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dragonwing4
Author of 9 Stories

Rated: T - French - General/Friendship - Naruto U. & Sasuke U. - Reviews: 242 - Updated: 11-25-09 - Published: 06-25-08 - id:4348271

Note : Je ne vais même pas tenter les habituels mea culpa. Oui, cela fait neuf mois que j’ai posté l’interlude, et oui, "pas avant mars" a pris une signification bien plus large que prévu… Pour le coup, ce sont les réalités toutes neuves du monde du travail qui m’ont rattrapée. J’espère que je n’ai pas perdu trop de monde par ce long silence radio, mais bon, c’est la vie !

Quoiqu’il en soit, le hiatus est terminé et voici enfin le début de la seconde partie de Riders. Un résumé de ce qui vous attend est publié sur mon blog, pour les intéressés. Rassurez-vous, j’ai pris assez d’avance ces dernières semaines pour éviter que ce genre d’absence ne se reproduise de sitôt.

Avertissement : On approche du slash ! Mais vous avez encore un peu de temps devant vous.

Avertissements pour ce chapitre : De la baston et des gros mots. Oh, et deux égarés de Shippuuden.


Chapitre 7 : (Dés)accords majeurs


Aujourd’hui, j’ai surpris le vieux de l’appart d’à côté en train de laisser ses poubelles devant ma porte. Je les lui ai jetées à la figure et on a commencé à s’engueuler. C’est vrai, pour qui il se prend à toujours laisser ses ordures dans ma boîte à lettres ou devant chez moi ? C’est dégueulasse !
Il m’a dit pourquoi tout le monde dans l’immeuble me détestait. Il m’a dit que papa était un type bien et un rider génial, et qu’il n’aurait jamais eu cet accident s’il n’avait pas su que maman était en train d’accoucher. Il m’a dit que tout le monde pensait que je n’étais même pas à lui, que j’étais sans doute le gosse de ce salaud que maman a quitté quand elle a rencontré papa. Il m’a dit que je les avais tués tous les deux, que j’étais un bon à rien et que j’aurais dû partir à la place de maman.

Mais c’est pas vrai ! Je sais que je suis le fils de papa. Et je le prouverai !

J’ai décidé. Je vais devenir un rider. Le meilleur !
Et je leur montrerai !

Dernière page du journal intime de Naruto Uzumaki, 12 ans


« Putain ! Fais attention à où tu mets les pieds, espèce de… ! »

« Ferme-la un peu. Et baisse-toi, bon sang, tu vas nous faire repérer ! »

« Ta putain de voiture est une décapotable rouge pétard. Je pourrais mettre la radio à fond et faire un strip-tease debout sur la banquette arrière qu’on ne serait même pas moins discret. »

Suigetsu fusilla du regard la jeune femme à moitié allongée sur lui. Jumelles vissées aux yeux, Karin observait le bâtiment en face d’eux en prétendant que le peu de sa tête dépassant au-dessus de la portière était invisible.

Elle était rousse.

Et la salope avait failli l’émasculer avec ses putains de taillons aiguille ! Ceci dit… pensa Suigetsu en lorgnant avec un rictus sur la paire de fesses reposant presque sur ses cuisses.

« Mais si tu tiens vraiment à ce que je me baisse… »

Il passa une main caressante juste sous le bord de sa mini-jupe. Karin poussa un hurlement aigu et se débattit avec frénésie pour s’éloigner de lui, chose peu aisée étant donné sa position précédente. Suigetsu grogna lorsque l’un de ses foutus talons entra en contact avec son estomac, mais ne put retenir une grimace libidineuse devant la vue plongeante qu’il obtint en retour sur les sous-vêtements de son associée.

« Espèce de pervers ! » hurla Karin, rouge pivoine, en tirant sur sa jupe trop courte. « Déviant ! Obsédé sexuel ! »

Suigetsu roula des yeux.

« Dit la traînée » siffla-t-il vicieusement.

Karin poussa un cri de rage inarticulé et se mit à marteler son torse de ses talons aiguille. Suigetsu réussit à saisir ses chevilles. Il la tira vers lui et lui asséna une claque retentissante en maudissant les femelles hystériques. Karin saisit sa main et la mordit de toutes ses forces, lui tirant un juron sonore.

Ils avaient pratiquement réduit la housse des sièges avant en lambeaux lorsque quelqu’un toqua à la fenêtre du conducteur. Ils s’immobilisèrent d’un commun accord et jetèrent un regard meurtrier à l’intrus.

Confronté à la vision d’une attirante jeune femme échevelée, les lunettes de travers et la jupe très remontée, assise à califourchon sur un jeune homme aux lèvres enflées dont la chemise avait perdu plus d’un bouton, Ebisu se raidit, plaqua une main sur son nez et fixa un point au-dessus de la voiture.

« C… C-c-ce… parking est une propriété privée » balbutia-t-il, cramoisi. « C-ce genre d’in… interaction serait peut-être moins of… offensant quelque part de plus d-discret… D’autant plus en plein jou… »

La collision de la portière avec son thorax l’interrompit. Karin escalada le siège du conducteur pour sortir, furibonde.

« Qu’est-ce que ça sous-entend ?! Toutes les rousses sont forcément des putes, c’est ça ? C’est bien une vision de mec ! On me paierait que je ne toucherai ce type que pour lui mordre le… »

Suigetsu lui jeta à la tête la chaussure qu’elle avait perdue dans la mêlée. Elle se retourna pour le couvrir d’injures et les yeux d’Ebisu tombèrent malencontreusement sur sa mini-jupe, qui ne couvrait plus grand-chose. Quelques gouttes de sang s’échappèrent de sa main.

« Bien sûr, je… je ne présume pas de… vos plaisirs » gargouilla-t-il d’une voix mourante.

« Pardon ? » hurla Karin.

Se retournant d’un bloc, elle avisa son regard vitreux et le sang qui lui dégoulinait jusqu’au menton.

« PERVERS ! »


Tsunade poussa un soupir frustré.

« Et ils ont été comme ça toute la journée ? »

Kakashi hocha la tête sans quitter du regard l’écran qu’ils observaient tous les deux. Le rider négociait l’une des dernières boucles de la piste la plus rapide de l’écurie.

« Je ne comprends pas ces deux gamins ! » tempêta Tsunade. « Tout le monde se comporte comme s’il était hors de question qu’ils rident avec d’autres partenaires. Même Uchiwa continue de venir ici malgré son contrat avec Oto ! Et pourtant, toujours aucune trace d’un contrat avec nous, et ces deux-là semblent passer leur temps à marcher sur des œufs ! Et maintenant, ils enchaînent connerie sur connerie sur la piste ? Où est leur problème ?! »

« Hum » fit sagement Kakashi. « Eh bien, c’est vrai que le problème couvait depuis un moment déjà. Je suppose qu’on approche du grand final. »

« Ce qui signifie ? »

Quoiqu’il ait eu à répondre fut interrompu par un remue-ménage près des portes du hangar. Comme ils se retournaient, un trio insolite entra, et nombre de mécaniciens interrompirent ce qu’ils faisaient pour fixer la scène d’un air incrédule.

Ebisu remonta ses lunettes sur son nez avec dignité, malgré les morceaux de papier tachés de sang fourrés dans ses narines et le fait qu’il ne restait de son verre gauche que quelques bouts de verre encore accrochés à la monture. Sa lèvre inférieure était enflée, une ecchymose commençait à faire apparition sur sa pommette, et sa chemise était déchirée au col et parsemée de taches de sang.

Avisant Tsunade, il poussa vers elle deux jeunes gens en aussi piteux état que lui.

« Des intrus, Madame » annonça-t-il, raide comme la justice.

« Hmph ! » fit la jeune fille, ses yeux lançant des éclairs.

Tsunade remarqua que l’un de ses talons était cassé, ce qui l’obligeait à boiter. Son compagnon se contenta de survoler la salle du regard avec un rictus cynique.

« Merci, Ebisu… » répondit Tsunade en haussant un sourcil peu impressionné.

La jeune fille se redressa du mieux qu’elle le pouvait et prétendit que la déchirure de son chemisier n’exposait pas son soutien-gorge à dentelles aux regards avides de Kakashi.

« Nous sommes ici afin de voir Sasuke » dit-elle d’un ton hautain. « Nous sommes des représentants d’Oto, et vous n’avez aucun droit de nous traiter de cette manière ! Nous pourrions engager des poursuites contre votre écurie pour avoir attiré notre PDG dans vos locaux et l’empêcher d’entrer en contact avec ses associés ! »

« Ou je pourrais engager des poursuites contre vous pour espionnage industriel » répondit Tsunade sans se laisser démonter. « Vous n’avez rien à faire dans les locaux de Konoha. Si vous êtes ses associés, je suis sûre que vous disposez d’un moyen de contacter Uchiwa ? »

Karin rougit, mais fut coupée dans sa réplique par l’entrée au hangar d’un équipage de riders. Les mécaniciens se remirent aussitôt en mouvement pour aider l’engin à se caler sur un dispositif de soutien. Le moteur n’était pas encore coupé que le roue-libre descendait déjà.

Tsunade s’avança vers la paire de riders, le visage sévère, mais le pilote ne fit pas mine de l’avoir remarquée. Naruto ôta son casque et cria à l’intention de son camarade s’éloignant :

« Et où est-ce que tu vas, connard ? J’en ai pas fini avec toi ! »

Sasuke dévoila à son tour son visage et coula un regard froid à son partenaire. Karin eut une exclamation ravie en le reconnaissant, mais fut tout à fait ignorée.

Naruto descendit du rider lorsqu’il fut sûr que l’engin était stable et s’avança à grandes enjambées, ses yeux lançant des éclairs.

« Qu’est-ce que c’était que ça, enfoiré ? Tes virages étaient pourris ! »

« Mes virages ? » fit Sasuke, méprisant. « Je ne peux pas faire de miracle avec un pilote incompétent. Tu n’as été rien d’autre que médiocre toute la semaine. Si tu veux passer ta vie dans un fossé, vas-y tout seul. »

Tsunade, étrangement, apprécia très peu de se faire proprement ignorer.

« Gamin… »

« Qui est-ce que tu appelles médiocre ?! » répliqua Naruto. « Ce n’est pas moi qui… »

« GAMIN !! »

Naruto jura et porta une main à son oreille.

« Quoi, espèce de vieille folle ! »

C’était, bien sûr, la chose à ne pas dire. Pendant que Naruto se voyait forcé de battre en retraite derrière un tréteau, Sasuke se détourna vers les vestiaires avec un reniflement méprisant.

Il finit par remarquer ses deux associés debout près de l’employé de sécurité de Konoha, et haussa un sourcil devant leur apparence.

Karin parut soudain se souvenir du piteux spectacle qu’elle présentait et devint rouge vif, croisant les bras sur sa poitrine dans un futile effort pour cacher ses sous-vêtements.

« Heu… Salut, Sasuke ! » fit-elle avec un rire aigu.

Suigetsu eut un rictus méprisant, quant à lui peu perturbé que sa chemise ait perdu la moitié de ses boutons.

« Ca fait trois semaines, Uchiwa » se chargea-t-il d’annoncer à la place de sa partenaire au comble de l’embarras. « Tu nous as demandé de nous occuper de la boîte trois semaines sans poser de questions, c’est ce qu’on a fait. Maintenant, si tu nous expliquais ce que tu fous chez Konoha ? »

Sasuke jeta un coup d’œil indéchiffrable par-dessus son épaule.

Près d’un tréteau réduit en tas d’échardes, Tsunade et Naruto s’étaient immobilisés en entendant la conversation. Naruto était accroupi par terre, un bras encore levé devant son visage, pendant que Tsunade le tenait par le col et le menaçait de son poing. Ils fixèrent tous deux Sasuke en réponse.

Le roue-libre se détourna et Naruto eut une grimace cynique, l’expression semblant déplacée sur son visage.

« Tes nourrices sont venus te chercher, Sasuke ? Tu as dépassé ton couvre-feu ? »

Il se dégagea de la prise de Tsunade et se redressa. Comme Sasuke ne faisait pas mine de répondre, il le prit brutalement par l’épaule et le força à lui faire face. Karin hoqueta, outrée.

« Vire tes sales pattes de là, blondinet ! » s’écria-t-elle, oubliant de cacher sa poitrine sous le coup de la colère.

Naruto la scruta de haut en bas, lui-même furieux.

« Mêle-toi de ce qui te regarde. On peut faire confiance à des filles comme toi pour lui coller au cul où qu’il aille. »

Karin devint cramoisie et s’avança pour lui faire ravaler ses paroles, mais trébucha sur son talon restant et s’étala de tout son long. Suigetsu eut un rire sonore, passablement amusé par la tournure des évènements.

Ce type avait déjà du cran de prendre Sasuke par le col, mais en plus il insultait la rouquine ? C’était déjà très étonnant que Sasuke ne lui ait pas encore fait bouffer ses mains.

Très étonnant, se répéta-t-il en percevant soudain une expression inhabituelle sur le visage de l’Uchiwa. Etait-ce de la frustration, cet étrécissement des yeux alors qu’il fixait le pilote ?

… Sasuke, frustré ?

« Réponds-moi, enfoiré ! » criait Naruto.

« Répondre à tes provocations puériles ? » railla le roue-libre.

Naruto le secoua par le col.

« Qu’est-ce que tes larbins foutent là ?! »

« Tu les as entendus comme moi. »

Naruto tira sur sa chemise jusqu’à ce qu’ils soient nez à nez. Ses yeux étaient assombris par un mélange si confus d’émotions que Sasuke ne pouvait les lire.

« A quoi est-ce que tu joues, connard ? » gronda Naruto. « Tu t’entraînes ici tout ce temps comme si c’était parfaitement normal, sans jamais signer de contrat ni rien promettre, et maintenant… quoi ? Tu vas juste te tirer sans rien dire ? C’est vrai que c’est bien ton genre. »

« Quand tu auras fini… » fit Sasuke en le forçant finalement à lâcher prise. « Je ne crois pas te devoir la moindre explication. »

« T’hallucine ?! Je suis ton pilote, putain ! »

« Je crois me rappeler que c’est toi qui as insisté » répliqua-t-il avec indifférence.

« Et tu as accepté, espèce d’enfoiré ! »

« On voit ce que ça m’a apporté. La plupart des gens deviennent meilleurs en s’entraînant, tu sais. Apparemment, tu échappes à la règle. »

La tension était épaisse depuis un si long moment que tout le monde sursauta lorsque le coup de poing entra en contact avec la mâchoire de Sasuke. Même Karin n’osait plus intervenir, trop surprise par le comportement inhabituel de son employeur.

Sasuke essuya d’un revers de main les quelques gouttes de sang qui perlaient de sa lèvre et coula un regard indéchiffrable à son pilote. Naruto était livide, un contraste direct avec son teint ordinairement hâlé.

« Alors c’est ma faute ? Mais regarde-toi, merde ! » hurla-t-il soudain.

Il saisit brutalement Sasuke par les cheveux, trébucha à peine lorsque celui-ci le força froidement à lâcher prise et le repoussa.

« Regarde-toi ! » répéta-t-il. « Tu me regardes toujours avec ce putain de visage… Et est-ce que tu t’écoutes quand tu me parles ?! Si tu me parles comme si j’étais inférieur à toi, tu peux prétendre que je ne suis qu’une merde sous ta chaussure ? Je n’ai pas demandé à rider avec un robot, Sasuke ! »

Il le reprit brutalement par le col.

« Si tu as quelque chose à dire, dis-le, merde ! Si tu as envie de me frapper, fais-le ! Si tu trouves que je suis con, dis-le !! »

Et comme Sasuke le fixait toujours de ce même regard hautain, il craqua et le frappa une nouvelle fois.

« Insulte-moi, Sasuke !! »

Ebisu eut un reniflement méprisant et secoua la tête, réprobateur. Il avait su depuis l’instant où il l’avait vue pour la première fois que cette petite canaille aux cheveux jaunes causerait forcément des ennuis. Contrairement à ce distingué jeune Monsieur Uchiwa. Lui au moins savait se tenir et ne se promenait pas en jeans usés jusqu’à la trame.

Mais comme il s’avançait en sa qualité de gardien pour maîtriser le jeune voyou, le distingué Monsieur Uchiwa décocha sans prévenir un crochet à l’estomac de son pilote. Ebisu fit une parfaite impression d’un arrêt sur image.

Naruto émit un son d’outre percée et ses genoux menacèrent de ployer sous son poids. Il compensa cette faiblesse passagère en se jetant de tout son poids sur son adversaire. Ils tombèrent à terre avec deux grognements jumeaux et Karin poussa un cri de détresse.

Elle n’avait nul besoin de s’inquiéter, puisque Sasuke, appréciant moyennement que Naruto s’étale sur lui, eut tôt fait de lui décocher un coup de poing à la mâchoire pour le faire reculer. Naruto lâcha un juron et tenta de répliquer en lui enfonçant son coude dans les côtes. Sasuke lui saisit le bras à la volée, passa une jambe derrière celles de son pilote, et le mit à terre d’une torsion.

Avant qu’il ait eu le temps de l’immobiliser, Naruto rua et réussit à l’envoyer bouler contre une pile de cartons. Le tas s’écroula et déversa sur eux une quantité impressionnante de boules de polystyrène.

Tsunade hurla de rage, livide. Il y avait encore des pièces de rechange fragiles, là-dedans ! Kakashi tenta de s’interposer entre elle et ses anciens élèves. Ses mains étaient levées en signe d’apaisement, et une fois n’est pas coutume, il paraissait ne pas en mener large devant la colère de son employeuse.

« Je pense qu’il vaudrait mieux les laisser régler ça tout seuls, patronne… »

« C’est ça, ton "grand final" ? » cracha-t-elle. « Ces deux idiots se battant comme des chiffonniers sur le matériel qui m’a coûté les yeux de la tête ?! »

« J’ai peur que ce soit la seule manière dont ils savent résoudre un problème… »

La confusion régnait parmi les employés présents dans le hangar. Ceux qui auraient voulu s’interposer pour mettre fin à l’empoignade n’osaient le faire de peur de se trouver pris dans le déferlement de hargne imminent de leur patronne. Les autres fixaient simplement la scène sans savoir comment réagir, tandis qu’une minorité d’anciens s’esclaffaient en échangeant des coups de coude entendus et lançaient des encouragements au nom du "bon vieux temps".

Anko et Ibiki venaient justement de revenir au hangar, et la roue-libre ne se gênait pas pour siffler et injurier Sasuke.

« Déchausse-lui les dents, blondinet ! Fais-lui manger ses chaussures ! »

Pendant ce temps, Tsunade criait plus fort que tout le monde, leur ordonnant de retourner au travail avant qu’elle ne coupe leurs salaires de moitié.

« Ebisu, arrête-moi ces deux imbéciles ! » beugla-t-elle, se détournant dans un effort surhumain pour ne pas les envoyer elle-même à l’hôpital.

Ebisu esquissa un pas hésitant en direction de l’échauffourée et se trouva face à Kakashi. L’instructeur lui adressa un sourire bienveillant et propulsa vers lui une Karin sifflant de rage qu’il avait happée au passage. Ebisu vacilla lorsque la jeune femme entra en collision avec lui, et se raidit lorsque sa poitrine très peu couverte frotta généreusement contre sa chemise.

La repoussant violemment, il plaqua une main sur son nez et s’enfuit en balbutiant une excuse en néerlandais. Karin trébucha sur son talon manquant et s’étala de tout son long. Furieuse au-delà des mots, elle se tourna vers le pervers à tête d’épouvantail qui s’était permis de la toucher. Avant qu’elle n’ait pu commencer à l’injurier, Kakashi pointa jovialement la bagarre du doigt.

Curieuse malgré elle, elle suivit la direction du regard. Elle eut aussitôt très chaud et croisa les mains sur sa bouche pour retenir un cri d’hystérie.

Sasuke et l’idiot qui avait osé l’attaquer roulaient parmi les cartons en soulevant des nuages de boules de polystyrène. Sasuke avait perdu sa veste, et si sa chemise n’était pas aussi déchirée que celle de Suigetsu, son adversaire se démenait tant qu’elle découvrait régulièrement un bout de son ventre musclé. Ses cheveux étaient désordonnés, et l’expression sur son visage était la plus intense qu’elle lui avait jamais vue.

Kakashi sortit son livre d’une poche et se replongea dans les pages en fredonnant. Ayant observé la scène sans la moindre intention d’intervenir, Suigetsu dut hausser un sourcil impressionné en constatant l’état comateux de sa partenaire.

Pendant ce temps, Sasuke avait réussi à immobiliser Naruto en s’asseyant sur son estomac, coinçant l’un de ses poignets sous son genou. Le pilote tentait en vain d’utiliser sa main libre pour l’obliger à lâcher le col de son T-shirt. Sasuke leva le poing pour donner une leçon finale à l’abruti…

Il s’immobilisa brutalement. Il y avait des années qu’il ne s’était pas senti ainsi… Le corps résonnant des bleus qui se formeraient bientôt, les membres douloureux d’avoir trop frappé, mais le sang rugissant dans ses tympans et l’incitant à rendre coup pour coup.

Il y avait des années qu’il ne s’était pas laissé aller au point de rouler parmi des cartons au milieu d’un hangar empli d’inconnus. Chez Orochimaru, il avait bien eu quelques échauffourées avec les riders les plus arrogants, mais jamais aucune qui lui avait fait oublier jusqu’à l’endroit où il se trouvait.

Sa respiration se bloqua un instant et il ressentit quelque chose d’incongru. Quelque chose qui ressemblait presque à de la peur.

Naruto croisa son regard à cet instant. Sans paraître se rendre compte de son hésitation, ni même de son poing levé, il découvrit les dents en un rictus rageur.

« Tu sais ce que c’est, ton problème, connard ? Tu ne sais pas ce que tu veux. »

Sasuke le laissa persifler à quelques centimètres de son visage.

« De la part d’un looser qui a tout lâché dans sa vie deux fois de suite… » rétorqua-t-il, à nouveau impassible.

« Te fous pas de moi ! » s’écria Naruto. « C’est justement parce que j’ai dû autant en baver que je sais maintenant plus que jamais où je vais ! »

« Et où est-ce que tu vas ? » interrogea Sasuke en reprenant ses mots, moqueur.

Il lâcha le col de l’imbécile, un rictus froid aux lèvres devant les stupidités pseudo-philosophiques qu’il débitait tout à coup.

« Je vais devenir le meilleur pilote » annonça Naruto en le fixant droit dans les yeux, mortellement sérieux.

C’était tellement prévisible que Sasuke eut un reniflement de dérision.

« Rien d’autre que du remâché. Tu débitais les mêmes conneries il y a huit ans. »

Cette fois, ce fut Naruto qui le saisit par le col pour le forcer à se pencher vers lui.

« Tu m’as mal entendu, connard. J’ai dit que j’allais devenir le meilleur pilote. »

Naruto avait beau être un imbécile, il avait toujours été difficile de l’ignorer lorsqu’il fixait ainsi quelqu’un de ses yeux incroyablement bleus. Y être confronté d’aussi près força Sasuke à reconsidérer les paroles de l’idiot. Où est-ce qu’il voulait en venir ?

Il cligna des yeux lorsque la réponse lui parvint finalement.

"Je deviendrai le meilleur rider du monde ! Attends un peu, enfoiré, et tu verras !"

Naruto vit l’éclair de réalisation sur son visage. Et comme Sasuke lui jetait un regard dubitatif, ne trouvant apparemment aucun intérêt à cette conversation, il ajouta :

« Il m’a juste fallu huit ans pour comprendre que je n’y arriverai pas sans toi. »

Sasuke se raidit.

Autour d’eux, les gens rassemblés dans le hangar vaquaient à leurs occupations sans pouvoir s’empêcher de jeter de temps en temps des coups d’œil dans leur direction, se demandant ce qu’ils faisaient toujours étalés là maintenant qu’ils ne mutilaient plus les cartons de pièces détachées. Suigetsu se balançait d’une jambe sur l’autre, commençant à trouver le temps long entre sa partenaire au regard vide et l’échalas aux cheveux gris qui gardait le nez plongé dans son bouquin. Qu’est-ce qu’il foutait encore là ?…

Naruto se laissa aller en arrière et tourna la tête sur le côté pour ne pas regarder Sasuke. Une légère rougeur était née sur ses joues.

« Qu’est-ce que tu racontes ? »

La voix de Sasuke était brusque, sèche.

« Le vieux Sarutobi passait son temps à essayer de nous le dire, tu sais » rappela Naruto, refusant de le regarder en face. « Toutes ces histoires à propos des riders qui ne valaient rien sans partenaire… »

« Tu étais le premier à l’envoyer balader » fit-il remarquer à juste titre.

« Evidemment que je l’envoyais balader ! A cause de lui, j’étais coincé avec toi ! »

Il lui adressa une grimace de déplaisir, puis se reprit abruptement. Il soupira, soudain las.

Sa main commençait à picoter, conséquence d’un sérieux manque de circulation. Il se redressa, faisant mine de s’asseoir. Non seulement Sasuke ne bougea pas de son estomac et n’amorça pas un mouvement pour diminuer la pression sur son poignet, mais il lui jeta un regard froid et hautain qui lui déconseillait de réessayer avant de s’être correctement expliqué.

Naruto serra les dents pour résister à l’envie de lui envoyer son poing dans la figure. Il remarqua avec une satisfaction mesquine que la peau pâle du menton de Sasuke montrait déjà les signes préliminaires d’un bleu, ce qui l’apaisa un peu.

Retombant lourdement sur le coude, il détourna obstinément les yeux. Aussi, qu’est-ce qui lui avait pris de dire quelque chose d’aussi embarrassant ?

« Tu as toujours été égoïste » gronda-t-il à la place. « On va tous les deux dans la même direction, non ? Qu’est-ce qui t’empêche de rester ici, merde ! »

Même ses invectives refusaient de sortir avec ses éclats de voix habituels.

Sasuke cligna des yeux, peu impressionné.

« Comme si j’allais te laisser me ralentir. Vu ce que tu vaux sur un rider… »

Naruto le saisit brusquement par le col. Sasuke lui broya aussitôt le poignet, fronçant dangereusement les sourcils devant l’affection obsessionnelle de l’abruti pour sa chemise. Naruto le secoua, l’obligeant à prêter attention.

« Tu n’écoutes jamais rien quand on te parle, hein ? » siffla-t-il, les yeux étincelants de rage. « Pourquoi est-ce que je ferais des efforts si tu n’en fais pas ? »

« Je t’ai largement donné ta chance, looser… »

« Tu te fous de moi ? » s’exclama-t-il, l’interrompant. « C’est ça que tu appelles une chance ?! »

Il s’arrêta, tremblant de colère, et reprit d’une voix soudain plus basse.

« Je ne suis pas comme toi, Sasuke. Je ne peux pas rider avec n’importe quel type rencontré dans une écurie. J’en ai trop bavé pour ça. »

Il le fixa dans les yeux avec un sérieux inhabituel.

« Il y a huit ans, même si ça m’aurait arraché la langue de l’admettre… on était amis, Sasuke. Tu étais mon meilleur ami. Est-ce que c’est vraiment trop te demander d’essayer de t’en souvenir ? D’arrêter de me fixer comme si j’étais un parfait étranger ? De quoi est-ce que tu as peur, bordel ?! »

Sasuke le fixa quelques secondes en silence. Naruto attendait sa réponse, tendu.

Elle vint sous la forme d’une manchette qui le força à lâcher le col de l’Uchiwa. Jurant, il serra son poignet douloureux contre sa poitrine avant de s’apercevoir que Sasuke s’était levé et s’éloignait déjà. Il écarquilla les yeux et bondit maladroitement sur ses pieds.

« Sasu… ! »

Comme il faisait un pas en avant pour le rattraper, il trébucha sur un carton et s’écroula de tout son long, soulevant un nuage de boules de polystyrène.

« Ouch ! Sasuke ! »

Sasuke lui jeta un coup d’œil désintéressé par-dessus son épaule, haussa un sourcil quand l’imbécile se releva tellement vite qu’il glissa sur les billes blanches et s’étala à nouveau un mètre plus loin, s’assommant sur l’une des plus grosses pièces de rechange qui gisaient à présent par terre.

Attirée par le vacarme, Tsunade choisit ce moment pour réapparaître dans le hangar, Sakura à ses talons. L’expression de la jeune mécanicienne se fit orageuse lorsqu’elle avisa le carnage de pièces détachées, mais elle arrêta net sa marche vengeresse en en reconnaissant les responsables et en resta bouché bée.

« Encore là, vous deux ? » s’exclama Tsunade. « Où est passé cet incompétent d’Ebisu ? Est-ce qu’il faut vraiment tout faire soi-même dans cette écurie ? »

Sasuke ne l’écoutait pas vraiment. Naruto était échoué, flasque, à ses pieds, assez sonné pour que ses yeux fixent le vide et qu’un filet de bave commence à s’écouler de la commissure de ses lèvres.

Les sourcils froncés, Sasuke fixait la main qui s’était refermée sur sa cheville. Basculant son poids sur sa jambe libre, il donna une faible secousse. Naruto refusa de lâcher prise.

« Tsunade. »

La propriétaire de Konoha s’interrompit brutalement dans sa diatribe. C’était bien la première fois que l’Uchiwa l’interpellait. Elle en était à se demander si elle devait s’offusquer de son manque de respect, étant donné qu’il était techniquement plus un concurrent qu’un employé, lorsqu’il se tourna vers elle.

« J’ai une proposition à vous faire. »

« Une… proposition ? »

« D’affaires. »

Karin parut se réveiller devant le mot magique et bondit sur ses pieds, réajustant ses lunettes avec l’attitude pincée qui seyait à la trésorière d’Oto. Suigetsu eut un rictus en découvrant le secret de sa soudaine agilité : elle avait fini par se débarrasser de ses chaussures hors de prix et se tenait en collants sur le ciment froid, luttant visiblement pour ne pas recroqueviller les orteils.

Tsunade se redressa elle aussi, calculatrice.

Là où personne ne le regardait, Naruto cligna une paupière et se souvint que son nom commençait par un ‘N’.

« Je t’écoute. »

« La fusion de Konoha et Oto. »

Un silence assourdissant s’abattit soudain sur le hangar.

Tiré en sursaut d’une hallucination impliquant des bols de ramen à perte de vue qui criaient son nom et le suppliaient de les manger, Naruto fixa un regard bovin sur Sasuke. Est-ce que s’il y pensait assez fort, il aurait aussi une hallucination où on le couronnerait instantanément meilleur pilote du monde ?

« S… Sasuke ?! » hurla Karin, d’une voix aiguë qui fit grimacer plus d’une personne.

« C’est quoi, ce merdier ? » gronda Suigetsu, pour une fois d’accord avec la rouquine. « T’as pété un câble ? »

Sasuke leur jeta un regard désintéressé.

« C’est une proposition raisonnable. »

« Ah ouais ? T’as vu ça où ? »

Sasuke soupira, n’ayant apparemment aucune envie de perdre son temps à leur expliquer son raisonnement.

« Combien y a-t-il actuellement de riders à Oto ? »

Karin se mit pratiquement au garde-à-vous pour répondre.

« C… eh bien, cinq si on ne compte pas Suigetsu » fit-elle, avec un geste de la main évocateur de quelqu’un qui chasse une mouche.

Suigetsu se hérissa et découvrit les dents, qu’il avait fort pointues, mais ne répliqua rien, conscient qu’il ne s’était pas entraîné depuis un moment.

« Combien de paires en lice dans une compétition ? »

Karin ouvrit la bouche pour répondre, et sembla soudain rapetisser.

« Euh… eh bien… maintenant que tu… enfin… aucune… » finit-elle d’une voix faible.

« On n’a qu’à recruter » jeta Suigetsu.

« Qui va le faire ? Toi ? »

Suigetsu le fixa avec une grimace de dégoût explicite.

« Toi, Karin ? »

« Euh… » fit-elle avec un sursaut gêné. « Eh bien… je ne sais pas si je suis vraiment… très qualifiée pour… »

« Même elle, ça la fait chier » conclut Suigetsu, admettant de mauvaise grâce l’improbabilité de sa solution.

« Le matériel actuellement disponible ? » poursuivit Sasuke.

Le feu aux joues, Karin en était à méditer sa vengeance sur Suigetsu. Elle s’interrompit aussitôt et, levant un regard inspiré au ciel, se lança dans une longue énumération de riders, pièces détachées et accessoires.

« … et aussi douze mécanismes de support de classe A, vingt-cinq de classe B, dix de classe C, deux caisses toutes neuves de casques homologués et une de casques d’entraînement avec système audio intégrés, plus cinquante-deux casques usés, et… »

« Oui, bon ! Où est-ce que tu veux en venir ? » interrompit à nouveau Suigetsu, que les détails de logistique assommaient au-delà de l’humainement possible.

Qui plus est, il se lassait déjà des regards de merlans frits des mécanos dont le hangar était bondé.

« Konoha ne manque pas de riders sous contrat » reprit Sasuke. « En réalité, ils en ont tellement qu’ils ont à peine les moyens de les entraîner. Le matériel a trois ans d’âge au bas mot, il y a peut-être un rider de construction récente dans toute l’écurie. Les blousons ne sont pas remplacés en cas de déchirure, mais recousus. Les heures supplémentaires des mécaniciens n’ont pas été payées depuis des mois. J’ai tort ? »

Cette dernière question avait été posément adressée à une Tsunade fulminante. Elle n’avait pas réalisé que ce petit rat avait assez fouiné pour amasser autant d’informations ! Depuis quand ses employés avaient-ils la langue aussi bien pendue en présence d’un concurrent ? Mais pourquoi avait-elle cru bon de lui donner quartier libre dans l’écurie, aussi !

Sasuke interpréta son silence comme l’acquiescement contraint et forcé qu’il représentait.

« Konoha a besoin de fonds et de matériel. Oto ne survivra pas sans acquérir plus de riders, et par extension plus de personnel. Dois-je continuer ? »

« Alors, quoi, tu vas vendre Oto ? » s’exclama Suigetsu.

« Une fusion n’a rien d’une vente. C’est une union profitable aux deux parties. Si Konoha accepte, nous pourrions aisément devenir l’une des meilleures écuries… »

Il fixait Tsunade en parlant, et la directrice finit par se ressaisir. Il n’y avait pas à se tromper devant son regard : le morveux savait exactement ce qu’il voulait. Mais ce gamin avait été sous les ordres d’Orochimaru, et malgré l’obsession de Naruto pour lui, elle ne pouvait pas lui faire confiance aussi facilement.

« Quelles seraient tes conditions ? »

Sasuke se tourna pour lui faire face. Sa cheville échappa à la prise molle de Naruto.

« Konoha est la plus grande des deux écuries. Il me semble approprié que sa structure administrative soit conservée, sous la condition que mes associés et moi bénéficiions d’un droit de consultation et d’une voix lors de toute décision. De même, Konoha peut garder son nom, puisque celui d’Oto a mauvaise réputation. En revanche, je veux la garantie que tous les contrats des employés d’Oto soient renouvelés s’ils le souhaitent, au poste qu’ils occupaient jusqu’à présent. »

Comme il parlait, les sourcils de Tsunade progressaient peu à peu vers son cuir chevelu. Tout ceci lui semblait parfaitement raisonnable, à tel point qu’elle commençait à croire à une aubaine.

« Nous serions donc co-directeurs ? » voulut-elle préciser.

Sasuke secoua la tête.

« Non. Je n’ai aucun intérêt envers la direction de l’écurie, en dehors du droit de consultation et de décision déjà mentionné. Mon contrat serait celui d’un rider. »

Et il la laisserait diriger l’union des deux écuries ?! Tsunade se voyait déjà reprendre ses longues parties de poker en ligne, des étoiles dans les yeux – elle était horriblement en manque, depuis le temps qu’elle ne jouait plus que sur son propre salaire… Mais il y avait bien longtemps qu’elle ne croyait plus au Père Noël.

« Où est l’entourloupe ? » gronda-t-elle, croisant les bras sur sa poitrine en prenant son air le plus intimidant.

« Pas d’entourloupe » répondit calmement l’Uchiwa. « Hormis une dernière condition. »

Tsunade suivit son regard vers Naruto. Allongé par terre, le pilote s’était appuyé sur ses coudes et fixait son coéquipier sans ciller, quelque chose d’indéfinissable dans ses yeux écarquillés.

Sasuke se redressa et plongea les mains dans les poches de son pantalon. Il fixa Tsunade dans les yeux.

« La recréation de l’équipe 7… Et la garantie qu’elle participera à la prochaine course de classe B. »

« L’é… L’équipe 7 ?! » s’écria Sakura.

« La prochaine course ?! » couina Tsunade.

« C’est quoi, ça, l’équipe 7 ? » fit Karin en aparté, remontant ses lunettes sur son nez d’un geste contrarié.

Il n’y eut guère que Suigetsu pour l’entendre, puisque le reste du hangar venait de plonger dans un brouhaha indescriptible.

« On va vraiment fusionner avec Oto ? »

« Ils vont enfin nous payer nos heures sup’ ?! »

« Ca veut dire qu’Uchiwa revient à Konoha ? »

« A… Attendez une minute ! » s’écria Tsunade. « La prochaine course ? C’est hors de question ! La prochaine course, ce serait… »

« Celle du Sable, dans dix jours » compléta Sakura, qui venait de sortir un PDA de nulle part.

« C’est beaucoup trop tôt ! Vous n’êtes absolument pas prêts !… »

Elle aurait poursuivi si Naruto n’avait pas soudain bondi sur ses pieds.

« Ca ira, grand-mère ! » s’exclama-t-il, son sourire comme illuminé de l’intérieur. « On peut le faire, c’est sûr ! »

« Qu’est-ce que tu racontes ? Ca ne fait même pas un mois que tu es remonté sur un rider ! Tu ne peux pas entrer comme ça dans une course de niveau professionnel ! »

« Bah, » rit-il, « ça n’avait pas l’air de déranger le vieux Sarutobi. »

Pour le coup, Tsunade en resta coite.

« Par… Pardon ? »

« Hum… » fit Sakura, gênée. « C’est vrai que Sarutobi avaient jeté ces deux-là sur la première course junior sur lequel il avait mis la main… »

« C’est complètement irresponsable ! C’est… »

« Tsunade ! »

La directrice s’interrompit lorsque Naruto vint presque coller son visage au sien, un sérieux inhabituel sur ses traits.

« On est passé à deux doigts de la gagner, cette course. Il s’en est fallu de quelques secondes. Et à l’époque, on n’arrivait même pas à faire un démarrage correct ! »

Il recula et croisa les bras, un sourire encore plus large que d’habitude fendant son visage en deux.

« Alors, tu peux nous coller aussi longtemps que tu voudras sur une piste d’entraînement, on n’avancera jamais aussi vite que dans une vraie course ! »

Tsunade le fixa. Naruto lui rendit son regard sans ciller, les yeux pleins de défi. Il y avait quelque chose de lumineux dans ses traits, quelque chose d’émerveillé qu’elle n’y avait encore jamais vu.

Soupirant, elle laissa ses épaules se courber légèrement.

« Uchiwa, toi et tes acolytes dans mon bureau. Nous avons beaucoup de choses à discuter. »

Ses paroles provoquèrent une nouvelle acclamation chez les mécanos, qui se mirent spontanément à applaudir à toute rompre. De grands sourires mangeaient les visages, et on faisait déjà des plans pour acheter le champagne en prévision du jour de signature de l’accord.

Naruto se tourna vers Sasuke, les yeux brillants, et tendit le poing vers lui.

Le roue-libre fixa sa main quelques instants. Ses yeux ne contenaient aucune incompréhension, simplement une lueur pensive.

Enfin, il leva son propre poing et cogna ses phalanges contre celles de son partenaire.



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