Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark TV Shows » CSI » Ondes de choc

Evasara
Author of 8 Stories

Rated: T - French - Drama/Suspense - Gil G. & Sara S. - Reviews: 106 - Updated: 10-23-09 - Published: 02-25-09 - id:4885107

Toujours une énorme merci à mes gentilles rewieveuses. Heureusement que vous êtes sympas avec moi car je crois que cette histoire serait terminée depuis longtemps. Mais par respect pur vous je continue.

Plus que quelques chapitres et la fin sera vite proche. Gros kiss…


21 H

Tannerie Muddy

La puissance avec laquelle l’eau s’engouffra dans les couloirs me fit vibrer de terreur et je serrais Hope contre moi avec fermeté, afin que mes tremblements nerveux ne me fassent pas lâcher prise .Le grondement affreusement révélateur d’une éventuelle catastrophe raisonna si fortement qu’il devint rapidement abrutissant.. Je regardais d’un œil effaré l’effervescence qui faisait rage au dessous de mes pieds et qui emportait tout ce qui se trouvait sur son passage .La multitude de débris disparut immédiatement, emportés avec force vers une probable sortie et une dégoûtante écume se forma à la surface de l’eau.

Je croyais bien naïvement que l’évacuation se ferait rapidement par les orifices qui terminaient cet égout, mais à mon grand étonnement l’eau n’avait pas l’air de s’expulser. Bien au contraire le niveau montait à une vitesse vertigineuse et bientôt il rattrapa mes pieds. Aussitôt je grimpais plusieurs échelons supplémentaires sur l’échelle afin d’être sûre de me mettre à l’abri de cette attaque et j’entendis Hope gémir. Manifestement Il donnait des signes d’énervement et remuait dans tous les sens pour se détacher de moi.

J’avais une peur bleue qu’il tombe dans l’eau car c’était la mort assurée pour lui et je le bloquais un peu plus fort contre moi pour maitriser ses gesticulations intempestives.

Je cramponnais si fermement le montant rouillé que mon bras se tétanisa et la douleur de mon épaule se réveilla bien malencontreusement.. Le souffle du bouillonnement m’envoyait des embruns glacés sur le visage et tentais outrageusement de me faire lâcher prise. Je me sentis vaciller et mon pied gauche glissa sur l’échelon devenu dangereux. Je me rattrapais in extremis sur mes jambes tremblotantes et me plaquais contre l’échelle pour avoir un convenable appui.

Hope remuait obstinément et j’avais un mal fou à le retenir. Je voyais le niveau augmenter de plus en plus et bientôt mes genoux furent entièrement recouverts. Je levais les yeux vers la bouche d’égout qui donnait dans la rue, comme si un miracle allait venir et l’ouvrir pour que je m’échappe de cet enfer..Mais la pluie tombait toujours par la fente de la plaque, recouvrant ma tête et annulant tous espoirs de fuite.

La peur et le froid me firent claquer des dents et les larmes m’envahir. Apres avoir surmonté mes geôliers et mes épreuves j’allais périr dans cette vague déchainée, noyée sous des tonnes de mètres cubes d’eau.

Mentalement je pensais aux personnes qui n’étaient chères. Mon père, qui avait subit mon insolence et la puérilité de mes actes insouciants. Ma mère, qui allait se sentir coupable d’être parti de la maison pour sauver une amie alors que c’était moi qu’elle aurait du sauver. Mon petit frère, si gentil, si charmant qui allait pleurer toutes les larmes de son corps. Et bien sûr mon Billy qui n’aura jamais l’occasion de savoir à quel point je l’aime et que mon amour pour lui est éternel.

Pourquoi le destin se révélait si cruel avec moi ? Est-ce que j’étais en train de payer les erreurs que mes parents avaient peut-être commises un jour ? Pourquoi cette folle leur en voulait au point de leur faire subir la douleur ma perte ? Et qu’avait-elle dit déjà ? Ha oui qu’ils lui avaient pris son frère..Mais qui voudrait d’une sœur aussi cinglée de toute façon?

Mes parents étaient honnêtes et n’auraient en aucun cas fait des choses répréhensibles. Ma mère n’était certainement pas une psychopathe. Et ma grand-mère n’avait sûrement pas tué mon grand-père. Pourquoi affirmer une telle horreur ?

Devais-je vraiment croire les allégations de cet esprit perturbé ?

Brusquement et aussi rapidement qu’il avait commencé, le bouillonnement cessa soudainement et le vacarme s’apaisa enfin. L’eau avait probablement rempli tous les conduits et un calme mortel s’installa dans l’égout. D’ordinaire les bouches de sorties étaient ouvertes en même temps que la levée du sas pour faciliter l’évacuation de ce trop plein. Mais de toute évidente les deux opérations ne s’étaient pas faite simultanément.

Il fallait juste être patiente et attendre que quelqu’un veuille bien faire son travail afin que cette eau disparaisse dans la rivière qui devait la recevoir.

L’atmosphère était chargée d’humidité et un brouillard qui aurait pu être artistique avait envahit le sous-terrain. Seuls les goutes d’eau qui ruisselaient des murs et qui chutaient à la surface perçaient le silence revenu.

J’avais froid et mon corps trempé n’était plus qu’un tremblement incessant qui se répercutait dans ma tête et la faisait tourner dans tous les sens. Hope semblait s’être calmé et n’extériorisait plus de signe de crainte. En fait il m‘avait fait pipi dessus, mais au point où j’en été je ne fis pas la différence.

Ma longue attente débuta, mais je sentais mes paupières devenir de plus en plus lourdes et j’avais peur de m’endormir. Le froid engourdissait mes jambes glacées et je commençais sérieusement à fatiguer. Cependant j’avais pleinement conscience que si mes muscles se décontractaient il se pourrait fort bien que je lâche le montant de l’échelle et que je me laisse tomber dans l’eau qui m’attirait diaboliquement.

Hope n’était pourtant pas bien lourd mais j’avais le sentiment qu’il pesait de plus en plus dans le creux de mon bras. Avec lassitude j’appuyais ma tête contre les barreaux en soupirant.

L’orage semblait s’être éloigné, et les roulements du tonnerre n’étaient plus guère audibles.

Quelle heure pouvait-il être ? Je n’en avais vraiment aucune idée. Il faisait nuit quand j’avais débarquée dans la salle du bassin de décantation. Mais peut-être que l’aurore était proche à présent?

Que faisaient mes parents ? Ils devaient sûrement être fous d’inquiétude. Maman était-elle rentrée à Vegas ? Et Matty ? J’espérais qu’il n’avait pas plongé dans une crise d’angoisse dont il avait le secret.

J’avais envie de hurler ma peine. Crier aussi fort que je le pouvais pour extérioriser mes craintes de ne jamais les revoir. Mais j’appréhendais de faire peur à Hope, lui qui était si chétif, si désarmé devant les forces maléfiques qui habitaient cet égout.

Dans un signe de grande nervosité j’agitais mes jambes, afin d’y faire circuler le sang qui semblait se congeler dans mes veines. Mais la douleur de mon épaule m’irradiait tout le dos et prenait possession de mon corps transi de froid.

Combien de temps allais-je attendre que cette eau stagnante veuille bien disparaitre ?

C’est alors que mon regard se porta sur la marque que j’avais remarqué sur le mur en entrant dans le tunnel. Cette longue ligne qui courrait sur toute la longueur et qui devait correspondre aux anciennes inondations. Je compris aussitôt qu’il était courant que l’eau grimpe à cette hauteur et le niveau n’avait pas encore atteint ce trait. D’ailleurs j’avais la mauvaise impression que l’eau montait toujours, par petite progression et que bientôt j’allais me retrouver immergée.

A nouveau mon cœur paniqua et s’emballa dans ma poitrine, faisant naitre sur mon front une multitude de gouttelettes de sueur qui se mêlèrent à l’eau de pluie qui dégoulinait sur ma tête .Je ne pouvais pas attendre indéfiniment .Il fallait que je quitte au plus vite ce refuge sur lequel je m’accrochais si désespérément.

Il me suffisait juste de nager, en suivant les tunnels éclairés. Après tout, mon bain forcé dans le bassin infect ne m’avait pas traumatisé et j’étais une excellente nageuse. Cependant il me restait un problème majeur à régler.

Hope ! Comment faire mes mouvements si je devais lui maintenir la tête hors de l’eau pour lui éviter la noyade? Si je le mettais dans mon tee-shirt il serait submergé.

Un énorme soupir s’évada de mes lèvres. Quelle solution adopter maintenant ? Je ne lui avais pas sauvé la vie pour le laisser derrière moi sachant qu’une mort atroce l’attendait.

Il fallait que je réfléchisse et le plus vite possible. Même si la fatigue me grillait les neurones et me poussait à me laisser aller dans un sommeil réparateur, je devais agir rationnellement.

Je décidais tout d’abord de tester la profondeur de l’eau. Avec une infime précaution je descendis lentement les uns après les autres les échelons sur lesquels j’étais grimpée, portant le chiot d’une main au dessus de ma tête. Je sentis le froid escalader mes cuisses, mon ventre et enfin gagner mes côtes.

Il ne me restait plus qu’une marche pour atteindre le sol. Avec un peu de chance je pourrai garder la tête hors de l’eau et caler Hope sur mon épaule.

Mon pied toucha enfin la solidité du ciment et l’eau s’arrêta au dessus de ma poitrine. Mon corps se raidit sous le froid intense, me faisant aussitôt claquer des dents,

Vite ! Il fallait faire vite avant que le niveau regagne quelques centimètres et me recouvre.

Avec des gestes précis, malgré les grelottements nerveux qui faisaient vibrer mes mains, j’installais rapidement Hope sous mon blouson en le calant adroitement sur mon épaule. Puis je fermais difficilement les boutons du haut afin de le maintenir serré. Ainsi placé il n’avait plus que la tête qui dépassait et son corps emprisonné sous la toile trempée ne risquait pas de glisser. . Je ne voulais pas prendre le risque de le perdre.

Alors, poussée par la peur qui frémissait en moi, je m’élançais courageusement vers ce tunnel maudit.

Marcher dans l’eau n’était vraiment pas facile et ma progression était bien lente. J’avais envie de plonger afin de me réchauffer et gagner des minutes précieuses sur le temps qui m’était compté. Mais c’était bien impossible avec mon fardeau.

Comme s’il avait deviné que sa survie était l’unique raison de sa position sur mon omoplate, Hope ne bougeais pas et je sentais ses petites pattes de devant se cramponner de toute la force qu’il possédait. Cependant des petits gémissements plaintifs sortaient de sa truffe et raisonnaient contre mon oreille.

Aussitôt je lui gratouillais le sommet du crane afin de lui apporter un quelconque réconfort. Et lui parlais doucement.

-« Tu vas voir Hope, on va s’en sortir.. Surtout si on admet le fait que ce tunnel soit le bon. »

Bien sûr il y avait un risque. Qui pouvait m’assurer que cette galerie était bien celle qui débouchait vers la sortie ?

Mes pas précipités provoquaient des remous autour de moi et je sentais un courant froid me glisser entre les jambes et me glacer le ventre. . Je commençais à avoir sérieusement mal à la gorge et j’avais du mal à avaler ma salive. Il fallait vraiment que je trouve l’issue le plus rapidement possible.

Je ne sais pas exactement combien de mètres je parcourus dans cette eau glacée avant de sentir instinctivement que quelque chose n’allait pas.

Le silence sûrement, et cette impression de désastre qui me collait à la peau depuis ma fuite.

Soudain je compris enfin que l’échéance était venue. Tout d’abord j’entendis un bruit sourd, accompagné d’un souffle violent qui s’engouffrait dans le tunnel. Puis je me sentis aspirer vers l’avant par une force substantielle et je basculais la tête la première dans cet océan innommable qui voulait me noyer. Quelqu’un venait d’ouvrir les vannes de sortie et l’eau s’évacuait avec une puissance inouïe.

Je disparus aussitôt sous la surface et me laissais engloutir par les mâchoires de ce monstre vicieux qui me dévorait avidement.

Ma première pensée alla pour Hope. J’avais pleinement conscience qu’il n’allait pas résister au déchainement des éléments. La vitesse à laquelle j’étais projetée et ballotée de gauche à droite ne laissait aucun doute sur ma survie.

J’avalais des litres d’eau et n’essayais même pas de nager. C’était bien inutile. La vélocité avec laquelle j’étais emporté empêchait toute tentative.

Réfléchir, dans ces conditions extrêmes, était quasiment impossible. Cependant dans mon élan j’apercevais des tunnels latéraux sur les cotés qui se désengorgeaient .Si j’avais la chance de pouvoir bifurquer vers l’un d’entre eux je pourrais caresser l’espoir de sauver ma peau.

J’essayais tant bien que mal de raidir mon corps et de sortir la tête hors de l’eau, mais j’avais l’impression que le courant devenait de plus en plus rapide à chaque minute et je ne pouvais pas contrôler mon horrible voyage.

Je voyais défiler les petits fanions rouges qui indiquaient les centaines de mètres et je priais mentalement que ce conduit d’évacuation des eaux de pluies ne mesure pas plusieurs kilomètres.

Il fallait que je tente un tunnel collatéral à tout prix !

Complètement essoufflée et luttant de toutes mes forces pour me déporter sur le côté, je tentais de lancer ma jambe vers la droite. Malheureusement je loupais cette première sortie et replongeais sous l’eau.

Vite vite, Hope n’allait pas tenir le coup ! Je refis surface, crachais ce que je venais d’avaler et surveillais le prochain passage. Il arriva très vite et je réitérais mon essai.

Le choc fut brutal et je sentis mon pied s’enfoncer dans un trou qui me broya la cheville. Mon corps tenta de suivre la force du courant mais ma jambe prisonnière stoppa ma course folle en m’arrachant un cri de douleur..

Je me rabattis violemment contre le mur et atterris dans le petit conduit qui offrait un repli rassurant. La violence du contact me coupa le souffle et me donna la nausée. Je crois que je n’avais jamais eu aussi mal de ma vie et je hurlais ma souffrance en sanglotant.

A SUIVRE…………………

.

.



Return to Top