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Nous sommes tous un jour ou l'autre, confrontés à un traumatisme plus ou moins difficile à combattre, nous devons tous vivre avec « le murmure de nos fantômes ». Lorsque notre réalité de vie est ou a été particulièrement difficile, quels moyens mettons nous en place pour nous défendre, pour vivre, voire survivre, pour continuer à avancer?
Les Cullen, Bella et tous les autres ont été confrontés à ces situations. Le moment est venu de se relever, d'avancer, de réapprendre à vivre. Ensemble, ne plus jamais être seul et oublier le passé...
1
PREMIERE RENCONTRE
Avril 2009
Boston, Massachussetts
Samedi soir, le bar était bondé. J'en étais à ma…combien déjà ? Quatrième ou cinquième heures d'affilées si je comptais bien… La chaleur était étouffante et mon t-shirt noir à l'effigie du bar était déjà taché de Vodka et de Gin. Je me surpris à remercier encore une fois la mairie de Boston d'avoir émis l'interdiction de fumer dans les lieux publics. J'empestais déjà l'alcool et l'humidité, inutile de rajouter la fumée.
Pour la énième fois dans la soirée, j'utilisai le torchon humide que je coinçai, par habitude, dans la poche arrière de mon jeans pour essuyer le comptoir inondé d'alcools. Pour la énième fois dans la soirée, j'entendis la grosse voix d'Emmett me réclamer des glaçons.
- Bon sang Emmett, bouge un peu tes fesses ! lui répondis-je en riant.
Je lançai les glaçons par-dessus mon épaule et Emmett, mon frère, en récupérait quelques uns au vol dans le verre qu'il tenait. Les gens applaudirent alors qu'Emmett faisait tournoyer le shaker entre ses pattes d'ours, l'envoyant par-dessus son épaule et le récupérant au vol sans épargner les dames admiratives penchées sur le bar d'un clin d'œil plus qu'aguicheur. Tout ceci faisait parti du métier. Notre bar était célèbre car nous avions su combiner les quatre éléments clés d'une vie nocturne réussie : le show, la musique, l'ambiance et, comme tout bon bar irlandais, la diffusion des matchs ! Notre famille était d'origine irlandaise alors musique, alcool, sport et pub étaient un peu l'héritage incontournable.
Je me penchai vers une cliente qui me dévorait littéralement des yeux. Ca aussi ça faisait parti, à mon grand désarroi, du métier. La plupart des femmes que je connaissais vouaient un culte sans pudeur aux barmans. D'ailleurs, je ne comprenais pas trop d'où venait cette hystérie. Nous savions, certes, manier nos bouteilles (n'y voyez rien d'ambigu) et nos verres avec habilité mais nous n'en restions pas moins des gars empestant la bière et la transpiration, ce que les femmes avaient en horreur au quotidien. Allez comprendre !
Emmett, contrairement à moi, avait une échappatoire, et quelle échappatoire : Rosalie Hale, sa femme, et ça tout le monde le savait, ou du moins une assez grande partie de la gente féminine pour qu'il soit tranquille. Il ne se passait d'ailleurs pas une soirée sans qu'elle ne vienne au bar nous saluer ou nous aider au grand bonheur d'Emmett.
Ce n'était malheureusement pas mon cas et j'avais, plus souvent que je ne l'aurais voulu, droit aux propositions indécentes, aux regards de braise et aux déhanchés endiablés des filles. Emmett ne m'aidait pas vraiment. En effet, la dernière fois, il avait proposé l'idée, aussi folle que grotesque, d'un baiser aux enchères dont moi, Edward Cullen, j'étais la récompense ou plutôt le gibier... Bien sur, il avait été hors de question que j'embrasse qui que ce soit, je n'étais pas un objet non d'un chien! J'en étais presque à devoir réagir comme une fille outrée. Toutefois, j'avais quand même cédé un baiser sur la joue d'une jeune suédoise en vacances pour 100 dollars. C'était Emmett, tout simplement, que pouvais-je y faire ?
- Bonsoir, je vous sers ? demandai-je à la blonde devant moi.
- Mojito s'il te plait ! cria-t-elle plus que nécessaire près de mon oreille en posant sa main sur ma nuque.
Cette habitude qu'elles avaient de me tutoyer et de me toucher, pensai-je dépité. Je pris mon shaker que je fis voler avant de le rattraper, pour le plus grand plaisir de ces dames, et y mis la glace pilée, le soda et le sucre avant de me tourner vers mon frère à l'autre bout du bar.
- Em, envois le rhum ! criai-je par-dessus la musique.
- Bouge tes fesses frérot !
- Tu parles ! J'ai pris les trois quart des commandes ce soir ! me moquai-je.
- Frimeur ! répondit-il avant de me lancer la bouteille de rhum que je récupérai au vol.
J'utilisai le bec verseur pour faire couler le rhum dans le shaker avant d'ajouter les feuilles de menthe et de secouer le tout. Je versai le contenu dans un verre auquel j'ajoutai une paille, une serviette et mon plus beau sourire.
- Voila, ça fera 10 dollars.
- Garde la monnaie ! me lança-t-elle avec un clin d'œil.
Je lui fis un sourire et la regardai s'éloigner en secouant la tête. Quinze dollars et un numéro de téléphone, je soupirai et glissai les quinze dollars dans la caisse avant de jeter le numéro dans la corbeille avec les cinq derniers… La chanson California Love de Tupac & Dr. Dre résonna dans tout le bar faisant vibrer les basses et je levai les yeux au ciel, chanson fétiche d'Emmett bien entendu. Il allait me demander de monter le son j'en étais sûr…
- Ed monte le son ! me hurla-t-il.
Je me mis à rire, me dirigeant en bougeant en rythme vers le milieu du bar pour pousser le volume sous les acclamations des clients.
- We keep it rockin! We keep it rockin! entendis-je Emmett chanter en pleine préparation de Margaritas.
Je retournai à mes propres commandes et me demandai à qui était le tour lorsque je l'aperçus. Brune, les yeux marrons, pas très grande mais pas petite non plus. Jolie… Mais ce n'était pas ce genre de beauté artificielle que l'on voyait plus que de raison. Elle n'avait pas une once de maquillage, ni de décolté plongeant ou même une coupe de cheveux très élaborée comme la plupart des filles qui fréquentaient ce bar. Au contraire, elle portait un chemisier à carreaux deux fois trop grand pour elle, ses cheveux bouclés retombant en cascade sur ses frêles épaules qui soutenaient un vieux sac à dos. Cette fille, d'une façon que je ne m'expliquai pas, donnait juste envie de la protéger. Elle paraissait si perdue et crispée, se demandant certainement ce qu'elle faisait là au beau milieu de tout ce monde. Elle était penchée sur le comptoir et semblait chercher quelque chose. Je m'avançai vers elle.
- Bonsoir, je vous sers quelque chose?
Elle sursauta quelque peu et me regarda. Une fraction de seconde, juste une, je me perdis dans ses yeux chocolats. Bon nombre de gens s'évertuent à dire que les yeux marron n'ont rien de spécial ou sont simplement banals comparés aux yeux verts, bleus ou gris. Personnellement j'avais les yeux bleu vert, particulier je vous l'accorde, mais bon dieu rien de comparable à ces yeux marron ! J'avais juste envie de mordre dedans tellement ils étaient craquants.
- Oh je…je ne veux pas boire, bafouilla-t-elle juste me sortant de ma contemplation.
- Vous savez que vous êtes dans un bar n'est-ce pas ? plaisantai-je.
- Oh…je…pardon, s'il faut consommer je…
Je me sentis idiot, je l'avais mise mal à l'aise.
- Je plaisante, vous n'êtes pas obligée de consommer, m'empressai-je de rajouter. Je peux vous aider autrement qu'en augmentant votre taux d'alcoolémie ?
Bingo ! Ma remarque la fit sourire et elle piqua un fard, elle était encore plus jolie quand elle souriait avec ce teint rougi pensai-je.
La musique s'amplifia, provoquant le déchainement d'Emmett. Je me penchai un peu plus vers elle afin de l'entendre par-dessus la musique et mon crétin de frère.
- En fait j'aimerais voir le patron, cria-t-elle.
Je me tournai vers l'autre bout du bar pour voir Emmett debout sur celui-ci avec deux amis hurlant Shake it shake it baby, shake it shake it mama. Je me retournai vers la jeune femme et me penchai à nouveau vers elle pour qu'elle m'entende. Elle pencha la tête également.
- Heu, je pense qu'il est occupé mais je le connais plutôt bien donc je peux peut-être aider…
- Oh, se contenta-t-elle juste de répondre.
Elle se mordit la lèvre un instant mais finit par se lancer.
- J'aimerai savoir si vous recherchez quelqu'un ? Du personnel de salle ou…
- Hum.
Je la regardai quelques secondes avant de reprendre.
- Tu sais je ne pense pas que ce soit un endroit pour une fille comme toi ici.
Elle fronça les sourcils. L'aurai-je contrariée ? Je me rendis compte que je l'avais tutoyée sans même lui demander son autorisation mais je n'eus pas le temps de rajouter quoi que ce soit parce qu'elle me coupa.
- Comment ça une fille comme moi ? Et, puisqu'apparemment on se tutoie, ta remarque est sexiste.
Je souris malgré moi devant sa mine renfrognée et son caractère plutôt vif.
- Je voulais juste dire que ce n'est pas un endroit pour une jeune femme, regarde-les…
Je désignai la foule du menton et elle s'autorisa un regard pour apercevoir les gars complètement bourrés ou presque, qui dansaient (si on pouvait appeler ça danser), leur bière à la main. Elle se retourna vers moi en soupirant, visiblement déçue ce qui me peina sans que je ne sache pourquoi.
- Ok, merci quand même, souffla-t-elle en détournant les yeux.
Et sans que je ne puisse répondre quoi que ce soit, elle quitta le bar. Je ne sus pourquoi mais j'eus envie d'aider cette fille ou tout du moins d'essayer. C'était ridicule, je le savais mais j'en ressentais le besoin urgent.
- Em, je reviens, lançai-je en sautant par-dessus le bar.
- Hey, mais…
Je n'entendis pas la fin de sa phrase. Je me faufilai déjà entre la masse de gens pour atteindre la sortie gardée par Jerry. Le pauvre, il avait l'air aussi débordé que nous ! Retenir ces gars bourrés d'hormones n'était pas toujours une tâche aisée, même avec ses 130 kg. Une fois à l'extérieur, je jetai un œil à droite, à gauche mais ne vis pas mon inconnue. Je commençai à courir, arrivant au coin de la rue et l'aperçus enfin.
- Heu ! criai-je en courant dans sa direction.
Je la vis se retourner, sourcils froncés et me regarder méfiante. J'arrivai à sa hauteur et lui fit un sourire qui voulait juste dire « je ne vais pas te sauter dessus ».
- Oui ? tenta-t-elle sur la défensive.
- Je…je ne voulais pas te vexer tout à l'heure tu sais…Je suis désolé, me sentis-je obligé de rajouter.
- Pas grave, répondit-elle d'un signe de la main.
- Et je suis aussi désolé de t'avoir tutoyée alors qu'on ne se connait pas. Je ne suis pas de nature sexiste je te rassure…
Je mis les mains au fond de mes poches, me balançant d'avant en arrière et arborai un léger sourire qui à ma grande surprise, ne fut ni forcé, ni poli.
- Tu as couru tout ce chemin pour ça ? me demanda-t-elle amusée.
Pourquoi me sentis-je si ridicule tout d'un coup? Je me raclai la gorge pour reprendre une contenance et croisai les bras sur mon torse.
- Au fait, je pense pouvoir t'aider, dis-je alors qu'elle haussait les sourcils. Pour ta recherche de job, je pense connaitre quelqu'un qui peut t'offrir du boulot…
- Pourquoi fais-tu ça ?
Sa question me surprit un peu.
- Bah, avant tout parce que tu me l'as demandé.
Elle rougit ce qui m'amusa quelque peu et je continuai.
- Qui plus est, tu avais l'air d'en avoir besoin mais si tu ne veux pas…
- Non non c'est gentil de ta part, se hâta-t-elle de répondre avec un léger mouvement de la main dans ma direction.
- Ecoute, là ce soir je bosse mais on peut peut-être se voir demain, ici dans le début d'après midi si tu as un moment ?
- Je ne suis pas certaine, me répondit-elle en me regardant d'un drôle d'air.
- Pardon ?
- On ne se connait pas et tu me donnes déjà rendez-vous…
Elle plaisantait ? Pour qui me prenait-elle ? Si seulement elle savait l'éducation distinguée que nous avait inculqué Carlisle, mon père, gentleman dans l'âme… Bah, elle le découvrira. Pardon ? A quoi venais-je de penser ?
- Ce n'est pas un rendez-vous, me justifiai-je alors qu'elle haussait les sourcils. C'est juste que je pourrai discuter avec toi et te présenter aux personnes concernées. Maintenant je peux tout aussi bien te donner les coordonnées et…
- Non c'est bon, me coupa-t-elle en souriant. Tu as l'air d'être quelqu'un d'honnête.
- Je suis la vertu incarnée, plaisantai-je une main sur le cœur.
Elle se mit à rire de nouveau et je pus mieux en saisir la musique dans le calme de la rue. Ce son était juste magnifique…
- Je passerai demain alors, m'assura-t-elle dans un hochement de tête.
- Très bien, souris-je.
Elle se retourna pour reprendre son chemin, les yeux baissés sur ses pas quand quelque chose me percuta. Je fis un pas en avant…
- Heu !
Elle se retourna de nouveau vers moi avec un air moqueur. C'était la deuxième fois que je l'interpellais de la sorte.
- Oui ? dit-elle dans un sourire.
- Je… Demain, quand tu seras là, si tu ne me vois pas, demande Edward. C'est moi, me sentis-je obligé de rajouter un doigt sur mon thorax (imbécile fini !).
Elle hocha la tête légèrement et je crus apercevoir un autre sourire amusé. Je lui fis un signe de la main en reculant et elle partit de son côté. Ce n'est que lorsqu'elle disparut au coin de la rue que je me retournai vers le bar en laissant s'échapper l'air de mes poumons. Je serrai la main de Jerryen passant devant lui et en lui tapant dans l'épaule.
- Une jolie petite fleur celle là, dit-il de sa grosse voix démesurée.
Je rigolai. Jerry sous ses airs de rustre bodybuildé était d'une délicatesse peu commune avec un cœur aussi gros que son poing.
- Je ne pense pas que Mary serait ravie d'entendre ça Jerry ! plaisantai-je.
Il gloussa, ce qui à mes oreilles ressemblait plus à un son qui tétaniserait n'importe quel gamin plutôt qu'à un rire amusé.
- Mary reste la plus belle des fleurs, me répondit-il avec cette petite lueur de fierté dans les yeux. Il l'aimait sa Mary…
Jerry était notre sorteur depuis plusieurs mois déjà. A l'époque, il était sans emploi et Emmett n'avait pas les moyens de lui offrir un salaire décent. Dans sa grande générosité, il lui avait proposé de travailler quelques temps avec lui afin que le bar ne devienne pas très vite infréquentable. Peu de temps après l'ouverture, Jerry touchait son premier salaire et depuis, il occupait ce poste fidèlement tous les soirs malgré sa petite quarantaine. Sa femme, Mary, avec qui il vivait dans le quartier, se faisait un plaisir de nous apporter une tarte tous les dimanches matins, après nos dures soirées et dieu sait que certains soirs c'était dur.
Je regagnai mon poste derrière le bar et essuyai machinalement l'espace de travail devant moi. Emmett passa derrière moi.
- Tu foutais quoi bordel ? C'est l'heure du dernier Dong, les gars s'impatientent !
- Ça va c'est bon je suis là ma poule, déstresses!
- Tu parles au lieu de draguer j'espère au moins que t'as chopé son numéro sinon ça n'en valait pas la peine !
- T'es con Em, elle avait besoin d'un coup de main.
- Ouais, venant de toi ça ne m'étonne pas. Tu es surement le seul gars en abstinence sexuelle de tout Boston.
- La ferme, répondis-je faussement énervé.
Pour le coup il n'avait pas tord mais pas pour les bonnes raisons. Les relations n'étaient réellement pas mon fort. S'attacher et s'encombrer de quelqu'un de qui vous seriez dépendant et vice versa n'était pas mon truc. Emmett avait fini par penser que j'étais devenu gay ce qui m'avait fait franchement rire. Le problème étant que j'étais incapable de m'impliquer dans quelque relation que ce soit depuis les évènements de l'année passée. J'avais besoin de faire le point, de m'occuper de moi et ça me suffisait, pas besoin d'une fille pour venir bazarder tous mes efforts de cette année.
En ce qui concernait cette fille, je savais que l'intégration dans une grande ville, même si Boston n'était pas New-York ou L.A., n'était pas toujours évidente. Se faire des amis, trouver un boulot un appart et tout le toutim. Personnellement, j'avais toujours eu ma famille donc ne m'étais jamais réellement tracassé pour ces choses. Je fronçai les sourcils en essuyant machinalement un verre. Je ne connaissais même pas son nom… Je n'avais plus qu'à prier pour qu'elle vienne demain.
- Bon dieu bosse un peu au lieu de rêvasser comme une fillette !
- Tu parles, c'est pas moi qui me déhanchait comme une folle sur le comptoir avec les copines tout à l'heure !
Il me mit une tape derrière la tête en repassant derrière moi avec un pack de Heineken.
- Fais pas le malin et sonne la cloche tête de gland !
Je rigolai et levai la main vers la cloche qui sonnerait le début du dernier Happy Hour de la soirée. Notre bar était le seul à en faire jusque 22h, d'où notre réputation dans toute la ville de Boston. Le dong comme l'appelait Emmett résonna et je me remotivai afin d'affronter le troupeau d'alcooliques enragés qui se déchainaient vers le bar. La soirée était loin d'être terminée mais je gardai malgré moi le visage de la jolie inconnue dans un coin de ma tête et souris en pensant à demain…
Je bâtis péniblement des paupières, me frottant les yeux avec une main tout en abattant l'autre sur ce satané réveil. Quelle heure était-il ? Je jetai un coup d'œil à ma montre en m'extirpant brusquement de mon lit. 10h30 bordel ! Emmett allait me tuer, le fournisseur devait passer à 11h déposer les fux de bières. Jamais je n'aurai du accepter la proposition empoisonnée d'Emmett de vivre au dessus de ce bar. C'est tout bénéfice pour toi m'avait-il dit, bénéfice mes fesses ouais ! Pendant que je me tapais les fournisseurs et autres aux petites heures du matin, Monsieur faisait la grasse mat' avec sa chérie.
Je lançai le café tandis que je coupai une banane que je fourrai dans un bol avec des céréales et un peu de lait. Je saisis mon bol et mangeai tout en marchant, passant par le salon pour lancer mon pote Marvin Gaye et sa chanson Got to give it up, j'avais au moins besoin de ça pour me mettre de bonne humeur. Je continuai de manger tout en filant vers ma chambre, non sans pouvoir m'empêcher de bouger sur le rythme de Marvin. Je posai mon bol sur la table de chevet, me dirigeai vers mon armoire histoire de choisir mes vêtements. Et là, je restai comme un imbécile devant ma penderie ne sachant pas quoi mettre. Je devais voir mon inconnue aujourd'hui, cette idée me fit sourire. C'était idiot, ce n'était pas un rancard et j'étais là comme une adolescente à me demander ce que j'allais porter pour mettre mes yeux en valeur.
- Tsss je suis sûr d'avoir perdu ma virilité en dormant…
Blasé je saisis un de mes Levis, celui que je préférai, un t-shirt noir et repris la direction de la cuisine en terminant mon bol de céréales. J'avalai mon café rapidement et filai vers la douche, toujours avec Marvin que j'avais mis sur repeat.
J'étais maintenant frais et habillé, me lavant les dents en observant mon reflet dans le miroir. Je levai les yeux vers le haut de mon crâne et posai une main sur ce qui me servait de cheveux. Bon dieu ! J'avais l'air d'un vieux balai de chiotte comme disait Emmett ! Je me rinçai la bouche rapidement et fouillai dans l'armoire à la recherche du pot de gel. Il fallait que j'aille couper ça un peu… Je fis couler une noix de gel dans mes mains, les frictionnant avant de les passer dans mes cheveux pour leur donner ce coté décoiffé sophistiqué. Si Emmett était là, j'aurais eu droit à ses blagues pourries lui qui passait son temps à me dire que je pouvais au moins prendre la peine de mettre un peu de gel. Tu parles, monsieur a trois cheveux sur la tête c'est facile pour lui !
J'ai toujours été le plus fourni en cheveux de la famille et, chose étrange, le plus clair de cheveux aussi. Là ou Emmett avait les cheveux noirs jais moi je tirai plus vers le châtain clair sans être blond. Je devais tenir ça de ma mère sûrement… Je soupirai péniblement d'y avoir pensé et quittai la salle de bain. Je rangeai bol, cafetière et tasse dans l'évier, coupai la chaine hifi qui ne daigna pas s'éteindre. Cette saleté déconnait depuis plusieurs semaines déjà. Un bon coup sur la carcasse et le monstre s'arrêta alors que je descendis au bar. 11h pile, j'étais fort !
- Emmett ? cria une voix.
- C'est moi Tony.
Je déverrouillai la grille pour laisser entrer notre fournisseur, le même depuis qu'Emmett avait ouvert ce bar.
- Toi tu t'es encore fait avoir !
Je levai les yeux au ciel et il se mit à rire.
- T'es une bonne poire Edward, ton frère se sert vraiment de toi ! se moqua-t-il.
- Je sais, j'ai toujours été le plus gentil de la famille, lui répondis-je en souriant.
Il se mit à rire de plus belle, déposa les dix futs avant de me serrer la main et de partir. J'avais du boulot, 12h00 déjà, bouge tes fesses Edward, pensai-je en commençant à ranger la marchandise. Emmett avait plutôt intérêt à se pointer et à ne pas arriver quand le boulot serait fini comme à son d'habitude. Une trentaine de minutes plus tard pourtant, heureusement pour ses fesses, il était là.
- Ed ? me cria mon ours de frère de la salle.
- Quoi ? répondis-je de la réserve.
- Bordel où est l'enveloppe à pourboire ?
- Qu'est-ce que j'en sais moi t'étais le dernier à l'avoir en main hier soir !
- T'es sûr ?
- Certain oui ! assurai-je alors que je l'entendais vociférer.
C'était bien mon frère ça, aucun ordre, aucune organisation. Je me demandais parfois si son affaire aurait pu tourner sans moi ? J'étais celui qui prenait, la plupart du temps, contact avec les fournisseurs, celui qui organisait les évènements de l'année et qui réceptionnait la marchandise.
- Je devrais vraiment me faire payer plus…, grommelai-je en soulevant un fut.
- Heu, qui le demande ?
Je tendis l'oreille attentif pour entendre Emmett parlait à quelqu'un.
- Heu je, je m'appelle Bella. Il m'a dit de demander Edward…
Bella pensai-je en souriant bêtement. Quel joli prénom, surement un diminutif mais néanmoins très joli. Ça lui allait bien Bella, à son image d'ailleurs. Je secouai la tête, histoire de me retirer ses niaiseries de filles du crâne.
- Edward ! Visite pour toi, me héla mon frère.
- J'arrive ! criai-je en m'essuyant les mains pour me diriger vers la salle.
Dés que je la vis, je ne pus m'empêcher de sourire de nouveau. J'avais souris plus depuis hier soir qu'en tout un mois complet, tellement que ça en devenait ridicule.
- Salut, lançai-je juste d'un petit signe de main.
- Salut, répondit-elle en rougissant.
Bon sang ce qu'elle était jolie quand elle rougissait, encore plus belle qu'hier soir. Nous étions là comme deux idiots à ne rien dire avec Emmett qui nous regardait comme s'il suivait un match de tennis.
- Hum hum…, nous interrompit-il en se raclant la gorge. Mon frère n'a aucune éducation, je suis Emmett Cullen.
Il lui tendit la main qu'elle prit en souriant légèrement.
- Bella, souffla-t-elle juste intimidée.
Emmett hocha la tête avant de me regarder et il sembla hésiter un moment avant d'afficher cet air moqueur que je détestais tant en me pointant du doigt.
- T'as mis du gel ? s'exclama-t-il alors que je piquai un fard.
Bella me regarda aussi en fronçant les sourcils. J'allai le tuer !
- Ca te regarde ? lui répliquai-je tentant de masquer ma gêne.
Il pouffait encore de rire quand je passai derrière Bella.
- On y va ? lui demandai-je alors qu'elle hochait juste la tête, toujours sceptique.
- T'en as pour longtemps ? me demanda Emmett redevenu sérieux.
- Débrouille toi un peu tout seul mon grand, je serai là ce soir, lui dis-je en lui tapotant l'épaule si fort qu'il s'affaissa un peu.
- Ouais t'as plutôt intérêt ! dit-il comme s'il avait s'agit d'une pichenette.
- J'en tremble, lançai par-dessus mon épaule en entrainant Bella avec moi dehors. Fais pas attention à lui il est pas méchant.
- Il n'a pas l'air, je veux dire…méchant, répondit-elle timidement.
- Il est juste un peu bête mais ça fait parti du personnage, plaisantai-je.
Elle ne répondit pas et je la guidai dans la ville ne sachant pas trop quoi dire. J'avais les mains enfouies dans les poches de mon jean. Bella se trouvait à coté de moi, les mains agrippant fermement le sac à dos qu'elle ne semblait jamais quitter. Je l'observai du coin de l'œil alors que nous attendions à un passage piéton que le vert nous libère. Elle semblait perdue dans ses pensées à mille lieux de là. Je n'étais pas quelqu'un de difficile quand il s'agissait de faire la conversation. Au contraire, il m'était plutôt facile de me glisser dans la peau d'un gars sociable qui semblait toujours plaisanter et porter un intérêt à des conversations qui en fait n'en avait aucun.
En vérité, peu de chose à part ma famille m'importait. Tout ce qui ne les concernait pas me passait au dessus de la tête. Pourtant, avec cette fille j'avais beaucoup de mal à faire semblant, à lui parler. J'avais presque l'impression de me retrouver face à moi même, indifférent à tout ce que je dirai. Gouter sa propre médecine laisse un gout amer, je tacherai de m'en rappeler la prochaine fois que je me retrouverai dans une situation sociale qui impliquera d'autres personnes que la famille. Le feu passa au vert et nous traversâmes la rue. Je tentai quand même d'engager la conversation…
- Alors, es-tu étudiante ? demandai-je en prenant la rue parallèle au bar.
Il faut dire que Boston était une ville bourrée d'étudiants et je l'imaginais très bien faisant partie de cette masse. Elle sembla sortir de sa rêverie, me regarda et reposa son regard sur ses pieds.
- Non, plus maintenant.
- Ah ? dis-je ma curiosité prenant le dessus sur mon éternelle indifférence.
Elle releva les yeux, regardant un point imaginaire au loin et soupira. Est-ce que mes questions la dérangeaient ? J'allai m'excuser pour ma curiosité quand elle répondit.
- J'ai commencé un bachelor en littérature après le lycée à l'université de New York. J'ai fait deux ans…
Je souris, une intellectuelle donc. Réservée, jolie et intelligente, intéressant…Mais de quoi tu parles, ca va pas non ? Je me repris, faisait taire ma voix intérieure.
- La grosse pomme hein ?
Elle me regarda en fronçant les sourcils.
- Oui, pourquoi ?
- Bella, serais-tu une adepte des Yankees par hasard ?
Je pris un air mystérieux, elle rigola.
- Ah ! Le baseball…, dit-elle avant de lever un sourcil. Ce serait grave si c'était le cas ?
Je pris un air outré qui lui arracha un autre sourire. Je me sentis tout de suite plus à l'aise.
- Abominable ! N'oublie pas où tu es…, lui chuchotai-je en me penchant pour la mettre dans la confidence. Nous sommes dans le royaume des Red Sox ici. Avec moi, ce n'est pas trop grave, je suis quelqu'un d'ouvert en ce qui concerne le sport. Mais si ca avait été Emmett, tu serais déjà bannie du quartier et peut-être même de la ville à l'heure qu'il est. On ne manque pas de respect aux Red Sox, s'il y a bien une chose que tu dois retenir à Boston c'est celle-ci !
Elle se mit à rire et moi à sourire comme un crétin. Je plaisantais bien sur. Quoique pour Emmett, ce n'était pas loin de la vérité. Mon frère était en adoration devant l'équipe de Boston et réagissait comme un félin devant une douche froide rien qu'à l'évocation des ennemis jurés de son équipe : les Yankees de New York.
- Je tacherai de m'en souvenir merci, me dit-elle dans un sourire timide.
Nous arrivions devant un vieux garage où une enseigne un peu bancale annonçait Black and Son. Il était fermé les dimanches mais je savais pouvoir trouver au moins deux membres de la famille Black à l'intérieur.
- Nous y sommes, lui dis-je.
Elle jeta un œil au vieux bâtiment et je crus percevoir une grimace perplexe déformer son visage.
- Un garage ? demanda-t-elle simplement, d'un air sceptique.
Nous avancions vers une entrée sur le côté.
- Oui. Je connais l'un des fils de Billy Black, le propriétaire. Ce sont des gens très gentils tu verras…, m'empressai-je de la rassurer devant son air paniqué.
- Oh…heu…oui j'imagine. Mais…
Elle hésita en me regardant et je vis ses joues s'empourpre.
- C'est que…je ne suis pas très douée de mes mains. Un garage demande beaucoup d'adresse si je ne m'abuse…Et je peux être…Disons que danger public est un euphémisme me concernant alors, avec une clé à molette je n'imagine même pas…, débita-t-elle très vite en relevant doucement les yeux vers moi honteuse.
Je rigolai franchement. J'avais déjà remarqué qu'elle semblait mal à l'aise dans son corps, comme s'il ne lui convenait pas. Mais le fait qu'elle rougisse autant en l'avouant m'attendrit quelque peu… Je lui fis mon plus grand sourire cependant.
- Ne t'en fais pas, on évitera de te mettre dans des situations périlleuses, aussi bien pour toi que pour ton entourage. Billy est un peu de la vieille école, il lui a fallu deux ans pour accepter de prendre Leah dans son équipe de mécano alors qu'elle a toutes les compétences ! De plus, il connait tout le monde dans le quartier. Il aura peut-être entendu parler d'une offre…
Elle sembla soulagée et passai devant moi quand je lui ouvris la porte qui donnait sur le garage, déclenchant une petite sonnette.
- Y'a quelqu'un ? criai-je une fois à l'intérieur, Bella sur mes pas.
Le radio poste posé sur une vieille boite à outils dans un coin diffusait une chanson du début des années 1980, Like A Virginde Madonna.
- Like a virgin, wou touched for the very firts time, entendîmes nous chanter une voix nasillarde mais néanmoins masculine.
Je contournai une vielle Mustang, à pas feutrés, pour voir apparaître les jambes de Jacob Black allongé sous le capot, chantonnant toujours.
- Hey Madonna, tu vas rester là-dessous longtemps? demandai-je à Jacob en m'appuyant, bras croisés, sur le capot au dessus de lui.
Il y eut un bruit sourd, suivit d'un juron alors que je pouffai de rire.
- Edward ? répondit-il toujours caché. Merde ! Tu viens pour récupérer le fric ?
Je haussai les sourcils. Jacob me devait 50 dollars depuis son échec cuisant au Poker la semaine précédente.
- Nan Jake, pas cette fois. Si tu sortais ta sale tête d'en dessous tu verrais que j'ai de la compagnie… dis-je en regardant Bella qui s'était rapprochée.
- Hein ?
Il roula pour se libérer et me toisa d'en bas. Je fis un mouvement de la tête vers Bella et il la regarda.
- Oh ! dit-il en se relevant précipitamment.
Jacob était aussi grand que moi si ce n'est plus. Lorsqu'il se leva, je ressentis donc le besoin de me redresser aussi. C'était idiot, je le savais mais je ne supportais pas qu'il me dépasse devant Bella…
Macho !
Oh la ferme toi balançai-je à mon subconscient.
Jacob essuya ses mains huileuses sur son t-shirt. Je fus content qu'il soit tout crasseux et moi tout propre pour une fois ! D'habitude, j'étais celui qui bossait comme un fou derrière le bar, mouillé et transpirant, alors que lui dégustait des bières sous mon nez juste pour me foutre en boule ce qui marchait la plupart du temps…Je souris malgré moi mais mon sourire disparut très vite quand je remarquai le regard qu'il lançait à Bella.
- Salut, dit-il à celle-ci en lui tendant la main. Je suis Jacob.
- Salut Jacob. Moi c'est Bella.
Elle souriait, les joues légèrement rosies en lui serrant la main. Tout à coup, je remarquai qu'il portait un chandail et non pas un t-shirt, laissant apparaitre ses bras musclés et le moins qu'on puisse dire c'est que Jake était vachement bien carruré, un genre à la Emmett.
Merde !Je me mis entre eux.
- Désolé de te déranger Jake. Est-ce que ton père est là ?
- Heu oui oui, répondit-il toujours tourné vers Bella. Il est derrière avec Leah je crois. Tu veux lui parler ?
- Oui, je voudrais bien. Tu pourrais aller le chercher s'il te plait ? Éloigne-toi vite Jacob Black pensai-je.J'ai quelque chose à lui…
Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'il me coupa en hurlant comme une crécelle.
- Papa ! Y'a Edward pour toi !
Re Merde.
Je roulai des yeux vers Bella qui souriait. Je ne me l'expliquais pas, mais j'étais particulièrement irrité de la façon dont Jacob regardait Bella. Je le connaissais assez pour savoir que quand il avait cette tête là, c'était pour emballer les filles. Je l'avais vu à l'œuvre assez souvent au bar pour m'en rendre compte. D'ailleurs, Emmett et moi avions un jeu qui consistait à annoter sur une ardoise chaque veste que Jacob Black se prenait. Cela nous avait amusé un temps jusqu'à ce qu'il se décide à ne plus parler aux filles et à nous regarder dans le blanc des yeux tous les soirs, assis en face de nous au bar avec un sourire d'allumé. Pendant que je méditai, Jacob discutait avec Bella. Elle lui expliqua qu'elle cherchait un boulot dans le coin et que je m'étais proposé de l'aider.
- Edward, saint bernard ! C'est nouveau ça, se moqua t-il en me toisant. On ne refuse rien aux jolies filles hein ?
Je le fusillai du regard et Bella rougit plus que d'ordinaire alors que Jacob ricanait comme une vieille pie.
- Il faut bien quelques gentlemen pour corriger les rustres comme toi Jake, répondis-je un sourire au coin des lèvres, fier de ma répartie.
- Qui est un rustre ? demanda Billy Black en entrant dans la pièce sur sa chaise roulante, poussé par Leah Clearwater.
Je me tournai vers lui en rigolant devant la mine déconfite de son fils. Les Black avaient emménagé à Boston depuis plusieurs années déjà. Ils étaient originaires de l'état de Washington, où ils avaient vécu pendant longtemps avec leurs semblables, les Quileutes. Leah était également des leurs mais les avait rejoints bien plus tard, au cours de l'année précédente.
- Bonjour Billy, le saluai-je en lui serrant la main. Salut Leah
Elle me fit un bref salut de la main avant de se pencher sous le capot de la Mustang.
- Edward, que me vaut l'honneur de ta présence ? dit le vieil indien en regardant Bella.
Je m'approchai de celle-ci.
- Billy, je vous présente Bella. Bella, voici l'homme dont je t'ai parlé, Billy Black.
Elle s'avança et lui tendit une main timide qu'il serra.
- Isabella Swan, Monsieur Black. Je suis contente de vous connaitre.
Je la regardai émerveillé par la chaleur qui se dégageait d'elle. Isabella Swan…, pensai-je. Jacob semblait sur le même nuage que moi, ce qui me fit vite reprendre pied.
- Et bien Isabella, comment puis-je vous être utile ?
- Juste Bella serait très bien, répondit-elle timidement.
Elle n'aimait donc pas son prénom. Je le trouvais pourtant très joli.
- Très bien "juste Bella" que puis-je faire pour vous ?
Bella lui expliqua qu'elle cherchait un boulot à temps plein dans les environs. Billy répondit qu'il n'avait rien sous la main pour elle. Elle parut déçue et j'eus envie de la rassurer mais très vite Billy lui dit que sa nièce, Emily, ainsi que son mari, cherchaient quelqu'un pour faire le service de midi et de l'après midi dans leur petit restaurant au coin de la rue. L'étincelle que je vis naitre dans les yeux de Bella me fit sourire. Elle semblait pleine d'espoir et je priai intérieurement pour qu'Emily et Sam acceptent de l'engager. Faussement peut-être pour avoir encore le plaisir de la voir…Après avoir remercié Billy, Jacob nous raccompagna dehors. Il ne me raccompagnait jamais quand j'étais seul. Etrange…
- A bientôt Bella, dit-il. On se reverra très vite si ma cousine t'engage
Il souriait bêtement et cette idée me déplut, encore une fois.
- A bientôt Jacob, répondit-elle poliment.
- Jake ? il me regarda. Ce soir, si tu me bats au billard, je te laisse les 50 dollars ! Si c'est moi qui gagne, tu me devras le double.
Il rigola en nous tournant le dos pour rentrer.
- Dans tes rêves mon pote !
Quand il fut rentré, un silence s'installa entre Bella et moi.
- Ils sont gentils…, finit-elle par dire en mettant les mains dans les poches de son blouson.
- Oui très, répondis-je en la regardant.
Elle leva les yeux vers moi et nous nous fixâmes un moment sans rien dire. Je sentis mon estomac s'alourdir un peu sous son regard chocolat et déglutis. C'était peut-être la faim ?
- Hum…Tu veux peut-être que je t'emmène voir Emily et Sam non ? lui demandai-je en regardant ailleurs.
- Je ne voudrais pas abuser de ton temps plus longtemps, dit-elle d'une petite voix.
Je souris devant sa prévenance mais ne voulais pas qu'elle s'embarrasse ainsi.
- Ca ne me dérange pas Bella. Je n'avais rien à faire de spécial aujourd'hui à part faire le sale boulot de mon frère tu sais. On pourrait dire que tu me rends service.
Elle sembla se détendre un peu et rit.
- Si l'un d'entre nous rend service à l'autre ce n'est certainement pas moi !
Nous commençâmes à marcher sur le trottoir en direction du restaurant d'Emily.
- Tu as faim ? lui demandai-je.
Elle leva un sourcil dans ma direction et me toisa un instant. Je répondis à son regard en souriant.
- Ce n'est toujours pas un rendez-vous je te rassure. Mais tant qu'on y sera, autant manger tu ne crois pas ?
Elle étudia la question un instant et hocha la tête.
- Mmmm…pourquoi pas ?
Je souris, satisfait et nous marchâmes en silence jusqu'au restaurant. Oui, je priai intérieurement pour qu'Emily garde Bella…
Bon, nous espérons réellement avoir un petit retour sur cette histoire. Elle nous demande énormément de temps, de recherche et d'investissement personel (voir le blog). Alors, si vous souhaitez réellement en savoir d'avantage, vous n'avez qu'à nous donner un petit avis (même un minuscule, une toute petite phrase, un tout petit mot, un...lol vous avez compris) . Si personne ne répond et bien c'est que nous n'avons pas réussi à vous captiver dans quel cas nous n'irions pas plus loin et serions désolées que vous ayez perdu votre temps à lire ça lol!
Alors doit-on continuer ou pas?