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Author of 8 Stories |
Bonjour à tous ! Je suis assez satisfaite du délai cette fois-ci, compte tenu de cette chose merveilleuse et agaçante qu’est la fin de l’année universitaire. Dans ce chapitre, Voldemort se rappelle qu’il est un psychopathe, donc j’aime autant vous rappeler que le rating est M.
Encore merci à Tsuda, Rebecca-Black, choupi, Ayala Steelfire, Magyar, simidiane, Basmoka, Ligeia, Bunny188 et akane-san pour leurs reviews.
Acte II
Nothing else matters
(Metallica)
So close no matter how far / couldn't be much more from the heart / forever trusting who we are / and nothing else matters / never opened myself this way / life is ours, we live it our way / all these words I don't just say / and nothing else matters / trust I seek and I find in you / every day for us something new / open mind for a different view /and nothing else matters / never cared for what they do / never cared for what they know / but I know / so close no matter how far / couldn't be much more from the heart / forever trusting who we are /and nothing else matters / never cared for what they do / never cared for what they know / but I know [...]/ so close no matter how far / couldn't be much more from the heart / forever trusting who we are / no nothing else matters
Man is not truly one but truly two (Stevenson)
Partie 3
C’était une salle que Lily ne connaissait pas. Elle n’était jamais venue dans cette partie de la forteresse. Les couloirs étaient sombres et mal éclairés. Les meurtrières laissaient entrer un peu de lumière naturelle ; mais celle-ci semblait viciée.
Il avançait comme en plein jour, comme si cette semi obscurité oppressante n’existait pas. Elle eut envie d’enrouler ses doigts autour de la manche de sa robe, juste pour vérifier qu’il ne s’était pas transformé en ombre. Et aussi parce qu’elle avait besoin de le toucher.
Ils arrivèrent enfin devant une porte. Il y avait des runes antiques gravées dessus, des runes si anciennes que Lily ne comprenait pas le quart de celles qu’elle réussissait à lire. Cela semblait être des avertissements, peut-être des malédictions. Malheur à qui entre en ces lieux. Cela faisait penser aux messages protégeant les tombes. Elle frissonna, mal à l’aise.
Lord Voldemort fit un seul geste ; un sort sans mot mais dont Lily sentit la puissance, à tel point qu’elle eut l’impression que si elle tendait la main, elle pourrait toucher la magie du sorcier. Son cœur battait dans ses oreilles, à cette simple idée. Elle avait été témoin de démonstrations de magie formidable, mais il lui semblait que ceci était d’un autre niveau. Un autre genre de magie, une autre sorte de puissance.
La porte disparut.
En pénétrant dans la pièce, Lily fut certaine que personne ne venait jamais ici. La poussière et les cendres recouvraient le sol et les murs et l’odeur de renfermé était si forte que Lily fut prise d’une quinte de toux et dut respirer par la bouche avant de s’habituer à la sécheresse de l’air.
Lily espéra de tout son cœur que ce n’était pas de la poussière humaine qu’elle foulait. L’endroit était lugubre et elle aurait donné n’importe quoi pour retourner dans sa cellule grise et froide. Elle humidifia ses lèvres, souhaitant presque qu’il parle, pour que la tension s’apaise un peu.
De nouveau une porte. Un autre signe, et elle disparut, comme la première, laissant place à un escalier, mangé par le temps. Voldemort sourit et fit un geste de la main. Les marches de l’escalier se mirent à bouger. Lily n’avait jamais rien vu de tel, même à Poudlard. Les escaliers bougeaient certes, mais pas les marches.
L’escalier se figea lorsque Voldemort s’approcha, et posa un pied sur la première marche. Il se tourna vers Lily, ses yeux rouges brillant bizarrement. Il tendit la main pour inviter la jeune femme à le suivre. Le cœur battant, Lily obéit à l’ordre muet. Son cœur sembla s’emballer lorsque leurs doigts se touchèrent.
Lord Voldemort l’attira contre lui, ses bras l’enserrèrent comme un étau, l’empêchèrent de bouger. Sans cela, Lily serait probablement tombée, car l’escalier se remit à bouger, les emportant tous les deux, à toute vitesse vers le plafond. Au dernier moment, celui-ci disparut, comme s’il n’avait jamais existé. Tétanisée par la frayeur et le vide qui grandissait sous ses pieds, Lily ferma les yeux. Elle ne les rouvrit que lorsqu’elle sentit qu’il n’y avait plus de mouvement d’air. Ils étaient dans une autre pièce, tout aussi lugubre que les autres.
Mais les bras ne bougèrent pas.
Elle osa lever les yeux vers Lord Voldemort. Celui-ci souriait. C’était un rictus hideux qui donnait envie de s’enfuir le plus vite et le plus loin possible, mais même si elle avait pu bouger, Lily n’était pas certaine d’être capable de se sauver. Il y avait quelque chose en lui qui la happait comme un aimant. Sa peau blanche, diaphane, semblait déformée. Il était repoussant mais Lily n’arrivait pas à le quitter des yeux, elle ne pouvait pas, comme si elle avait besoin de le voir.
Elle avait envie de vomir.
Les yeux rouges aux pupilles verticales comme celles d'un chat se vissèrent à ceux de Lily. Dans l’obscurité, ils semblaient encore plus brillants.
Quelque chose n’allait vraiment pas chez Lily Evans. Elle était prisonnière dans une forteresse remplie des pires criminels d’Angleterre, un endroit maudit dont les sous-sols étaient remplis de corps torturés et de cadavres pourrissant – elle le savait, elles les avait vu - et pourtant, Lily n’avait pas envie de fuir. Elle voulait rester, se noyer dans ces yeux rouges, dans cette folie maléfique, cette intelligence terrible et tortueuse.
Parce que, finalement, la seule chose à laquelle elle pouvait penser, c’était le baiser qu’ils avaient échangé. C’était comme étreindre une statue de marbre, et se noyer ; l’eau s’infiltrant douloureusement dans les poumons, la mort souriant, toute proche, et puis soudain l’air qui arrive, qui éloigne les ombres et la folie.
Elle voulait pouvoir prononcer Son nom. Mais elle avait la bouche sèche et sa langue brûlerait si le mot dépassait ses dents.
Au bout de ce qui sembla être une éternité, il la relâcha. Elle eut l’impression de mourir et de respirer à la fois. Elle ne sut où elle trouva le courage – ou la folie – de parler.
- Quel est cet endroit ? demanda-t-elle.
Il sourit, comme s’il n’avait fait qu’attendre cette question.
- C’est un tombeau.
oooooooooo
James Potter frappa à la porte du directeur de Poudlard. La Gargouille le regarda d’un air circonspect, attendant le mot de passe.
- Je n’ai pas ce fichu mot de passe.
La Gargouille cligna de l’œil. James faillit hurler de frustration.
- Chocogrenouille ? Malabar ? Gnome de poivre ? Sésame ouvre toi ?
L’exaspération de James augmenta d’un cran quand la Gargouille se tourna et se désintéressa de lui. Plutôt que de mettre le feu à cette statue, le Gryffondor décida d’aller trouver l’un des professeurs qui pourraient lui remettre le mot de passe. Comme il allait tourner les talons, la porte s’ouvrit. Et James se retrouva nez à nez avec Severus Rogue.
- Rogue ?
La voix du jeune Auror dégoulinait de dégoût. Il semblait avoir physiquement envie de vomir. Que faisait ce sale rat dans l’enceinte de Poudlard ? Le Serpentard lui répondit par un sourire incontestablement mauvais. Mais il ne daigna pas lui adresser un mot et s’éloigna tranquillement. Comme s’il avait le droit d’être ici. Comme s’il avait le droit de respirer alors que… alors que Lily…
James secoua la tête et renonça à le poursuivre – le massacrer – et préféra s’engouffrer dans le passage ouvert.
Dumbledore était assis derrière son bureau, caressant tendrement la tête de son phénix, emmêlant ses doigts dans les plumes de l’oiseau merveilleux. Il semblait infiniment vieux. Vieux comme l’animal, vieux comme Poudlard, vieux comme la magie, peut-être. Cette vue apaisa James bien que le jeune homme n’aurait pu expliquer pourquoi. Il avait envie de toucher Fumseck. L’oiseau émit une note si pure, si belle que James se trouva bien pour la première fois depuis des mois, pour la première fois depuis que Lily avait disparut.
- James…
- Je viens de voir Rogue sortir d’ici, ne put s’empêcher de dire l’ancien élève.
Dumbledore sourit.
- Severus… un garçon intéressant.
- Un vil serpent se nourrissant de magie noire.
James fronça le nez, se souvenant de toutes les disputes qu’il avait eues à ce sujet avec Lily.
Albus sourit.
- Je suis certain que Severus se montrera utile.
Le vieil homme n’en dit pas plus et James lui en fut reconnaissant. Il n’était pas venu pour entendre parler de Rogue.
- J’ai réfléchi à la situation, Albus, commença James.
- Asseyez vous James. Prenez une tasse de thé.
L’homme versa du thé dans deux tasses et en donna une à Potter. Le thé avait un parfum merveilleux. James se demanda combien de litres de potions relaxantes Albus faisait avaler à ses visiteurs tous les jours.
Albus attendit que James ait fini de boire le thé avant de l’encourager à parler.
- Vous disiez que vous aviez réfléchi à la situation, mon garçon ? Les yeux de l’homme étaient graves, et James fut presque certain qu’il savait ce que James allait dire.
- Je vais accepter, Albus.
Il ferma les yeux, n’osant croire qu’il disait ces mots à voix haute.
- Je vais accepter de devenir Mangemort.
James se félicita. Sa voix ne tremblait presque pas. Il releva doucement la tête pour oser croiser le regard d’Albus.
- Je ne peux pas… supporter cette situation plus longtemps, monsieur. Je veux… je veux qu’elle revienne. J’ai besoin qu’elle revienne. Qu’elle soit en vie, saine et sauve. Le reste… le reste ne compte pas.
- Je crains que vous ne mesuriez pas la portée de vos paroles, soupira Albus. Nous vivons dans des temps sombres... Lord Voldemort est un être pervers, James. Qui sait comment fonctionnent les esprits mauvais. Je suis tout de même sûr d’une chose, mon garçon. C’est que devenir Mangemort n’aidera pas Lily. Cela vous conduira tous les deux à une mort certaine. Lord Voldemort vous tuera à la seconde où vous vous présenterez devant lui.
- Mais ce qu’il a demandé…
- De l’argent ? Des prisonniers ? Vous ?
- …
- Rien de cela ne l’intéresse réellement, James. Ces demandes ne sont faites que pour semer le trouble au Ministère, créer des heures de débats interminables. Juste parce que cela l’amuse. Rien ne l’amuse plus que de monter le père contre le fils, l’ami contre l’ami. Le chaos. Voilà, la seule chose qu’il désire vraiment.
-…
- Ce que vous vouliez faire était une chose infiniment courageuse, James. Une preuve d’amour formidable.
- Il n’y a rien à faire, alors.
- Pour l’instant je crois que non.
- Mais cela fait des mois. Est-elle seulement en vie ?
Albus se redressa dans son fauteuil, le regard soudainement vague.
- Nous pouvons seulement l’espérer... Et je peux vous renouveler ma promesse. Je ferai tout ce que je pourrai pour la ramener.
oooooooooo
Lily avait envie de hurler. Que faisait-elle ici ? Allait-il la laisser là, dans la poussière et la mort ? Son cerveau, en proie à la panique ne cessait d’hurler la même chose « tu es dans une tombe, tu es dans une tombe »
- Certains lieux attirent la magie plus que d’autre. Celui-ci fait partie de ces endroits…
- Pourquoi m’avez-vous amenée ici ?
Il releva la tête, agacé par l’interruption. Une lueur passa dans ses yeux. Et soudain la douleur arriva.
- Crucio.
Si terrible qu’elle crut qu’elle ne pourrait jamais se relever, qu’elle pouvait juste espérer mourir, et alors peut-être, peut-être que cette chose atroce s’arrêterait. Elle avait déjà subi ce sortilège auparavant, jeté à la va-vite par un Mangemort en manque d’activité mais ça n’avait rien de comparable à ce qu’il était en train de lui faire subir. Toutes les parties de son corps étaient en proie à la souffrance ; chacun de ses muscles tendus par les convulsions, était sur le point d’éclater ; si bien que lorsque le sort cessa, il se passa plusieurs secondes, plusieurs minutes, plusieurs éternités avant que son corps ne cesse de trembler.
- N’oubliez pas qui je suis, dit-il, la voix sifflante.
Comment aurait-elle pu oublier ? Chaque fois qu’elle posait les yeux sur cette silhouette à peine humaine, elle se rappelait. Un monstre. Un tueur.
Puis, il continua sur sa lancée, comme si rien ne s’était produit. Comme si le corps de Lily ne s’était pas tordu de façon inimaginable, convulsé par sa volonté.
- Ce lieu a des propriétés étranges… Il peut se passer des choses comme nulle part ailleurs.
Il se tut, le regard dans le vague, perdu dans des pensées – macabres ? – qu’il était le seul à connaître.
- Un peu comme Poudlard. Exactement comme Poudlard. Ce qui n’est pas si étonnant. Après tout, c’est le tombeau de l’un de ses fondateurs.
Le tombeau de Salazar Serpentard.
Elle se trouvait dans le tombeau de Salazar Serpentard.
Elle le savait sans qu’il ait besoin de le préciser. Et cela semblait de mauvais augure. Qui savait quels genres de sortilèges et de rituels pouvaient être pratiqués sur la tombe et les ossements d’un sorcier si puissant ?
Un silence. Et Lily osa reposer sa question. Elle s’attendit à moitié à ce que le sort la frappe à nouveau.
- Pourquoi… je suis ici ?
Une caresse à la place de la douleur.
Une caresse et un sourire dément.
Il ne répondrait pas à la question. A la place, il se pencha sur elle, écarta les cheveux qui tombait sur son visage et l’embrassa à nouveau. Cette fois, elle fut à peine surprise. Sa main se raccrocha aux épaules du sorcier. Elle ferma les yeux. Ce n’était pas un baiser doux, ni même un baiser brutal. C’était un baiser qui prenait et qui emportait un morceau d’âme au passage.
Quand il la relâcha enfin, il ne s’éloigna pas, gardant une main posée sur son visage, ses yeux rouges l’observant. Il était si proche que Lily n’avait qu’un mouvement à faire pour l’embrasser à nouveau. Et à nouveau ce torrent de sensations, de magie
Ils restèrent quelques instants sans bouger. A quelques centimètres l’un de l’autre, dans une tombe, regard contre regard, ils étaient plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été. Lord Voldemort se redressa, l’invitant à faire de même.
A nouveau l’escalier, les portes et les couloirs. Jusqu’au froid dévorant de la cellule. Lily se laissa tomber sur le sol, engloutie par une envie, maintenant familière. L’envie de Lui. L’envie de mourir. Le dégoût d’elle-même. La trahison. Le désespoir.
James.
oooooooooo
Il y avait longtemps que Lord Voldemort ne savait plus ce qu’était le désir. Il y avait longtemps que le sorcier avait ressenti quoique ce soit qui ressemblait de près ou de loin à une émotion humaine. Ses colères n’avaient rien d’humain, pas plus que ses rires. Ce que Lord Voldemort appelait le bonheur ne correspondait certainement pas aux critères des êtres humains normaux. C’était un sentiment tordu, une joie malsaine, perverse, quelque chose qui n’avait rien d’humain, qui avait été corrompu par le mal et la magie immonde dont il se servait.
Mais elle.
Elle, c’était différent.
(fin de la partie III)