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Anime/Manga » Saint Seiya » Une deuxième chance: les side stories
Alaiya
Author of 28 Stories
Rated: T - French - Reviews: 89 - Updated: 05-12-12 - Published: 05-16-09 - id:5065227

Titre : Docteur H et Mister Saga

Auteur : Chrysos

Rating : G

Nombre de mots : # 1450

Situation : Continuum UDC (chapitre 16)

Genre : improbable crossover (… ou pas)

Personnages : Saga Antinaïkos et un drôle de docteur

Note d'Alaiya : Quand y en a plus, y en a encore… Merci une nouvelle fois à Chrysos de permettre à UDC de continuer à vivre ) (accessoirement, je viens de me rendre compte que ffnet a flingué la mise en page des premiers chapitres d'UDC – j'invite donc les lecteurs potentiels à récupérer le fichier PDF dont le lien est sur mon profil)


Docteur H et Mister Saga

New York, États-Unis d'Amérique, Hôpital Central, fin janvier 2004…

Une musique horripilante et répétitive, ponctuée à intervalles réguliers de petits bips et autres bruitages tout aussi stressants, tira Saga de son sommeil.

Il lui fallut quelques secondes pour reconnaître sa chambre d'hôpital, embaumée de senteurs d'antiseptiques et se rappeler l'opération qu'il avait subie, plusieurs jours auparavant.

La bouche pâteuse, il tourna la tête en direction d'un homme qui, avec un naturel et un manque de discrétion effarants, jouait sur une petite console portable, assis sur la seule chaise de la chambre.

« Vous savez que l'on embauche n'importe qui, dans cet hôpital, lança l'inconnu sans préambule. Quand je suis entré, un des infirmiers n'arrêtait pas de vous reluquer en disant que vous alliez faire de grandes choses, tous les deux. Il a dit s'appeler Buck, un prénom qui rime avec… Enfin vous voyez. Bref, sans moi, votre vertu en aurait peut-être pris un sacré coup… »

Abandonnant sa console, l'importun se leva et, canne en main, marcha d'un pas claudiquant jusqu'au Grec. Grand, mince et arborant une barbe de trois jours, le nouveau venu portait, épinglé à sa veste, un badge faisant office de laissez-passer dans le service.

Ce fut du moins ce qu'il expliqua à Saga en se présentant comme étant un éminent diagnosticien en congrès à Manhattan, qui avait eu vent, par des moyens détournés, d'un malade guérissant à une vitesse proprement ahurissante. Usant de son influence et de pas mal de menues monnaies, il s'était donc arrangé pour avoir une petite entrevue avec le fameux miraculé.

Habitué à côtoyer à longueur de temps toutes sortes de givrés, l'Antinaïkos ne s'offusqua pas de ce pseudo savant fou et répondit :

« Désolé toubib, mais j'ai déjà dit à vos collègues que cette affaires était close. La façon dont je guéris ne regarde personne d'autre que moi. »

Assis sur le lit, le mystérieux docteur riposta :

« Entre nous, je ne peux que vous donner raison. Soyons réalistes, votre seule existence met en péril toute ma profession. Pensez donc, un patient qui cicatrise anormalement vite, après une lourde opération, cela ouvre des centaines de possibilités. Supposons déjà que l'on fasse passer une batterie de tests au patient, pour connaître son secret. Supposons aussi que, de fil en aiguille, quelques confères utopistes décident de réduire en poudre, sans lui demander son avis, le fameux patient, pour le transformer en nouvelle panacée à tous les maux. Et qu'il le commercialise en l'état. Bien sûr, au début ce serait merveilleux. N'importe quel quidam, pour une poignée de billets verts, pourrait se prémunir des mille et uns bobos du quotidien, de la grippe, des infections diverses et variées voire même de quelques MST. Mais voilà, l'absence de malades serait, sur le long terme, fatal au petit commerce de la médecine. Et, par extension, à tous les autres secteurs qu'il engraisse, comme les avocats, nécessaire en cas de litige, les golfs, qui perdraient leurs meilleurs clients, de même que les prostituées de luxe, et j'en passe. Bref, afin d'éviter un indescriptible chaos et de briser un système qui se veut bien rodé, mieux vaut effectivement que vous gardiez vos secrets bien enfouis.

- Une seconde, l'interrompit, non sans mal, un Saga de plus en plus estomaqué. Vous êtes vraiment médecin ou simplement un malade mental échappé du pavillon voisin ?

- Vous devriez voir par-delà les apparences, le tança l'illuminé. Ou alors faire un peu plus attention à la vôtre, avant de juger celle d'autrui. Quiconque vous croiserait dans la rue vous prendrait soit pour un hard rocker ringard (pléonasme), soit pour une folle tordue. A-t-on idée, à notre époque, de porter de une aussi longue tignasse peroxydée…

Cette fois, l'Antinaïkos souffla un bon coup, histoire de bien signaler aux éventuelles divinités célestes, auxquelles il ne croyait guère, qu'il avait fait tout son possible pour retarder l'inéluctable. Se levant d'un bond, il attrapa le supposé médecin par le col et lui hurla en plein visage :

« Vous allez trop loin, « toubib » ! Il existe mille et une façons de se suicider, mais vous n'avez pas choisi la moins douloureuse en venant vous frotter à moi ! »

Le praticien, étonnamment serein vu les circonstances, se contenta de fixer Saga dans les yeux et commenta d'un air connaisseur :

« Dépigmentation totale de l'iris, qui nous donne une savoureuse couleur écarlate. Un vrai regard de braise en somme. Vous avez déjà eu des cas d'albinisme, dans votre famille ? En tout cas, c'est bien la première fois que ce genre de symptômes est associé à un cas de schizophrénie... »

Désarmé, le Pope relâcha sa proie. Tournant le dos à son hôte, il siffla :

« Vous vous trompez, je ne suis pas schizophrène ! »

Réajustant son col de chemise, le médecin admit :

« Rien dans votre dossier médical ne le laisse à penser, en effet. Mais en lisant entre les lignes, on peut noter plusieurs minuscules indices allant dans ce sens et cet échange en a été la plus belle des démonstrations. Regardez-vous ! vous êtes passé du stade de tueur en série à celui de serpillière, en trois secondes montre en main. Même Jekyll avait besoin de plus de temps pour se changer en nabot démoniaque. »

Se sachant condamné, le chevalier des Gémeaux s'accorda une dernière faveur :

« A tout hasard, vous n'auriez pas une cigarette ?

- Bien sûr, ricana son interlocuteur. Comme si un médecin réputé allait se compromettre en offrant ce poison en bâton à un patient ! Il faudrait vraiment être dingue… »

Ce faisant, il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un paquet de cigarettes flambant neuf, qu'il tendit au Grec.

« Pall Mall. Les préférées de Thad Beaumont. C'est plutôt de circonstance.

- Le héros de La part des ténèbres, renchérit Saga.

- Belle culture ! Moi qui croyais que les Européens, et à plus forte raison les Grecs, n'étaient bons qu'à élever des chèvres en se gargarisant de leur si glorieux passé.

- Êtes-vous toujours aussi…irritant ?

- Bien sûr que non. Là je bride encore mon talent. Quand nous serons un peu plus intimes, vous pourrez en juger de visu.

- Ne poussez pas trop, toubib : ce n'est pas parce que je vous ai épargné une fois qu'il faut vous croire tiré d'affaire à si bon compte !

- Evitons les montées intempestives de testostérone, voulez-vous. Le simple fait que vous m'ayez si gracieusement épargné, comme vous le prétendez, montre déjà un semblant de confiance, à défaut de sympathie. Donc, si nous repartions sur des bases plus saines ? Votre cas, exceptionnel à plus d'un titre, m'intéresse et je tiens impérativement à vous soigner.

- Pourquoi ? Vous avez probablement vu, en fouillant dedans, l'étiquette confidentielle épinglée à mon dossier. Dossier qui, d'ailleurs, voyage vraiment entre les pires mains de la création. Qu'avez-vous à gagner à vous mêler d'une affaire qui, si vous y mettez les pieds, vous dépassera à coup sûr et risque, en prime, de mettre votre vie en danger ?

- Savez-vous ce qu'est un narcissique, monsieur Antinaïkos ? Un narcissique est une personne qui a un besoin viscéral de se faire mousser. Un narcissique est un individu qui, découvrant un problème insoluble, sera prêt à braver tous les interdits pour le résoudre. Et, plus important, un narcissique est quelqu'un qui saura tenir sa langue mieux que quiconque. Car l'important, pour le narcissique, n'est pas tant que les autres l'admirent mais, encore une fois, qu'il puisse s'admirer lui-même.

- Vous êtes narcissique, docteur… ?

- House. Gregory House. Et non, je ne le suis pas le moins de monde. »

En parlant, House attrapa une gélule dans sa poche et la goba sans autre forme de procès.

« C'est de la vicodine, dit-il. Un opiacé qui m'évite… disons… de massacrer tout mon entourage comme dans toute bonne tragédie grecque. Prescrit sans ordonnance, évidemment. Si quelqu'un apprend, par un malheureux hasard, que j'en prends, c'est la porte et l'opprobre assurées. Bon pouvons-nous commencer l'examen ? »

Amusé, le Pope lança :

« Avant ça, nous allons avoir un cours de physique simplifié. Savez-vous ce qu'est le cosmos ? »

Avant d'avoir la réponse, Saga fit croître dans sa main une boule d'énergie.

« Pour bien comprendre mon problème de schizophrénie, poursuivit Saga en tiquant sur ce mot, vous devrez oublier tout ce que vous croyez savoir de ce monde. Vous n'êtes pas au bout de vos surprises, docteur House ! »

Mais, comme de coutume, ce fut l'irascible praticien qui eut le mot de la fin.

« Vous ne m'apprenez rien, siffla-t-il sans quitter des yeux la sphère de puissance à l'état pur. J'ai toujours su, sans pouvoir toutefois le prouver, que nous vivions dans un monde de tarés… »

Fin

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