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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Chronicles of Narnia » La Reine Perdue

Zoubi
Author of 10 Stories

Rated: K+ - French - Adventure/Romance - Peter Pevensie - Reviews: 20 - Updated: 03-14-09 - Published: 06-06-08 - id:4305119

Désolée pour cette attente scandaleuse ! Je vais faire de mon mieux pour m'y remettre. Bonne lecture à tous !!


Chapitre Quatrième

Danger.

- Bravo, Abigael ! Vous avez fait des progrès !

- Oh, merci monsieur. J'ai eu un peu d'aide...

- Quoi qu'il en soit, je pense que vous pouvez passer dans l'autre groupe. Vous n'avez plus votre place parmi les débutants !

Abigael s'inclina et, ramassant le carquois posé à ses pieds, traversa le vaste champ de tir pour aller s'aligner avec les tireurs plus expérimentés. Posant légèrement la pointe de son arc au sol pour reposer ses bras, elle observa les autres tireurs. Beaucoup d'étudiants de Smithsonian, mais également quelques étudiantes, comme elle. La gent féminine était, cela dit, en très grande infériorité numérique.

Ravie de ses progrès, elle sourit pour son seul bénéfice, et releva les yeux lorsque son moment de tirer fut venu. Soulevant son arc, elle se plaça en position, encocha une flèche, ferma brièvement les yeux pour se concentrer, et inspirer profondément. Elle rouvrit les paupières, fixa la cible, et expira lentement en relâchant la corde, qui vibra en envoyant la flèche siffler dans les airs... et toucher la cible, non pas au centre, mais dans sa proche périphérie. Résultat plus qu'honorable pour une demoiselle qui, la semaine précédente, terrorisait encore son professeur par sa maladresse.

Après avoir récupéré sa flèche et l'avoir rangée, elle partit déposer son équipement au comptoir et reprit le chemin de sa résidence. En sortant du champ de tir, elle sentit un regard peser sur sa nuque et ralentit, balayant les gradins du regard. Elle finit par y trouver Peter Pevensie, installé au quatrième rang, qui lui adressa un sourire discret et un signe de la main non moins léger. Elle répondit d'un signe de tête de connivence et sortit du terrain, revigorée par cette rencontre amicale qui envoyait une douce chaleur courir dans ses veines. La semaine passée, il l'avait entraînée personnellement quand le champ de tir était fermé, et ses progrès avaient été spectaculaires. Ce garçon-là était un bien meilleur professeur que le vieux Strett ! Et là, il attendait sans doute l'ouverture de la salle d'escrime, et était passé au champ de tir la surveiller.

La blonde et glaciale solitaire secoua la tête, ébranlant quelque peu l'équilibre fragile de son chignon de jeune fille sérieuse. Il faudrait peut-être qu'elle fasse quelque chose pour remercier Peter de son aide... ?

*O*

- Allez, on arrête pour ce soir. On en a fait assez.

- Tu vas travailler ?

- Non, pas aujourd'hui. C'est ma soirée de repos.

- Ah...

Curieuse intonation. Comme si la phrase n'était pas achevée... Abigael reporta son attention de l'ouvrage poussiéreux qu'elle était en train d'étudier sur Peter, attendant qu'il termine. Mais non, rien. Il referma la bouche et s'appuya au dossier de sa chaise, refermant soigneusement les ouvrages anciens qu'on les avait autorisés à emprunter pour préparer leur examen de fin de semestre. Haussant les épaules, elle se leva et souleva la pile pour aller la poser sur le buffet. Ils étaient dans son petit logement de la résidence des étudiantes - par dérogation spéciale, Peter avait l'autorisation de s'y trouver, compte tenu de leur sérieux à tous les deux. C'était bien plus commode pour travailler que la bibliothèque de l'université, toujours quelque peu bruyante et surpeuplée. Sans la nuée d'admiratrices de Peter et les ennemies d'Abigael, encore plus nombreuses depuis qu'ils travaillaient ensemble, ils pouvaient avancer plus rapidement.

Peter se leva rapidement de sa chaise et s'empressa de lui ôter quelques volumes des bras pour les ranger. Oui, c'était un trait de caractère qu'elle avait vite remarqué cez lui, cet esprit chevaleresque. Chez d'autres, il aurait pu se parer d'arrogance, mais chez lui au contraire, cette attitude toute noble se faisait discrète, drapée d'une humilité profonde. Le genre d'humilité qui n'est pas naturelle, innée, mais qui vient d'un apprentissage douloureux. Peter avait dû traverser des épreuves difficiles, et il en portait la trace. Il portait également autre chose, de plus diffus et quasi-insaisissable, mais qu'Abigael percevait aux limites de sa conscience. Qui donc était-il ?

De son côté, Peter était tout aussi pensif. Méditatif, il se rassit sur la chaise pendant qu'Abigael sortait préparer le traditionnel café d'après-travail. Il repensa au mois écoulé, étonné de la rapidité avec laquelle il avait accepté Abby dans son quotidien. Lui qui fuyait les relations sociales, il se retrouvait travailler avec autrui, une femme qui plus est... Certes, avant, il l'aurait fait également, mais de mauvaise grâce. Là, il... hé bien, il y prenait plaisir. Elle était vive et intelligente, et sa froideur ne réflétait pas un naturel sec ou mauvais, mais plutôt une douleur enfouie qui se cachait. De même, elle n'était pas comme ces gamines superficielles à qui la fin de la guerre avait donné des ailes et un sans-gêne impressionnant. Elle avait des principes, s'y tenait et n'en dérogeait pas. Et puis, honnêtement, voir une femme de sa trempe, d'apparence si fragile et si effacée, tirer à l'arc, c'était étonnant. Là aussi, il avait pris plaisir à lui enseigner ce qu'il savait...

Il fut tiré de ses réflexions par Abigael qui revenait avec le café.

Il aimait cette routine paisible dans laquelle ils s'installaient.

*O*

La salle d'escrime aurait dû être fermée à cette heure, mais Peter avait depuis longtemps trouvé le moyen de s'y introduire. Seul face aux mannequins de bois et de chiffons, il enchaînait les mouvements qu'il connaissait bien, regrettant de ne plus avoir en mains l'épée de Narnia, mais une simple arme banale d'exercice. Puis, ce regret devint frustration et il partit fouiller dans la réserve voir s'il ne pourrait pas trouver une lame plus attirante.

Il y trouva une claymore. Cette arme, il ne la connaissait que de nom, ne l'ayant jamais maniée : c'était une épée à deux mains, peu pratique sur un champ de bataille, mais redoutablement dangeureuse. Il porta le lourd fourreau dans la salle d'exercice à moitié plongée dans la pénombre, et la tira d'un geste précautionneux. Elle était vraiment massive, et impressionnante, cette claymore... Posant ses deux mains autour de la garde, il tenta de la soulever et sentit une tension dans son dos. Mmmm... Lourde. Il cherchait comment manier l'arme sans se blesser, lorsqu'un rire étouffé le fit se retourner.

Emergeant de l'ombre, ses longues jupes sombres froufroutant souplement autour de ses chevilles, Abigael approcha et se mit à rire franchement.

- Tu avais attisé ma curiosité en me parlant de tes heures ici... Je voulais venir jeter un coup d'oeil, visiter. Je ne m'attendais pas à te trouver là... En tout cas, pas avec ça dans les mains.

Peter, revenu de sa surprise, lui rendit son sourire lunimeux.

- J'ai voulu essayer quelque chose de nouveau... Je ne suis pas très doué pour ça, apparemment !

La blonde étudiante secoua la tête, puis ôta son châle pour le poser sur une table, contre le mur. Revenant vers Peter, elle lui prit l'arme des mains.

- Regarde. Pour la soulever sans te faire mal au dos, tu te penches légèrement en avant, et tu redresse d'abord ton buste. Tu rejettes les épaules en arrière, tu gardes les bras bien droits, et voilà : elle se soulève toute seule.

Joignant le geste à la parole, elle se mit en garde avec une désinvolture impressionnante pour une fille d'une carrure aussi fragile.

- Tiens. A toi.


A suivre...

Chapitre court, mais un suivant viendra très bientôt !



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