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Ayaka Maeda
Author of 10 Stories

Rated: T - French - Humor/Mystery - Reviews: 1 - Published: 06-16-08 - Complete - id:4327489
Frustration

Humiliation

Kazahaya était quelque peu embarrassé. Avoir su ce qu’il l’attendait, il n’aurait pas fait cette mission.

Il était vingt heures. Kazahaya devait ramener un sac à Kakkei. Pas n’importe quel sac. Ce sac contenait quelque chose que voulait obtenir son patron. Bien entendu, le jeune homme ne savait rien de ce que cela pouvait être. Il savait juste qu’il devait le récupérer à tout prix.

Il se trouvait au beau milieu du quartier riche de Tokyo, devant une immense maison. Kakkei lui avait remis une photo d’une famille et ses visions l’avaient amené à cet endroit. Le sac pouvait se trouver à l’intérieur comme dans la cour ou dans les environs. Kazahaya allait devoir chercher avec ses sens normaux pour trouver.

La maison avait un aspect lugubre. Le châtain regarda discrètement à travers la fenêtre. Elle était vide. Plus personne ne semblait y habiter et ce, depuis un bon moment à en juger par l’épaisseur de poussière que pouvait voir Kazahaya.

Il fit alors le tour du jardin avant de se risquer à l’intérieur de la demeure. L’herbe était haute et la remise était condamnée. Kazahaya ne s’y risqua point car son intuition lui disait que ce qu’il cherchait ne pouvait pas être là. Il décida donc d’entrer finalement dans la maison.

Le jeune homme essaya de forcer la porte d’entrée. Quelques passants le regardaient bizarrement, se demandant ce qu’il pouvait bien faire. Merde ! S’il avait pu posséder le pouvoir de Rikuo, il aurait pu ouvrir la porte en moins de deux secondes. Il se passerait bien de son aide cette fois-ci, c’était quand même sa décision de ne pas traîner cet abruti pour cette mission. Il enleva donc son blouson. L’enroula autour de sa main. D’un puissant coup de poing, il fracassa une des vitres de la porte, ce qui lui permit l’ouvrir.

Il faisait encore plus sombre à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le plancher craquait et il était impossible de voir à plus de trente centimètres à cause de poussière soulevée par l’intrusion de Kazahaya. Par chance, le seul élément que lui avait fourni Kakkei pour la mission était une lampe de poche. Il l’alluma rapidement, ce qui augmenta un peu son champ de vision.

La maison comportait un rez-de-chaussée et un étage en plus d’un sous-sol. C’est par-là que Kazahaya décida de débuter son investigation. L’escalier principal se trouvant devant lui, il avait déduit tout cela. L’atmosphère que dégageaient les lieux était oppressante, presque angoissante par moments. Le jeune homme descendit prudemment, incertain de ce qu’il l’attendait.

La cave était constituée d’une seule et unique pièce. Kazahaya remarqua que les anciens occupants avaient laissés de vieilles étagères et que celles-ci étaient remplies de boîtes. Il s’approcha.

J’ai peut-être trouvé…

Il souleva les rabats des boîtes pour regarder à l’intérieur. Il poussa un grand cri lorsqu’un objet inconnu lui heurta le visage. Kazahaya perdit alors l’équilibre et tomba sur le sol. Se remettant de ses émotions, il finit par se relever et alla voir de quoi il s’agissait. Ce n’était qu’une vulgaire boîte à surprise d’où une tête de clown surgissait lorsqu’elle était remontée. Riant de son imbécillité à avoir peur d’une chose aussi enfantine, il jeta un rapide coup d’œil aux autres boîtes. Rien d’intéressant ne s’y trouvait, il remonta au rez-de-chaussée pour trouver l’objet de son enquête.

Rendu à mi-chemin dans l’escalier, Kazahaya entendit un bruit étrange dans la maison. On aurait dit des bruits de pas mais le jeune avait bien refermé la porte après avoir entré. Un rapide coup d’œil à la porte lui confirma le tout. Aucune autre issue ne se trouvait dans la maison hormis quelques fenêtres. Le bruit se fit entendre de nouveau. Le jeune homme pu distinguer que celui provenait de l’étage. Il décida de continuer sa recherche immédiatement à cet endroit ; il reviendrait en bas plus tard s’il n’avait pas trouvé.

Le châtain monta une à une les marches de l’escalier. Il commençait à devenir nerveux plus la mission avançait et cette fois-ci, Rikuo ne viendrait pas le secourir s’il lui arrivait quelque chose.

L’étage était divisé en plusieurs pièces qui devaient être les anciennes chambres. Arrivé en haut, Kazahaya entendit encore le bruit de pas. Il semblait provenir de la chambre située à l’autre bout du couloir. Prudemment, le jeune homme s’y rendit. Il poussa la porte légèrement entrouverte et pénétra dans la pièce. Elle était vide ! Poussant un grognement de frustration, Kazahaya se retourna pour sortir de la chambre.

C’est alors qu’un étrange courant d’air s’engouffra dans la pièce. Se doutant bien qu’il ne pouvait s’agir que d’un phénomène paranormal, le jeune homme se retourna lentement pour face à ce qu’il l’attendait. Une ombre effrayante et indescriptible se mouvait sur le mur face à lui.

Kazahaya Kudo…, souffla-t-elle

Ce dernier était incapable de parler et de bouger malgré qu’il avait fait fasse à de nombreuses choses étranges dans les derniers mois. Ce n’était pas un fantôme, il en avait tant rencontré que c’était une certitude. Peut-être une créature démoniaque, ça il en avait jamais croisé.

Tu as peur, continua-t-elle, mais je ne te ferais aucun mal si tu fais tout ce que je te demande…

Que me voulez-vous, demanda-t-il tout en essayant de garder son sang froid.

Regarde dans le coin gauche derrière toi…

La voix avait quelque chose de familier aux oreilles du jeune homme mais cette vague impression ne resta que quelques secondes dans son esprit. Obéissant à ce qu’elle disait, Kazahaya regarda dans la direction dictée. Le sac s’y trouvait, parfaitement identique à la description que Kakkei lui avait donnée.

Si tu veux ce sac, tu devras me donner une compensation…

Une compensation ?

Si l’ombre aurait eu un visage, un sourire sadique y serait apparu.

Je veux que tu me donnes tes vêtements.

QUOI ! MAIS C’EST INSENSÉ !

Kazahaya se serait attendu à tout ou presque, mais pas à cela. Il ne pouvait pas donner ses vêtements et retourner à poil d’où il venait. C’était la meilleure façon de se faire remarquer quand on a la moitié de la ville à traverser pour retourner chez soi.

Je ne peux pas vous les donner, de quoi j’aurais l’air dehors…

Pas de vêtements, pas de sac. C’est la condition, et n’essaie pas de me rouler car je te poursuivrais sans relâche pour te faire payer, de manières peu recommandables.

Le châtain déglutit. Il n’avait pas vraiment le choix. Il déposa sa lampe de poche sur le sol et commença à se dévêtir. Le jeune plia soigneusement son coton ouaté et son t-shirt avant de faire de même avec son jean. L’ombre ne dit rien jusqu’au moment où il allait enlever son sous-vêtement.

Non ! N’enlève pas ça ! Je ne suis pas intéressé à voir ce qu’il y a en dessous.

Kazahaya soupira un peu de soulagement. Au moins, il ne serait pas nu comme un ver.

Tu peux prendre le sac, dit finalement l’ombre au bout d’un moment.

Le jeune homme s’approcha et le prit. Il s’agissait un simple sac de sport mais il était un peu lourd. Ayant reçu l’ordre de ne pas l’ouvrir, il ne chercha pas à savoir ce qu’il contenait. Lorsqu’il se retourna pour sortir, l’ombre ainsi que ses vêtements et sa lampe de poche avait disparu.

- Merde, elle aurait pu au moins me laisser la lumière.

Cependant, ce n’était pas le plus grand problème de Kazahaya : Comment allait-il pouvoir retourner chez lui sans se faire remarquer ? Rageant contre cette demande de l’ombre, il décida de se dépêcher et de se cacher du mieux qu’il pouvait avec le sac.

Jamais il n’avait été aussi gêné. Il courait le plus vite possible pour que le moins de gens possible ne puissent le remarquer. Malheureusement, son quartier étant situé assez loin, il devait prendre le bus.

La châtain arriva à un arrête au moment où celui-ci venait de s’arrêter. Il embarqua sans se faire prier malgré son embarra grandissant. Il n’était pas seul dans ce bue et un groupe de lycéennes pouffait de rire en le voyant ainsi vêtu.

Hé ! Tu as vu son caleçon avec des petites pieuvres…

Kazahaya réalisa alors qu’il avait justement mis ses sous-vêtements les plus compromettants aujourd’hui. Maintenant, il était honteux.

Le bus s’arrêta, à un coin de rue de son appartement. Il ne pouvait cependant plus s’y rendre, sa clé étant restée dans la poche de son pantalon. Rikuo travaillait encore à cette heure et n’aurait pu lui ouvrir la porte. Il se résigna donc de se rendre vêtu de cette manière humiliante à la pharmacie Midori.

À peine avait-il ouvert la porte de la pharmacie qu’une pluie de rubans multicolores tomba sur lui. C’est alors qu’il vit Rikuo, Kakkei et Saïga le regarder. Tous les trois se retenaient pour ne pas rire devant un Kazahaya qui allait exploser de colère sous leurs yeux. Ce dernier venait de tout comprendre. Ce n’était pas une vraie mission. Ces compagnons avaient décidé de lui faire un mauvais coup pour son anniversaire qui était le lendemain.

VOUS ALLEZ ME LE PAYER ! , Hurla-t-il en jetant le sac par terre.

Tu devrais faire attention, c’est ton cadeau qui se trouve à l’intérieur, l’informa Kakkei.

Tu devrais aussi te calmer, tu nous feras payer autant quand sera à notre tour mais on va te faire payer encore plus l’année prochaine, dit Saïga en riant

Kazahaya éclata d’un petit rire à son tour.

Je vois que vous m’avez préparé une petite fête, alors si on fêtait ?

Va d’abord te rhabiller ! , fit Rikuo en détournant le regard, après on verra.

Kazahaya avait peut-être vécu la pire farce de toute sa vie mais il était heureux de fêter son anniversaire avec ses compagnons.



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