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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Learn to crawl III : Le Pouvoir du Sacrifice

Elizabeth Moonstone
Author of 18 Stories

Rated: T - French - Adventure/Tragedy - OC - Reviews: 49 - Updated: 06-15-09 - Published: 07-28-08 - Complete - id:4429322

« Ma vengeance est perdue

S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue. »

Extrait d'Andromaque, de Racine

3 : De l’autre côté du miroir

Un lapin blanc.

Il se tenait dans l’embrasure de la porte, à un endroit où Rabastan ne pouvait le manquer. Comme s’il le narguait.

Les autres Mangemorts ne le regardaient pas, concentrés sur la nourriture fumante posée sur la table. Rabastan s’apprêtait à attirer leur attention sur le lapin, quand celui-ci s’éloigna en bondissant. Oui, l’animal le narguait bel et bien !

Rabastan se leva. Il allait tirer ça au clair tout de suite.

« Vu quelque chose d’étrange. Reviens plus tard. », se contenta t-il de dire à ses subordonnés.

D’ordinaire, quand Rabastan Lestrange parlait si peu, il n’y avait rien à ajouter. Mais la situation était assez grave pour que les autres Mangemorts posent des questions :

« Est-ce que ce sont les ennemis ? »

« Si c’est un Animagus, il n’y a qu’une seule personne. »

« Peut-être qu’il y en a d’autres qu’on ne peut voir. Peut-être que c’est un piège… »

« Impossible. Les ennemis ne savent pas que nous sommes là. »

« Alors, qu’est-ce que c’est ? »

Les Mangemorts de son groupe lui obéissaient mais Rabastan Lestrange savait qu’un chef ne devait jamais ne serait-ce que faire mine de tomber de son piédestal. Si ses subordonnés commençaient à croire qu’il avait des hallucinations…

« Ce n’est probablement rien. Je suis de retour dans cinq minutes. Ne m’attendez pas. »

Rabastan se dirigea vers la pièce où il avait vu le lapin et poussa la porte entrebâillée. Le lapin était dans les escaliers mais il disparut à l’étage supérieur dès que Rabastan le vit.

« Tu veux que je te suive, n’est-ce pas ? Tu le regretteras. », murmura Rabastan entre ses dents avant de suivre le lapin blanc jusqu’au bout.


« Oh mon Dieu, je déteste quand il y a des complications !, s’exclama Eméra. Qu’est-ce que ce Mangemort a bien pu voir ? »

Lucy alla dans la direction où regardait Rabastan et jeta un coup d’œil dans l’embrasure de la porte.

« Il n’y a rien. », dit-elle.

« S’il s’éloigne, il va falloir l’éliminer, dit Dalila. Je m’en charge. »

« On peut le poursuivre toutes les trois. Par chance, ce gars n’a entraîné personne avec lui et les autres Mangemorts vont commencer à manger. Ils ne sont plus un danger. »

« Je préfère y aller seule. »

« Qu’est-ce que tu as, Dalila ? »

« C’est mon combat, ce qui est une phrase cliché pour dire que j’ai quelque chose de personnel contre ce Mangemort et qu’il va le payer. De sa vie. »

« Mais Stanislas nous a dit de ne pas tuer les Mangemorts ! », s’exclama Lucy.

Eméra regarda sa meilleure amie d’un air suspicieux :

« Alors je suppose que c’est toi qui l’a attiré à l’écart... Qu’est-ce que tu lui as fait voir ? »

« Un lapin blanc. Une allusion assez ironique à Lewis Carroll, mais je doute que ce salopard ait compris. »

« Écoute, Dalila, je ne doute pas que ce Mangemort t’ait fait quelque chose d’horrible mais tu risques de gâcher le plan de Stanislas. Et si nous ne pouvons pas vaincre Voldemort, le vrai responsable de tout ce qui t’est arrivé restera impuni. »

« Ne t’inquiète pas. Je te promets que je ferai en sorte que cela passe pour un accident. »

« Dalila, dit Lucy d’une toute petite voix, je pense que la vengeance est une mauvaise chose. »

« Je suis d’accord. En théorie, la vengeance, c’est très mal et ça ne résout rien. Mais c’est plus dur de dire ça quand on a des gens à venger.

Rabastan Lestrange aurait pu me tuer… Après tout, la rebelle, c’était moi et j’étais prête à en assumer les conséquences. Mais il a préféré faire exécuter mes frères et me mutiler simplement parce que c’était un sale bâtard sadique. En fait, vu qu’il pense que « la mort est un châtiment qui manque de subtilité », je me trouve assez miséricordieuse de lui offrir une simple mort sans douleur. »

Eméra savait qu’elle n’était pas en position de faire la morale à Dalila. Si elle-même se battait contre Voldemort, n’était-ce pas par vengeance ? Parce qu’il avait assassiné ses parents ? Parce qu’il avait tout fait pour rendre sa vie difficile et humiliante ? Mais, justement, pour que sa vengeance contre Voldemort ait des chances d’aboutir, elle devait arrêter Dalila. Celle-ci reculait déjà vers la porte :

« En fait, ce n’est pas la peine de me suivre. Quand nous surveillions les Mangemorts, je me suis esquivée un peu pour trouver l’endroit idéal pour mon combat. Et cet hôpital est un véritable labyrinthe. »

« Dalila, attends ! »

Mais elle s’était déjà mise à courir. Eméra et Lucy s’empressèrent de la suivre avant que sa chevelure rousse ne disparaisse dans les escaliers. Mais, au bout de quelques minutes, force leur fut de reconnaître que Dalila avait raison. Elles l’avaient perdue de vue.

« Ne nous décourageons pas, dit Lucy. Continuons à chercher. »

« Il vaut mieux nous séparer alors. Retrouvons nous ici dans dix minutes. »

Lucy partit du côté gauche, Eméra du côté droit. Tout d’abord, les pièces s’enchaînèrent, blanches et vides, étrangement semblables à un hôpital ordinaire.

« Peut-être même un peu trop semblables. », se dit Eméra après avoir reconnu une maternité.

Les gens avaient-ils vraiment beaucoup d’enfants dans cet endroit ? Assez pour que Voldemort ait fait aménager une maternité ?

Troublée, Eméra poussa la porte de la pièce suivante. Qui était encore plus étonnante, car elle n’avait pour le coup rien à voir avec un hôpital.

C’était une salle de mariage parfaite, de l’autel aux sièges luxueux réservés aux invités. Seuls les bouquets de fleurs en décomposition et le tissu un peu passé des tentures, dont le blanc éclatant d’autrefois avait légèrement tourné au jaunâtre, indiquaient que la pièce était abandonnée depuis longtemps.

Eméra se demanda pourquoi Voldemort voulait que des prisonniers se marient. Elle eut un petit soupir exaspéré puis sourit, en réalisant que la réponse était évidente.

C’était pour la même raison que Voldemort voulait que Ti’lan et elle soient unis par les liens sacrés du mariage. Pour qu’ils aient des enfants. Ce qui expliquait aussi la présence de la maternité.

Les milliers de gens qui vivaient ici n’étaient pas suffisants. Voldemort avait besoin d’encore plus de rats de laboratoire pour mener à bien sa petite expérience secrète.

Un accès de dégoût à l’égard de cet endroit envahit Eméra. Elle jeta un coup d’œil à sa montre et réalisa qu’elle était déjà en retard à son rendez-vous avec Lucy. Soulagée d’avoir un prétexte pour quitter la pièce, elle se dépêcha de revenir en arrière.

Elle retrouva Lucy, qui avait l’air légèrement nauséeuse elle aussi. En voyant son air inquiet et oppressé, Eméra se sentit coupable de l’avoir faite attendre.

« Je n’ai pas vu le moindre signe de Dalila, dit-elle doucement. Et toi ? »

« Oh, Eméra, c’est toi !, s’exclama Lucy, visiblement soulagée. Je ne l’ai pas vue non plus. Par contre... J’ai vu des cellules capitonnées, des camisoles de force… Je n’ai pas envie de savoir ce qu’il y avait plus loin. Bien sûr, si c’est nécessaire… »

« Je ne pense pas qu’on devrait continuer à chercher, l’interrompit Eméra. Si nous nous éloignons plus, j’ai peur que nous ne puissions retrouver le chemin de cet endroit, et à fortiori de la sortie. »

« Et aussi… En chemin, j’ai réfléchi à ce que je dirais à Dalila si je la retrouvais et… rien ne m’est venu à l’esprit. », avoua Lucy.

« Je ne vois pas comment on pourrait persuader Dalila de renoncer à ce combat, reconnut Eméra. Et même si j’usais de la force… »

« Dalila est notre amie, on ne peut pas lui jeter de sort ! »

« …je ne suis pas sûre que cela marcherait. Dalila n’est pas faible et, quand elle veut vraiment quelque chose, elle ne laisse personne se mettre en travers de sa route. »

Eméra n’ajouta pas que, dans le cas où ça marcherait, Dalila ne lui pardonnerait pas facilement de l’avoir arrêtée de force. Eméra ne voulait pas prendre le risque de briser irrémédiablement leur amitié.

« Allons-y. Peut-être que les autres auront une idée de génie. »

Les deux filles se dirigèrent vers le Laboratoire, où Ceux-qui-doivent-ramper avaient décidé de se retrouver une fois leur travail fini. Après avoir entendu l’histoire complète, Deimos dit simplement :

« J’y vais. »

« Excuse moi, Deimos, mais, connaissant ta nature pacifique, tu n’es pas le genre de personne que j’imagine empêcher un meurtre sanglant. », dit Eméra d’un ton sarcastique.

« Vu que ses meilleures amies ont déjà essayés de faire changer d’avis Lila, et ont échoué, en tant que son petit ami, je suis juste le candidat idéal. », répliqua Deimos.

« Je suis d’accord, dit Rosemary. On devrait le laisser essayer. »

« Et comment il va retrouver Dalila ? Nos Patronus sont aussi connus que nos visages. »

« Peut-être pas le mien, dit Kévin. Stanislas m’a dit que les Mangemorts avaient rassemblé quelques informations sur moi mais je ne vois pas comment ils auraient pu savoir la forme de mon Patronus. »

« Tu ne peux pas faire de magie. », lui rappela Stanislas.

« De toute façon, je n’ai pas besoin d’un Patronus pour me guider jusqu’à elle, dit Deimos. Il me suffira de suivre l’odeur de Lila pour la retrouver. »

« Moi, ça me va, dit Stanislas. En plus, ça nous permet de nous occuper de Pettigrow et Rowle. »

« Qui sont Pettigrow et Rowle ? », demanda Eméra.

Stanislas prit une grande inspiration comme pour commencer une longue histoire tandis que Deimos s’esquivait discrètement vers l’Hôpital.


Rabastan regarda autour de lui avec mépris. Est-ce que tout cela n’était qu’une mauvaise blague des autres Mangemorts ?

Il se trouvait dans une grande pièce vide de l’un des derniers étages de l’hôpital, ceux qui n’avaient jamais été aménagés. Il n’y avait rien à voir à part une baie vitrée étonnamment grande et élégante. Quant au lapin blanc, il avait disparu après être entré dans la pièce dont la porte était bizarrement entrouverte.

Rabastan s’apprêtait à faire demi-tour quand ladite porte claqua violemment. Puis un homme sortit de nulle part. Littéralement.

Il était difficile de lui donner un âge. Pourtant, il devait être jeune car son corps était la définition même de la vigueur et de la force. Ses cheveux blonds coupés ras et son vêtement gris qui ressemblait à un treillis rappelaient à Rabastan les soldats Moldus d’autrefois.

L’inconnu n’avait pas sorti sa baguette magique. En fait, il ne paraissait même pas hostile. Son regard étrangement vide fixait un point situé au-dessus de l’épaule droite de Rabastan.

Celui-ci lui lança un sortilège mineur, juste pour le faire réagir. Un bouclier apparut aussitôt et protégea l’homme, qui n’avait même pas bougé d’un cil.

Rabastan se dit que si l’inconnu avait faire apparaître ce bouclier lui-même, sans baguette, ni formule magique, il était un sorcier exceptionnel. Mais il était aussi possible qu’il possède un objet enchanté qui déclenche automatiquement le Charme du Bouclier en cas d’attaque ou que quelqu’un d’invisible ait jeté le sort à sa place.

Avant que Rabastan n’ait pu se décider, l’homme s’avança vers lui. Enfin, il se décidait à dire ou faire quelque chose ! Rabastan l’attendait de pied ferme, d’un air légèrement roublard qui dissimulait sa curiosité.

L’inconnu lui décocha un formidable crochet du droit. Plusieurs de ses dents se brisèrent dans une explosion de douleur et le goût du sang envahit sa bouche.

« Les sorciers ne se battent pas comme ça, dit Rabastan en essuyant le sang qui coulait de la commissure de ses lèvres. Tu es un salopard de Moldu. Je me suis fait frapper par un salopard de Moldu ! »

Malgré ses insultes, le visage de l’homme resta sans expression. Il leva simplement le poing pour frapper Rabastan une fois de plus.

Mais celui-ci avait vu le coup venir et, avant qu’il ne l’atteigne, il cria :

« Endoloris ! »

La victime tomba aussitôt au sol et commença à hurler de douleur. Rabastan fut presque soulagé de voir que son ennemi réagissait normalement au Doloris.

« Alors, comment tu trouves ça ? », lui demanda t-il, interrompant un instant le sortilège de la Douleur.

Grave erreur. L’inconnu se releva aussitôt et balança un coup de pied dans l’estomac de Rabastan.

« Impossible. », murmura t-il, plié en deux de douleur.

Rabastan avait utilisé le sortilège de Doloris de nombreuses fois et il savait que lever un instant le sortilège pour laisser le temps à la victime de répondre à une question était parfaitement sans danger. Même si la douleur s’arrêtait immédiatement et ne laissait pas de séquelle physique, elle laissait bel et bien une importante séquelle mentale, qui rendait la victime impuissante. Si le sortilège était utilisé trop longtemps, le trauma était si profond qu’elle était irrémédiablement condamnée à la folie.

Il était impossible qu’après une telle dose de douleur, un humain se relève et frappe son tortionnaire.

Ce qui signifiait que son opposant n’était pas humain, ou plutôt que son corps était celui d’un être humain mais qu’il était dépourvu d’âme.

Rabastan réalisa soudain que son ennemi présentait d’étonnantes ressemblances avec un Inferi. Il ne s’en était pas rendu compte auparavant car l’homme avait l’air aussi vivant que lui mais il partageait bel et bien avec les Inferi l’absence totale de sentiments et de volonté propre.

S’il était dépourvu de volonté, peut-être Rabastan pouvait-il le contrôler…

« Impero ! Réponds-moi : qu’est-ce que tu es au juste ? »

Le pantin ouvrit la bouche et, un instant, Rabastan crut qu’il avait gagné. Mais il dit simplement d’une voix monocorde :

« Je n’obéis qu’à ma maîtresse. »

Décidément, ce pantin ressemblait trop aux Inferi. Comme eux, il obéissait uniquement aux ordres de son maître. Peut-être ce maître était-il présent, mais invisible, ou avait-il donné ses ordres à l’avance ?

Rabastan se fichait comme d’une guigne d’un pantin sans âme et incapable de faire de la magie. Mais sa maîtresse, qui qu’elle soit, l’intéressait beaucoup plus. Comment avait-elle façonné cette créature ? Pourquoi l’avait-elle utilisée pour l’attaquer ? Pourquoi l’avoir pris pour cible sur le Continent Interdit et pas à un autre endroit, à un autre moment ? Rabastan devait absolument savoir si elle était là ou pas.

Il décida d’utiliser la provocation :

« Pourquoi ta maîtresse ne se bat-elle pas elle-même au lieu de m’envoyer son sous-fifre ? »

« Ma maîtresse ne peut vous parler elle-même à cause de circonstances indépendantes de sa volonté. », répondit le pantin avant de casser le nez de Rabastan d’un seul coup de poing.

À chaque fois que Rabastan prenait un instant de réflexion, le pantin en profitait pour le frapper. Ironie du sort, Rabastan ne connaissait aucun bouclier magique qui protégeât contre les coups de pieds et de poings. Chaque pensée commençait donc à devenir sérieusement douloureuse.

Il était temps de finir ce combat une bonne fois pour toute.

« Avada Kedavra ! »

Le pantin réagit avec une vitesse et une grâce incroyable, se déportant un peu sur la gauche pour éviter le sortilège avant de se glisser derrière Rabastan. Il passa le bras autour de la gorge du Mangemort et fit subir une forte pression sur sa trachée artère. Puis, alors que Rabastan suffoquait à moitié, la pantin le laissa retomber à terre comme s’il était lui-même une poupée de chiffon et commença à le rouer de coups.

Le sang ne coulait plus seulement de la bouche de Rabastan, mais aussi de son nez brisé, en un flot qui semblait impossible à endiguer.

Bien qu’il ait fait beaucoup « couler le sang », jamais Rabastan n’en avait vu autant. Il était partout. Il commençait à envahir son champs de vision comme une vague sinistre. Rouge. Rouge sombre.


« Je vois que tu es en bonne compagnie. »

Dalila mit les mains derrière son dos et se mit à fixer Deimos. Ses traits crispés exprimaient une déception amère.

« Ils t’ont envoyé pour m’arrêter, c’est ça ? Je ne pensais pas que tu accepterais. »

« Je n’ai jamais dit que je t’arrêterais, répondit Deimos en souriant. Je suis juste venu voir mourir le salopard. Mais j’ai tout raté on dirait. », commenta t-il en regardant Rabastan qui gisait dans une mare de sang.

Le visage de Dalila s’adoucit immédiatement et elle sourit. Elle enjamba le corps de Rabastan comme si de rien n’était pour rejoindre Deimos.

« Tu es génial. », lui dit-elle avant de s’approcher pour l’embrasser.

Mais Deimos montra du doigt le pantin par dessus l’épaule de Dalila. Il se tenait parfaitement immobile, indifférent à tout, attendant les ordres de sa maîtresse.

« Qui est-ce ? »

« Ah, lui ! Après avoir rejoint Ceux-qui-doivent-ramper, j’ai essayé de conjurer des humains qui pourraient nous être utiles dans notre lutte contre Voldemort. C’est le meilleur prototype de soldat que j’aie pu créer. Il est spécialement conçu pour pouvoir rivaliser avec des sorciers grâce à sa force et son agilité. »

« Est-ce que tu l’utilises pour… autre chose ? »

Ils échangèrent un long regard.

« Tu as vraiment l’esprit mal tourné, Deimos, rétorqua Dalila. Ça me dégoûterait de toucher cette chose sans âme de cette manière-là. D’ailleurs, c’est totalement hors-sujet.

Ce qui est intéressant chez lui, c’est qu’il semble supporter assez bien l’Endoloris et il a réussi à éviter l’Avada Kedavra. J’ai utilisé sur lui le même sort que leur créateur appose sur les Inferi et le lien est résistant au sortilège de l’Imperium. Quant aux maléfices mineures, il n’aura même pas à s’en soucier vu que je vais le doter d’un médaillon Bouclier. Je pense qu’il pourrait être très utile à Ceux-qui-doivent-ramper. »

« À propos de Ceux-qui-doivent-ramper, tu n’avais pas fait une promesse à Eméra ? Parce que là, il n’a pas du tout l’air d’être mort dans un accident mais d’avoir été passé à tabac. »

Dalila sembla ravie que Deimos lui ait fait cette remarque.

« C’est pour cette raison que j’ai choisi cet endroit. J’ai remarqué que les sorciers ne sont pas très doués pour identifier les blessures qui ne sont pas dues à la magie… »

Elle se mit à parcourir la pièce de long en large, tout en expliquant comme s’il s’agissait d’un exposé ou d’un cours magistral :

« Contrairement aux idées reçues, le verre est un matériau assez solide. Si le corps d’un homme brise une vitre, le choc est assez violent pour lui casser quelques os. Sans oublier que les éclats de verre brisé sont aussi aiguisés que des rasoirs. Enfin, nous sommes au dernier étage donc l’impact avec le sol sera encore plus violent qu’avec la vitre. Bref, quand Rabastan Lestrange parviendra en bas, son corps sera tellement abîmé que les Mangemorts seront bien incapables de dire si quelqu’un l’a frappé avant. »

Elle se pencha sur Rabastan avec un sourire ironique. Celui-ci semblait se battre jusqu’à l’épuisement, simplement pour garder les yeux ouverts. Il la fixait.

« J’ai l’impression qu’il me suit des yeux. », dit Dalila, bien que Deimos ne pouvait pas le voir.

Rabastan ouvrit la bouche. Du sang s’en échappa et il suffoqua un instant. Il parvint finalement à articuler :

« Wea… sley… »

« Le sortilège d’invisibilité de Kévin est brisé. Les autres ont des ennuis. », dit aussitôt Deimos.

« Nous allons les aider. », lui assura Dalila. Puis elle se tourna vers le pantin :

« Jette cette ordure par la fenêtre. »


« Nous avons vraiment de la chance que tu aies eu cette idée, Peter. », le complimenta Evelyn Rosier.

« Oh, c’était tout bête ! Je me suis dit que, vu que vous aviez absorbé le somnifère, je pouvais peut-être en annuler les effets en vidant complètement votre estomac. Désolé que vous ayez dû subir ça. »

En effet, le sortilège de Vide-Entrailles était un traitement aussi utile que répugnant. Mais, bien qu’il soit encore pâle et éprouvé, Evelyn Rosier était resté souriant pendant le long récit des aventures de Peter.

« Alors, on réveille les autres et on passe à l’attaque ? », demanda Peter.

« Non, rectifia Evelyn. Tu réveilles les autres et tu passes à l’attaque. »

« Vous voulez que je fasse ça ? Tout seul ? », s’étrangla Peter, totalement horrifié.

« Tu auras huit hommes sous tes ordres. Tu ne seras pas seul. »

« Justement ! Je n’ai jamais dirigé personne de toute ma vie ! Je ne suis pas du tout un leader ! Pourquoi ne pouvez-vous pas le faire ? »

« Je dois trouver un Mangemort du premier cercle, dit Evelyn. Et je ne peux le faire si ce garçon, celui qui peut observer le moindre de nos mouvements, me localise immédiatement. Ce que je te demande est de créer une diversion. »

« Pourquoi un seul Mangemort, même du premier cercle, serait-il si important ? »

« Il y a un plan B, Peter. Dans sa grande intelligence, le Seigneur des Ténèbres a prévu le cas de figure où les ennemis seraient étonnamment forts ou nombreux. Comme il ne voulait pas paniquer ses troupes en évoquant la possibilité qu’elles se fassent massacrer, il n’en a parlé qu’aux chefs d’équipe, Rabastan, Bellatrix et moi. Il s’agit de… »

Il s’interrompit brutalement. Le gémissement d’une porte qui s’ouvre venait de se faire entendre.

« Je suis sûr d’avoir fermé toutes les portes. », dit Peter.

« Ce sont eux, dit Evelyn d’un ton pressant. Je suis même surpris qu’ils ne soient pas venus plus tôt. » Il ouvrit la fenêtre et commença à l’enjamber.

« Écoute, Peter, trouve leur Œil et crève-le. Tu ne peux te permettre qu’un seul coup mais rends-le exceptionnel. J’y vais. »

Avec un soupir, Peter ouvrit la porte. Puis il se transforma en rat et partit à la rencontre de ses ennemis. Une porte s’ouvrit brutalement, projetant un océan de lumière dans le couloir obscur. Peter fonça dans les jambes des ennemis, où il était momentanément hors de danger. Il repéra sa cible qui se tenait un peu en retrait, comme s’il ne voulait pas être frappé par un sortilège. Il redevint humain en une fraction de seconde et hurla :

« Malus oculus ! »

Quelques secondes plus tard, d’horribles cris envahissaient la pièce.


Evelyn Rosier courait aussi vite qu’il le pouvait. En son for intérieur, il priait pour que Peter ait réussi sa mission suicide. Elle lui faisait perdre un Mangemort du premier cercle, mais, parmi les serviteurs de Voldemort, nul n’était irremplaçable. Les Lestrange serviraient parfaitement le plan de Voldemort.

Il se rendit tout d’abord au Laboratoire, où il récupéra le corps inanimé de Bellatrix. Il avait l’attention de la réveiller dans l’aile gauche de l’hôpital (la moins habitée donc la plus tranquille).

Mais, alors qu’il était en chemin, il entendit un bruit de verre brisé au-dessus de sa tête. Quelqu’un était passé à travers une fenêtre. Evelyn transforma rapidement les éclats de verre en pétales de fleurs puis il amortit la chute du malheureux avec un sortilège de Coussinage. En lieu et place d’une chute mortelle, celui-ci atterrit en douceur sur le sol.

Evelyn se rapprocha pour l’identifier et reconnut Rabastan Lestrange. Vivant, mais dans un très sale état.

Ainsi, il n’aurait pas à chercher le troisième porteur de la Marque. Il était tombé du ciel, littéralement.

Mais tout de même, c’était lui qui avait réuni et allait soigner les Lestrange pour la bonne réalisation du plan B.

Quand il rentrerait, lui, Evelyn serait récompensé au-delà de ses rêves les plus fous.


Lorsqu’il reprit conscience, il était assis sur une chaise, les bras liés derrière son dos.

Il n’avait pas envie de découvrir ce qui l’attendait. Alors il garda les yeux fermés, juste un instant.

Ce genre de comportement était vain, il le savait bien. L’un de ses collègues Mangemorts n’allait sans doute pas tarder à le torturer. À moins qu’il n’ait été capturé par les ennemis de Voldemort…

Peut-être arriverait-il à les convaincre qu’il avait changé de côté, changé de côté à l’instant où Pettigrow lui avait révélé les noms des ennemis de Voldemort.

Il ouvrit les yeux.

Il ne voyait personne autour de lui. Ce qui ne voulait pas dire qu’il était seul. Néanmoins, il en profita pour observer l’endroit où il se trouvait. Les murs de la salle, à droite et à gauche, étaient entièrement tapissés de miroirs, mais aucun d’entre eux ne reflétait ce qui s’y trouvait. À la place, il reconnut plusieurs pièces de l’Hôpital, de la Tour Blanche et du Laboratoire ainsi que les extérieurs.

Le seul miroir normal, plus grand, se trouvait face à lui. Il put ainsi savoir que le Polynectar avait cessé d’agir. Il était redevenu lui-même.

« Bonjour, Lucius. »

Il sursauta, non pas parce que la voix venait de nulle part, mais parce qu’il fut surpris de la reconnaître. Puis il eut un petit sourire narquois.

« J’aurais dû m’en douter, se morigéna t-il. Pourquoi ne puis-je pas te voir… Severus ? »

« Désolé, mais c’est moi qui pose les questions. Pourquoi es-tu ici ? »

Aussitôt, Lucius ressentit une envie impérieuse de parler, de dire la vérité. Il savait vain toute tentative d’essayer de résister au Veritaserum mais peut-être, en se concentrant suffisamment, pourrait-il s’empêcher d’en dire trop.

« Je voulais voir les nouveaux ennemis du Seigneur des Ténèbres. Mais il a refusé de m’intégrer à une des équipes de Mangemorts. Alors, j’ai enfermé le véritable Rowle et j’ai pris son apparence pour aller sur le Continent Interdit à sa place. »

« Je ne peux pas croire qu’un homme tel que toi ait pris tant de risques par simple curiosité… Alors pourquoi voulais-tu voir les ennemis du Seigneur des Ténèbres ? »

« Je n’étais pas curieux, j’étais… intéressé. Je voulais voir par moi-même s’ils étaient assez puissants et intelligents pour que je change de camp. »

« Pourquoi veux-tu changer de camp ? »

« Pour ma femme et mon fils. »

« Fin de l’interrogatoire. Ouvre la bouche. »

Lucius obéit. Quelques secondes plus tard, il sentit quelques gouttes tomber sur la langue. Sitôt avalées, l’envie oppressante de dire la vérité disparut.

« Quel est cet endroit ? », demanda t-il aussitôt.

« Une salle de surveillance. Les Détraqueurs s’occupaient du quartier des prisonniers mais ils n’étaient pas autorisés à venir ici, car ils auraient gêné le travail des serviteurs de Voldemort. Il fallait bien s’assurer que les prisonniers n’en profitent pas. Des miroirs ont donc été disséminés partout dans la Station et les miroirs de cette pièce montrent ce qu’ils reflètent. »

« Et le grand miroir ? »

« Le grand miroir sert à traquer une personne en particulier. », dit Severus et Lucius crut discerner dans sa voix une légère réticence à lui répondre. Cela l’encouragea à poursuivre. Severus connaissait cet endroit. Il ne pouvait pas faire semblant de ne pas savoir.

« Comme un Miroir à Double Sens ? »

« En effet, la personne dont tu prononces le nom apparaîtra dans le miroir, sauf qu’elle ne pourra te voir en retour. »

« Si personne ne peut te voir, pourquoi te caches-tu ? »

« Je suis sous le même sortilège qu’eux. »

« Si c’était le cas, je ne te pourrais t’entendre. Ne me prends pas pour un imbécile, Severus. »

« Je ne te prends pas pour un imbécile. Tu es plutôt intelligent, Lucius, mais il y a des questions auxquelles je ne veux pas répondre. »

« Après ton petit interrogatoire au Veritaserum, je pense que tu me dois quelques réponses. Alors, est-ce que tu es sous une cape d’invisibilité ? Un sortilège de Désillusion ? »

Severus soupira. Il aurait peut-être besoin de Lucius plus tard. Il devait ménager sa susceptibilité.

« Une cape d’invisibilité. »

« Pourquoi ne la retires-tu pas ? Nous sommes seuls et je ne représente pas un danger pour toi en ce moment. »

« L’un des ennemis de Voldemort est un Kria. Si j’enlève la cape, il verra aussitôt qu’il y a un Mangemort en trop à la Station Endoloris. »

« Les ennemis de Voldemort ne sont pas au courant que tu es là ? Je pensais que tu étais leur back-up… »

« Qu’est-ce qui te fait croire que je sois même dans leur camp ? »

« Hé bien, Stanislas y est. Et tu lui as donné des informations. »

« Je ne lui ai rien dit de confidentiel. »

« Comment as-tu pu…, siffla Lucius. Tu savais qu’il allait rencontrer une meute de Mangemort et tu ne lui as rien dit ? »

« Ton problème, Lucius, est que tu ne peux pas imaginer que deux membres d’une même famille soient dans des camps opposés, répondit Rogue très calmement mais froidement. Stanislas a fait son choix. Mais je ne l’ai pas encore fait. »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Le Seigneur des Ténèbres m’a confié une mission. Il m’a dit que des ennemis à lui arriveraient sur le Continent Interdit, franchiraient la barrière, déclencheraient l’alarme. Et que je devais les laisser passer. »

« Quoi ? »

« Ce n’était pas à moi-même de les arrêter. Je devais mémoriser leurs visages pour lui rapporter mes souvenirs plus tard. Ainsi, dans le cas peu probable où le Seigneur des Ténèbres serait totalement vaincu à la Station Endoloris, il saurait tout de même leur identité. Évidemment, quand j’ai vu Stanislas, j’ai su que je ne pourrai pas donner son identité à Voldemort.

Mais désobéir aux ordres du Seigneur des Ténèbres n’est pas quelque chose qu’on fait à la légère. Alors j’ai réfléchi et je me suis dit que si Stanislas et ses amis arrivaient à survivre à la Station Endoloris sans trop d’ aide de ma part, ils auraient une bonne chance de vaincre Voldemort. Et alors, je le trahirai. »

« Et s’ils échouent ? »

« Alors ils mourront tous… »

« Sauf Stanislas. », fit remarquer Lucius avec finesse.

« …comme ils seraient de toute façon morts face au Seigneur des Ténèbres. Voldemort sera satisfait et je n’aurai pas à lui donner l’identité de ses ennemis. »

« Et toi, tu seras dans les deux cas dans l’équipe qui gagne. Et, dans les deux cas, Stanislas sera sauf parce que tu veilles sur lui, n’est-ce pas, Severus ? C’est la seule raison pour laquelle tu es ici. »

« Je voulais aussi… observer. »

« Fais donc. »

Lucius entendit les froissements de la cape de Rogue alors qu’il se retournait vers le grand miroir.

« Stanislas Rogue. », murmura t-il.


Encore une fois, le chapitre arrivera dans une durée indéterminée, je dirais environ deux semaines. Il s'intitulera Plan B où Ceux-qui-doivent-ramper seront finalement confrontés au plan maléfique de Voldemort.



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