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lilywen
Author of 10 Stories

Rated: M - French - General/Romance - Harry P. & Severus S. - Reviews: 17 - Updated: 12-14-08 - Published: 09-25-08 - Complete - id:4559062

Résumé : Sequel de Harry Potter et le mystère du langue de plomb. Parce qu’il faut reconstruire, parce qu’il faut oublier, parce qu’il faut tourner la page…

Après la soirée de Noël où tous les anciens membres du cercle des Prince sont enfin réunis, Harry passe une nuit exceptionnelle dans les bras de Severus. Alors qu’il descend vers la cuisine, il aperçoit un fin rai de lumière dans le salon et entre…

Tourner la page

Sequel de Harry Potter et le mystère du langue de plomb

Troisième partie

25 décembre 2008, Beauxbâtons, au petit matin.

Harry resta figé un instant dans l’encadrement de la porte. Drago était debout devant la cheminée, le blond semblait complètement perdu dans ses pensées. Le serpentard fixait avec attention les dernières cendres qui s’éteignaient lentement dans l’âtre comme s’il espérait y trouver une réponse sur tous les mystères de l’univers sorcier. D’ailleurs, il ne prêta pas attention au grincement de porte lorsque le brun pénétra dans le salon, pas plus qu’il ne sembla réagir lorsque le survivant s’installa nonchalamment sur le fauteuil de Severus, à seulement quelques pas de lui. Drago se retourna brusquement lorsqu’il entendit la voix douce de l’ancien gryffondor lui murmurer :

« Un sou pour tes pensées, Dray. »

Le brun lui souriait adorablement, ses yeux verts pétillaient de malice et d’amusement. Drago s’avança vers l’autre homme et se posta à un pas devant lui :

« Tu tiens vraiment à ce que je meure précocement d’une crise cardiaque, Beau Brun?

- Non, pas vraiment.

- Très drôle, je ne t’ai même pas entendu entrer. Tu es là depuis longtemps ?

- Non, une minute tout au plus et je te le confirme, tu semblais vraiment perdu dans tes pensées… Un… Un problème, peut-être ? »

Harry avait hésité un instant, une voix profonde, sensuelle et grave imitant à la perfection celle de Severus lui surinait de ne pas se mêler de la vie de Seamus et Drago, mais il n’était pas un gryffondor pour rien, il n’avait jamais manqué de courage et il voulait les aider, sincèrement. Il n’avait pas réfléchi davantage avant de poser sa question. Le blond le regarda interloqué avant de se détourner un instant des yeux émeraudes, le temps pour lui de s’installer posément sur l’autre fauteuil et de faire face au joli brun :

« Qu’est-ce que vous cherchez au juste, Monsieur Potter ?

- Rien de spécial… Tu avais l’air tellement soucieux quand je suis entré que je me demandais simplement s’il y avait un problème.

- Harry, ôte-moi d’un doute… »

Le blond avait croisé élégamment ses mains sous son menton et s’était légèrement avancé sur son fauteuil. Il fixait avec attention son vis-à-vis qui semblait quelque peu gêné et mal à l’aise. Harry se racla la gorge avant de reprendre :

« Humm… Lequel ?

- D’après toi, est-ce que je ressemble à un de ces stupides gamins de première année de Poufsouffle ? As-tu sincèrement l’impression de t’adresser à l’un de ces organismes mono-neuronale qui me servent d’élèves ? Rassure-moi, Beau Brun.

- Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, Dray, je…

- Juste pour t’éviter de t’enfoncer davantage, tu n’as jamais su mentir et Seam m’a prévenu juste avant que je ne descende ici que vous aviez eu une charmante discussion à mon sujet, hier après-midi. Comptes-tu nier ?

- Et naturellement, tu m’en veux ?

- Non.

- Alors quoi ? Quel est le problème avec Seamus ? Qu’est-ce qui se passe ?

- Je te trouve trop curieux, mon Potty mais si cela peut te faire plaisir, sache que tu en sais probablement plus que moi. »

Harry sembla décontenancé par la réponse franche de son ancien amant. Drago souriait légèrement, mais ses yeux gris démentaient clairement cette expression. Au bout de quelques secondes de duel visuel entre les deux jeunes hommes, le blond soupira et il se laissa retomber lourdement contre le dossier du fauteuil, l’air visiblement accablé et triste :

« Je ne comprends pas ce qui se passe dans sa tête depuis quelques temps, en fait.

- Je… Je peux peut-être t’aider…

- Harry Potter toujours prêt.

- Hé, tu n’es pas obligé d’être vexant, Malefoy.

- Excuse-moi, ‘Ry… Je suis juste fatigué… Vraiment fatigué par tout ça. »

Harry ne savait pas exactement ce qu’il pouvait répondre à son ancien amant. Lorsqu’il avait parlé avec Seamus hier soir, le gryffondor avait été peut-être un peu trop prompt dans ses déductions, il avait rejeté instinctivement la faute sur le blond mais visiblement, Drago semblait lui aussi souffrir de la situation un peu trop compliquée du couple. Harry se morigéna : il se reprochait son manque d’objectivité dans cette histoire. Sans doute avait-il été aveuglé par ses propres souvenirs, son passé assez difficile avec Drago, leur relation avait été si éprouvante et complexe, si passionnée et destructrice en même temps. Il était cependant bien décidé à venir en aide à ses deux amis, avec ou sans leur accord. Après un léger soupir, il reprit, légèrement hésitant :

« Tu… Tu en as parlé au moins avec lui ? Tu lui as dit que tu te sentais mal également.

- Ce n’est pas si simple…

- Tu sais, Dan a raison au moins sur ce point, tu es parfois un tel gamin immature et égocentrique.

- Epargne-moi les commentaires désobligeants de Barbie, s’il te plaît, je ne suis pas d’humeur.

- Arrête ton cinéma, Dray… Monte là-haut tout de suite ! Dis-lui simplement ce que tu ressens. Je pense vraiment que ce n’est qu’un stupide malentendu entre vous.

- Tu comptes remplacer Sybille Trelawney, dis-moi ? Potter, prédiction et psychomagie, tous vos problèmes personnels résolus par les conseils avisés du Survivant… Service continu, satisfait ou remboursé.

- Cesse tes simagrées, veux-tu, parce que je vois clairement que tu l’aimes et que tu souffres aussi de la situation actuelle, alors ne gâche pas tout, ne fais pas comme si tu t’en moquais. Je ne pense pas que ce soit irréparable entre vous, quoi qu’il se soit passé…

- C’est justement ça, le problème, Potty, il ne s’est rien passé. »

Drago souriait sarcastiquement devant l’air buté et renfrogné du survivant avant de reprendre, un brin désabusé :

« Je t’assure, ‘Ry, il ne s’est vraiment rien passé.

- Ne laisse pas tout tomber, Drago. Je sais qu’il t’aime passionnément et depuis très longtemps, et même si j’ignore ce qui a pu se produire pour qu’il soit si triste et désemparé, il n’attend qu’une chose de toi.

- Vas-y, Potty, éclaire-moi. Puisque tu sembles plus au fait que moi, qu’est-ce qu’il espère de moi ?

- Arrête tes sarcasmes, Dray et oui, je pense être mieux placé que toi pour savoir ce qu’il peut ressentir. N’oublie pas que j’ai été amoureux de toi pendant des années et même si tu ne vas probablement pas le nier farouchement, tu n’es vraiment pas quelqu’un de facile à comprendre.

- Ben voyons… Alliance des gentils gryffondors contre le méchant et perfide Serpentard. Ecoute-moi bien, Potter, je n’ai rien fait et il y a encore peu de temps, je t’aurais même affirmé que tout était parfait entre nous !

- Tu lui as dit.

- Quoi ?

- Ca ! Que tout va bien. Que tout est parfait entre vous. Que tu l’aimes.

- Il le sait parfaitement.

- Permets-moi d’en douter. J’ai fait pareil pendant des années je n’ai pas cru que tu pouvais m’aimer, je croyais sincèrement que tu jouais avec moi. Tu me cherchais bien sûr, mais je pensais que tout était factice.

- Seamus n’a rien à voir avec toi, il sait exactement ce que je ressens pour lui.

- Vraiment ? Et tu le lui as dit récemment ? »

Drago se redressa légèrement, cherchant une parade à l’attaque du gryffondor mais ce dernier reprit aussitôt :

« Lui as-tu seulement jamais dit que tu l’aimais, Malefoy ? »

Drago se releva complètement et se posta devant la cheminée, il bafouilla légèrement quand il se retourna vers son ancien amant :

« Il… Il le sait. Il le sait… parfaitement.

- Tu en es vraiment convaincu. Tu le pensais aussi pour moi et pourtant j’ai douté pendant sept ans… Sept ans, Dray, sept ans où j’ai cru que je ne comptais absolument pas pour toi. Tu crois qu’il est si différent de moi…

- Je…

- Monte-là haut. Dis-le lui simplement et fais lui l’amour. Je suis certain de ses sentiments pour toi alors arrête de tout gâcher entre vous à cause de ton orgueil mal placé des Malefoy. »

Il y eut plusieurs minutes de silence entre les deux hommes, les yeux gris de Drago se perdaient dans les flammes mourantes dans l’âtre. Harry n’ajouta rien, il voulait laisser au blond le temps de réfléchir à ce qu’il venait de dire, il voulait qu’il réalise qu’il risquait de perdre Seamus s’il ne réagissait pas rapidement. Brusquement, le Serpentard se retourna et fixa le survivant toujours installé dans le fauteuil de Severus :

« Je… »

Harry se contenta de sourire avant de couper la parole au blond :

« Monte le rejoindre et n’oublie pas de lancer un sortilège de silence, j’apprécierais de ne pas avoir à expliquer à Rose demain matin pourquoi son tonton Seam a crié toute la nuit à cause de son tonton Dago. »

Le brun se releva, il fit un petit clin d’œil complice à son vis-à-vis et se dirigea vers la porte. Avant de franchir l’entrée, il se retourna simplement, il souhaita une bonne nuit à Drago et disparut aussi silencieusement qu’il était arrivé. Le Serpentard resta dans le salon, hébété pendant un long moment, le souvenir de cette discussion revenant en boucle dans son esprit. Il ne parvenait pas à croire ce que lui avait dit Harry. C’était évident que Seamus savait ce qu’il ressentait pour lui, n’est-ce pas ?

Pourtant, tout avait commencé si étrangement entre eux. Leur première fois avait été une erreur. Une monumentale erreur, le genre d’erreur qui fait qu’il n’y a jamais une seconde fois, en temps normal mais rien n’avait jamais été normal dans sa vie. Leur première fois était juste une vengeance stupide et cruelle à l’encontre d’Harry car il les avait surpris à flirter ensemble un soir, du moins, c’était ce qu’il avait cru de prime abord. Inutile de préciser qu’il s’était lourdement fourvoyé sur ce point, il en avait parfaitement conscience aujourd’hui. Toujours est-il que lorsqu’il avait dragué et finalement allongé Seamus sur ce sofa au square Grimmaurd, tout s’était passé naturellement entre eux et il avait vraiment aimé lui faire l’amour. Oh bien sûr, jamais il ne l’aurait admis à l’époque. Son cœur, son esprit, son corps étaient épris désespérément du brun aux yeux d’émeraude, il ne vivait, ne respirait que pour l’instant où Harry se tournait vers lui et le regardait avec cette intensité, cette fougue, cette passion colérique qui le caractérisait.

Cependant, s’il avait été un peu honnête avec lui-même, il aurait admis avoir réellement apprécié ce moment, cette nuit inattendue dans les bras de Seamus, et même plus qu’apprécié en fait, mais les circonstances, la guerre, sa situation ambiguë et difficile avec Harry avaient transformé tout cela en un splendide et incroyable fiasco. Dean Thomas était mort deux jours plus tard, Seamus avait quitté Londres précipitamment sans qu’il ait eu seulement le temps de lui parler, de s’excuser pour son attitude, pour s’être servi de lui aussi lâchement, sans se soucier des conséquences. Ce fut ensuite une longue descente aux enfers.

Le brun lui en voulait terriblement, même s’il n’osait jamais aborder ouvertement le sujet, leur relation était toujours plus tendue, plus conflictuelle et cela n’avait cessé d’empirer jusqu’à ce qu’Harry parvienne enfin à vaincre Voldemort au ministère dans la salle du voile. A Sainte-Mangouste, cette nuit-là, alors que le brun pleurait la mort tragique de Ron, Drago avait pensé que tout était enfin réglé, il avait embrassé son bel ange et ce baiser avait eu un goût de magie et d’éternité. Le lendemain, Harry s’était envolé, disparu à son tour, juste un mot laissé… Pendant sept ans. L’éternité avait finalement quelque chose de bien éphémère pour lui. Il était cependant un Malefoy, il avait donc poursuivi son chemin, l’air sûr de lui et inattaquable, il était devenu maître des potions de Poudlard en lieu et place de son parrain, il avait acquis une certaine réputation dans sa profession, il vivait avec Charlie Weasley mais il n’était pas dupe, tout n’était en fait que poudre aux yeux. Il voulait revoir Harry. Pour le faire souffrir autant qu’il souffrait… Pour… Pour tant d’autres choses en réalité.

Sept années. Et tout avait été chamboulé par l’arrestation inattendue de Bellatrix par Blaise. A nouveau Voldemort, son père, la guerre. Tant de personnes blessées. Tant de vies détruites. C’était pendant ces temps troublés qu’Harry était revenu dans sa vie, mais, le joli brun n’était plus seul, désormais, il y avait Severus dans la vie du Gryffondor. Harry aimait l’ancien espion, sincèrement, profondément, depuis des années. Drago avait mis du temps à l’admettre. Il l’avait réalisé complètement la première fois où il avait fait l’amour au gryffondor dans la bibliothèque du manoir des Prince alors que Severus était parti à Durmstrang pour chercher Seamus. Le blond voulait seulement vivre auprès d’Harry, il voulait l’aimer et le chérir passionnément mais son espoir s’était évanoui au moment où il avait pensé l’atteindre. Il était réellement anéanti, mais comme tout bon Malefoy, il savait taire ses sentiments. A quoi bon, de toute façon ?

Curieux hasard, ironie du sort, diraient certains. A la demande d’Harry, il avait dû faire équipe pendant des semaines avec Seam alors que les attaques de Voldemort sur son cher beau brun ne cessaient de s’accentuer. Il avait le cœur déchiré de le voir souffrir un peu plus chaque jour, de le voir s’éloigner de lui aussi, inexorablement. Etrangement, Seamus était là, malgré le passé, il l’écoutait, le conseillait, le réconfortait, avec cette douceur incroyable qui le caractérise tant. Ce fut à ce moment là que Drago repensa à cette fameuse erreur, cette nuit pour se venger d’Harry. Il repensa aux soupirs qui s’échappaient faiblement des lèvres de Seamus alors qu’il le faisait sien, passionnément, il repensa à ses caresses empressées sur ce corps dénudé. C’était étrange, déroutant, déstabilisant et le blond ne voulait pas s’aventurer au-delà : il l’avait fait suffisamment souffrir. Comme tout bon Malefoy, il savait taire ses sentiments. A quoi bon, de toute façon ? Oui… A quoi bon ?

La fin de la guerre lui paraissait encore aujourd’hui lointaine et incompréhensible, comme s’il avait subi les événements qui s’enchaînaient les uns à la suite des autres sans rien pouvoir y changer, sans rien pouvoir empêcher. L’enlèvement de Severus par Carrow, la capture du magnifique brun aux yeux d’émeraude par son père, le martyr subi par cet ange magnifique de fragilité et de puissance, sa descente dans le voile pour le sauver. Parfois, il avait encore du mal à croire que le gryffondor avait vaincu, qu’il était sorti vivant de ce terrible duel contre Voldemort, que ce terrible cauchemar s’achevait finalement.

Deux jours seulement après le combat, alors qu’Harry était toujours inconscient à Sainte-Mangouste, Severus avait quitté précipitamment Londres, sans prévenir quiconque. Le lendemain, Seamus était parti également, il avait laissé un vague mot à Grimmaurd, c’était Charlie qui l’avait découvert et lorsque son ex-rouquin le lui avait appris, le serpentard avait eu un curieux pincement au cœur, un goût étrange d’inachevé et de gâchis, mais, comme tout bon Malefoy, il savait taire ses sentiments, ses doutes et lorsqu’Harry s’était réveillé au bout d’une semaine de soins intensifs, il lui avait simplement annoncé le départ de Severus. Le gryffondor était tellement perdu, encore plus désemparé. Drago l’avait tendrement serré dans ses bras pour le protéger un peu. Il n’était sûr que d’une chose à cet instant précis, alors il s’était accroché à cette seule certitude : Harry avait besoin de lui plus que jamais, il avait besoin de lui pour se reconstruire, il avait donc été là, à ses côtés.

Les deux jeunes hommes s’étaient naturellement installés ensemble dans les cachots à Poudlard. Drago avait reprit son enseignement des Potions, l’aidant au mieux à oublier toutes les horreurs qu’il avait traversées mais chaque nuit, alors qu’il feignait de dormir, il entendait Harry se relever silencieusement, il le voyait se perdre dans ses souvenirs. C’était en juin, une nuit que Drago s’était décidé à le rejoindre, parce que c’était inévitable, parce que c’était mieux pour chacun d’eux. Harry n’aurait, de toute façon, jamais eu la force de rompre et il voulait lui rendre sa liberté. Bien sûr, une partie de lui aimerait toujours le brun aux yeux d’émeraude, il avait été son premier amour, il avait été ses rêves, ses envies pendant si longtemps mais il savait aussi que c’était aussi du passé, que parfois, il faut tourner la page, qu’il faut oublier, qu’il faut reconstruire. Leur histoire tumultueuse et passionnée avait pris fin cette nuit-là, sans cri, sans heurt, c’était inéluctable. Ils en avaient tous les deux consciences.

Il continuait donc son chemin, seul. Enfin, c’était sans compter sur Harry qui voulait jouer les apprentis Serpentards et les faiseurs de bonheur. Sans qu’il ne le sache, le gryffondor avait convaincu Seamus de revenir à Poudlard, en tant que nouveau maître des Sortilèges. Il n’avait découvert cela qu’à la rentrée. Il en avait été plus que surpris mais aussi profondément heureux. Il aimait se promener avec Seam à Pré-Au-Lard ou dans le parc de l’école de Sorcellerie et très vite, ils avaient fait de leur ballade quotidienne un rituel incontournable. Drago avait l’impression que la chance, le destin ou quoi que ce soit d’autre lui donnait l’occasion de se racheter auprès du jeune homme pour tout le mal qu’il lui avait infligé par le passé. Il aimait sincèrement ces moments paisibles à discuter, à rire, à plaisanter et le soir lorsqu’il rentrait dans ses appartements, il se remémorait ces instants particuliers. Il rêvait de plus en plus souvent à cette nuit au Square Grimmaurd. Plusieurs fois, les soirs, il avait même pensé retrouver Seamus dans la tour ouest des Gryffondors, il avait vraiment souhaité le rejoindre dans sa chambre mais il s’était abstenu, comme tout bon Malefoy, il savait taire ses sentiments. Il se tenait à cette décision, vaille que vaille : il ne voulait surtout pas le blesser plus qu’il ne l’avait déjà fait par le passé, c’était là sa seule certitude.

Malheureusement pour lui, c’était sans compter sur l’esprit particulièrement machiavélique et retors du survivant qui les avait tous invités à Beauxbâtons pour célébrer les fêtes de fin d’année, il y a deux ans maintenant. Compte tenu du nombre d’invités dans la petite demeure, le joli brun leur avait dit avec un sourire faussement adorable et candide que Seamus et lui n’avaient pas d’autres choix que de partager la dernière chambre. Drago avait eu à cet instant l’envie furieuse d’étrangler son ex, une folle et irrésistible envie de le tuer. Là. Immédiatement. Bien sûr, Harry n’était pas censé savoir que les jours passant, le serpentard avait de plus en plus de difficultés à rester indifférent et impassible face au visage angélique et doux de son collègue de travail, qu’il avait de plus en plus de mal à ne pas se pencher sur les lèvres rosées pour leur voler un baiser et que cette idée stupide de retrouver Seamus dans ses appartements à la tombée de la nuit, devenait de plus en plus pressante, obsédante même. Par Merlin, son ex n’avait rien trouvé de mieux que de les installer dans la même chambre. Salazar, il allait devenir cinglé, il allait mourir de frustration s’il entendait pendant les quinze prochains jours la douce respiration endormie de Seamus. C’était une chose de ne pas traverser tout le château de Poudlard pour ne pas céder à la tentation, c’était une autre histoire que de faire fi de ce corps allongé à quelques mètres de lui. Comment pourrait-il résister en le sachant si près de lui ?

Il n’eut pas à se poser la question car ce fut Seamus qui fit le premier pas. Le soir de Noël, l’Irlandais s’était avancé lentement vers lui avec cette étrange lueur d’inquiétude et d’espoir dans le regard et les lèvres rosées avaient doucement effleuré les siennes, une simple caresse, une esquisse à peine osée. Avant même qu’il n’ait compris, Seamus s’était reculé, instinctivement et Drago était resté quelques secondes sans réaction, fixant attentivement le maître des Sortilèges qui tremblait de tout son corps. Il avait espéré cela depuis des semaines et à présent, il ne savait que faire. Il était bêtement ému, stupidement heureux, il s’était penché doucement vers le visage de son vis-à-vis et avait initié le second baiser, beaucoup plus profond et passionné. Il avait imaginé cette sensation depuis si longtemps et il avait une telle envie de lui. Drago voulait ce corps contre le sien, il voulait retrouver cette impression qu’il n’avait pas pu oublier de ses mains caressant la peau pâle de Seamus et depuis cette soirée de noël inoubliable, depuis maintenant deux ans, il éprouvait toujours cette émotion intense à son contact, ce plaisir, ce désir comme un déferlement. Il aimait sa présence à ses côtés, sa joie de vivre, il aimait son sourire, il aimait ses éclats de rire et ses soupirs d’abandon.

Alors par Salazar, Harry avait tort, le brun se trompait forcément cette fois. Seamus savait à quel point il comptait pour lui, il ne pouvait pas ignorer tout cela. C’était juste impossible. Seulement une voix ressemblant à s’y méprendre à celle de Barbie lui surinait à tue-tête qu’il n’était qu’un gamin immature et égocentrique et celle de son cher Beau Brun surenchérissait en lui martelant qu’il ne devait pas tout gâcher. N’y tenant plus, Drago s’élança en direction du premier étage.

Lorsqu’il arriva à sa destination, le blond respira une seconde, le temps de reprendre son souffle et ses esprits. Il fallait qu’il sache clairement ce qui se passait, pourquoi Seamus semblait si triste et désemparé, il poussa donc doucement la porte et s’avança dans la pièce sombre, vaguement éclairée par la lune lointaine. Il n’y avait aucun bruit, il resta un instant sans bouger, à observer la silhouette fine de Seamus, perdu sous les draps. Drago se retourna et lança en informulé un puissant sortilège de silence et de fermeture avant de progresser vers le lit et de s’y asseoir. Il se cala nonchalamment contre les oreillers moelleux et croisa ses jambes élégamment avant de toussoter légèrement :

« Inutile de faire semblant de dormir, Finnigan. »

Un grognement sonore lui répondit et le serpentard se retint difficilement de rire devant l’attitude enfantine de son amant qui bougonnait ouvertement maintenant :

« Je n’ai pas envie de te parler, alors fiche-moi la paix.

- Dommage car moi j’ai des choses à dire et je veux également des réponses. »

C’était tellement facile de le titiller, de l’énerver et comme il s’en doutait, sa réplique ne rata pas sa cible. Seamus se releva à moitié, rejetant au loin couverture et drap, fusillant du regard le blond aux yeux gris :

« Qu’est-ce que tu veux encore ?

- Savoir.

- Quoi ?

- Ce qui se passe. Ce que tu as en ce moment.

- BEN, VOYONS ! C’EST TELLEMENT FACILE. LE PROBLEME, C’EST FORCEMENT MOI, N’EST-CE PAS ?

- Inutile de hurler, je ne suis pas encore sourd. »

Dans une attitude altière, le blond toisa son amant qui fulminait littéralement et il reprit tranquillement comme si de rien n’était :

« Tu pourrais peut-être m’expliquer ce qui te tracasse au moins.

- Je n’ai rien à te dire et si tu n’as aucune idée du problème, je ne vois vraiment pas pourquoi je perdrais encore mon temps à te l’expliquer…

- Et c’est moi que l’on traite de gamin immature… On croit rêver.

- TU OSES EN PLUS… »

Cette fois, Seamus s’était complètement relevé, furieux comme jamais mais il fut retenu par une main forte sur son poignet gauche et se retrouva sans qu’il ne sache trop comment plaquer fermement contre le matelas et retenu par le corps plus grand de Drago.

« LACHE-MOI ! LACHE-MOI IMMEDIATEMENT !

- Tssss… Je t’ai déjà dit que je n’étais pas encore sourd. »

Le jeune homme n’eut pas le temps de protester davantage car la bouche du blond recouvrit la sienne et une langue impétueuse et déchaînée s’était déjà engouffrée en lui, cherchant, fouillant, dévorant avec frénésie. Il tenta bien de le repousser, il gigotait comme un beau diable mais rien n’y faisait et une chaleur traîtresse s’était emparée de son bas-ventre. Malheureusement pour lui, Drago s’en rendit également compte et cessa aussitôt le baiser. Il le regardait avec une petite lueur de victoire qui ne fit qu’accentuer encore sa colère :

« TU ES FIER DE TOI, EN PLUS.

- Assez. Au moins, je sais maintenant que notre problème ne vient visiblement pas du fait que tu te sois lassé de mon indéniable talent à t’envoyer au septième ciel. »

Drago se releva presque complètement, il était maintenant à genoux, une jambe de part et d’autre du corps de Seamus. Il pouffa de rire lorsque l’autre homme d’un geste rageur s’essuya la bouche.

« Voyons, sois sérieux, comme si j’allais croire que mon baiser t’avait répugné. »

Il argumenta ses paroles par un regard appuyé vers l’entrejambe de Seamus qui ne s’en laissa pourtant pas compter et rétorqua :

« Simple réaction mécanique.

- Tu veux que je vérifie encore peut-être.

- Qu’est-ce que tu cherches à la fin ? Tu es parti tout à l’heure furieux…

- A qui la faute ?

- Et tu reviens comme si de rien n’était, prêt à me sauter.

- Les privilèges de l’inconstance.

- Ne te fiche pas de moi ! »

Le regard gris se fit plus doux, presque perçant, comme s’il essayait de deviner les pensées de son amant, visiblement perdu et troublé. Salazar, cet air le rendait encore plus attirant. Drago profita du désarroi évident de Seamus pour frôler à nouveau la bouche tentatrice. Cette fois, le grognement de protestation tenait plus du soupir de contentement et les lèvres rosées s’entrouvrirent aussitôt très légèrement. Le blond s’avança tel un félin vers Seamus jusqu’à le faire complètement basculer contre les oreillers. Il le plaquait de tout son corps et accentua encore son baiser, il l’explorait maintenant avec douceur et minutie, ne laissant pas une seule chance à l’autre homme de riposter ou répondre à son attaque. Il sentait le souffle difficile et haletant de Seamus, il voyait son corps se tendre progressivement, se cambrer vers le sien et c’était simplement parfait. Brusquement, il stoppa tout, il veilla cependant à effleurer, à caresser de ses lèvres le visage de son amant dont les joues avaient furieusement rougies :

« Dra… Drago…

- Oui, Monsieur Finnigan. Un problème dont tu souhaiterais me parler, peut-être ?

- Tu… Tu es un tel salopard.

- Arrête. Tu me flattes trop, mon amour.

- Va te faire…

- Du moment que c’est toujours avec toi. »

Seamus fut si surpris qu’il ouvrit des yeux immenses. Drago reprit, frôlant et esquivant perversement les lèvres de son amant, à dessein.

« Ca fait tout de même deux ans jour pour jour, tu ne crois pas qu’il serait tant d’officialiser un peu… »

Cette fois, Seamus se dégagea violemment de son étreinte, renversant le blond au passage sur le côté vide du lit et bégaya péniblement :

« QU… Quoi ? »

Drago se retint de rire au visage stupéfait de son amant. Très content de son petit effet, il se réinstalla posément contre la tête du lit. L’autre avait visiblement des envies de meurtre. Evidemment, le blond en était plus que satisfait et il reprit avec une certaine nonchalance :

« Parfois, j’ai vraiment l’impression de m’adresser à l’un de ces organismes mono-neuronale qui me servent d’élèves quand je te parle. »

Passablement exaspéré par l’attitude du Serpentard qui admirait avec attention ses ongles de main, Seamus lui décocha un coup un peu brusque sur le bras droit qui le fit faussement gémir de douleur. Le maître des sortilèges rétorqua aussitôt d’un ton impératif :

« Répète.

- Quand je te parle, Finnigan, j’ai parfois l’impression de m’adresser à…

- Pas ça, crétin ! AVANT ! Qu’est-ce que tu as dit avant ?

- Je ne vois pas…

- Ne joue pas à ça avec moi, Malefoy ou je te jure que je te transforme en pâté pour les scouts à pétards d’Hagrid !

- Humm… J’aimerais bien voir ça…

- Ne me tente pas et je suis sérieux. Qu’est-ce que tu as dit ? Réponds-moi. »

Il y avait une urgence angoissée, un empressement non feint dans la voix de Seamus et Drago en était heureux, sincèrement. Il se tourna vers l’autre homme. Il fixa durant de longues secondes son visage gracieux et parfait, ses yeux délicats et expressifs puis il se redressa complètement pour lui faire face :

« Je pense que je suis vraiment bien avec toi. »

Il marqua volontairement un temps d’arrêt dans son discours, laissant à Seamus le temps d’appréhender tout le sens de ses paroles, tout ce qu’elles impliquaient :

« Je pense que j’adore te taquiner, je pense que j’adore te voir réagir à mes baisers ou mes caresses, je pense que j’adore te regarder dormir au petit matin, je pense que je t’aime, Seamus Finnigan et depuis bien longtemps maintenant. »

Dire que le Maître des Sortilèges était estomaqué, aurait été un doux euphémisme. Il avait la bouche légèrement entrouverte, dans un ‘oh’ muet et interrogateur ce qui fit sourire ironiquement le blond.

« Un ‘moi aussi, mon amour, je t’aime’, serait le bienvenu dans ces circonstances. »

Le serpentard se pencha vers Seamus et déposa chastement ses lèvres sur son front et continua comme si de rien n’était :

« Je pense aussi que tu me dois une explication sérieuse. Qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce qui te perturbe à ce point en ce moment, dis-le moi maintenant.

- Je… Je… »

Le bégaiement adorable de Seamus le rendait si diablement attirant, Drago poussa à nouveau l’Irlandais contre les oreillers moelleux et s’allongea à dessein sur le corps de son amant, le bloquant complètement.

« Je suis tout ouïe.

- Je croyais… Enfin… Harry…

- Amour, que vient faire notre cher Potty dans notre lit, à cet instant précis. Tu m’expliques là ?

- Je… Je pensais que…

- Crache le morceau, Finnigan et vite ou je serai contraint d’utiliser un impardonnable contre toi pour te faire parler.

- Je… »

Au bout d’un instant, Seamus se décida, il prit une profonde inspiration et déclara sans reprendre son souffle, d’un seul trait :

« Si Harry ne t’avait pas plaqué pour Severus, qui serait dans ton lit ce soir ? S’il n’avait pas fait ce choix, à qui dirais-tu ‘je t’aime’ ? Moi ou lui ? »

Cette fois, ce fut au tour de Drago d’opter pour une jolie moue expressive, la bouche légèrement ouverte.

« Tu n’es pas vraiment sérieux, rassure-moi.

- Je veux une réponse, Dray, j’en ai besoin.

- Salazar, je n’ai jamais rien entendu de plus stupide. »

Au temps pour lui, le blond se prit une petite tape sur l’épaule.

« Je suis un Malefoy, Finnigan. Ne vois-tu pas un non sens dans ton hypothèse ?

- Pardon ?

- Un Malefoy ne se fait pas plaquer, Seamus. C’est une loi de la nature.

- Que… QUOI ? »

Tout devenait enfin plus clair, il y avait une explication au regard douloureux de Seamus depuis quelques temps. L’Irlandais craignait que Drago ne l’aime pas, du moins pas autant qu’il n’avait aimé Harry. Que pouvait-il répondre à cela ? Oui, le beau brun avait été important dans sa vie, dans son cœur, c’eut été mentir que de prétendre le contraire mais il avait tourné la page avec lui, la nuit où il l’avait rejoint pour lui dire de partir… Peut-être même bien avant s’il était honnête. Le blond soupira et déposa juste un instant ses lèvres sur la bouche de son amant avant de reprendre dans un chuchotement :

« Seam, jamais Harry n’a pris cette décision, de toute façon, il en aurait été bien incapable à l’époque. Il ne savait plus où il en était, il était tellement perdu et puis, tu connais son syndrome du héros, il n’aurait jamais osé de peur que j’en souffre d’une quelconque façon. C’est moi qui ais mis un terme à notre histoire, c’est moi qui ais rompu. Pas lui. Harry fait partie de mon passé depuis bien longtemps, il serait peut-être temps que toi aussi tu tournes la page, non ? »

Seamus semblait tellement désarçonné, le blond l’embrassa juste une seconde et il reprit encore plus doucement :

« Seamus Finnigan, nous sommes ensemble depuis deux ans, jour pour jour. C’était dans cette même chambre, dans ce lit que j’ai compris que je te voulais toujours à mes côtés, parce que je suis enfin en paix avec moi-même lorsque tu es là. Je suis simplement heureux et je ne l’ai jamais autant été que lorsque tu as fait le premier pas et que tu m’as embrassé. J’avais l’impression de devenir cinglé à te côtoyer sans pouvoir te faire l’amour, sans pouvoir te caresser et je crois que je n’aurais jamais osé de peur de te faire souffrir d’une quelconque façon, mais lorsque j’ai réalisé… Salazar, c’était juste ce que j’attendais, ce que je désirais et ce sera toujours le cas. »

Une larme traîtresse roulait doucement sur la joue du Maître des Sortilèges que Drago effaça tendrement avant de capturer les lèvres du jeune homme entre les siennes. Cette nuit, ils firent l’amour avec passion, avec dévotion, ils s’aimèrent encore plus, encore plus longtemps, gémissant, chuchotant des promesses d’éternité. Pour la toute première fois, ils osaient avouer leur sentiment, ils avaient tourné définitivement la page.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Le matin de Noël qui suivit cette nuit, Daniel, Blaise, Charlie et Sam se moquèrent gentiment de l’air attentif et prévenant de Drago pour son amant. Harry, lui, regardait avec une petite lueur de fierté ses amis qui étaient heureux et unis comme jamais. Il se câlina dans les bras de Severus tandis que l’espiègle Rose s’amusait et riait en découvrant les trésors empilés au pied du sapin sous le regard attendri de ses parents.

La guerre était loin d’eux désormais. Ils avaient tout à vivre. Tant à aimer. Une page blanche à écrire…

FIN

Voilà qui clôture le mystère du langue de plomb... Cette histoire qui me tenait tant à coeur s'achève et je suis bien nostalgique...

Si vous finissez cette histoire, maintenant ou dans quelques mois... n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, j'en serai enchantée.

Et à partir de la semaine prochaine, la suite de opération marions-le... 'Opération : Quand bébé arrive'...

Merci à tous les reviewers, lilywen


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