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Author of 11 Stories |
Disclamer : rien ne m'appartient, à part Eleusis et l'intrigue.
Avant l'histoire : Cette mini-fic (5 chapitres) s'inclut dans ma grosse fic. Cependant, elle ne nécessite aucunement d'avoir lu le Talisman pour comprendre. Elle retrace le passage éclair de Voldy chez Grindy. Commence lors du parricide.
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Chapitre 1 : Le père
Pour la première fois, la puissance pulsait pour de bon à ses tempes. Ce battement enivrant surpassait la faible excitation qui accompagnait une sortie du basilique. Là, il était la main de son destin, le maître total de la situation.
Pourtant il n'avait que seize ans.
Un mince sourire se dessina sur le visage pâle de Tom Riddle, ou plutôt de Lord Voldemort. Oui, Lord Voldemort cela sonnait bien mieux que ce stupide nom hérité de son moldu de père. Moldu... Le vertige le saisit un instant, effaçant le sourire. Moldu... Ce mot raisonnait dans sa tête. Il avait un père moldu ! Lui !
Le jeune homme observa ses mains fines sous le reflet argenté de la lune. Il les passa sur son visage. Tout, tout venait de son moldu de père. Dans un cri de rage, il écrasa son poing contre le tronc d'un chêne pour se maudire aussitôt. Le dessus de la main douloureuse, les pensées se réorganisèrent.
Oui, sont père était moldu, et alors ? Il était Lord Voldemort, l'héritier de Salazard Serpentard. Il était un être d'exception, aux grands pouvoirs, dont l'avenir ne serait que grandeur. Son regard tomba sur sa baguette.
Le pouvoir reprit sa pulsion aux tempes de l'apprenti mage noir. Ce problème paternel pouvait se régler d'un coup de baguette magique. Il le savait, c'était pour cela qu'il était là, au pied du manoir des Riddle. Il avait déjà réfléchi à tout, au coupable idéal, à son dégénéré d'oncle dont il modifierait les souvenirs pour qu'il s'accuse de crime. Bien sûr, cela représentait un maléfice avancé, bien sûr il ne l'avait jamais lancé sur un sorcier adulte, et alors ? Il était Lord Voldemort.
Alors, à pas de loup, il s'avança dans le manoir, se glissa dans l'immense bâtisse. Des relents de rancoeur lui serrèrent la gorge lorsqu'il entendit les rires de joie, le crépitement paisible du feu, qu'il vit la famille assise en toute quiétude aux bords d'un feu. Cette rancoeur s'enfuit vite, effrayée par le pouvoir qui seul avait sa place dans l'esprit du jeune homme. Il n'avait pas besoin de tout cela. Il avait Lui, il était Lui.
Une fraction de seconde apporta son hésitation lorsqu'il croisa le regard d'une vieille dame, mi-effrayée, mi-intrigée. La fraction de seconde plus tard, deux mots glaciales sifflaient dans l'atmosphère confinée.
- Avada Kedavra.
Un éclair vert gicla de l'if, emportant avec lui la vie d'une Riddle. C'était si facile d'être le maître de la vie et de la mort. Des cris de terreur retentirent, on s'agita autour de lui comme une nuée de mouches que chaque rayon vert abattait au sol. Il tua ensuite un vieillard et pointa sa baguette sur son ignoble père. Cet imbécile avait presque atteint la sortie, ayant décidé dès le départ de prendre la poudre d'escampette, abandonnant sa famille. Le fils bloqua la porte. Le père se retourna avec la lenteur de la terreur. Il fixa sa progéniture avec des yeux exorbités. Le sorcier lâcha un rire suraigu, teinté de cruauté mais aussi de dégoût. Son géniteur n'avait même pas eu le cran de faire un geste pour sa famille.
Le fils s'avança vers son aîné qui se décida à couiner :
« Qui êtes-vous ?
- Qui je suis ? Tout dépend du point de vue, répondit le sorcier avec une nonchalance apparente. Pour moi, je suis Lord Voldemort, futur maître du monde. (Il se laissa tomber sur un fauteuil) Pour l'état civil, je suis une personne du nom de Tom Marvolo Riddle. (Les yeux du père s'écarquillèrent). Pour ma mère, j'étais ton fils que tu as trahis dans l'abandon.
- Mon... fils... »
Il essayait pathétiquement de reprendre sa contenance, de gagner du temps. Le jeune homme l'observait réfléchir, analyser la situation. Riddle tenta même le mensonge.
« J'ignorais qu'elle était enceinte ! Je... Comment va-t-elle ?
- Elle est morte à ma naissance, cingla l'adolescent. Je vois que tu t'es beaucoup préoccupé de son sort.
- C'était une sorcière ! »
Les yeux du père s'agrandirent en réalisant l'énormité de ses paroles. Les yeux du fils furent traversés par un éclair écarlate. Ce fut sa seule réaction.
« Je veux dire...
- Que tu savais qu'elle était enceinte, termina calmement Voldemort.
- Non, je ...
- Endoloris ! »
C'était aussi la première qu'il jetait réellement un sort torture sur un humain. À Poudlard, avec le vieux citronné à proximité, c'était trop risqué. Ce maléfice était d'une aisance enivrante. Il faisait jaillir des profondeurs les plus noires de son coeur sa rage, sa volonté de douleur.
Il cessa le maléfice. Cette... chose qui gisait lamentablement au sol sanglotait.
« Regarde-moi ! »
Tel un automate, le père leva la tête est croisa le regard du fils.
« P... Pitié...
- Pitié ? Répéta l'adolescent sur un ton doucereux. Mais Lord Voldemort ne connaît pas la pitié, pas plus que celui qui l'a engendré avant de l'abandonner.
- J'ignorais...
- Tss, je déteste le mensonge. Je sais quand on me ment, toujours. Les esprits pathétiques le crient, s'en est presque assourdissant... Mais trêve de bavardage, il est temps de terminer ce pourquoi je suis venu.
- Non ne... »
Un léger rictus naquit sur le visage encore un peu juvénile. Bientôt le père s'effondra sans vie. Longtemps le fils resta immobile, contemplant son oeuvre, parfois nauséeux, parfois triomphant. Il venait de tuer. Déjà, enfin, il ne savait pas trop.
C'était fait.
Il se sentit soudain gagné par une profonde lassitude. Probablement une conséquence des avadas consécutifs... Néanmoins, il ne devait pas s'arrêter maintenant, il lui restait encore une dernière chose à régler. Alors, il se leva et repartit l'esprit vide vers la maison de Morphin Gaunt. Il le trouva, affalé devant une bouteille aux deux tiers vides. Cela ne rendrait que le sort plus facile à jeter. Il s'approcha. Le soulard ne daigna pas le regarder. Tom pointa sa baguette sur la tempe de son oncle :
« Movum memoriam »
Un mince fil argenté relia l'if à la chair, les esprits entre eux. Se servant de liaison, Riddle commença à modeler les souvenirs mais la matière spongieuse lui échappa rapidement. L'adolescent poussa un cri de rage.
Un rire un peu aigu, un peu hystérique raisonna alors derrière lui.
« Joli tentative, cousin »
Tom fit volte face, baguette en garde. Une inconnue de grande taille, brune aux traits lourds, se tenait devant lui. La magie l'enveloppait avec force, l'adolescent la voyait presque briller. Son visage ne lui rappelait quelque chose, mais quoi ?
« Cousin ?
- Oui, confirma-t-elle. Ceci (elle désigna avec mépris l'homme hagard) est mon père. »
Tom se demanda vaguement comment cette loque avait pu avoir un enfant... Remarque, il lui suffisait de jeter un imperium et le tour était jouer. Il considéra avec prudence celle qui se disait sa cousine. Elle devait avoir trois ou quatre ans de plus que lui.
« C'est ton père ? Voilà qui est fâcheux car je compte l'envoyer en prison.
- Peu m'importe son sort, répliqua sa cousine d'un air dégagé. En vérité, je ne l'ai pas tué parce que j'espérais qu'un jour il pourrait avoir une quelconque utilité. Mais je t'en pris, fait un autre essais. »
Tom opina un peu raide. Il détestait être traité de la sorte, cependant la prudence lui déconseillait de répliquer. Il n'était pas au meilleur de sa forme, elle paraissait être rompue à l'art du duel. Il fit donc un deuxième essai. Échoué. Sa cousine en rit d'autant plus fort.
« Eh bien cher cousin, permet-moi de te dire que tu n'es pas encore au point. Je vais te montrer comment on fait chez les grands. »
L'ego de Tom se rebella, son instinct de survie le poussa à la patience, son esprit pragmatique à observer. Il observa sa cousine jeter le sort, écouta les modifications de la magie.
Sa cousine reporta son attention sur lui, un pointe de triomphe sur les lèvres.
« Voilà comment font les pros.
- Quand tu auras fini de te vanter, peut-être me diras-tu pourquoi tu es là... claqua avec agacement le jeune homme.
- Peut-être... mais faisons d'abord les présentations, veux-tu ? Mon nom te dira peut-être quelque chose, Tom Riddle. Je m'appelle Eleusis, également sang-mêlée. »
L'adolescent se crispa plus encore, malgré l'intérêt naissant. Il se souvenait à présent où il l'avait vue. Dans la Gazette du Sorcier. Eleusis était un des lieutenants les plus redoutés de Grindelwald. Donc le vieux s'intéressait à son cas...
« Et ? »
Il bloqua de justesse un doloris. Il répliqua d'un aquabase, mais le sort d'eau corrosive ne rencontra que le vide. Eleusis avait transplané à sa droite, lançant un nouveau stupéfix que parvint à éviter Tom. Un fraction de seconde plus tard, un experliamus fusait sur sa cousine qui se transplana à nouveau.
Le danger glaça la nuque du jeune homme qui plongea instinctivement. Un éclair violacé frôla sa tête. Il était rapide... mais il ne parvint pas à voir à temps le coup de pied qui percuta sa main tenant la baguette. Il ne put que voir avec horreur sa cousine se saisir de son bien le plus précieux.
« Tu n'es encore qu'un amateur, Tom, mais tu te débrouilles déjà bien. Voyons maintenant comment tu supportes le doloris... »
Avant que le jeune homme n'ait pu ajouter quoi que ce soit, le maléfice le frappa de plein fouet. La douleur laboura sa chair avant de s'incruster dans ses os. Son cri transperça l'obscurité nocturne. La souffrance s'accentua plus encore jusqu'à un paroxysme qu'il crut le rendre fou.
Tout cessa, laissant autour de lui des brumes malades.
« Tu es bien douillet, se moqua la jeune femme. Mais peu importe en fait... »
Elle se pencha sur lui et attrapa son bras. Le monde bascula pour devenir froid, mouvant. Quand sa vision redevint claire, Tom constata au travers sa terreur qu'il se trouvait dans un lieu inconnu. Que devant lui se dressait un homme de grande taille, à la carrure massive et à l'épaisse tignasse blonde dont le visage était loin de lui être inconnu.
Bernt Gellert Grindelwald.