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Author of 6 Stories |
Auteur: Rika
Titre: Regrets
Personnages: Euh… on en voit pas mal mais les principaux sont Shirley et Lelouch…
Fandom; Code Geass
Disclamer : les personnages ne m’appartiennent pas… Je ne fais que gentiment les emprunter !
Pour: Shirley-chan à la base, mais j’ai décidé de le poster tout de même, vu le nombre assez restreint de fics sur Code Geass….
Bonne lecture et n’hésitez pas à me donner votre avis
La pluie tombait ce jour-là. Elle semblait inonder la ville, comme si le ciel voulait expier quelque pêché en versant des larmes. Les miennes n'ont arrêté de couler ce soir-là... Mais pour une fois, tu ne semblais pas en mesure de les sécher.
Notre étreinte aurait pu passer pour amoureuse: mes mains autours de ton cou, tes bras enserrant ma taille, ton souffle balayant mes cheveux, ta voix me murmurant des paroles d'apaisement. Elle aurait pu... elle aurait pu s'il n'y avait eu ces larmes, cette pluie.
Je t'en voulais tu sais...Je t'en voulais tellement. Je t'avais offert ma confiance, mon cœur, et j'avais l'impression que tu les avais piétinés, jetés sans une once de regret.
Tu le savais bien sur... Tu le savais mieux que personne, sans même que je n'aie besoin de te le dire.
Alors, c'est pour ça que tu as répondu à mon baiser Lelouch.
Je me rappelle qu'il avait un arrière-gout d'amertume, de sel et de larmes.
Je me rappelle de tes mains, s'accrochant à moi pour demander pardon.
Je me rappelle de propre ma main, qui a pris la tienne, pour t'entrainer, loin...
Je me rappelle des caresses et des autres baisers échangés, pendant cette nuit où il pleuvait tant.
Et je me rappelle de tes "pardon" que tu me murmurais à chaque fois tu me volais un peu plus mon innocence.
Mais tu n'en avais pas besoin tu sais? Je l'ai perdue le soir où j'ai fait couler du sang pour te protéger. Je l'ai perdue en continuant à t'aimer malgré tout.
Maintenant, te rappelles-tu encore de cette nuit? T'arrives-t-il d'y penser, parfois?
Moi, à chaque fois qu'il pleut, je m'en souviens, les détails me revenant avec une force aussi grande que celle qui m’avait animée, ce soir-là.
Tes mains n'étaient pas chaleureuses, comme je les imaginais. Elles saisissaient mes hanches avec un désespoir douloureux. Dans un rythme aussi affolant que ton cœur qui battait sourdement contre ma poitrine.
Tes cheveux trempés cachaient tes yeux, que tu ne souhaitais pas tourner vers moi. Je voulais t'hurler de me regarder, car c'était mon corps que tu touchais. Je crois que tu n'as jamais été aussi lâche.
Ta bouche murmurait des mots incohérents à mes oreilles, frôlant parfois ma nuque dans un baiser égaré.
Ta peau hérissée me brûlait, partout ou elle se posait. Elle m'incendiait, me coupait le souffle.
Pourtant, que je te revois maintenant, rien dans ton regard, dans tes gestes, ne laisse transparaitre notre proximité ce soit-là. Ce que nous avons partagés, je ne l'oublierai pas tu sais... Et le mal que tu m'as fait, je l'oublierai.
Tu étais faible... si faible Lelouch... Tu ne m'as même pas regardée le matin. Tu m'as abandonnée, dans un lit froid et impersonnel, encore endormie.
Pourtant, même après ça, je ne t'en veux pas.
Je sais que pour toi, ce soir-là n'était qu'un instant d'égarement. Un moment que tu regrettes. Un moment à oublier.
Tes yeux ont beau brûler mon dos, parfois, quand je ne t’observe pas, je sais qu'ils ne recherchent pas un indice des caresses égarées, mais simplement l'assurance que je n'en parlerai pas. Et malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser qu'un jour, tu puisses abandonner ces airs que tu te donnes et venir réparer tes erreurs...
Soleil radieux, soleil de plomb... Soleil maudit. Qui frappait la nuque, donnait chaud et faisait mal aux yeux.
Shirley mit sa main en visière devant ses yeux, poussant un soupir ennuyé. Elle reprit malgré tout son chemin en vélo, vers l'académie Ashford, le soleil continuant à lui brûler la tête.
Elle y parvient rapidement, et s'arrêta dans un crissement de pneus des plus disgracieux, et poussa un nouveau soupir encore plus disgracieux.
Débarrassés du casque, ses cheveux lui donnaient encore plus chaud.
-Shirley...
Elle tourna vivement la tête, son sourire cache-façade déjà accroché à ses lèvres. Sourire qui s'évanouit en voyant Lelouch.
-Millay t'a demandé pour venir... Dans le bureau, je crois qu'elle avait besoin de toi pour quelques affaires.
Le jeune Briannien détourna les yeux comme à son habitude, pour ne pas rencontrer les yeux verts emplis de reproches. Il l'évitait, elle faisait semblant, et leur entourage ne s'en occupait plus. Voila à quoi correspondait leur quotidien depuis la nuit. La fameuse nuit.
Lelouch ne s'était jamais autant haï. Ses yeux douloureux, son corps fragile, ses soupirs discrets le hantaient. Et tout ce qu'il faisait, c'était fuir.
Quand il osa enfin relever les yeux vers elle, elle s'éloignait déjà, d'un pas raide, qui manquait de naturel. Il leva la main vers elle.
-Shirley...
Elle tourna nouveau la tête, l'interrogation se lisant dans ses yeux. Son visage lui semblait si pâle.. Et se silhouette encore plus fine. Lelouch baissa la main, vaincu une fois de plus.
Je suis désolé. Pardonne-moi. Tu comptes énormément pour moi.
Ces mots, il ne se sentait toujours pas capable de les lui dire.
-Fais attention... sur le chemin.
Bouger les jambes. Les bras. Jambes. Bras. Inspirer. Expirer. Recommencer encore. Rien d'autre n'envahissait ses pensées. Il fallait qu'elle nage. Lelouch n'avait rien à voir avec ça. Juste nager... Respirer. Sortir la tête de l'eau. Lelouch... il aimait bien la mer.
Non! Bras, jambes. Inspirer, expirer.
-Shirleeeeeeeeeeeey c'est finiiiii!
La voix la tira de ses pensées. Baissant brusquement la tête, elle ne manque que de peu de boire la tasse.
Elle nagea jusqu'au bord, et sortit sous le regard horrifié de son amie.
-Shi... Shirley... Tu... tu as perdu du poids récemment non?
Enroulant brusquement une serviette autour d'elle, la jeune femme accrocha un sourire sur ses lèvres bleuies par le froid. Mais la serviette n'arrivait pas à cacher son ossature fine ressortant de ses épaules, de ses poignets, ses chevilles fragiles.
-Mais non pas du tout, j'étais déjà comme ça avant... Excuse-moi, je dois y aller.
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle partir s'habiller le cœur affolé.
Retirant sa serviette, elle observa son reflet sur le miroir. Son maillot de bain, qui autrefois moulait un corps bien proportionné, recouvrait un corps maigre, trop fin, trop pâle. Elle referma ses bras autour d'elle, laissant enfin couler ses larmes.
-Shirley... Elle ne va pas très bien non? Ces deniers temps?
Lelouch se raidit, sous le regard inquisiteur de la présidente du club des étudiants. Son regard bleu semblait le passer au scanner, et ce qu'elle vit ne lui plut sans doute pas, car elle poussa un soupir irrité.
-Qu'est-ce que tu lui as fait Lelouch? Elle t'a dit qu'elle t'aimait et tu l'as repoussée?
Le jeune Britannien ferma les yeux. C'était... douloureux... entendre quelqu'un d'autre dire si ouvertement des sentiments qu'il avait lui-même bafoués. Voyant son geste, Millay n'osa rien faire, interdite.
-Tu... Je... Lelouch...
Il eut un petit rire, en dépit de la situation et de la perplexité évidente de la jeune femme.
-Je... me suis juste comporté comme un idiot... Il n'y a rien d'autre à comprendre.
Mettant son visage en coupe, Millay le fixa, essayant de voir au-delà des yeux violets torturés, des traits tirés, des lèvres qui formaient un pli amer.
-Mais tu sais... Shirley... J'ai l'impression qu'elle a per...
-Tais-toi! S'il te plait Tais-toi...Ne dis plus rien...
La tête plongée sans ses mains, ses épaules fragiles tremblants, ses cheveux cachant ses yeux, Millay vit pour la première fois, depuis quelle le connaissait, un signe si flagrant de faiblesse de Lelouch.
Ne pouvant rien faire d'autre que lui poser la main sur l'épaule, elle lui dit quand même quelques mots de réconfort, qui même à ses yeux, lui paraissaient creux et vides... Mais surtout si faux et désespérés...
-Tu es sure que c'est une bonne idée ce voyage présidente?
La jeune fille se tourna vers Rivaltz, un large sourire aux lèvres.
-Bien sur, ça nous fera tous du bien.
Son regard se fixa sur Shirley, discutant sans grand enthousiasme avec Nanaly, et Lelouch, qui regardait son téléphone portable d'un air désabusé. Suivant son regard, Rivaltz secoua la tête, désespéré. Un voyage suffirait pas à arranger les choses entre ces deux-là.
-Alors, comme j'ai envie de faire les boutiques, Rivaltz, tu m'accompagnes, Nanaly veut aller à ce concert, donc Karen et Suzaku, vous l'accompagner, et comme Shirley voulait voir cette exposition, Lelouch l'y emmènera. D'accord? Pas d'objection? Très bien alors, c'est parti!
Sa déclaration laissa un froid dans le petit groupe, mais personne ne protesta, malgré l'air irrité de Lelouch et le regard furieux de Shirley. Ils finirent rapidement par se retrouver seuls. Un silence inconfortable s'installa, et Lelouch se sentit obligé de le rompre, pour lui proposer d'aller à cette fameuse exposition.
-Nous n'avons pas besoin d'y aller, si tu n'en a pas envie. On peut les attendre autre part.
Et sans lui laisser le temps de répondre, elle se dirigea vers un parc proche, s'asseyant sur un banc, rejointe par le jeune garçon, qui se tenait à une distance respectueuse.
-Il... il fait beau, non?
A peine avait-il prononcé ces mots qu'une fine pluie commença à tomber. Un silence encore plus pesant s'installa, et honteux, Lelouch ne put que remarquer la ressemblance avec la situation de la nuit. Un coup d'œil vers Shirley l'avertit qu'elle aussi, au vu de son visage affolé. Il lui prit la main, la faisant sursauter.
La jeune fille fut surprise devant la douceur de ses yeux, et se laissa emmener.
-Il faut se mettre à l'abri.
Elle le suivait docilement, ne prononçant pas un mot, ses cheveux dégoulinants de pluie cachant son visage.
Ils finirent par trouver un préau où ils s'assirent, s'efforçant de rester le plus éloigné l'un de l'autre. Mais la situation avait beau être ridicule ils étaient conscient de la familiarité de la scène.
-Je... suis désolé...
Et pour la première fois, il vit tout ce qu'il n'avait pas voulu voir jusqu'alors. Tout le mal qu'il avait fait lui sautait aux yeux, lui étreignait la poitrine avec une force douloureuse, et lui coupait la respiration. Ses yeux vides, ses mains qui tremblaient, son souffle si faible, ses hanches trop fines.
-Ce n'est pas grave... Après tout, on a facilement trouvé un abri...
Un sourire ironique passa sur les lèvres du jeune homme. Elle continuait encore à jouer à ce jeu, à cette triste comédie qui avait lieu depuis maintenant tant de mois... La gorge serrée, il ne put que répéter...
-Je suis... tellement désolé... je...
-N'en parlons plus... C'est du passé... C'est bien ce que tu voulais non?
La lassitude et la déception dans son regard trop vert lui broyèrent le cœur. Sans s'en rendre vraiment compte, il la prit dans ses bras, fourrant son nez dans les cheveux roux, caressant maladroitement le dos secoué à présent de sanglots.
Et comme une litanie, tandis qu'il essayait de sécher ses larmes, il ne cessait de lui répéter des excuses, pleines d'amertumes, et quelques "je t'aime" pleins de regret.
Soleil radieux. Soleil merveilleux, soleil brillant et bienveillant... Shirley eut un sourire étincelant, son regard joyeux se tournant vers l'astre lumineux, tandis qu'elle se laissait tomber dans l'herbe à côté de Millay.
-C'est vraiment une belle journée, hein présidente?
La jeune femme lui fit l'un de ses sourires malicieux, et acquiesça vivement.
Trois mois avaient passés, depuis qu'elle avait laissés Shirley et Lelouch ensemble, au parc. Elle ne savait pas ce qui s'y était passé, mais elle savait qu'ils ne se parlaient même plus. Shirley ne semblait même plus vouloir le reconnaitre.
Mais elle avait accepté cette décision, comme les autres membres du conseil. Si elle permettait à Shirley d'être de nouveau heureuse, alors elle s'y tiendrait.
Cette dernière avait retrouvé toute sa joie de vivre. Même si parfois, son regard se faisait mélancolique. Elle avait la désagréable impression d'avoir oublié quelque chose... quelque chose d'important, qui la rendait heureuse et malheureuse à la fois. Mais elle était incapable de s'en souvenir.
Dans l'ombre, les observant, Lelouch eut un sourire triste, sans joie. Il posa une dernière fois son regard sur les yeux verts maintenant lumineux.
-C'est peut-être mieux ainsi...
Je sais que j'ai fait des erreurs. Que mes actions t'ont blessée, déchirée. Mais tu as continué à m'aimer, malgré tout.
Alors, j'ai voulu te rendre ta liberté. Tu la mérites, plus que quiconque.
Même si toi... toi, tu m'oublies...
Moi, je me rappellerai pour deux.
Moi, je souffrirai pour deux.
Et quoi qu'il arrive, je chérirai toujours nos souvenirs communs, même si je ne fais plus partie ni de ton cœur, ni de ta vie.
Je veux juste continuer à voir ton sourire. Même s'il ne me sera plus jamais dédié.
J’espère que ça vous aura plu !