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Artoung
Author of 27 Stories

Rated: M - French - Romance/General - Harry P. & Draco M. - Reviews: 142 - Updated: 04-09-09 - Published: 03-20-09 - Complete - id:4935669

Note: Merci à tous pour vos gentilles reviews, j'ai répondu à tout le monde sauf aux anonymes (donc merci aux anonymes !)

Il s'agit toujours d'un cadeau pour Baddy et on m'a demandé l'objet du pari à cor et à cri (ou presque) mais je vais garder le silence à ce sujet tellement c'est nul et honteux (et Badangel fera de même sous peine de mourir dans d'atroces souffrances).

Bref, le M se justifie dans ce chapitre même si c'est un « M » gentillet. Enfin vous voilà prévenus.

Note de BadAngel : hello les jeunes ! Je m’incruste dans le coin (et puis je viens de finir de corriger, on se détend comme on peut) pour vous dire à quel point je suis contente et à quel point cette fic est meugnonne et rien qu’à moi (maaaaaaaaaaaaaaa fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiic !!! ¬¬). Vous vous demandez surement comment j’ai fait pour gagner un pari avec Artoung, et quel était ce pari, facile : je bénéficie d’une intelligence supérieure, et pour connaître les termes du pari, il faut aligner les zéro (et les euros), je prends aussi les chèques :p (plus sérieusement, Artoung a terriblement honte donc je resterai muette). Voilà, je vous laisse lire, parce que ça roxx !


Chapitre 2: Pas une erreur

-Cent points en moins! marmonna Hermione pour ce qui semblait être la millième fois de la journée.

Elle jeta un regard noir à son meilleur ami dont la mâchoire s'ornait d'un hématome violacé. Il avait bien sûr fallu qu'il se batte avec Malfoy et bien entendu il avait dû trouver que le faire sous le nez de Mc Gonnagall était nettement plus amusant. Elle eut un reniflement de dédain et reprit sa lecture de la biographie de l'ancien président moldu John Fitzgerald Kennedy.

-Tu comptes m'en vouloir combien de temps encore? Demanda Harry à sa droite.

Lui lisait - ou faisait semblant de lire - un livre sur le quidditch.

-Nous sommes en dernière position pour la coupe inter-maisons! Fit Hermione sèchement, comme si cela répondait à la question qu'on venait de lui poser.

-Ex æquo avec les serpentards! précisa Harry se forçant à paraître positif. Et puis on se rattrapera. On va gagner comme tous les ans!

-Tu es tellement immature parfois! siffla la jeune femme. Te battre à ton âge de cette façon avec Malfoy! De plus les serdaigles ont une avance trop considérable pour qu'on les rattrape cette année!

-Ce n'est pas si grave! tenta Harry.

Il se moquait de la coupe inter-maisons comme de sa première chemise - qui avait été en fait la première chemise de Dudley, ce dont il se moquait encore plus - mais Hermione semblait lui en vouloir énormément alors qu'il n'avait fait que se défendre.

-Oh Harry! reprit elle. La coupe n'est qu'un détail! Ce qui m'agace c'est que tu te comportes comme un crétin dès que Malfoy est dans les parages!

-Elle n'a pas tort là...

Harry se tourna vers son meilleur ami qui venait d'arriver. Il se tenait debout derrière lui, les cheveux roux tout décoiffés à cause de sa sortie en dehors de l'enceinte du château. Il avait ramené un peu de neige sur son pull au niveau des épaules et ses joues étaient encore rougies par le froid mordant.

-Merci pour ton soutien, grogna Harry essayant de ne pas voir que sa meilleure amie avait les yeux fixés sur Ron de la même manière qu'un chat fixerait un pot de crème.

Mais dès que le gryffondor roux posa les yeux sur elle, elle détourna les siens, semblant s'intéresser très intensément à la plume qui était posé sur la table. Et ce fut au tour de Ron de prendre Hermione pour un pot de crème.

Harry trouvait cela fatiguant mais il espérait surtout ne pas être dans le coin quand ses deux amis décideraient de passer à table.

Ils étaient dans la salle commune des gryffondors et la journée touchait à sa fin. Les professeurs avaient finalement libéré les élèves mais n'avaient rien trouvé nulle part, ce qui était inquiétant. Harry se maudit une fois de plus se rappelant les faits de la nuit précédente.

Quand la porte de la salle sur demande s'était ouverte, il n'avait pas pensé un seul instant que la personne qui entrait était là pour lui voler la statue. Il avait juste entendu une voix - et il était presque sûr qu'il s'agissait d'une voix masculine - jeter un sortilège de sommeil. Il s'était réveillé au matin, pensant d'abord qu'il s'était endormi de lui même et imaginant la tête de Malfoy s'il apprenait ça. Puis il s'était tourné vers la statue comme pour illustrer ses pensées et elle n'y était pas. Il avait cru sur le coup - un peu stupidement - que le sort de Dumbledore n'avait pas marché et qu'elle avait fondu. Mais il n'y avait aucune flaque d'eau par terre et son cœur avait pu se remettre à battre à un rythme normal avant qu'il ne se rappelle de cette porte qui s'était ouverte et du sort. Il avait alors couru jusqu'à la grande salle pour prévenir Dumbledore.

-Je suis juste objectif! répondit Ron en tournant une chaise pour pouvoir s'asseoir à l'envers sur celle-ci, les bras posés sur le dossier.

Harry fut sûr d'entendre Lavande Brown, assise devant la cheminée de façon à regarder de leur côté, soupirer de contentement à cette vue.

Hermione dût l'entendre aussi car elle fronça les sourcils et expliqua à Ron - plutôt sèchement - qu'en s'asseyant de cette façon, il abîmait les chaises.

Ron se contenta de lui répondre qu'il ne pensait pas que le problème se trouvait là et Harry se demanda l'espace d'un instant si son ami ne voyait pas plus clairement les sentiments de Hermione qu'il ne le pensait. La jeune femme rougit brusquement avant de marmonner un truc sur le matériel que des crétins détérioraient sciemment. Le rouquin se contenta de sourire d’une manière mi-amusée mi-tendre ce qui fit pousser un nouveau soupir à Brown de l'autre côté de la pièce.

-Et en quoi es-tu objectif ? répliqua Harry qui se demanda si Lavande n'allait pas se dégonfler et devenir toute plate à ce rythme.

-Malfoy et toi, expliqua Ron, ça ne peut pas continuer comme ça.

-Je suis d'accord, sourit Harry avant de prendre une voix de cow-boy mal embouché. Il y a l'un d'nous qui est d’trop dans c'te école, - il fit mine de cracher par terre -, et j'pense pas qu’ce soit moi!

Cela eut au moins le mérite de faire sourire Hermione. Ron sembla quand à lui hermétique à cette référence moldue - pourtant très drôle - (1).

-Je suis sérieux, reprit son meilleur ami. Tu ne penses pas que tu devrais t'excuser au moins auprès de lui ? Imagine dans quel état il doit être ! Il est à la merci d'une personne dont il ignore tout. Je pense que l'impression d'avoir une lame se balançant dangereusement au dessus de sa tête en permanence est ce qu'il doit ressentir en ce moment.

-Depuis quand tu t'inquiètes de ses états d'âme? demanda Harry, légèrement irrité parce qu’il savait que Ron visait juste.

Ron lui lança un regard agacé qui voulait dire en gros « Tu sais que j'ai compris ce que tu ressens pour lui alors ne m'oblige pas à en parler devant tout le monde! »

Harry se sentit tout d'un coup vulnérable mais ne détourna pas les yeux de ceux de son trop perspicace ami.

-Je me suis déjà excusé, de toute façon, grogna-t-il finalement.

-Ben tu devrais recommencer, et mieux que ça. Honnêtement ton coup était marrant, je suis le premier à le reconnaître, mais là ça ne l'est plus.

Harry haussa les épaules. Il avait déjà dit tout ça à Malfoy. Ron ferait mieux de s'occuper de son cul, et de celui de Hermione en passant, au lieu de lui donner des conseils.

En vérité il était en colère. Bien entendu, Ron avait raison. Il avait plus cherché à se défendre qu'à s'excuser tout à l'heure. Mais Malfoy l'avait cherché aussi et il avait dit qu'il préférait qu'il soit mort ! C'était le genre de « louanges » qui touchaient Harry plus qu'elles n'auraient dû. Et le blond le savait.

Il préférait occulter le fait qu'il avait juste avant traité Malfoy de mangemort à demi-mot.

Un point partout, balle au centre.

Agacé, il se leva soudainement.

-Tu fais chier ! annonça-t-il à son meilleur ami.

Ce dernier eut un regard victorieux et Harry sortit de la salle commune, partant à la recherche du préfet des serpentards pour essayer de lui présenter de vraies foutues excuses cette fois.

Il se dirigea vers les cachots qui étaient à l’opposé de la tour des gryffondors. Il espérait trouver le blond dans sa salle commune. En chemin, il croisa un groupe de fille de cinquième année aux couleurs des serdaigles qui gloussèrent et rougirent en le voyant. Un peu gêné, il remonta ses lunettes sur son nez et accéléra le pas. Il détestait quand elles faisaient ça.

Il était arrivé au niveau du tableau d’affichage du premier étage lorsqu’il s’arrêta brusquement. Une affiche, dont un des coins était corné, venait d’attirer son attention. Elle prenait pas mal de place sur le tableau et le dessin bougeait magiquement. Le coup de crayon était fluide et incisif, Harry reconnu sans mal le style de Dean Thomas. Il s’agissait d’une caricature de Malfoy qui portait le titre racoleur de « Wanted ! L’abominable Draco des Glaces ! », avec précisé en dessous du dessin la récompense de « trois bouses de Dragon »…ce qui ne donnait pas franchement envie de chercher cette…créature.

Malfoy était représenté avec une peau bleuie par le froid. Sa tête était légèrement penchée en avant et il regardait par en dessous d’une manière inquiétante. Ses yeux étaient rouges et il avait un sourire cruel qui laissait entrevoir des canines impressionnantes. Ses mains se tendaient devant lui comme le faisait celles d’une momie dans les films moldus et des traces de sang persistaient sur ses ongles acérés.

Apparemment Dean avait détourné l’histoire de la statue pour faire cette caricature. Il était évident qu’elle serait retirée dès qu’un professeur tomberait dessus. Les professeurs n’avaient aucun humour. Harry se permit un sourire en regardant encore une fois l’affiche, c’était tout à fait Malfoy cet air supérieur et le côté congelé donnait un aspect comique qui faisait mouche.

-Amusant, n’est-ce pas ? murmura une voix traînante à son oreille.

Le gryffondor sursauta. Il n’avait pas entendu Malfoy arriver et était perturbé par le fait qu’il se soit tenu si près de lui.

Sauf que malgré ses dires, le serpentard n’avait pas du tout l’air amusé…au contraire. Sa mâchoire était contractée, ses lèvres pincées et son regard flamboyait de rage.

Harry pensa que cela allait être dur de présenter des excuses sincères alors qu’il venait juste de se marrer sur ce dessin devant le blond.

-C’est Thomas qui a fait ça, articula froidement le préfet des verts et argents.

Ce n’était pas une question mais Harry décida de faire comme si et de ne surtout pas rire car Malfoy était en train de le regarder par en dessous, exactement comme sur l’affiche.

-Je ne pense pas, répondit-il d’un ton assuré. Dean ne dessine pas de cette façon.

-C’est ça, défends tes potes surtout. Mais n’oublie pas que je suis préfet Potter, quand j’aurai la preuve que Thomas est derrière tout ça, et il l’est, il va le sentir passer.

-Il faudrait sérieusement que tu songes à apprendre l’autodérision Malfoy, rétorqua Harry sur le ton de la conversation. Ça décoincerait peut être le balai que tu as dans le cul.

Ouais, les fichues excuses sincères allaient mal passer après ça aussi.

Malfoy eut un geste brusque et plaqua sa main sur l’affiche, juste à côté de la tête de Harry. Le gryffondor entendit le bruit du papier se déchirer à sa droite mais n’osa pas tourner la tête. Il préférait regarder Malfoy dans les yeux et ne pas penser qu’il était trop près, seulement penser qu’il était en colère et vraisemblablement en train de perdre son sacro-saint contrôle de lui.

-Ca a l’air de t’amuser tout ça, siffla le serpentard dont le corps se tendait sous la colère. Est-ce que tu te rends compte qu’à cause de toi, quelqu’un a le pouvoir de me tuer si ça lui chante ?

-Je ne pense pas que quiconque veuille ta mort, répondit Harry en poussant Malfoy pour s’éloigner un peu.

Le blond décolla sa main du tableau d’affichage arrachant du même geste le dessin de son camarade de dortoir.

-Possible, reprit Malfoy en avançant de nouveau vers lui et froissant la feuille entre ses mains, mais on va sûrement m’humilier. On va probablement retrouver la statue affublée d’une culotte de fille ou avec des écritures salaces sur le corps. Et tu prendras ton pied Potter en voyant marqué « suceur de bite » sur mon front ou « assassin » sur mon torse. De la même façon que cette caricature ridicule t’a amusé. Alors ne me parle pas d’autodérision, pas quand c’est mon intégrité qui est en jeu !

Harry n’avait pas pensé à ça. Pas à ce genre d’humiliation. Il sentit son estomac se contracter à cette idée. Malfoy avait tort, ce genre de truc ne le ferait pas rire.

-Tu as raison, admit-il ne voulant pas faire le plaisir au blond de reculer, tout est de ma faute. Je vais te la retrouver Malfoy, je connais bien l’école, elle ne peut pas avoir disparu de l’enceinte du château. Il suffit de bien chercher.

Malfoy fit ce que Harry n’aimait pas qu’il fasse - parce que ça lui donnait envie de tenter quelque chose de stupide -, il haussa un sourcil moqueur. Le fameux dédain breveté Malfoy suintait maintenant par tous les pores de sa foutue peau satinée.

-Tu te crois donc si fort que ça, Potty ? Réussir là où Dumbledore en personne et les autres professeurs ont échoué ! Est-ce que ta tête parvient vraiment à passer les portes ?

Malfoy avait l’air sincèrement curieux d’avoir la réponse à cette dernière question. Son ironie était insultante mais le gryffondor décida pour cette fois qu’il ne tomberait pas dans le piège qu’il lui tendait. Il allait désamorcer la dispute.

-J’ai une sorte de carte de Poudlard, répondit-il. Je pense qu’elle pourra m’aider. Il y a certains passages inconnus marqués dessus, même pour les professeurs.

Harry regretta immédiatement d’avoir parlé de la carte des maraudeurs à Malfoy, il lui semblait soudainement que c’était une sorte de trahison envers les gryffondors que de lui apprendre son existence. Surtout qu’à présent, une lueur d’intérêt avait élu domicile dans les yeux gris du serpentard.

-Je ne pense pas que tu réussisses à la retrouver même avec un sort de localisation pointée sur elle, cingla le blond mais la lueur d’intérêt persistait dans son regard, amoindrissant ainsi l’impact de son sarcasme.

Draco regarda Potter froncer les sourcils. Le jeune aristocrate essayait de cacher son excitation mais c’était dur. Il avait toujours soupçonné que Potter, ou Weasley (de toutes façon pour les conneries ces deux là étaient toujours de mèche), avait en sa possession la légendaire « Carte Masquée » de l’école. D’après les rumeurs, la carte avait été créée au moins vingt ans auparavant, voir trente ans (peut-être même plus !) par un groupe de gryffondor (mais Draco doutait de cette version, pour lui seuls des serdaigles ou des serpentards pouvaient avoir le niveau intellectuel pour créer un tel objet). Enfin de toute façon, les gryffondors l’avaient récupérée et elle était en leur possession depuis tout ce temps, se la passant continuellement génération après génération.

C’était pour cela que Potter arrivait constamment à se sortir de toutes les situations ou pour ça aussi qu’il semblait savoir toujours où se trouvaient les gens dans le château. Il devait obligatoirement posséder la « Carte Masquée », carte qui faisait que les gryffondors avaient trop souvent un tour d’avance sur les serpentards.

Hum, la rumeur ridicule sur le sixième sens du golden boy venait donc de s’envoler à tire d’ailes pour le pays imaginaire.

-Cependant, poursuivit le blond l’air de rien, je veux bien que tu me passes la carte, je chercherai de mon côté.

-Oh Malfoy, il n'y a pas marqué « Bison Futé » sur mon front! C'est ma carte donc je la garde!

Draco ne se demanda même pas pourquoi Potter avait parlé de bison. ça devait encore être un truc moldu donc ça lui passait bien au dessus de la tête. Ce qu'il avait retenu surtout c'était qu'il allait pouvoir s'asseoir sur la carte et bien comme il faut.

Le Potter n'est pas prêteur, c'est là son moindre défaut.

Il fallait pourtant qu'il puisse au moins voir cette carte - et si possible la voler à un moment ou à un autre - ou du moins connaître tous ses secrets si jamais il s'agissait bien de la carte masquée.

-Le problème Potter, reprit-il, c'est que je n'ai pas confiance en toi. Merlin sait ce que tu feras à la statue si par miracle tu la retrouves! Nous ferons les recherches ensemble! Rendez-vous demain, ici même à vingt heure.

Draco fit volte face avec une maîtrise digne du professeur Snape et se dirigea vers les escaliers.

-Sympa de m'avoir laissé mon mot à dire! Cria Harry au fuyard.

Il n'eut aucune réponse. Le gryffondor soupira. Il devait bien ça à Malfoy, après tout. Et puis ça ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout, que quelqu'un dans l'école ait tout pouvoir sur le serpentard.

Il retrouverait cette satanée sculpture, même s'il devait retourner tout le château pour cela.

°O°O°O°O°

-Maintenant les enfants, Harry Potter va nous lire son exposé sur « Les Astres Prophétiques ».

Le professeur Trelawney se recula, s'appuyant sur un de ses nombreux meubles recouverts de tissus...à croire qu'elle avait peur qu'ils attrapent la poussière. Harry se leva à contrecœur sous le regard moqueur des serpentards et compatissant des gryffondors.

Malfoy avait les yeux fixés sur leur professeur d'un air dégouté, à le voir, on aurait presque pu croire qu'il lui en voulait. Comme si c’était lui qui avait écopé de l'exposé et non pas Harry.

Harry s'avança jusqu'au centre de la pièce. Trelawney hocha la tête dans sa direction d'un air entendu alors qu'il déroulait son parchemin. Il se racla la gorge et n'écouta pas la remarque sarcastique de Zabini sur le fait que c'était des bonbons à la menthe qu'il devrait sucer et pas autre chose.

-Bien, commença-t-il essayant de ne pas penser à ses notes pitoyables, les Astres sont un des moyens de prévoir le futur. Pas le plus sûr cependant mais...

-Attendez! Le coupa Trelawney en s'appuyant plus franchement sur son « voile de la félicité » (c'était le tissu immonde qui recouvrait l'espèce de meuble informe contre lequel elle s'adossait). Sur quoi vous basez vous pour dire que l'étude des Astres n'est pas le plus sûr moyen pour lire l'avenir?

Harry n'avait aucune réponse à cette question, il regarda Ron cherchant de l'aide de son côté mais ce dernier haussa les épaules dans un geste d'impuissance.

-Je me base sur nos cours, dit-il enfin, il est évident que lire dans les tasses de thé est nettement plus précis que les Astres...

-C'est tout à fait ça! Sourit Trelawney en se frottant contre le tissu hideux. Poursuivez!

Harry détourna les yeux de ce spectacle traumatisant. Son regard tomba sur le visage de Malfoy qui semblait être sur le point de vomir. Le serpentard, comme s'il sentait le regard de Harry sur lui, leva la tête dans sa direction et haussa un sourcil interrogateur.

Le gryffondor se reprit et essaya de faire passer toute son animosité envers lui. Il continua sa lecture, se demandant pourquoi Malfoy l'avait regardé de cette façon. Est-ce qu'il se doutait que Harry ressentait des trucs bizarres envers lui? Il ne fallait surtout pas que ce soit le cas. Malfoy ne devait jamais savoir qu'il fantasmait sur lui sinon ça allait être l'enfer.

°O°O°O°O°

Le soir même, Harry arriva devant le panneau d'affichage avec vingt minutes de retard. Bien entendu il l'avait fait exprès, histoire que Malfoy se souvienne qu'il en avait rien à faire de lui. Et comme prévu le blond ne prit pas de gants pour lui dire ce qu'il pensait de ce manque de savoir vivre. Bref, tout était comme d'habitude et c'était parfait pour Harry. Il sortit sa carte de sa poche - il l’avait activée avant de partir pour ne pas que Malfoy entende le mot de passe - et l'air revêche du blond fondit à la vue du vieux parchemin qu'il lui arracha presque des mains.

-Hé! Protesta Harry en essayant de lui reprendre.

Mais le serpentard la tenait fermement au point qu'ils risquaient de la déchirer.

-Relax Potter, je te la rendrai. Je veux juste être celui qui nous guidera. Je n'ai pas confiance en toi.

Harry lâcha l'affaire pour le moment. De toute façon il suffirait qu'il dise « méfait accompli » pour que la carte redevienne vierge et le serpentard ne connaissait de toute façon pas le mot de passe pour la révéler.

-On pourrait aller vers la cabane hurlante, proposa Harry en regardant la carte par dessus l'épaule du blond.

Il n'avait pas besoin de la regarder car il connaissait par cœur le chemin qui menait à la cabane mais il le fit quand même… pour être sûr de ne pas se tromper, bien entendu, et non pas pour respirer l'odeur de Malfoy.

-Cette carte est prodigieuse, murmura Draco qui semblait avoir oublié Harry. Même si je ne veux vraiment pas savoir ce que Blaise fait avec Crivey à cette heure ci dans la tour d'astronomie.

Le serpentard eut un frisson de dégoût qui amusa grandement Harry.

-Je crois, susurra-t-il, que Zabini met toute son application et sa dextérité à enfiler...

-Pitié Potter! Je n'ai pas envie d'entendre ce genre chose, surtout venant de toi!

-Des perles, Malfoy! Il doit enfiler des perles, ricana Harry. Qu'est ce que ton esprit déviant a bien pu imaginer?

Draco haussa un sourcil et se tourna vers lui.

-Je suis confus, répondit-il de sa voix traînante et il avait l'air tout sauf confus. J'ai cru que tu allais dire que Blaise enfonçait sa queue brûlante dans l'anus de Crivey. Ce qui n'est évidemment pas le cas.

-Évidemment, déglutit Harry, se demandant pourquoi les mots « queue » et « anus » quand ils sortaient de la bouche de Malfoy devenaient aussi bandants.

Il recula légèrement, il s'en voulut d'avoir amené un sujet pareil sur le tapis. Malfoy plissa les yeux et Harry se sentit transparent.

Merde, pensa-t-il, maintenant c'est sûr, il se doute de quelque chose!

Pourtant c'était un truc de mecs que de parler de cul...enfin c'est ce que disait la légende urbaine. Harry ne parlait pas vraiment de ça avec ses amis même si de temps en temps l'un d'entre eux lâchait une remarque grivoise qui faisait rire tout le monde. Mais ça s'arrêtait là.

-Je pense que la cabane hurlante est en effet une bonne idée, dit finalement Malfoy en le regardant toujours avec une sorte d'intérêt nouveau.

Harry aurait payé cher pour savoir ce qu'il se tramait dans cette tête blonde. Il avait un mauvais pressentiment. Malfoy lui ferait payer au prix fort s'il savait que Harry l'aimait bien.

-Allons-y! Lança le gryffondor et il se dépêcha d'avancer pour ne plus sentir ce drôle de regard sur lui.

Le passage secret qui menait à la cabane hurlante était un tunnel froid et mal isolé. D'un lumos Harry éclaira la route tout en frissonnant. Il aurait dû penser à s'habiller plus chaudement ou proposer une autre destination. Il ne voyait vraiment pas pourquoi cette fichue statue se trouverait là bas. De plus il sentait toujours le regard du serpentard peser sur lui. En même temps c'était normal puisqu'il menait la marche, à part les murs il n'y avait rien à regarder.

Plus ils approchaient de l'extérieur et plus le froid devenait mordant. Ils entendaient à présent le vent souffler par bourrasques. Dehors, il devait y avoir une tempête de neige et Harry regretta d’avoir proposé cette destination, mais il dut bien s’avouer qu’il n’avait pas vraiment réfléchi avant de le faire… s’il l’avait fait, il se serait certainement souvenu plus tôt que ce souterrain – il y en avait deux, l’un partait du saule cogneur et l’autre de l’intérieur du château – ne débouchait pas à l’intérieur de la cabane, mais quelques mètres plus loin, à l’extérieur.

-On devrait faire demi-tour, dit finalement Harry. On va mourir congelés si on sort.

-Il fallait y penser avant de me faire avancer dans ce trou à rat pendant dix minutes!

Charmant, charmant Malfoy!

-Ben écoute, vas y tout seul si tu veux, je ne te retiens pas!

Ils se fixèrent un instant. Gris contre vert. Mais Harry eut un sourire moqueur. Il était sûr que Malfoy n'allait pas se geler les miches ce soir. Ils allaient gentiment faire demi-tour et éviter la pneumonie.

Ce sourire fut ce qui décida Draco.

Il passa devant le gryffondor sans le regarder et ouvrit la trappe qui menait à l'extérieur. Sa baguette éclaira un bref instant la tempête de neige chaotique qui faisait rage dehors et il sortit.

Harry cligna des yeux lorsque l'entrée se referma sur Malfoy. Puis il se mit à courir et sortit à son tour, maudissant le serpentard.

Il ne le vit pas. Il faisait trop sombre pour ça et avec la tempête c'est à peine s'il voyait sa propre main tenant sa baguette lumineuse. Il poursuivit pourtant son chemin, claquant des dents et insultant Malfoy, essayant de se diriger à l'aveuglette vers l'entrée de la cabane hurlante.

Harry se demanda pourquoi même une fois Voldemort tué, il réussissait à se mettre dans des situations impossibles. A croire que les ennuis de toute sorte l'avaient pris en affection au point de ne plus pouvoir se passer de lui. Oui ça devait être ça, parce qu'il ne voyait pas d'autre explication au fait de poursuivre un type qui ne pouvait pas le blairer au milieu d'une tempête de neige alors qu'il aurait pu être tranquillement en train de bouquiner dans son lit chaud et douillet.

Et le fait qu'il se fasse un sang d'encre pour cet idiot d'aristocrate n'était pas une explication recevable. Non, votre honneur, trouvez autre chose!

Harry appela le blond, avalant de la neige par la même occasion, ce qui eut juste pour effet de transformer son appel en toux. Le froid mordait sa chair aussi vivement que le ferait un vampire assoiffé, l'effet érotisant en moins. Malfoy devait être dans un sale état, à moins qu'il ait trouvé la cabane. Harry l'espérait de tout coeur. Il serra les dents, continuant d'avancer dans la tempête blanche. A un moment il eut l'impression que le vent tirait sa manche alors il fit un mouvement brusque pour se dégager mais la pression revint immédiatement, tirant plus fort. Déséquilibré, Harry se retrouva tout contre un autre corps.

Il croisa le regard gris et agacé du blond. Il comprit que ce qu'il avait pris pour une bourrasque de vent plutôt entêtée était en fait Malfoy et qu'ils devaient vraiment être proches l'un de l'autre pour qu'il puisse voir la couleur de ses yeux.

Malfoy cria quelque chose et Harry comprit juste le « fou » qui finissait sa phrase. Il savait qu'il devait se dégager des bras de cet homme mais même dans une situation pareille, quelque chose en lui, lui ordonnait d'en profiter. Ce n'était pas tous les jours que Malfoy le tenait dans ses bras...Bon, honnêtement une telle chose n'était jamais arrivée. Et même si le blond ne l'enlaçait pas vraiment - il était plutôt en train de lui servir d'appui -, c'était suffisant pour Harry.

Le gryffondor eut un sourire sans joie. Il était vraiment dans la merde jusqu'au...cœur.

Malfoy attrapa son poignet et se détacha de lui, l'entraînant de force. Il sembla à Harry que son poignet était brûlant à l'endroit où la main pâle l'enserrait mais ce n'était qu'un mini choc thermique comparé au froid qui enveloppait le reste de sa personne. Rien de magique la dedans juste une réaction totalement expliquée par une multitude de scientifique. Ça n'empêcha pas Harry d'essayer de dégager son poignet, parce que cette chaleur faisait mal. Ce ne fut qu'une fois dans la cabane hurlante que le blond le lâcha alors que le cri de Harry raisonnait dans la pièce poussiéreuse.

-LACHE-MOI BORDEL!!!

Malfoy semblait aussi choqué que lui par sa véhémence mais il reprit bien vite son air glacial.

-Ne t'avise plus de me toucher! Siffla Harry dont les battements de cœur trop rapides l'enrageaient autant qu'ils l'apeuraient.

-Sinon quoi ?

La question avait été posée chargée de menaces, tout en étant enrobée d'une étrange douceur. Un mélange déstabilisant pour Harry. C'était l'effet recherché.

-Je ne pense pas que tu aies besoin de le savoir, répondit Harry à court de réplique.

-C'est là le nœud du problème Potty, ricana Malfoy méchamment après quelques secondes de silence: tu ne penses pas.

L'insulte détendit Harry d'une manière significative. Ce terrain là, il le connaissait par cœur. Il retrouvait Malfoy comme il était sensé être: ironique et mesquin. Le type qui était venu le chercher en pleine tempête et qui avait pénétré son espace vital n'était déjà plus qu'un souvenir perturbant.

-Je t'emmerde la fouine! Je vais à l'étage voir si il y a la statue. Tu n'as qu'à fouiller le bas.

-Pas question! Je reste avec toi.

-On a peur des fantômes Malfoy? Susurra Harry qui était déjà près des escaliers.

Le serpentard le dévisagea longuement avant de hausser les épaules.

-Appelle-moi juste si tu la vois, dit-il enfin, je vais vérifier ce niveau.

Harry eut un sourire moqueur et monta les escaliers. Quoi que Malfoy dise, il était sûr qu'il avait la trouille. Il devait penser que le lieu était hanté, comme tout le monde à Poudlard. Harry songea qu'en redescendant il devrait reprendre la carte à Malfoy. Il n'y avait rien dans la petite chambre de l'étage à part une bonne tonne de poussière et assez de toiles d'araignées pour décorer Poudlard dans son intégralité pour le prochain Halloween. Par acquit de conscience il regarda tout de même sous le vieux lit, faisant grincer le plancher sous ses pas. La statue n'était pas là, bien entendu. Ni dans l'armoire qui semblait servir à présent de paradis terrestre à une armée de termites.

Le gryffondor redescendait les escaliers lorsqu'il entendit un gémissement venant de la pièce principale du bas. Il pressa le pas, avant de se figer devant la porte.

Malfoy était affalé sur le canapé tout défoncé. Il...

Harry déglutit.

Il avait une main dans son pantalon et il gémissait.

Tout d'abord il crut que son imagination lui jouait un tour. Le respectable Draco Malfoy ne pouvait pas être entrain de se masturber juste sous ses yeux!

Peut-être que Harry voyait mal, il ne touchait peut être pas sa queue mais juste quelque chose d'autre dans son caleçon ?

Malfoy choisit ce moment là pour pousser un soupir de plaisir. C'était un son aussi léger qu'un souffle et Harry n'aurait pas dû l'entendre à cause du vent dehors qui semblait faire frémir la cabane toute entière, mais il l'avait entendu! Le gryffondor se sentait incapable de bouger du seuil. Mais il devait partir, il ignorait pourquoi Malfoy faisait ça, juste là - à même pas dix pas de lui! - mais il ne rêvait pas. Ce n'était pas bien de regarder même si c'était bon. C'était comme un de ces putains de rêves érotiques qu'il faisait parfois. Sauf qu'il sentait la poussière tout autour d'eux et que ses jambes pesaient aussi lourd que deux chapes de plombs et qu'elles refusaient de se mouvoir. A croire que son cerveau n'était plus assez irrigué pour que l'ordre descende jusqu'en bas. Par contre une autre partie de son anatomie était bel et bien réveillée. Au garde à vous même ! Putain!

« Il faut que je parte et vite! », pensa Harry. Et Puis Malfoy se cambra un peu tout en ouvrant son pantalon et Harry put voir nettement la bosse sous le boxer noir et il se mordit les lèvres pour ne pas gémir.

Il lui sembla enfin que ses jambes pouvaient bouger, d'ailleurs il allait immédiatement s'en servir pour courir loin d'ici et se rouler dans la neige glacée mais Malfoy ouvrit les paupières et regarda immédiatement dans sa direction.

Le blond avait le regard si sombre que Harry se demanda comment il avait fait toutes ces années pour ne pas voir que le serpentard avait les yeux presque noirs - il avait bêtement cru qu'ils étaient gris -...puis il comprit que c'était les pupilles du blond qui étaient anormalement dilatées et que cette explication avait une drôle d'incidence sur son propre corps.

-Je...Désolé, parvient-il à articuler au prix d'un effort surhumain. Je ne voulais pas te surprendre...Je...Je vais partir...dès que mes jambes accepteront de m'obéir...

Il crut voir l'ombre d'un sourire jouer sur les lèvres du serpentard et ça le charma encore plus que les yeux emplis d'envie qui le fixaient intensément.

Malfoy remit sa main droite dans son boxer et glissa l'autre sous sa chemise. Il ne souriait plus.

-C'est la statue, souffla-t-il d'une voix bizarrement rauque.

Puis le serpentard trembla légèrement tout en continuant à se caresser.

-Je ne peux pas m'en empêcher, gémit-il. Quelqu'un est en train de caresser la statue et...hn...j'ai... « chaud ».

« Chaud » était un euphémisme pour décrire l'état dans lequel se trouvait Draco car il était évident pour Harry que le blond semblait au bord de quelque chose de plus que simplement « chaud ».

« Il est en train de prendre son pied! » pensa Harry qui était surtout horrifié par ce que Malfoy venait de dire.

Quelqu'un dans Poudlard était en train de faire des choses à la statue.

-Merde, souffla-t-il. Malfoy, reprends-toi! On va chopper cette ordure et...

Harry fut coupé dans ses envies de meurtre par un nouveau gémissement provenant de la gorge pâle de l'héritier Malfoy.

-Peux-pas! Haleta le blond. Je...suis...déso..aah!

-Qu'est-qu'est ce que je peux faire? Demanda Harry se tordant les mains.

Malfoy qui avait fermé les yeux, sous le coup semblait-il d'une caresse plus appuyée, les rouvrit pour les poser sur le gryffondor. A sa grande surprise Harry le vit s'empourprer. Puis le blond regarda le plafond – il se caressait toujours - et murmura de sa drôle de voix rauque.

-Viens m'aider...

Harry ne comprit pas tout de suite en quoi Malfoy voulait qu'il l'aide. Puis il réalisa qu'il ne pouvait l'aider que d'une seule manière. Il était évident que le blond voulait en finir au plus vite. Dès qu'il jouirait, il serait moins réceptif aux caresses de la personne que Harry allait bientôt tuer. Mais dès qu'il aurait fini sa petite affaire, Malfoy ferait payer à Harry le fait d'avoir profité de la situation.

Céder à l'appel du serpentard était un peu comme coucher avec un type bourré. Malfoy n'était évidemment pas dans son état normal. En plus, il ne le regardait toujours pas. Harry s'approcha de lui tout en se disant qu'il devrait partir loin d'ici. Mais ne pas profiter de la situation était au dessus de ses forces. Tant pis si Malfoy le détestait après ça. Tant pis si lui même ne plus pouvait se regarder dans un miroir.

Il se pencha au dessus de l'homme qu'il aimait et attrapa sa tête doucement avec ses deux mains. Malfoy cessa de regarder le plafond et arrêta de se toucher. Ses yeux se plantèrent sans les siens. Ils étaient comme deux filets d'acier. Ils le jaugèrent en silence, le défiant de s'échapper, de changer d'avis. Harry les laissa l'évaluer puis retira doucement ses lunettes. Cela sembla plaire à Malfoy qui eut un léger sourire. Le gryffondor s'empressa de l'attraper avec sa bouche avant de transformer son larcin en baiser.

Les lèvres de Malfoy n'étaient pas douces mais c'était bien comme ça. Légèrement rêches, comme il l'avait imaginé car un type capable de jeter du venin avec des paroles ne pouvait pas avoir les lèvres douces. Et sa langue s'enroulait déjà autour de la sienne, le taquinant et envoyant des frissons partout dans le reste de son corps. Il était doué ce con. Comme il l'avait imaginé.

La main de Malfoy attrapa à nouveau son poignet et le brûla encore mais cette fois il ne se dégagea pas. Il le laissa le guider jusqu'à qu'il touche son érection à travers son caleçon. Harry la caressa légèrement à travers le tissu, se délectant de voir Malfoy perdre peu à peu la maîtrise de la situation.

Harry savait que ce qu'il faisait était mal et indigne de lui. Il savait aussi qu'il n'aurait jamais fait ça avec un autre que Malfoy. Mais parce qu'il l'aimait il profitait de lui. Normalement c'est pour cette même raison qu'il aurait dû résister. Il fallait croire que quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Il ignorait si Malfoy était gay, il commençait à croire que oui. Le serpentard avait fait appel à lui parce qu'il se trouvait là. A coup sûr il aurait fait la même chose avec n'importe quel type - peut-être qu'il l'avait déjà fait d'ailleurs si le maniaque à la statue n'en était pas à son premier coup d'essai -. Voir Draco Malfoy se transformer en un type alangui et fou de désir avait de quoi faire retourner sa veste au plus hétéro des mecs. Mais Harry ne voulait pas être un type pris faute de mieux.

Il allait faire en sorte que Malfoy prononce son nom. Qu'il n'ait plus que ça à la bouche. Doucement, il sortit le sexe du boxer noir. Il résista à l'envie de le regarder et préféra l'apprendre de manière tactile. Le contact de ce pénis dur et brûlant tout contre sa main froide fut pour Harry la chose la plus excitante qu'il eut jamais ressentie. Peut-être que Malfoy éprouvait la même chose car il s'enfonçait déjà dans sa main comme si son bassin était doté d'une volonté propre.

-Calme-toi, murmura Harry.

Malfoy le regarda dans les yeux, l'air perdu et fiévreux. Harry comprit que s'il ne l'aimait pas déjà, ça aurait été le cas, là tout de suite, à cause de ce regard.

-C'est...de...ta faute! Réussit à articuler le blond.

Harry aurait bien aimé que ce soit le cas. Mais il n'était pas celui qui commandait la statue. Comme pour punir Malfoy de lui mentir il l'embrassa de nouveau avec une rage qu'il ne se soupçonnait pas d'avoir. Sa main aussi avait pris une cadence diabolique. Malfoy attrapa ses épaules et s'accrocha à lui tandis que ses hanches bougeaient du mieux qu'elles pouvaient. Dire qu'il avait comparé maintes fois Malfoy à un bloc de glace ! Merlin! Il en avait même fait une statue!

Erreur de jugement fatale, le choc était grand maintenant qu'il se consumait. Oui la glace pouvait brûler, mais Draco ne soufflait à présent que le chaud.

Harry s'enivra de son odeur, se délecta de son souffle haché. Il était douloureusement dur et Malfoy ne l'avait même pas touché. Si ça continuait ainsi, il allait venir dans son pantalon aussi simplement que ça.

-Plus vite! implora le serpentard à bout de souffle, la tête rejetée en arrière.

Harry ferma les yeux et s'exécuta. S'il le regardait encore il allait jouir, c'était sûr. Il sentit Malfoy grogner puis ses mains sur ses épaules se crispèrent violemment.

-Tes yeux..., haleta-t-il. Ouvre les !

Le gryffondor trembla, ouvrit les paupières, incapable de désobéir à un tel ordre. Il vit les yeux de Malfoy s'abreuver de son image, puis le visage pâle - si on omettait les deux taches rouges qui ornaient à présent ses pommettes - se tendit sous l'orgasme. Harry le sentit se répandre entre ses doigts. Il dût fermer les yeux très fort et se mordit la joue pour ne pas jouir aussi. Les hanches du serpentard bougèrent encore un peu, comme pour prolonger la caresse contre sa main.

Finalement, Draco posa sa tête contre son épaule, cachant ainsi son visage, essayant de reprendre une respiration normale. Il n'avait pas crié sous la jouissance, à peine avait-il émis un léger grognement. Harry avait toujours imaginé Malfoy bruyant mais il se rendit compte que c'était en définitive parfait comme ça. Il caressa les cheveux blonds. Son cœur battait vite, son érection voulait qu'on s'occupe d'elle - elle allait devoir attendre - et il tenait Malfoy dans ses bras.

Il allait le détester.

-Je suis désolé, souffla-t-il à son oreille.

Il le sentit se tendre contre lui. L'instant magique était fini.

-Je...c'était un accident, poursuivit Harry.

C'était surtout l'excuse la plus pitoyable de la création mais il ne savait vraiment pas quoi dire pour expliquer ce qu'il venait de faire.

Après un bref silence, Malfoy émit un ricanement glacé contre son cou. Puis il cessa de rire et se détacha de lui. Il remit ses vêtements en place en poussant un soupir d'ennui, bougea vaguement sa baguette tout en lançant un sortilège de nettoyage sur eux et se leva du canapé.

-Un accident Potter, c'est quand on tombe dans un escalier ou quand on renverse son encre sur son devoir de potion, expliqua le blond d'une voix égale. Ce qu'on a fait n'était pas un accident. C'était une erreur.

Il se tourna vers Harry et fronça les sourcils en le voyant si pâle.

-Ne te prend pas la tête avec tout ça, rajouta-t-il toujours sur le même ton stoïque. C'était juste une branlette, Potter. Je ne vais pas te faire le coup de la vierge outragée. Ça n'en vaut pas la peine.

Il se dirigea vers l'entrée de la cabane et ouvrit la porte.

-Tiens, la tempête est terminée, constata-t-il doucement.

Et sans un mot de plus il prit la direction du château, laissant Harry prostré sur le canapé.

°O°O°O°O°O°

Draco souffla dans ses mains pour les réchauffer tout en marchant dans le couloir qui menait à sa salle commune. Son humeur était aussi sombre que la robe du professeur Snape.

Ce crétin de Potter n'avait rien trouvé de mieux à dire que « c'était un accident! ». Il lui en ficherait lui des accidents! Oh bien sûr, Draco avait nettement profité de la situation dès qu'il avait compris que Potter s'intéressait à son corps - sinon pourquoi avoir créé une statue à son effigie? - mais même si c'était une bonne surprise, ce n'était pas suffisant.

Charmer Potter? Il aurait bien aimé. Mais le gryffondor n'assumait même pas ce qui s'était passé entre eux alors il n'allait pas se jeter à ses pieds et lui déclamer son amour éternel. Le pire dans tout ça, c'était que sa tentative de séduction s'était retournée contre lui. Parce que Potter l'avait touché - dans tous les sens du terme, d'ailleurs -. Il s'était conduit comme un adolescent moyen mais ça avait fait décoller Draco aussi puissamment qu'une de ses fichues fusées moldues. Juste une putain de branlette et il avait plané haut et loin. Le seul à avoir perdu le contrôle c'était lui. Le Boy Scout l'avait maîtrisé avec une aisance insultante.

En volant la statue il avait pourtant cru reprendre le contrôle de la situation mais il s'était trompé. Au début il avait fait ça pour que Potter soit puni, après tout il était le responsable de la statue. Mais il n'avait rien eu, même pas le moindre point enlevé pour ça.

Jamais il n'avait été autant humilié que quand Potter avait fait cette stupide représentation glacée de lui et ce jeu ridicule avec ses amis. Alors il était entré dans la salle sur demande la nuit et avait jeté le sort de sommeil au gryffondor.

Il avait planqué la statue dans un endroit d'une telle évidence qu'il était sûr que personne ne viendrait la chercher là. Il avait eu raison. Il l'avait tout simplement installée au milieu de la salle de classe de cette cinglée de Trelawney. Il l'avait recouverte d'un voile quelconque comme la plus part des meubles du professeur et personne n'avait rien vu. Tout était tellement bizarre dans cette classe que personne ne faisait plus attention aux nouveautés - Granger aurait pu capter quelque chose mais elle ne suivait pas ce cours -. Cela avait été un coup de maître de la placer là. Elle était sous les yeux de la plupart des poudlariens et personne ne l'avait calculée.

Puis il avait réfléchi. Potter avait l'air sincèrement inquiet pour lui. Et cette statue qui était son exacte réplique...il avait fallut que Potter l'observe vraiment pour réussir une telle performance. Peut-être qu'il n'était pas le seul à ressentir quelque chose finalement ? C'était ce qu'il s'était dit. C'est pour ça qu'il avait fait tout ce cinéma dans la cabane hurlante. Personne, bien entendu, n'avait touché la statue. Oh, il avait réussi à faire craquer le gryffondor. Mais au final, ça c'était retourné contre lui, comme toujours.

Il était dans une impasse.

Lorsqu'il entra dans sa salle commune, Pansy et les autres l'attendaient. Aucun d'entre eux n'était au courant qu'il avait lui même volé sa statue - même s'il soupçonnait Blaise de se douter de quelque chose - et ils s'inquiétaient sincèrement pour lui.

-Alors vous avez trouvé quelque chose? Demanda Gregory.

Draco secoua la tête.

-Tu as l'air transi Draco! S'exclama Pansy. Viens près du feu!

Elle tapota du plat de la main le canapé vert sur lequel elle était assise. Le serpentard eu un sourire amusé et s'assit à ses côtés.

Pansy était dans sa phase « mère poule » en ce moment et Draco semblait être sa proie préférée.

-Fais lui un gosse, Nott! Dit-il. Que je puisse retrouver ma liberté.

Pansy fit mine d'être outrée mais il put la voir rougir. Théodore Nott qui se trouvait sur un fauteuil pas très loin et qui jouait aux échecs avec un cinquième année, leva brièvement les yeux dans leur direction.

-Occupe-toi de ton cul, Malfoy, répondit-il laconiquement avant de retourner à son jeu pour déplacer un cavalier noir qui grommelait quelque chose que Draco n'entendit pas de là où il était.

-Il est charmant ton copain, constata-t-il à l'encontre de son amie. Non mais franchement, je me demande comment tu peux sortir avec ce type...Il est tellement...chiant.

Nott leva à nouveau les yeux vers eux d'un air excédé. Apparemment ils le dérangeaient dans sa partie.

-Laisse le tranquille, soupira Pansy. Après il va encore dire que c'est de ma faute ! Raconte moi plutôt ta sortie avec sa « Magnificence ». Est-ce que tu as pu étudier la carte?

La carte? Draco avait complètement oublié de rendre la carte à Potter et elle se trouvait toujours dans sa poche. Il eut un sourire sournois.

-Je crois, dit-il, qu'on va pouvoir le faire tous ensemble.

Il sortit la carte de sa poche et l'étala sur la petite table devant eux. Blaise, Grégory et Vincent s'étaient rapprochés. Même Nott avait l'air intéressé. Il mit son adversaire échec et mat et s'installa avec ses amis pour découvrir les secrets de la carte.

Draco avait les yeux fixés sur le point indiquant « Harry Potter ». Il était encore dans la cabane. Il revit son air défait et se sentit mal. Puis la colère reprit le dessus. Oui, il avait eu raison de dire à Potter que c'était une erreur. Il ne pouvait pas en être autrement quand on parlait d’eux.

°O°O°O°O°

Le lendemain Harry se réveilla transi de froid avant de se rendre compte qu'il s'était endormi sur le canapé de la cabane hurlante. Tous ses muscles protestèrent lorsqu'il se leva, lui rappelant à quel point il avait été inconfortable de dormir ici.

Cependant, l'état de son corps était le dernier de ses soucis. La culpabilité le rongeait comme un poison insidieux. Même si cela n'avait pas semblé traumatiser Malfoy, il ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Il avait profité du serpentard, lui qui ne se serait jamais cru capable de faire un truc pareil. Au lieu de l'aider, il lui avait sauté dessus.

-Je ne vaux pas mieux que l'ordure qui a utilisé la statue, marmonna-t-il pour lui même.

Il était évident pour lui que la personne qui avait volé la statue était cinglée. Surement quelqu'un qui était amoureux de Malfoy. Il fallait qu'il la retrouve. Il chercherait de son côté cette fois. Il valait mieux qu'il garde ses distances avec le blond. Avec la carte il allait pouvoir...

Harry poussa un juron. Malfoy avait gardé la carte !

°O°O°O°O°

Avant de rentrer en cours de métamorphose, le gryffondor décida de prendre son courage à deux mains. Après tout il avait vaincu Voldemort alors il pouvait bien parler au type qu'il avait branlé la veille. Enfin, si on omettait l'envie délirante qu'il avait de courir jusqu'au Pôle Sud.

Malfoy était nonchalamment appuyé contre le mur. Parkinson gloussait comme toujours à ses côtés. Le serpentard le regarda venir avec une impassibilité que Harry était loin de ressentir. A croire qu'il ne s'était rien passé dans la cabane. A croire qu'il ne l'avait pas laissé tenir sa queue dans sa main. Malfoy lui avait certes dit que ce n'était rien. Mais pas pour lui...Il n'était pas habitué à jouer à ces petits jeux sexuels. Pour lui ça n'avait rien d'amusant. Voir Malfoy atteindre l'orgasme était un spectacle qu'il ne pourrait jamais oublier.

Harry essaya de prendre un air dégagé et de ne surtout pas montrer son trouble devant les yeux gris qui le fixaient.

-Tu ne m'as pas rendu la carte hier, dit-il et il fut soulagé de voir qu'il pouvait encore le regarder en face sans ciller.

-Ah oui, pardon Potter ! S'exclama Malfoy en s'empressant de fouiller dans son sac. J'ai oublié de te la rendre, c'est un fâcheux accident!

Le gryffondor se sentit blêmir. Malfoy le regardait à présent avec une lueur dégoutée au fond des yeux. Il lui tendit la carte des Maraudeurs qu'il prit avec automatisme. Il n'y avait plus rien d'impassible dans l'attitude du serpentard.

Bizarrement ça soulagea Harry, tout en accentuant sa culpabilité. Ça voulait dire qu'il n'était pas le seul à être perturbé par tout ça.

-Je suis désolé, souffla-t-il ne sachant pas trop quoi dire d'autre.

-Tu l'as déjà dit, siffla Malfoy avant de le bousculer pour entrer en cours.

Harry s'installa à côté de Ron. Son meilleur ami se balançait sur sa chaise tout en essayant de faire tenir sa plume en équilibre sur son index.

-Tu t'amuses bien? Demanda Harry le faisant sursauter.

La plume tomba par terre. Ron grogna, pas très loin, Harry entendit Hermione renifler dédaigneusement.

-J'avais presque atteint mon record! Gémit le rouquin en ramassant sa plume. As-tu pu récupérer la carte des Maraudeurs ?

-Oui. Mais ils l'ont eue toute la nuit. Je parie qu'ils ont découvert pas mal de trucs.

-J'ai entendu Parkinson dire à Bullstrode qu'ils allaient créer leur propre carte, lui apprit Ron.

-Génial, soupira Harry. Mon père et Sirius doivent se retourner dans leur tombe à présent.

-Bah, ça ne fera que rendre les choses plus intéressantes. Ça devenait trop facile de leur jouer des tours.

Harry n'était pas franchement convaincu mais il laissa Ron lui remonter le moral. De plus, penser à la carte était mieux que de penser à ce qu'il avait fait à Malfoy.

°O°O°O°O°

Deux jours plus tard, Harry n'avait toujours pas trouvé qui avait volé la statue. Il était complètement malade à l'idée que Malfoy ait encore à subir les attouchements d'un inconnu. Il n'était pas sûr de pouvoir se pardonner une telle chose. En parler au principal concerné était au dessus de ses forces. Et pour lui dire quoi d'abord? « Désolé Malfoy, à cause de moi tu te fais tripoter par un malade. Ah oui c'est vrai, je t'ai tripoté aussi. Excuse-moi, je crois que je vais aller me pendre. »

Il n'avait aucune excuse. Dire que tout ça avait commencé par une blague idiote. Comment cela avait-il pu dégénérer à ce point?

-Tu devrais lui parler, lui conseilla Ron à côté de lui.

Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux. Hermione et Ron étaient sensé l'aider à trouver la statue, pas lui donner des conseils irréalisables.

-Il me déteste, Ron, soupira-t-il. Et il a de bonnes raisons pour ça.

Le rouquin leva les yeux au ciel tout en s'extirpant de la chambre des secrets où ils venaient de faire une fouille aussi acharnée qu'inutile. Il se retourna et tendit la main à Hermione pour l'aider à sortir à son tour. Il pouvait sentir d'ici l'énervement grandissant de leur amie. Apparemment elle en avait marre de fouiller Poudlard. Mais elle était jolie quand elle s'énervait.

La jeune femme fronça les sourcils. Elle n'était pas d'accord avec ce qui se passait au château. Cette histoire de statue lui prenait de son temps, temps précieux qu'elle aurait pu passer à réviser. Harry était complètement déboussolé par tout ça et se comportait comme s'il avait commis un crime affreux. Peut-être était ce le cas, peut-être que non. Ce n'était pas le problème de Hermione. Son problème était que l'enquête piétinait. Normalement ils auraient déjà dû trouver la statue. Ils avaient passé en revue tous ceux qui n'appréciaient pas Malfoy (et ça faisait du monde) et tous ceux qui au contraire le considéraient comme un demi-dieu (ce qui avait passablement choqué Ron) et ça n'avait rien donné.

-J'ai l'impression qu'on ne cherche pas où il faut, murmura-t-elle, ignorant superbement la dernière remarque de son meilleur ami.

-On a fouillé toutes les cachettes du château, lui rappela Ron.

-Je ne parle pas de ça, reprit Hermione. On a cherché la statue par rapport à Malfoy mais il faut peut-être prendre le problème à l'envers.

Les deux garçons se regardèrent brièvement, ils ne comprenaient pas où elle voulait en venir mais ils savaient depuis longtemps que lorsque Hermione avait cet air exalté c'est qu'elle avait une idée et une bonne. D'un signe de tête Harry lui apprit qu'elle avait toute son attention.

-Réfléchissez, dit-elle, Harry est celui qui a créé la statue. Ce n'est peut-être pas Malfoy qu'on cherche à viser, mais lui.

Le gryffondor brun secoua lentement la tête. Hermione ignorait tout de l'histoire des attouchements, sinon elle ne dirait pas ça.

-Dumbledore a dit que s'il arrivait quelque chose à la statue, tu en serais responsable, poursuivit la rouge et or avec un sourire immense, signe que les pièces de son puzzle mental s'emboitaient parfaitement. Quelqu'un aura volé la statue pour que tu paies! Peut-être même espérait-il ton renvoi!

-C'est une piste excellente! S'exclama Ron à son tour. Un serpentard a dû faire ça! Quelqu'un qui t'en voulait beaucoup et qui cherchait à se venger et qui...

Le rouquin s'arrêta. Il venait de penser très fort à Malfoy et en voyant le visage de son meilleur ami pâlir, il sut qu'il pensait comme lui. Hermione aussi ne disait plus rien. Un drôle de silence gênant venait de s'installer.

-On se trompe peut-être, fit Ron rapidement.

-Oui, renchérit la jeune femme. Malfoy n'est pas assez dénué de sens moral pour...voler sa propre statue.

La fin de sa phrase avait été chuchotée d'une petite voix. Bien sûr que Malfoy était dénué de moral. Plus elle cherchait des arguments pour le disculper et plus il était évident qu'il avait volé la statue.

-...vination, souffla alors Harry toujours aussi pâle et il se mit à courir, laissant ses amis en plan.

-Euh, il a dit quoi là? Demanda Ron, surpris par la réaction de son meilleur ami.

-Divination, je crois, répondit Hermione. Peut-être qu'il a vu le futur?

Ron se permit un sourire amusé. Hermione avait parfois de drôles de réflexions qui le charmaient complètement.

-Je pense qu'il a trouvé la statue, dit-il se rappelant de la forme voilée qui traînait au milieu de la salle de classe de Trelawney. Malfoy n'a pas de conscience morale mais c'est un génie, siffla-t-il admiratif malgré lui.

-Oh parfait! Répondit-elle. Je vais pouvoir enfin occuper mes soirées comme je le souhaite.

-Révision! Révision! Qui es-tu révision? Déclama Ron d'un ton théâtral.

Hermione eut un petit rire en passant devant lui.

-Je pensais plutôt à « Ronald! Ronald! Qui es-tu Ronald Weasley? », dit-elle avec un drôle de sourire avant de sortir des toilettes des filles.

Le gryffondor resta un instant pétrifié sur place, puis il secoua la tête, se sentant rougir et se dépêcha de rattraper la fille la plus formidable du monde.

°O°O°O°O°O°

Draco entra dans la salle de Divination, l'air aussi neutre que possible. Potter lui avait donné rendez-vous ici. Il avait sûrement trouvé la statue. Il suffisait de jouer l'étonné.

-Je suis content que tu sois venu, s'éleva une voix froide.

Draco eut un petit sursaut, il n'avait pas vu le Gryffondor au fond de la salle, assit sur le bureau du professeur, avec les jambes pendant dans le vide. « Sexy! », pensa-t-il le dévorant mentalement des yeux. Ce n'était pas le moment de montrer sa faiblesse. Potter n'avait plus l'air de chien battu qui lui collait à la peau depuis quelques jours. Il semblait même revenu à des sentiments haineux à son encontre.

-De quoi aurais-je l'air en refusant un rendez-vous de notre Héros à tous ? Rétorqua Draco avec ironie.

-Ce n'est pas à proprement parler un « rendez-vous » Malfoy. Plutôt une mise au point, on va dire. N'es-tu pas étonné d'être dans cette pièce?

-Je suppose que tu as tes raisons.

Harry sauta de la table et émit un rire que Draco trouva mesquin. Il commençait à se sentir en danger. Ça n'avait rien de rassurant de voir Potter aussi sûr de lui.

Le gryffondor s'approcha de la statue encore sous le voile. Draco s'obligea à rester impassible.

-Tu sais, reprit Potter. Je me suis traité de tous les noms. Je m'en voulais tellement de tout ça! Surtout depuis l'autre soir. J'étais malade à l'idée que quelqu'un te fasse du mal, profite de toi, à travers la statue. J'en ai même gerbé...Pitoyable n'est ce pas?

L'héritier Malfoy aurait dû se sentir heureux que Potter ait été si touché par tout ça. Mais il était tout sauf heureux.

-Le pire c'est que je ne m'étais pas comporté mieux que le voleur de statue, reprit le gryffondor en posant la main sur la forme sous le voile.

Draco plissa les yeux.

-Tu m'as vraiment pris pour un con, hein?

Le serpentard resta silencieux. Potter semblait à deux doigts de perdre son contrôle.

-Dire que j'en étais malade! Répéta-t-il avec un rire désabusé. Tu m'as baladé depuis le début! Tu voulais que je sois viré de l'école Malfoy?

-Tu m'avais humilié, répondit le serpentard froidement.

Puisque Potter voulait une mise au point, autant qu'il l'ait. Draco ignorait comment il avait deviné pour la statue mais ça n'avait aucune importance.

-Le vol de la statue, j'aurais pu l'accepter comme vengeance! Cracha le gryffondor. Mais ce qu'il s'est passé dans la cabane...tu n'aurais pas dû.

Le blond frissonna sous le ton dangereux et Potter enleva le voile qui recouvrait la statue.

-C'était une erreur, murmura le serpentard.

Il ne fallait surtout pas que Potter comprenne qu'il avait fait ça parce qu'il le désirait.

-Je t'emmerde avec ton erreur! Cria le gryffondor.

Draco remarqua qu'il avait les yeux étrangement brillants à travers ses lunettes. Il le vit se placer derrière à statue et pointer sa baguette tremblante de rage contre son cou.

-Que vas-tu faire? Demanda l'héritier Malfoy sereinement. Me tuer? Lâche cette baguette Potter, tout cela devient ridicule.

-Pauvre con, murmura le brun, je suis incapable de te faire du mal. Tu n'as donc toujours pas compris?

-Compris quoi? Et pourquoi tu tiens la statue en otage dans ce cas?

Le serpentard ne comprenait plus rien. Potter avait l'air tellement triste.

-Ce n'est pas elle que je tiens en otage, murmura-t-il. C'est moi. Depuis que je l'ai trouvée, j'ai eu envie de la toucher, de te toucher. Mais il ne faut pas, n'est ce pas? Ça serait une erreur...Si je lâche ma baguette, il ne restera que mes mains sur elle...Je suis tellement désolé Malfoy.

-Le sort ne marche plus.

-Pardon?

-Inutile de la toucher, reprit le blond, le sort que tu as lancé a cessé de faire effet. Je ne sens ni ta baguette...ni ton souffle.

Harry eut un nouveau petit rire désabusé et posa son front contre l'épaule de glace. L'espace d'un instant le contact glacé calma sa tête bourdonnante.

-J'aimerais que tu partes, dit-il doucement. Je pense que je ne supporterais ni ta pitié, ni ta haine, ce soir.

Le gryffondor ferma les yeux en entendant les pas du serpentard s'éloigner. Il savait à présent. Il frissonna soudainement. Il allait attraper froid à force d'enlacer ainsi ce bloc de glace. Il se détacha doucement. Il aurait fallu qu'il la détruise, enfin il supposait que c'était la fin qui devait attendre la statue maintenant qu'elle n'était plus ensorcelée. Mais c'était trop lui en demander pour ce soir. Il se contenta de quitter la pièce, lui aussi et de se rendre dans son dortoir.

Demain il dirait aux professeurs qu'il l'avait retrouvée.

°O°O°O°O°O°

-Hé, venez voir!

Ron et Harry se dirigèrent vers la haute fenêtre de leur dortoir, à laquelle étaient déjà penchés Neville et Dean.

Harry sentit le vent frais du matin souffler sur son visage, soulevant ses cheveux noirs. Il commençait à en avoir marre de ce fichu hiver. Il regarda en bas, à l'endroit où Neville pointait son doigt. Dans la cour du château, juste en dessous de leur fenêtre se trouvait une drôle de décoration.

-C'est la statue de Malfoy! Je suis prêt à le parier ! Le voleur l'a enfin restituée! S'exclama Dean. Et il y a un bonhomme de neige à côté d'elle.

-Je vais descendre pour voir ça de plus près! Annonça Ron le sourire aux lèvres.

-Je pense que le mec qui a fait cette blague va le sentir passer si Malfoy le chope ! Intervient Seamus qui était déjà habillé pour sortir.

Harry avait le cœur qui battait vite. A quoi jouait Malfoy ? Il s'habilla rapidement, aussi pressé que les autres de voir la statue de plus près.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin il y avait déjà un petit attroupement. Harry n'eut pourtant pas à jouer des coudes pour arriver devant, on le laissa passer avec une sorte d'empressement suspect. Il comprit vite pourquoi alors que ses amis se marraient à côté de lui.

La statue était bien celle de Malfoy, dans toute sa splendeur et son arrogance. Mais le bonhomme de neige grotesque qui se tenait à côté d'elle, le représentait sans aucun doute possible. Il portait les mêmes lunettes rondes que lui, une écharpe des gryffondors et on avait poussé le vice jusqu'à lui faire une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Sans oublier les morceaux de bois qu'on avait planté un peu partout et n'importe comment sur la tête du bonhomme de neige pour faire ses cheveux.

Si c'était ça la vengeance de Malfoy: le rendre ridicule, alors c'était une réussite. Car il était évident que cette grotesque caricature était son œuvre.

-Attention! Lui dit Ron. Tu marches sur les mots!

Harry regarda à ses pieds et se figea. Il ne les avait pas vu, trop occupé à regarder le bonhomme de neige mais il y avait bien quelque chose écrit dans la neige, juste aux pieds des deux représentations hivernales. Juste trois mots et il était en train d'écraser la dernière lettre. Il s'empressa de retirer son pied, le cœur battant bien trop vite.

Ce n'était pas « je t'aime », il ne fallait pas trop en demander mais ça voulait dire la même chose. Il regarda plus attentivement le bonhomme de neige et la statue. Peut-être que c'était ridicule de voir le gros bonhomme de neige à côté de cette statue magnifique. Et la plupart des gens verraient surement ça comme ça. Mais lui voyait autre chose à présent. Il voyait que le « couple » était bien proche l'un de l'autre. La branche représentant le bras droit du bonhomme de neige touchait les doigts de la main gauche de la statue. Et le regard de glace plein d'arrogance ne quittait pas les deux billes vertes en face de lui.

C'était la déclaration d'amour la plus saugrenue qu'on lui ait jamais faite. Mais Malfoy avait un goût inné pour les mises en scène. Il supposait aussi que Draco se délectait de ne rien faire comme les autres, au moins autant qu'il adorait se donner en spectacle. Il avait réuni toutes ses conditions et Harry trouva ça un peu affligeant d'avoir envie de sourire. Ça risquait d'encourager l'autre dans cette voie stupide.

-Quelle grâce Potter! Tu es divin pour une fois! Fit une voix traînante derrière lui.

Harry ne se retourna pas et laissa Malfoy se placer à côté de lui alors que ses amis serpentards ricanaient.

Ils avaient l'attention de tous les élèves attroupés dans la cour.

-Est-il ensorcelé? Demanda Harry sans le regarder.

Malfoy haussa les épaules.

-Je l'espère, répondit-il avec son flegme typiquement aristocratique. Ça serait injuste que la statue soit la seule sous le charme.

Harry esquissa un sourire et relit les trois mots qui s'étalaient à ses pieds. Ceux qui n'étaient pas « je t'aime » mais tout comme.

- « Pas une erreur », hein?

-Oui, confirma le serpentard mais il ne réussit pas à cacher complètement sa nervosité cette fois. Est-ce...es-tu d'accord avec ça ?

-Oui Malfoy, répondit Harry paisiblement en le regardant du coin de l'œil. Je t'aime aussi.

Et il lui prit la main parce qu'il refusait que le couple de glace et de neige ait plus de courage que lui.

-Mais tu aurais pu éviter de mettre ce petit radis à cet endroit ! Rajouta-t-il en grimaçant.

Draco eut un sourire flamboyant.

-Ça, répondit-il, c'est juste pour te faire chier.

Il se pencha sur Harry et commença à l'embrasser lascivement. Il voulait que la jolie bouche de Potter soit trop occupée pour répliquer quoique ce soit. Mais ce fut lui qui frémit en sentant sa langue douée s'enrouler tranquillement autour de la sienne. Il se sentit si bien qu'il ne pensa même plus aux murmures stupéfaits ou choqués qui s'élevaient autour d'eux.

La neige commença doucement à tomber. C'était parfait.

Fin



(1) Il est évident que l'auteur est d'une objectivité frisant la perfection à l'encontre de ses propres blagues.

Voili voilo (sont sur un bateau...-ne vous inquiétez pas, je sors bientôt-) c'est fini pour cette histoirette qui ne casse certes pas trois pattes à un canard (expression bizarre s'il en est!) mais si jamais vous avez passé un bon moment (oui car tout est possible, tout est réalisable! C'est je jeu de la vie!) c'est déjà ça de gagné.

Merci d'avoir lu jusque là.

A plus!

Artoung (n'oubliez pas: « on ne baddy-ne pas quand on parie avec Baddy » -oui fallait que je sorte au moins une fois ce fabuleux jeu de mot-)

Merci d'avoir lu jusque là aussi. Z'êtes grands!

Et aussi jusque là aussi!

Et jus...

Bon ok, j'arrête :p


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