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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Games » Final Fantasy VII » PRIERE DE RENDRE L AME A QUI ELLE APPARTIENT !

Shiva Rajah
Author of 11 Stories

Rated: K+ - French - Adventure/Romance - Tifa L. & Loz - Reviews: 441 - Updated: 11-13-09 - Published: 07-10-08 - id:4384873

Prière de rendre l’âme... à qui elle appartient !

par Shiva

« Il est un Dieu qui se complaît dans le luxe des cathédrales.

Un Dieu qui se nourrit du sang des martyrs et des prières des prêtres.

Dites à cette idole misérable que j'ai trouvé d'autres Dieux,

Qu'à rien ne lui sert de m'attendre et qu'il peut aller au diable… »

Claude Neix

Chapitre I

Nés du néant

*

La version intégrale corrigée de cette fanfiction et illustrée par la mangaka M.A. Sambre, du Studio Gothika, se trouve sur FF7 YAOI FANFICS


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*

Une terre humide s'insinuait dans sa bouche et ses narines, collait à sa peau nue. Il eut un haut-le-coeur et cracha, essaya de se redresser sur un coude mais ses bras ankylosés refusèrent de le soutenir.

Où était-il ?

Il ouvrit les yeux. Rien. L'obscurité, le bourdonnement des insectes et le clapotis de l’eau glacée, où ses jambes à demi paralysées par le froid baignaient encore.

Il voulut prendre une goulée d’air mais une brûlure indescriptible irradia dans sa poitrine et il s'étouffa avec le liquide qui baignait ses poumons.

Il toussa, crachat un filet d’eau verte phosphorescente et cria de douleur. Son hurlement se répercuta sur des murs invisibles dans les ténèbres.

Une grotte ?

Grelottant, respirant avec difficulté, il rampa tant bien que mal loin du cours d’eau pour s’asseoir péniblement sur le sol meuble et tourna la tête en tout sens. Nulle lumière hormis la faible lueur verte – des restes de mako très dilué ? - qui s’élevait de l’eau comme de la vapeur phosphorescente, bien insuffisante pour distinguer quoi que ce soit.

Quel était ce lieu où circulait une rivière souterraine souillée de mako ? Et pourquoi son corps, rompu à mille exercices et entraîné à supporter les températures les plus extrêmes, lui semblait-il soudain si fragile et la morsure du froid si intense ?

A présent que ses poumons s’étaient totalement vidés du liquide qu’ils contenaient, il récupérait petit à petit son sens de l’odorat et la pestilence du lieu le prenait à la gorge. Un mélange de relents de boue glaireuse, de mako et de mousse décomposée.

Un long frisson agita sa peau bleuie où le froid avait hérissé jusqu’au plus fin duvet argenté, si pâle par endroits qu’il en était transparent.

Comment sortir de là ? Y avait-il seulement une sortie ? Et comment était-il arrivé en un tel endroit ?

« Ne panique pas, Sephiroth... » se tança-t-il « Surtout ne panique pas... Réfléchis. Réfléchis, bon sang ! »

Mais réfléchir, il en était bien incapable. Tout s’embrouillait dans sa tête et le froid l’engourdissait le plus en plus. Il était tellement, tellement fatigué...

Quelle était la dernière chose dont il se rappelait ? Voyons... Un voyage. Un voyage pour...

Le réacteur !

Oui, il devait aller vérifier quelque chose dans le réacteur mako de Nibelheim mais quoi ?

Avec un gémissement plaintif, il se roula en boule, ramena ses genoux tout contre sa poitrine, y nicha le menton et ferma les yeux.

Gourd, affaibli et transi de froid, il s’endormit sans même s’en rendre compte.


On lui tapota l'épaule. La caresse douce et timide d’une femme. Ou peut-être d'un adolescent. Une jeune recrue chargée de venir le réveiller en pleine nuit ? S’était-il passé quelque chose ? Encore un problème avec un réacteur ?

Dans un demi-sommeil, ses doigts se refermèrent sur la main fine pour l’immobiliser et la chasser de son épaule. Elle était petite, fragile et glacée.

- Grand frère ? Grand frère, réveille-toi, nous avons besoin de toi.

« Grand frère ! » Et pourquoi pas « tonton » ou « pépé » tant qu’on y était ? Quelle familiarité ! Le respect ne faisait décidément plus partie des bases élémentaires enseignées aux jeunes recrues !

Il voulut s’étirer et faillit crier tant ses membres étaient raidis et douloureux.

Nul soleil ne réchauffait son visage travers la vitre de la fenêtre de ses quartiers. Nul drap tiédi par la chaleur de son propre corps ne lui chatouilla la joue. Et la voix de la jeune recrue de lui disait absolument rien.

Il ouvrit les yeux et l'obscurité seule fut témoin de son désappointement et de la panique qui s'ensuivit.

« Par tous les démons de la planète... » jura-t-il.

Alors ce n’était pas un cauchemar. Il n’était pas dans ses quartiers, il était vraiment dans la grotte glaciale !

Il s'agrippa à la main qu’il tenait toujours dans la sienne et trouva une épaule.

- Grand frère... sanglota à nouveau la voix. Grand frère, nous sommes perdus. Mère nous a abandonnés !

Il aurait juré pouvoir reconnaître cette voix si elle n’avait été brisée par la terreur. Mais, par tous les démons du cosmos, pourquoi ce garçon l’appelait-il « grand frère » ?

Sephiroth lutta pour se rappeler. En vain.

- Où sommes-nous ? finit-il par demander. Qui es-tu ?

- Grand frère ne nous reconnaît plus ? geignit une seconde voix, un peu plus rauque que la première et probablement plus âgée, faisant sursauter le soldat.

- Pleure pas, Loz. Il est choqué, c’est tout. Ca va lui revenir.

Sephiroth tressaillit et aurait bondi sur ses pieds si le garçon dont il tenait toujours la main ne s’était agrippé à son bras.

- Que... qui êtes-vous ? s’écria-t-il. Combien êtes-vous, ici ?

- Qui nous sommes ? Tu as donc vraiment tout oublié ?

Un bref sanglot déchirant résonna dans les ténèbres.

- Pleure pas, Yazoo !

Le soldat lutta contre la démence qui menaçait de le gagner.

Qui étaient ces gens ? Comment avait-il atterri là ?

Se rappeler... Se rappeler !

Le noir.

La douleur et le froid.

La peur et la chute dans le vide... Un abîme de mako, glacé et sans fond

L’eau dans sa bouche, le froid et la terreur.

Des sensations floues, vagues et inutiles.

Il secoua la tête et déglutit péniblement pour chasser un début de nausée.

-Où sommes-nous ? demanda-t-il. Où est la sortie ?

Il sentit les mains fragiles qui enserraient à son bras accentuer leur pression et se mettre à trembler.

- Dehors, tout est si étrange, grand frère...

Le soldat se leva avec difficulté, le garçon toujours agrippé à lui.

- Dehors ? Où ça, dehors ? Montre-moi !

Les mains frémissantes le guidèrent vers une sorte d’escalier naturel qu’ils grimpèrent à tâtons et qui débouchait sur ce qui s’avéra être un tunnel enténébré menant à une petite grotte, au sommet d’une montagne. Un vent glacé dans lequel voltigeaient quelques flocons de neige s’engouffrait par rafales dans la cavité. La température y était encore plus glaciale que près de la rivière souterraine.

Après autant de temps passé dans l’obscurité totale, la lumière pourtant pâle et grisâtre de la fin de journée éblouit le soldat... qui eut un haut le cœur en voyant distinctement pour la première fois le tout jeune homme accroché à son avant-bras – ainsi que ses deux compagnons, qui lui avaient emboîté le pas.

Ils étaient nus, comme lui et souillés de boue verdâtre. Leurs magnifiques visages étaient tordus par la peur et leurs corps parfaits marqués d'ecchymoses. Leurs splendides chevelures argentines, identiques à la sienne, étaient encore humides et leur yeux...

« Par la foudre du ciel, ces yeux... »

Le juron s’étrangla dans la gorge de Sephiroth, qui se dégagea brutalement de l’étreinte du garçon.

- Mais que... Qu’est-ce que vous êtes ? bredouilla-t-il avec un violent mouvement de recul, comme si on l’avait frappé. D’où est-ce que vous sortez ?

Celui qu’il venait de repousser, et qui paraissait être le plus jeune des trois, s’approcha avec prudence et ses étranges yeux fendus d’un vert topaze, copie conforme de ceux du soldat, s’attristèrent.

- Tu ne te souviens vraiment pas de nous ?

Le coeur au bord des lèvres, rattrapé par le souvenir vague de créatures monstrueuses dans des cuves de mako, près du réacteur, Sephiroth recula encore jusqu’à s’aplatir contre le mur rugueux.

- N’insiste pas, ça ne sert à rien. Il nous a vraiment oubliés...

Celui qui venait de parler, grand, droit et magnifique dans sa nudité à peine voilée par une longue chevelure brillante et fluide comme le mercure, s’était avancé au milieu de la grotte. A dix ans près et quelques kilos, il aurait pu être le jumeau de Sephiroth et considérait ce dernier avec un mélange de colère, d’accablement et d’appréhension.

- Il nous abandonne, lui aussi, reprit-il. Tout comme mère ! Nous avons échoué. Nous ne leur servons plus à rien ! (un sanglot enfantin l’interrompit) Pleure pas, Kadaj. On se débrouillera seuls. Nous n’avons pas besoin de lui ! Ni de mère !

Il fit mine de quitter la grotte mais le plus âgé des trois garçons, un grand gaillard aux cheveux courts, le retint par le bras.

- Attends ! C’est grand frère, on ne peut pas le laisser là !

- La ferme, Loz ! Tu ne vois pas qu’il n’en a rien à fiche de nous ? Personne ne veut de nous, de toute façon !

L’interpellé fit la grimace d’un enfant à qui l’on interdit de manger des sucreries.

- Pourquoi tu ne veux plus de nous ? demanda-t-il au soldat avec la candeur d’un simple d’esprit. Tu ne nous aimes plus ?

Sephiroth hoqueta et cligna des yeux, totalement pris au dépourvu par la naïveté de la question.

D’où diable sortaient ces phénomènes de foire ? D’un labo clandestin ? Un Dieu espiègle avait-il trouvé amusant de le jeter en enfer avec des expériences ratées de lui-même affublées de cerveaux d’enfants de cinq ans ?

Le sien opta pour la seule échappatoire possible lorsqu’on se retrouve perdu, nu et sans armes dans une situation aussi ubuesque qu’inextricable.

Il perdit connaissance.

...à suivre.



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