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Author of 8 Stories |
Disclaimer : I don't own Captain Tsubasa.
A bon chat, bon rat
– Introduction –
– « Je t’aime. »
Il se tenait debout, face à moi. Ses mains tremblaient, son visage s’empourprait et il ne cessait de passer d’un pied à l’autre nerveusement. Comme une fille.
Je me tenais droite, le visage impassible, le regard fixe et déterminé. Mes mains dans les poches de mon pantacourt, je soupirais. Comme un garçon.
– « Désolée, » lui dis-je. C’est drôle comme ce mot est souvent détourné de sa signification première. Désolé, ici, ne voulait dire qu’une chose : je ne t’aime pas. « C’était sympa entre nous. Salut. »
Et je partais.
– Chapitre I –
– « Tu as encore plaqué ton copain ? » pouffe Aeka. « Mais qu’est-ce qu’il t’a fait celui-là ? » Je hausse les épaules.
– « Crois-moi, quand un mec te dit ça, c’est qu’il a quelque chose en tête et pas des moindres. Alors, non merci. Ou alors il tient vraiment à toi, et là… Ce n’est pas vraiment mon truc. Les histoires de guimauve… » Je pousse un soupir très significatif. Aeka s’esclaffe alors que Echiko secoue négativement la tête.
– « Le pauvre, » dit-elle. « Tu es cruelle, Akiko. » Je souris.
– « Mais non, » réplique-je sournoisement. « C’est la vie qui l’est. Tout le monde le sait. Et puis, la personne la plus à plaindre, c’est moi. Je me sens seule maintenant. »
– « On a qu’à aller à la Houle, il paraît qu’il y a un super concert de pop qui passe ce soir ! » propose Aeka, se léchant les babines. « Et le bassiste est trop chou. »
– « Tu parles des Ak-machin ? » Je la regarde dégoûtée. « C’est trop nul ! En plus, il est pas si mignon que ça… »
Elle grimace et tourne sa chaise. Allons bon, voilà qu’elle boude.
– « Et ils jouent trop mal ! » insiste-je. « Quand on ne sait ni jouer ni chanter, on ne bousille pas la chanson des autres. En plus, s’attaquer à un mythe et se planter dès les premières notes, ça le fait vraiment pas… »
– « Akko, sois plus cool, » intervient Echiko. « Ils viennent juste de débuter, c’est normal. »
Echiko défenseuse des peines perdues, le retour. Je secoue la tête en soupirant.
– « D’accord, d’accord, » cède-je. Je ne peux pas résister quand Echiko me fait ces yeux-là. Ceux qui veulent dire : ‘Attention, tu vas trop loin’. « Ils ne sont pas si mauvais que ça… »
Aeka me saute au cou. Elle est lunatique sur les bords. L’avantage, c’est qu’il en faut peu pour qu’elle arrête de bouder. En contrepartie, il en faut encore moins pour qu’elle fasse la gueule.
– « Mais Chimera est bien meilleur qu’eux, » bougonne-je. Quand même.
– « Vous êtes encore mieux que ça, Poupoune, » ronronne Aeka qui frotte machinalement son front contre ma gorge.
Je frissonne. Je déteste quand elle m’appelle comme ça. La faute de ma mère, c’est elle qui, dans son délire « je-développe-une-relation-mère-fille-en-faisant-copine-avec-ses-amies », leur a dévoilé le surnom qu’elle me donnait quand je n’étais encore qu’une gamine. La honte. Qui plus est, c’est resté.
– « En plus, » reprend Aeka. « Il faut qu’on en profite, les filles. Ce soir, c’est la dernière soirée de libre avant qu’on retourne en cours. »
Cette fois, c’est à Echiko de s’exciter comme une puce.
– « Au lycée Tôhô, les filles ! Vous vous rendez compte ? » s’extasie-t-elle, les yeux déjà remplis d’étoiles.
– « Vu le nombre de fois où tu nous l’as répété, je crois qu’on s’en rend bien compte, » raille Aeka en grimaçant.
– « Qui aurait cru que la Bande se retrouverait dans le plus prestigieux lycée de Tôkyô ? » s’écrie Echiko, ignorant la remarque d’Aeka.
– « Certainement pas la vieille bique de Mishiko ! » ricane-je.
Mlle Mishiko est une surveillance très sévère de notre collège à qui nous avions souvent fait des misères. N’empêche, elle nous le rendait bien. Même très bien. Je me rappellerai toujours de ses longues remontrances et de ses punitions. J’en frissonne encore.
– « Bon, allez les filles, si nous voulons aller à la Houle, ce soir, va falloir nous faire belles, » déclare-je en me levant.
Je me dépêche de rentrer chez moi. Il est déjà dix-huit heures et nous avons décidé de nous retrouver à vingt heures devant la Houle. Il faut encore que je persuade mes vieux de me laisser y aller. Et ça, ça risque d’être sacrément difficile. Surtout en ce qui concerne mon père. Ce vieux bouc est aussi sévère que Mlle Mishiko, l’autorité parentale en plus.
– « Je suis rentrée ! » crie-je en fermant la porte bruyamment.
L’absence de réponse m’indique que mon père n’est pas encore à la maison et que ma mère doit se trouver dans son bureau, à écrire son nouveau roman. Je me glisse à l’intérieur timidement. Je n’ose jamais la déranger quand elle s’enferme dans cette sombre pièce. Excentrique sur les bords, elle déteste travailler avec la lumière. Tout ça, soit disant parce que l’obscurité stimule l’imagination, qu’ainsi la réalité ne peut ni l’influencer ni la disturber. Seul l’écran de l’ordinateur éclaire son visage dont les traits fins sont contractés sous sa concentration extrême.
En entrant dans sa pièce personnelle, c’est un peu comme si j’enfreins une loi suprême. C’est toujours un moment délicat. Je toussote timidement. Elle ne m’entend pas. Comme d’habitude. J’avance un peu dans la pénombre. Je n’ose pas trop bouger parce que je sais qu’il y a quelque part une petite table ronde surmontée d’un vase chinois auquel ma mère tient énormément.
– « Maman ? » murmure-je d’une petite voix.
Cette fois, c’est suffisant pour la faire hurler. Une voix suraiguë qui me surprend toujours alors qu’elle est habituellement plutôt grave. La main plaquée sur son cœur, elle me regarde avec horreur puis avec colère. Je déglutis en grimaçant.
– « Akko ! » lâche-t-elle d’un ton de reproche.
Cela veut tout dire. Je rougis piteusement, bégayant inutilement des tas d’excuses. Mais je sais déjà que c’est inutile. Ma mère n’accepte pas les excuses.
– « Qu’est-ce que tu veux ? » grogne-t-elle en reprenant son habituel contralto.
Je joue avec mes mains. Face à ma mère, mon courage – ou ma témérité – disparaît toujours aux tréfonds de mes entrailles.
– « Avec la Bande, on aimerait bien assister à un petit concert, » bafouille-je.
Elle se radoucit. Ma mère est fan de musique. Elle m’a transmis sa passion dès mon plus jeune âge, m’incitant à apprendre le violon et le piano. Malheureusement, si j’excelle dans l’un, je massacre l’autre. Personne n’a jamais compris pourquoi je n’arrive pas à jouer convenablement au piano, pourtant réputé comme l’instrument le plus adéquat pour commencer la musique. Mais pour moi, il est très difficile d’y faire transparaître des sentiments sincères, contrairement au violon. Même si certains y arrivent parfaitement bien, je l’avoue.
Pour remplacer la déception de mes piètres performances en piano, j’ai entrepris d’apprendre la guitare. Et je suis plutôt bonne, même si je n’irais pas à dire douée. Du moins, pas autant qu’avec un violon.
Ma mère me sourit. Je devine alors qu’elle doit s’approcher de la fin d’un chapitre. C’est évident. Elle ne se serait jamais laissée aller aussi facilement si elle était au milieux d’une intrigue.
– « Tu es d’accord ? » demande-je, histoire d’être absolument sûre.
– « Quel genre de concert ? » m’interroge-t-elle.
– « Oh, un truc d’amateur. » Je préfère rester évasive. « C’est Aeka qui l’a choisi, alors tu sais… »
Désolée, chérie.
– « Je vois, » dit-elle en souriant.
– « Et puis, c’est notre toute dernière soirée avant le grand départ, » renchéris-je.
Elle sourit et tire l’un des tiroirs de son bureau et sort son portefeuille. Elle me tend quelques billets. Je vais lui prendre en me plaquant le plus possible contre les bibliothèques pour éviter la table. Mieux vaut ne pas la fâcher maintenant.
– « Au fait, je risque d’aller dormir chez Aeka après, » l’informe-je. « Je laisse mon portable allumé si tu veux me joindre. »
Elle me sourit. Là, je sens qu’il est temps de la laisser tranquille. Je quitte la pièce sans demander mon reste. Une fois la porte refermée derrière moi, je cours dans ma chambre en dandinant. J’adore quand c’est aussi facile que ça. Je me dépêche de fouiller dans mon armoire. Si je fais vite, je peux même éviter mon père. Même s’il m’appelle sur mon portable, il ne pourra jamais m’obliger à rester sagement à la maison.
Mais voilà, ce n’est pas toujours facile de choisir ses vêtements quand on possède comme moi deux larges armoires. Que voulez-vous ? J’aime les fringues. La mode et moi, on s’est épousées il y a plus de cinq ans. Et puis, quand on a de l’argent à revendre, autant en profiter.
Me sentir mal d’être friquée ? Vous rêvez ! Je ne suis pas hypocrite à ce point. Non merci.
Est-ce que je vais prendre cet ensemble rouge ? Hmmmmm, non trop provoquant. Après tout, je viens tout juste de rompre, ou plus officiellement de sortir d’une relation compliquée avec un mec que j’aimais à en mourir.
Faut dire que ça plait aux gars, les filles émotives, fragiles et sortant d’une relation difficile. Ils ont l’impression qu’ils doivent nous rassurer, nous protéger. Comme si nous étions en papier. Pathétique.
Et cette jupe ? Non, trop courte.
Par contre, je mettrais bien ce petit débardeur. Il est simple, noir et uni. Faut pas, le noir ça colle super avec le deuil d’un amour récent. En plus, il fait de plus en plus bon.
Ooh, il est superbe ce pull blanc genre fourrure d’ours blanc ! En plus il est large aux épaules. Très sexy. Et classe en même temps. Faut pas, j’adopte, j’adhère.
Plus qu’à prendre un joli pantacourt très simple en dessous. Eeeet, non, ça ne le fait pas trop. Par contre, ce jean va bien avec. Genre, je ne me prends pas la tête mais je suis classe quand même.
Pas mal. C’est bouclé ! Je passe au rayon maquillage. Là, ça va être plus simple. Je jette un coup d’œil à ma montre. Il me reste encore une demi-heure avec que le vieux bouc ne rentre. Je me hâte. J’ai à peine pris le temps de me laver les dents que je sens mon portable vibrer dans la poche du jean que je viens de mettre. Je me dépêche de prendre une gorgée d’eau et de me nettoyer la bouche et je décroche.
C’est Akira, le guitariste de notre groupe de musique.
– « Salut Poupoune ! » chantonne-t-il dans le combiner.
– « Ta gueule, Kirk ! » réplique-je.
Comme il a des airs avec le capitaine Kirk, nous l’avons tous rebaptisé ainsi. Non pas que nous sommes des fans de Star trek mais c’est tellement connu…
– « Qu’est-ce que tu fais ce soir ? » me demande-t-il.
– « Je vais me casser les oreilles à la Houle. »
Je plaque le téléphone en me tortillant la tête pour le maintenir sur mon épaule alors que j’essaie de me maquiller les yeux. Pas terrible comme position.
– « A la Houle ? Qu’est-ce qui passe en ce moment ? » s’étonne Akira. Normal qu’il soit surpris. Il est du genre à connaître tous les bons plans musicaux du coin.
Les bons plans. Notez l’accent sur « bons ». Certaines devraient l’imiter.
Quelqu’un lui répond à côté de lui. Même avec tout l’effort du monde, je ne retiens pas le nom du groupe. En fait, je ne veux même pas essayer.
– « Nooooooon ? » La voix de Kirk s’étrangle et un bruit bizarre en ressort. J’essaie de ne pas relever. Akira fait toujours des étranges bruits…
– « Si, » lui répondis-je. « Je sais, c’est minable… »
– « C’est carrément de la trahison ! » s’écrie-t-il. « Comment oses-tu nous-- »
– « Arrête ça, » grogne-je. « Tu es censé être l’aîné du groupe. »
Il ricane, l’idiot. Puis, il s’éclaircit la voix.
– « J’ai pas l’impression que ça t’enchante tant que ça d’y aller, » dit-il.
– « Quelle perspicacité ! » raille-je. « Mais j’ai pas le choix, j’ai promis à la Bande qu’on irait. Aeka a flashé sur leur bassiste… »
Nouveau son de gorge. Dégoûtant.
– « Elle a de ces goûts... »
– « A qui le dis-tu ! » soupire-je. « Au fait, pourquoi tu m’appelles ? »
Je change le portable d’épaule et pousse un râlement de soulagement. Ça fait mal de garder la tête dans cette position, n’empêche.
– « C’était quoi ça ? » demande Akira.
– « Rien, juste que je suis en pleine séance de maquillage. »
– « Ouch ! Je tombe mal ! Je voulais te proposer d’aller voir les Dirus (1) puisque j’ai finalement pu avoir des places intéressantes, mais puisque tu es occupée… »
– « LES DIRUS !? »
Prise par surprise, je laisse tomber mon crayon et dans le vain élan pour le rattraper, mon portable glisse de mon épaule et part lui aussi à la renverse.
– « Et merde ! »
Je me penche pour ramasser le stylo et le portable dont la batterie s’est encore faite la malle à quelques doigts de ma main appuyée sur le sol. Je l’attrape, le remet dans son habitacle et rallume mon téléphone.
Je tape mon code PIN et le pose sur le rebord du lavabo en profitant de l’instant de calme pour terminer de maquiller en vitesse. De justesse. Le téléphone vibre de nouveau.
– « Poupoune !! » crie la voix d’Akira.
Mes oreilles hurlent au scandale.
– « Arrête avec ça Kirk ! » grogne-je. « Les Dirus tu dis ? »
– « Ben, ouais, c’est ce soir, je te l’ai déjà répété plusieurs fois ! »
Je soupire. Ça, c’est la poisse !
– « Et j’imagine que t’as pas de place supplémentaire… » Au cas où, peut-être que je pourrais convaincre la Bande de me suivre.
Je rêve.
– « Navré, il n’en restait que deux, » affirme-t-il, pas si désolé que ça.
Je ne pense pas qu’il apprécie la Bande plus que ça. Il m’a dit un jour qu’avec elles, je fais gamine. Mais je suis une gamine. Aguicheuse, qui plus est.
– « Bon, faut que je file là si je veux pas tomber nez à nez avec le vieux bouc ! » lui déballe-je en descendant les escaliers au pas de course.
Je ne l’entends pas prodiguer les mêmes bêtises qu’il me sort en pareil cas et raccroche. J’ai juste le temps d’attraper mon manteau printanier, mon sac et d’enfiler mes bottes que je suis déjà dehors.
Je regarde ma montre. Dix-neuf heures dix. Oh, la, la ! J’ai traîné bien plus que je ne le pensais ! Il faut que je me dépêche si je veux arriver à l’heure !
Je déteste être à la bourre. Je trouve ça très mal poli et provocant. Pourtant, certains pensent que c’est un bien nécessaire et ils l’ont même fait entrer dans les règles de bienséance ! Enfin, dans certaines circonstances.
La Houle. Cette salle de concert est l’une des plus connues pour les jeunes. Néanmoins, l’âge minimal est de seize ans et si Aeka et Echiko les ont déjà, pas moi. Il me faut encore attendre un jour pour passer le cap. Ça devrait passer, en plus, ils nous connaissent depuis quelques années déjà. Et s’ils hésitaient à donner l’âge que nous prétendions avoir à cette époque, maintenant ils doivent se douter qu’on a passé l’âge limite et que c’est bon. Mais par mesure de sécurité, les filles et moi continuons encore aujourd’hui à prendre des airs de femmes mûres lorsque nous passons le videur. Ce qui nous rend toujours aussi hilare une fois à l’intérieur.
– « Hé ! Mais c’est la bande ! » s’exclame Benji en venant nous saluer. « Qu’est-ce que vous avez à toujours vous marrer en entrant ici ? »
Pour réponse, nous pouffons de plus belle. Benji, c’est celui qui tient le bar. Je l’adore. Même s’il est parfois très rébarbatif, il a toujours un mot pour rendre le sourire à n’importe qui. Je suis certain qu’il pourrait faire rire un mort.
Autour de nous, la salle n’est pas encore plongée dans l’obscurité et une musique techno s’exerce à installer une certaine ambiance. Comme d’habitude, ça marche. Même si les goûts musicaux de ceux qui choisissent les groupes de musique pour les concerts sont douteux. Et encore pire quand il s’agit de la musique qu’ils passent entre deux lives. Mais là encore, c’est de la techno. Ce qui explique et pardonne tout. Allez trier la bonne de la mauvaise techno. Pour moi, c’est du pareil au même. Enfin, je peux faire quelques exceptions, mais c’est principalement quand je me sens un peu molle que je consens à en écouter. Sinon, ça me déprime.
– « Hé les filles ! » crie-je pour attirer leurs attentions.
La soirée n’a pas encore commencé qu’on ne peut déjà plus s’entendre.
– « Vous me devez une fière chandelle ! » lance-je.
Elles papillonnent des yeux, signe qu’elles n’ont rien compris. C’est un code entre nous, histoire de ne pas se foutre la honte en criant « QUOI ? » à tout va.
Je répète.
– « Qu’est-ce que tu racontes ? » beugle Aeka. « Ça va être super ! J’en suis sûre ! »
– « M’ouais, peut-être ! » lui réplique-je tout aussi fort. « Mais pas aussi bien que les Dirus ! »
Nouveaux papillonnements. Je répète encore.
– « Pas aussi bien que quoi ? » crie Echiko en s’approchant dangereusement de moi.
Encore un peu et elle m’arrachait mes incisives celle-là !
– « DIRUS ! » hurle-je. « D-I-R-U-S ! »
Echiko grimace alors qu’Aeka prend des airs désolés. Elle me promet que la prochaine fois, elles m’accompagneraient au concert de mon groupe préféré. Ou dirais-je, de mon groupe d’amateurs préféré. Enfin, ceux-ci étaient en train de grimper les échelons, alors je ne sais pas si on peut toujours les qualifier ainsi. Mais comparé à des musiciens comme The Corrs (2), alors oui, ce ne sont que de piètres débutants.
Le concert a commencé doucement. Ils sont entrés sur scène. On a joué le jeu de la foule déjantée. Mais on a vite déchanté. Ils ont passé près d’une demi heure à s’accorder. On n’y croyait pas nos oreilles et nos yeux ! Et dire que j’ai raté un super concert pour cette catastrophe ennuyeuse… Ca m’apprendra à être gentille !
Même Aeka a reconnu qu’ils n’assurent pas. Mais pas du tout.
Quand enfin ils ont commencé, leur musique s’est révélée à la hauteur de mes espérances. Nullissime. Et ne parlons pas du jeu de scène. Il ne suffit pas de se trémousser en grattant mollement sa guitare ou sa basse (ne parlons pas du batteur qui était en contretemps par rapport aux autres – ou l’inverse, ça marche aussi). J’ai failli m’endormir si on ne me bousculait pas sans cesse.
Là, on doit probablement attaquer la deuxième partie car ils viennent annoncer dans une voix aussi morne que leur musique qu’ils s’apprêtent à jouer leurs propres compositions. Je grimace quand les premières notes se cognent à mes oreilles. Strident. Ecoeurant. Je m’éloigne. Pitié !
Nouveau soupire.
– « Tu n’as pas l’air de t’amuser, Akko ! » remarque Benji.
Je vois à son sourire qu’il sait exactement pourquoi je fais la gueule.
– « C’est sûr que comparé aux Dirus… » continue-t-il. « Je suis même étonné que tu sois là, tiens ! »
– « Moi aussi, Ben, » grommelle-je. « C’est de la merde. »
J’attrape le mon verre (une de ces boissons pour filles non alcoolisées mais avec de jolies couleurs fluorescentes) qu’il me tend et en avale la moitié. Je suis frustrée de perdre mon temps ici. Rien ne m’irrite plus que de la mauvaise musique. Surtout de la mauvaise musique en live. Le genre de truc qu’on ne peut pas arrêter en appuyant sur STOP ou même s’en aller parce qu’on est venu avec ses potes. Ma politesse me perdra, tiens.
– « Hé !, » m’interpelle un gars que je ne vois qu’à moitié.
Il est plus grand que moi, ça c’est sûr. Il a les cheveux noirs – comme tout le monde – qui semblent néanmoins assez long. Ou alors, c’est l’obscurité qui fait ça. M’enfin, je m’en moque un peu de savoir à quoi il ressemble. Je n’ai pas l’humeur à ça ce soir. La musique me démoralise. Comment voulez-vous jouer de vos atouts féminins quand vous avez pour fond sonore un cochon enrhumé ? Sans compter que le chanteur a beau couiner dans son micro, on ne comprend rien à ses paroles. Et ça, pour moi, c’est le must de l’insupportable.
Je le toise des yeux, peu intéressée.
– « Tu t’y connais en musique pour déclarer que c’est de la merde ? » demande-t-il d’une voix imposante.
Comme si ça allait m’intimider. Je déteste qu’on émette des doutes sur mes connaissances et mes goûts musicaux, même si ce crétin ne me connaît pas.
– « Y a pas besoin, » réplique-je. « Même les sourds te diront que ça ne vaut rien. Encore, si c’était commercial… Mais là, c’est nul à chier. Désolé pour le vocabulaire, mais c’est adéquat. »
Il hausse les épaules. Je lève un sourcil. C’est quoi ça ? Je pensais qu’il s’agissait d’un de leurs admirateurs… ?
– « C’est une question de goût, » dit-il diplomatiquement. « J’aime bien. »
– « Ouais, t’as raison. C’est une question de goût. C’est pour cela qu’on distingue ceux qui ont des bons goûts, comme moi, de ceux qui ont des goûts de chiotte. »
Les expressions peuvent parfois être bien faites. Parce que là encore, c’est parfaitement adéquat. Malgré la musique je l’entends grommeler. J’ai l’impression qu’il n’a pas apprécié l’allusion.
– « Tu n’as pas vraiment la langue dans ta poche, » remarque-t-il.
J’hausse les épaules.
– « Tu m’as demandé mon avis, je te réponds, » rétorque-je. « C’est tout. Après, libre à toi d’aimer cette… ça. Moi j’aime la musique. »
– « Hé les gars, détendez-vous, » intervint Benji. « D’accord cette… euh… musique ne plait pas à tout le monde, mais bon ! Ce n’est pas une raison de vous disputer. »
– « La musique mène à controverse, Benji, c’est normal qu’on n’est pas tous d’accord, » affirme-je.
– « Qu’on ne soit pas, » me corrige l’inconnu.
Décidément, ce gars m’énerve.
– « D’accord, qu’on ne soit pas… » repris-je en soupirant.
– « Akko ! Tu es là ! » m’appelle Aeka, s’affalant sur moi.
Heureusement que mes réflexes sont encore bons. Encore un peu et elle m’aplatissait contre le bar. Elle m’entoure de ses bras comme elle en a l’habitude et pose sa tête sur mon épaule.
– « Je t’ai cherché partout, » se plaint-elle. « Qu’est-ce que tu fais ? »
– « Je m’ennuie, » lui avoue-je. « Ça ne se voit pas ? »
Elle soupire.
– « Si… Tu es une vraie tête de mule. Si tu faisais des concessions pour changer ? »
Je renifle bruyamment. J’ai tendance à faire ça quelque fois. Un tic ou un réflexe, je ne sais plus…
– « Je suis là, non ? » lui réplique-je.
Elle balance sa tête de gauche à droite, me donnant au passage quelques coups.
– « Tu pourrais faire plus d’effort et venir t’amuser avec nous ! Il y a de beaux partis tu sais… »
– « Comme le bassiste ? » ricane-je mauvaisement.
Nouveaux secouements de tête pour elle. Nouveaux coups pour moi.
– « Il joue trop mal… Et puis tu me tuerais avant même que je l’approche, » plaisante-t-elle. « Non, Echiko est avec eux là. Je pense qu’elle nous attend. »
Je me redresse soudainement en oubliant que Aeka se trouve appuyée sur moi. Elle se mord la langue et râle alors que je l’oblige de force à me conduire vers le groupe où notre amie se trouve. Echiko n’est pas comme Aeka et moi. Elle n’aime pas nos manières et elle est mal à l’aise quand elle se retrouve seule avec des garçons. Surtout quand elle ne les connaît pas.
Je soupire. Quelle inconsciente ! Laissez Echiko là-bas. Je l’aperçois et m’arrête. En fait, elle n’a pas l’air très mal à l’aise.
– « Tu m’as pas laissé finir ! » rouspète Aeka derrière moi. « J’allais te dire que ça y est ! Elle passe le cap ! »
Avec ses idéaux du parfait gentleman, je ne la vois pas trop aller embrasser le premier gars qui lui a fait du rentre dedans. Surtout que jusque là, ceux qui lui en fait se sont retrouvés la fierté bien piétinée. Face à elle, Aeka et moi ne sommes que de piètres briseuses de cœur. Enfin, c’est relatif… nous ne faisons que flirter sans jamais trop nous engager. Au moins Echiko est honnête alors que nous profitons amplement de nos atouts. Naturels tout comme superficiels
– « Il est beau gosse, » siffle-je.
– « N’est-ce pas ? » glousse Aeka. « Ses potes sont là-bas si tu veux. »
– « Non, pas ce soir, je viens de me faire larguer, je te rappelle. »
Elle éclate de rire. Un de ces rires tonitruants que même les accords de la guitare balancés à tout va ne parviennent pas à étouffer. Bonjour la discrétion.
– « Akko, je t’adore ! » scande-t-elle en me sautant une nouvelle fois au cou.
Dois-je préciser qu’on nous prend probablement pour des folles ? Ou pour des lesbiennes en mal d’amour ? Je soupire et calme les ardeurs de mon amie. Parfois, elle en fait trop.
Le concert s’est enfin achevé et nous cherchons Echiko en vain. Je tente de l’appeler sur son portable.
‘Kon’nichiwa !’ chantonne son soprano.
Le répondeur… Je commence sérieusement à m’inquiéter. Ce n’est pas son genre de disparaître comme ça et j’ai encore l’image de ce garçon qui l’embrasse en tête.
– « Alors ? » demande-je à Aeka alors qu’elle revient des toilettes.
– « Aucune Echiko en vue, » répond-t-elle. « J’ai même regardé chez les mecs, y’a pas. »
Je me mords la lèvre.
– « Elle va quand même pas découcher comme ça, sans nous prévenir ? » m’énerve-je, angoissée.
Aeka se contente d’hausser les épaules.
– « Bah, tu as fait pareil, je te signale, » souligne-t-elle.
– « Non, » rétorque-je. « Moi, j’avais méticuleusement choisi ma cible. C’était un gars très clean. »
– « Ouais, tellement qu’il a oublié ce qu’il a fait dès le matin et t’a foutu à la porte, » réplique-t-elle, levant un sourcil. « Très clean, le gars ! »
Je renifle avec mépris. Je n’ai pas vraiment envie de me remémorer ça. Même si ça fait tout juste deux semaines et que, forcément, c’est pas encore dans la case « poubelle ». Si un jour, je réussis à l’y faire entrer parce que pour une première fois, c’était presque pourri. Pas tant l’acte par lui-même que le comportement de ce type. A vous faire regretter votre virginité.
– « Il était bourré. »
Aeka ricane. Parfois, elle me saoule vraiment.
– « Qu’est-ce qu’on fait ? » Je tente une diversion – qui n’en était pas vraiment une. « On appelle la police ? »
– « La police ? T’es folle ! A tous les coups, elle passe un super moment et toi tu veux tout gâcher ? »
– « Et si c’était le contraire ? »
Elle se mord la lèvre et baisse les yeux. Elle n’y a même pas pensé une seconde. Parfois, elle m’exaspère à être si insouciante. Ok, on est des gamines. Mais, il y a des limites.
Mes nerfs vont lâcher et Aeka continue à me les titiller avec ses stupides remarques.
– « Hiii ! » hurle-je alors que mon téléphone se met à vibrer comme un forcené.
– « Moshimoshi ? »
Un reniflement larmoyant me répond.
– « Echiko ? » demande-je, me redressant d’un coup. « Echiko ? C’est toi ? »
– « Ak – Snif – Akkooo… »
– « Qu’est-ce qu’il y a ? Où t’es ? »
– « J’ai – Snif – fait une bêêê-tise, Akko, » pleurniche-t-elle.
– « Quoi ? Quelle bêtise ? T’es où ? »
– « C’ét-ait – Snif – une erreur – Snif – de jugeeement. »
Je sens la crise de nerf commencer. Si seulement elle répondait à ma question !
– « OK, j’ai compris, mais dis-moi où tu es bon sang ! »
J’entends quelque chose proche d’un crachat qui remonte à la gorge alors qu’on commence à parler et qu’il faut subitement ravaler. Ecoeurant.
– « Je suis… dans le – snif – parc… A côté de la Ho-houhoule… »
– « OK, bouge pas, on arrive ! »
Je raccroche et beugle à Aeka de se dépêcher. Je ne veux pas la laisser seule aussi longtemps. On court comme des dingues et entre dans le parc. Ne suffit plus qu’à la trouver. On avance plus lentement, mine de rien, ça fout les jetons de traîner ici la nuit. Il n’y a pas grand monde et je n’ose pas l’appeler à voix haute.
– « ECHIKO ! » hurle alors Aeka, mine de rien.
J’ai cru que j’allais l’étrangler.
– « Mais ça va pas ! » proteste-je. « T’ignores tout d’la vie merde ? Et si t’ameutais tous les malfrats tant que t’y es ! »
Aeka lève les yeux au ciel. Néanmoins, je dois avouer – à contre cœur – que ça marche. Des reniflements suivis d’un gémissement familier nous répond et une silhouette s’avance vers nous. C’est Echiko !
Je me précipite vers elle et l’attrape par les épaules alors qu’elle est prête à tomber à terre. Je l’oblige à marcher jusqu’à un banc et je la laisse s’asseoir.
Je m’accroupis devant elle et lui tient les mains. Aeka s’assoie à côté d’elle et passe son bras sur son épaule, se blottissant contre elle.
– « Que s’est-il passé ? » lui demande-je doucement.
Elle se mord les lèvres et fronce les sourcils. Elle ouvre la bouche mais ne fait que gémir. Bien sûr qu’elle est troublée. Aeka sort un mouchoir et lui tend. Elle s’essuie le visage trempé de larmes et de sueur.
Je regarde autour de nous, je ne suis toujours pas rassurée de me trouver là mais il est hors de question qu’on la ramène dans cet état. Et les cafés sont fermés depuis longtemps. Quant aux bars, c’est tout simplement hors de question, ce serait pire.
– « Shhht, calme-toi, on est là… »
Je peux quand même avouer ça, Aeka a toujours su réconforter quelqu’un. Ce qu’elle fait est simple mais ça marche.
– « Il faut que tu nous dises ce qui s’est passé avec ce garçon, » lui souffle-je.
– « Il-il… » Elle ne termine pas sa phrase et se remet à pleurer.
C’est à moi de deviner.
– « Il t’a fait du mal ? » lui demande-je. Elle secoue la tête négativement. « Il t’a forcé à le faire ? » Encore une fois, elle me répond non du visage.
Aeka et moi, on se regarde, surprises.
– « Il a refusé ? » tente Aeka.
– « Nooooon, » gémit Echiko.
– « Il t’a repoussé après l’acte et t’a complètement oublié ? » continue Aeka.
Je la foudroie du regard. Non mais !
– « Nooooon. Il m’a embrassé. »
Là, je tombe des nues. Elle ne nous fait pas tout ce cinéma parce qu’un mec l’a embrassé quand même ! Je sais qu’elle est plutôt prude, mais y a des limites !
– « Attends… euh… c’est pas la première fois que quelqu’un t’embrasse, » lâche Aeka aussi perplexe que moi.
– « Noon ! C’est pas ça… »
Pour le coup, je me sens presque rassurée.
– « Alors quoi ? »
Ca y est, je m’énerve.
– « Ah ! » s’écrie Aeka comme à chaque fois qu’elle est illuminée par une idée saugrenue. « C’était nul, hein ? »
Echiko se met à pleurnicher de plus belles. C’est donc ça ! Et dire que je m’imaginais des choses… Je sens le fou rire qui monte. Je m’écarte légèrement pour l’étouffer en toussotant. Mais rien à faire, mes lèvres frémissent, je me sens prendre le contrôle.
Ne ris pas ! Ne ris pas ! Trop tard. Je m’esclaffe comme un phoque. C’est la honte mais je ne peux pas résister. Echiko me regarde perplexe, elle en oublie de pleurer. Aeka, elle, pince les lèvres. La situation est risible tellement mon rire semble déplacé. Et pourtant, il ne l’est qu’à moitié.
– « Hi-hi, désolée Echiko, hi-hi, c’est nerveux, » bredouille-je.
Je profite qu’une vague se termine pour respirer un bon coup et arrêter ce fou rire. Le parc est tellement vide et sombre que ça me donne la chair de poule et même si j’ai le sourire, je n’ai pas non plus envie de rester là plus longtemps.
– « On devrait y aller, » dis-je.
Elles acquiescent et se lèvent.
A présent, Echiko se contente de renifler alors qu’Aeka tente de la faire rire ou au moins sourire. Ce qui fonctionne plutôt bien, même si la plupart du temps, c’est moi qui m’esclaffe.
Que voulez-vous ? J’ai parfois le rire très facile. Surtout quand je suis crevée, que j’ai bu quelques verres… Bon, d’accord, il n’y a que très peu d’alcool dedans, mais quand même. Et surtout j’ai écouté de la musique aussi merdique que la symphonie des toilettes, opus en do mineur, pour cornemuse et prouts de cerveaux et ça, pendant près de trois heures... Parce qu’en plus, il a fallu que ça dure aussi longtemps.
On a décidé d’aller dormir chez Aeka, même si c’est moi qui aie la plus grande chambre, ses parents sont plus cool, ou du moins quasiment toujours absents. Là, ils doivent probablement être en voyage d’affaire, à force on ne lui demande plus.
Mais même quand ils sont là, ils se moquent de nous voir débarquer à minuit passé pour aller se vautrer dans la chambre de leur fille. Je crois qu’ils s’y sont habitués.
Chez moi, ce serait déjà plus compliqué. Ma mère a besoin d’un calme absolu. Elle n’accepte de faire des concessions seulement si c’est pour m’entendre jouer de la musique ou d’écouter un bon concerto. Alors, les cris hystériques de trois gamines surexcitées… impossible.
Après avoir installé deux futons dans la chambre, on prend tour à tour une douche bien méritée et on se plonge sous nos couettes. Soudain, mon téléphone vibre.
Je décroche.
– « OU ES-TU ? » hurle mon père derrière le combiner. Et mince. J’ai complètement oublié de lui dire où je dors.
– « Chez Aeka, » lui répondis-je en maugréant. J’ai mal à la tête rien qu’à entendre le timbre de sa voix. Alors si en plus il crie…
– « Ça fait une heure que j’essaie de t’appeler ! » beugle-t-il encore. Ouch.
– « Désolée papa. Mais je l’ai dit à Maman que je sortais ce soir… »
– « Tu lui as dit que tu allais voir un concert, pas que tu allais rester toute la nuit dehors ! » tonne-t-il.
– « Je suis pas dehors, je suis chez Aeka ! » proteste-je. Je tends le téléphone vers son lit. « Dis bonjour. »
– « Bonsoir Mr Himejima, » grommelle-t-elle dessous son oreiller.
Je suis certaine qu’il est en train de virer rouge. Je reprends le téléphone et je l’entends renifler bruyamment. C’est un truc de famille. Puis, il soupire. Il sait qu’il n’a, de toute façon, pas le choix.
– « Demain, je veux te voir à dix heure à la maison, compris ? »
Sa voix est plus calme. Vaincu, le vieux bouc. Pourtant, je n’ai rien fait de spécial. L’habitude, probablement.
– « Ça marche, » accepte-je. « Bonn-- »
Il a raccroché. J’éteins mon portable et le pose sur mes affaires. Je remonte la couverture sur moi et me tourne vers Echiko (j’entends déjà Aeka qui ronfle sur son lit). Elle regarde le plafond, les yeux luisants.
– « Hé, » lui souffle-je, « ça va ? »
Elle se tourne vers moi et me sourit.
– « J’ai fait une bêtise, » dit-elle tristement.
Echiko a toujours été la plus romantique de nous trois, je sais à quel point elle tient à préserver son innocence.
– « Ca va aller, » la réconforte-je. « C’est rien de perdre ta virginité, tant que là, » je soulève ma couette et montre mon cœur de ma main gauche, « ça reste le même. »
Elle me sourit et acquiesce silencieusement. Elle me tend la main et je la lui serre chaleureusement. J’adore Echiko. J’adore Aeka, malgré tout. La Bande et moi, c’est une vraie histoire d’amitié. On le sait et c’est pour ça qu’on se montre aussi proche en public. Tant pis pour les radoteurs et les mauvais penseurs. On est comme on est.
Finalement, elle ferme les yeux et s’endort peu après. Moi, je mets plus longtemps. Je repense à la soirée. Et je me rappelle soudainement que j’ai oublié quelque chose durant tout ce temps, ou du moins, quelqu’un.
Le gars aux goûts musicaux douteux. Oups. Je l’ai complètement zappé avec ce qui s’est passé. Bah, tant pis. Il était con de toute façon. Et probablement pas beau. Aimer ça, c’est le signe qu’il n’est pas fait pour moi.
La rentrée… C’est dans deux jours. J’aurais bien le temps là-bas de trouver ma cible idéale. Un vrai mec avec du caractère, mais pas macho. Histoire de changer des lopettes ou des pseudo-musclors que j’ai dû supporter au collège. Et puis, les mielleux de l’amour, j’en ai ma claque.
Mais à présent, il faut que je dorme. Demain, j’affronte le vieux bouc. En face à face simple. Ca va être dur. Et long. Très, très long.
Pitié !
- A suivre –
(1) Attention, je n’entends pas le groupe Dir en Grey ou autre groupe de musique existant. C’est de la fiction, s’il vous plait !
(2) Cette fois, par contre… Elle parle bien du groupe anglophone. (Ils ont chanté : Only when I sleep; Summer sunshine ; Breathless…)
Note spéciale :
Puisque NyaPowa n’y tient pas trop… Je la remercie beaucoup !
Et pour finir :
J’espère que ça vous a plu. N’hésitez pas à me laisser vos avis !