|
Author of 3 Stories |
Chapitre 11
Lui, moi, et personne d'autre
Le soleil était haut, déjà, lorsque Harry se réveilla. Draco n'était plus là, et le lit lui parut immense pour son maigre corps. Il avait dormi comme un mort. Et en ouvrant les yeux, il se sentit comateux, engourdi. Et seul. Peut-être qu'il aurait du rester cadavre. Sans conscience, ni consistance. Un ectoplasme. Alors, il n'aurait pas eu à affronter l'absence de Draco, le lit plein de courants d'air, son épiderme gelée et grêlée de chair de poule.
Il tira le rideau du baldaquin et plissa douloureusement les yeux. La lumière était vive dans la chambre. Elle irritait ses pupilles. Les éclairs sur la pierre grise et les poutres en bois sombre, le miroitement des vitraux colorés de la fenêtre, qui projetaient une mosaïque vibrante de vert et de gris contre le plafond.
- Draco ? appela Harry d'une voix rendue rauque par le sommeil.
Pas de réponse.
Résistant tant bien que mal à la peur du rejet, de l'oubli, il repoussa le drap et posa ses pieds sur le carrelage. De la pierre, ici aussi, irrégulière et froide comme un bloc de glace. Harry frissonna. Les bras croisés sur sa poitrine, il se pencha et chercha frénétiquement ses vêtements au pied du lit.
- C'est ça que tu cherches ? fit une voix traînante qu'il ne connaissait que trop bien.
Harry sursauta.
Draco le regardait de loin, appuyé contre un mur, une serviette blanche lâchement enroulée autour de sa taille. Sa peau était brillante d'humidité et ses cheveux mouillés coiffés vers l'arrière. La main levée, il faisait tournoyer autour de son index, le boxer noir que Harry avait porté la veille – et qu'il avait été si prompt à lui enlever.
- En effet, dit calmement Harry, bien que sa bouche se soit asséchée.
- Si tu le veux, il va falloir que tu viennes le chercher.
Harry se leva dignement, prenant soin de masquer son entrejambe avec ses deux mains.
- Pourquoi tu te caches ? lui demanda Draco.
Harry haussa les épaules.
- Je suis pudique, dit-il, et Draco éclata de rire.
- Allons Harry... j'ai déjà vu tout ce qu'il y avait à voir...
- Tu n'as rien vu du tout. Il faisait nuit.
- Oh, je vois, s'exclama Draco avec un sourire en coin. Au petit matin, monsieur veut jouer les vierges effarouchées. C'est du joli.
- N'importe quoi ! Je veux juste que tu me rendes mes fringues !
Harry essaya de ne pas se laisser perturber, séduire, par son sourire malicieux, tendre, et par ce regard, qui le déshabillait. Harry était pourtant déjà nu. Plus rien à enlever, juste la peau. Mais Draco le mangeait de ses yeux comme s'il y avait encore eu quelque chose à découvrir, en-dessous de l'épiderme : les battements amoureux qui gonflaient son coeur, le souffle laborieux qui entrait et sortait de ses poumons.
- S'il te plaît, s'impatienta Harry.
Le sourire de Draco s'élargit, dessinant de petits creux au coeur de ses joues blanches. Il souleva plus haut le vêtement et Harry soupira. Il avait l'impression d'être revenu dans cette période si peu heureuse de son enfance, lorsque laissé seul sur un banc, à côté du manège lumineux et bruyant du centre-ville, il observait Dudley, les plis et replis de sa graisse coincés dans une voiturette bariolée, essayer vainement de soulever son énorme poids pour attraper un pompon secoué dans les airs.
- Je crois qu'il va falloir que tu utilises tes mains, s'amusa Draco. C'est bête. Vraiment.
Harry se résigna à lever les bras et lui arracha le boxer des mains.
- Content ?
Harry vit clairement le regard de Draco dériver vers le bas.
- C'est marrant, de nuit, il m'avait paru plus...
- Oh, ta gueule, Malfoy ! grogna Harry en se détournant pour enfiler son vêtement.
- Tiens donc, retour à Malfoy. Ce n'est plus « Draco... oh oui... Draco » ?
Harry se retourna, furibond.
- C'est bas, siffla-t-il dangereusement. Vraiment.
Draco lui sourit de toutes ses dents, puis il l'attrapa par le bras pour le tirer vers lui.
- Viens ici, Potter. Ce n'est pas comme ça qu'un gentleman dit bonjour.
Harry regarda autour de lui, feignant la surprise.
- Un gentleman ? Où tu vois un gentleman, toi ?
- Il y a moi.
- Évidemment, rit Harry. Monsieur gentleman. Voleur de vêtements. Docteur ès humiliation.
Draco leva les yeux vers le plafond.
- Tu ne crois pas que tu exagères un tout petit peu ?
- A peine.
- Embrasse-moi, crétin.
Harry croisa les bras, boudeur.
- Je ne sais pas si tu l'as mérité.
- Tu veux que je me mette à genoux ? demanda Draco d'une voix suggestive. C'est une très bonne position pour se faire pardonner.
Harry se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux.
- Pas la peine, non, bredouilla-t-il et Draco poussa un soupir dramatique.
- Dommage...
Harry le fit taire d'un long et profond baiser, un baiser qui aurait pu lui faire perdre la tête - s'il ne l'avait pas déjà perdue. Draco le ramena contre son corps glissant, et Harry posa ses mains sur ses épaules rondes et moites, dans ses cheveux rigides d'humidité. Il se demandait s'il pourrait seulement s'en passer, un jour. C'était comme un drogue déjà. Lente et douce et excitante. Toutes les sensations lui paraissaient différentes, plus fortes, plus folles. Il ne pouvait même plus se rappeler de ce que ça faisait, d'embrasser Ginny. Ça avait du être fade, terne, à côté de ça, car toutes les saveurs étaient là, dans les baisers de Draco.
Quand ils reprirent leur souffle, ce dernier posa son front contre le sien.
- J'étais sûr que tu aurais filé, lui dit-il.
- Filé ? s'exclama Harry. Pourquoi ça ?
- Je sais pas, murmura Draco en lui mordillant l'oreille. Je pensais que tu aurais eu... peur.
- Peur de quoi ?
- De ce dans quoi tu es en train de foutre les pieds. Par exemple.
- N'importe quoi.
L'air buté de Harry le fit rire.
- Et puis tu aurais pu retrouver la mémoire, continua Draco à voix basse. Te souvenir de qui j'étais. Et dégager en courant sans demander ton reste.
Harry ouvrit la bouche avec stupéfaction. Il réalisa que si Draco avait tellement hésité, s'il avait été si difficile à atteindre, si réticent à se livrer, si lent à venir vers lui, à accepter, c'était pour se protéger... et seulement ça.
- Et qui tu es, Draco ?
- Un fils de mangemort, dit-il, bouche pincée. Un lâche. Un mec qui t'a détesté, qui aurait bien voulu que tu crèves...
- C'était avant.
- Oui, mais c'est toujours moi.
- Et alors ? persista Harry. Je ne vais nulle part, Draco.
Celui-ci sourit.
- Je sais. Petit Griffondor a du courage.
- Oh, pas tant que ça, rétorqua Harry en baissant les yeux sur leurs pieds nus qui se touchaient.
- Si... crois-moi...
- Pourtant, je me dis qu'il suffirait de presque rien pour que mes amis me larguent en plein ciel... et tu vois, ça me terrifie... mes amis, c'est ma famille... mais ça, toi et moi, ils ne pourraient jamais l'accepter.
- Tu peux encore partir, déclara Draco en regardant un point au-dessus de sa tête. Je ne t'en voudrais pas.
- Ne sois pas stupide, répondit Harry en lui donnant un petit coup dans l'épaule. Je n'ai aucune envie de partir.
Il l'embrassa encore. Fort.
- Tu ne sens pas très bon, tu sais, dit Draco en se reculant, le nez plissé.
- Connard.
Draco éclata d'un rire clair. Et il lui fit une petite courbette, volontairement maladroite.
- La douche vous attend, monseigneur.
- Oh, ferme-la...
Harry gagna la salle de bains sans même le regarder, le nez pointé vers le plafond, dans une excellente imitation d'Hermione. Mais il fit volte-face au moment de refermer la porte derrière lui.
- Et n'en profite pas pour me mater par le trou de la serrure !
Draco afficha un air détaché et innocent.
- J'ai un peu plus de savoir vivre que ça. Et avoue que ce serait très con, Harry. J'ai déjà vu...
- Tout ce qu'il y avait à voir... je sais...
Harry claqua la porte.
0°0°0
L'eau était brûlante. De la buée, partout dans la salle de bain, et contre le miroir brouillé. Ça aurait pu le suffoquer. Mais c'était comme ça qu'il aimait sa douche. Quand la peau devient écarlate et se fripe d'être trop longtemps amolli et imbibée.
Il fredonnait sans même s'en rendre compte. C'était stupide, vraiment, et dangereux, de se sentir aussi bêtement heureux, car tout le monde allait s'en rendre compte. Il souriait tout le temps comme un imbécile. Et il chantait. Mais heureusement, avec le bruit de l'eau sur le carrelage, il entendait à peine sa propre voix. Autant dire qu'il n'entendit pas les pas qui se rapprochaient...
- Tu chantes faux, fit une voix tout contre son oreille.
Harry poussa un petit cri de surprise, sa main pleine de shampoing suspendue au-dessus de sa tête.
- Draco ?
- Qui d'autre ? s'amusa celui-ci en enroulant ses bras autour de sa taille.
- Qu'est-ce que tu fais là ? bredouilla Harry, alors que ses lèvres parsemaient des baisers sur la ligne de son épaule, et dans son cou, et le long de sa mâchoire.
Harry ferma les yeux.
- Je me suis dit que j'avais envie d'une deuxième douche, murmura Draco en ponctuant chaque mot d'un nouveau baiser. Et je suis sûr que celle-ci sera beaucoup plus intéressante que la première.
Ses mains remontaient le long de son dos, glissaient sur la mousse parfumée laissée par le savon. Et ses doigts malaxèrent doucement son cuir chevelu imprégné de shampoing. Harry laissa échapper un soupir. Ses doigts faisaient des miracles.
- Tu as vraiment des cheveux improbables...
- C'est génétique, répondit Harry en faisant basculer sa tête vers l'arrière, pour pouvoir le regarder.
Merlin, pensa-t-il, son souffle bloqué dans sa gorge.
Comment avait-il fait, avant, pour ne pas remarquer à quel point il était beau ?
Ses paumettes hautes étaient rougies par la chaleur de l'eau et Harry trouvait ça absolument adorable. Il y avait toujours les tâches de rousseur, sur son nez, et il avait envie de les embrasser. Il baissa les yeux sur ses mains posées sur son ventre. Il avait de belles mains. Grandes et fines. Et douces. Et talentueuses. Elles descendaient lentement, passaient à présent le nombril, et d'anticipation, Harry se mordit la lèvre. Oh oui, cette douche-là risquait de devenir fort intéressante...
0°0°0
- Tu vas être en retard...
Harry souffla avec mauvaise humeur. Il le savait, qu'il allait être en retard. Bon sang ! D'impatience, il faillit tomber de tout son poids sur le côté, lui qui essayait à grand peine d'enfiler sa chaussette, sautillant maladroitement sur son pied gauche.
- Tu devrais t'asseoir, affirma Draco en le voyant tituber. Ce serait beaucoup plus facile, je t'assure.
Harry lui lança un regard noir.
- Je disais ça comme ça, se défendit Draco. Pour t'aider.
- Et bien arrête de vouloir m'aider.
Draco était debout près de la porte, parfaitement habillé, son sac de cours sous le bras, prêt à gagner la Grande Salle pour le petit déjeuner.
- Tu es conscient que c'est ta faute, j'espère, marmonna Harry.
- Parfaitement.
Harry laça ses chaussures en quatrième vitesse. Il se remit debout et regarda sa montre.
- Tu te rends compte ? paniqua-t-il. Je dois retourner au dortoir, récupérer mon uniforme, passer inaperçu - et dans le cas contraire, prétendre avoir eu une irrépressible envie de marcher de bon matin...
- Sous la pluie.
Harry jeta un regard dépité par la fenêtre. Une pluie torrentielle s'abattait sur le parc.
- Ils ne vont jamais me croire, gémit-il. Qu'est-ce que je vais leur dire ?
- Un joli petit mensonge.
- Je ne sais pas mentir.
- Invente n'importe quel prétexte bidon, Harry. Qu'est-ce que ça peut faire ? Dans le pire des cas, ils penseront juste que tu vois quelqu'un...
Harry le regarda par en-dessous.
- Et c'est le cas ?
Draco fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Est-ce qu'on est ensemble toi et moi ?
- Il faut absolument que tu mettes des mots sur tout, hein ? se moqua Draco.
- C'est juste qu'on en a pas vraiment parlé...
- Je croyais qu'on n'en avait pas besoin, Harry. Il y a des choses qui parlent d'elles-mêmes, tu ne crois pas ?
- Mais pour certaines personnes, ce genre de choses ne veut rien dire...
Harry leva les yeux vers lui.
- Est-ce que ça voulait dire...
- Évidemment, répondit Draco avant qu'il n'ait fini sa phrase. Mais seulement ici. A l'extérieur de cette chambre, rien n'a changé. Tu n'es pas mon ami et encore moins mon petit-ami. Ce n'est pas que j'aime le secret, mais je ne peux pas me permettre d'être découvert, tu comprends ? Pas encore.
Harry hocha la tête.
- Je ne suis pas plus prêt que toi, de toute façon.
- Parfait.
- Ça veut dire qu'on doit faire semblant de se haïr ?
Draco haussa les épaules.
- Je te propose l'indifférence pacifique.
- Je crois que ça me va... pas d'insultes, pas de duel au détour d'un couloir...
- Grand Dieu, soupira Draco, cette année va vraiment manquer de piquant.
- Ne t'inquiète pas, rétorqua Harry avec un sourire en coin. Je peux encore piquer.
Draco haussa les sourcils, l'air intéressé.
- Vraiment ?
Harry était assis sur le lit. Il regarda de biais le planning de Draco, abandonné sur la couverture.
- Bon sang, on a presque tous les cours ensemble !
- Je n'ai pas fait exprès.
- Tu es sûr de ça ?
Draco s'agenouilla et posa ses coudes sur les genoux de Harry.
- C'est une mauvaise chose ?
- Tu imagines l'enfer que ça va être, de t'avoir sous les yeux toute la journée !
- C'est vrai que je suis désagréable à regarder.
Harry secoua la tête.
- Tu sais très bien ce que je veux dire...
- Prend-ça comme un exercice...
- Un exercice de quoi ? bougonna Harry.
- Je sais pas moi... self-control. C'est bien un truc qui pourra te servir plus tard, non, quand tu seras Auror ?
- Pas faux, consentit Harry. Et toi ?
- Pas de problème de self-control, en ce qui me concerne, merci bien.
- Je veux dire... tous ces cours, c'est pour faire quoi ? Auror ?
- Certainement pas.
Voyant que Harry attendait un complément de réponse, il souffla avec agacement.
- Rien du tout. Passer le temps.
- Tu comptes vivre de tes rentes ?
- Tu sais bien que je vais reprendre les affaires de la famille.
- Oh. Non, je ne savais pas. Et c'est ce que tu veux ?
- Ce que je veux n'a pas vraiment d'importance... allez dépêche-toi !
Draco lui tapa vivement sur la cuisse et se leva. Harry lui emboîta le pas mais il l'arrêta près de la porte.
- Tu n'oublies pas quelque chose ?
- Euh... non... je ne crois pas...
- Et tes lunettes, tu me les laisses en guise de trophée ?
Harry se tapa le front avec le plat de sa main.
- Je me disais bien, aussi, que quelque chose ne tournait pas rond.
- Tu es vraiment un drôle de type.
- Peut-être, répondit Harry en dépliant distraitement ses lunettes.
Draco les lui arracha des mains et les remit lui-même sur son nez.
- Voilà, monsieur Potter, fin prêt à affronter cette première journée.
Harry se redressa et l'embrassa doucement.
- A ce soir ?
- On va se voir bien avant ce soir, Harry.
- Oui, mais « avant » ça ne comptera pas.
Draco secoua la tête, avec quelque chose qui ressemblait à de l'affection.
- Alors à ce soir.
0°0°0
- Où tu étais, Harry ? s'exclama Ron en le voyant pousser la porte du dortoir. Je me suis inquiété !
- J'étais dehors.
Ses cheveux trempés et dégoulinants rendaient le mensonge crédible. Presque.
- Oh. Cauchemar ?
Harry hocha la tête d'un air sinistre et Ron lui tapa amicalement dans le dos.
- T'inquiète pas, vieux, dit-il, ça va bien finir par passer !
Et son absence fut oubliée. Aussi aisément que ça.
Les cours lui parurent pénibles. Son attention fuyait sans cesse par les fenêtres fermées, lavée par des litres et des litres de pluie diluvienne. Où était l'été ? Il avait du mal à se concentrer, du mal à reproduire des sorts qui ne lui avaient jamais servi ailleurs qu'ici, en cours de Métamorphose. Après une guerre, une année à l'air libre, les bancs de bois de l'école lui semblaient bien durs et futiles. Pas la vraie vie. Il mordillait le bout de sa plume, les yeux fixés sur le dos raide de Draco, les cheveux de Draco, sa nuque penchée. Il écoutait sa voix, quand il parlait avec ses amis, son rire, quand il plaisantait avec eux. Il le regardait si fort qu'il aurait pu percer deux petits trous entre ses omoplates.
Ça lui faisait bizarre, ce secret qu'il abritait, couvait, et qui rendait tout supportable.
- Monsieur Potter ? s'exclama le Professeur MacGonagall. Vous pouvez répéter ce que je viens de dire ?
Harry sursauta.
- Non, Professeur. Désolé.
Quelques serpentards ricanèrent. Pas Draco. Indifférence pacifique oblige.
- Cinq points en moins pour Griffondor. Vous n'êtes pas ici pour finir votre nuit, Monsieur Potter. Un peu de concentration.
Concentration... si seulement il pouvait... mais pour ça, il aurait fallu que ses deux pieds soient posés par terre et que lui, soit un peu moins suspendu, un peu moins ailleurs...
Pendant le cours suivant - potions, Draco se retourna, sourcils froncés, et envoya une boulette de papier droit sur lui.
Arrête de me regarder, bon sang !
Harry lui adressa un vague geste d'impuissance alors que Ron se penchait sur son épaule.
- Qu'est-ce qu'elle te veut, la fouine ?
Harry sursauta et posa son coude sur le morceau de papier.
- Il veut savoir si la puanteur vient d'Hermione ou de mon chaudron...
Les oreilles de Ron virèrent au rouge et Harry se demanda s'il n'avait pas poussé l'imagination un peu trop loin.
- Réponds-lui que c'est un gros connard.
Harry griffonna à l'abri de son regard furieux.
Ron pense que tu es un gros connard. Ose deviner quel mensonge ignoble je lui ai servi.
Il renvoya discrètement le papier et Draco se pencha à son tour sur le parchemin.
Que le jour où il saura se servir de cette chose qui lui sert de pénis, Granger arrêtera peut-être de passer toutes ses soirées à la bibliothèque... mais je ne sais pas si c'est un mensonge...
Harry camoufla son rire en quinte de toux.
Tu ne peux pas imaginer à quel point j'ai envie de t'embrasser, écrit-il à son tour.
Le papier lui revint quelques minutes plus tard.
Si, je peux.
Harry esquissa un sourire. Quand il leva la tête, il remarqua que Ron le regardait avec des yeux immenses, sa main suspendue au-dessus de son chaudron.
- Ce qu'il t'écrit te fait rire ?
Harry chiffonna le papier et se racla la gorge.
- Il est tellement stupide, dit-il d'un air détaché, et Ron approuva d'un vigoureux mouvement de tête, alors que dans le fond de la salle de classe, le chaudron de Neville explosait.
0°0°0
21h. Harry poussa un long soupir de soulagement en trouvant la porte entrouverte, comme la veille. Ses poumons se dégonflèrent. Il avait emprisonné trop d'air, dans sa poitrine, pendant la journée. Draco ne l'entendit pas entrer. Il était assis en tailleur sur son lit, au milieu de livres et de parchemins dispersés, et Harry resta immobile quelques minutes à le regarder. Il y avait des plis de concentration sur son front.
Il est à moi, c'était ce qu'il se disait, non sans fierté. Et ça ne lui faisait même plus peur. Cet élan de possessivité. Sa propre dépendance.
Draco tourna la tête et le vit.
Il tendit le bras dans sa direction.
Harry franchit le rebord du lit et s'assit entre les jambes de Draco avec un naturel qui sembla déconcerter celui-ci.
- Et comment je travaille ?
- Travailler ? Quelle drôle d'idée !
- Pour toi peut-être, mais tu sais ce qui va m'arriver si j'ai des notes aussi calamiteuses que les tiennes ?
- Qu'est-ce que tu sais de mes notes ? s'exclama Harry. Et puis merde, détends-toi un peu, ce n'est que le premier jour.
- Tous les jours comptent.
- Je croirais entendre Hermione.
Les dents de Draco grincèrent.
Harry le regarda, par-dessus son épaule, le cou tordu, les sourcils dressés. Il y avait une tache d'encre au coin de la bouche rose de Draco. Avec un sourire dans les yeux, il l'embrassa, lava le noir avec sa langue. Et Draco envoya valser livres et parchemins avec ses pieds. Et après... après les vêtements au pied du lit, leurs souffles soudés, leurs peaux moites, leurs mains pressantes et affamées.
Et retrouver son souffle, après. Revenir sur terre trop vite.
Et Harry avait déjà envie de plus que ça.
Faire l'amour. Vraiment.
Bientôt ?
Il l'espérait. Il s'en effrayait. Mais c'était trop tard pour revenir en arrière. Et de toute façon, c'était bien ce qu'on faisait, non, quand on était amoureux ?
A suivre...
Hello !
Et oui, vous ne rêvez pas ! Nouveau chapitre ! Je sais être rapide, parfois... ce serait bien que ça devienne une glorieuse habitude. En tout cas, ce chapitre, ça m'a fait tellement de bien de l'écrire, que j'ai eu du mal à m'arrêter avant d'avoir posé le point final. Après les petites retouches, le voici donc ! En espérant qu'il vous plaise !
Sur ce je vous laisse, mes chers lecteurs, car il se fait tard et, ô joie, boulot demain... même si pas envie du tout !
Je vous embrasse et je vous aime,
Sillia