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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Anonymement tienne

Coweti
Author of 11 Stories

Rated: K+ - French - Romance/Humor - Sirius B. & OC - Reviews: 154 - Updated: 08-01-09 - Published: 07-11-08 - id:4387913

PASSAGE AUX AVEUX

"Hello n°822,

Tout d’abord, un grand merci de m’avoir dit la vérité à propos de tout ça. Bien sûr ça ne me fait pas plaisir de savoir que c’est une autre fille qui t’a éloigné de moi mais bon, après tout, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Si je ne repoussais pas toujours l’idée d’un rendez-vous et si j’acceptais d’accélérer un peu les choses entre nous ce serait plus simple pour tout le monde. De mon côté, et c’est peut-être pour ça que je t’en veux si peu, j’ai été très surprise de te voir écrire « pour moi nous étions ensemble » alors que dans mon esprit rien n’était aussi clair. Pas que je n’en rêvais pas bien sûr, sinon tu me dirais bien pourquoi je t’ai entraîné dans cette étrange correspondance, hein ? Mais je n’imaginais pas du tout qu’il en serait de même pour toi, je pensais plutôt que tu prendrais ta décision en me voyant au dit rendez-vous et c’est exactement pour ça que je le redoute autant.

Mais ne te réjouis pas trop vite, ta vision des choses sur notre relation épistolaire ne change rien et je suis toujours aussi terrorisée à l’idée du rendez-vous qui va de paire pour moi avec un rejet total de ta part de ce que je suis en réalité. Parce que vois-tu, il y a une chose que je ne t’aie encore jamais avouée jusque là, pour que tu continues à t’intéresser à moi essentiellement : en dehors des lettres que nous échangeons, je suis d’une timidité effroyable, bien au-delà de ce que tu pourrais imaginer, même carrément très très très au-delà de ce que tu pourrais imaginer, n’ayons pas peur des mots. Dès lors, si même je parvenais à t’adresser la parole sans m’évanouir, il faudrait encore que je parvienne, comme dans mes lettres, à te dévoiler ma véritable personnalité. Et donc, lors de ce rendez-vous que j’attends avec au moins autant d’impatience que toi, il y a de grandes chances que tu le passes soit à perfectionner tes notions de réanimation cardio-pulmonaire, soit en compagnie d’un mollusque muet voire insipide s’il parvient à ouvrir la bouche.

Bon ne soyons pas défaitiste, il y a également de grandes chances, étant donné que je commence à bien te connaître, que tu parviennes à me mettre parfaitement à l’aise et que ma personnalité de n°384 n’ait plus besoin de son précieux support papier pour s’exprimer librement. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir la tremblote à l’idée que si ce rendez-vous se passait mal, j’aurais gâché ma seule et unique chance d’être avec l’homme de mes rêves, toi. Pas de bol d’ailleurs, parce que tu remarqueras que pour la timide des timides, te vouloir toi, le playboy des playboys, relève quasi de l’impossible !

Enfin bref, tout ça pour te dire que malgré tout je suis prête à accepter ce rendez-vous, si toutefois mes problèmes de timidité maladive ne t’en dissuadent pas.

Anonymement tienne (pour plus très longtemps),

N°384 ou V .B. (tu ne m’as pas posé de questions cette fois, mais voici quand même un nouvel indice !)"

Je relevai enfin la tête de cette lettre que je venais d’écrire d’une traite sans y réfléchir le moins du monde. Toujours furieuse, j’entrepris de la relire pour vérifier que ma rage ne transparaissait pas dans mes écrits, puis, satisfaite et ne voulant plus me poser une seule autre question, j’allai la poster sans y apporter la moindre retouche.

Bon c’est vrai, peut-être que si je n’avais pas été la cause directe de sa relation avec une autre fille, j'en aurais tenu un peu plus rigueur à Sirius, mais je n’allais pas faire semblant de lui en vouloir dans la lettre, alors qu’en réalité je ne pensais qu’à lui dire que je l’aimais et que ses mots étaient vraiment trop trop adorables. Je m’en abstins cependant, afin de rester cohérente et d'éviter de passer pour une potiche prête à lui passer tout par amour.

La colère qui m’avait animée lors de l’écriture de cette lettre, dirigée entièrement et uniquement contre ma garce de sœur, avait gommé toute forme de timidité en moi, ce qui expliquait que j’avais fait preuve d’une telle franchise envers Sirius et que je lui avais même permis, comble du comble, de programmer une rencontre entre nous deux.

Je n’étais pas dupe et je savais bien que lorsque toute cette haine qui bouillonnait en moi disparaîtrait, je serais à nouveau submergée par ma timidité. Mais ce qui était fait était fait et je me sentais plus légère maintenant que j’avais tout avoué à Sirius. Enfin « tout » est un bien grand mot, car je ne lui avais pas appris que cette fille avec qui il avait pensé me tromper n’était autre que moi. Au point où j’en étais dans mes confidences, j’aurais pu bien sûr, mais à la réflexion je préférais attendre qu’il m’accepte en Violette avant de lui apprendre qu’il m’avait déjà acceptée en Marguerite-la-salope, comme j’avais décidé qu’elle se nommerait désormais.

Avec tous ces aveux sur ma timidité, je risquais évidemment de ne plus recevoir la moindre réponse de Sirius, mais je ne les regrettais pas puisqu’ils étaient nécessaires. Si Sirius n’avait aucune envie de sortir avec une fille timide, alors mieux valait s’arrêter ici tout de suite, car si je savais à présent que je pouvais faire des efforts et écraser cette fichue timidité avec certaines personnes, je savais aussi que je ne pourrais jamais en guérir vraiment, car elle faisait également partie de ma personnalité au même titre que n°384. Il n’y avait plus qu’à espérer que, devant Sirius, le cocktail timid girl et n°384 comporterait une plus grande proportion de n°384…

Mes craintes au sujet d’une nouvelle absence de réponse furent vite dissipées car je ne tardai pas à recevoir une nouvelle lettre du grand Sirius Black.

« Hello V.B.,

Là tu attises ma curiosité : Valérie ? Valentine ? Véronica ? Victoria ? Valériane ? Voldemorte?... Il y en a si peu et tellement à la fois de prénoms commençant par la lettre "V". Je crois que j’ai passé toute la nuit à les réciter un à un dans ma tête, en me disant que l’un deux devait être le tien. Mais bon qu’importe, tu m’as interdit de te poser la moindre question à propos de tes noms et prénoms dans ta deuxième lettre…

Tu sais, je crois que j’ai toujours su que tu étais timide, peut-être à cause de ton refus systématique de me rencontrer ou de ta façon de parler de toi ou peut-être encore à cause de certaines petites choses inconscientes, glissées par-ci par-là dans tes confidences… Enfin qu’importe, j’ai de très bonnes notions en RCP moldue de même qu’en réanimation médicomagique : tu es entre de bonnes mains ! Mais pas d’inquiétude, je ferai de mon mieux pour être le moins effrayant possible, afin qu’on n’en arrive pas à de telles extrémités. Ce serait dommage que notre premier baiser ait lieu avec toi dans le coltard et moi te pinçant le nez.

Bon alors maintenant, roulement de tambour, j’ai l’honneur de t’inviter à boire un verre avec moi lors de la prochaine sortie à Pré-au-lard, dans trois semaines donc, à 15h tapante à l’auberge « Dawn ». N’aie pas peur, je sais que tu n’as aucune idée de l'endroit où ça se trouve, étant donné que personne d’ailleurs ne le sait, si on excepte les deux trois pochtrons habituels qui, eux, semblent plutôt ne plus savoir où est le monde extérieur. Je t’ai fait un plan au dos, c’est tout petit et on y sera plus tranquille puisque je suppose que ta timidité va de paire avec une phobie des foules, qui ne manqueraient pas de te lorgner si tu t’asseyais à ma table.

Ca te convient ou c’est trop tôt ou t’as plus envie ou… ? Enfin bref, j’ai vraiment hâte de te rencontrer et si ça peut te rassurer, je suis aussi anxieux que toi, enfin peut-être un peu moins, étant donné que, normalement, tu es censée savoir à quoi je ressemble.

Voici mes deux questions plus une troisième, qui est, tu t’en doutes : quel est ton prénom ? Question à laquelle je suis à peu près sûr de n’avoir aucune réponse, mais j’aurai au moins essayé.

Voilà les deux autres :

-Quelle est la couleur de tes yeux ?

ou

-As-tu de la famille à Poudlard ?

En ayant plus que hâte de te lire à nouveau et de te voir,

N°822 ou S.B. »

Sa dernière question m’avait heurtée, encore plus que l’annonce de notre rencontre imminente. Avais-je encore de la famille à Poudlard ? Au moment où je me posais cette question, j’en connus immédiatement la réponse: évidemment que Marguerite-la-salope restait toujours ma sœur, même si pour le moment, il m’était toujours impossible de la regarder en face sans avoir l’envie irrésistible de lui cracher à la figure.

Elle avait essayé de me reparler, de s’expliquer, mais je ne lui en avais jamais laissé le temps. C’est sûrement pour ça qu’en découvrant avec joie la lettre de Sirius ce matin, j’avais également trouvé une lettre de Marguerite-la-salope dans mon casier.

Je ne l’avais toujours pas ouverte et elle était posée là, sur mon bureau, à me narguer tranquillement. Il fallait vraiment que Marguerite soit très mal pour qu’elle se décide à écrire une lettre, elle qui, plus que tout autre, avait horreur de tout ce qui s’approchait de près ou de loin à de la littérature. Sachant que de toutes façons je n’arriverais pas à m’en empêcher, je déchirai l’enveloppe et entrepris de déchiffrer sa grosse écriture bien ronde, ornée de petits cœurs sur le haut des i.

Elle s’excusait encore mille fois de tout le mal qu’elle m’avait fait et patati et patata. Elle me disait qu’elle était allée voir Sirius avec la réelle bonne intention de lui signifier que ça ne pourrait jamais coller entre eux, qu’ils étaient vach’ment trop différents et qu’elle ne savait pas ce qu’il lui était arrivé la veille. Mais avant qu’elle ait pu dire tout ça, Sirius l’avait prise dans ses bras et l’avait embrassée, ce à quoi elle n’avait pu résister.

Ayant vécu l’expérience, je ne pouvais m’empêcher de la comprendre, même si j’étais toujours très loin de lui pardonner. D’autant plus que c’était moi que Sirius aurait dû prendre dans ses bras et qu'y penser me donnait les larmes aux yeux.

Marguerite continuait en me disant qu’elle avait perdu la tête à partir de là et qu’elle s’était dit que profiter un peu de la situation ne pouvait faire de mal à personne. Elle savait que Sirius ne tarderait pas à voir à quel point elle était stupide et à la jeter comme elle ne doutait jamais de l’être avec tous les garçons qu’elle fréquentait. Elle ne s’était pas imaginé à quel point Sirius s’était accroché à moi pendant la soirée et qu’il lui faudrait autant de temps avant de renoncer à voir en elle quelqu’un que ma sœur ne pourrait jamais être.

Elle écrivait également qu’elle n’avait absolument pas profité de quoique ce soit, tant les remords et le désespoir de Sirius de ne plus retrouver en elle la fille qu’il aimait l’accablaient. Quand, enfin, tout avait été fini, elle s’était rendue compte que Sirius ne m’avait plus écrit, ce à quoi elle n’avait évidemment pas pensé, et que j’étais au fond du gouffre, ce qu’elle n’avait pas imaginé non plus une seule seconde. Marguerite s’était alors morfondue plusieurs jours durant, sans oser aller me parler et complètement rongée par la culpabilité. C’est alors qu’elle eut l’idée d’aller jeter un coup d’œil à mon casier, maintenant que Sirius s’était débarrassé d’elle et qu’elle savait que je ne prenais même plus la peine d’aller en vérifier le contenu.

Et c’est ainsi que Marguerite finit par trouver la fameuse lettre de Sirius. Elle n’avait pu s’empêcher de la lire et avait compris qu’en me la remettant, elle mettrait fin à notre précieuse amitié. Mais surtout, et c’était le plus important à ses yeux, elle pourrait ainsi réparer son erreur et me redonner espoir.

Après avoir terminé de lire sa lettre, je pleurai à chaudes larmes, ne sachant plus du tout sur quel pied danser. D’un côté, j’avais envie de me jeter dans ses bras, de tout lui pardonner et de lui parler du rendez-vous avec Sirius pour qu’elle me vienne en aide, et de l’autre, dès que je repensais à l’état de déprime profonde dans lequel elle m’avait plongée, j’avais envie de l’envoyer au diable et de déchirer sa lettre.

Quelques jours plus tard, je postai une nouvelle lettre dans le casier n°822, lettre dans laquelle j’acceptais de rejoindre Sirius dans l’auberge introuvable et lui apprenais, dans un accès de générosité, que j’avais les yeux verts, que j’avais une sœur à Poudlard et que la deuxième lettre de mon prénom était un « i ».

En même temps, je postai une lettre dans le casier de ma sœur dans laquelle je lui apprenais que tout s’arrangeait entre moi et Sirius, qu’on avait prévu de se voir dans moins de trois semaines à présent, mais que je n’étais toujours pas sûre de pouvoir lui reparler avant un petit moment.

Cependant, j’étais tellement nerveuse, excitée et anxieuse à propos de ce rendez-vous que je savais pertinemment que, dans à peine quelques jours, je ne pourrais m’empêcher d’aller frapper à sa porte pour que, comme au bon vieux temps, elle me rassure et me dise que tout allait très bien se passer; ce dont je doutais d’ailleurs au plus haut point… Mais après tout, l’idée de se faire faire du bouche-à-bouche par Sirius n’était pas du tout déplaisante….



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