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Note: Hello, voici le chapitre 10, il est court mais il n'y avait pas grand chose à dire de plus. Bonne lecture, j'espère.
Remerciement : A Quiproquo pour sa correction
Chapitre 10: Chute libre
POV de Draco
Vendredi 9 Aout, Hôpital Sainte Mangouste, 9h40
Le bruit d'un bip régulier me sort du sommeil. Je ne veux cependant pas ouvrir les yeux. Il me semble que l'obscurité reste une option plus attrayante. Si j'ouvre les yeux, je serais obligé de faire face. Les serpentards ne sont pas faits pour faire face, c'est ce que dit mon père. J'essaie de replonger dans le néant sans rêve mais le bip n'arrête pas.
Je suis un serpentard mais je ne suis pas comme les autres.
Parce que la personne que j'aime c'est...
Je me réveille en sursaut, les poings crispés sur les draps, les yeux écarquillés sur un plafond blanc. Ça ne dure qu'une seconde avant qu'une douleur atroce ne déchire mon dos et je retombe hurlant en position couché.
La douleur s'atténue légèrement et mon cri se change en halètement effrayé. Je serre les draps à m'en faire mal, ne comprenant rien à ce qu'il se passe.
Qu'est ce qu'il m'arrive bon sang et pourquoi ai-je si mal?
Une porte s'ouvre précipitamment.
-Il est réveillé! Fait une voix que je ne connais pas. Monsieur Malfoy? Monsieur Malfoy, regardez-moi!
J'obéis à l'ordre et tombe sur un homme barbu, d'une cinquantaine d'années en blouse blanche. Un médicomage.
-J'ai...j'ai mal, dis-je d'une voix cassée pendant qu'il cherche à savoir si je suis bien conscient.
Il veut quoi d'autre comme preuve? M'entendre parler ne suffit pas? Faut-il que je me mette à danser autour du lit?
-On va vous donner une potion anti-douleur, répond-t-il avec cette étrange compassion qui semble être intégré dans la panoplie de tous les médicomages et des infirmières qui se respectent.
J'ai presque envie de l'embrasser pour ce qu'il vient de dire mais je me contente d'avaler avec ferveur la fiole violette qu'il porte à ma bouche.
Ça a un goût atroce mais les effets de la potion sont quasiment immédiats. Je ne peux m'empêcher de pousser un soupir de soulagement en sentant la douleur aller voir ailleurs si j'y suis. Et je n'y suis pas.
On m'explique alors que je suis à Sainte Mangouste et que j'ai été attaqué il y a six heures de cela. Mon dos est gravement touché mais ce n'est pas irréparable d'après mes médecins. Par contre il est fort possible que je garde une cicatrice. C'est un moindre mal d'après ce que j'ai compris. J'ai eu de la chance que les secours soient arrivés si vite et bla bla bla et bla bla bla. À croire qu'ils me font un exposé sur la performance de leurs urgences.
Je me souviens de l'attaque mais je n'ai pas pu voir mon agresseur. Un mec doué en magie noire, on ne peut pas lui enlever cela. Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi il m'a attaqué, moi. J'étais dans cette boîte de nuit, seul en train de (me vider l'esprit et l'âme) danser et j'ai senti le sort me projeter à terre.
-Les Aurors veulent vous interroger, dit le docteur aimablement. Je vais les laisser entrer. Vous pourrez sortir ce soir. Voulez-vous que je prévienne quelqu'un?
L'image de Potter flotte dans mon esprit, me faisant frémir. Plutôt crever que de faire appel à lui! Je donne toutes les indications pour que Blaise soit mis au courant de ma situation.
Je préfèrerais me débrouiller seul mais je ne suis pas sûr d'y arriver d'ici ce soir. J'aurais l'air malin si je ne peux même pas rentrer chez lui par mes propres moyens.
Les deux Aurors qui entrent dans la salle, une fois le médecin parti, sont deux hommes. Ils n'ont pas l'air d'avoir beaucoup dormi cette nuit.
-Bonjour, se présente le plus costaud d'entre eux en me tendant la main, je suis l'Auror Mikael McErtie et voici l'Auror Rupert Lewis. Nous sommes ravis de vous voir en vie.
-Pas autant que moi, je marmonne me résignant à serrer sa main poilue.
Le second Auror ne paie pas de mine, il a une tête de jeune recrue mais son regard est acéré. L'Auror McErtie éclate d'un rire aussi bref que bruyant devant ma remarque.
J'ignorais que j'étais si drôle.
-Monsieur Malfoy, reprend-t-il. Savez-vous qui vous a agressé ?
Je secoue la tête.
-Je pensais que vous me le diriez, je réponds. D'après le docteur, quand les secours sont arrivés, vous lui courriez après.
Mes deux visiteurs échangent un regard gêné qui me donne envie de les insulter - mais je ne suis pas, fort heureusement, encore assez groggy pour le faire. Apparemment ils sont aussi incompétents que je l'imaginais. Je m'y attendais étant donné que ces types ont suivi les mêmes études que Weasley.
-Nous n'avons pas pu le voir, répond le second Auror, le plus jeune, qui semble détester cet état de fait.
Son regard est haineux et je suis content de ne pas être à la place du type qui m'a blessé.
-Il ne vous a pas parlé avant de passer à l'attaque? Reprend McErtie.
-Non, je dansais et c'est arrivé.
-Des témoins ont vu votre seconde source se matérialiser et attaquer votre agresseur.
-Ah? Je ne me souviens pas. J'ai dû l'invoquer juste avant de m'évanouir.
Les deux Aurors se regardent de nouveau. Je commence à perdre espoir qu'ils l'aient attrapé.
-Je ne suis pas un expert en secondes sources, et encore moins pour les secondes sources comme la vôtre, qui deviennent des Invocations mais il semblerait qu'elle se soit comportée bizarrement.
-Expliquez-vous, je soupire commençant à être agacé d'être interrogé comme si j'avais fait quelque chose de mal.
-Toujours d'après des témoins, explique l'Auror, elle aurait rebroussé chemin au moment d'attaquer et serait revenue vers vous, jusqu'à ce que vos forces ne vous permettent plus de la matérialiser.
Je fronce les sourcils. Je suppose que la panthère était trop inquiète pour moi et qu'elle a préféré venir à mes côtés plutôt que d'attaquer. Ça ne lui ressemble pas trop, d'habitude elle est punitivemais elle a dû voir les Aurors et penser qu'ils prendraient les choses en main.
-Je vois pas en quoi c'est étrange, je réponds. Les Secondes Sources sont connectées à leur Invocateur, sa peur de me perdre a dû surpasser son envie de me venger.
-Vous avez sûrement raison, répond l'Auror. C'est aussi l'explication à laquelle nous en sommes venus, mais nous voulions en parler avec vous.
-Il vous a donc échappé, dis-je simplement.
Ce n'est pas une question.
-Nous le tenions, crache presque le jeune Auror, mais il a eu de l'aide!
-De l'aide?
Je me redresse sur le lit.
-Ecoutez, Monsieur Malfoy, ne vous faites pas de bile, dit McErtie posément. Je vais vous dire ce que je pense de tout cela. Ce sorcier qui vous a attaqué était sûrement ivre ou trop pressé et il s'est trompé de cible ou alors son sort a été dévié au dernier moment. La boîte de nuit que vous fréquentez n'est pas réputée pour sa clientèle irréprochable. Hier soir, il y avait, entre autre, deux vampires, un loup-garou, trois sorciers fricotant un peu trop avec la magie noire et même une nécromancienne.
-Sans parler des petites frappes de tout genre, renchérit son collègue. On pense que vous avez été la malheureuse victime d'une attaque qui ne vous concernait pas. Vous vous êtes trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.
-J'ai toujours pensé que la fée de la providence n'avait pas reçu le carton d'invitation quand on devait se pencher sur mon berceau.
McErtie me refait le coup de son rire qui ressemble à une porte qu'on claque. Il va falloir que je songe à me recycler en comique. Il est fort probable que j'y fasse fortune.
-Vous n'avez aucune piste? Je demande. Et sur la personne qui l'a aidé à s'enfuir?
Ils se regardent à nouveau et ce genre d'échange silencieux commence à m'agacer sérieusement.
-Il portait une capuche et une cape et nous ne l'avons vu que de dos. Ce qu'on sait, c'est qu'il a à peu près votre taille. Nous pensons que c'est un homme mais là nous n'avons aucune preuve. Et il était assez rapide, il devait être jeune. Il nous a échappé au dernier moment...
Le jeune Auror serre les poings alors que l'autre semble soucieux.
-C'est tout ce qu'on a, termina McErtie semblant se rappeler qu'ils ne sont pas seuls.
-Et rien sur l'aide qu'il a reçue? Je demande de nouveau.
Mais je sais que je n’obtiendrai aucune réponse. Apparemment les Aurors ne voulaient pas m’en dire plus.
-Nous ne pensons pas que vous risquez quelque chose, Monsieur Malfoy. Mais nous pouvons mettre des Aurors a votre disposition si vous voulez, pendant quelques temps.
J'ai presque envie d'accepter juste pour les faire chier mais je n'ai pas le temps de m'amuser avec les autorités sorcières. Je ne vois vraiment pas qui pourrait me tuer. Il est vrai que pas mal de gens ne me portent pas dans leur coeur mais de là à tenter une attaque dans un endroit bondé...A mon avis, pour ça les Aurors ont raison, je n'étais pas la cible du type taré qui a fait ça.
J'ai juste été, comme ils l'ont si bien dit, au mauvais endroit, au mauvais moment.
°O°O°O°O°
Vendredi 9 Août, appartement de Blaise Zabini, 20h56
-Arrête de te marrer Blaise! Je siffle à mon ex-meilleur ami alors qu'il m'aide à monter les marches du pallier de son immeuble.
Je me suis retenu durant tout l'après midi, mais là, je sens que je craque.
-C'est nerveux, dit-il du sourire plein la voix. Excuse-moi.
-Va mourir! Je réponds alors qu'il appuie sur le bouton de l'ascenseur qui mène à son étage.
-Non mais tu avoueras que ton manque de bol est marrant! Poursuit-il.
-Je suis mort de rire là, je réplique glacial. Pardonne-moi cependant si tout est intérieur.
Blaise ricane encore et j'ai envie de lui jeter ma béquille dans sa salle tête de débile.
Il m'héberge alors je ne peux guère me le permettre.
Depuis qu'il a appris qu'un mec surement bourré m'avait agressé, je peux voir son fichu sourire planer sans discontinuité sur ses lèvres. Ah, elle est belle sa compassion! Elle a durée deux minutes en tout avant qu'il ne se marre comme une hyène cruelle et mesquine.
Après une panoplie d'examen, j'ai pu sortir. Mon dos me tiraille un peu mais rien de bien méchant grâce aux anti-douleur dont on m'a gavé tout au long de la journée. J'ai hérité d'une béquille, d'une quantité impressionnante de potions à prendre durant les deux prochaines semaines et d'un garde-malade inconscient des dangers qu'il court à se moquer de ma malencontreuse expérience nocturne.
-Comme ça tu vas enfin te calmer avec les sorties et te reposer, dit-il alors que l'ascenseur monte doucement.
-Avant ou après t'avoir dépecé ? je susurre en regardant intensément ma béquille.
Peut-être qu'elle va se mettre à le frapper grâce à la force de mes pensées ? Ça serait intéressant à voir.
-A la place, répond-t-il.
-Est-ce que ta copine est chez toi? Je demande, déçu que la béquille reste immobile.
-Non, j'ai pensé que tu voudrais que personne ne sache...Tu as vraiment de la chance de m'avoir comme meilleur ami, tu sais ça?
Il se sent obligé de fourrager dans mes cheveux et je crois que sa rouquine déteint sur lui ou alors c'est de me voir affaibli qui le rend comme ça.
-Vire ta main ou je te la coupe ! Je grince.
Il est inutile de lui préciser que ce n'est cependant pas sa main que je couperais s'il continue, il s'en rendra compte tout seul.
-Relax! Dit-il en retirant sa main de mes cheveux. Tu es tellement agressif parfois! Je me demande comment Potter a pu te supporter tout ce temps.
L'ascenseur s'ouvre et une voix magique nous annonce que nous sommes arrivés. Je suppose que j'ai mérité la remarque concernant Potter, même si ça fait mal. Blaise n'aime pas être traité comme un idiot mais sa sympathie commence à me taper sur les nerfs.
Il me toise et je lui rends son regard. Match nul, pour cette fois on dirait. Aucun d'entre nous ne va s'excuser.
-As-tu faim? Demande-t-il en ouvrant sa porte.
Je passe devant lui sans lui répondre, marchant difficilement jusqu'à ma chambre et la claquant derrière moi. Je résiste à l'envie de m'écrouler sur le lit et préfère prendre une douche.
Bien sûr, je sais que je ne suis pas facile à vivre et Blaise me supporte plus que de raison - même si je ne lui ai rien demandé. Depuis que c'est fini avec Potter, j'ai l'impression de n'être doué que pour blesser les gens. Je n'arrive qu'à cracher des mots acides. Ce salopard de gryffondor m'a fait sentir si pitoyable que je suis incapable de m'en relever.
Je frissonne en sentant l'eau couler sur ma peau nue, me demandant pour la première fois ce que je vais devenir une fois que Potter sera sauvé.
J'ai l'impression que je ne vis que pour ça. Mais après? Qu'est-ce que je ferai après?
Une fois la douche finie, je me mets face au miroir et essaie de regarder mon dos. Je grimace en tournant la tête au maximum. Ce n'est pas très beau à voir, même si les médicomages ont plutôt fait du bon travail. La cicatrice d'un rose-violacé en bas de mon dos me fait l'effet d'une ligne droite nette et déterminée. Si le sort m’avait atteint un peu plus haut des organes vitaux auraient été touchés.
Quelques centimètres en plus et je n'aurais plus jamais eu de soucis à me faire.
Je me dis que ça aurait presque était une bénédiction.
Je me sens si seul.
Si Potter était là, il me prendrait dans ses bras. Si cette histoire de Pierre de Vie n'était pas réelle, il regarderait ma cicatrice, en me disant qu'elle n'était pas si laide et que ça me donnait un côté mauvais garçon séduisant.
Alors il m'embrasserait et je n'aurais plus ce vide en moi.
Mais tout est réel. Et la cicatrice est laide.
Je suis fatigué par tout ça.
Il faut que j'aille dormir. Je souhaite juste ne pas rêver. Ou alors si je rêve ne plus me réveiller.
°O°O°O°O°
Lundi 12 août, Bibliothèque de Poudlard, 8h52
-Heureux de te revoir, glisse Weasley à mon encontre tout en ouvrant un gros livre à la reliure en cuivre.
-Je me suis accordé un weekend, un problème avec ça?
Les inintéressants yeux bleus de Weasley me jaugent un instant, il s'apprête à me dire quelque chose mais Granger arrive à ce moment là chargée de bouquins.
-Laisse-moi t'aider, Hermione.
Weasley se précipite pour soulager Granger de ses livres.
-Merci mon coeur, lui dit-elle tendrement. Salut Malfoy, comment vas tu?
-Bien. Plus ça serait trop! Je réponds en essayant d'avoir l'air décontracté.
Elle me sourit et il n'y a pas dans ses yeux le reproche que je peux voir dans ceux de Weasley. Il doit s'imaginer que si je ne suis pas venu ces derniers jours c'est parce que je m'amusais... Je préfère qu'il pense ça plutôt qu'il sache que j'ai été cloué au lit à cause d'une attaque loupée. Il manquerait plus que Potter l'apprenne et je suis bon pour l'avoir sur le dos.
La blessure ne me fait plus mal, mais c'est simplement grâce aux potions. Au moins aujourd'hui, je parviens à me déplacer sans béquilles.
-Parfait, mettons nous au travail, dit-elle ravie à l'idée de se plonger dans de nouveaux textes.
Je dois bien reconnaître que c'est exaspérant de la voir aussi motivée après toutes ses semaines passées à éplucher des livres. Pour ma part, j'ai bien peur de mettre un temps infini avant d'en ouvrir d'autres une fois que toute cette histoire sera terminée. Je n'ose même pas imaginer ce qu'en pense Weasley.
Au bout de quatre heures de lecture infructueuse, un elfe de maison nous informe que le repas nous attend, dans la salle habituelle.
Je me lève précautionneusement mais pour quiconque, je suis juste quelqu'un qui se lève avec un peu plus de lenteur que la normale. Rien de bien étrange là-dedans.
-Je me demande ce qu'on va manger aujourd'hui, fait Weasley alors que nous nous lavons les mains dans les toilettes pour hommes.
-Je me demande pourquoi tu te sens obligé de faire la conversation, je réponds, glacial.
Mon reflet dans le miroir me renvoie l'image d'un type pâle et aigri. J'ai l'impression que je m'enlaidis de jour en jour. J'esquisse un sourire effrayant à cette idée.
-Je sais pour ta blessure, annonce alors le miséreux d'un ton neutre.
-Blaise...Le sale connard, je vais le...
-Non, pas Blaise, les Aurors. Je te signale que je fais mes études chez eux. Ils savent que je te connais, ils m'ont raconté.
C'est fou ce que notre vie privée est importante pour les autorités pourries de ce pays.
-Ne dis rien à Potter!
-Tu n'aurais pas dû sortir de ton lit avant au moins une semaine!
-Rien à battre de ça! Je siffle. Tu n'es pas ma mère Weasley et heureusement sinon je sauterais par la première fenêtre du coin! Est-ce qu'on est d'accord pour Potter?
-Ça suffit, répond Weasley avec colère. Arrête de te comporter comme le salopard que tu étais à l'école. Tu n'es plus avec Harry, je le sais, mais ce n'est pas une raison pour tout renier!
Je me redresse brusquement, mon dos proteste. Rien à foutre. Qu'est-ce qu'ils ont tous à me faire la morale? Je n'ai pas besoin de leur amitié. Je n'ai besoin de personne. Je n'en ai jamais eu besoin.
-Tout renier? Je ricane. Allons Weasley, je ne t'ai jamais considéré comme un ami. Pour moi, tu as toujours été le « miséreux », j'ai accepté de te côtoyer juste parce que Potter y tenait. Je suppose que si je n'avais pas été aussi gentil avec ses potes, il aurait écarté ses jambes un peu moins souvent!
Le visage de Weasley se met à rougir sous la colère. Il va me frapper. C'est obligé. Le savoir me rend presque heureux. Qu'il me frappe! Violemment! Puissamment!
Putain, ce con a l'air d'avoir besoin d'un peu plus de persuasion. C'est justement dans mes cordes.
-Ben quoi, ça ne te plait pas d'entendre la vérité? Je poursuis impitoyablement. De savoir que ton pote était juste bon à se faire enculer !? Et crois-moi je l'ai encastré dans le matelas cette petite salope et je…
Je m'arrête de parler, les mots ne veulent plus sortir et restent coincés dans ma gorge comme autant de poisons stériles.
Weasley se contente pourtant de me regarder. Mais je ne vois que de la pitié dans ses yeux. Plus de colère, plus de haine. Juste cette angoissante pitié qui me donne envie de gerber.
-Arrête ça! Je siffle pétrifié.
Il secoue la tête négativement. Je crois que je l’aurais tué à la seconde même si j’étais sûr que ce geste ne m’enverrait pas en prison.
-Ça va aller Draco, dit-il et il me tapote l'épaule. Je ne parlerai pas à Harry de ton dos, à mon avis c'est à toi de le faire. Tu devrais aller le voir d'ailleurs et lui expliquer. La tristesse et la peur te font vraiment dire n'importe quoi. Et la solitude te rend hideux.
Il s'en va sur ses mots, me laissant tremblant de rage.
-Va te faire foutre! Je crache , une fois seul.
Mais ça ne sert plus à rien , il est parti. Il ne m'a même pas frappé ce con.
C'est un minable.
Un minable.
J'ouvre le robinet pour me passer de l'eau fraiche sur le visage.
Je relève ma tête et me regarde à nouveau. J'aimerais briser ce miroir, ainsi l'imitation serait en tout point parfaite.
-Toi, dis-je à mon reflet en souriant bizarrement, je te hais.
A suivre...
Voilà, Draco continue à s'enfoncer dans l'obscurité (et il n'a pas de lampe de poche). Prochain chapitre, POV de Harry, où normalement beaucoup de choses vont être expliquées.
A plus,
Artoung