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Un supplément d'âme
Merci aux cartes postales qui ont nourri l'écriture un peu douloureuse de la suite, faut l'avouer, ça ne coule pas de source ! Merci à Fée, Dina et Alixe d'être toujours là dans les moments de doute !
samedi 7 mars
62. Stratèges et héritiers (Dora)
Albus a l'air vieux. Bien sûr, je sais qu'il l'est mais généralement je l'oublie. Pourtant là, assis dans son fauteuil, repassant sans doute tout ce que nous venons de lui raconter, concentré, il a l'air terriblement plus âgé que d'habitude. Son regard est éteint par la connaissance de toute la noirceur et la complexité du monde. Et nous, comme des enfants sages, nous attendons qu'il rompe le silence le premier.
"Qu'en dit Teivanen ?", il demande finalement.
C'est une question pour Severus, et nous le regardons tous préparer sa réponse avec son ineffable façon de réajuster les manches de sa robe.
"Teivanen pense que le processus n'est pas terminé", il finit par lâcher.
"Tu veux dire que Nero va revenir ?", s'exclame Cyrus. Il a l'air, Merlin merci, avant tout surpris. Je ne crois pas déceler une excitation quelconque, qui pourrait cacher qu'il espère encore quoi que ce soit de personnel, d'important ou de positif du môme ou de son remplaçant. J'ignore comment il a vécu sa rencontre avec Regulus. Il n'a pas caché son émotion à l'infirmerie mais il n'a pas semblé non plus tenté par des généralisations trop rapides. Il m'a paru se distancier à la fois de Sirius et de Nero. Peut-être que rencontrer Regulus a détruit tout fantasme sur ce qu'il peut attendre de lui, je me prends à espérer. Ça nous ferait du bien de pouvoir espérer.
"Revenir ? Je ne sais pas et Teivanen non plus", avoue Severus sans une trace de gêne. Il s'anime ensuite quand il essaie de nous faire toucher du doigt la manière dont il aborde le problème. "Nous sommes devant un nouveau continent de la magie. Nous avons rencontré un peuple qui l'habite, mais nous ne pouvons pas communiquer avec lui parce que nous n'en connaissons pas la langue..."
"Mais vous pariez que non, Nero ne reviendra pas", traduit Remus, avec cet infime inflexion de sa voix qui indique combien il doit bouillir intérieurement à nous voir bloquer une fois de plus dans des hypothèses et des incertitudes. D'habitude, ça me ferait sourire.
"Vous voulez vraiment un pronostic ? Une prophétie, peut-être ?", grince immédiatement Severus, évidemment agacé par ce manque affiché d'intérêt et de patience pour la théorie. Sans doute à cause d'Albus, qui n'a pas fait mine d'intervenir, il finit néanmoins par répondre et, fait insigne, s'efforce de ramener ses propos à plus de concret :
"Comme je disais plus tôt. Il s'agit là d'un processus, non d'un résultat. Nero a ouvert son esprit à l'Horcruxe de Regulus et a été submergé. C'est sans doute à cause de son envie de le rencontrer; de ne pas le combattre... à moins que ce soit en raison de sa proximité génétique."
"Sans parler de son occlumentie naturelle", j'ajoute.
"Mais ce contrôle n'est pas définitif", reprend Severus, avec juste un signe de tête dans ma direction pour marquer qu'il a entendu et ne conteste pas mon apport. "Les analyses de Teivanen montrent qu'une partie de l'esprit de l'être que nous avons à l'infirmerie résiste - ce qui explique partiellement l'étendue de son besoin de sommeil selon nous..."
"Ce n'est pas simplement le contrecoup de sa croissance miraculeuse ?", je m'étonne.
"Rien ne peut être totalement écarté", reconnaît Severus.
"Donc Cyrus a raison de penser que Nero peut revenir?", je remarque, et le regard de mon fils adoptif me dit qu'il n'aurait jamais osé le faire. Peut-être suis-je allée trop vite avec l'espoir tout à l'heure. Nous avons toute l'année joué à lui faire peur pour le préserver de sa tête brûlée - et le résultat de Nero nous donne sans doute raison. Mais maintenant, pouvons-nous prendre toutes ses réactions pour argent comptant ? Est-ce que nous ne lui avons pas, finalement, appris la dissimulation ?
Mon coeur s'emballe comme ça, tout seul, et le silence de Severus - le temps de peser entre la science et la spéculation, j'imagine - ne l'aide pas.
"S'il revient...Je n'arrive pas à concevoir qu'il ressemblera une seconde à l'enfant que nous avons connu... ", finit-il par estimer. "Ne serait-ce que parce que je vois mal son corps rajeunir !"
"Il a bien grandi !", objecte Remus.
"Il n'a pas réellement grandi tout seul, Papa. Tu oublies toutes les potions qu'il a prises bébé", intervient presque timidement Cyrus. "Ça aussi, ça a dû jouer, non ?"
"Sans doute", lui accorde Severus, avec une réelle reconnaissance scientifique qui fait rougir celui qui l'a causée. Et je me dis que je vois trop de duplicité partout. Cyrus est avant tout un môme qui veut bien faire !
"Mais si ce processus continue, Severus", questionne Albus, ce qui nous calme instantanément tous. "Vers quoi va-t-il évoluer ?"
"La croissance semble continuer", soupire le maître des potions. "Jusqu'où ira-t-elle ? L'âge de Regulus à sa mort ? Plus loin ? Est-ce que la résistance d'une partie de l'esprit va continuer ? Est-ce qu'elle peut bloquer le processus ? Nous n'en savons réellement rien, Albus ! Et toute intervention paraît plus risquée qu'autre chose !"
"D'où l'idée de le faire aller chez moi", intervient Maman pour la première fois.
"L'idée est de Fudge", remarque Remus.
"Mais nous savons que Fudge a au moins un espion à Poudlard", répond ma mère. " Il vaut mieux mettre de la distance entre Regulus et Ash, j'imagine - avec Drago aussi, je pense."
"C'est un risque énorme, Maman", je m'agace un peu. "Tu ne sais pas quel geste désespéré peut avoir Drago ! Tu ne sais rien de ce qui peut se passer !"
"Pendant des années, Nymphadora, tu m'as reproché de ne pas m'impliquer et, maintenant, je prendrais trop de risques ?"
"Tu te rends bien compte que tout ça peut très bien te mener à Azkaban ?"
"Celui qui m'accuserait d'avoir su pratiquer autant de magie noire que Lucius aurait intérêt à avoir fourbi ses arguments ! Ce serait proprement ridicule !"
"Fudge n'a aucune crainte du ridicule", j'objecte encore.
"Fudge n'est pas éternel", intervient Remus, sans doute pour éviter qu'on en vienne à réellement se disputer. "Je ne parle pas de le tuer", il précise parce que tout le monde le regarde. "Où en est Scrimgeour ?"
"Il avance", nous apprend Albus avec un infime soupir. "Si le Magenmagot devait renouveler sa confiance demain, Cornélius serait sans doute mis en minorité..."
"Et Scrimgeour élu ?", j'insiste.
"Il a de réelles chances. Son discours sur la transparence, le respect du droit et la modernisation des institutions est plutôt bien accueilli partout où il passe", développe Albus complaisamment puis, croisant le regard de Remus, il concède : "Il n'est pas aussi réformateur que nous l'aimerions, vous et moi. Il ne changera pas le statut des elfes ou celui des Gobelins. Pas de son propre chef en tout cas. Mais il ne reviendra pas sur celui des loups-garous."
"Moi, le respect du droit et la transparence, ça me paraîtrait déjà merveilleux !", je le rassure.
"Suffisamment pour ressortir votre uniforme d'Auror, Nymphadora ?", questionne alors Severus en se tournant vers moi.
Je ne suis pas remise de ma surprise que le regard d'avertissement de Remus à son adjoint y ajoute un agacement : alors ils auraient spéculé sur le sujet tous les deux ? Dans le calme feutré du grand bureau directorial sans doute ! Pendant que moi, je garde les jumeaux ? Merci bien.
"Ce n'est pas une provocation", ajoute Severus comme s'il avait utilisé la légilimentie. "C'est une curiosité sincère de ma part : est-ce que ça vous suffirait, Nymphadora ? Etes vous capable de réaccepter volontairement la discipline, la hiérarchie, les procédures ?"
Sa sincérité manifeste me prend plus au dépourvu que ne l'auraient fait ses sarcasmes.
"Nymphadora a trop à faire pour retourner faire l'Auror", affirme alors Maman.
"Je ne crois pas que nul ici puisse décider à la place de ma femme ce qu'elle a à faire", intervient alors Remus, et Maman est tellement sidérée, qu'elle en perd toute cette superbe qu'elle nous a affichée toute la journée.
"Remus, vous ne songez pas sérieusement...?"
"Rien n'est plus important que ma famille et je ne crois pas que celle-ci se porterait mieux si l'un de ses membres se sentait contraint à plus de sacrifices qu'il n'a envie d'en faire ! Je chéris tout ce que Dora me donne - sa disponibilité pour tous nos enfants, son soutien... mais si demain, ou même ce soir, elle décide de rempiler chez les Aurors, ou quoique ce soit d'autre, j'accepterais son choix, sa liberté comme la preuve de notre amour mutuel."
"Bien sûr mais... les jumeaux sont si petits encore !"
"Ce ne sont plus des bébés non plus, Andromeda"
"Assez !", je hurle soudain, et Albus a un sourire de soutien qui vaut un pesant de gallions. "Je peux savoir à quoi vous jouez ! Les priorités sont ailleurs, non ? Vous croyez que je vais retourner chez les Aurors tant que cette histoire n'est pas terminée ? Tant que non seulement notre famille et tous nos amis ne sont pasen sécurité, mais que les politiques du Ministère sentent toujours aussi mauvais - c'est une réponse pour toi, aussi, Severus : je n'irai que si, en effet, je peux me soumettre sans rougir à la règle, sans y perdre mon âme.."
"Par Cerridwen, tu y songes sérieusement !", blêmit Maman.
"Je n'écarte pas la possibilité", je corrige le plus gentiment que je peux. Cyrus en face de moi a un sourire de soutien qu'il aurait pu adresser à Harry. C'est troublant. "Mais je doute que nous soyons venus ici aujourd'hui pour en débattre."
"L'urgence une fois de plus est de gagner le temps nécessaire pour retrouver une marge d'action", intervient alors Albus comme s'il n'avait même pas entendu nos échanges. "Je vais suggérer à nos amis réformateurs du Magenmagot et du Bureau des Aurors de monter rapidement au créneau avant que Cornélius n'organise sa défense. En attendant, il est en effet une bonne idée de suivre son injonction et d'éloigner les Malefoy de Poudlard. Je propose cependant qu'au lieu d'accueillir Regulus chez vous, Andromeda, on l'amène discrètement ici. Je crois en effet comme Nymphadora qu'il n'est pas prudent d'introduire chez vous autant de magie noire". Maman va protester quand il ajoute :" En revanche, je ne saurais affirmer combien je soutiens votre générosité envers le jeune Drago. Je veux croire qu'il saura reconnaître la chance que vous lui offrez."
oo
Quand on rentre à Poudlard, Harry et les jumeaux ont couvert le sol du salon de tous les puzzles contenus dans la maison, et chacun représente une pièce d'un château imaginaire assiégé par les dragons - dont ils ont une ample collection - et défendu par Kane armé d'une épée en plastique.
"Non, faut pas marcher dessus !", il hurle quand Remus, objectivement fatigué, pose un pied sur un grand puzzle de chevaux.
"Ce sont les écuries", indique Harry, ouvertement goguenard.
"J'espère que le rangement est inclus dans ton offre de baby-sitting, Harry !", je remarque, ce qui fait pouffer peu charitablement Cyrus derrière moi.
"Heu, bien sûr", admet immédiatement l'interpelé en sortant sa baguette.
"Non, Harry, pas dézà !", s'écrie Iris en se jetant sur la main de son frère, ce qui me fait rater un battement de cœur et hurler Maman à côté de moi.
"Iris, on ne fait JAMAIS ça !", assène Remus en l'arrachant du sol. "Tu m'entends ? On ne se met jamais dans la trajectoire d'une baguette ! Jamais !"
"Oui, Papa", hoquete une Iris, maintenant en pleurs. Harry est blanc comme un linge. Mais qu'est-ce qu'on a fait à Merlin pour que tout parte en vrille comme ça ?
"Puisque tu ne sais pas faire attention à la magie, tu vas ranger à la main", ordonne maintenant Remus pas tellement plus calme. "Et toi aussi, Kane, tout de suite, tu m'entends ?"
"Je vous aide", décide alors Cyrus en s'avançant et s'accroupissant à côté d'un grand puzzle de train et en commençant à le défaire à la main. Kane se dépêche de lui apporter la boîte, et Iris décide qu'il est sans doute plus sage pour elle de les aider activement.
"Moi aussi", ajoute Harry, qui a rempoché sa baguette. Mais avec une seule main valide, il n'est pas réellement efficace, et les trois autres lui disent de s'occuper des boites. A les voir là tous les quatre solidaires, j'ai envie d'aller chercher l'appareil photo.
"J'ai été un peu loin, non ?", commente Remus dans un souffle embarrassé.
"Tu as eu peur, et nous ne supportons plus la peur", je le rassure.
"Et vous avez raison sur le fond, Remus", intervient Maman. "Harry et Cyrus ne disent pas que vous avez eu tort. Ils ont juste pitié d'eux."
Parce que ma mère n'est pas toujours mauvaise psychologue - elle est même plutôt assez fine, surtout tant qu'il ne s'agit pas de moi et de mes choix de carrière- je décide de tirer tout le monde en avant.
"Je vais t'accompagner Maman. Même si Drago coopère, il va bien falloir que quelqu'un accompagne Regulus chez Albus. Je vais le faire."
"Si ça te rassure ma petite fille", répond Maman, impériale.
ooo
Malefoy écoute sans réaction apparente la proposition de Maman. Peut-être est-ce l'effet des potions calmantes de Pompom.
"Maintenant ?", il se contente de demander.
"Ou demain, si tu préfères Drago. Mais ce week-end", confirme-t-elle.
"Moi et...", il essaie de s'intéresser encore mais dire Regulus est au dessus de ses forces.
"En fait, Regulus, mes parents n'ont pas les compétences pour s'occuper de lui. Nous allons tous partir d'ici ensemble mais moi, je vais l'emmener à Londres", j'interviens.
"On va sortir dehors ? Je veux dire... moi, avec ma tête de déterré et, lui, avec son corps...", il cherche un qualificatif et puis souffle :" trop grand ?"
"Pompom peut connecter sa cheminée au réseau pour des raisons médicales. Nous avons l'autorisation du Ministère et du Directeur pour le faire. Nous partirons de l'infirmerie", j'explique.
"Vous avez pensé à tout", soupire Drago avec une pointe de sarcasme mais sans assez de vigueur pour que quiconque ne fronce les sourcils.
"D'ailleurs, les elfes vont rapporter vos affaires personnelles et scolaires ici", j'indique. "J'imagine que tu n'attends pas du professeur Rogue qu'il te dispense de tes devoirs !", j'ajoute avec un peu d'entrain et de provocation - la fréquentation de mes fils adoptifs m'a appris que le sujet des devoirs suscite toujours des réactions même chez les meilleurs élèves. "Ma mère devrait être capable de t'aider si besoin est . Si ça ne suffisait pas, Severus, Remus ou moi viendront..."
"Me donner des cours ? Mais pourquoi donc...?"
"Parce que les ASPICS sont dans trois mois, Drago", intervient Maman. "Et que tu vas t'y présenter et obtenir les diplômes dont tu as besoin pour revendiquer ta place dans notre communauté. L'argent ne suffira pas à faire oublier la réputation de ton père..."
"Vous délirez tous ! Me présenter à des examens, faire des études ?" s'étrangle Drago avec beaucoup plus de naturel que je ne l'ai jamais vu en afficher. "Quand le Ministère va tomber sur Nero - enfin, sur ce qu'il est devenu... Ce n'est qu'un sursis et vous le savez !"
"Ce qui est arrivé à Nero ou à Regulus n'est pas de ta faute, Drago", je lui rappelle patiemment. "Ni de la nôtre d'ailleurs. On ne va pas laisser le Ministère nous mettre tout sur le dos !"
"Nous ?"
"Du moment que tu vis chez ma mère et que tu nous aides, Drago, est-ce que nos sorts ne sont pas liés ? Nous sommes déjà de la même famille de par notre sang... restent nos choix..."
Drago est incrédule et ne le cache pas mais il n'a pas la force de réellement protester à notre plan. Peut-être a-t-il aussi furieusement besoin que quelqu'un - n'importe qui - veuille le protéger même pour un moment.
"Tante Andromeda, puis-je vous demander sincèrement pourquoi vous prenez ce risque ?"
"Drago, quand j'ai rompu avec ma famille, quand elle m'a déshérité et rayé de l'arbre généalogique, j'aurais aimé que quelqu'un soit là", explique simplement Maman.
"Moi, j'ai finalement l'impression que c'est ma famille qui a rompu avec moi", commente faiblement Drago.
En allant s'asseoir sur le lit à côté de lui, sans doute pour essayer de le consoler physiquement, Maman me fait signe de partir. J'obtempère en me demandant pourquoi finalement cet arrangement me dérange si peu. J'arrive à la conclusion un peu étrange que je suis contente pour Drago comme pour mes parents. C'est donc presque certaine d'avoir fait le plus dur que j'annonce le plan à Nero-Regulus :
"Aller chez Dumbledore ?", répète Regulus l'air méfiant.
"Tu ne peux pas rester là. Pour le Ministère, tu es mort", je lui rappelle en ravalant mon agacement.
"Quelle garantie m'offres-tu, cousine ?"
"Garanties ?", je répète incrédule - quand on imagine les risques que nous prenons tous, de ma mère à mes enfants, d'Albus à Severus, et cette demi-âme nous demande des garanties ?
"Cousine - comment tu t'appelles déjà, Nymphéa ?"
"Nymphadora", je corrige - étonnée moi-même de revendiquer le prénom dont mes parents m'ont affublé.
"Voilà. Tu prétends m'emmener chez un sorcier qui, jamais, ne m'a paru de mon côté - encore un qui a toujours ouvertement préféré mon frère à moi", crache Regulus. Il inspire plusieurs fois pour se calmer avant de développer : "Tu argues que le Ministère ne verrait pas ma réapparition d'un bon œil. Et tu voudrais que je te fasse confiance ? Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas un piège ? Que vous n'allez pas, vous, m'empêcher de mener à bien mon emprise sur mon corps ?"
"T'empêcher ?"
"Ne laisse pas votre prétendue victoire te monter à la tête, petite cousine ! Je ne me laisserais pas rendormir ou réutiliser !", il affirme.
Il me faut plusieurs secondes pour trouver un angle de contre-attaque.
"Regulus, est-ce que quiconque a essayé quoi que ce soit contre ta fameuse emprise depuis ton réveil ? Non, pourtant qui doit trouver maintenant une explication à la disparition de Nero ? Ici, les murs ont trop d'oreilles. Nous préférons t'emmener plus loin. Officiellement, Nero est malade et va se reposer chez mes parents. Néanmoins, vues les magies à l'œuvre, nous pensons plus sûr pour tout le monde, toi y compris, que ce soit Albus et toute son expérience qui veillent sur toi, non ?"
Le jeune homme en face de moi baisse la tête pour éviter mon regard. Il me semble acculé. Sa méfiance n'a pas baissé d'un cran. Il hésite un peu mais finit par s'enquérir :
"Il fait quoi Dumbledore ?"
"Directeur de la Coopération Magique et président du Magenmagot."
"Et il a le temps de s'occuper de moi ?"
"Il a les moyens de le faire. Personne ne va aller fouiller sa maison."
"Je continue de vouloir l'assurance que vous ne tenterez rien contre moi", affirme Regulus en croisant les bras. "Ni potions, ni enchantements... vous me laisserez mener le processus à ma guise !"
"Mais Regulus, tu nous donnes plus de compétences que nous en avons !", je m'agace ouvertement. "Severus ne cesse de répéter que tu es un continent de magie inconnue que nous ne savons même pas par quel bout aborder ! Albus aura peut-être de nouvelles idées mais, en fait, je ne crois pas, parce que l'expert ici, c'est Severus", je lui avoue, en me demandant trop tard si c'est une bonne idée. "Mais toi même es-tu bien sûr de contrôler ce fameux processus ?", je ne peux m'empêcher de lui demander.
"Ne t'inquiète pas pour moi", rétorque mon soi-disant cousin.
Et là, je me dis qu'on est arrivés à une nouvelle impasse. C'est finalement mon expérience de mère qui me donne une idée pour continuer. Devant les caprices - et notre famille compte plus de têtus que d'obligeants - le plus simple est de changer la question :
"Bien, tu préfères rester ici", je constate comme si je me rendais à ses arguments. "Et, tu vois ça comment, ta rencontre avec le Ministre ? Excusez-moi, j'avais perdu mon corps, alors j'ai pris celui de ce môme qui avait le malheur de ne pas réellement avoir d'âme et l'envie stupide de vouloir me rencontrer ? Tu paries quoi : le baiser direct ou un petit stage de cobaye au Département des Mystères avant ?"
J'ai laissé le sarcasme monter dans ma voix tout au long de ma tirade. Au fond de son lit d'infirmerie, Regulus blêmit - pas de quoi être fière Tonks. Mais en même temps, je ne peux pas le laisser me dicter des conditions, si ?
"Et vous me protégerez du Ministère ?", il finit par se résoudre à questionner ayant quand même perdu un degré notable de morgue dans l'intervalle.
"Nous espérons ainsi ne pas avoir à le faire", je réponds. "A priori, s'ils doivent s'en prendre à quelqu'un c'est à Drago", j'ajoute pour voir s'il a hérité de la moindre sympathie pour le frère adoptif de son corps.
"Tant mieux", décide mon cher cousin en se décidant à se lever, lentement.
ooo
Comment vous sortez de votre deuxième entrevue avec Regulus, vous ?
La suite est plus ou moins écrite - avec Cyrus aux commandes. Elle s'intitule "Un certain panache".