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Author of 5 Stories |
Et me revoilà... avec un temps record entre deux chapitres, à peine quelques jours... Merci l'inspiration !
Comme je l'ai écris dans l'incipit, je n'ai pas réussi à faire de ce chapitre la fin de l'histoire... ça ne collait pas, et ça aurait été trop long. Alors il y aura au moins un autre chapitre à venir !
Bonne lecture !
« Au premier ? » Fit Albus d’une voix malhabile – lui qui aurait voulu afficher une parfaite assurance.
- Au premier, acquiesça Scorpius en déposant un baiser sur sa joue.
Les deux garçons levèrent leur verre et trinquèrent.
Avant de faire une grimace : ce n’était pas vraiment bon.
« Il faudra quand même arranger ça » Nota Scorpius en reposant les verres sur la table de chevet. « Peut être qu’en le mélangeant avec du jus de fruit… ou peut être même de l’alcool… »
- Tu parles trop mon ange, gronda Albus en le poussant sur le lit et en le dévêtant d’un sort informulé.
- Albus !... Enfin, que dirait ton père s’il te voyait agir de la sorte ? Fit Scorpius, l’air faussement outré.
- Scorpius… Si tu penses à mon père alors que nous sommes au lit et nus, c’est que nous avons un problème !
- Tu es bête ! Rit Scorpius en l’attirant à lui.
- De toute façon, je crois que mon père nous pense asexués. J’ai l’impression que lui-même vit comme un moine depuis des années !
Et les deux garçons roulèrent sur le lit avant d’en épuiser les ressorts.
A des kilomètres de Londres, le soi disant moine surplombait un très bel homme blond qui l’embrassait d’un air épuisé, après qu’il l’ait honoré pour la cinquième fois de la journée.
Les deux hommes étaient allongés dans un lit immense aux draps de soie.
Harry regarda son amant s’enfoncer dans l’oreiller.
C’était le même visage qu’autrefois, vieilli certes mais le même qu’à Poudlard. Et si à l’époque Harry ne songeait qu’à le rouer de coups de poings, aujourd’hui il était prêt à le couvrir de baiser. Pour l’éternité, comme l’avait dit un certain prêtre.
Hermione Weasley en avait assez.
Entre son mari atteint d’immobilisme aigu et sa fille qui frôlait la schizophrénie purulente, elle aurait bien voulu se trouver quelqu’un de stable pour discuter calmement.
En effet, Ron était toujours sous le choc du mariage foireux de son aînée. Cette dernière en revanche semblait avoir tiré un trait sur ce qu’elle appelait « ce malheureux incident » et préparait dans la joie et l’enthousiasme son prochain mariage avec Jeff.
Ca devait cette fois se passer au bord de la mer.
Hermione avait entendu parler de radeaux, de soupe de coquillage et même de tortues.
Damned.
Alors elle avait décidé d’aller voir Harry.
Celui ci n’avait pas donné signe de vie depuis le « mariage ». Il était injoignable, et par téléphone, et par cheminette.
Hermione passa donc dans la cheminée de son fils, espérant qu’Albus saurait la guider jusqu’à son père.
Manque de chance pour elle, la jolie cheminée en marbre blanc de l’appartement était située dans la chambre des amoureux.
En conséquent, elle déboula donc à deux petits mètres du lit.
Lit dans lequel Albus et Scorpius, visiblement nus comme des vers – leurs vêtements traînaient par terre – s’employaient à réaliser le devoir conjugal avec le plus de vigueur possible.
Hermione demeura debout, muette et intellectuellement déconnectée, à observer la scène le rouge aux joues.
Merci Merlin, Albus avait eu l’habilité de conserver le drap qui frottait sur ses hanches en rythme.
Mais à moins d’être une personne particulièrement stupide ou très innocente, les deux jambes relevées et nouées à la taille d’Albus ne laissaient pas de place à l’imagination : le Gryffondor était en train de combler intimement son époux.
Mari qui s’accrochait à la tête de lit et émettait des gémissants plus qu’équivoques.
Hermione étouffa un cri et se retourna rapidement, cependant que derrière elle, les garçons prenaient conscience de sa présence.
« Tante Hermione ?? » Fit la voix essoufflée et mortellement gênée d’Albus.
- Euh… Je… Je ne faisais que passer, bredouilla la pauvre femme. Je… Je cherche ton père…
- Il… il devait passer… voir mon père… Souffla Scorpius cependant qu’Albus ne pouvait retenir un gémissement de frustration.
- Ah… euh… Merci, bafouilla Hermione en s’empressant de disparaître dans la cheminée.
Elle eut le temps d’entendre derrière elle Albus, qui fondit de nouveau sur son mari.
Drago Malefoy avait depuis quelque temps déjà rouvert une cheminée de son Manoir au réseau de cheminette.
Hermione n’eut donc aucun mal à arriver dans le Surrey, bien que très poisseuse de suie.
Elle ouvrit timidement une porte, tâcha de se repérer.
Et puis un bruit de voix la guida. Il lui sembla entendre un rire. Un rire, ici ?
La jeune femme réajusta son chemisier noir charbon, retapissant par la même occasion le tapis du couloir de poussière noirâtre.
« Harry… Dois-je te rappeler que nos fils viennent dîner ce soir et qu’il serait bon que tu portes un pantalon en cette occasion ? » Fit Drago, debout en plein milieu de sa chambre.
Le Serpentard avait réussi à s’extraire des bras de son amant et ne portait pour habit qu’un simple drapé de soie blanche.
Harry, brusquement intéressé, se leva, complètement nu et s’approcha souplement de lui.
« Tu es magnifique ainsi… vêtu » lui murmura-t-il en laissa sa main glisser le long du torse pâle.
- Je suis magnifique tout le temps, rétorqua Drago. Et arrête ça veux-tu, nous n’avons pas le temps !
- Ce n’est pas ce que tu disais encore tout à l’heure quand tu me chevauchais en…
- Harry Potter !! S’exclama le Serpentard dont les pommettes s’enflammèrent brusquement. Là n’est pas la question… et je trouve indécent de ta part de…
- … C’est toi qui étais indécent dans cette position ! Fit Harry en éclatant de rire et en enlaçant son homme par derrière.
- Harry… Ce n’est pas possible… Si têtu… Le… Le dîner… tenta Drago cependant que le Gryffondor le caressait d’une main et plongeait la seconde sous le drap.
Ce fut ainsi qu’Hermione les découvrit, Drago Malefoy debout, le regard flou, abandonné dans les bras d’un homme.
Lequel n’était autre que Harry Potter, le seul et l’unique qui butinait le cou du Serpentard et avait une main audacieusement occupée sur le bas ventre de son partenaire.
La première pensée d’Hermione fut un remerciement pour le drap.
Ensuite elle se dit que décidément, les pères valaient les fils.
Et puis quand les deux hommes se pétrifièrent à sa vue, elle réalisa que Harry Potter et Drago Malefoy étaient… ensemble.
Ensemble comme dans être ensemble.
Lorsqu’elle reprit un tant soi peu ses esprits, Hermione était vautrée dans un fauteuil.
En face d’elle, Harry et Drago, correctement habillés la regardaient avec des sentiments variés au fond des yeux.
Harry semblait mort d’inquiétude. Drago aussi, mais certainement pas pour les mêmes raisons.
« Hermione… comment te sens-tu ? »
- Boarf… fit la jeune femme en tentant de repasser en position verticale.
- Reste assise…
- Voudrais-tu un verre d’eau, Hermione ? Fit Drago avec sa grâce habituelle d’hôte de marque.
Elle le regarda d’un air interloqué. Comme si elle ne venait pas de le surprendre en train de… avec la main d’Harry sur son…
- Hermione chérie… Je t’en prie, garde ça pour toi s’il te plait !
- Ca quoi, Harry ? Fit-elle doucement.
En face d’elle, Drago se mordait les lèvres.
- Harry et moi nous nous aimons, fit-il en toute sobriété.
- Ah! Dit Hermione.
- Oh! Fit Harry.
Aucun des deux ne s’attendait à une telle franchise.
- Oui… et d’ailleurs, s’il pouvait venir s’installer ici en permanence au lieu de prendre ma maison pour un hôtel, j’apprécierai, continua Drago.
- Koa ? Croassa Harry. Mais… Tu voulais garder ça secret et…
- … J’ai comme l’impression que ça finira par s’ébruiter, rétorqua Drago en haussant les épaules. Et puis je n’ai pas passé deux heures à te créer une penderie personnelle pour rien ! Acheva-t-il.
C’en fut trop pour Harry. Il ne s’était pas senti aussi heureux depuis la naissance de ses enfants. Il attira le Serpentard vers lui par la nuque et l’embrassa à pleine bouche.
« Hum… » Fit Hermione. « Depuis quand exactement mon monde s’est-il mis à tourner de travers ?... Vos fils qui n’hésitent pas à se lier à seize ans, ma fille qui se marie deux fois en trois mois avec deux hommes différents dans des décors stupides et vous deux, vous deux… qui sortez ensemble… C’est trop drôle !! » Termina-t-elle en riant à gorge déployée.
Drago lui jeta un regard désapprobateur mais ne dit rien.
- Voudrais-tu venir ce soir ? Nous avons les petits à dîner, fit Harry – et Drago lui jeta un regard débordant d’affection.
Un peu comme si le « nous » et l’invitation avaient définitivement installé Harry Potter au Manoir Malefoy.
- Je vais chercher Ron et je reviens, dit Hermione. Et à ce propos… N’espérez pas voir vos chérubins arriver à l’heure. Ils semblaient très… occupés la dernière fois que je les ai vus !
« Le Maître souhaitera-t-il du vin à table ? » Demanda l’elfe de maison.
Harry lui jeta un coup d’œil à la dérobé. L’elfe s’était vêtu pour la circonstance. Il avait laissé tomber la serviette pour un carré de tulle mauve et la lanterne pour une ceinture de clochettes d’un goût douteux.
- Non merci, répondit Drago, occupé à rédiger le menu avec autant de sérieux que s’il s’était agit d’un traité gouvernemental.
- Mais le maître aime le vin pourtant ! Grimaça l’elfe.
- Harry et les enfants n’en boivent pas, marmonna Drago sans faire attention à la grimace de son domestique.
Lorsque les invités arrivèrent enfin, Harry avait réussi à faire admettre à son amant qu’une seule entrée suffisait. De même, quatre desserts lui avaient paru un peu excessifs, il avait réussi à les faire tomber à trois.
En revanche, Drago n’avait rien voulu lâcher concernant le plat : il y aurait trois viandes et du poisson, et Harry avait eu beau l’étourdir de baisers, il avait tenu bon.
Ron et Hermione furent les premiers.
Le rouquin semblait crispé.
Drago lui demanda obligeamment s’il était victime d’une violente crise de diarrhée. En tel cas, il faudrait l’isoler pour la durée de la soirée.
Ron, visiblement imperméable à l’humour Malfoyen manqua de peu sa reconversion en boxeur professionnel, mais Hermione le propulsa dans l’entrée en remerciant Drago de son aimable invitation.
Le couple amenait avec eux leurs trois filles, qui n’avaient pas voulu rester seules pour la soirée.
Et que la curiosité et l’envie de dîner au Manoir Malefoy avaient décidé.
Sur un regard amoureux d’Harry, Drago affirma sereinement que ce n’était pas un problème et qu’on allait rajouter des chaises.
Son elfe disparut en direction de la salle à manger en grognant.
A peine cinq minutes plus tard, ce fut au tour de Blaise Zabini de s’introduire au Manoir avec, accroché à ses bras un jeune Serpentard qu’il présenta comme Théodore Nott et une fille inconnue au bataillon qui avait la bouche comme une usine de gloss.
Drago n’avait pas revu son ami depuis plus d’un an.
Il ne pouvait pas le mettre à la porte.
Il fut donc décidé qu’on allait rajouter des chaises à la table.
L’elfe traîna des pieds en râlant ouvertement, ce qui étonna Hermione qui pourtant en avait vu d’autres.
Ron grinça des dents parce qu’il se retrouva poussé contre Zabini qu’il n’avait pas gardé tendrement dans son cœur. Surtout que le Serpentard lui donna une bonne bourrade en clamant haut et fort :
« Salut la compagnie ! Voici… euh… une amie éblouissante et ma gauche, notre cher Théodore, jeune homme pur comme la neige et vierge comme il se doit ! »
Ron avait manqué s’étouffer alors que Théo rougissait brutalement en regardant ses chaussures. Iris et ses sœurs avaient eu un sourire discret.
Quant à Drago, il avait propulsé tout le monde dehors en direction du belvédère.
Les invités avaient à peine commencé à prendre l’apéritif sur la terrasse que l’elfe vint prévenir son maître que Maître Scorpius et son mari Albus venaient d’arriver.
Et puis Drago perdit un peu la tête, parce qu’alors que son fils chéri se débarrassait de ses affaires dans l’entrée, déposant son sac et un flacon sur le guéridon, sa mère, sa propre mère apparut en haut de l’escalier, dégoulinante de suie bien grasse.
Il y eut un moment de stupeur.
Narcissa Malefoy, la coiffure en pétard et sale comme un charbonnier, ce n’était pas monnaie courante.
« Venez Mère… il y a un cabinet de toilette par ici… »
- Je le sais bien, Drago ! Répliqua sa chère Maman en toussant. J’ai vécu ici pendant vingt cinq ans, au cas où tu l’aurais oublié !
- Vous vous joindrez bien à nous pour le dîner, proposa Harry qui venait de se matérialiser à leurs côtés, portant serviettes et savon.
- Ma foi, pourquoi pas, fit Narcissa en dévastant de suie le linge de maison. J’ai l’estomac dans les talons !
Il n’y avait pas à dire : depuis que Narcissa vivait en France, elle se laissait aller.
L’elfe de maison tempêta : on n’aurait pas pu caser une chaise de plus. Les invités allaient manger les coudes dans ceux de leurs voisins.
Rageant, il disparut dans les cuisines, emportant les effets des invités largués en plein hall.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, le dîner se passa bien.
Harry avait été placé à côté de Drago, qui siégeait en bout de table. Malgré tout, il trouva le moyen d’attraper plusieurs fois sa main dans la sienne au cours du repas.
Ron s’était retrouvé assis entre Blaise et Madame Gloss Citron.
Au début, il avait jeté des regards implorants vers sa femme, mais Hermione discutait avec Théodore Nott et ne lui accordait pas un regard.
Il s’était donc résigné à supporter l’humour vaseux de Zabini et les gloussements non moins dérangeants de sa voisine.
Cette personne totalement inintéressante avait la fâcheuse manie d’appuyer ses dires de grands moulinets. Et comme elle ne lâchait pas sa fourchette, Ron vécu de longues minutes dans la crainte de se faire crever un œil.
Albus et Scorpius étaient encore plus complices qu’à l’ordinaire, et Narcissa se permit de tancer son fils au sujet de son célibat qui s’éternisait.
Malgré tout, la cuisine avait fait des merveilles.
On s’écria devant l’entrée – une pyramide de fruits de mer -, applaudit le poisson, des soles fruitées aux légumes et Ron pleura de bonheur devant les viandes en sauce.
Il en remercia même Drago en l’appelant par son prénom et en le tutoyant, ce qui mit le Serpentard en transe et manqua lui faire renverser le verre de vin que son elfe venait de lui apporter, spécialement pour lui.
Au bout de trois heures, l’elfe de maison, la ceinture de travers et son carré de tulle sur la tête vint allumer des bougies car la nuit tombait. Les invités digéraient à plein régime les quelques trente cinq kilos de nourriture qui étaient passés de la table à leurs estomacs.
Tout juste chipotaient-ils l’énorme plateau de fromages que Drago avait inséré à la dernière minute dans le menu pour faire plaisir à sa mère.
Depuis que Narcissa vivait en France, ses goûts aussi semblaient se détraquer, songeait son fils en la voyant se tartiner une énorme tranche de pain de fromage dégoulinant.
Seul Ron parvenait à la suivre, répliquant à tout va qu’il était mal élevé de ne pas finir son assiette.
Ce fut à cet instant précis que le gentil dîner de famille s’emballa définitivement.
Molly Weasley et son mari apparurent, leurs cheveux roux flamboyants dans leur mine de ramoneurs. Ils cherchaient Ron pour l’avertir qu’il venait une fois de plus d’être oncle : Fleur venait de mettre au monde son cinquième enfant.
Dans l’enthousiasme, on les retint pour le dessert.
Et puis ce furent une bande d’amis de Blaise, qui leur avait dit qu’il se trouverait là et qui venait le chercher pour aller faire la fête.
Et il y eut Jeff, le fiancé d’Iris qui cherchait « son adorable merveille d’amour », et John et Louie, qui eux venaient inviter Scorpius et Albus à un concert privé dans un pub.
Une heure et un elfe sur le carreau plus tard, quarante personnes se goinfraient de dessert en paillant à tout va dans la salle à manger.
On voyait voler des morceaux de tarte.
Le champagne coulait à flots et faisait naître des rivières de bulles dorées le long de la table.
« Je te dis que tout le monde l’a déjà fait ! » beuglait Blaise pour couvrir les piaillements des filles qui discutaient de la robe de mariée d’Iris.
« Sans blague… Tu l’as encore ?? » Demandait cette dernière à son voisin.
Et Théodore Nott faisait celui qui n’entendait pas.
Narcissa faisait les honneurs de la maison comme si elle se trouvait toujours chez elle.
L’apparition d’une composition de choux à la crème et de fraises au chocolat déchaîna les passions.
Drago se sentait légèrement nauséeux.
Il n’avait pas l’habitude du monde et du bruit.
Ce n’était pas qu’il n’était pas content – même s’il lui prenait des envies de flanquer tout ce monde à la porte ! – mais il avait vraiment mal à la tête.
C’est pourquoi il laissa les derniers survivants de l’orgie se ruer à l’assaut de la pyramide sucrée et qu’il s’éclipsa sur une terrasse sombre et surtout… calme.
« Drago ?... Tout va bien ? » Fit une voix dans son dos – et deux bras vinrent l’envelopper tendrement.
- Harry… je suis juste fatigué. Ce dîner… est ce que tu réalises que cela faisait au moins trente ans qu’il n’y avait pas eu autant de monde ici ?
Harry l’embrassa doucement, mais Drago se retourna brusquement pour lui donner un baiser profond.
Harry en sorti essoufflé, la tête à l’envers et avec l’envie pressante de pousser Drago dans l’une des chambres pour lui faire comprendre qu’on ne l’allumait pas sans conséquences…
Le Serpentard lui jeta un regard osé, lui laissant entendre qu’il pourrait accepter de se laisser prendre où il voulait, même face aux invités…
« Drago ! » Fit Harry, brusquement conscient de la présence bruyante et surtout gênante des convives qui braillaient à quelques mètres d’eux.
- Harry… murmura le Serpentard d’une voix basse. Je me moque de…
- … J’ai tellement envie de te prendre… embrasse-moi !
Et les deux hommes se regardèrent, ahuris, parce que la personne qui venait de gémir ces mots n’était pas Harry.
« Mais... » Bredouilla Harry – et Drago ouvrit des yeux ronds en entendant des soupirs de plaisir émaner d’un peu plus loin.
En contrebas se trouvaient les terrasses d’été donnant sur les jardins. Deux personnes s’y trouvaient, et d’après les gémissements et autres onomatopées, elles n’étaient pas sorties pour apprécier le paysage.
« Enlève ça ! » Reprit la voix d’homme.
Un bruit de tissu, puis de déchirure.
Drago jura à mi-voix.
« C’est cette saleté de Blaise, je le reconnais… Pas possible, il prend ma maison pour un lupanar ! »
- Drago mon chéri… rétorqua Harry en baissant encore la voix. Avec ce qu’on s’apprêtait à faire il y a deux minutes, je ne pense pas que tu sois le mieux placé pour lui faire des remarques…
- Oui, bon, grommela Drago cependant qu’en dessous, les choses prenaient un caractère nettement lubrique. Il n’empêche que je suis chez moi, je fais ce que je veux ! Et que Blaise pourrait aller ailleurs pour s’envoyer son imbécile de blonde à la cervelle de…
- Oh Blaise !!... Blaise, arrête… On… je ne veux pas !... Ah !
- … moineau… termina Drago alors que le souffle leur manquait à tous les deux.
- Dra… Drago… Est-ce que…est ce que c’est ce que je crois ? Murmura Harry en l’entraînant pour se dissimuler derrière la balustrade du balcon.
- Euh… fit intelligemment Drago.
- Est-ce que Blaise est en train de s’envoyer en l’air… avec un homme ??
Ils se regardèrent un moment, puis, comme les cris reprenaient un peu plus fort, ils osèrent l’interdit : ils se penchèrent doucement pour regarder ce qui se passait en contrebas.
Heureusement pour tous, les invités étaient si bruyants et si occupés que personne ne songea à chercher les personnes manquantes.
Harry et Drago furent donc les seuls témoins de l’étreinte désordonnée et fiévreuse de Blaise Zabini et de son ancien camarade de classe, Théodore Nott.
Ce dernier semblait toutefois réfractaire, songea Drago en fronçant les sourcils.
Le Serpentard à la peau noire devait batailler pour le garder contre lui. Théo n’avait déjà plus de veste, sa chemise pendait en lambeaux et Blaise paraissait très occupé à dégrafer son pantalon.
« Je te promets que… que tu vas aimer ça ! » Faisait le noir en glissant habilement les mains dans le pantalon de son vis-à-vis. Lequel poussa un cri fort peu masculin.
« Il faut faire quelque chose ! » murmura Drago, prêt à s’interposer.
- Attends…
- Enfin Harry, ça ressemble à un viol tout de même ! Chuchota le Serpentard, furieux contre Blaise et rêvant déjà d’accrocher sa tête à côté des trophées de chasse de son père.
- Non, Drago, regarde… Il en a envie ! Répondit Harry en réprimant un sourire.
De fait, Théodore était alors en train d’embrasser fébrilement Blaise Zabini. Le jeune homme châtain ressemblait à un oiseau terrifié mais également ravi de s’être laissé capturer.
« Hum… » Fit Drago dont le bon sens aristocratique reprenait le dessus. « Et si nous… si nous les laissions en… »
Sous leurs yeux, Blaise venait de dénuder presque complètement son amant, l’avait saisi sous les cuisses et assis sur l’un des piliers de la balustrade qui courait le long des terrasses.
« .. En paix… » Bredouilla Drago dont Harry pouvait voir les joues rouges de gêne malgré l’obscurité.
- Je crois qu’en effet… commença Harry.
Un cri suivi de plusieurs gémissements nettement appréciateurs le coupa. Un coup d’œil et le Gryffondor vit que la tête de Blaise avait disparu entre les cuisses de Théodore.
- Allons… allons au petit salon pour…
A cet instant, la porte fenêtre claqua. A l’intérieur, les deux amants purent voir, horrifiés, que les invités avaient improvisé une sorte de bal au cours duquel ceux qui tenaient encore debout se trémoussaient sur une danse de leur invention. C’était grotesque.
Mais ils étaient bels et bien enfermés dehors.
« Oh non ! » Bredouillèrent-ils en même temps.
Il y eut un bruit de tissu, un cri de Théo qui visiblement n’était plus d’accord et les deux espions malgré eux virent, les yeux exorbités, Blaise Zabini, dont seul le pantalon était entrouvert s’emparer des hanches de son amant pour lui faire connaître les joies des plaisirs virils.
Théodore Nott fut alors proprement, habilement et fougueusement dépucelé sur la balustrade du très noble parc du Manoir Malefoy.
Blaise semblait particulièrement ravi de la tournure des événements, comme en témoignaient ses râles de plaisir contenté.
A travers ses cris, halètements et gémissements d’encouragement, il semblait que Théodore Nott s’accommodait de sa situation de dominé, les jambes impudiquement écartées et le corps ployé vers l’arrière.
Harry parvint à entraîner Drago, qui commençait à ne plus arriver à bien respirer.
Derrière eux, Théodore semblait ne plus connaître comme mots que « Blaise » et « encore » qu’il scandait sur tous les tons cependant que l’intéressé hurlait des « oui » extatiques à en briser les vitres.
Finalement, Harry parvint à rentrer à tâtons dans une sorte de boudoir obscur. Il y allongea Drago sur un sofa profond et passa une main inquiète sur son visage.
« Drago… Mon amour… sont-ce ces deux là qui te mettent dans cet état ? »
Le Serpentard ne répondit pas, trop occupé à lutter contre le mal de tête et un début de syncope.
Harry, secoué, était sur le point d’aller chercher de l’aide lorsque Drago l’attrapa par le poignet.
« Attends… Reste… C’est fini. »
- Tu es sûr ? S’inquiéta Harry.
- Mais oui, fit Drago, le premier surpris de ne plus sentir ni migraine ni vertige.
Brusquement, une vague de chaleur lui traversa les reins.
Il faut dire que la vision d’un Harry Potter en chemise blanche, penché sur lui dans la pénombre avec un air d’adoration sur le visage avait de quoi lui échauffer l’esprit.
Et sans plus s’occuper des invités et deux cinglés du dehors, Drago attira Harry dans l’alcôve. Histoire de lui montrer que lui aussi pouvait être imaginatif.
Ce fut sauvage et épuisant. Harry subit avec une joie stupéfaite les assauts d’un Drago déchaîné, désinhibé par l’obscurité et visiblement affamé.
Durant deux heures, des ahanements et des cris de jouissance fusèrent de derrière les rideaux qui dansaient au rythme des grincements de la méridienne.
Les deux amants ne reparurent pas.
Certains invités, dont Hermione qui soutenait son mari et ses filles prirent congé dans le plus grand désordre – et puis la jeune femme se doutait bien des activités des deux compères, et elle voulait éviter ce genre de révélation pour ce soir. Ron avait simplement besoin de se mettre au lit.
Miss Pot-de-Glue ne chercha même pas à repartir avec Blaise, qui était d’ailleurs introuvable : elle s’éclipsa avec l’un de ses amis.
Le dit Blaise passa une nuit bucolique et épuisante : il avait fini par franchir la balustrade en portant un Théodore occupé à lui parsemer le cou de suçons, et ils disparurent dans les hautes herbes pour y continuer l’éducation sexuelle tardive d’un certain Serpentard.
Bon nombre d’invités s’endormirent à même la table, à l’initiative de Narcissa, et perché sur une chaise, un elfe de maison complètement ivre balbutiait une vieille comptine de son enfance en terminant le dernier morceau de tarte.
Mercredi 27 août 2008