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Books » Harry Potter » Harry au Pays d'Halloween
Alfa
Author of 23 Stories
Rated: T - French - Mystery/Romance - Harry P. & Draco M. - Reviews: 17 - Updated: 01-30-11 - Published: 10-31-08 - id:4628128

Note de l'Auteur : Hem... Comme je n'ai aucune excuse vraiment valable à vous proposer - à part le syndrome de la page blanche que je combats avec acharnement - j'espère que vous me pardonnez ce délai monstrueux d'environ six mois - j'ai honte je vous assure. J'avais beaucoup de choses à dire dans ce chapitre et j'ai pas mal hésiter sur quand et comment les exprimer. J'ai modifié plusieurs fois certains passages. Bref, je pensais que ça ferais une vingtaine de pages, ça en fait 25...

Disclaimer : Les personnages du livre Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Bêta : Pilgrim67 - merciii mercii et mille merci ma belle d'être toujours là pour me soutenir, me commenter et me remonter le moral ^^.

Résumé du chapitre précédent - je pense que ça s'impose vu le temps d'attente : Drago court après le temps et son manteau de vie et se retrouve emporté. Pansy s'est elle aussi faite piégée dans un espace vide où personne n'entend ni ne sèche ses larmes. A la fin du chapitre 2, Harry se retrouve face à un lapin vert très en retard et réalise choqué, que ce lapin n'est autre que Neville !

Remerciement particulier : Je tiens à remercier Felinness de m'avoir mis dans ces alertes. Je désespérais de terminer le chapitre et ça m'a totalement relancé.

A tout à l'heure en bas.

Bonne lecture !


Chapitre 4 : Rencontres / Jeu de dupes

- Neville ?

Surpris n'était peut-être pas vraiment le bon mot. Au stade où il en était, une anomalie de plus ou de moins ne comptait plus. Le lapin bondissant s'arrêta sur une patte, les oreilles dressées et le menton tendu vers l'avant dans une pose grotesque. Harry se sentit idiot.

Le moment de flottement repartit, les traits se durcirent et la voix stridente du lapin retentit. Harry ne bougea toujours pas. Son instinct lui criait que le moindre mouvement serait perçu de manière néfaste pour sa santé.

- Comment connaissez-vous mon nom ? Qui êtes-vous ?

Quelque chose lui piqua la hanche, il baissa la tête, croisant un museau gris pâle et des yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. Le rat de toute à l'heure se dressait sur deux pattes, muni d'une courte épée qui appuyait sur son manteau. Les fourrés s'agitèrent et des serviteurs armés l'encerclèrent, lui et vraisemblablement leur maître, empêchant toute retraite. Harry n'était pas un amoureux des rats et ceux là avec leurs yeux rouges et leurs armes ne lui donnaient pas envie de le devenir.

Son cerveau fonctionnait à toute vitesse, analysant les sorties possibles, inexistantes, bien entendu, maudissant sa malchance. Une partie de lui se demanda aussi comment Neville pouvait ne pas reconnaître sa voix, même sans voir son visage.

Un bruissement de tissu détourna sa tête du rat vers Neville. Le lapin s'éloignait de lui à petits bonds précautionneux, suspicieux, ses pupilles dilatées au maximum cherchant à analyser Harry. Le rat couina un « Rendez-vous » rendu ridicule par sa voix aigue quasiment incompréhensible. En revanche, la pointe de la lame qui perçait le manteau et appuya sur ses vêtements était parfaitement claire.

Le lapin tapa du pied, mécontent du silence d'Harry qui n'en finissait plus d'alterner les prises de vue avec une préférence pour l'épée. Qui aurait cru que les rats étaient aussi dangereux ?

- Neville Longdubat, ministre de son altesse vous a posé une question. Répondez ! Ou vous finirez transpercé !

Harry manqua d'éclater de rire. La situation était ridicule. D'abord les joues gonflées de son ami lui retiraient le peu de crédit que sa fourrure verte luisante de sueur lui avait laissé, ensuite, ensuite… Ensuite qui connaissait un tant soit peu Neville ne l'écoutait jamais même si le Neville qu'il côtoyait habituellement était loin d'être aussi orgueilleux et susceptible. Il avait pris confiance en lui durant la guerre mais pas assez pour prendre goût au commandement. Et puis, les pattes battant sur le sol lui donnaient sérieusement mal au crâne.

Un poids sur le dos mit fin aux réflexions et à la répartie moqueuse qu'il s'apprêter à dire. Un rat s'accrochait à son dos, enfonçant ses griffes dans la peau d'Harry. La douleur arriva à son cerveau, diffuse, incertaine et il sentit vaguement des gouttes de sang s'étaler sur les vêtements. Avant qu'il ne réagisse, le rat tira sur la capuche, dévoilant son visage et repartit prendre place dans le cercle de ses compagnons d'un bond agile.

Sa surprise monta encore d'un cran quand, les uns après les autres, les rats déposèrent leurs armes au sol et s'agenouillèrent, leurs museaux tremblotants contre l'herbe humide. Le rat à ses côtés hésita avant de les imiter, contre son opinion personnelle. Toutefois, l'aura menaçante qu'il dégageait elle, ne s'en alla pas.

Neville, les oreilles brusquement tombantes, mit un genou à terre et rampa vers lui dans une attitude misérable et le temps d'un clignement de paupières, Harry revit à sa place Queudver bredouillant, transpirant la peur. L'image fit remonter en lui de la bile, qu'il ravala courageusement. Ses satanés souvenirs l'assaillaient toujours sans prévenir.

- Veuillez pardonner ma maladresse Altesse, j'ignorais que vous voyagiez incognito… je….

Harry remit sa capuche en tentant de comprendre les évènements et dégagea son pied que Neville avait saisi dans sa pitoyable tentative de… de il ne savait trop quoi en fait. Il avait l'intention de le remettre à sa place et d'expliquer qu'il y avait erreur sur la personne mais ce fut une toute autre phrase qui sortit à la place.

- Quand on voyage incognito, c'est en général par discrétion, qu'en pensez-vous ?

- Oui votre Altesse, pardon votre Altesse…

Harry se retint de justesse de lui tendre la main pour le forcer à se relever, détestant cette position de soumission qu'il prenait en son honneur. Encore heureux que l'Altesse ne soit a priori pas du genre violente mais de là à penser qu'il s'amuse à faire ami/ami il y avait un monde qu'il valait mieux éviter de franchir.

- Relevez-vous Neville. Si vous pouviez dire à vos subordonnés de faire de même, c'est assez gênant comme situation.

Et dire qu'il était sensé rester neutre pour éviter au maximum les faux pas…Neville cependant se releva à toute vitesse, lançant un regard noir au cercle de combattants.

- Vous avez entendu ? Relevez-vous, vous gênez le Roi !

Il esquissa une révérence maladroite, manquant de perdre l'équilibre en indiquant un point sur sa droite, en pleine forêt.

- Vous devez être fatigué de votre voyage Altesse, venez donc vous reposer un instant chez moi.

A ce moment là, Harry aurait sans doute encore pu s'en sortir d'une courbette assortie d'un remerciement plat. Mais il ne savait toujours pas ni où il était, ni pourquoi son ami ne le reconnaissait pas et encore moins comment quitter ce monde. Dans ces conditions, si l'on s'en tenait à de strictes probabilités, continuer son petit jeu de dupes ne pourrait qu'augmenter ses chances de s'en sortir vivant. Il s'apprêtait à accepter quand un détail lui revint en tête.

- N'aviez-vous pas un rendez-vous ? Vous disiez être en retard.

Neville sursauta, éclatant un des boutons de sa tenue bleue et Harry sentit distinctement la peur suinter de lui. Visiblement quelque chose faisait encore plus peur à ce lapin que son Roi.

- Ah oui… J'expliquerai à son altesse votre femme que je vous ai rencontré. Je suppose qu'elle me pardonnera mon absence à l'audience.

- Ma femme ?

Harry se mordit tardivement la langue mais Neville déjà lui lançait un coup d'œil perplexe en étrécissant ces yeux. Malgré cela, l'odeur de peur se fit encore plus présente et l'atmosphère tendue monta d'un cran.

- Son Altesse souhaitait m'entretenir de la disparition du prince.

- Ah oui. C'est évident.

Evident, c'était loin de l'être pourtant. Il était pris pour un Roi d'un royaume dont il ignorait tout, marié et père en plus de ça ! Finalement l'idée de se substituer n'était pas si bonne que ça… Il chercha à rattraper le coup et bizarrement, ce furent ses sens qui lui donnèrent une direction à suivre. Tâtonnant, il pria d'avoir bien saisi.

- Ne vous inquiétez pas Neville, ce n'est pas de votre faute.

Il y avait quoi, une chance sur plusieurs milliers pour que la phrase soit la bonne ? Neville se précipita contre toute attente sur lui pour le serrer de toutes ses forces entre ses pattes avant de reculer brutalement, les yeux épouvantés, l'odeur légère de soulagement laissant à nouveau place à la peur. Il reprit ses courbettes, apparemment bien décidé à montrer toute l'étendue de sa souplesse en manquant de toucher le sol de la tête plusieurs fois.

Heureusement que le ridicule n'avait jamais tué personne. Par Merlin, les gens faisaient-ils ce genre de choses à chaque rencontre ? Il se lasserait très rapidement si tel était le cas. La voix rapide et entrecoupée de Neville reprit ses couinements.

- Veuillez excuser ma familiarité Altesse. Je suis si heureux que vous ayez décidé d'épargner ma vie ! Je vous assure que je ne pensais pas le prince capable d'assommer six de mes meilleurs gardes avant de s'enfuir. Ses techniques de combat sont impressionnantes, je vous félicite.

Est-ce qu'il fallait qu'il répondre quelque chose ? Neville se détourna de lui et s'avança dans la forêt, écartant une branche devant lui.

- Venez Altesse, ma maison est proche.

Harry attrapa la branche que le lapin venait de lâcher et le suivit, ravi qu'on ne le laisse pas s'enfuir finalement. Peut-être pourrait-il le persuader de le laisser repartir avec des affaires, de la nourriture et une carte du pays ? Deux gardes l'encadrèrent, silencieux, efficaces, leurs museaux bien cachés sous les capuches, chacun portant une lance à bout de bras et une épée courte attachée autour de la taille.

Le sentier s'agrandit rapidement, les arbres se clairsemèrent et ils débouchèrent sur une clairière entièrement envahie par la bâtisse la plus étrange qu'Harry eut jamais vu. Il pensa d'ailleurs qu'il lui faudrait réviser ses jugements sans tarder s'il ne voulait pas trouver tout excessivement bizarre et louche. Toutefois, il bénit sa capuche qui cacha sa bouche entrouverte et l'expression d'incrédulité qui traversa son visage.

Une immense citrouille occupait la clairière, gigantesque boule orange et celle-là n'avait clairement pas poussé là à l'aide d'un sortilège ou alors le sortilège avait été pratiqué par une race de sorciers géants qui pour se nourrir d'un tel monstre devaient dépasser les trente mètres de haut. Avec sa porte de bois argenté et ses fenêtres de forme ovale, elle avait tout du fantôme vengeur des mauvais films d'horreur que Dudley adorait regarder avec sa bande d'amis et la lumière qui l'éclairait de l'intérieur n'aidait en rien.

La plupart des rats partirent en rasant le sol en direction de l'arrière de la bâtisse où devait très probablement se trouver les quartiers des serviteurs. Quatre restèrent près d'eux en tant que gardes du corps. La porte d'entrée s'ouvrit sur une jeune femme, appartenant d'après les couleurs de sa tenue à la maisonnée, qui se précipita sur Neville sans jeter un seul coup d'œil à Harry en tenant à bout de bras une grosse montre à gousset.

- Je l'ai retrouvé Neville !

Neville attrapa la montre en cachant une certaine gêne. Il se tourna vers Harry.

- Altesse, je vous présente Lavande.

Et comme elle s'accrochait à lui comme une sangsue à son réservoir de sang, il crut bon d'ajouter, les oreilles bougeant dans tous les sens, équipées d'une vie propre.

- Ma fiancée.

Harry bénit la capuche qui dissimula son sourire. S'il y avait bien deux personnes au palmarès des couples impossibles, Neville et Lavande décrochaient le prix haut la main. Pourtant la patte du lapin tenait la hanche et c'était juste mignon. Ok… Peut être pas si mignon que ça mais elle avait l'air éprise et elle était plutôt agréable, avec ces oreilles de renard et sa chevelure d'un brun parsemé de mèches blondes. Le plus dérangeant restait ses yeux d'un rouge vif. Lavande fit une révérence fluide et retourna vers la maison. Neville sourit béatement avant de se reprendre en lançant un regard en coin à Harry.

Harry reposa la montre sur le bureau en s'efforçant de rester calme alors que tout son corps était tendu, à l'affut du moindre mouvement derrière la porte qui lui indiquerait l'arrivée de Neville. Mais rien, juste ce silence étouffant qui lui mettait les nerfs en pelote. Il y avait bien quelques bruits au rez-de-chaussée et des éclats de voix étouffés seulement il n'entendait pas suffisamment pour comprendre la conversation. Et ouvrir la porte ne paraissait actuellement pas être la meilleure des solutions, le garde n'apprécierait pas.

Quand le lapin l'avait laissé là en lui disant de l'attendre et qu'il avait eut le temps d'apercevoir le rat, épée en main face à la porte, Harry avait failli demander s'il n'était pas plutôt en liberté surveillée avant qu'il ne se raisonne. Tout le monde le prenait pour le roi, personne n'enfermait le roi. Non ?

Pour occuper son temps, il avait observé la pièce. Visiblement les architectes (ou le propriétaire) avaient des idées bien arrêtées sur la décoration. Les meubles se fondaient entièrement dans les murs, comme des excroissances soigneusement taillées, parcourues de courbes si bien réalisées qu'elles ondulaient à la lumière jaune pâle de la lampe. Lumière qui éclairait parfaitement les feuilles de lierre qui paraissaient grimper sur le bois, brillantes de vie et pleines de sève. En fait, à bien y regarder, tout s'harmonisait si bien, d'une manière si profondément intime et vivante qu'il s'attendait à entendre la maison parler.

Les fenêtres aussi courbes que les meubles accentuaient encore plus l'unité et les bulles de couleurs indigo sur la partie supérieure se mariaient avec le métal vert pâle de la partie inférieure. Il n'avait jamais vu une telle architecture et songea l'air de rien, qu'il serait plutôt sympathique que les sorciers la transposent, coupant un peu ces angles droits et ses dossiers hauts que l'Angleterre affectionnait.

Un grand miroir sur pied emplissait un angle – arrondi bien entendu – de la pièce, coincé entre deux bibliothèques emplies de traités en tous genre. Harry vient se placer en face et lentement fit glisser sa capuche dans son dos. Il contempla son visage en se sentant extérieur à ce changement physique qui finalement ne le défigurait pas autant qu'il l'avait d'abord pensé. D'abord, comme il avait déjà pu s'en rendre compte dans la forêt, ses lunettes ne lui étaient plus nécessaires de nuit et il comprenait parfaitement pourquoi à présent. Les deux pupilles rétrécies d'un vert presque surnaturel amélioraient sa vue, surtout de nuit. De légères moustaches de chat lui sortaient de la partie extérieure des narines. Et puis il y avait ses oreilles… Plus fines et plus pointues.

Il toucha ses cheveux sans y croire. Fini les cheveux courts incoiffables, ils lui tombaient à présent aux épaules parfaitement lisses et doux. Passant sa main entre les mèches, il sentit le léger dégradé entre ses doigts et sourit ironiquement, se disant que Mrs Weasley n'apprécierait certainement pas de le voir comme ça. Satisfait de savoir enfin à quoi il ressemblait, Harry remit sa capuche correctement et se désintéressa du miroir.

Il était en train d'analyser de plus près la forme ondulante du bureau quand il aperçut une photo éclatante de couleur dans un cadre. Sur ses gardes – après tout, il n'avait pas envie d'être pris pour un fouineur – il contourna le bureau pour saisir le cadre. Dessus, un Neville plus jeune et plus petit posé à côté d'un Harry gêné de l'attention mais souriant quand même alors qu'un troisième larron, qu'il ne réussit pas à identifier comme quelqu'un de sa connaissance, s'approchait par derrière avec une sorte de peau de renard probablement pour la leur jeter dessus.

Il reposa précipitamment le cadre en entendant des pas rapides dans le couloir s'approchant de la porte et revint du bon côté du bureau juste à l'instant où elle s'ouvrait, laissant rentrer Neville qui referma la porte aussi vite qu'il le put et se précipita dans les bras d'Harry, le serrant fébrilement.

- Je suis terriblement heureux de te voir Harry ! Tu as vu ? J'ai gardé la photo de notre diplôme, c'était juste avant que tu ne partes au chevet de ton père reprendre le flambeau…

Voyant qu'Harry ne disait rien – qu'aurait t'il bien pu dire de toute manière ? – Neville se répandit en courbettes, s'excusant à tout va. Il devait avoir mal au dos en se couchant le soir, s'il passait ses journées à faire ça.

- Je suis désolé. Je sais que ce sont de mauvais souvenirs pour vous mais c'est la dernière fois que nous nous sommes vus de manière amicale, ensuite ça n'a plus été que de rares visites de moi à la capitale ou de toi quand tu amenais ton fils alors, je suis heureux vraiment mon ami.

Harry avait bien envie de dire qu'il était heureux qu'il soit heureux même s'il ne comprenait rien à la conversation mais Neville n'avait pas l'air de s'intéresser ni d'attendre une quelconque réponse alors il se tut sagement.

- Plus sérieusement Harry, il faut que tu partes d'ici.

D'ailleurs, c'était un peu gênant à la fin toutes ses courbettes et le passage du « tu » au « vous », il ne pouvait pas simplement s'arrêter sur une des deux présentations non ? Tout ça commençait à lui donner mal à la tête.

Retour en arrière violent… qu'est-ce qu'il venait de dire là ?

- Pourquoi ?

Neville le regarda intensément avant de répondre.

- Je ne vais pas tergiverser. Ta femme me harcèle depuis la disparition du petit. Et comme tu as eu la bonne idée de quitter le palais, tous les hauts dignitaires sont bombardés de lettres de menaces disant qu'on doit impérativement t'empêcher de partir le temps que les gardes royaux te récupèrent.

Il se lissa les poils en s'asseyant au bureau et pour la première fois, Harry aperçut des poils gris au milieu de la fourrure verte témoignant de son âge. Il avait l'air fatigué de quelqu'un qui n'a pas dormi depuis plusieurs jours. Neville sortit une carte d'un tiroir et l'étala sur le bureau en lui faisant signe d'approcher.

- La situation n'est toujours pas stable. Tu vois ici à la frontière avec Darkos, les échauffourées deviennent chaque jour de plus en plus violentes et nous perdons des hommes. Je sais que tu en es conscient et que c'est sûrement pour ça que tu es pressé de retrouver le prince mais je ne crois pas que ce soit une raison suffisante pour risquer ta vie. Tu es le Roi, on ne peut pas se permettre de vous perdre tous les deux.

Il continua en prenant à peine le temps de reprendre son souffle, débitant les informations le plus vite possible.

- Qui plus est, le Haut Seigneur de l'Epouvante Vampire n'a pas encore accepté totalement ton droit à la succession et il menace de nous attaquer si jamais on lui reparle de cette histoire d'impôts impayés… C'est tendu et je ne sais pas combien de temps on va pouvoir maintenir la paix.

Harry posa sa main à plat sur la carte attirant le regard de Neville.

- Je ne peux pas rentrer.

Neville soupira, saisit une plume, un encrier et une feuille de papier sur laquelle il se mit à écrire à la hâte quelques lignes d'une écriture déliée et saccadée. Quand il eut terminé, il apposa sa bague sur de la cire chaude qu'il venait de faire couler et lui tendit le pli fraîchement cacheté.

- Je savais que tu dirais ça. Ecoute moi, suis la route à travers la forêt jusqu'à Lantern ici d'accord ?

Il entoura à l'encre rouge une ville à l'est, qu'Harry identifia immédiatement comme étant celle qu'il avait vue du haut de la colline un peu plus tôt et hocha la tête.

- Le prince a été vu là-bas pour la dernière fois. Rentre dans la ville et sur le premier gros chantier de construction que tu trouveras, demande le maître d'œuvre Rapsec. C'est un grand blaireau d'une cinquantaine d'années qui possède une balafre sur l'arcade droite. Je ne sais pas ce qu'il construit en ce moment mais quelqu'un le trouvera pour toi si tu n'es pas au bon endroit. Dès que tu seras en face de lui, dis que tu viens de ma part et s'il ne te croit pas montre la lettre. Il t'offrira un endroit où dormir, des vivres et des informations. Ne dis surtout pas qui tu es, ni à lui ni à personne et garde ta capuche bien enfoncée sur ton crâne.

- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ?

Il entendit des bruits d'armes à l'extérieur et des voix tendues qui se disputaient. Une des vitrines pivota silencieusement et Lavande se glissa dans la pièce, vaguement gênée, les bras encombrés d'une besace conséquente. Neville plia la carte et la donna à Harry qui s'empressa de la faire disparaître sous son manteau sans chercher à comprendre.

- Je n'ai pas eu le choix. Il faut que tu comprennes, ta femme a émis des menaces à prendre au sérieux, je tiens à ma tête.

Il lui fit un clin d'œil rapide en lui faisant signe de quitter la pièce. La vitrine se remit en place derrière eux et ils descendirent des escaliers raides et étroits.

- Mais si tu es déjà parti quand les gardes entreront, elle ne pourra pas m'accuser de trahison.

Ils arrivèrent dans ce qui semblait être une cave de stockage. Neville, trouvant qu'Harry ne marchait pas assez vite lui saisit le bras et le tira sans ménagement derrière lui. Son souffle était court et son pourpoint bougeait dans tous les sens. Lavande avait disparu un étage plus haut, dans le quartier des domestiques.

- Si tu trouves le Prince, rendez-vous immédiatement chez Jack, il t'accueillera et tu pourras enfin envoyer une lettre à ta femme pour lui expliquer tous tes agissements. Après, tu fais ce que tu veux. Tâche juste d'éviter de faire sauter ma tête au passage.

Ils s'arrêtèrent devant un immense fût. Neville se pencha et fouilla rapidement dans une caisse en donnant des explications en partie couvertes par le bruit des bouteilles s'entrechoquant entre elles.

- C'est un ancien fût à liqueur de citrouille. Il camoufle assez bien les passages secrets. Ah et tiens, tu ne dois pas en boire souvent au palais.

Il lui tendit une bouteille contenant un liquide fluorescent, tâtonna quelques secondes dans le noir avant qu'il n'y ait un clic et qu'une petite porte s'ouvre dans le bois. Neville le prit une dernière fois dans ses bras et le poussa à l'intérieur.

- Bonne chance Harry. J'ai été heureux de te revoir. Essaye de revenir de temps en temps avant que je ne sois complètement vieux et sénile !

Harry aurait voulu poser des questions. Qui était Jack, pourquoi Rapsec, quelle sorte de chantier de construction et surtout, comment quitter le pays mais il n'en eut pas le temps. Sur un nouveau clic et un signe de la main de Neville, la porte se referma, s'imbriquant à merveille et la lumière de la bouteille fut le seul éclairage disponible.


Harry sursauta et passa sa main dans son cou, cherchant à fuir l'humidité, en soupirant. C'était inutile et il le savait très bien. Ce tunnel suintait l'humidité de partout, la terre battue qui servait de sol brillait et glissait sous ses chaussures.

Il faisait chaud ce qui était plutôt étonnant sous terre et la température associée à l'eau lui donnait des sueurs. Tout son corps collait à cause de ça et il n'était même pas capable d'accuser un phénomène plutôt que l'autre. En désespoir de cause, il marmonnait sur les deux. Ça leur apprendrait.

Il baissa les yeux sur la bouteille qu'il tendait à la main comme une torche. De forme serpentine, elle dégageait toujours cette lueur fluorescente si particulière. De la Liqueur d'Arbolène cuvée 204. Pas que l'année soit importante – comme il ignorait dans quelle année il était, où il était et à quoi se référait l'année 1 – mais comme les renseignements arrivaient au compte goutte, Harry prenait ce qu'il trouvait, à défaut d'autre chose. Arbolène devait être la fameuse mousse trouvée en forêt, d'après la couleur. En tout cas, si Neville ne lui avait pas donné cette bouteille, il serait réduit à tâtonner dans le noir.

Il arriva à un croisement et contempla les vieux panneaux à moitié pourris placardés sur les murs d'un air critique. Plusieurs villes étaient indiquées, qu'Harry ne connaissait bien entendu pas. Puis il reconnut le nom de Lantern à qui il manquait le premier N visiblement effacé par le temps et prit courageusement la direction indiquée, à savoir la droite. En faisant cela, il retint un rire nerveux. Si par un coup du sort malchanceux, il existait une ville du nom de Latern dans les environs, il risquait fort de se retrouver loin de son point d'ancrage principal. Il faillit revenir en arrière pour détailler la pancarte mais se reprit et carrant ses épaules, continua son chemin.

Une heure et demie plus tard, le chemin commença à monter vers la surface en pente douce et repoussant une grille, il émergea dans des fourrés épais qui lui égratignèrent le visage. Il se dégagea en pestant contre les imbéciles qui avaient eu la bonne idée de terminer le passage à un endroit pareil avant de refermer illico la bouche en écoutant les bruits alentours. C'était un peu stupide parce que si n'importe qui était à proximité, avec le boucan qu'il venait de faire, ils étaient déjà tous alertés.

Mais aucune tête, aucune pique surgit d'un fourré, aucun bruit ne l'alerta. Il émergea prudemment la tête hors des feuillages avant de se relever en tirant sur son manteau qui restait accroché aux branches légèrement épineuses. A peine sorti des fourrés, il s'installa en tailleur sur le sol et déplia la carte que lui avait donné Neville. Etrangement, Harry n'avait jamais été très doué pour déchiffrer les cartes, mis à part celle des Maraudeurs bien entendu et il lui fallut quelques secondes pour se rappeler les endroits pointés par Neville. Puis il repéra un arbre représentant le coin boisé où il était. Se servant de ses mains comme d'un compas, il calcula la trajectoire approximative qui le séparait de Lantern. Puis il plia la carte, la rangea et se releva.

Le coin boisé était plus un gros bosquet d'arbres au feuillage épais, d'un vert foncé très brillant et c'est en écartant une branche que le soleil couchant lui brûla les yeux, l'éblouissant. Très bas sur l'horizon, il illuminait la ville de Lantern en contrebas dans une dernière explosion de rougeoiement intense.

« Tu ne trouves pas ce coucher de soleil magnifique Harry ? »

Harry leva une main pour la passer dans ses cheveux mais se ravisa au dernier moment et son bras retomba le long de son corps. Il revoyait encore la scène distinctement, l'odeur de renfermé mélangée aux produits nettoyants, la pièce nue sans les montagnes de poubelles d'objets en tout genre et la silhouette aux jambes relevées sur la chaise qu'elle avait plantée contre la fenêtre. Les yeux rivés probablement sur l'astre, ses cheveux roses rehaussés d'un halo de flammes. Sa voix, un peu chancelante presque désespérée de ne pas avoir de réponse.

Lui figé à l'entrée de la pièce, incapable d'avancer, de faire quelque chose. Sa voix incertaine qui demandait toujours : « Tu ne trouves pas ce coucher de soleil magnifique ? »

La bouche pâteuse et les lèvres qui ne se desserraient pas. Elle n'avait toujours pas tourné la tête vers lui mais il voyait sa silhouette tremblante dans les derniers rayons qui éclaboussaient la pièce, comme du sang en flaques irrégulières et mouvantes. Puis le haussement d'épaule et sa voix à nouveau, incertaine.

« J'ai toujours aimé les regarder. Au ministère ça a toujours été des faux je le sais, mais je les regardais quand même, je prenais toujours le temps de m'arrêter. Je faisais le point pendant que la nuit s'installait, je me résumais ma journée et ce qu'il restait encore à faire. »

La question qui s'échappe, brusquement et qui résonne croassée par le bout de ses lèvres.

« - Avant ?

- Avant. Quand tout était différent. »

Puis le trémolo de peur, la respiration qui s'arrête, les quelques mots débités d'un trait comme si les dire calmement les rendraient encore plus ridicules.

« Harry, j'ai encore le droit de les aimer n'est-ce pas ? »

L'estomac qui se contracte comme frappé par un invisible coup de poing. A l'époque, il ne savait pas encore de quoi elle parlait, ni en quoi c'était aussi important qu'il lui réponde. Alors il n'avait rien dit même quand elle lui avait crié de répondre, même quand il avait compris que le silence cachait ses larmes, qu'elle ne pouvait plus parler, que sa gorge était obstruée de sanglots.

Il aurait dû s'approcher, la consoler. Au lieu de ça, il s'était adossé à la porte, le souffle coupé, et avait écouté ses respirations erratiques sans rien trouver pour qu'elle se sente mieux. Elle n'en avait jamais reparlé et lui avait préféré effacer l'épisode de sa mémoire.

Voilà que tout revenait à présent, que tout était si clair qu'il en ferma les yeux, la poitrine envahie par une douleur sourde. Il se retint à grand peine de s'asseoir sur le sol et de remonter les jambes contre sa poitrine. C'était un réflexe idiot et enfantin gardé des périodes où les Dursley l'enfermaient dans son placard.

Remus. Remus pour qui le coucher du soleil signifiait l'arrivée de la lune, cette lune qui le terrorisait. Remus qui ne dormait que peu, inquiet de l'influence que l'astre pourrait avoir sur lui-même en dehors des périodes de pleine lune. Remus qui refusait d'avoir une relation avec elle à cause de ce qu'il était. Remus encore, qui craignait de se transformer terrassé par son côté animal sans espoir de redevenir normal.

Sur la fin, les levers de soleil étaient probablement devenus porteurs d'espoirs, prouvant qu'ils avaient survécu une nuit de plus à cette saleté de guerre. Y avait-elle pensé durant son dernier combat ? A l'instant où le dernier sort avait fusé s'était-elle rappelé qu'elle ne survivrait pas pour en voir encore d'autres ?

Il frappa dans un caillou sans animosité qui dévala la colline silencieusement, roulant dans l'herbe humide. Mais qu'est-ce qu'il en savait après tout ? Elle n'avait sans doute même pas eu le temps de penser à quoi que ce soit d'autre que le combat. Qu'avaient bien pu voir ses yeux avant de se fermer pour toujours ? Le visage de son fils ? De son mari ? Ses yeux le brûlèrent, l'obligeant à se soustraire un instant de la lumière du soleil. Quand il les rouvrit, plus aucun sentiment ne filtrait à travers ses prunelles.

Mais avant de se perdre dans le paysage, il murmura doucement :

« Tu avais le droit Tonks. On a tous le droit d'être heureux. »

Il contempla un moment les lumières de la ville qui s'allumaient peu à peu et les allées venues des gardes sur la muraille extérieure. Lantern possédait quatre entrées irrégulièrement placées. Harry fronça légèrement les sourcils. Même pour quelqu'un comme lui qui n'y connaissait pas grand-chose question défense de place forte, trois portes proches et une dernière à l'opposé ne semblait pas être une décision d'une remarquable intelligence. Pour deux d'entre elles, il fallait franchir un pont qui ne surplombait aucun court d'eau ou ravin, accentuant encore cette impression de stupidité. Une donnait sur la plaine accidentée, parsemée de pierres irrégulières et d'herbes basses d'un vert presque jaune et la dernière était coupée par un court d'eau, qu'il fallait visiblement traverser à guet. Véritablement idiot. La ville en elle-même possédait trois murailles, qui séparaient chaque caste de la ville, la troisième, la plus épaisse, protégeant les nobles et le château seigneurial.

Ses muscles tendus par la nervosité lui faisaient mal. Il s'assit dos à un arbre et renversa la tête en arrière, portant son regard sur les branches de l'arbre. Jack était-il noble ? A quoi ressemblait-il ? Vraisemblablement il était sensé le connaître, ce qui ne l'avançait pas d'un pouce. Bien caché sous les questions inquiètes s'en cachait une autre, plus insidieuse à laquelle il s'efforçait de ne pas prêter attention. A quoi ressemblait son fils ? Quel âge avait-il ? Quel caractère ?

Il ne s'était jamais vraiment demandé s'il épouserait Ginny, s'ils auraient des enfants mais savoir qu'ici dans ce monde, une personne qui s'appelait comme lui, qui lui ressemblait, en avait un, provoquait un sentiment qui, s'il tentait de le définir, s'apparentait à de l'allégresse.

Seulement, Ginny était-elle bien la mère de l'enfant ici ? A quel âge s'étaient-ils mariés ? Avait-elle des frères ? Si c'était la même Ginny, alors il devait y avoir Ron et Hermione aussi et ces Ron et Hermione seraient-ils les siens ou ceux de ce monde ? Ils devaient être plus âgés aussi. Mariés sans doute. Parents peut-être. C'était encore plus bizarre d'imaginer Ron et Hermione mariés et plus vieux que de se dire qu'il avait un fils.

Il n'imaginait pas être marié à quelqu'un d'autre qu'elle. C'était normal pour lui de s'imaginer avec elle. La Ginny de ce monde ressemblait-elle à la sienne ? Un rire nerveux lui échappa. Ginny n'aimait pas particulièrement les enfants et ces derniers le lui rendaient bien. Une fois, un enfant avait fait tomber son doudou à quelques pas d'eux et s'était mis à pleurer. Elle l'avait ramassé et lui avait tendu. L'enfant avait tenté de lui mordre la main.

Si Ginny n'existait pas ici ? Si elle était mariée à un autre, supporterait-il de la voir comme ça ? Souvent, il trouvait qu'elle en faisait trop, qu'elle se devait toujours d'être excessive. Excessive dans ses fous rires, dans ses colères, dans ses crises de jalousie quasiment hystériques. Excessive dans les cadeaux dont elle le couvrait alors que des deux, c'est lui et de loin qui possédait le plus d'argent. Lui qui réfléchissait à en faire des nuits blanches sur ce qu'il pouvait bien lui offrir, finissant par acheter la première babiole, sachant qu'il la décevait. Mais elle acceptait ça de lui. Elle acceptait tout, ses absences, ses silences, ses nuits agitées, ses changements d'humeurs.

Il revint brusquement dans le présent en sentant une goutte d'eau glisser sur l'arrête de son nez. Le ciel s'était couvert incroyablement vite, ou bien était-ce lui qui était resté perdu longtemps dans ses pensées ? Quelques éclairs épars éclairaient les nuages noirs comme autant de lampes que quelqu'un éteindrait juste après les avoir allumées.

Une nouvelle goutte s'écrasa dans son œil. Il battit des paupières et rejoignit le souterrain qui lui procurait un abri provisoire. Bientôt l'orage éclata à l'extérieur et le tonnerre se mêla aux trombes d'eau dans un fracas bruyant. Il s'éloigna dans le couloir dès que les premières gouttes s'infiltrèrent à travers les feuilles qui couvraient la grille, humidifiant l'air et le sol.

Frigorifié, il s'installa à bonne distance, contemplant d'un œil morne l'eau contre laquelle il ne pouvait pas se protéger. Comme l'orage ne semblait pas se calmer, il tira sa besace sur ses jambes et la fouilla consciencieusement. La bouteille de liqueur n'éclairait pas beaucoup mais suffisamment pour ses yeux. Il sortit une couverture dans laquelle il s'emmitoufla avec bonheur, un briquet en étain qu'il remit en place et un linge enveloppant de la nourriture.

Il mangea peu, n'osa pas ouvrir la bouteille de liqueur, trop conscient qu'elle lui servait de lampe et finit par s'endormir, en se demandant où étaient Ron et Hermione.


Le lendemain matin, le vent avait chassé les nuages de pluie pour jouer à cache cache avec le soleil. La lumière avait cette teinte métallique particulière qu'elle prend parfois en automne et elle se ressentait jusque sur les façades et les rues de Lantern qu'elle éclaboussait.

Il ne restait que quelques flaques éparses pour témoigner du passage de l'orage, mais sur les balcons, lierres panachés, Heuchères et bruyères étincelaient d'éclat. L'air chaud et humide alourdissait l'atmosphère et les rares habitants désœuvrés jetaient des regards inquiets vers le ciel à la recherche des premiers nuages noirs.

Harry tournait la tête de tous les côtés, cherchant à en voir le plus possible et ses yeux brillaient d'excitation. Tout autour de lui était nouveau et comme lors de sa découverte du monde sorcier, il voyait ce nouveau monde et ses habitants avec les yeux d'un enfant déballant ses cadeaux de Noël. Sa nuque lui faisait déjà mal et elle craquait parfois quand il changeait de sens trop vite.

Une foule compacte, bruyante et colorée l'emmenait comme les ruisseaux entraînent les gouttes d'eau et docilement, il suivait, ses jambes courant sur les dalles de pierres qui pavaient la route. Il y avait des étals de chaque côté de l'artère principale qu'il suivait, des étals débordant de marchandises, qu'elles soient alimentaires, textiles ou décoratives. Une partie des habitants de cette ville possédaient comme lui ou Neville, un ou plusieurs gènes d'animaux qui leur modifiaient la physionomie.

Le soleil était déjà haut et il faisait chaud. Il mourait d'envie d'enlever son épaisse capuche et même son manteau dont il avait déjà remonté les manches depuis longtemps mais les pièces qui servaient de monnaie ici étaient toutes, comme il avait pu le constater, frappées à son effigie. Du coup, il se contentait de suer à grosses gouttes. Personne ne lui prêtait une grande attention. De nombreux voyageurs portaient le même vêtement que lui, semblant avoir tous comme objectif de cacher leurs visages aux habitants, qui de toute manière, étaient bien trop affairés pour les observer longuement.

Des banderoles tendues entre les maisons balançaient sous la brise et toutes les façades portaient gaiement des coloquintes, comme ornées de bijoux. Sur chaque porte on retrouvait invariablement deux armoiries mais il n'en reconnaissait qu'une. La citrouille percée d'yeux avec sa bouche tailladée était l'emblème de la ville. La seconde figurait probablement le métier du propriétaire. Tout le monde préparait activement une fête et ça risquait d'entraver ses recherches.

Il était si occupé à écouter une conversation de commérage qu'entretenaient deux vieilles femmes à côté de lui qu'il ne se rendit compte que trop tard que le chemin était obstrué. Il percuta violemment une femme dont le mauvais caractère atteignait jusqu'à son front tiré de rides d'expression. Il vit des cheveux châtains longs mêlés de gris, des sourcils relevés dans une expression de stupeur et de l'agacement dans ses yeux marron alors qu'il reprenait de justesse son équilibre, tendant sa main droite par réflexe vers elle. Elle s'y raccrocha et évita ainsi de finir sur le sol, ce qui à n'en pas douter, ne lui aurait pas du tout plu. Les mots se bousculèrent dans sa bouche si brusquement qu'il en fut choqué.

- Je suis désolé ! Vous allez bien ?

Elle rejeta sa question d'un geste vague de la main et épousseta ses vêtements d'un air concentré et aussi, étonnamment, boudeur.

- Je vous préviens, si ma robe a le moindre accro, je vous maudirai jusqu'à votre cinquième génération !

Il hésita entre éclater de rire et hausser les épaules. La deuxième solution l'emporta sur la première et il soupira un peu. Il jeta un coup d'œil acéré au marchand de tissu et à son stand, à la tenue exemplaire et assurément chère de la femme et faillit laisser échapper qu'elle avait manifestement l'intention de la remplacer avant que l'accro ne soit repérable.

Effectuant une légère révérence, il s'excusa encore une fois avant de s'éloigner, sentant le regard de la femme le suivre des yeux quelques secondes. Quand il fut certain qu'elle ne pouvait plus le voir, il laissa aller ses muscles qui s'étaient tendus et lâcha un sourire.

Il erra encore un moment dans la ville, jusqu'à ce que son estomac devienne douloureux à force de se tordre, alors seulement il s'arrêta à l'ombre d'un porche pour manger ce qui lui restait de nourriture dans sa besace. Il savait que ça allait vite devenir un problème. Il n'avait pas d'argent et en ville, rien n'était jamais cadeau.

Un homme au visage arborant des cicatrices plus sinistres les unes que les autres le poussa contre le mur d'un coup d'épaule ajusté. Harry attendit qu'il ait disparut dans le magasin pour quitter l'ombre salutaire, jetant un coup d'œil à l'enseigne en fer forgé suspendue au dessus de lui. Il sursauta.

Comment avait-il pu ne pas remarquer ?

Le porche appartenait à une auberge appelée « L'Aubergine Ivre » ce qui restait un nom ni plus stupide ni plus spirituel qu'un autre mais le fait était que la maison, ou le bâtiment était lui-même une aubergine monstrueuse. Elle sautait tellement aux yeux qu'il frotta les siens, sonné de ne pas avoir remarqué cette différence plus tôt. Neville ne semblait pas le seul à posséder une maison particulière. Il se pinça l'arrête du nez pour souffler. Combien de surprises encore lui réservait cet endroit ?

L'aubergine était torsadée, percée de fenêtres aux carreaux enserrés dans des barres d'argent. Harry recula contre le mur en face, prenant la mesure de son aveuglement. Bien que cela soit assez perturbant, ça n'était pas laid. Par son côté tordu, elle lui rappelait Le terrier des Weasley. Il se jura de ne jamais répéter ça à Ron, il risquerait de le prendre mal.

Son souffle court lui donnait mal aux poumons. Sa bêtise lui sauta aux yeux. Il avait pensé qu'il serait facile de retrouver Rapsec, le prince, quelqu'un pour l'aider à quitter ce lieu mais il se rendait à présent compte de l'énorme difficulté de réaliser ce plan sommaire.

Combien y avait-il de chantiers dans cette ville uniquement dans la ville basse ? Combien de semaines lui faudrait-il ? Il n'avait pas assez de temps, pas d'argent, pas d'endroit où dormir. Il lui fallait d'urgence trouver une solution.

Une main devant ses yeux lui fit lever la tête et il se rendit compte qu'il avait glissé le long du mur. La main possédait des doigts fins ornés de bagues brillantes montées de pierreries. Et les yeux marron, le menton volontaire et les traits fondus de la femme à qui ils appartenaient lui étaient indéniablement connus.

Elle secoua sa main avant de saisir celle d'Harry et de le tirer pour le remettre debout sans que cela ne semble lui demander d'effort particulier.

- Comme on se retrouve Monsieur le Faiseur d'accrocs !

Il retira sa main de la sienne en détournant le visage. Sa voix n'était plus aussi désagréable débarrassée de son ton autoritaire et mécontent. Elle avait au contraire une tonalité à la fois douce et tonique et il lui sourit en vérifiant distraitement que sa capuche était toujours en place.

Derrière elle, un enfant mal coiffé titubait sous les rouleaux de tissus. Arrivant près d'eux, il resta là, à transpirer en les observant d'un regard curieux qu'il ne tenta pas de masquer. Elle se détourna d'Harry et se dirigea vers le porche à pas rapides.

- Hé bien, qu'attendez-vous ? Il faut aussi que je vous traîne ?

Décidant de se fier à son instinct, il la suivit dans l'auberge.

La porte à peine ouverte, un brouhaha de cris, de plats s'entrechoquant et de musique s'échappa. La salle illuminée par de grandes fenêtres était claire. Au fond, sur la gauche, un orchestre de musiciens jouait une tarentelle. Harry s'avança.

La porte se referma.


- Bon. Si vous releviez votre capuche maintenant ?

Bien que la voix soit pleine de considération, calme et agréable, empreinte de cette compassion étrange que prennent les gens quand ils cherchent à mettre quelqu'un en confiance comme on apprivoisera un animal sauvage, Harry sursauta en relevant la tête brusquement, son regard s'obstinant à voyager dans la pièce sans jamais se fixer sur celle qui venait de parler.

Un soupir agacé et un claquement de langue précédèrent l'installation de la femme en face de lui. Sentant qu'elle l'examinait, il baissa rapidement la tête vers la table. Les minutes s'égrainèrent et il sentit une furieuse envie de gigoter sous le regard scrutateur qui ne semblait pas décider lui, à regarder autre chose que sa personne.

Finalement, elle reprit la parole d'un ton qui n'avait plus rien de caressant. Sec, déterminé et tranchant.

- Cet établissement m'appartient. Je me nomme Eliane Street.

Il leva légèrement la tête et elle sourit en coin, d'un sourire de femme d'affaires qui sait qu'elle a gagné.

- Mon père était un comte. Un homme très occupé et très instruit qui se divertissait dans les maisons closes auprès de jeunes filles plus jeunes et plus frivoles que sa chère femme. Il s'est épris de ma mère, issue d'une union non désirée et décida de la racheter. Il l'installa dans un appartement et pourvut à ses besoins pendant des années. Il passait nous voir parfois et il jouait avec moi. Je suis fière de mon ascendance. Si on parlait de vous ?

Le silence se réinstalla pendant qu'Harry réfléchissait. Il ne pourrait pas éternellement rester silencieux et de toute façon, il lui fallait un allié dans ce monde s'il voulait réussir à se sortir de là. Il analysa donc ce qu'il pouvait décemment dire et ce qu'il faudrait passer sous silence ou laisser dans le vague. Il s'apprêtait à raconter sa version quand on toqua à la porte.

Harry plongea la tête en avant et fit semblant d'être absorbé par la contemplation de la table.

Le jeune porteur qui la suivait entra, muni d'un plateau contenant une bouteille – d'alcool très probablement – et de deux verres. Il posa le tout sur la table et repartit sans un mot.

Harry prit le verre qu'Eliane lui tendait et partit s'installer devant la fenêtre. Il n'était pas très rompu à l'utilisation de mensonges et préférait ne pas être face à elle quand il commencerait à les débiter. Il goûta le contenu du verre. Quelque soit ce que c'était, c'était sucré avec un arrière goût fleuri agréable. Il en avala une deuxième gorgée, pour se donner bonne conscience, respira une dernière fois et posa son verre sur le rebord de la fenêtre en se retournant dans le même mouvement, tirant sur sa capuche d'un geste sec et laissant apparaître son visage dans sa totalité.

Il resta là sans rien dire observant le visage de la femme se contracter étrangement. Ses sourcils tressaillirent et elle avala d'une traite son verre avant de s'en servir un autre.

- Votre nom ?

Il reprit son verre en maugréant un « Harry Potter » du bout des lèvres et ajouta précipitamment en voyant son air contrarié :

- Je vous assure que je ne vous mens pas même si la situation paraît incroyable. Nous avons le même nom, la même apparence mais je ne suis pas lui !

Elle lui fit signe de s'assoir d'un geste de la main ce qu'il fit, avec méfiance.

- Je vous crois.

- Si facilement ? Vous ne posez aucune question ?

- Je ne sais pas de quel pays vous arrivez alors je vais vous raconter une chose. Certains d'entre nous possèdent des dons. Certains pénètrent les pensées, d'autres font léviter des objets. On nous enseigne comment les maitriser quand nous sommes encore enfants. J'ai un don un peu différent. Je peux voir l'âme des gens. En quelque sorte du moins.

- Pardon ?

Elle posa ses bras sur la table, paumes tendues vers l'avant. Il savait que ça voulait dire quelque chose mais il ne parvenait pas à se rappeler quoi exactement.

- Disons que je vois une sorte d'aura autour des gens. Cette aura possède une teinte et des nuances spécifiques qui déterminent son caractère, son état mental, ses sentiments actuels. Elle varie selon l'humeur mais les constantes principales de la personne restent identiques. Le « Moi profond » qu'elles sont ne varie jamais. Un peu comme un livre en quelque sorte. Il existe des centaines d'exemplaires d'un roman mais plusieurs éditions. La forme change mais le fond reste le même. On nomme ça, la Signature de l'âme. Chacun en possède une qui lui est propre. Vous me suivez ?

Pour Harry tout cela semblait assez flou mais il hocha tout de même la tête, pensant avoir compris dans les grandes largeurs.

- En général ceux qui possèdent ce don s'orientent dans le commerce car il est très avantageux pour savoir qui nous ment et qui est mal à l'aise. Le problème c'est qu'on ne peut pas enseigner les correspondances des différentes teintes. Il y a beaucoup d'intuition. J'ai vu le roi, de loin bien entendu, il y a quelques années quand il est venu voir notre Seigneur de l'Epouvante. Vous lui ressemblez sans aucun doute physiquement mais malgré certaines constantes communes, vos deux signatures d'âmes sont différentes. Ayez confiance en moi. Racontez-moi ce qui vous est arrivé.

Harry n'hésita pas longtemps. La chance qu'on croie son histoire ne se représenterait pas deux fois. Oubliant le premier jet mensonger qu'il avait esquissé mentalement, il lui raconta toute son histoire et même si elle parut sceptique sur certains points notamment sur ses origines, elle eut le tact de le passer sous silence.

Quand il eut terminé, la bouteille était au trois quart vide et il avait ouvert le col de sa tunique.

- Avez-vous faim ?

Son ventre répondit à sa place et il rougit, gêné. Elle rit un peu et se leva.

- Je vais demander qu'on nous amène à manger et de l'eau aussi. Ensuite je verrai si je peux vous aider. Ca vous va ?

Merci fut tout ce qu'Harry trouva à lui répondre.

Elle sourit une fois de plus en balayant l'air de la main droite d'un geste insouciant.

- Vous me remercierez si je parviens à vous aider.

Dès qu'elle fut partie, il plia ses bras sur la table et enfoui sa tête dans le creux formé.

Il se sentait mieux même s'il ne savait pas encore comment rentrer chez lui ni où étaient les autres. La certitude de ne plus être seul pour chercher une solution l'allégeait. Comment avait-il était projeté ici ? Etait-ce un monde parallèle ou bien un monde créé par le mental des fées ?

Ses yeux papillonnèrent et ses pensées devinrent confuses. Il lui semblait qu'il oubliait quelque chose d'important mais poursuivait l'information sans jamais parvenir à la saisir et ses yeux devenaient de plus en plus lourds.

La chaleur de la pièce et l'allégresse confiante associée à l'alcool alourdissaient son corps. Il ferma les yeux et s'endormit.

Un quart d'heure plus tard, ses yeux tressaillirent et il se réveilla, regardant autour de lui d'un air inquiet, se détendant immédiatement en s'apercevant qu'il était toujours seul. Rien n'indiquait qu'elle était repassée et de toute manière, elle avait très bien pu décider de le laisser seul le temps qu'il se repose un peu.

Puis le verrou de la porte grinça et elle s'ouvrit. Eliane entra, un plateau de nourriture dans les mains. Elle lui sourit mais au lieu de le mettre à l'aise, cela ne fit qu'amplifier sa méfiance. Il trouvait ça bizarre de sourire autant et y répondit nerveusement en tentant de garder le contrôle de ses émotions.

Le sourire disparut et elle haussa un sourcil.

- Vous ne me faites toujours pas confiance Monsieur Potter ?

- La force de l'habitude j'imagine.

- Votre vie doit avoir été passablement difficile si vous n'êtes même plus capable de détecter les gens en qui avoir confiance…

Harry haussa les épaules et détourna la tête en se passant une main dans les cheveux.

- On s'y fait. Il ajouta l'air de rien. Vous avez été longue.

- Je me suis renseignée.

Ils se servirent tous les deux à manger et pendant quelques minutes, seul le bruit des couverts troubla le silence de la pièce. Dehors, l'animation montait et la fête se rapprochait. Les gens discutaient allégrement, mi-pressés mi-joyeux et parfois le son de leurs conversations leur parvenait étouffé par les murs et les vitraux de la fenêtre.

- Celui que vous recherchez Rapsec est un des meilleurs maîtres d'œuvres de maisons végétales. Il a construit la mienne il y a longtemps mais à l'époque il n'était pas encore connu comme maintenant. Ce genre de constructions est encore rare et en quelque sorte c'est un des précurseurs de la technique. Il a des résultats impressionnants. J'ai dû chercher dans les papiers de propriétaire pour le retrouver.

Elle saisit son gobelet et but lentement.

- Sa carrière a littéralement décollée quand il a construit le palais du Seigneur de Lantern. Ensuite tout est allé très vite. Il siège souvent au palais, je crois qu'il est pressenti pour devenir un des nouveaux ministres. Votre ami n'a pas dû vous le conseiller pour rien.

- Et vous savez où il travaille actuellement ?

Elle lui jeta un coup d'œil distrait.

- Moi non mais j'ai envoyé quelqu'un se renseigner, nous le serons bientôt si tout ce passe bien. En attendant, est ce que ça vous tenterait un petit résumé de l'histoire de notre royaume ?

Il s'apprêtait à acquiescer histoire de passer le temps utilement quand d'autres questions affluèrent.

- Qui est Jack ?

- Le seigneur de l'épouvante qui gouverne cette région et le dirigeant de cette ville accessoirement. Les soldats que vous avez sans doute aperçus en ville cherchent le prince. Le Roi a aidé Jack à asseoir sa domination sur la région. Sa position était un peu fragile et sa succession contestée. Toujours est-il que Jack est redevable et il accueille régulièrement le Prince. Comme il séjournait chez lui quand il a fugué, la faute lui incombe totalement et la Reine tient énormément à sa pupille.

- Comment êtes-vous au courant de tout ça ?

Elle le fixa interloquée avant de se mettre à rire en rangeant les restes de leur repas.

- Tout le monde sait ça s'il prête l'oreille aux ragots !

Harry se renfrogna subitement. Qu'on ne lui rappelle pas combien les rumeurs pouvaient être destructrices…

- Je vous ai vexé ?

- Pas vraiment.

Un coup discret les fit se retourner d'un même mouvement vers la porte. Harry remit sa capuche en place. Une jeune fille entra, tenant son tablier entre les mains et baissant les yeux.

- Vous vouliez me voir dame Eliane ?

- Oui merci d'être venue si vite. Pourrais-tu t'occuper de ces cheveux ? Sans jamais regarder son visage ?

La jeune fille parut étonnée de la demande mais accepta sans rien dire.

- Changez lui aussi la couleur des cheveux.

- Bien Madame. Je reviens.

Elle s'inclina nerveusement et repartit.

- Etes-vous certaine qu'il n'y a rien à craindre ?

- Elle ne dira rien. Sa fidélité est inébranlable, croyez moi.

- Si vous le dites.

Harry changea sa chaise de place de façon à regarder par la fenêtre et enleva de nouveau sa capuche, ôtant directement son manteau et détacha ses cheveux qui tombèrent autour de son visage. Il joua avec avant de les jeter vers l'arrière en pestant.

- Vous ne les avez pas longs depuis longtemps ?

- Je ne les ai jamais eus longs avant d'arriver ici. Comment font les femmes à supporter ça ? Ca chatouille et ça se place partout pour vous empêcher de voir correctement !

Elle posa sa chaise près de lui en souriant.

- Les hommes adorent les cheveux longs Harry et quand les mèches cachent le regard ça accentue encore le côté mystérieux. Vous ne le saviez pas ?

Le visage de Ginny apparut dans la tête d'Harry. Elle avait cette manière particulière de remettre en place les mèches d'un air détaché tout en le regardant d'un air mutin… Et puis quand elle les entortillait parfois en jetant des coups d'œil vers les garçons qui l'observaient de loin…

- Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle.

Il faudrait qu'il en parle à Ginny dès qu'il la reverrait.

- Vous vous faites souvent avoir par de jolis yeux je suppose.

- Pas du tout !

Puis il s'aperçut qu'elle se jouait de lui et il finit par sourire. La porte s'ouvrit une fois de plus et la jeune fille de tout à l'heure entra avec toutes sortes de bouteilles de produits et un broc d'eau chaude. Le jeune garçon qu'Harry avait déjà vu la suivit avec une bassine qu'il posa sur la table et il se retira en refermant la porte.

- Faut-il vraiment les teindre Dame Eliane ?

- Malheureusement oui.

La jeune fille haussa les épaules.

- Je suppose qu'on ne peut rien y faire alors.

Elle s'approcha vivement d'Harry et passa sa main dans ses cheveux.

- Ils sont très doux, très soyeux. Vous en prenez soin ?

Harry qui jouait avec ses doigts sursauta.

- Heu non pas vraiment.

- Alors vous avez de la chance qu'ils soient aussi beaux. Je vous les coupe courts et je laisse la nuque dégagée, cela vous ira ? Vous voulez que je vous fasse des mèches plus longues sur le devant peut être ?

- Faites ce que vous voulez.

Il la sentit se renfrogner et elle tira doucement sur ses cheveux puis de plus en plus fort jusqu'à ce que cela devienne douloureux pour Harry.

- Hé qu'est-ce qui vous prend ?

- Avec les cheveux que vous avez-vous devriez en prendre soin Monsieur l'Idiot ! Il faut s'intéresser à ses cheveux, c'est une partie importante de votre corps !

Pourquoi est-ce que les gens lui donnaient toujours des surnoms stupides ? Il n'avait rien fait pour mériter ça !

- Quand j'aurai le temps d'y penser je le ferais. Vous voulez bien arrêter de tirer à présent ou vous allez me les arracher !

- Anita ! Ca suffit ! Faites ce que je vous ai demandé c'est tout. Vous n'êtes pas là pour parler boutique !

La jeune fille tira encore un peu sur les cheveux d'Harry avant de les relâcher manifestement à contrecœur.

- Je m'excuse Dame Eliane, je n'aurais pas dû m'emporter aussi vivement.

- Bien. Je vous abandonne à ses soins Harry. Je vais aller aux nouvelles.

Il s'apprêtait à s'exclamer mais la jeune fille déjà reprenait ses cheveux à l'aide d'un peigne insistant volontairement sur les nœuds de façon à lui faire mal et il se mit à trouver les femmes stupides de souffrir autant pour une masse de poils morts, se jurant de ne jamais les porter longs.

Une heure plus tard, Anita quitta la pièce avec son matériel avec un sourire indifférent mais sans s'excuser et Eliane revient, refermant la porte à sa place. Harry touchait ses cheveux, un air émerveillé plaqué sur le visage. Finalement ça n'avait pas été tant que ça une torture, à part au moment où elle lui avait appliqué cette étrange pâte visqueuse sur la tête pour changer la couleur des cheveux et où il avait eu l'impression qu'elle venait d'y mettre le feu.

Eliane lui donna un miroir en le contemplant d'un œil critique.

- Le blond vous donne une tête étrange mais vous avez l'air plus jeune. Anita a fait du beau travail, elle est allée jusqu'à vous teindre les sourcils.

Harry se regarda et ne se reconnut pas. Il reposa le miroir sans rien dire.

- Je sais où travaille Rapsec.

Il se retourna d'un coup.

- Allons-y.

Il croisa son regard amusé et tressaillit.

- Quoi ? Il y a autre chose ?

Eliane haussa les épaules en souriant toujours.

- Non aucun. Venez.


La foule omniprésente. Bruyante, rieuse, chantante. Les discussions légères, l'ambiance festive. Les bousculades, les gamins qui le frôlaient et tentaient de lui vider les poches. Leurs visages sales au regard fuyant mais déterminé. L'odeur de sueur, de parfum, d'eau de toilette, de nourriture savamment mélangée lui soulevait le cœur. Il avait l'impression d'être au cœur d'une danse sans savoir où était sa partenaire.

Personne ne le regardait, personne ne l'observait plus d'une seconde. Il n'était qu'un visage étranger parmi des centaines d'autres. Pour la première fois de sa vie et malgré l'espèce de panique qui grandissait en lui, Harry se sentait en paix. On ne fixait pas sa cicatrice, on ne l'abordait pas en lui demandant un autographe.

Sa main caressa ses cheveux une énième fois, s'égarant dans son cou à la recherche de sa capuche. Il la ramena fermement dans la poche de son pantalon. S'il mettait sa capuche maintenant, les gens le remarqueraient à coup sur.

Beaucoup d'entre eux portaient des costumes tape à l'œil, d'un jaune vif et brillant que de fines lignes rouges surcousues mettaient en valeur. Les femmes avaient des jupons orange sous leurs jupes et les hommes des pantalons aux coutures vertes. Un peu comme des ossatures de feuilles. Il se sentait mal au milieu de tous ces gens et se rendit compte avec stupeur qu'il préférait le calme d'une après-midi à Poudlard au monde de Pré-au-lard.

Eliane marchait droit devant elle et il la suivait avec peine, jouant des coudes et s'excusant de tous les côtés sans regarder personne d'autre que la silhouette de la femme. Il ne manquerait plus qu'il la perde !

Le son d'une cloche retentit dans le lointain, sept fois avant que les carillons ne rejoignent la danse. Les gens perdirent leurs sourires et regardèrent autour d'eux, une lueur inquiète dans les yeux. Certains poussèrent des cris en se précipitant vers les portes des maisons proches. Une bousculade s'ensuivit, qui faillit séparer Harry et Eliane.

Des gardes armés de piques passèrent en courant, leurs costumes pourpres aisément repérables, vague de sang dans la foule jaune. Les habitants s'écartaient affolés alors que celui qui les dirigeait lançait haut et fort que ce n'était rien, qu'ils ne devaient pas s'inquiéter. Des lignes blanches couraient sur les vêtements, imitant les squelettes de leurs possesseurs.

Profitant de l'ouverture crée par les gardes, un groupe de saltimbanque envahit la rue, cabriolant et jonglant. Un homme en costume bigarré vêtu d'un tricorne noir grimpa lestement sur une façade, se suspendit par les pieds à un fil tendu entre deux maisons et attira l'attention de tout le monde en crachant une gerbe de feu.

- La fête continue Messieurs Dames !

Un instant sonnée, la foule se remit à rire et les discussions reprirent comme avant. Eliane accéléra le pas, obligeant Harry à se détourner malgré lui du spectacle de deux acrobates.

- Pourquoi ces costumes ?

Elle lui jeta à peine un coup d'œil avant de lui répondre, d'une expiration de souffle.

- C'est la fête des morts. Tout le monde portera les « Calaveras » dans quelques heures.

- Les « Calaveras » ?

Mais elle ne dit plus rien.

Les ruelles défilaient de plus en plus vite et bientôt Harry fut certain qu'il ne savait plus où il était. Quelqu'un aurait pu surgir soudain et lui demander ce qu'il faisait là il n'aurait pas pu répondre. C'est tout juste s'il ne courait pas pour rester à sa hauteur et elle semblait être capable d'accélérer encore.

La foule se faisait rare et eux avançaient toujours, s'enfonçant dans des ruelles de plus en plus étroites, de plus en plus sombres que même le jour n'éclairait plus. Les bruits de foule se noyèrent dans le lointain, étouffés par les maisons à colombages. Du linge pendait accroché à des fils au dessus de sa tête et les murs gris étaient défigurés par des tatouages obscènes et des dessins tribaux au sens obscur.

Ils passèrent sous une arche de pierre où pendait un corbeau mort. Harry se figea. Sa confiance aveugle avait des limites. Où l'emmenait-elle exactement ? Eliane se retourna, lui lança un regard noir, presque haineux et lui attrapa fermement le bras, le tirant à sa suite.

Sa poigne était dure, serrée autour de son poignet. Elle lui faisait mal.

Une femme pouvait-elle avoir ce genre de force ?

Il ne chercha même pas à se dégager. Ou plutôt il y pensa, mais les yeux noirs paraissaient gravés dans ses rétines et il renonça.

Confiance. Il devait lui faire confiance.

Soudain, la foule à nouveau. Une place, immense et au bout de la place, des palissades de bois entourant un terrain. Harry avala un grand bol d'air. Ses poumons le brûlaient. Eliane le tira à nouveau vers l'avant.

- Un chantier !

Ils traversèrent, s'écartant du passage des gens qui les regardaient étonnés. Des ouvriers sortaient justement, en pleine discussion. Ils les retinrent par le bras, stoppant leur avancée. Eliane leur lança un regard colérique et s'échappa prestement de leur poigne.

- Où peut-on trouver Rapsec ?

- Un instant ma petite dame, vous croyez pouvoir le rencontrer comme ça ? Il va falloir être gentille.

- Oui très gentille. Passez donc un moment avec nous.

Le poing d'Harry partit s'écraser dans la mâchoire d'un des hommes de sa propre impulsion. Il brandit la lettre de Neville de l'autre main.

- Nous avons une lettre à lui remettre d'urgence en main propre. Où est-il ?

Les deux hommes se regardèrent et haussèrent les épaules d'un mouvement commun. L'un des hommes tendit le bras en indiquant une direction tandis que son collègue s'éloignait en riant.

- Par là. N'essayez pas la violence avec lui, ça ne marche pas.

- Je prends note. Merci.

Et cette fois, ce fut Harry qui tira Eliane à sa suite.

- Pourquoi vous l'avez frappé ?

Il lui sourit en marchant.

- Je n'aurais pas dû ?

Elle rit et dégagea son bras qui vint caresser les mèches de ses cheveux.

- Vous êtes un jeune homme très intéressant M. Potter.

La terre était boueuse et leurs chaussures glissaient sur l'argile. Une citrouille presque aussi grosse que celle de Neville prenait une partie du terrain. Un peu avant, sur la droite, une cabane de chantier avait été construite.

Harry remit sa capuche et y frappa rapidement, tendant l'oreille naturellement.

- Rapsec ! Si vous êtes là ouvrez !

Des grattements derrière la porte et une voix mi-courroucée mi-exténuée, habituée à être dérangée quand elle voudrait du calme.

- J'arrive !

Le froissement du papier rangé en vitesse, trié sous la pression et les feuilles qui s'envolent. Un « Merde » quand le pot à crayon se renverse sur le plancher et les grattements encore, un peu nerveux. Harry cligna des yeux et s'avança un peu plus près de la porte à l'instant où celle-ci s'ouvrait.

Une immense silhouette se tenait dans l'ombre dont il ne devinait que les contours. Paralysé par les grands yeux jaunes un peu vitreux, Harry entendit à peine l'ordre formulé d'une voix forte et rauque, peu habituée à parler.

- Entrez vite !

Une patte noire franchit l'espace entre l'ombre et la lumière, attrapa le manteau d'Harry et le tira en avant. Eliane se pressa à la suite et la silhouette claqua la porte, ramenant l'obscurité sur eux.

- Qu'est-ce que…

- Je suis désolé !

Harry se figea.

- Je ne supporte pas la lumière de l'extérieur ! Une minute, je vais vous faire un peu de lumière.

Il n'y voyait rien, pas même un rai de lumière sous la porte. Juste ce noir et une odeur de renfermé, de terre, d'humidité qui lui montait dans les narines. Le craquement d'une allumette dans son dos le fit se retourner. La flamme légère vacillait entre les pattes du blaireau qui alluma une lampe à huile.

La lumière faible suffisait à peine à Eliane pour se déplacer. Elle buta contre un ou deux cartons posés sur le sol avant de s'asseoir avec une joie non cachée dans un fauteuil qui la faisait passer pour une poupée.

Harry passa tranquillement sans rien toucher et tendit l'enveloppe à Rapsec qui l'ouvrit après les avoir regardé longuement.

- Qu'est-ce que c'est ?

Harry haussa les épaules. Il ne savait pas ce que Neville avait marqué de toute façon. Rapsec éclata de rire après une ou deux secondes et jeta le papier sur le sol.

- Alors ? En quoi puis-je vous aider ?

Eliane et Harry échangèrent un long regard mais aucun d'eux ne parla. Il avait imaginé beaucoup de situations, de dialogues possibles pour expliquer son cas, de questions insolites, de réponses vagues, hésitantes. Mais pas cette phrase qui le déstabilisait, le renvoyait aux portes de ce monde.

Il voulait partir d'ici, savoir où étaient Hermione et Ron, il voulait savoir à quoi ressemblait « son fils » par curiosité. Il voulait comprendre ce qui s'était passé, comment les Esprits des Glaces l'avaient envoyé ici, pourquoi.

Etrangement, alors qu'il pensait demander qui était Jack, ce fut une tout autre phrase qui sortie de sa bouche.

- Les « Calaveras » c'est quoi ?

Eliane écarquilla les yeux.

- C'est la seule question que tu trouves à poser ?

Il rougit légèrement.

- Hé bien, tu ne m'as pas répondu toute à l'heure, tu semblais tellement pressée d'arriver.

Quand il réalisa qu'il venait de la tutoyer, Harry se sentit gêné et il dû forcer sa concentration pour analyser la réponse que Rapsec venait de lui donner.

- Les Calaveras sont les masques que nous portons pour la fête des Morts. Question suivante ?

Le silence, une fois de plus pendant qu'Harry tentait de formuler ces questions… Et le bruit d'une course à l'extérieur. En deux enjambées, il était devant la porte, la main sur la poignée.

- Ecartez-vous de la lumière Rapsec !

Et il ouvrit en grand, clignant immédiatement des yeux, ébloui par la lumière du soleil qui rougeoyait. Quand il les rouvrit, plissant le regard, l'homme était déjà presque sur lui.

Il aperçut des cheveux blonds, des hanches fines et surtout, surtout, un regard d'un bleu si pâle qu'il paraissait gris. Toute tentative pour parler resta bloquée dans sa gorge.

Eliane posa sa tête sur son épaule.

- Qu'est-ce qui se pa…

Le fracas des armes qui s'entrechoquaient éclata en même temps qu'apparaissait un groupe de soldats essoufflés.

- Il est là ! Attrapez-le !

Les soldats se rapprochèrent rapidement. Harry assistait à la scène figé avec l'impression persistante que tout se passait au ralenti. En courant, il pourrait les dépasser mais il faudrait les semer. Le meilleur choix était encore de…

- Rapsec ! Aidez nous !

Se penchant en avant, il saisit le bras blanc couvert de sueur de l'homme et le tira vers lui, refermant la porte du pied.

Rapsec les poussa sur le côté et enclencha une série de serrures qu'Harry vit presque jaillir du mur. La porte s'auréola d'une lumière bleue puis redevint normale.

- C'était quoi ça ?

- Un sort de protection mais ça ne les ralentira qu'un moment. Je suppose qu'il faut qu'on sorte d'ici sans se faire arrêter ?

- Eventuellement.

- Il va me falloir une petite minute. Fouillez dans les caisses, il doit y avoir de la nourriture quelque part et des couvertures. Il y a de la corde au mur, attachez-vous une caisse dans le dos, ce sera inconfortable mais au moins nous aurons de quoi tenir.

- Très bien.

De l'extérieur ne venait plus aucun bruit. Une fois qu'ils eurent tous une caisse Rapsec leur fit signe de s'approcher de lui. Sur le sol couraient des signes écrits dans une langue qu'Harry ne connaissait pas. De nouveau les signes brillèrent de vert cette fois puis un trou apparut, plongeant sur le noir.

- Dépêchez-vous, dans cinq minutes la porte cédera.

Et il sauta. Eliane le suivit sans hésiter et Harry, après un mouvement de recul, saisit le bras de leur nouveau compagnon et sauta avec lui. Le passage se referma immédiatement.

- Les signes vont disparaître. Avancez en silence, il y a de drôles de créatures sous terre.

Ils s'apprêtaient à obéir quand le bras qu'Harry tenait toujours sans s'en rendre compte, s'en alla violemment.

- Une minute ! Je peux savoir ce que tu fous là Potty ?

Harry ravala sa salive avant de répondre.

- Je visite ?

Un poing atteignit sa mâchoire malgré l'obscurité, malgré la capuche et il sentit le sang envahir sa bouche.

- Mais ça va pas ! T'es dingue Malefoy !

- Tu crois que c'est le moment de faire de l'humour ? Où sont tes deux pots de colle ? Et où sont Blaise, Théo et Pansy ?

- Est-ce que j'ai l'air de le savoir ?

Harry se massa la mâchoire en se demandant à quel point le regard de Malefoy ressemblait à de l'aluminium liquide en ce moment. De toutes les personnes dans le manoir, il fallait que le premier qu'il retrouve dans ce monde fût ce prétentieux de Serpentard. Une fois dans sa vie, il ne pouvait pas avoir un peu de chance pour changer ?

- Heu, Harry ?

- Qu'est-ce qui y a ?

- C'est lui.

- Lui qui ? Tu ne pourrais pas arrêter de parler en faisant des mystères juste une fois ?

Il la sentit sourire et serra le poing. La présence de Malefoy le rendait déjà assez irascible, pas besoin de se disputer avec elle en plus.

- Le prince. C'est lui qui est sensé être ton fils.

- C'est une blague ?

Malefoy gloussa dans son coin.

- Ta copine craque Potter. Je sais que ce monde est bizarre mais de là à ce qu'un raté comme toi soit mon père !

- Hé ! Je ferais un très bon père !

Draco eut une exclamation dégoutée.

- Oh épargne moi tu veux. Si t'étais mon père, je serais ton fils et celui de la Weasley. Rien que de l'imaginer ça me donne envie de remonter affronter ces malades là haut même si on est dans un autre monde.

- Parce que t'avoir comme gamin c'est quoi ? Une bénédiction ?

- Bien sûr que oui. Je suis un Malefoy.

Il imagina le menton relevé, le port fier que dégageait Draco et ses poings le démangèrent de lui rendre son coup à la mâchoire.

- J'aurais dû te laisser là haut.

- Mais tu es un héros donc tu ne l'as pas fait.

Harry s'éloigna et prit place à côté de Rapsec.

- Allons-y.

Malefoy rit en prenant place juste derrière lui, laissant le soin à Eliane de fermer la marche. Se collant contre son épaule, il lui souffla à l'oreille.

- On fuit déjà Potty ?

Le rythme cardiaque d'Harry accéléra brusquement et il sentit sa peau se couvrir de chair de poule. Décidément, il détestait ce type. Il se força à ne pas répondre et se mit à avancer, ne réalisant pas immédiatement qu'il avait retenu sa respiration tout le temps que Draco avait passé contre lui.

A suivre…


1) Pour la citrouille qui sert de maison à Neville et l'Aubergine d'Eliane, je me suis inspirée, extérieurement d'une gamme de la collection automne et fêtes de Party Lite (visuellement). Pour les fenêtres de la citrouille, elles ressemblent un peu à celles de l'immeuble balto de Gaudi à Barcelone (pour moi c'est simplement le meilleur architecte du monde…). Tout l'intérieur, ameublement se base sur l'art nouveau, belge, espagnol et français, notamment les œuvres d'Horta et de Guimard. J'ai honte de le dire mais la réflexion d'Harry sur les chaises à haut dossier est plus une remarque personnelle sur le mouvement art nouveau anglais, dirigé par Macintosh, que je déteste.

2) Les Calaveras sont les masques imitant les squelettes que portent les mexicains lors de la fête des morts.

3) Pour une fois, j'ai une playlist. D'habitude je n'écoute rien de particulier mais là, c'est clairement certaines musiques qui m'ont débloquée. La Damnation de Faust de Berlioz Partie 1. Grey Sky de S.H.E (pop chinois). Fools of Damnation d'Epica (métal) pour toute la partie où Harry est chez Eliane. De leur départ à l'arrivée chez Rapsec c'est Celtic Cry de Boondock Saints. La musique commence par un son de cloche, j'ai trouvé ça terriblement sympa comme coïncidence. Finalement pour terminer, deux chansons de Rainie Yang (chinois à nouveau) et Ce qu'il reste de toi de Grégoire.

J'espère que l'attente valait le coup et que ce chapitre vous a plu. Je viens de le relire, je le trouve bien (pour une fois). Je sais que je laisse beaucoup de choses dans le flou mais vous aurez toutes les réponses. Maintenant j'accepte volontiers que vous proposiez des thèses. Pour ceux qui attendent uniquement l'arrivée du HPDM, prenez votre mal en patience parce que c'est loin d'être pour tout de suite ! C'est pas non plus le but ultime de cette histoire alors...

Si vous avez des questions, un avis, vous savez ce qu'il faut faire. Je réponds toujours. Je traîne un peu parfois, j'ai des semaines chargées en ce moment mais je trouverai le temps !

Alfa

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