu’est ce que tu fous ? grogna le blond difficilement alors que la douleur lui semblait de plus en plus vive.

-Faut qu’on bouge d’ici, répondit Harry en le fixant avec inquiétude, le vert et argent avait du sang dans les cheveux.

Il déplaça sa jambe et Malfoy cria.

-AAAAH…NE BOUGE PAS !

-Quoi…mais…

-Ma…ma cheville.

Harry tourna la tête vers les jambes de Malfoy. Sa jambe droite faisait, en effet, un angle bizarre au niveau de sa cheville. Malfoy était d’une pâleur mortelle et il se mordait les lèvres sous la douleur.

-D’accord, d’accord, murmura Harry, je ne bouge pas…Les secours ne vont pas tarder.

Enfin, ça il l’espérait. Des gens avaient bien du voir qu’ils étaient ici. Draco respirait par saccade. Lui envoyant son souffle sur le front. Harry eut honte de se sentir si bien alors que Malfoy souffrait.

-Et ta tête, ça va ? demanda-t-il inquiet en regardant le filet de sang tomber sur la neige et la teindre en rouge.

Malfoy sembla réfléchir quelques instants avant de répondre.

-Non…de toute évidence ça ne va pas. Sinon pour quelle raison t’aurais-je sauvé la vie ?

Harry ricana devant la tentative d’humour du serpentard mais cessa rapidement lorsqu’il poussa un nouveau gémissement de douleur.

-Par pitié ! Tiens-toi tranquille, arrête de rire ! Arrête de bouger !

-Désolé.

-Juste, reste calme.

-ça te dérange si…si je pose ma tête…ma position n’est pas agréable.

-On échange quand tu veux Potter ! D’accord, poursuivit-il en levant les yeux au ciel, mais tu fais doucement.

Et Potter dû en effet faire doucement parce que Draco n’eut pas mal. Ils auraient presque pu ressembler à des amants qui viennent de faire l’amour, enlacé de cette façon. Si ce n’était qu’ils étaient habillés avec au moins trois épaisseurs, allongés dans la neige, à deux mètres d’un gouffre…et que sa cheville devait former un angle pas très rassurant.

Sa tête aussi ne devait pas être belle à voir si Potter avait pris de ses nouvelles. De plus, si les secours n’arrivaient pas très vite, il risquait bien de perdre à nouveau connaissance.

°O°O°O°

Sur une autre piste, un peu plus loin, Ron et Blaise étaient aux anges. Leur moniteur de ski était une monitrice. Et pas n’importe quelle monitrice : Miss Princesse des Glaces pendant trois années consécutives, âgée de vingt-trois ans, elle semblait tout droit sorti d’un rêve. Un de ceux que font les adolescents et qui font qu’ils se réveillent le matin avec une trique d’enfer. Et elle avait beau avoir une combinaison, pour Ron et Blaise, ses formes étaient parfaites. Ils la regardaient donc, des étoiles plein les yeux et des scénarios pour adultes plein la tête.

Elle disait s’appeler Gwilenne, rien ne retenait ses longs cheveux noirs et le vent jouait avec comme le feraient les mains d’un amant malicieux. Ses yeux étaient de la couleur des eaux profondes, où le bleu rejoint presque le noir. Sa peau laiteuse donnait des…(Bon on a comprit, elle était canon, ne nous attardons pas plus sur ce personnage qui a tant de chance…ça risque de m’énerver.)

Un groupe de cinq enfants était aussi présent mais ni Ron, ni Blaise ne retinrent leur prénom, trop occupés à regarder leur professeur. Ils étaient tous âgés de huit ans et faisaient du ski pour la première fois.

-Bien, fit la monitrice après avoir présenté tout le monde, on va commencer tout de suite. Qui veut servir de modèle pour montrer comment on enclenche les skis ?

-Moi !

Ron et Blaise, qui avaient parlé en même temps, se regardèrent en chien de faillance. Ils grimacèrent en même temps lorsque la déesse brune préféra faire une démonstration sur une petite fille avec des couettes blondes.

-Je croyais que tu en pinçais pour Granger, siffla Blaise à Ron tout en faisant mine de rester concentré sur ce que disait la monitrice.

Ron haussa les épaules. Oui, il aimait Hermione mais bon…cette fille était vraiment canon. Et puis Hermione s’en foutait de lui alors il fallait bien qu’il se console d’une manière ou d’une autre.

-Et moi je croyais que tu avais des vues sur ma petite sœur ! répliqua le rouquin. Laisse tomber Zabini, je l’ai vue avant toi !

Blaise pesta intérieurement. Si l’autre belette était prêt à lui rappeler qu’il draguait plus ou moins sa précieuse petite sœur, c’est qu’il devait être très intéressé par miss-je-suis-une-bombe. Qu’importe, il était Blaise Zabini, dix fois plus sexy que Weasley. Demandez à n’importe quelle fille de choisir entre un beau black et un rouquin, elles choisiront le beau black. Les cheveux orange pour un mec, c’était un sacré tue l’amour…

Enfin, Blaise pensait cela pour se rassurer, il n’ignorait pas que Weasley avait son petit succès auprès des filles. Le mois dernier, il était même passé en troisième position, juste devant lui, dans le sondage des garçons les plus sexy de l’école que le journal de Poudlard publiait consciencieusement aux pages « people ». Mais bon, tout le monde savait que les gamines de l’école ont des goûts parfois effrayants. Il suffit de sourire et elles votent pour vous…et comme les gryffondors sourient tout le temps…

-En plus c’est une moldue, reprit Ron, que diraient tes amis s’ils voyaient que tu t’intéresses à l’une d’entre eux ?

-Je ne fais que suivre tes conseils ma petite belette. N’est ce pas toi qui nous répète sans arrêt, qu’on devrait apprendre à connaître les moldus ? T’en fait pas…je vais la connaître…par cœur. Je te raconterai si tu veux, puisque tu n’as aucune chance.

-Pardon, je…

-Bien, coupa la voix tranchante de la monitrice, quand vous aurez fini de parler, vous pourrez peut être m’écouter ! Pff, c’est toujours les plus âgés, les plus immatures.

Les deux garçons baissèrent la tête confus mais Blaise eut le temps de voir un des gamins lui tirer la langue.

Ça commençait bien !

°O°O°O°O°

Draco se réveilla dans un lit inconnu. Une odeur de médicament flottait dans l’air et quelqu’un à côté de lui se mit à tousser.

Il était réveillé mais refusait d’ouvrir les yeux, sachant déjà qu’il se trouvait dans un endroit moldu, sûrement un hôpital, puisque la dernière fois qu’il avait été conscient, il était en train de se vider de son sang sur la neige.

Et puis, il avait sauvé Potter et rien que ça ne lui donnait pas envie de reprendre pied dans la réalité. Il avait vraiment déconné sur ce coup là.

-Draco, fit une voix au dessus de lui qu’il reconnu comme étant celle de Snape.

Le serpentard s’obligea à respirer calmement et à détendre son visage comme le ferait quelqu’un d’endormi. Peut-être que si on pensait qu’il ne pouvait pas se réveiller, on allait le ramener à Poudlard, où des gens compétents allaient pouvoir s’occuper de lui. Parce qu’il était évident qu’il avait été soigné par des moldus, il n’avait plus du tout mal même si sa jambe droite semblait peser une tonne- ce qui était bon signe quelque part cela voulait dire qu’ils ne la lui avaient pas coupée-.

-Draco, reprit Snape plus sèchement, je sais que tu ne dors plus, arrête de faire l’idiot !

Le serpentard ouvrit un œil, en soupirant, pour tomber sur Severus Snape qui avait l’air plus amusé qu’autre chose.

-Tu es à l’hôpital du coin, fit le professeur, tu vas pouvoir sortir d’ici une heure ou deux. Tu as eu une entaille à la tête mais rien de grave, par contre tu as la cheville droite de cassée.

Draco porta la main à sa tête pour y sentir un bandage.

-Tu pourras enlever le bandage d’ici trois jours, reprit Snape, mais par contre le plâtre à la jambe tu vas devoir le garder jusqu’à ce qu’on rentre. Là Pomfresh ressoudera tes os en un clin d’œil, fit-il à voix basse.

-Mais comment vais-je faire du ski avec un…plâtre ?

Quelqu’un rigola à sa gauche et Draco se tourna brusquement. Un moldu d’une douzaine d’années était là, allongé sur un lit voisin au sien, et la jambe emballée dans un truc blanc. Il supposa que c’était ça « un plâtre ».

-Pourquoi ne suis-je pas dans une chambre privée ? s’injuria le blond. Il y a un moldu ici, Professeur !

Le moldu cessa de rire et regarda Snape un peu surpris.

-Vous êtes sûr qu’il n’a rien de plus grave à la tête ? demanda-t-il. Il dit des mots bizarres et en plus il pense qu’on peut skier avec un plâtre.

-Parce qu’on ne peut pas skier avec un plâtre ?!

La voix du serpentard montait dangereusement vers les aigus. Il posa les yeux sur sa jambe pour la première fois. Ok, ce…plâtre était moche et n’avait pas l’air très pratique mais en insistant un peu…

-Tu ne dois pas poser la jambe par terre si tu veux que tes os se remettent bien en place, expliqua Snape, tu vas devoir marcher avec des béquilles.

S’il ne savait pas ce qu’était un plâtre, Draco savait en revanche parfaitement ce qu’étaient des béquilles et il n’avait aucune envie de se trimballer avec ça. En plus, il n’allait pas savoir comment avancer avec ses trucs là ! Snape apporta alors les béquilles près de son lit.

-Roses ! s’étrangla Draco alors que le rire du moldu reprenait.

On leur donnait quoi à ces gosses pour qu’ils soient si crétinement joyeux ?

-C’étaient les seules qu’ils leur restait en boutique, expliqua Snape.

-Mes vacances sont fichues ! geignit Draco.

-Je sais. On ne sauve pas Potter sans en payer les conséquences, et crois moi, j’en sais quelque chose. Ce gamin est une vraie calamité, le portrait craché de son père qui ne pense qu’à…

-Hé c’est de moi qu’on parle ! rappela Draco de mauvaise humeur. Vous êtes sûrs qu’on ne peut pas me ramener à l’école plus tôt ?

-Non, Dumbledore dit que les frais d’hôpital n’étaient déjà pas prévus dans le budget…alors un rapatriement…Et puis aucun professeur ne s’est dévoué pour rentrer avec toi et il refuse à ce que tu partes sans adulte.

-Mais…et vous ? tenta le serpentard avec un regard larmoyant.

-Malgré toute l’affection que j’ai pour toi Draco, je ne peux pas faire une chose pareille. Ça ferait trop plaisir à l’autre vieille pe…heu au professeur Mc Gonagall, de voir mes vacances gâchées.

-Et les miennes on s’en fout si elles sont gâchées ?

-Un peu oui. Ça t’apprendra à vouloir sauver Potter ! Tu me déçois beaucoup...l’occasion était si belle pourtant…

-Je vais le tuer, marmonna Draco sombrement.

-Arrange toi pour que ça ait l’air d’un accident.

-Ah Draco est réveillé ! fit une voix soulagée venant de la porte d’entrée.

Remus Lupin entra en faisant un grand sourire au serpentard qui se renfrogna encore plus.

-Et tu as un compagnon de chambre ! poursuivit-il ravi, en voyant le moldu. C’est convivial au moins…Harry lui est tout seul…

-Ben voyons, pourquoi ça ne m’étonne pas ?

-Mais il va bien, poursuivit Lupin, ne t’inquiète pas.

-Parce que j’avais l’air inquiet ?

Lupin eut l’air un instant déstabilisé par cette question mais il se reprit vite et son éternel sourire bienveillant reprit sa place instantanément.

-Et bien, je suppose que tu dois trouver ça plus masculin de cacher ton inquiétude mais c’est parce que tu es encore jeune. Enfin, devant le professeur Snape et moi-même tu n’as pas besoin de jouer au dur. Nous sommes au courant tu sais pour Harry et toi…

Snape se mit à tousser, un peu gêné semble-t-il d’être nommé sur un sujet aussi délicat, tandis que Draco sur son lit s’étouffait de rage et d’indignation.

-Qu’est ce que vous insinuez, au juste ? cracha-t-il avec colère.

Qu’est-ce que Potter et lui étaient sensés être ?

-Et bien, que vous êtes amis….Tu lui as sauvé la vie, si ce n’est pas une preuve ça ! Et moi qui pensais bêtement que vous vous détestiez. Vous êtes d’excellents comédiens, il faut vous l’accorder. Quand je pense que Harry me suppliait presque pour que je le change de chambre !

-Holà, on se calme ! fit Draco en grinçant des dents. Potter et moi ne sommes pas, et ne seront jamais amis !

Et puis quoi encore ! Plutôt crever ! Le loup garou avait dû un peu trop bouffer de champignons qui faisaient rire lors de sa dernière balade en forêt pour penser à un truc pareil.

-Oh je comprends ! fit Remus en hochant la tête. Bien entendu que vous n’êtes pas amis ! termina-t-il avec un clin d’œil complice.

Draco regarda Snape avec une sorte de désespoir mais le professeur se contenta d’hausser les épaules en signe d’impuissance.

-Allez je vais signer des papiers et rassurer Harry sur ton état, poursuivit Lupin. Même s’il s’acharne à dire le contraire, je suis sûr qu’il sera infiniment soulagé de savoir que tu vas bien.

-Mais je ne vais pas bien ! s’exclama Draco furieux. Dites lui qu’il va payer ! poursuivit-il en direction du Lupin qui ne semblait pas prendre en compte son intervention et qui partait d’un pas guilleret. Que je vais faire de sa vie un enfer ! QU’IL VA MOURIR DANS D’ATROCES SOUFFRANCES !!!

-Inutile de crier, commenta calmement le jeune moldu, il est parti.

Draco le foudroya du regard et pinça les lèvres.

-Severus, siffla-t-il tout bas, le moldu me parle encore.

-J’ai remarqué, approuva Snape, en jetant un coup d’œil suspicieux à ce moldu un peu trop joyeux. Mais je vais devoir te laisser. Je pense que Lupin va avoir besoin de moi pour les papiers à signer…

-Quoi ? Vous allez me laisser avec lui !

-Je ne vais pas te manger, rigola le moldu, ce qui lui attira un nouveau regard noir.

-Mais c’est qu’il est drôle en plus ! cingla le blond.

-Plus drôle que toi déjà ! Je n’ai jamais vu quelqu’un râler autant !

-Je ne râle pas, ignorant ! Je veux simplement qu’on respecte mes droits les plus basiques. Mais je suppose qu’un petit moldu comme toi ne peut pas faire la différence.

-Moldu ? PETIT ? s’énerva le garçon.

Snape n’écouta pas la suite de la dispute et profita du fait que son protégé se soit trouvé un nouveau compagnon de jeu pour partir discrètement.

Harry faisait les cent pas dans sa chambre. Elle était spacieuse, la vue y était sublime et elle était équipée des dernières technologies. Il ne restait plus que cette chambre, alors une infirmière l’avait mis là. De plus une autre avait apporté un sublime bouquet de fleur qui embaumait agréablement la pièce. Elle avait dû se tromper de chambre car c’était marqué « Pour Raphaël, l’amour de ma vie, rétabli-toi vite. L. » sur la carte qui accompagnait les fleurs mais elle était repartie avant que Harry puisse le lui dire.

Avec un soupir, le gryffondor remit en marche la télévision plasma haute définition, il aurait bien aimé que Remus revienne. Il s’ennuyait ferme et ça ne faisait que trois heures qu’il était là. Il n’avait rien en plus, juste une foulure au poignet qui l’empêcherait de faire du ski pendant une semaine. Le loup garou lui avait dit que Malfoy n’avait pas eu cette chance. La fouine avait la cheville de cassée et allait devoir passer le reste des vacances en dehors des pistes.

Pour être honnête avec lui-même, Harry se sentait coupable…Les vacances de la fouine allaient être gâchées par sa faute. En plus il allait lui en vouloir à mort car d’ici quelques jours Harry allait pourvoir skier et pas lui.

En quelques mot : Malfoy allait faire de sa vie un enfer.

Enfin il faisait déjà de sa vie un enfer mais là ça allait être encore pire. Harry était en train de se demander ce qu’il pouvait y avoir de pire que l’enfer tout en regardant un épisode de « De la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas » lorsque Remus réapparut enfin.

-C’est bon, dit-il, tout est réglé. On va pouvoir rentrer à l’hôtel.

Lorsqu’ils furent dans le hall, Snape et Malfoy étaient déjà là. Harry qui s’était pourtant promis d’être gentil avec son « sauveur » ne put s’empêcher de faire une remarque désobligeante.

-Et bien Princesse, on a des béquilles assorties à sa garde robe, à ce que je vois !

Il fut étonné par la rapidité avec laquelle Malfoy leva sa béquille droite pour le frapper.

-ça ne va pas ! cria-t-il en se tenant le mollet, tout en jetant des regards noirs au serpentard.

-Un peu de tenue Potter, nous sommes dans un endroit public, exigea Snape.

-Il m’a frappé !

-C’est vrai que ce n’était pas très gentil Draco, soupira Rémus, surtout que c’est Harry qui va s’occuper de toi durant le reste du séjour…

-Pardon ?

Draco foudroya Potter du regard qui venait de parler en même temps que lui. Lupin était cinglé. Il croyait peut-être qu’il allait laisser Potter l’aider ! Qu’il allait le laisser faire des choses pour lui ! Qu’il… Minute ! Est-ce que Lupin venait de lui donner le feu vert pour faire de Potter son larbin attitré ? Le visage du serpentard se fendit d’un large sourire. Oh oui, c’est exactement ce qu’il venait de faire. Ce n’était qu’un juste retour des choses, c’était de sa faute après tout, si il en était là, emplâtré comme un vulgaire moldu.

-Remus, plaidait Potter, je ne peux pas faire une chose pareille ! Mettez le avec Zabini, le professeur Dumbledore comprendra.

-Potter, siffla Snape, il va peut être falloir que vous appreniez un jour à faire face aux conséquences de vos actes. Ce n’est pas cher payé par rapport à tout ce qu’à enduré ce pauvre Draco par votre faute…vous pouvez bien faire cela pour lui !

Harry se retourna vers le serpentard, emplâtré et souriant. Il sut alors ce qu’il y avait de pire que l’enfer…il y avait Malfoy.

-Potter coupe ma viande ! exigea le blond arrogant quelques heures plus tard dans la grande salle à manger de l’hôtel.

Remus lui avait retrouvé ses lunettes et c’était la seule amélioration depuis « l’accident ». Malfoy était imbuvable. Il le prenait vraiment pour son esclave personnel et la patience de Harry commençait doucement mais sûrement à s’effilocher.

-Franchement Draco, siffla Pansy, pourquoi est-il obligé de manger avec nous ? ça me coupe l’appétit.

-Tu sais où tu peux te la mettre ta viande Malfoy ! siffla Harry. Et toi Parkinson si tu n’es pas contente rien ne t’empêche de manger dehors avec les autres animaux.

-Je vais te me le…commença Pansy en se levant, fourchette à la main.

-Relax, s’interposa Blaise –Draco lui semblait plutôt prêt à voir Potter se faire embrocher- on va manger tranquillement sans se donner en spectacle.

-Mais du coup, demanda alors Gregory, qui a gagné le pari ?

-Moi.

-Personne.

Les deux concernés, qui avaient parlé en même temps, se fusillèrent du regard.

-Comment ça personne ? s’énerva Draco. Je t’aurais battu à plates coutures ! Tu n’avais jamais fait de ski de ta vie !

-Et alors ? siffla Harry. Personne n’a dépassé la ligne d’arrivée. Tu n’as pas gagné !

-Je t’ai sauvé la vie ! fit Draco outré en amplifiant encore sa voix.

-Je ne t’ai rien demandé ! répliqua le gryffondor sur le même ton. Je t’ai aussi sauvé la vie dans le passé ! Tu veux qu’on fasse les comptes Ducon ? Tu es encore loin derrière !

-Côté discrétion on repassera, marmonna Blaise embarrassé.

La belle monitrice était aussi dans la salle et devait regarder dans sa direction d’un air désabusé. Il avait passé sa leçon à se faire humilié par la bande de gamin. Il avait même du faire front commun avec Weasley pour calmer les harpies miniatures.

Une des fillettes n’avait cessé de rapporter à la monitrice tout leurs faits et gestes et surtout les moments où ils s’insultaient. Ils avaient donc dû arrêter de s’envoyer les pires ignominies à la tête.

Un des morpion, lui son grand jeu était de jouer au gamin mignon pour obtenir toute l’attention de la bomba-avec-ski sur lui.

Un autre n’avait de cesse de tenter de les faire tomber par de vicieux croche-pieds. Quand ils ne tombaient pas tous sur eux à coups de boule de neige –avec cailloux à l’intérieur, s’il vous plait- Du coup, pour leur propre survie – puisqu’il semblait que ce soit mal vu de tuer des gosses- Weasley et lui avaient dû s’entraider. Et de pires ennemis en début de matinée, ils étaient maintenant devenus frères d’armes.

-J’aurais dû te laisser crever ! cria Draco le coupant de ses pensées, tout en se levant.

Il attrapa ses béquilles roses en tremblant de rage, en fit tomber une que Vincent s’empressa de lui ramasser.

Tout le monde les regardait à présent.

-Honte absolue, grogna Blaise en cachant sa tête entre ses bras.

Son meilleur ami avait la fâcheuse habitude d’oublier tout autour de lui lorsqu’il s’agissait du balafré. A Poudlard, cela passait encore –question d’habitude- mais ici, avec tous ces moldus –dont la Tentatrice de la glisse- c’était vraiment la honte.

-J’aurais préféré que tu le fasses ! répondit Potter, en criant lui aussi –ben tient, tant qu’à faire- ça m’aurait évité de revoir ta sale tête de mangemort.

La béquille de Draco retomba et la gifle partie toute seule.

Un silence de mort s’écrasa alors dans la salle avant que Dumbledore et les autres professeurs ne se lèvent. Les lunettes de Potter avaient voltigée au milieu de la table lorsque la main de Malfoy avait rencontré sa tête.

-La vérité n’est pas toujours bonne à dire, on dirait, susurra Potter avec un sourire amer.

-Espèce de salopard, gronda Malfoy en se jetant sur lui.

Il n’eut pas le temps de l’atteindre. Lupin l’avait ceinturé.

Deux heures plus tard, Harry changeait de chambre, sous l’ordre de Dumbledore et Zabini prenait sa place dans celle qu’il partageait avec Malfoy.

Le directeur leur avait promis une punition exemplaire une fois à Poudlard et leur avait ordonné de ne plus s’approcher l’un de l’autre à moins de trois mètres.

Il avait aussi obligé Harry à faire des excuses à Malfoy. Excuses publiques que Harry avait prononcé du bout des lèvres. Le blond s’était contenté de le regarder avec une haine intense. A coup sûr, il attendait Harry au tournant. Au moindre faux pas, le blond lui tomberait dessus et lui ferait payer l’humiliation.

Harry soupira en s’étalant sur son nouveau lit.

-Quoi ? demanda-t-il hargneux, énervé du silence buté de son meilleur ami.

-Tu l’as traité de mangemort !

-Il m’a dit qu’il aurait préféré que je crève ! siffla Harry. Il fallait que je lui ferme sa petite gueule de merde !

-Tu aurais pu choisir une centaine d’autre insulte, répliqua Ron visiblement déçu, tu as choisi en toute connaissance de cause, celle qui ferait le plus mal ! Il n’a été mangemort que pour nous aider !

-Il…Il m’horripile tu comprends ? Je n’en peux plus de ce mec. Je suis désolé si j’ai froissé sa majesté Malfoy mais il fallait que…

-Tu te comportes comme un serpentard ? railla le rouquin méchamment.

-Que je le remette à sa place ! gronda Harry.

Ron s’assit sur son lit en soupirant de lassitude.

-Je ne l’aime pas non plus, dit-il, mais parfois je ne te reconnais pas…Parfois je le plaindrais presque…

-Et bien plains-le tant que tu veux, grogna Harry en lui tournant le dos, moi je dors !

Ron l’agaçait avec sa morale à deux noises. Malfoy ne méritait pourtant pas sa sympathie.

Malfoy ne méritait la sympathie de personne.

Ils ne s’adressèrent plus la parole de tout le séjour. Harry apprit finalement à skier avec Blaise et Ron, une semaine plus tard. Un peu étonné de voir son meilleur ami si bien s’entendre avec un serpentard. Il se fit draguer par la monitrice et ne compris pas pourquoi Zabini et Ron tentèrent de lui faire bouffer de la neige.

Les seules fois qu’il voyait Malfoy, de loin, ce dernier avait toujours ses béquilles roses, mais il les utilisait comme si c’était la dernière mode, avec une prestance hors du commun. Harry avait même vu, plusieurs accidentés moldus adopter la même couleur. Il était sûr que l’autre snobinard était fier de son coup. Parkinson était toujours collée à ses basques, tel le bon chienchien qu’elle était.

Ce ne fut qu’avant de monter dans le bus pour repartir que Malfoy lui adressa la parole.

-Ce n’est pas fini Potter, murmura-t-il en se faisant bousculer par un poufssouffle inconscient.

-De quoi parles-tu ? demanda Harry en écoutant d’une oreille distraite le jaune et noir se confondre en excuses après du serpentard.

-Du pari.

-Du…Que veux tu dire ?

Le serpentard s’approcha un peu plus de lui pour que personne ne puisse l’entendre à part Potter.

-Ce que je veux dire, chuchota-t-il, c’est que je veux une autre manche, un autre défi. Je veux t’écraser Potter ! Et je veux que tu sois à ma merci ! J’ai eu le temps de réfléchir, pendant que tu t’amusais si bien sur les pistes, j’ai trouvé ce que j’allais te demander quand j’aurais gagné. Et crois-moi, tu vas payer, Potter… avec les intérêts.

Harry déglutit et se recula brusquement.

-Encore va-t-il falloir que tu me battes, Malfoy, répondit-il d’une voix bizarrement rauque. Je ne pense pas que tu en sois capable.

-On verra ça, susurra le serpentard en souriant lentement d’une manière inquiétante.

Harry frissonna. Pour la première fois de sa vie, Malfoy le mettait vraiment mal à l’aise avec ce sourire qui n’atteignait pas ses yeux. Il était allé trop loin, il le comprit. Malfoy n’allait pas le laisser s’en sortir ce coup-ci. Leur éternelle rivalité venait d’atteindre un autre niveau.

Un niveau qui allait les entraîner aux frontières de la folie.

Mais ça, ils l’ignoraient encore…

A suivre…


Voilà, premier chapitre de cette nouvelle fic qui était sensée être un OS (encore). J’espère que ça vous a plu surtout à toi Imeldamizi.

Normalement il y aura peu de chapitres (5 vraisemblablement)

Bisous à tous

Artoung (qui a un chat qui roxx )


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