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Author of 44 Stories |
Merci à Élise pour la correction
Merci à Louange, Galswinthe, Miss Yem, abby915-et lydie pour leur review sur
Merci à elsway et Gwen pour leur commentaire sur
Chapitre 2 : Petite demande
Forks, janvier 2007
POV Edward
« Appréhension … Attente… Stress… Joie… Souvenirs nombreux… Envie et amour….
Beaucoup de pensées et d’images défilent dans l’esprit de Jasper en ce moment. Il semble aussi soumis à de nombreux sentiments différents et contradictoires. Je peux lire ses doutes et hésitations dans son esprit. Il est embarrassé par rapport à nous, sa famille, et par rapport à eux, qu’il continue à voir comme une famille. Je constate qu’il aimerait garder cette relation rien que pour lui, ne la pas partager. J’ai d’ailleurs très bien lu plus tôt qu’il avait ressenti comme une intrusion ma question sur la demoiselle qui occupait ses souvenirs du moment. A la réflexion c’est vrai qu’il ne nous a jamais rien raconté de son passé, sauf de manière générale. Nous savons tous qu’il appartient à une autre famille, du moins il les voit toujours comme cela malgré la longue séparation, mais il n’est jamais entré dans les détails : aucun nom, aucune anecdote, … rien. Seule Alice, son épouse, connait tout.
Contrairement aux autres membres de la famille, je n’ai pas le regard rivé à Jasper, qui près du téléphone se mordille les lèvres et semble s’inquiéter. De toute manière, je lis ses pensées. Je sais qu’il s’en veut de leur téléphoner pour leur demander un service alors qu’il s’est forcé au silence pendant de long mois… sûrement pour nous complaire. Les sonneries se succèdent et la tension monte, je peux lire en Rose qu’elle jubile de la non-réponse qu’il reçoit. Sauf que la tonalité stressante prend fin et une voix mélodieuse répond. Je tourne la tête vers mon frère adoptif. En fait c’est le son de cette voix féminine qui a attiré mon attention. Elle a des accents chantant agréables à l’ouïe.
France du nord, janvier 2007
POV Thérèse
« Je savoure l’eau chaude qui cascade le long de mon corps tiède. J’adore cette sensation de chaleur, sentir ma peau se réchauffer peu à peu me procure toujours une impression de détente et de bien être. C’est agréable de savourer une bonne douche après une nuit de chasse et un long voyage de retour. Je la savoure d’autant plus que la maison est plongée dans un calme complet et que seul le bruissement de l’eau et ma légère respiration se font entendre. Alexandre et Anna sont sortis pour faire du shopping, profitant du temps nuageux et de la pluie. Une fois qu’ils furent sortis, j’ai filé sous la douche pour un moment de relaxation et de douceur personnel. Je ferme les yeux et penche la tête en arrière pour profiter un peu plus du jet d’eau. La buée commence à envahir la cabine de douche, et la senteur du bain moussant embaume l’air m’entourant. Un soupire de bien-être pur m’échappe…
Driingg
Je sursaute violemment et ouvre les yeux, me prenant le jet d’eau en pleine figure. Instinctivement je tourne la tête vers la porte de la cabine de douche. Vais-je répondre ou non ? Et puis qui peut me déranger ? J’hésite, on est en pleine après-midi… Généralement les membres du clan vivant en Europe téléphone en soirée ou la nuit, ceux vivant ailleurs envoient des lettres… personnes ne nous téléphone jamais. La seconde sonnerie retentit dans toute la maison, et je ferme l’eau, toujours hésitante. Oh et puis, je vais profiter de ma douche égoïstement. La troisième sonnerie me fait frissonner. Et si c’était… ? Non, cela fait des mois qu’il ne nous a plus contactés, il doit commencer à se détacher et à s’intégrer dans sa famille… Mais il est le seul vu le décalage horaire à pouvoir téléphoner en plein jour. Après un soupir, je quitte la douche et empoigne un essuie éponge avec lequel j’entreprends de me sécher rapidement tout en me dirigeant vers ma chambre pour m’habiller. Quatrième sonnerie, j’arrive presque toute sèche dans ma chambre et ouvre mon tiroir pour en sortir mes sous-vêtements et les enfiler. Une question flashe dans mon esprit : après combien de sonnerie la communication est-elle coupée ? La cinquième sonnerie me fait sursauter, et j’imprime mentalement que nous n’avons pas pensé à brancher le répondeur, sinon il aurait déjà pris la relève. Sixième sonnerie, je mets une robe rapidement et me laisse tomber sur le lit à côté du téléphone. J’attends de voir s’il y en aura encore une…
Septième sonnerie…
J’attrape le combiné et lâche un « Allo ?!? » de ma voix la plus douce possible. Peu importe l’interlocuteur, je ne vais quand même pas l’agresser pour avoir perturbé une douche en pleine après-midi.
« Thérèse ?!? C’est moi… » Déclare une voix masculine s’exprimant en anglais aux accents chauds et graves. J’écarquille les yeux de surprise alors qu’un sourire de plus heureux se dessine sur mes lèvre.
« Jasper !!! » l’exclamation de pure joie franchit mes lèvres d’un seul coup, sans que je m’en rende vraiment compte. Il m’a énormément manqué et quelque part en moi, mon instinct de grande sœur s’inquiétait de ce silence prolongé. Entendre sa voix et son intonation joyeuse me rend béate de bonheur.
«Excuse-moi j’étais sous la douche. Comment vas-tu ? » J’interroge une fois ma seconde de bonheur passée, je retrouve ma politesse légendaire.
« Très bien et toi ? » me rétorque-t-il. J’adore vraiment l’accent de Jasper et ses intonations heureuses quand il nous parle.
« Ma foi, tout va bien. Nous sommes rentrés cette nuit d’un petit voyage. Comment va Alice ? Et les autres membres de ta famille ? » Je déclare en me laissant tomber couchée sur le dos sur le couvre lit. Cette conversation peut durer des heures autant me mettre à l’aise. L’interroger sur sa famille est une habitude que j’ai pris dés qu’il les a rejoint ; une manière d’avoir un lien avec eux aussi et de savoir comment il s’entend avec eux.
« Ils vont tous très bien ! Et si tu veux savoir, ils semblent apprécier le timbre de ta voix. » M’avoue-t-il d’un ton amusé. Je ne peux empêcher un léger rire cristallin de franchir mes lèvres, et je devine instantanément que sa famille l’a perçu. Je me tourne sur le côté gauche pour avoir une vue sur la fenêtre et j’appuie ma tête sur ma main.
« Bonne nouvelle, surtout si nous devons parler des heures et qu’ils doivent le supporter ! » je lui rétorque toujours en riant. La conversation promet d’être amusante et longue, ce qui m’arrange car j’ai toujours adoré converser avec lui.
« As-tu eu le temps de t’essuyer et t’habiller ? Sinon je peux te téléphoner plus tard… » M’interroge-t-il un peu soucieux. Comme si je pouvais tomber malade !
« Oh voyions mon cher! Combien de temps penses-tu qu’il me faut pour enfiler des sous-vêtements et une robe. » Je demande avec un sourire amusé et sur un ton plus précieux que nécessaire, mais je sais qu’il jouera le jeu du badinage.
« Te connaissant comme je te connais, trois secondes de plus que moi ou Alice ! » Me taquine-t-il gentiment, me provoquant sur ma lenteur supposée face à lui ou un autre vampire. Pourtant le ton reste sur la plaisanterie et le badinage entre frère et sœur. Sa voix devient plus sérieuse quand il me demande : « Alexandre est-il là ? »
« Hum, il est sorti avec Anna, sa compagne, faire les magasins je crois…. Il reviendra sûrement fin de l’après-midi. Tu avais quelque chose à lui demander peut-être… » J’interroge calmement mais peu étonnée.
« Pas spécialement… En fait j’ai un service à te demander… » Avoue-t-il avec une voix plus base où je discerne son embarras. Pourtant il devrait savoir que je ne lui refuserais rien.
« Très bien, je suis toute ouïe mon cher ami » je déclare en reprenant une position assise sur mon lit. Il me reste un peu de ma curiosité d’humaine, qui me rend impatiente de savoir de quoi il peut s’agir. Seulement, en 400 ans j’ai appris à attendre et à ne plus harceler de questions les autres pour satisfaire mon besoin de savoir.
« Et bien en fait… c’est une demande de ma … hum… famille… » Murmure-t-il, bloquant un peu sur le mot famille. J’imagine les regards du clan Cullen fixaient sur lui. Il n’est pas rare ceci dit qu’un clan nous demande de l’aide ou nous signale un problème.
« D’accord, et que souhaitent-ils que je fasse, Jasper ? » Je l’encourage par une question posée sur un ton doux et engageant à poursuivre son explication.
« Et bien, nous avons un problème ici… Oh pas avec un vampire mais avec un... Euh… Immortel… enfin quelqu’un comme toi… » Commence-t-il à expliquer sur un ton un peu plus sûr de lui.
« On nous appelle plus couramment les Maudits en fait… et donc, il y en a un à Forks ? Où est le problème exactement ? » Je le corrige et continue mes interrogations sur le ton de la grande sœur désirant une confession de son cadet venant de faire une bêtise.
« Et bien, il ne doit pas être très vieux et vient d’arriver. Disons qu’il est tout sauf discret… Ce qui met à mal notre couverture ici. Si il continue, on aura droit à une chasse aux sorcières version 21ème siècle… enfin Carlisle se demandait si vous pouviez, Alex’, sa compagne et toi, venir nous aider comme vous connaissez les Imm… euh … les Maudits. » Finit-il par lâcher d’un seul coup. Je reste silencieuse quelques minutes avant de lui répondre calmement et professionnellement.
« Jasper… Tu connais aussi bien que moi nos règles. Le clan des Gardiens a ses lois. Ceci dit tu as bien fait de me prévenir, mais je ne peux pas prendre la décision de venir de moi-même. Par contre j’en parlerais à qui de droit et quémanderais le droit de régler le problème, mais je ne peux pas te promettre que j’aurais la permission de venir. » Je finis par dire.
Il me faudra aller, là où vivent les chefs du clan et leur raconter ce qui se passe à Forks. Ensuite peut-être pourrais-je oser demander d’intervenir moi-même… mais la raison personnelle est trop visible pour que j’obtienne cette permission. Souvent, les sbires, qui décident des missions, évitent de nous envoyer là où on connait des vampires… À moins bien sûr, de passer outre ses vieux vampires et de s’adresser directement au couple régnant sur le clan… Mais ce n’est pas si simple de les voir ni de leur parler. Mais qui ne tente rien n’a rien, non ?
« Je comprends… et je me rappelle très bien Thés’ … » murmure Jasper après quelques secondes de silence.
« Écoute, de toute manière je transmettrais de vive voix votre demande. Vous aurez de l’aide pour le maitriser. Pour le moment contentez-vous de le surveiller et de limiter les dégâts… » J’essaie de le rassurer un minimum.
« D’accord… j’espère juste que ce sera Alex’ et toi qui viendriez… » Avoue-t-il d’une voix calme.
« Je ferais ce que je peux pour, promis petit frère. Il va falloir que je te laisse. Je te téléphone dés que j’ai une réponse, compte maximum trois jours… » Je termine la conversation rapidement. Il va me falloir préparer un voyage rapide en Europe centrale… »
Demeure des Gardiens, Transylvanie, Janvier 2007
POV Alexandre
«La vaste pièce était silencieuse et vide. Du divan où je m’étais assis, je pouvais embrasser d’un seul regard l’entièreté du salon ainsi que tout être y entrant. À mes côtés était Anna, qui se tenait le dos droit et un peu tendue. Thérèse, elle, avait préférait s’isoler dans un fauteuil nous faisant face, les jambes posées sur l’accoudoir gauche. Mon regard fait le tour des murs en pierres grises ornés de différentes décorations : tableaux de maitres, tapisseries moyenâgeuses, meubles… Dans l’immense cheminée à ma droite brûle un doux feu, qui réchauffe l’atmosphère ambiante. Le calme de la pièce n’est brisé que par le crépitement de buches craquant sous l’effet des flammes dansantes, qui capturent pendant un moment mon attention. Je sens la main de ma compagne se glisser sous la main, douce chaleur contre ma peau glacée. Je referme les doigts autour de sa fine paume et tourne la tête vers elle, avant de me pencher et d’embrasser son front. Anna me sourit et se rapproche un peu plus de moi. Je glisse alors un bras autour des ses fines épaules et l’attire à moi.
Mes yeux refont le tour de la pièce et se pose sur ma jumelle, qui garde le regard fixé sur les dalles du sol. C’est à sa demande que nous sommes ici à attendre que les chefs de notre clan nous reçoivent. Bien sûr en temps normal, cela se serait passé plus vite : un bref voyage en Transylvanie, berceau des vampires, pour regagner le domaine principal du clan. Nous aurions expliqué qu’une famille de vampire nous avait contacté et raconté le problème. Les sbires auraient pris note et choisi un ou plusieurs Gardiens pour remplir cette mission. Sauf que c’est Jasper qui lui a demandé de l’aide, et qu’elle désire y aller elle-même. Oh je la comprends, il est comme un vrai frère pour nous. Ce serait une occasion de le voir et puis il fait aussi parti de notre clan. Mais quand Thérèse a exprimé son désir que la mission nous soit confiée, le sbire la regardait de travers et lui a sèchement rappelé qu’elle n’était qu’une exécutante et que c’était eux qui décidaient. Ma sœur a alors fait quelque chose qu’elle ne fait jamais : exiger de parler à nos chefs, au nom de son lien de sang avec la Maitresse des lieux. Il a évidemment vérifié cette information, et à contre cœur, se doutant de ce qu’elle allait demander, nous a accordé une entrevue. Il ignore encore que Thérèse ne se fera pas taper sur les doigts pour impertinence mais aura gain de cause. Je ne pense pas que ma frangine s’en doute, mais pour moi il est évident que son petit « caprice » lui sera offert sans aucune concession.
Cela fait maintenant deux heures que nous patientons ici et je commence à trouver le temps long. Je sens la tête d’Anna se poser délicatement contre mon épaule et je la serre un peu plus contre moi, baisant la tête pour déposer un léger baiser sur le haut de ses cheveux. Elle lâche un léger soupire de contentement. En relevant la tête, je croise le regard de ma sœur, qui m’offre un petit sourire attendri. Elle se détourne après quelques secondes. Je devine plus que j’entends le soupire qui s’échappe de ses lèvres rosées. Je m’apprête à lui faire une petite taquinerie, quand la double porte en chêne du salon s’ouvre en grand, attirant notre regard et faisant sursauter ma compagne, qui se redresse.
Face à moi, entrant lentement dans la pièce, se trouve un couple des plus élégants. Ils n’ont pas changé depuis ce matin brumeux où pour la première fois je les ai vus, il y a déjà quatre siècles. La femme s’avance en première, portant une longue robe de velours rouge sang brodés de roses vertes et or. Ses cheveux ébène sont relevés en un chignon lâche sur sa nuque, quelques boucles s’échappant devant et recouvrant ses épaules, ses yeux ambre me fixent avant de se poser brièvement sur Thérèse. Des boucles d’oreilles pendent à ses lobes et un raz du cou en perles nacre entoure son fin cou. Son compagnon est habillé de manière plus moderne, un simple pantalon de lin noir et une chemise blanche impeccablement fermée. Ses cheveux châtains clairs sont toujours aussi courts et ses yeux verts émeraude font rapidement le tour de la pièce, analysant ceux qui ont osé les déranger. Rare sont les membres du clan qui demandent à les voir. Ils s’arrêtent précisément au centre de la pièce.
« Et bien, pour quelle raison Alexandre, désirez-vous nous parler ? » Interroge ma Créatrice en fixant ses pupilles dorées sur moi et Anna.
Ma compagne se tend à mes côtés, tandis que je jette un rapide coup d’œil à Thérèse. Cette dernière prend une position plus correcte en déposant ses pieds sur le sol sans aucun bruit de talons. Nos yeux se croisent quelques secondes et nous échangeons muettement pour savoir qui prend la parole et quoi dire. Notre échange est intercepté et le couple se tourne alors vers ma jumelle.
« A moins que ce ne soit toi Thérèse qui désire nous entretenir » Murmure Sofia, notre mère.
Elle lance alors un regard lourd de sous-entendu à son compagnon et hoche de la tête, avant de se diriger vers un fauteuil libre près de moi. Elle s’assied gracieusement et croise les jambes, son attention fixée sur les deux protagonistes de la conversation. Sofia a toujours admiré et essayé de comprendre la relation un peu spéciale unissant les deux Maudits. Ma jumelle regarde obstinément le sol, ne sachant plus trop quoi dire. Adrien avance de quelques pas vers Thérèse, la fixant d’un regard neutre.
« Et bien, que me vaut cette demande mon bel ange ? » demande-t-il d’une voix adoucie et tendre, son regard étant devenu plus chaud et paternel. C’est vrai qu’il a toujours considéré ma petite sœur comme sa vraie fille. Cette dernière relève enfin la tête et le fixe droit dans les yeux, elle doit être la seule à oser ce geste.
« J’ai… hum… J’ai une faveur à te demander » murmure-t-elle.
fin chapitre 2
merci pour votre patiente ^^