Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Opération : Quand bébé arrive

lilywen
Author of 10 Stories

Rated: M - French - General/Romance - Harry P. & Severus S. - Reviews: 129 - Updated: 11-08-09 - Published: 12-19-08 - id:4726393

Résumé : Après avoir annoncé à Drago que Seamus avait également bu la potion de Felix Parentis, ce dernier s’évanouit. Comment vont réagir Harry et Seamus à cette grande nouvelle ? Bonne lecture à tous, lilywen…

PS : J’ai posté la semaine dernière un chapitre de l’enfant maudit et je rappelle que pour cette histoire entamée depuis presque trois ans comme pour celle d’Opération bébé, j’attends avec impatience vos reviews : c’est toujours très important de lire des commentaires (et pour certaines de mes fictions, comme l’enfant maudit, ils se font plus que rares !)… cela ne prend pourtant que quelques instants à la fin de votre lecture… Merci à tous.

OPERATION : Quand bébé arrive…

(Suite de ‘OPERATION : Marions le’)

Chapitre 7 : Il était une fois une grande nouvelle…

D’un informulé, le ténébreux Maître des Potions avait amorti la chute de son filleul et ce dernier lévitait maintenant à quelques centimètres à peine du sol de l’infirmerie, ses cheveux dorés, presque blancs, frôlant légèrement le parquet craquelé et vieilli par le temps.

« Tu es très fier de toi, je présume. »

Severus fusilla du regard Harry qui souriait pourtant comme un bienheureux.

« Puis-je savoir pourquoi tu arbores cet air parfaitement niais ? C’est simplement insupportable. »

Harry grogna, feignant d’être profondément vexé par la remarque de son époux :

« Hormis le fait que je vais pouvoir me moquer pendant plusieurs décennies de cet insupportable blondinet que tu oses encore appeler ‘Filleul’ et qui a honteusement tenté de profiter de la situation à mes dépens, je réalise maintenant qu’on va être parents. Franchement, j’ai connu des journées bien plus difficiles par le passé, tu peux me croire, mon chéri !

- Je te rappelle que pour la potion, il n’y a aucune certitude avant de procéder aux examens de rigueur, il faudra aller sans trop tarder à Sainte Mangouste pour consulter un spécialiste, alors, s’il te plaît, ne te réjouis pas trop vite sur ce point, veux-tu !»

Sans même attendre la réponse du joli petit brun, le Maître des Potions fit tournoyer avec grâce les pans de sa robe noire. Il se retourna et se dirigea vers la pièce adjacente, réservée aux malades où de nombreux lits aux draps blancs immaculés étaient alignés. Un seul était occupé, au fond de l’infirmerie, par le capitaine des Serpentards, Manus Adrien qui dormait très bruyamment. Severus pensa curieusement que le ronflement de l’adolescent endormi était assez proche du bruit qu’aurait fait un troupeau d’hyppogriffes lancés en plein galop, mais, l’ancien espion ne préféra pas s’appesantir sur ce problème. Il avait déjà suffisamment à faire depuis ce matin. Il guida le corps encore inconscient de son filleul vers le premier lit inoccupé, déposa avec délicatesse le corps évanoui et se retourna finalement vers son époux qui l’avait suivi dans la salle destinée aux patients de Poudlard.

« Peux-tu ôter ce rictus une seconde ? Cela ne te sied guère.

- Quel vil flatteur tu fais, amour ! Tu m’en veux ?

- Pourquoi t’en voudrais-je ?

- Pour Drago…

- Je suppose qu’il l’avait mérité même si tu aurais pu être plus indulgent. La nouvelle était amplement suffisante pour lui, tu n’étais pas obligé de rajouter du drame au drame…

- Oh, je t’en prie, Sev, pour une fois que je pouvais…

- Totalement immature !

- C’est vrai que Drago est tellement plus adulte, tellement plus responsable, lui… Dois-je te rappeler que s’il en est là, c’est juste parce qu’il a fomenté ce stupide plan à deux noises sans songer un seul instant aux conséquences et que bien sûr, tu l’as écouté ! Reconnais-le au moins, chéri.

- Peut-être.

- Sale hypocrite.

- Sale gosse.

- Et fier de l’être. »

Pour parachever sa réponse, Harry tira brièvement la langue avant de poser ses lèvres une seconde sur celles finement dessinées de son époux. Il se recula d’un pas, adressant un clin d’œil complice à Severus et il répéta, d’un air quasi-extatique :

« On va être parents.

- Harry… »

Le brun ne prêta guère attention à la voix lourde d’avertissement de son époux. Pendant quelques secondes, il posa sa main contre son ventre, fermant les yeux et priant si fort pour que la potion ait réellement fonctionnée. Un bébé de son Sev. Il se sentait au comble de la félicité. Bien sûr, il savait parfaitement qu’il ne devait pas se réjouir trop vite et avant toute chose, il fallait attendre une confirmation d’un médicomage comme le Maître des Potions le lui avait rappelé à juste titre, mais, au plus profond de lui, Harry était simplement persuadé que son vœu le plus cher était enfin exaucé : il allait avoir une famille, un enfant de Severus.

Sans attendre, il fit demi-tour et se dirigea vers la pièce adjacente, où se trouvait le bureau de Madame Pomfresh, encombré de très nombreux dossiers médicaux. Après avoir saisi une lourde poignée de poudre verte dans le pot grisâtre posé à côté de l’âtre, le jeune homme s’installa à genoux devant la vaste cheminée de l’infirmerie, oubliant même la douleur causée par le contact du sol dur et froid. Il plaça sa tête dans l’âtre de la cheminée et prononça sa destination en lançant avec vigueur la poussière magique.

« Cheminée de Seamus et Drago »

Il se sentit nauséeux de ce brusque changement et il vacilla un peu lorsqu’il se retrouva dans le salon du jeune professeur aux Etudes Moldues. Il appela une première fois mais rien ne vint. Il insista encore et après quelques longues secondes, le sorcier aux cheveux clairs se précipitait dans sa direction :

« Harry… Harry… Qu’est-ce que tu fais ici ? Qu’est-ce qui se passe ?

- Je dirais que Filleul de mon Amour a besoin du baiser de son adorable princesse irlandaise sinon il risque de dormir encore une bonne centaine d’années.

- Drago ?

- Oui, ton petit-ami… Tu vois de qui je parle quand même !

- Mais, qu’est-ce qu’il a ?

- Disons qu’il a été victime d’un très léger surmenage… Il est présentement à l’infirmerie…

- C’est… C’est grave ?

- Viens, je te dis…

- Je… J’arrive. »

L’irlandais se dégagea de l’âtre et sembla se saisir d’un pull gris posé négligemment sur un fauteuil face à sa cheminée qu’il passa prestement et il regarda Harry dont le regard pétillait toujours, son sourire semblant encore plus resplendissant et lumineux.

« Harry, tu es sûr que tu vas bien, tu as l’air… un peu étrange… »

Le brun grogna pour toute réponse, toisant son ami.

« Tu n’es pas obligé d’être aussi désagréable que ton blond peroxydé, tu sais ! »

Seamus baissa les yeux, avec un air d’excuse peint sur son visage :

« Mais, je n’ai pas… Ce n’est pas…

- C’est bon, Seam… Il vaudrait mieux ne pas faire attendre davantage ton cher et tendre, alors, dépêche-toi… »

Le visage du survivant disparut de l’âtre laissant place libre pour que l’autre sorcier puisse les rejoindre à l’infirmerie. Harry s’écarta de la cheminée au moment où apparaissait dans un nuage de fumée verte le jeune enseignant aux Etudes Moldues qui frottait machinalement ses vêtements pour effacer les traces de poussière dû à son déplacement magique. Seamus était encore plus pâle qu’à l’accoutumée, presque blafard et Severus qui venait de rejoindre sa petite terreur dans le bureau de Madame Pomfresh ne put retenir une remarque sarcastique :

« Harry, qu’est-ce que tu as fait ? Il a l’air plus malade que des premières années lors de ma présentation du programme de potions.

- Je l’ai juste informé de la nécessité de sa présence pour réveiller la Belle-au-bois-dormant.

- HARRY…

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Rien… Absolument rien… Seamus… Il faut…

- Severus Snape bégayant comme un pauvre poufsouffle, profite de cet instant, Seam, c’est la culpabilité qui le travaille !

- HARRY !

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Rien… Absolument rien… Seamus, il est possible que Drago et moi soyons à l’origine d’une malencontreuse erreur.

- Quel sens de l’euphémisme ! Je t’applaudis, mon amour.

- HA…

- Harry… Oui, je sais, mon chéri, je ne suis pas sénile, je connais mon prénom… »

Seamus regardait, choqué, le couple se chamailler comme des gosses devant lui, apparemment à son propos, ce qui était pour le moins troublant et inquiétant. Il bredouilla difficilement, effrayé d’interrompre ce face à face visuel :

« Une… une erreur…

- Oui, c’est ça, une ‘malencontreuse’ erreur… »

Harry ricanait en imitant à la perfection la voix de son époux qui se retenait de le plaquer contre le mur, et pour une fois, il n’avait aucune envie de lui faire atteindre le septième ciel, même si cet air de défi peint sur les traits du gamin était des plus séduisants. Le Maître des Potions secoua la tête comme pour chasser cette pensée, ce n’était certainement pas le moment.

« Tu as fini ?

- Non, je crains que tu ne l’entendes un certain nombre de fois encore. Disons pendant les cinquante prochaines années… »

Le petit brun aux yeux d’émeraude pouffa, il s’amusait véritablement, ses yeux pétillant de malice et pour toute réponse, Severus haussa un sourcil :

« Sale gosse !

- Et fier de l’être…

- Tu te répètes, Harry.

- Toi aussi, amour.

- Je… Je suis vraiment désolé de vous interrompre mais…

- Ah oui, c’est vrai que tu t’inquiètes pour ton blond peroxydé !

- HARRY…

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Rien… Absolument rien… »

Severus se massait lentement la tempe droite, essayant de calmer le terrible mal de tête qui semblait poindre. Il reprit, ne pouvant se résoudre à annoncer la terrifiante nouvelle à l’irlandais :

« Ecoute, disons que… Tu… Harry et toi… Enfin, vous…

- Oh, Sev, accouche. »

Harry souriait comme jamais lorsqu’il rajouta avec malice :

« Ah non, c’est vrai, ça, c’est pour Seamus et moi… »

Il y eut un silence, un long silence, enfin, si on exceptait le rire quasi incontrôlable du gamin. Seamus fixait son ami comme jamais tandis que Severus priait pour que Salazar, Merlin et tous les autres lui donnent la force de ne pas étrangler sa petite terreur qui se retenait contre son épaule.

« Je… Quoi ?

- Et bien, disons que hier, ton blond peroxydé a fait une brillante suggestion à mon époux. Me faire une petite surprise très serpentarde et sans me prévenir, ils ont décidé de mettre de la potion de Felix Parentis dans mon thé…

- Dans ton thé…

- Oui. »

Seamus était encore plus pâle et il tremblait légèrement, il répéta sans s’en rendre compte :

« Dans ton thé…

- C’est ça.

- Dans…

- Oui, Seam, je confirme, dans mon thé...

- Mais… Mais…

- Tu as bu du thé, oui, Seam…

- Je… Je… Tu insinues que…

- C’est effectivement plus que probable. »

L’irlandais avait l’impression que la terre tournait curieusement. Il bafouillait assez pitoyablement :

« Je… Je suis… Tu veux dire que je suis…

- Oui, Seam, c’est bien ce que je veux dire… Félicitations, Monsieur Finnigan ! »

L’air ahuri qu’affichait l’enseignant aux Etudes Moldues effraya le Maître des Potions, il craignait qu’à l’instar de Drago, il ne s’évanouisse à cette annonce pour le moins inattendue. Ce ne fut cependant pas le cas. Après quelques secondes, Seamus sembla se ressaisir, il se redressa, faisant face aux deux autres sorciers :

« Et Drago… Comment va-t-il ?

- OH ! Ca, c’est la meilleure partie de l’histoire. Filleul de mon Amour s’est littéralement effondré lorsqu’on lui a annoncé la bonne nouvelle… Evanoui, Monsieur Malefoy. Il rivalise avec la Belle-au-bois-dormant depuis ! Peut-être qu’avec un doux baiser, tu pourrais le réveiller enfin !

- Je… Je vois… Je vais y aller alors. Je crois que je… Je vais quitter Poudlard. Je vais prévenir Mac Gonagall. »

L’irlandais dont le visage trahissait une évidente douleur, un déchirement, se dirigea avec lourdeur jusqu’à la cheminée où il était apparu quelques instants auparavant. Dire que le brun aux yeux d’émeraude était abasourdi était un euphémisme. Harry regardait son ami, ne comprenant rien au discours plus qu’incohérent de Seamus, il avait imaginé qu’il serait comblé, qu’il se serait précipité vers le blond et il en fit part d’une façon ô combien constructive, interrompant son ami dans sa volonté de quitter immédiatement l’infirmerie :

« HEIN ?

- Brillant, Potter.

- Potter-Snape, Sev. Potter-Snape.

- Comment pourrais-je oublier ce détail ? »

Severus se racla la gorge avant de s’adresser au jeune irlandais qui s’était retourné :

« Je crois que vous vous trompez lourdement concernant les sentiments de mon filleul à votre égard. »

Harry fixait alternativement les deux sorciers, Severus eut presque pitié devant le désarroi évident de son adorable petit lion qui ne comprenait visiblement rien aux doutes qui assaillaient l’enseignant aux Etudes Moldues et il reprit avec sarcasme :

« Peut-être pourrais-tu envisager le fait que Seamus ne soit pas forcément certain des sentiments que lui porte Drago.

- Pardon ?

- Oh, Harry… ouvre-les yeux ! La situation de Seamus est très différente de la nôtre. Ce n’est pas parce que tu as toujours été persuadé que j’étais amoureux de toi que...

- Ben, c’était le cas, non ? Alors, pourquoi aurais-je remis en cause une telle évidence ? La seule chose qui me faisait réellement douter, c’est ton incapacité à assumer et à accepter le fait que tu puisses finir le reste de tes jours avec un Gryffondor… »

Le Maître des Potions lança une petite tape sur la tête de son adorable lion et continua :

« Ce n’est vraiment pas le sujet, Harry et admets qu’il est assez logique que Seamus redoute la décision de Drago. Ils n’avaient probablement encore jamais parlé ensemble de l’éventualité de fonder une famille, or, tu viens de lui dire qu’il était peut-être enceint et qu’en plus, en apprenant cette nouvelle, mon filleul s’était simplement évanoui. Il a peur que Drago le rejette, qu’il ne l’aime pas…

- Ridicule, Drago est complètement dingue de lui, il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte !

- Tu es sérieux, Harry ? »

Seamus fixait son ami avec une incrédulité évidente et Harry en resta estomaqué.

« Bien… Bien sûr que je suis sérieux ! Franchement, Seam… Comment peux-tu en douter alors que l’autre insupportable blonde m’a littéralement harcelé pour que je facilite votre rapprochement ?

- Harcelé ?

- Oh Merlin, il était insupportable… Enfin, il l’est déjà en temps normal, c’est certain…

- HARRY !

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit encore ?

- Rien… Absolument rien… Excuse-moi de t’avoir interrompu. Ce doit être mon audition déficiente.

- Oui, vu ton grand âge, c’est probable !

- HARRY ! »

Le jeune brun riait puis regarda son ami et poursuivit sa démonstration, sans se préoccuper du Maître des Potions qui levait les yeux au ciel, en signe de désespoir :

« Bref… Après que Blondinet ait découvert que Charlie, Blaise et moi avions monté toute cette mise en scène à Paris pour rendre jaloux Sev, il a insisté pour m’aider… Enfin, si tenter que le verbe « aider » puisse raisonnablement faire partie du vocabulaire d’un Serpentard. En fait, il a exigé en contrepartie que je fasse en sorte que tu t’intéresses à lui. D’un autre côté, il n’a pas vraiment eu besoin de mes services, il s’est très bien débrouillé tout seul lorsque Sev m’a demandé en mariage pour te faire son grand numéro de Don Juan.

- Je n’ai jamais remis en question le fait que je l’intéresse mais pour ce qui est de m’aimer, je crois que tu te trompes, ‘Ry… »

Le brun souriait à nouveau, raillant ouvertement son ami :

« Ah oui… Comme ça, tu crois que je me trompe… Il me semblait juste que Môsieur Malefoy a fait en sorte que Mac Go le prenne ici en remplacement de Sev au plus grand désespoir de cette bonne vieille Partemonia et de tous les élèves d’ailleurs… Oh et puis quand on est revenu de notre voyage de noce, il s’est une nouvelle fois arrangé pour rester à Poudlard en devenant apprenti médicomage auprès de Madame Pomfresh… C’est vrai qu’elle avait besoin de son aide, hein ? Elle n’a jamais tenu cette infirmerie, seule, que depuis une bonne quarantaine d’années, elle a attendu tout ce temps qu’on daigne lui accorder la présence du futur génie de la Médicomagie ! Je ne pense pas que ce soit son amour pour Poudlard qui le fasse inventer toute sorte de stratagème pour rester ici, dans tes appartements, dans ton lit, dans ton…

- HARRY !

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai…

- Si tu finis cette question, je ne réponds plus de rien, c’est clair !

- Rabat-joie !

- Tu as terminé ton petit numéro ?

- Non… »

Harry lança un clin d’œil coquin au Maître des Potions qui soupira fortement, le gamin profitait vraiment de la situation à son avantage. Seamus n’avait pas perdu une seconde de la joute épique entre les deux hommes. Il espérait réellement qu’un jour, il pourrait afficher une telle complicité avec Drago. Il avait tant de choses à régler ensemble, il n’était même pas sûr de ce qu’ils étaient l’un pour l’autre – ami, amant, compagnon… ou plus encore, celui qui restait pour toujours. La potion de Felix Parentis remettait tout en question car ils allaient devoir prendre des décisions très importantes pour leur avenir et pour celui de ce petit bout qui grandissait peut-être déjà en lui. Il eut brièvement honte d’avoir pensé s’enfuir plutôt que de se confronter à Drago, il ne faisait pas vraiment honneur à sa maison mais, depuis déjà quelques temps, il s’interrogeait sur les sentiments du blond à son égard et sa réaction à l’annonce d’Harry ne plaidait certes pas en faveur d’un dénouement heureux, quoi qu’en pense son ami.

Il soupira ostensiblement, rompant le duel que se livrait le couple.

« Je… Où est Drago ? »

Severus regarda avec compréhension l’enseignant aux Etudes Moldues.

« A côté… Il devrait se réveiller assez rapidement, il n’a rien de toute façon, à part peut-être peur de votre réaction…

- J’espère que vous avez tous les deux raison.

- Nous allons vous laisser.

- QUOI ? Non, mais, n’importe quoi ! Je veux voir Malefoy ramper en s’excusant, moi !

- Certainement pas, ils ont besoin de tranquillité pour discuter, alors, tu viens avec moi, compris !

- NON ! JE… »

Severus ne laissa pas au gamin l’occasion de continuer ses jérémiades, il attrapa son fardeau par la taille et le fit basculer sur son épaule, comme un vulgaire sac, sous les cris outrés de son époux.

« SEVERUS ! Lâche-moi immédiatement… Je suis enceint…

- Ne t’en fais pas, si tel est ton désir, c’est la dernière fois que je te touche avant plusieurs mois, tu devrais t’en réjouir !

- QUE ? QUOI… »

Harry avait verdi et le Maître des Potions se moquait ouvertement de son air catastrophé, il donna une petite tape sur la fesse du survivant qui grogna, tempêtant tant et plus, avant de regarder le compagnon de son filleul :

« Parlez-lui, tout ira bien et si vous avez besoin, nous serons dans l’appartement… »

Il attrapa une poignée de poudre verte dans le pot grisâtre et se dirigea dans l’âtre où ils disparurent, laissant enfin seul l’enseignant aux Etudes Moldues. Seamus soupira lourdement, se morigénant pour son attitude défaitiste. Il était un gryffondor, que diable ! Il était logiquement pétri de courage, à la limite de l’inconscience, capable de foncer tête baissée dans les situations les plus périlleuses et dans son cas, ce fait était on ne peut plus exact, du moment qu’il se n’agissait pas d’histoire de sentiments, de relation amoureuse. Il était tellement pathétique dès qu’il s’agissait de se déclarer devant une personne qui l’intéressait.

Combien de fois s’était-il ridiculisé en présence d’Harry alors qu’objectivement, il ne s’agissait que d’un petit béguin sans importance ? Avec Drago, c’était différent, probablement pire : ça avait été le cas dès la première fois qu’il avait remarqué que les yeux gris le détaillaient avec passion, du désir clairement lisible dans ce regard fascinant, ça avait été le cas la première fois que le blond lui avait susurré sensuellement qu’il avait envie de lui. Il devait prendre sur lui, lui avouer ses doutes, ses craintes, faire avancer leur relation, au risque de le perdre mais il ne pouvait rester dans cette incertitude, sachant que la vie d’un petit enfant était peut-être en jeu dans l’histoire.

Il avança vers la pièce voisine où les lits blancs s’alignaient parfaitement. Au fond, un bruit qui ressemblait à s’y méprendre au ronflement de Graup, le fit sursauter, il réalisa que c’était ce demeuré de Manus Adrien qui lui servait accessoirement d’élèves, mais très vite, son regard se reporta sur le premier lit. Les cheveux blonds de Drago étaient éparpillés sur la taie d’oreiller immaculée et créaient une sorte d’auréole, ainsi, profondément endormi, le Serpentard avait l’air d’un ange. Il devenait pourtant un démon dès qu’il faisait glisser ses mains sur son corps pour le rendre totalement dépendant à ses caresses. Seamus s’approcha lentement, ne souhaitant pas réveillé immédiatement le bel inconscient.

Il s’installa doucement sur le rebord du lit et de sa main droite, chassa délicatement quelques mèches qui retombaient sur le front parfait de Drago… Merlin, qu’il pouvait aimer cet insupportable capricieux. Oh oui, il l’aimait plus que tout au monde, il en était certain, c’était peut-être pour cela que cela faisait si mal, qu’il avait tellement peur de le perdre. Il craignait que Dray ne le laisse, ne souhaitant assumer ses responsabilités de futur père. De toute façon, sa décision était, d’ores et déjà, prise et même s’il devait se retrouver seul pour élever cet enfant, il ne renoncerait pas et n’abrégerait pas cette grossesse. Si cette naissance était un pur hasard, elle n’en était pas moins à ses yeux une bénédiction, le fruit de son amour éperdu pour le blond.

« Salut toi… »

Il sursauta violemment lorsque la voix rauque de Drago l’interpela.

« Comment te sens-tu, Dray ?

- Ca va… Je crois… Juste… »

Il y avait cette hésitation dans son regard, probablement, Drago cherchait à savoir s’il avait déjà connaissance de la situation et Seamus préféra clarifier immédiatement les choses :

« Harry et Severus m’ont informé.

- Je vois et...

- Et quoi ?

- Eh bien, qu’est-ce que tu en penses ?

- Ce serait plutôt à toi de répondre à cette question, non ? »

Il avait peut-être rétorqué un peu sèchement mais l’air gêné et mal à l’aise du blond ne faisait que confirmer ses doutes, malgré tout ce qu’avaient pu dire Severus et Harry. Drago se redressa, s’aidant de ses coudes et s’adossa contre le montant du lit en fer forgé blanc. Il soupira et attrapa la main gauche du jeune homme qui semblait tellement paumé à cet instant :

« Je ne sais pas, cela dépend grandement de ce que tu souhaites entendre.

- Pardon ?

- Ecoute Seam… Tu as l’air tellement perdu, par rapport à tout ça, par rapport à nous deux. Je ne veux pas que tu t’en sentes obligé d’une quelconque façon.

- Me sentir obliger ? De quoi parles-tu ? Ce n’est pas moi, le problème, ici, c’est toi ! Qu’est-ce que tu veux toi ?

- Hé, l’Irlandais, ce que je veux… Tu te demandes encore ce que je veux…

- OUI !

- Par Salazar, ce que tu peux être naïf, j’ai manipulé honteusement Potty pour pouvoir te conquérir, j’ai utilisé de toutes mes relations au ministère et au sein de l’Ordre pour obtenir le poste de remplaçant aux Potions pendant que Severus se dorait au soleil avec son insupportable Princesse, j’ai entamé ma nouvelle carrière et au lieu de prendre mon stage d’apprentissage dans un prestigieux service de Sainte-Mangouste comme tous les étudiants de ma promotion, j’ai choisi de travailler avec cette vieille bique de Madame Pomfresh et tu oses encore me demander ce que je veux, moi ? Tu es incroyable, Seamus Finnigan, absolument incroyable !

- Je… »

Le jeune homme n’eut pas le temps de finir sa réponse que le Serpentard le plaquait avec habileté et force contre le matelas inconfortable du lit d’infirmerie, le bloquant de tout son poids. Le blond fit glisser doucement son index sur le visage de son amant et continua dans un murmure :

« Alors, Monsieur Finnigan, je vais vous dire ce que je veux puisque c’est là votre souhait… Je ne me suis jamais imaginé avoir un enfant un jour, cette idée m’aurait même probablement effrayé avant de te connaître… Par Salazar, je suis sans nul doute intelligent, brillant et irrésistiblement magnifique mais je suis aussi orgueilleux, égocentrique, immature, dénoué de tout sens moral, calculateur, manipulateur et j’en passe… Sincèrement, je n’ai jamais pensé que c’était là des qualités enviables pour devenir un bon parent – n’en déplaise à mon propre père. Maintenant, puisqu’il est question de nous deux, je dirais que l’idée me comble, parce qu’à nous deux, nous sommes la perfection, tu tempères chacun de mes défauts et je complète parfaitement les tiens. Tu es adorable, gentil, modeste, tendre, affectueux, courageux… J’ai encore un millier de bonnes raisons pour t’aimer mais je ne compte pas te les donner toutes. Tu es également tellement peu sûr de toi, perdu, intimidé, maladroit…

- Hé !

- Tsss… Laisse-moi finir, l’Irlandais et c’est pour cela que je pense que nous ferions des parents extraordinaires, moi, mon intelligence supérieure, ma beauté et toi ta douceur, ta tendresse, ta modestie, ton courage… Notre rejeton sera forcément un être absolument parfait. Tu devras probablement m’aider énormément car l’idée même d’avoir un gosse bavant et pleurant dans les bras me terrifie… J’ai conscience que ce n’était pas prévu, que nous n’avions jamais parlé de fonder une famille et que peut-être, tu n’es pas aussi sûr que moi, concernant tes sentiments à mon égard, mais…

- TU... TU PLAISANTES ?

- Quoi ?

- Tu n’es pas certain de mes sentiments ? C’est une blague… »

Les yeux gris trahissaient clairement son incompréhension.

« Je t’aime, Dray. Je t’aime tellement et j’avais peur que tu ne veuilles pas d’un enfant… Que tu ne veuilles pas de moi… »

Les derniers mots avaient été à peine murmurés et furent étouffés par un baiser sauvage et passionné que le blond appliqua sur les lèvres sensuelles et douces de son amant. Il s’appliqua à le clouer sur le matelas, à parcourir chaque recoin de sa bouche, faisant glisser ses mains sur son corps et commençant à repousser le pull gris qu’il portait pour atteindre la peau pâle, lorsqu’un grognement sonore provenant du fond de la pièce les interrompit, Drago se releva, fusillant de son regard gris, le capitaine des Serpentards :

« Je vais le torturer, le tuer très lentement pour avoir osé nous interrompre… »

Il caressa machinalement les lèvres meurtries de son amant et ricana :

« Tu es d’accord avec moi, Finnigan ? Il mériterait vraiment une bonne leçon pour nous avoir arrêtés en si bon chemin, n’est-ce pas ?

- Qu’est-ce que vous avez dit, Monsieur Malefoy ? »

Implacable, Madame Pomfresh se tenait dans l’encadrement de la porte, un air clairement outré et désapprobateur devant la tenue des deux sorciers qui ne laissaient que peu de doutes sur la suite des événements. Seamus repoussa à grand peine le corps du blond qui le retenait puissamment tandis que l’infirmière maugréait :

« Ah… Je vous jure, ces jeunes ! Dehors, tous les deux… TOUT DE SUITE ! »

Seamus ne put s’empêcher de rougir furieusement, remettant en ordre ses vêtements et n’osant affronter le regard meurtrier de Madame Pomfresh dont le pied droit tapait en cadence sur le parquet de l’infirmerie, signe de son agacement évident. Drago prit tout son temps pour se relever, il adressa un œil sombre et revanchard à la vieille infirmière avant de saisir la main de son Irlandais et de l’entraîner en direction de la cheminée. De toute façon, ils devaient rejoindre Severus et Princesse, ils avaient une bonne nouvelle à leur annoncer après tout…

A suivre…


Return to Top