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Author of 21 Stories |
Le cœur du diagnosticien rata un battement et sa vue se brouilla à la lecture de son courrier. Il maudit une fois de plus son traitement qui le faisait se sentir si vulnérable. Mais il était bouleversé. Lisa, sa Lisa, lui avouait à demi-mots qu’elle l’aimait. Il ne se sentait pas prêt à affronter ça maintenant mais cette confession le remplissait d’une douce chaleur. Il hésita longtemps avant de répondre. Puis il posa son stylo sur la feuille…
Chère Lisa,
Je ne veux pas rompre notre échange. Même si c’est dur. Et dérangeant. Et déstabilisant. J’en ai besoin.
Notre baiser restera un moment inoubliable pour moi.
Ce soir là, mon cœur a pris le pas sur ma raison. Je vous savais seule et désespérée après la perte de Joy. Je n’ai pu m’empêcher de venir chez vous. Mon objectif ? Vous secouer, vous titiller, voire vous énerver afin de vous faire reprendre pied plus rapidement dans le quotidien. Le seul réconfort que je sache prodiguer.
Mais quand vous avez ouvert la porte et que je vous ai vu dans votre pull trop grand, toute décoiffée, votre nez et vos yeux rougis par les larmes, j’ai pas pu. Vous aviez l’air si fragile… Jamais je ne vous avais vu ainsi. J’ai tenté une conversation et vous vous êtes alors mise à me hurler dessus. (Vous n’aviez pas tort.)
Et j’ai lu un tel désespoir dans vos yeux que je me suis senti perdu à mon tour. Vous embrasser était ma façon de vous dire : je suis là et je le serai toujours pour vous. Si je me suis enfui après c’est que je…
J’ai eu peur. Peur que vous ne partagiez pas mes sentiments, peur surtout de ne pas être à la hauteur. Je ne suis pas un homme bien et la dernière chose que je veuille, c’est vous faire du mal.
Je ne suis toujours pas sûr d’en être capable mais… J’aimerai tellement que ce "nous" existe, Lisa…
Gregory
PS : Dites, votre ami garagiste ? Je me suis toujours demandé ce qu’il serait arrivé si je ne m’étais pas pointé au bon moment pour vous tirer de ses griffes… Vous l’aimiez ?
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Wilson lui avait tout dit, tout raconté. Les hallucinations, les envies, les croyances. Oui, House avait halluciné qu’ils avaient couché ensemble. Entre fierté et désarroi, elle avait bu les paroles de l’oncologue. Elle ne savait quoi en penser. Elle était amoureuse de lui, c’était évident, elle tentait de le lui avouer à demi-mot mais là, d’apprendre que lui avait envie d’elle, c’était quelque chose de dérangeant et agréable à la fois. Il la voyait comme un fantasme, un objet sexuel, un bout de viande… Mais Wilson l’avait rassuré. Non, elle était beaucoup plus, elle était plus que ça. Elle prit la décision d’ouvrir la dernière lettre et grâce à elle, en apprit bien plus. Il ne lui répondait toujours pas mais se confiait un peu plus. Jusqu’à …
Gregory,
Pourquoi ? Pourquoi me poser maintenant la question du garagiste ?
Vous vous confiez, me révélant que notre baiser restera un moment inoubliable et vous me posez cette question stupide ! Vous vous moquez de moi ? Vous croyez que je ne saisis pas votre petit jeu ? Ne détournez pas les questions réellement importantes avec cette histoire de garagiste !! Alors, non, je ne l’aimais pas, j’avais juste besoin de sexe ! Parce que je suis une femme qui a des envies et des besoins et que le seul homme que j’aimerai en moi se soucie plus de ses cachets de Vicodin ! Vous êtes content ?
Là, je me demande clairement si vous ne vous moquez pas finalement de toute cette histoire, de nous, de ce baiser ! Depuis quelques temps, à demi-mot certes, je vous dis ce que je pense, ce que je ressens, ce que j’attends mais là, vous me dites avoir eu peur ! Désolée mais je n’y crois pas ! Le grand docteur House n’a peur de rien ! C’est bien connu ! Si vous aviez vraiment eu peur, votre main ne se serait pas attardée sur mon sein quelques jours plus tard.
Ce baiser a tellement compté pour moi et vous lire m’avouant que c’était votre façon de me dire que vous étiez là me touche énormément. Et après ça, je me prends une douche froide. J’attendais tellement de la discussion dans votre bureau vide.
Gregory, je sais que je ne me trompe pas, je sais que vous tenez à moi mais j’aimerai tellement que vous me le disiez…
Je ne vous laisserai pas.
Lisa