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Trucydae
Author of 35 Stories

Rated: T - French - Angst/General - Reviews: 1 - Published: 06-20-09 - id:5152667

J'étais étendu dans un lit aux draps blancs, les yeux grands ouverts depuis des heures, fixant ce même point inexistant. Je ne reconnaissais pas le décors, mais peu m'importait, un peu comme tout le reste. Depuis quand étais-je là ? Je ne m'en rappelais pas.
J'entendis une porte s'ouvrir, quelqu'un entrer, venir s'asseoir dans un fauteuil voisin du lit que j'occupais.

-Bonjour, fit une voix m'étant inconnue. Tu veux te présenter toi-même ou il faudra que j'ouvre ton dossier ?

Il tentait de se faire amical, mais je n'y prêta pas attention.

-Bon, j'ouvre ton dossier, dans ce cas, continua-t-il, voyant, au bout d'un certain moment, que je ne lui répondrais pas. Donc tu t'appelles Jui. Tu sais où tu te trouves, Jui ?

Je n'en avais pas la moindre idée ; Je ne dis rien, le laissant m'informer de l'endroit où je me trouvais.

-Tu es à l'hôpital. L'hôpital psychiatrique. Tu sais ce que ça signifie ?

Que je suis fou, pensai-je, mais le gardant pour moi. Il allait certainement me le confirmer à l'instant.

-Ça veut dire que tu es malade et moi, je suis le docteur qui t'aidera à guérir. Je m'appelle Asagi.

Bien, maintenant, je sais que je suis fou et qu'il se prénomme Asagi... Je me contentai de cligner des yeux.

-C'est le matin, pourtant tu sembles fatigué... As-tu bien dormi, cette nuit ?

Avais-je seulement dormi ? Je n'en savais rien. Je posai pour la première fois les yeux sur lui.

-Tu devrais te reposer, c'est la première étape vers la voie de la guérison...

Il avait un certain charme, mais tout un nez ! J'étais prêt à le qualifier de Cyrano de Bergerac japonais ! Dommage... J'eus toutefois un petit sourire.

-Ça t'amuse ?

J'arrêtai alors de sourire, fronçai les sourcils à la place.

-Qu'y a-t-il ? Quelque chose ne va pas ?

Pourquoi s'intéresse-t-il autant à moi ? Mon regard retourna de lui-même à son point fixe ; je resserai les draps autour de mon corps.

-Tu as froid ?

Mais arrête, avec tes questions !

-Il faut me le dire si quelque chose ne va pas... Tu crois que tu vas bien ?
-À qui cela importerait-il, de toute façon ? Me surpris-je à répondre ; Ma voix était rauque, comme s'il y avait longtemps que j'avais parlé.
-Ça m'importe à moi, tu sais ?

Je posai mon regard sur lui une seconde fois. Un sourire compatissant ourlait ses lèvres.

-Je veux bien t'aider, moi. Et ceux qui t'ont placé ici l'ont fait pour te venir en aide aussi.
-Qui ?
-Je ne les connais pas, des amis à toi, je suppose.
-Pourquoi ?
-Tu ne sais pas ?

Je ne répondis pas, je continuai de le fixer. Mes amis ? Qui était-ils ? Pourquoi m'avoir placé à l'asile ? Qu'avais-je fait pour qu'il me croient cinglé ?
Toutes ces questions me tournaient dans la tête, revenant sans cesse, me donnant presque le tourni. Pourquoi ne me souvenai-je de rien ? Pourquoi n'avais-je plus aucun souvenirs ? Pourquoi ce sentiment de vide, cette tristesse m'assaillissait-elle soudainement ? Qu'avais-je fait ?
Je dus paraître nerveux car mon docteur vint poser une main rassurante sur mon épaule.

-Du calme, je t'expliquerai tout ce que tu voudras quand le moment sera propice. Seulement, il est présentement trop tôt pour ce faire. Pour l'instant, il faut seulement que tu te reposes, dit-il doucement, gentiment.

Lorsqu'il se leva, je ne compris pas pourquoi, mais j'eus peur de me retrouver seul.

-Ne partez pas !
-N'aies pas peur, tu ne seras pas seul. Une infirmière veillera sur toi en tout temps.

Je me fichais bien de l'infirmière, je vouais qu'il me dise pourquoi j'étais là. Aussi avais l'impression que personne d'autre ne me donnerait autant d'attention que lui parce que personne ne me comprendrait aussi bien qu'il semblait me comprendre. Peut-être n'étais-ce qu'une idée préconçue qui m'avait convaincu que tous les autres n'auraient jamais rien à faire de quelqu'un comme moi... Quelqu'un comme moi... Que cela signifiait-il donc ?!
Je le regardai marcher vers la sortie, il se tourna vers moi en posant la main sur la poignée.

-Je reviendrai demain.
-Restez avec moi ! Racontez-moi !

Ce fut à son tour d'ignorer ce que je disais, un peu de la manière dont je l'avais fait auparavant. J'eux un pincement au coeur.
Il parla à une infirmière, mais tout ce que je pus saisir fure les mots ''calmants'' et ''somnifère''. L'infirmière hocha affirmativement la tête, puis, a porte se referma, me laissant seul dans un silence quelque peu lourd.
Je me roulai en boule, serrant les couvertures dans mes poings clos, je me crispai, je n'aimais pas ça...
L'infirmière revint avec des comprimés et un gobelet de styromousse remplis d'eau.

-Avalez ça, vous vous sentirez mieux après.

Je ne voulais pas, mais je les pris tout de même, naïvement. Je bus aussi quelques gorgées d'eau et me laissai retomber sur l'oreiller, parcourru d'un long frisson qui finit par me faire grelotter même si je n'avais pas froid. L'infirmière s'en alla après m'avoir rapidement bordé.
Le docteur m'avait-il menti ? J'étais seul... Il m,avais pourtant dit qu'on veillerait sur moi...
Mes yeux balayaient la pièce de droite à gauche puis dans le sens inverse. Personne. Je serrai les dents, retournant en position foetale. Pourquoi étais-je si effrayé par la solitude ?
Je ne tardai plus à sombrer dans un sommeil artificiel.



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