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Anime/Manga » Saint Seiya » Une deuxième chance: les side stories
Alaiya
Author of 28 Stories
Rated: T - French - Reviews: 87 - Updated: 11-26-11 - Published: 05-16-09 - id:5065227
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Titre: Orgueil et liberté (fic en deux chapitres)

Auteur: Chrysos

Rating: PG

Nombre de mots : # 3000

Genre : petits soucis de colonisation

Situation: préquelle

Personnages: Nathan Dothrakis, Andréas Antinaïkos, le Sanctuaire, Asgard

Note d'Alaiya : ne pas hésiter à se reporter à l'annexe 3 « chronologie » d'UDC. Ici, Andréas a quinze ans et Nathan, quatorze.


Orgueil et liberté

Par Chrysos

Acte 1 : Avant la tempête…

Pologne, novembre 1951

- Corvée d'eau, gémit Nathan. Honnêtement, tu trouves que c'est une mission digne de nous, toi ?

Andréas, un lourd jerrican à chaque main, préféra ne pas donner de grain à moudre à son meilleur ami. Infatigable râleur, ce dernier reprit aussitôt :

- Si encore cette fameuse rencontre avec la délégation d'Asgard avait lieu dans un pays plus accueillant… Mais non, penses-tu ! Il a fallu qu'ils insistent pour qu'elle se déroule dans ce bled paumé. Regarde ça ! On dirait un paysage de cauchemar !

D'un geste du bras, l'adolescent désigna le terrain bosselé où une herbe rare, couleur rouille, peinait à offrir autre chose aux deux promeneurs qu'un avant-goût des dérèglements climatiques à venir. Syndrome de l'île de Pâques ou simple coïncidence, aucun arbre ne semblait en mesure de pouvoir s'enraciner à nouveau sur un sol rendu stérile par les rivières de sang dont il s'était abreuvé. Seuls quelques monolithes de pierre, ressemblant à d'abstraites divinités avides de sacrifices humains, émergeaient parfois de terre et projetaient leur ombres malsaines sur les rares habitants de ces contrées hostiles.

Andréas, recouvrant subitement la parole, répliqua :

- Parce que, pour toi, un ancien no man's land pouvait ressembler à autre chose qu'à ça ? Au fait, à ta place je prendrais gare à l'endroit où tu poses les semelles. Ce serait idiot qu'un obus oublié prive l'héritier Dothrakis de ses jambes et de toute possibilité d'assurer sa descendance.

Nathan, suspendant son pas, jeta un œil prudent aux alentours.

- En effet, ce serait vraiment regrettable, concéda l'intéressé. Sans jambe, il me serait difficile de défier Damara à la course sur le chemin des douze temples. Quant à la meilleure partie de mon anatomie, qui sait si ta chère sœur n'aurait pas à pâtir de son absence si d'aventure nous…

Le futur père de Rachel ne put terminer cet éminent discours. Son compagnon, d'un direct bien senti, lui fit comprendre que la plaisanterie avait des limites. Surtout si elle incluait sa sœur jumelle. A terre, Nathan essuya le filet de sang qui coulait à la commissure de ses lèvres et, habitué aux sautes d'humeur de son versatile ami, cracha :

- Tu n'as vraiment aucun sens de l'humour ! Tu sais pourtant que jamais je ne me risquerais à conter fleurette à Damara. Pas tant que tu seras là pour la chaperonner, en tout cas.

S'attendant à recevoir un coup de jerrican pour cette réplique pas si innocente que ça, Nathan s'offusqua presque que l'attention de son comparse soit retenue ailleurs. Suivant son regard, il aperçut une silhouette malingre qui, dissimulée derrière un rocher, tentait maladroitement de s'éclipser sans se faire repérer par les deux compères.

La prenant aussitôt en chasse, Andréas la rattrapa bien vite à hauteur de la rivière qui devait leur servir de point d'apprivoisement. D'une pichenette, le Grec projeta l'intrus dans le lit du cours d'eau. Nathan, collé à ses basques, gémit alors :

- De mieux en mieux, maintenant il faut que tu t'attaques aux autochtones...

L'intrus, un gamin d'une dizaine d'années aux cheveux mi-longs, couleur ardoise, se releva le plus dignement qu'il put. Plus énervé qu'effrayé, il décocha un regard haineux à son agresseur, qui lui répondit d'un sifflement dédaigneux. Voulant éviter un incident diplomatique, Nathan essaya :

- Petit, si tu peux me comprendre, sache que ceci est un regrettable malentendu. Si tu as suivi notre conversation, tu auras certainement pu constater que mon… hem… ami a un tempérament assez sanguin voire belliqueux. S'il t'a frappé, c'est uniquement pour évacuer un trop plein d'agressivité qui…

Le dernier rejeton Dothrakis, constatant que le gamin ne semblait pas comprendre un traître mot à son explication vaseuse, changea son fusil d'épaule. Fouillant sa mémoire, il tenta de se remémorer les expressions que lui avait enseignées Ian, chevalier de Bronze de l'Ecu et Polonais d'origine, en prévision de ce genre de rencontre fortuite. Afin de lui éviter un court-circuit cérébral, Andréas lui dit :

- Inutile de te fatiguer, comme tout bon Asgardien qui se respecte, il parle très bien le Grec.

- Un Asgardien, répéta Nathan.

Etudiant plus en détail l'enfant, le fils de Moïra Dothrakis s'en voulut de ne pas posséder les mêmes talents physionomistes que son semblable. Pourtant tous les indices étaient sous ses yeux depuis le départ. Que ce soit les vêtements volontairement anachroniques que portait le gamin, son regard froid et autoritaire, ou ce teint halé caractéristique, pur produit de la réverbération du soleil sur les calottes glaciaires, tout en lui transpirait l'appartenance à la peuplade du royaume glacé.

Et si un doute pouvait encore subsister, il fut aussitôt levé à l'instant où l'enfant proféra un florilège d'injures, dans un Grec mâtiné de l'accent rocailleux des serviteurs d'Odin.

- Un Asgardien, approuva Nathan, d'un hochement de tête équivoque. En culotte courte, certes, mais déjà teigneux comme un adulte. Et, à ton avis, qu'est-ce qu'il fiche aussi loin de son camp de base ? Ma dévouée génitrice nous avait pourtant bien assuré qu'ils stationnaient à trois bons kilomètres d'ici.

- Très simple, lui rétorqua Andréas. Il a été envoyé en mission d'espionnage. Le seigneur d'Asgard devait supposer qu'une demi-portion aurait plus de chance de passer inaperçue que ses grosses brutes de guerriers.

- Faux, le contredit le gamin. J'ai agi sans recevoir d'ordre de quiconque. Je voulais juste voir à quoi pouvait bien ressembler ces fameux chevaliers des terres chaudes. Tu parles d'une déception !

Andréas, déjà très pédagogue, agrippa l'insolent par le col et grinça à son oreille :

- Tu me parais un peu léger pour proférer ce genre de commentaires désobligeants. Mais confidences pour confidences, j'avais moi aussi prévu d'aller jeter un œil sur vos installations. Ce serait infiniment plus simple si tu m'en faisais un rapport détaillé, non ?

- Attends, s'inquiéta Nathan. Tu ne vas tout de même pas le…

- Oh que si. Il va avoir droit à une séance d'hypnose à ma façon. Et encore, ce sale mioche a de la chance. Si j'étais un tantinet plus cruel, je pourrais lui ordonner de repartir séance tenante pour passer son souverain par les armes. Mission impossible, tant le fier Derbal est étroitement protégé, mais qui aurait l'indéniable avantage de nous débarrasser du morveux.

L'enfant, devinant ce que son bourreau avait en tête, se débattit de toutes ses forces. Alors que ce dernier allait mettre ses menaces à exécution, au grand dam de Nathan, la providence vint au secours du jeune Asgardien. Deux sphères d'énergies, surgissant de nulle part, manquèrent de percuter le trio. Sous le coup de la surprise, l'Antinaïkos relâcha sa proie et prit une posture de défense.

- Drôle de feux de Bengale, annonça Nathan, en voyant les projectiles finir leur course en amont de la rivière. Quel qu'en soit l'expéditeur, il vise vraiment très mal. En tout cas, cette fois c'est sûr, ton petit manège nous a mis dedans jusqu'au cou.

Le Grec, ne croyant pas si bien dire, s'aperçut à cet instant qu'une brume opaque s'élevait de l'eau. Beaucoup trop rapidement pour que le phénomène puisse passer pour naturel. Mais, plus que cette véritable purée de pois, ce qui incommoda les deux émissaires du sanctuaire fut l'oppressante sensation d'être épiés par une présente éthérée, se démultipliant à l'envie et se rapprochant dangereusement de leur position.

- Les esprits de la nature, leur apprit le gamin, savourant la soudaine déconfiture de ses traqueurs.

- De banales illusions, le rabroua Andréas, expert en la matière. Je vais nous en débarrasser en un battement de cil !

Une fois de plus, la fougue du prochain gardien du troisième temple faillit coûter cher au duo. Répondant à l'embrasement de son cosmos, la rivière s'anima. Par une alchimie étrange, elle projeta de lourdes trombes d'eaux en direction des deux compagnons d'entraînement. Les déferlantes, qui réussirent à repousser les deux joyeux drilles sur trois bons mètres, s'estompèrent pourtant instantanément lorsque un invité surprise atterrit aux côtés du gamin.

- Wolken, l'apostropha le nouveau venu. Tu peux me dire pourquoi tu perds ton temps avec ces minables ?

Taille moyenne, la trentaine, cheveux bruns roux, une mèche dissimulant son œil droit, un accoutrement assorti à la panoplie du gamin, le dernier arrivant n'avait finalement rien de vraiment remarquable. Seul le blason incrusté à sa ceinture, représentant une tête de mort couronnée de cristaux, pouvait à l'extrême rigueur le différencier de l'Asgardien standard.

- Minables, tiqua Andréas. Qui es-tu donc pour oser traiter de la sorte les descendants d'Agésilas Antinaïkos et de Bias Dothrakis ?

- Et c'est reparti, s'apitoya Nathan, qui détestait plus que tout que son ami déballe sans préambule leur pedigree au premier venu, histoire de lui en mettre plein la vue.

Mais l'Asgardien, ignorant l'appel du pied, continua de fixer le dénommé Wolken d'un air courroucé. Ce dernier, étonnamment soumis, répondit :

- Pardon Alberich. Je pensais pouvoir collecter des renseignements sur…

- Voilà le cœur du problème, tu as pensé, le cingla son aîné. Et pire que tout, tu as raisonné comme les héros stupides dont nos légendes regorgent. Le prestige de l'acte accompli passant avant toute prudence, n'est-ce pas ? Les initiatives personnelles, c'est excusable chez le vieux guerrier qui abandonne son rang et les siens, pour partir vers son baroud d'honneur. Mais pour un apprenti, comme toi, c'est intolérable. Tu veux donc te faire tuer ou, pire encore, mettre les nôtres en danger seulement pour une pensée héroïque malvenue ?

Wolken, penaud, baissa les yeux et secoua la tête.

- Parfait ! En ce cas, rentrons avant que ton maître ne remarque ton absence. Et au triple galop. A l'heure qu'il est, la délégation du sanctuaire doit déjà s'entretenir avec le seigneur Derbal.

Voyant ses deux interlocuteurs lui tourner le dos, Andréas explosa :

- Pour qui te prends-tu ? Je suis Andréas Antinaïkos et je serais bientôt promu chevalier d'or des Gémeaux ! Dans mes veines coule le sang d'Agésilas, l'un des hommes à l'origine de la fondation du Sanctuaire d'Athéna ! A ce titre, j'exige des excuses, Asgardien !

- Des excuses, s'étonna l'intéressé, sans même se retourner. Le fait de porter un nom célèbre donne-t-il le droit, dans les contrées du sud, de frapper plus jeune que soi et de s'adresser à plus âgé sur un ton aussi capricieux ? Pour ton information, sache que je nomme Alberich, treizième du nom, chef de la famille des Megrez, baron d'Asgard et Guerrier Divin de son état. Mon lignage est certainement moins prestigieux que le tien mais, sur nos terres, un titre ne se résume pas seulement à une obscure filiation. Le titre signifie au contraire que son porteur mérite l'estime de ses pairs et de son peuple. Si tu représentes l'élite de ton sanctuaire, force est de constater que nos castes aristocratiques respectives sont aussi différentes que l'eau claire et la boue.

- Asgard un point, Sanctuaire zéro, songea Nathan, qui trouvait ces joutes verbales moyenâgeuses plutôt divertissantes, en fin de compte. Balle à toi, Andréas.

Le Grec, justement, avait épuisé le peu de patience que sa puberté lui autorisait. Un halo doré flottant autour de lui indiquait même qu'il comptait bien réparer l'affront séance tenante. Alberich, répliquant en augmentant sa propre aura, eut pourtant le fin mot de l'histoire :

- A tes risques et périls ! Nature Unity !

La rivière, à nouveau sollicitée, répondit à l'appel du baron. Couvrant son départ, un véritable tsunami miniature s'abattit sur son adversaire. Mais Andréas, moderne Moise, le pourfendit d'une simple intensification de son cosmos. Nathan, voyant son compagnon mettre en branle le dispositif de son attaque fétiche, le saisit au poignet et lui susurra :

- Tu as assez joué, mon prince. Et d'une, si jamais ma mère apprend que, en coulisses, nous cherchons des crosses aux vikings, on court droit au Cap Sounion. Et de deux, si cet Alberich a dit la vérité, nous sommes en train de manquer le plus grand choc des cultures de ce siècle. Et ça, je ne te le pardonnerai pas. Aussi, je te saurais gré de nous ramener illico presto au camp, histoire de voir si c'est bien là qu'ont lieu les réjouissances.

Andréas, crispé, finit par desserrer le poing. Ne voulant risquer ni le Cap Sounion, ni de perdre l'affection de Nathan, il ouvrit une brèche inter dimensionnelle où, coutumiers de ce moyen de transport, les deux Grecs s'engouffrèrent. Et, sous les regards ébahis de Wolken et blasés d'Alberich, ils disparurent pour de bon de la scène.


Les deux complices réapparurent en bordure du campement improvisé du Sanctuaire. Découvrant l'attroupement qui s'était formé en son centre, Nathan pesta d'avoir raté le début de la fête. Se précipitant vers la foule, les deux mauvaises graines tombèrent sur un groupe de chevaliers, dont l'un d'eux leur barra aussitôt la route.

- Défense d'avancer, dit-il.

- Jaeger, le tança le Dothrakis, contaminé par les élans de besoin de reconnaissance de son comparse. Tu sais à qui tu t'adresses ?

- Ordre de ta mère, le renseigna le chevalier d'Orion, en haussant nonchalamment les épaules. Les deux factions doivent rester à distance raisonnable le temps que dureront les pourparlers. Et vous ne faites pas entorse à la règle, bande de vauriens.

- Bon bon, acquiesça Nathan, se fendant d'un sourire. Au moins, laisse-nous voir qui sont les partis en présence, espèce de molosse insolent.

Jaeger, exagérément maniéré, invita les deux adolescents à le suivre. Contrairement à Andréas, Nathan aimait beaucoup le côté irrévérencieux de l'aîné des argentés, qui était également le plus puissant de l'ordre. Quelques années plus tard, le fils de Moïra regretterait beaucoup d'avoir sympathisé avec celui qui deviendrait le leader d'une faction renégate, dont les méfaits coûteraient la vie à Damara.

Mais, pour l'heure, c'est dans une ambiance plutôt détendue que les autres résidents accueillirent les deux coqueluches de l'île sacrée. Nathan, récupérant une place aux premières loges, ne fut pas déçu du spectacle.

Sa génitrice, comme il s'en doutait, avait pris place dans l'œil du cyclone. Assise sur un fauteuil de voyage, elle était entourée de Shion, plus hiératique que jamais, et de Dôkho, seul chevalier d'or en fonction.

En face d'elle, le grand prêtre Derbal siégeait sur un trône de métal grossièrement décoré. Sa tignasse grise, ses traits durs et sa haute stature lui conféraient un aspect inquiétant, que sa réputation d'inflexibilité complétait à merveille. Son état-major était composé de Loki, le bien nommé chef des armées d'Asgard, redoutable rejeton de la lignée des loups d'Alioth, l'une des plus anciennes familles du royaume. Sur le côté opposé se tenait Frey, le jeune et très avenant représentant du culte d'Odin, tout de blanc vêtu.

A les voir, tous trois, un œil non averti aurait pu penser que Loki et Frey étaient respectivement le démon de la tentation et l'ange de raison de Derbal. Mais cette vision manichéenne était sans doute bien éloignée de la réalité.

Plus loin, enfin, un panel presque exhaustif des forces du sanctuaire du nord patientait dans un calme absolu, à la différence de leurs alter ego des régions chaudes. Nathan, ne pouvant de toute façon mettre un nom sur leurs visages, se concentrant sur l'épicentre. Agacé, il s'écria :

- Je donnerais cher pour savoir de quoi ils parlent ! Mais à cette distance, c'est peine perdue !

- Pas besoin de dépenser ton bas de laine pour cela, l'informa le chevalier de la Flèche. Si tu le désires, je peux te faire un rapide résumé des temps forts de la conversation.

- Maya ? Tu arrives à les entendre ?

- Pas du tout, mais je sais lire sur les lèvres. Depuis l'antiquité, c'est le minimum pour pouvoir prétendre être un maître archer capable de déchiffrer par avance les mouvements de sa cible. En sus d'une vision de faucon, cela va sans dire.

- Et alors ? Qu'est-ce qu'ils disent ?

- Le début de la conversation a été plutôt classique, avec les présentations d'usage, les révérences et toute l'hypocrisie protocolaire de circonstance. Puis, cela a été le tour du concours de petites piques à peine déguisées. Et, à ce jeu-là, Derbal est très fort, même si ses répliques sont, en toute objectivité, moins croustillantes que celle de ta mère. Ensuite, ils ont abordé le pourquoi de cette rencontre. En gros, les vikings en ont vraiment ras le casque à corne d'être assujettis au Sanctuaire et ils réclament leur indépendance.

Personne ne cilla à l'annonce de ce secret de polichinelle. Depuis que la nouvelle de la rencontre entre les dirigeants des deux bataillons s'était répandue, tous avaient supposé que l'enjeu en serait la colonisation houleuse que le Sanctuaire exerçait sur son homologue septentrional depuis des siècles. Mais l'apprendre de vive voix doucha d'un coup la bonne humeur artificielle des soldats d'Athéna.

- Alors c'est officiel, tonna Jaeger. C'est la guerre.

- Pas encore, le contredit Maya. Derbal est en train de jouer du violon. Il dit qu'une bataille sanglante serait un pur gâchis. Aussi, il propose de régler ça « à l'ancienne », leur champion contre le meilleur combattant de chez nous. Et le camp du vaincu devrait obligatoirement se plier aux exigences de celui du vainqueur. C'est qu'ils ont l'honneur à fleur de peau, ces sacrées vikings !

- J'avais cru le constater, approuva Nathan, en décochant un clin d'œil à un Andréas de plus en plus taciturne.

- Et maintenant ? s'enquit le chevalier d'Orion, qui caressait le vain espoir d'être choisi comme représentant de son armée. Le Pope et la Dothrakis ont-ils accepté les conditions de Derbal ?

- Ils se tâtent, le renseigna Maya, en plissant les yeux. Ils demandent à voir celui qui sera le porte-étendard d'Asgard, avant de rendre leur verdict. Suspens, les amis ! On va bientôt découvrir qui est l'homme à abattre du camp opposé !

L'assistance retint son souffle quand la masse des Guerriers Divins s'écarta pour laisser le passage à un combattant moins trapu que ses congénères. Andréas grinça des dents en apercevant l'heureux élu. Le destin, ou le génie tactique de Derbal, avait voulu que le champion d'Asgard fût Alberich, treizième du nom.

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