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TV Shows » Supernatural » Un caddie pour l'enfer
Dex et Moht
Author of 2 Stories
Rated: T - French - Mystery/Humor - Dean W. & Sam W. - Reviews: 55 - Updated: 10-26-08 - Published: 09-28-08 - Complete - id:4563743

Défi du chapitre précédent : Dexterine devait raconter les aventures des frères Winchester face aux fameux Hoch-Badoum et autres Daddajägga. Donc certains de vous avaient partiellement raison.

Sinon, pour ce chapitre... J'avais envisagé de le poster dans quelques jours, le temps de pouvoir le reprendre et l'améliorer mais il s'avère que je n'aurai pas le temps, faute de cette foutue vie sociale. Je vous jure, avoir des amis, quel fléau parfois... Donc voilà, le chapitre restera tel quel, c'est à dire pas bien glorieux... Si comme moi vous avez le sentiment que cette fic vraiment sympa se termine en eau de boudin, je vous en voudrait pas, vraiment.

Là encore il y a un défi, mais comme y'aura plus rien de posté à la suite, je vous donne la réponse à la toute fin de ce chapitre! Ne trichez pas!

Un Caddie pour l'Enfer

9

Le retour de Mégablog

Pour la vingt-huitième fois en l'espace de cinq minutes, Sam soupira. Jamais, ô grand jamais, il n'aurait dû accepter ce plan à la con. Bien sûr, Dean était plus rapide que lui et tout le tralala mais c'était quand même pas rassurant de savoir son frère casse-cou à légères tendances suicidaires s'approcher délibérément d'un monstre sanguinaire. Pas rassurant du tout, même. Il regarda sa montre une énième fois avant de soupirer. Oui, encore.

«Qu'est-ce qu'il glande, bordel de merde?» marmonna-t-il.

Leslie devait avoir l'ouïe surdéveloppée de Kyle XY parce qu'elle lui répondit : «Il a dit d'attendre le signal, calme-toi un peu Rambo.»

Sam tourna lentement la tête dans la direction de la chasseuse. Soit elle était conne, soit elle avait de très fortes pulsions masochistes et prenait du plaisir en se faisant frapper. Après s'être pris la droite du siècle par son frère, elle n'avait toujours pas compris une règle d'or : ne jamais faire chier un Winchester. Il envisagea l'espace d'un instant de lui coller une autre beigne pour avoir la paix mais se contenta d'un simple mais efficace «Ta gueule» doublé d'un regard noir dont son père aurait été fier.

Il attendit une poignée de minutes supplémentaires avant de se lever et de sortir de leur planque.

«Hey, mais où tu vas?»

«Rejoindre mon frère, y'a quelque chose qui cloche.»

Comme quoi y'avait pas que quand c'était lui l'appât que tout partait en vrille. Il était pareil que son père et son frère, sur ce point, c'était juste qu'il avait jamais eu l'occasion de s'en rendre compte avant. Il était tout bonnement incapable de rester à sa place à attendre que tout se passe selon leur plan bancal alors qu'il savait son frère en danger.

«Je reste ici, au cas où euh... Au cas où.» répondit Leslie.

Au cas où. Mon cul, ouais. Elle avait surtout la trouille. Peut-être même plus de Dean que du chien.

«Ouais, bonne idée.» lui lança Sam qui ne fit aucun effort pour masquer la moquerie dans sa voix.

Il passa par le rayon alcool et prit deux petites bouteilles de vodka. Il les ouvrit d'un geste expert (il avait été à la bonne école, avec Dean), déchira le mouchoir en tissu qui traînait dans le fond de sa poche en deux et fourra chaque moitié dans le goulot des bouteilles. Si les choses tournaient mal, il aurait deux cocktails molotov à balancer à la gueule du chien. Il savait que c'était juste un animal perdu et affamé qui ne méritait probablement pas ce qui lui arrivait mais Sam avait épuisé sa réserve de compassion pour la soirée. Il avait quand même failli être bouffé, merde!

Il reprit son chemin, l'oreille aux aguets. Non, toujours pas de signal. C'était définitivement mauvais signe. Quand Dean mettait autant de temps qu'une mamie à traverser la route, ça ne l'était jamais. Tirant définitivement un trait sur les consignes de base, il se mit à courir vers le rayon bricolage avec une irrésistible d'appeler son frère.

Il arriva à destination moins d'une minute plus tard et ce qu'il vit le laissa bouche-bée. Dean était en train de nettoyer les blessures du chien à grand renfort de bouteilles d'eau minérale tout en lui caressant gentiment la tête. Comme s'il s'agissait d'un gentil petit bichon à sa mémère et non pas du foutu gardien de l'enfer lui-même.

Sam hésita entre hurler, se jeter contre les murs jusqu'à ce que sa tête explose, tenter une périlleuse mission de sauvetage à l'aide d'un sécateur et d'un pot de colle et rester à sa place pour regarder. Il finit pour opter pour la dernière solution. Après tout, il n'avait pas envie que son frère se retrouve sans bras à cause d'un bref moment de panique.

Bien qu'il ne fit aucun bruit, Dean se retourna quelques secondes plus tard. C'était le genre de choses pour lesquelles Sam ne s'étonnait même plus. Dean était capable de le repérer à cent mètres à la ronde. Même au milieu d'une foule, avec quelques bières dans le nez et les yeux bandés. C'était parfois effrayant mais la plupart du temps, c'était rassurant.

«Hé Sammy.»

C'était typiquement Dean, ça. Balancer un truc aussi bateau que ça alors qu'on est en train de copiner avec une bestiole plus grosse qu'un hummer, y'avait que lui qui pouvait le faire avec autant de naturel.

«Je peux savoir ce que tu fous?»

Dean lui lança son regard 't'es con ou quoi?' que Sam détestait tant.

«Ton plan, attirer le chien, donner le signal... Ca te rappelle rien par hasard?» continua le plus jeune.

«C'était un mauvais plan, de toute façon.»

«Parce que faire des papouilles à Cerbère, c'est tellement plus intelligent et moins risqué!»

Parce qu'il décela une légère note d'hystérie dans la voix de son cadet, que ça risquait d'énerver le chien et qu'ils n'avaient vraiment pas besoin de ça, Dean se leva lentement et vint se planter devant Sam.

«Du calme, ok? Tu pourras m'engueuler comme tu veux mais après. Pour l'instant, le chien est blessé alors je le soigne. Pendant ce temps, t'as qu'à découper de la corde. Assez long pour en faire une laisse.»

Sam cligna bêtement des yeux. Il se croyait en plein rêve, comme quand on dit plein de trucs sans queue ni tête mais que ça nous paraît tout à fait cohérent. Là c'était pareil.

«Tu fais un nœud coulissant double épaisseur. Tu te rappelles comment on les fait?»

Cette dernière phrase tira Sam de sa torpeur. Oui, il se rappelait fort bien la fois où leur père lui avait fait faire et refaire des noeuds à la longueur de journée juste pour vérifier qu'il les faisait correctement. Enfin, c'était la raison officielle. En réalité, Sam était persuadé que c'était juste une punition pour avoir osé dire la veille que les pâtes étaient dégueulasses, et que John l'avait plutôt mal pris.

«J'ai plus quatre ans, Dean.»

«Mais oui, t'es un grand garçon maintenant.»

Sam le regarda quelques secondes avant de lui tourner le dos et de se mettre à la recherche de corde. Tant pis si ça lui donnait l'air de bouder, mais son frère lui sortait vraiment par les trous de nez, parfois. Heureusement pour Dean, Sam l'aimait suffisamment pour ne pas accepter que le chien en fasse son quatre heures.

Rapidement, Sam trouva différents types de cordes dans le rayon. Il choisit la plus fine et la plus résistante possible afin que le chien ne puisse pas la rompre en la mordant. Il en découpa une cinquantaine de mètres et fit un nœud de la taille d'un pneu de camion.

Prenant son courage à deux mains, il s'approcha du chien pour lui passer autour du cou. Malheureusement, Kerberos ne l'entendait pas de cette oreille et se mit à grogner. Des crocs gigantesques dépassaient de ses babines et une fumée âcre sortaient de ses naseaux. Plus Sam avançait, plus le chien se montrait hostile.

«Je crois qu'il m'aime pas, Dean.»

«Forcément, t'arrives comme une vrai barbare. Il a peur, le pauvre.»

«Le pauvre? Moi aussi j'ai peur, putain! Viens prendre la corde et lui passer toi-même, on verra si tu fais mieux.»

Dean leva les yeux au ciel, geste qu'il piquait inconsciemment à son frère de temps en temps, et enserra la corde autour du chien en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Évidemment, il fallait toujours qu'il relève tous les défis que Sam lui lançait haut la main et les doigts dans le nez pour pouvoir se pavaner par la suite. Sinon, où était le fun?

«Bon... Qu'est-ce qu'on fait maintenant?» demanda Sam, agacé.

«Je lui ordonne de mettre Leslie en morceaux?» proposa Dean.

Sam essaya de ne pas sourire mais échoua misérablement. Dean parvenait toujours à s'en sortir avec une petite blague qui faisait que Sam n'arrivait jamais à rester fâché bien longtemps. Et même si c'était pas une blague, la pensée de voir l'autre chasseuse en charpie était plutôt réjouissante.

«Faudrait que le passeur vienne le récupérer. Une idée, pour qu'il se pointe?»

Sam réfléchit un instant.

«Euh... On l'appelle?»

«On connaît même pas son nom. J'ai pas envie de me prendre un coup de fouet si je l'appelle Machin Puant ou Truc Tout Moche.»

«Deaaaan...» menaça Sam, la voix traînante. «Qu'est-ce qu'on a dit, après le Daddajägga?»

«Le Daddajägga, hum?» demanda une voix sépulcrale derrière eux.

Le cœur de Sam manqua se sortir de sa poitrine et Dean laissa échapper une des ses insultes préférées.

«On discutait euh... d'une ancienne chasse.» expliqua l'aîné.

«Je vois... Vous avez attrapé Kerberos, merci beaucoup. On va pouvoir repartir maintenant.»

Le passeur tendit la main et Dean lui donna l'extrémité de la laisse à contrecœur. L'idée que les horribles baguettes tordues qui servaient de doigts au passeur puissent l'effleurer...

«Messieurs, ce fut un vrai plaisir de collaborer avec vous. Dean... A très bientôt.»

Et comme ça, il disparut.

«Le fils de pute!» cracha Sam.

«Saaaaam... Qu'est-ce on a dit, après le Daddajägga?»

Sam esquissa un sourire mais le cœur n'y était pas. Les rares fois où il parvenait à oublier le putain de pacte que son idiot de frère avait passé, que le compte à rebours s'arrêtait enfin dans sa tête, il fallait toujours que la réalité le rattrape et ne vienne à nouveau lui éclater à la gueule.

Soudain, les lumières se rallumèrent une à une. Quelques secondes plus tard, Leslie débarqua en clignant des yeux.

«Ca y est, vous avez réussi?»

Bon Dieu, pourquoi fallait-il toujours que les gens posent des questions débiles? Dean s'apprêtait à y aller de sa petite remarque sarcastique quand Sam le devança.

«Non, on est tous morts et on s'est envolés au Paradis du supermarché, ça se voit pas?»

Dean sourit. En temps normal, avec d'autres personnes, Sam aurait prit le temps d'être gentil, de rassurer les gens, de leur dire que tout était fini désormais. Bref, il aurait été plein de gentillesse. Mais avec Leslie, c'était tout le contraire. Il ne devait vraiment pas l'aimer. Faut dire qu'il avait de quoi, elle l'avait presque carbonisé. Et bien que Sam n'ait pas la rancune tenace, ça avait quand même de quoi le refroidir pendant quelques temps.

En silence, ils marchèrent jusqu'au bureau de surveillance où les autres s'étaient prudemment barricadés. Dean frappa trois coups secs à la porte.

«C'est qui?»

Et une autre question débile pour la route.

«C'est nous. Sam et Dean.»

«Et Leslie!» ajouta la chasseuse.

«Et Leslie, ouais...»

La porte s'ouvrit lentement, laissant peu à peu apparaître un David armé d'un lance-flamme et visiblement à cran. Il se montra toutefois soulagé quand il constata que c'était bien eux. Des fois que ce soit le chien qui ait imité leurs voix...

«Ca y est, le chien et le passeur sont retournés d'où ils viennent.» annonça Sam.

«Ca veut dire qu'on peut enfin sortir d'ici?» demanda doucement Chris qui tenait un Charlie endormi dans ses bras.

«Exactement. Mais va falloir s'attendre à répondre tout un tas de questions du FBI. Ils sont sûrement là dehors, à réfléchir à un moyen d'entrer.»

Sam se mit à gigoter, se balançant d'un pied sur l'autre. David se racla la gorge mais passa inaperçu.

«Je veux pas jouer le rabat-joie mais euh... faut qu'on arrive à sortir en douce avant qu'ils n'entrent, ce qui ne devrait plus être long...»

Chris les regarda étrangement.

«Pourquoi vous sortez pas en même temps que nous?» demanda-t-il.

«Longue histoire... On n'a pas vraiment le temps.» coupa Dean.

David se racla une nouvelle fois la gorge.

«Euh... les gars? Y'a personne, dehors.»

«Hein?» demanda Dean en haussant un sourcil.

«Le FBI est pas encore là. Regardez...»

Il pointa du doigt le bloc de six écrans qui transmettaient les images filmées à l'extérieur du magasin. En effet, il n'y avait personne. A l'extérieur, il faisait toujours noir comme dans un cul de singe et tout la ville était paisiblement pelotonné sous sa couette, inconsciente de ce qu'il s'était passé dans son supermarché. Du moins jusqu'au matin. Quand ils apprendraient, les gens en parlerait pendant des semaines.

«C'est parfait, mais on ferait quand même mieux de filer, Sam et moi. Un conseil, concertez-vous histoire d'avoir la même version des faits sinon vous risquez d'avoir des problèmes.»

Les frères serrèrent la main de tout le monde, sauf celle de Leslie qui resta dans son coin. Alors qu'ils étaient sur le point de sortir, quelque chose agrippa la manche de Sam. C'était Charlie.

«Hé bonhomme! Qu'est-ce qu'il y a?»

« Je voulais te dire un truc...»

Sam s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et le garçon murmura à son oreille. Sam lui fit un grand sourire et lui répondit sur le même ton confidentiel. Pendant ce temps, Dean et Chris échangèrent un regard sceptique.

«Allez, je dois y aller maintenant. Sois gentil avec ton frère d'accord?»

Charlie hocha la tête et ils partirent.

«Sois gentil avec ton frère? C'est bien toi qui donne ce conseil alors que tu fais tout pour me rendre dingue?» se moqua Dean une fois à l'extérieur.

«Oh la ferme, s'il y en a un à plaindre de nous deux, c'est sûrement pas toi.»

Dean fit semblant d'être vexé puis demanda ce que lui avait dit le gamin.

«Ca te regarde pas.» répondit Sam.

«Allez, c'est bon quoi! Sammy... On se dit tout!»

«Tu veux vraiment savoir?»

Dean acquiesça vivement.

«Bon, d'accord...Il m'a demandé un autographe du grand Mégablog!»

Dean frappa son frère derrière la tête, ce qui n'eut pas d'autre effet que de faire éclater Sam de rire.

«Petit con. T'as de la chance que je me sentes toujours coupable parce que sinon je t'aurais botté le cul.»

«Ouais, ouais...»

«C'est tout ce que t'as à dire?» s'offusqua Dean.

«Les hommes de peu de mots sont les meilleurs. William Shakespeare. » répliqua crânement Sam.

«Monsieur étale sa culture. Moi aussi je peux le faire.»

«Ah ouais, vas-y alors!»

Dean n'était pas de ceux qui reculent devant le défi, même quand il savait qu'il n'avait aucune chance de gagner.

«Euh... A vouloir aller trop vite, on en mange la queue du chat!»

Sam éclata de rire avant de regarder sa montre. 6H30.

«Petit-déjeuner?» proposa-t-il.

«Oh mon Dieu, oui.»

FIN.


Le défi : il fallait qu'un frère cite un grand auteur classique, et que l'autre lui réponde de la même façon. J'ai un peu bidouillé le défi pour faire un truc à ma manière!

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