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Note de l'auteuze : Je n'ai pas beaucoup trouvé de Brett Sainclair/Danny Wilde en anglais, et carrément aucune en français ! Une honte, n'est-ce pas, lorsque l'on songe à leur intéraction ? Petite histoire en deux parties, mais je ne sais pas à quel moment la deuxième arrivera. Allez, d'ici fin septembre, je pense... Donc, voici mon premier slash sur la cultissime série Amicalement vôtre ! YEAH !!
Disclaimer : Rien à moi, tout à... a qui, au fait ? Enfin bref, à des gens plus riches que moi. Et dieu sait si je ne me fais aucun argent sur mes fics ! Soupir
Résumé : Vous vous souvenez de l'épisode "Un ami d'enfance" ? "Angie, angie..." en VO. Pour résumer, Danny retrouve sur la côte d'Azur Angie, un vieil ami du Bronx. Malgré les mises en garde de Brett et du juge Fulton, il ne veut pas admettre que ce dernier est devenu un tueur à gages. Au terme de l'épisode, Angie se fait tirer dessus par son boss mafieux et meurt dans les bras de Danny. SNiff !
Cette fic reprend juste à la fin de l'épisode, lorsque Brett et Danny partent ensemble, l'un dans son Aston Martin, et l'autre dans sa Ferrari. Leur amitié est mise à rude épreuve dans cet épisode, et les deux hommes sont clairement ébranlés. Donc, me connaissant, que croyez-vous donc que j'en ai fait, sinon un slash !
Pas évident de rester in character lorsqu'il s'agit de Danny Wilde et de Brett Sinclair, surtout en prenant le risque de slasher deux coureurs de jupons comme ces deux-là... Vous me pardonnerez donc, je l'espère, si j'ai sombré dans l'OOC...
°0°0°
Chapitre 1
Lord Brett Sinclair jeta un coup d’œil inquiet dans le rétroviseur de son Aston Martin, persuadé qu’il n’y verrait rien d’autre que la route, et que Daniel Wilde avait trouvé un moyen de lui fausser compagnie. Mais non, la Ferrari de ce dernier était toujours là, le suivant à distance mesurée.
Comprenant le besoin d’espace de l’américain, Brett inspira profondément.
S’il était vrai que chaque amitié était un jour soumise à une épreuve décisive, ‘l’affaire Angie’ avait certainement été la leur.
Dieu sait qu’il n’avait pas été facile de devenir l’ami de quelqu’un qui se trouvait aussi diamétralement opposé à vous, en personnalité comme en vécu. Non, leurs débuts n’avaient pas été faciles, surtout si l’on considérait que la seule envie de Brett à propos de Danny Wilde lors de leur première rencontre avait été de lui casser la figure.
Ce qu’il avait d’ailleurs fait.
L’américain était arrogant, viril, mordant, et possédait un sens de l’humour et du sarcasme que Brett, même s’il aurait préféré subir la torture plutôt que de l’avouer, trouvait souvent jubilatoire.
Sauf lorsqu’il en faisait les frais.
En bref, Wilde était tellement américain que s’en devenait parfois… asphyxiant.
Pourtant, petit à petit, au fil du temps et en partie grâce au juge Fulton et à ses coups fourrés, lui, l’aristocrate blasé, le dandy Londonien, avait noué des relations amicales avec l’américain un peu rustre issu des bas-fonds New-Yorkais.
Mais là – merci à Angie, le copain d’enfance de Daniel ! – les fondements même de cette amitié vacillaient dangereusement.
Dès le départ, Brett avait senti qu’il y avait quelque chose de faux chez Angie. Et son instinct ne l’avait que rarement trompé. Il avait tristement regardé Daniel s’enfoncer, cherchant désespérément à croire que son ami n’avait pas changé, se raccrochant à leur passé commun comme à une bouée de sauvetage.
Son amitié avec Brett avait été mise à rude épreuve.
Mais ce dernier n’avait aucune envie qu’elle se brise aussi facilement, et il comptait bien faire tout son possible pour la restaurer.
L’Aston Martin et la Ferrari s’arrêtèrent devant l’hôtel Hilton, la première, avec un élégant roulis, et la seconde, dans un crissement de pneus sec. A travers ses vitres fumées, Brett observa Daniel sortir de sa voiture et lui adresser un petit sourire fatigué, bien loin de l’habituelle grimace charmeuse et moqueuse à laquelle il avait droit en temps normal.
Sans se presser, l’anglais sortit à son tour de l’Aston Martin, ce qui lui valut un coup d’œil surpris de la part de l’américain.
– Brett… Je suis un grand garçon, murmura Danny d’une voix lasse. Je peux retrouver le chemin de ma suite tout seul. Tu n’as pas besoin de m’accompagner.
Un sourcil levé de manière dubitative, Brett le fixa en silence.
– Sérieusement, Brett. Je n’ai pas vraiment… envie de ta compagnie, en ce moment.
Durant quelques secondes, le regard turquoise soutint le regard azur sans faiblir, Brett refusant de se laisser toucher par cette rebuffade prononcée d’une voix acide.
– Daniel, je présume que tu vas boire jusqu’à t’écrouler, reprit calmement l’aristocrate. Et je considère de mon devoir de rester, afin de m’assurer que tu ne fasses du mal à personne, et surtout pas à toi-même.
Une étrange lueur traversa les yeux clairs de l’américain.
– Tu penses que tu me connais si bien, hein, Ta Majesté ? Pour toi, l’affaire est classée. Je vais me saouler jusqu’à rouler sous la table, et tu n’auras plus qu’à… me mettre au lit.
La voix de Daniel avait pris une curieuse inflexion sur ces derniers mots, et Brett tendit l’oreille. Quelque chose lui échappait. Il ne savait pas trop quoi, mais il n’avait encore jamais vu Danny Wilde dans cet état de sauvagerie difficilement contenue.
Daniel avança d’un pas, et sans vraiment s’en rendre compte, Brett recula, étrangement troublé par l’intensité qu’il lisait sur le visage de l’autre homme.
– Oui, je vais aller boire jusqu’à plus soif, Ta Seigneurie, reprit Danny avec un rictus. Mais dans un club, pas à l’hôtel.
– Très bien, répondit calmement Brett. Dans ce cas, je viens avec toi, et je te ferai raccompagner en taxi, ou bien je te ramènerai moi-même.
Danny le fixa quelques secondes avant de reprendre, très lentement, comme s’il s’adressait à un tout petit enfant.
– Tu n’as pas saisi, Brett. Je ne compte pas rentrer tout seul, cette nuit. J’aurais certainement… de la compagnie.
Brett hésita un court instant quant à l’attitude à adopter pour éviter de perdre contenance, puis décida rapidement de la jouer comme à son habitude : avec nonchalance et panache.
– J’avais parfaitement compris, Daniel. Mais je tiens à m’assurer que toi et la « saveur de la nuit » vous rentriez sain et sauf à l’hôtel.
Daniel laissa échapper un petit rire bas, rempli de désespoir et de rage, avant de se rapprocher encore un peu de lui. Cette fois-ci, l’aristocrate se força à ne pas reculer.
– Arrête de jouer les Saint-bernards, Brett ! explosa l’américain, les dents serrées. C’est un rôle qui ne te va pas du tout ! Tu n’as aucune idée du genre de club ou je compte me rendre ce soir, ni du genre de « saveur de la nuit », comme tu le dis si bien, que je compte ramener dans mon lit !
– Peu importe, Daniel, rétorqua fermement Brett. Ma décision est irrévocable. Je viens avec toi.
Il resterait inflexible. Brett ne laisserait pas son ami traverser cette épreuve tout seul. Quitte à s’imposer, si nécessaire. Coûte que coûte, il fallait qu’il empêche Daniel de commettre une énorme bêtise, ce que celui-ci ferait sans aucun doute si on le laissait seul.
Danny eut un sourire amer, comme s’il s’amusait d’une plaisanterie connue de lui seul, puis haussa les épaules en signe d’indifférence.
– Très bien, Ta Majesté. Puisque tu insistes, tu es le bienvenu. Mais ne viens pas te plaindre ensuite du résultat !
En entendant ces mots, Brett eut un moment de doute. Dans quel genre de club Daniel allait-il l’entraîner ? Cuir et latex ? Mauvais genre ?
L’américain était ce que l’on appelait communément un dragueur, doublé d’un séducteur, mais il était cependant très sélectif dans le choix de ses compagnes d’une nuit. Elles étaient belles, cultivées, et possédaient toutes une classe indéniable.
Lord Sinclair s’était souvent demandé ce que ce genre de femmes pouvait trouver d’attirant chez Daniel Wilde. Mais il n’avait pas besoin de beaucoup y réfléchir pour trouver la réponse.
Elles étaient séduites par Danny le voyou, le vaurien des bas quartiers, qui s’en était sorti avant de devenir milliardaire. Séduites par l’idée de faire l’amour avec quelqu’un du mauvais côté de la barrière. Quelqu’un de dangereux. Quelqu’un qui, même s’il était devenu riche, n’offrait qu’un vernis de sophistication, sous lequel perçait encore une sauvagerie latente.
Brett lui-même n’était pas insensible à cette idée, qu’il repoussait pourtant avec force depuis le tout début de leur amitié. Daniel était définitivement hétérosexuel, ça, Brett avait pu le constater par lui-même. Un macho et un Don Juan, selon toute définition.
Alors, quelle importance si Brett, lui, était un peu plus… flexible quant à sa sexualité ?
De toute manière, il n’avait pas été sérieusement intéressé par un autre homme depuis ses années d’études à Oxford.
Et il n’allait pas risquer son amitié avec Wilde juste pour quelques heures de plaisir qui ne lui laisseraient ensuite qu’un arrière-goût d’amertume…
– On prend ma Ferrari, reprit Daniel d’un ton qui n’admettait pas de réplique. Comme ça, Ta Majesté pourra me reconduire et récupérer son Aston.
Il se tut un instant, avant de reprendre, ironique :
– Qui sait, peut-être sa Seigneurie sera-t-elle tentée par un ménage à trois ?
Brett se força à rester impassible et à ne pas répondre à la provocation.
– J’en doute, vu le genre de partenaire auquel je pense.
L’américain avait prononcé cette phrase sur un ton si bas que Brett crut un instant avoir mal entendu. Par les pairs de la couronne d’Angleterre ! Ou diantre Daniel allait-il l’emmener, cette fois-ci ?!
L’aristocrate ne tarda pas à avoir la réponse lorsque ce dernier quitta le centre-ville pour se diriger vers la baie. Cannes à cette époque de l’année était très agréable, mais les soirées un peu fraîches, et l’aristocrate ne regrettait pas d’avoir mis un costume en lin sur sa chemise de soie.
Daniel lui, portait comme toujours son sempiternel blouson de cuir et ses gants assortis. Et tandis qu’il regardait les longs doigts nerveux gainés de cuir noir courir sur le volant de la Ferrari, Brett ne cessait de se demander qui était cet inconnu qui se trouvait à ses côtés, silencieux et concentré.
Il avait souvent eu l’impression de connaître l’américain mieux que lui-même, mais cet homme-là ne ressemblait en rien au Danny charmeur, bon vivant et amateur de jolies femmes que Brett côtoyait d’ordinaire.
Il y avait dans cette nouvelle facette de sa personnalité une aspérité rugueuse, une intensité peu commune, que le Londonien n’avait encore jamais devinées et qui le laissaient curieusement mal à l’aise.
Brett sentait qu’il n’en faudrait pas beaucoup ce soir pour que la véritable nature de Daniel, sauvage, indomptée, ne se montre. Une provocation de trop, et adieu, l’ami !
L’instinct le plus primal de Brett répondait instinctivement à la situation, et à la tension qu’il devinait chez son compagnon. Cette partie de lui mourrait d’envie de pousser Daniel à bout, et de découvrir enfin ce qui se cachait sous cette surface canaille.
Mais l’ami, lui, ne souhaitait qu’une seule chose : aider le yankee, et franchir ce mauvais cap sans que leur amitié n’en souffre trop.
Avec un freinage sec, la Ferrari s’arrêta et Brett jeta un coup d’œil curieux à l’enseigne du club qui se découpait sombrement sur la façade du bâtiment.
The razor edge. Un nom de circonstance.
La tension entre les deux hommes était à couper au couteau, pourtant l’aristocrate, bien que sentant obscurément qu’il se passait quelque chose de significatif, n’avait pas encore réussi à y mettre le doigt dessus.
Le club se trouvait dans une ruelle sombre, et dans une partie de la ville ou Brett n’aurait d’ordinaire jamais mis les pieds, mais si Daniel voulait s’encanailler avec des filles aux mœurs douteuses, lui, Brett, n’allait certainement pas reculer !
Ce ne fut que lorsqu’ils rentrèrent dans le club, et après que le videur ait jeté un coup d’œil mi surpris, mi amusé à son costume sur-mesure, que Brett Sinclair comprit enfin de quoi il retournait.
Il n’y avait pas l’ombre d’une paire de seins ou d’une minijupe à l’horizon.
Pas l’ombre d’une femme.
Croisant le regard assombri et provocateur de Daniel, Brett saisit soudain toutes les implications de ses actes.
Daniel l’avait emmené dans un club gay.
Daniel recherchait pour la nuit un partenaire masculin.
Voila pourquoi il ne souhaitait pas que Brett l’accompagne.
Parce que Daniel voulait boire jusqu’à tout oublier, et se faire – Brett répugnait à employer ce mot, mais c’était le plus approprié – mettre. Au vu de l’état d’esprit de l’américain, la tendresse et la douceur n’étaient absolument pas ce qu’il recherchait cette nuit chez un partenaire. Il voulait de la brutalité, de la bestialité. Qu’on lui fasse mal.
Il voulait expier la mort d’Angie.
Brett savait qu’il aurait du partir, s’excuser avec sa nonchalance habituelle, et prendre un taxi afin de rentrer à l’hôtel.
Mais cela n’aurait été rien d’autre qu’un abandon pur et simple. De plus, il aurait joué le jeu de Daniel, et il n’était pas dit que Danny Wilde battrait un jour Brett Sinclair à quoi que ce soit.
Daniel pouvait être blessé, cette nuit. Daniel se tenait suffisamment au bord du précipice pour y plonger sans remord.
C’était ce que Brett redoutait le plus. Et il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l’empêcher.
Angie avait déjà bien assez retourné le couteau dans la plaie.
Alors… non. Brett Sinclair n’avait jamais été du genre à rejeter un défi lancé. Et ce n’était pas ce soir qu’il allait commencer.
– Si nous allions prendre un verre au bar, mon cher Daniel ? proposa-t-il se son ton le plus désinvolte.
Et il lui sembla qu’une fugitive lueur d’admiration traversait le regard clair de son compagnon.
Une heure plus tard, Daniel avait sérieusement amorcé sa cuite, et la bouteille de whisky pratiquement vide à ses côtés pouvait en témoigner. Il revivait à haute voix ses souvenirs avec Angie, et Brett lui prêtait une oreille attentive et amicale.
La conversation avait pris un ton plus intimiste à mesure que les minutes et les verres d’alcool s’égrenaient, et Danny avait bientôt avoué à Brett ce que ce dernier commençait à supposer depuis qu’ils étaient entrés dans ce club : Angie avait été le premier amant et le premier amour de Daniel.
Ce qui rendait sa trahison d’autant plus douloureuse et insupportable.
Tout en écoutant son ami se livrer, Brett jetait de brefs coups d’œil alentour. Il était conscient que sa prestance naturelle, son élégance et sa virilité lui valaient de nombreux regards. Mais jusqu’alors, personne n’avait osé l’aborder.
Il suffisait de voir Daniel se saouler méthodiquement, et jeter des regards noirs à tous ceux qui s’approchaient pour que ceux-ci battent en retraite.
Et la situation amusait de plus en plus l’aristocrate.
Il se demandait si Danny avait réellement conscience de l’aura de possessivité qu’il déployait autour de lui depuis qu’ils étaient entrés.
Une main le saisit soudain par le menton, et le força à se retourner. Il croisa le regard orageux de l’américain.
– Tu ne m’écoutes pas, Ta Seigneurie ! gronda ce dernier.
– Bien sur que si, Daniel, répondit Brett avec une patience ostensible, sans cependant manifester la moindre velléité de chercher à se libérer.
Danny le relâcha et resta silencieux un moment avant de reprendre, sur un ton curieux :
– Pourquoi, Brett ? Pourquoi es-tu venu ici ? Pourquoi ne fuis-tu pas en courant, toi l’homme à femmes ?! Ce n’est pas ta tasse de thé ! Tu ne joues pas pour les deux équipes (1), que je sache !
Il avait craché la dernière phrase d’un ton venimeux. La colère prenait le pas sur l’alcool.
Brett se contenta de lui retourner un regard énigmatique, avant de riposter malicieusement :
– Enfin, Daniel… je suis anglais. Qui plus est, j’ai fait mes études à Oxford.
Comme si cela expliquait tout.
Ce satané British allait le rendre cinglé ! Et c’était comme ça depuis leur toute première rencontre !
Danny, furieux, ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt. Un homme grand, blond, avec un blouson de cuir fauve et des jeans si moulants qu’ils devraient être interdits par la loi, s’approchait de Brett et le dévisageait d’un œil de velours.
– Vous dansez ?
Brett lui sourit, de ce sourire enjôleur qui lui valait sa réputation de Lady Killer, et qui ne cessait de fasciner Danny.
– Avec plaisir, répondit-il de cette voix un peu rauque qu’il réservait d’habitude à ses futures conquêtes.
Et sans un regard de plus pour son compagnon, il se leva et se dirigea vers la piste.
Danny se servit rageusement un autre verre de whisky.
« Et Merde ! »
Il était saoul. Fin saoul. Il ne voulait qu’une seule chose. Un corps chaud et viril auquel se soumettre, un corps qui lui ferait tout oublier, mais au lieu de cela, il se retrouvait obligé de baby-sitter sa majesté !
D’ailleurs, qui disait que sa Seigneurie avait besoin d’être protégée ?!
Il suffisait de le voir bouger sur la piste en rythme avec la musique, son corps frôlant celui de son compagnon de manière suggestive mais discrète, pour comprendre que Brett n’était pas novice dans l’art de la séduction gay.
Le visage de Danny s’assombrit, et il serra plus fort son verre de whisky, avant de le vider d’une traite.
Qui aurait pu imaginer que lord Brett Sinclair, aristocrate blasé et homme à femmes notoire, avait les mêmes penchants que lui ?!
Décidément, il avait bien caché son jeu, celui-là !
Croisant le regard de son ami, Danny se resservit un verre, le leva avec un salut moqueur, et l’avala.
L’alcool lui brulait agréablement la gorge. Mais son estomac subissait un tout autre genre de brûlure tandis qu’il regardait le blond se pencher vers Brett et murmurer quelque chose à son oreille.
L’anglais éclata de rire, et les traits de Danny se crispèrent.
« On peut jouer à deux à ce petit jeu-là, Ta Majesté ! songea-t-il rageusement. »
D’un mouvement décidé, il se leva de son siège. Mais, affecté par tout l’alcool qu’il avait bu, il faillit trébucher et bouscula un homme qui se trouvait derrière lui.
Se retournant, il s’excusa machinalement.
– Ce n’est pas grave, répondit l’autre.
C’était un homme grand, élancé, d’une quarantaine d’années, aux tempes légèrement grisonnantes, qui jeta à Daniel un regard appréciateur, et… intéressé.
– Je vous offre un verre ?
Jetant un bref coup d’œil en direction de la piste, ou Brett et son blond continuaient à se trémousser, Danny adressa à l’inconnu son sourire le plus séduisant.
– J’ai déjà bien assez bu comme ça… Mais je ne serais pas contre une petite danse…
– Ce sera un plaisir, murmura son compagnon. Je m’appelle Eric Dumaine.
– Daniel Wilde, mais mes amis m’appellent Danny…
« Excepté celui-là, là-bas, qui prend un malin plaisir à toujours me donner du ‘Daniel’, comme si j’étais un gosse insupportable qu’il faut gronder en permanence ! Mais tu ne perds rien pour attendre, Ta Majesté ! »
Sur cette pensée vengeresse, Danny entraîna Eric sur la piste. Il trébucha une nouvelle fois et ce dernier le retint, l’attirant plus étroitement contre lui tandis que la musique disco se changeait en un slow langoureux.
– Merveilleux, murmura Eric.
Pendant qu’ils dansaient, collés l’un contre l’autre, Danny sentit ses mains courir le long de son dos pour venir se poser sur ses fesses et les presser fermement.
« Waow ! Un rapide ! »
Et c’était exactement ce dont Danny avait besoin pour cette nuit : quelqu’un de fort, d’entreprenant, qui saurait lui faire oublier cette journée maudite et lui donner ce qu’il attendait.
– En temps normal, murmura-t-il langoureusement à l’oreille d’Eric, je suis plutôt du genre top. Mais là, ce soir, je cherche à faire le bottom… Intéressé ?
– Et comment ! fut la réponse.
Puis Eric se pencha et lui mordilla délicieusement le cou. Danny ferma les yeux, savourant les sensations et oubliant tout ce qui l’entourait.
De longues minutes s’écoulèrent avant qu’un raclement de gorge insistent n’interrompe brusquement les deux hommes dans leur découverte mutuelle. L’américain voulut ignorer le gêneur, mais ce dernier n’était malheureusement pas du genre discret. Il toussota, puis voyant qu’il n’obtenait toujours pas de réaction, toussa de nouveau, plus fort.
Toujours rien.
– Daniel.
La voix de Brett. Danny rouvrit les yeux illico.
Lentement, il se tourna vers son ami, imité par Eric. Ce dernier dévisageait l’aristocrate d’un air peu amène, bien conscient qu’il avait un rival en face de lui.
– Oui, Brett ? rétorqua Daniel avec insolence.
– Je pense qu’il est temps de rentrer.
Danny se tourna vers son compagnon – C’est quoi, déjà, son prénom ?! – qui le tenait toujours étroitement serré contre lui.
– Pas d’accord, mon vieux.
L’alcool commençait à agir sur le cerveau de l’américain. Il hocha négativement la tête, pour accentuer la fermeté de sa réponse, avant de reprendre d’une voix pâteuse :
– Mon copain Rick et moi, on va aller faire la fête à l’hôtel.
– Eric, corrigea l’autre d’un air pincé.
– Rick, Eric, quelle importance ?!
Danny leva vaguement la main pour signifier qu’il s’en fichait éperdument.
– L’important, Ta Majesté, c’est que je ne rentre pas seul ce soir !
Brett hésita, pesant le pour et le contre. Ce qu’il s’apprêtait à faire pouvait bien détruire pour toujours son amitié avec ce satané yankee.
D’un autre côté, un seul regard au bellâtre français qui se collait à Daniel comme une sangsue, et l’aristocrate se sentait submergé par des envies de meurtre. Il ne pouvait pas laisser cet homme toucher SON Danny.
– Tu ne rentreras pas seul, Daniel.
Danny tourna la tête vers Brett avec une vivacité qu’il regretta aussitôt, la pièce se mettant à tourner à une vitesse alarmante. Il attendit que le monde se stabilise un minimum avant de plonger ses iris dans ceux, d’un bleu presque gris, de l’homme qui lui faisait face.
– Vraiment, Brett ? fit-il d’un ton provocant. Tu penses que tu es capable de me donner ce que je veux, Ta Seigneurie ?
Le défi était implicite. Le regard de Brett soutint le sien sans faiblir.
– Oui, Daniel. Je le pense.
Durant quelques secondes, les deux hommes se contentèrent de se dévisager. Puis Daniel se libéra quelque peu violemment de l’étreinte du gêneur.
– Tu as entendu, Rick ? lâcha-t-il sans même regarder l’homme en question. Alors tu dégages !
Il saisit Brett par les pans de sa veste, et l’attira contre lui, avant de poser sa bouche sur la sienne, pour un baiser aussi agressif que possessif.
Brett le laissa faire quelques secondes avant de prendre le contrôle. Il savait que son compagnon le testait.
« Daniel, Daniel, Daniel… Tu as encore beaucoup à apprendre sur les anglais. »
Il pressa durement ses lèvres contre celles de l’américain, les forçant à s’entrouvrir, et plongea sa langue à l’intérieur, explorant rageusement et fiévreusement la bouche humide. Immobilisant la tête de Danny en passant une main ferme dans ses cheveux en bataille, il le maintint sans difficulté, le collant étroitement contre son torse, lui faisant ainsi sentir chaque muscle tendu.
Avec un gémissement, Daniel se rendit, son corps épousant plus étroitement encore les lignes dures de celui de son futur amant.
Parce que Brett n’avait plus aucun doute, désormais. Avant la fin de cette nuit, Daniel et lui serait amants.
Mais leur amitié y résisterait-elle ?
Il décida de cesser pour un temps de se poser des questions. Daniel avait besoin de lui, ce soir. Et il ne battrait pas en retraite. Il serait bien temps de discuter plus tard…
Lorsqu’il relâcha enfin sa proie, Eric n’était en vue nulle part, et des sifflements appréciateurs saluaient leur baiser.
Daniel avait les yeux mi-clos, il respirait avec difficulté, semblant perdu dans un rêve éveillé, et Brett se sentit rougir malgré lui sous les regards complices des hommes qui les entouraient, et qui n’avaient rien perdu de la scène.
– Hé, mes mignons ! lâcha le barman, amusé. Allez vite vous trouver une chambre !
Un concert d’éclats de rire lui répondit, et Brett le salua avec un sourire amusé, avant d’entraîner à sa suite un Danny un peu perdu.
– Viens, Daniel.
(1) En anglais « You don’t play for both teams », expression que j’adore et qui signifie qu’une personne n’est pas bisexuelle.
°0°0°
A suivre...
Vous avez aimé, détesté ? Vous êtes effondrés devant le total OOC des persos ? Vous criez au Sacrilège de voir que les intouchables Brett et Danny, héros de votre enfance, ont été slashés par une perverse pour qui RIEN n'est sacré ? Faites-m'en part, mais n'oubliez point que je suis un petit être délicat et sensible... (Hum, Hum, c'est fou ce qu'on y croit...)