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Author of 129 Stories |
Je suis à Angoulême ! \o/ Je suis dans mon deux pièces de 45 mètres carrés, seule au monde ! (Enfin non, avec ma grand-mère, mais bon)
Je vous écris depuis mon bureau en porte posée sur deux tréteaux, dans mon salon ! N’est ce pas extraordinaire ? N’est-ce pas Supercalifragiliexpiadocious ? Non ? Bon.
Au fait, merci personnel à Kôto pour sa gentille review (à laquelle je n’ai pas pu répondre directement). Ca me fait très plaisir de voir que je peux étendre le Yuki/Sena et convaincre des gens dubitatifs sur le départ. D’ailleurs, je te félicite pour avoir eu le courage de te lancer dans la lecture d’une fic qui ne te plaisait pas particulièrement au début. Merci beaucoup ^^
Je tiens aussi à rappeler que nous sommes dans ce merveilleux espace-temps qu’est la fanfic sans repère temporel exact, et je vous prierais de passer outre. Et aussi de ne pas me spoiler sur la fin du manga (que je n’ai toujours pas lu et que je suis pas prête de lire.)
En route pour le 5ème chapitre !
First, partie 5 :
Ce n’est pas si horrible que ça…
(First fellatio)
Lorsque Sena rouvrit les yeux, l’horrible sensation d’être enveloppé dans un suaire de graisse le frappa de plein fouet. Euuuurk. Qu’est-ce qui…
Ah oui. Il s’était endormi tout habillé, sans avoir prit de douche et à présent, il le regrettait amèrement.
Il se leva sur les mains avec une grimace et jeta un coup d’œil à son réveil. Dieu merci, il n’était pas en retard. Mais déjà, pourquoi diable s’était-il endormir hier soir comme ça… ?
Les souvenirs de la veille lui revinrent aussi violement qu’un boomerang mal maîtrisé. Il glapit.
Oooh oui, maintenant il se souvenait très bien. Le baiser, la déclaration, et ce petit sourire presque triste de Yukimitsu avant qu’il ne disparaisse au coin de la rue. Oh mon Dieu.
Le brun retomba assis sur son séant et son regard fit le tour de sa chambre, hagard.
Yukimitsu l’aimait.
Yukimitsu était amoureux de lui.
Sena se dressa en un bond sur ses pieds et commença à faire les cents pas.
Non pas que cette déclaration lui déplût. Au contraire, elle le flattait énormément et le pincement qu’il ressentait de temps en temps au creux de sa poitrine était plus puissant que jamais.
Mais soudainement, les choses étaient devenues plus importantes, plus profondes, qu’elles ne l’avaient été jusqu’ici.
Être avec Yukimitsu était agréable. Plus qu’agréable, même. Il était intelligent, attentionné, gentil, et même parfois drôle (assez souvent à ses dépens, d’ailleurs).
Mais… De l’amour… ?
Le grand brun avait été très clair sur ce point. Et Sena… Sena… Sena ne savait plus quoi penser.
Il s’assit à son bureau, et fit une nouvelle grimace à la sensation collante que lui offrit sa peau. D’abords la douche. Ensuite les questions.
Sous le jet brûlant de l’eau, Sena se tenait debout et immobile, fixant d’un air distrait le carrelage devant lui.
La seule grande et unique question qui se posait, et dont Yukimitsu attendait sûrement une réponse, c’était : « Comment devait-il réagir ? »
Lui qui n’était même pas sûr du nom qu’il devait donner à ce qu’il ressentait pour le numéro 16. Enfin si, il était sûr d’une chose : Il n’avait pas, amour ou non, envie de se séparer de son compagnon.
Et puis, de toute façon, même s’il n’en était pas amoureux, était-ce une raison pour… Hum, « rompre » ?
Sena poussa un hurlement en sentant l’eau devenir glacée. Il bondit hors de la douche et entendit sa mère dire depuis le bas de l’escalier :
« Désolée mon chéri, j’ai tiré de l’eau chaude dans la cuisine !
Tout en grommelant, Sena coupa l’eau de la douche et se sécha. En s’habillant dans sa chambre, il parvint à une décision. Il noua sa cravate avec un air résolu et prit son sac sur l’épaule.
-J’y vais, m’man !
-Mais tu n’as pas petit-déjeun…
La porte s’était déjà refermée sur son fils.
En arrivant au lycée, il fit une courbe et trotta jusqu’à la porte du club. Au moment où il allait l’ouvrir, elle s’ouvrit d’elle-même pour révéler…
Hiruma, dans toute sa splendeur démoniaque, son sourire dix fois trop large plaqué sur son visage.
-HIIII ! Hiruma-san, tu m’as fait peur ! S’exclama le brun en faisant un bond en arrière. Le blond baissa les yeux sur lui et un ricanement retroussa ses lèvres. Il se pencha sur le running back, tout en jetant son fusil sur son épaule droite :
-Le fucking chauve t’attends, je crois, se moqua-t-il avec son air le plus machiavélique sur le visage. Sena devint cramoisi.
-Que-queuuueueee-que-queeeQUOI ? Mais, je… Je vois pas de quoi…
-C’est ça, ricana Hiruma. Il dépassa Sena en appelant Cerberus à ses pieds, et se dirigea vers le terrain.
Le brun, sujet à une crise cardiaque, entra d’une démarche crispée dans le club.
-Sena ! Tu es tout pâle, ça va ? S’écria Mamori en se précipitant vers lui. Il sourit faiblement.
-Tout va bien, Mamori. Je vais aller me changer.
Il se glissa hors de la poigne de la manager, et dans les vestiaires.
Ses yeux trouvèrent immédiatement Yukimitsu, qui était en train de nouer les lacets de ses chaussures. Il alla près de lui, faisant mine de retirer sac, veste, cravate et chemise.
Yukimitsu leva les yeux et lorsqu’ils croisèrent ceux de Sena, le plus grand se mit à rougir incontrôlablement, avant de rabaisser le nez.
Ouh. S’il s’était conduit comme ça auparavant, pas d’étonnement que Hiruma avait grillé quelque chose, avec son QI surhumain… De toute façon, il n’était pas humain. Alors pourquoi se prendre la tête ?
Sena s’assit à côté de Yukimitsu pour attacher ses protections. L’élève de première ne releva pas la tête et resta concentré sur ses lacets (passionnant, les lacets). Sena se racla doucement la gorge, avant de se pencher au niveau de Yukimitsu, prenant pour prétexte l’attache récalcitrante de ses genouillères.
-Je… Je pourrais venir te parler au déjeuner ? Murmura-t-il à l’attention du plus grand. Il regarda sur le côté, et vit que ce dernier faisait de même et ses yeux noirs le fixait avec une sorte de soulagement.
-Bien sûr. Je t’attends dans ma classe ?
-Oui.
Sena se redressa, et le soudain rush de sang qui quittait sa tête lui donna le tournis. Yukimitsu, qui s’était redressé à son tour, lui fit un gentil sourire, avant de se lever et de quitter la pièce pour aller sur le terrain.
Sena réalisa que Juumonji le regardait tout en laçant ses protections de poitrine. Il avait une sorte de sourire en coin. Sena ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit. Euh. Ne me dites pas que Juumonji avait grillé quelque chose aussi. Et puis qui après ? Musashi ? Suzuna ? Ma…Ouh. Mamori ?
Sena sentit une vague de sueur froide lui couler le dos du dos en imaginant son amie d’enfance devenir toute pâle, puis toute rouge à l’annonce de la relation homosexuelle de son protégé.
Homosexuelle.
Sena faillit s’étrangler en tentant de ne pas pouffer. Ce mot, qu’il avait regardé jusqu’à aujourd’hui avec un œil quelque perplexe, style : « Oui, d’accords, mais moi ça ne me concerne pas, je ne suis pas… Comme ça. »
Ce mot prenait soudainement un autre sens. Fallait pas se voiler la face. Il était un garçon, et Yukimitsu aussi. Alors, leur relation était une relation homosexuelle. Voilà.
« JE PEUX SAVOIR CE QUE TU FAIS, BORDEL DE MERDE, FUCKING NABOT ?
-HIIIIIII !
Sena se retourna pour voir Hiruma planté sur le seuil du vestiaire, ses yeux lançant des éclairs de fureur. Puis il réalisa qu’il était seul dans le vestiaire. Penser en même temps que se préparer, ça n’était pas fait pour lui.
-PARDON HIRUMA-SAAAAN ! Hurla Sena en partant en courant hors du club, en direction du terrain, poursuivit par cerberus et les balles de la mitraillette.
Tandis que la manager tentait désespérément et inutilement de raisonner Hiruma, Sena arriva au pas de course sur le terrain, où il retrouva Monta.
-Salut Monta !
-Yo, Sena.
Oh. Ce sourire immense que lui adressait le singe ne lui plaisait pas du tout. Mais alors pas du tout. Le genre de sourire qui hurle : « Ah-ha-ha-je-sais-un-truc-sur-toi-super-marrant-et-toi-tu-sais-pas-que-je-le-sais. »
Sena voulut se mordre la lèvre. Combien pouvait-il parier que Juumonji avait fait part de ses doutes à ses deux vaillants amis Togano et Kuroki, et que Monta s’était trouvé dans les parages. Oh là là. Si les intelligents de l’équipe commencent à partager les informations avec les idiots, on allait jamais y arriver…
Le running back jeta un coup d’œil à son ami et amant. Yukimitsu le regardait également de son côté et lui fit un sourire accompagné d’un haussement d’épaules qui signifiait : « Je n’en sais pas plus que toi »
Monta ouvrit la bouche pour (assurément) s’enquérir d’informations plus précises sur ce truc-qu’il-savait-à-propos-de-Sena-mais-que-Sena-ne-savait-pas-qu’il-savait, lorsque qu’Hiruma appela ses joueurs pour commencer l’entraînement.
Sauvé par le Diable. Pour une fois.
La matinée parut affreusement longue à Sena. À part l’entraînement qui était, malgré les menaces régulières du capitaine, toujours une partie agréable de la journée. Mais les cours furent horriblement ennuyeux et lents et berk et prout et voilà. Sena avait juste hâte d’aller parler à Yukimitsu.
Lorsque (ENFIN ! AAAALLELUIA ! Il est né le divin enfant, tralala lala…) la cloche de la pause déjeuner résonna, Sena fut dans les premiers à sortir, limite dans les starting block.
Il monta quatre à quatre les escaliers qui menaient à l’étage du dessus et failli entrer en collision avec Musashi.
-Oh là. Va doucement, Sena, dit le kicker avec son sourire habituel apaisant et apaisé. Il baissa les yeux sur son jeune ami et ajouta :
-Yukimitsu est dans le couloir devant sa salle de classe.
Cette fois, Sena devint cramoisis. C’était officiel, toute l’équipe était au courant pour lui et le wide receiver. Oh, misère…
Il se mit à bafouiller et agiter des bras. C’était inutile de nier, mais il voulait plus ou moins garder la face. Musashi hocha la tête d’un air compatissant et tapota l’épaule du plus jeune, presque l’air condescendant. Sena rougit encore plus.
Le kicker le dépassa avec un petit salut et un nouveau sourire. Sena resta encore quelque seconde immobile au milieu du palier, s’attirant ainsi les regards des curieux, puis reprit son sprint en direction de la classe de Yukimitsu.
Effectivement, celui-ci attendait devant sa classe, accoudé à la fenêtre du couloir. Il regardait dehors, mais tenait dans ses mains un livre sur l’histoire médiévale du japon. Sena sentit son cœur gonfler et ses lèvres s’étirer en un sourire satisfait. Oh, et des papillons dans l’estomac. Sensation nouvelle, déclenchée par la vue de son ami
Il trottina jusqu’à lui et s’accouda à ses côtés, sans rien dire, se contentant de regarder le profil rêveur du brun.
Au bout d’un moment, le brun en question tourna les yeux et sursauta en voyant son ami à côté de lui.
-Sena-kun ! Tu m’as fait peur.
Sena eut un petit rire en agitant doucement la main.
-Désolé. Mais je voulais pas te déranger. T’avais l’air pensif…
Deux patchs roses apparurent sur les pommettes du plus, grand, ce qui ne laissa que peu de doute à Sena sur le sujet des pensées de son aîné. Il rosit à son tour.
-Tu… Tu voulais me parler… ? Murmura le brun en fermant son livre et en le mettant dans la poche de sa veste. Sena revint sur Terre.
-Mh ? Ah oui.
Son rosissement se transforma en rougissement et il jeta un coup d’œil dans le couloir. Personne en vue, à part les gens assis dans leurs classes en train de manger.
-Je…
Inspiration. 1, 2, 3…
-Pour hier soir.
Quelque chose passa dans les yeux de Yukimitsu, mais il n’interrompit pas son cadet.
-Pour être sincère, je ne sais pas du tout si je… Si je peux parler d’amour en ce qui me concerne, moi, même si ce que tu m’as… Dit… Me flatte beaucoup…
Nouvelle inspiration. 4, 5, 6…
-Mais je sais que je n’ai pas envie qu’on s’arrête.
Quelque chose passa de nouveau dans le regard du plus grand, et cette fois, on pouvait plus précisément l’identifier comme du soulagement.
Encore une inspiration, mais cette fois moins profonde. 7, 8, 9…
-Je ne veux pas dire que je suis amoureux de toi, parce que pour l’instant, ça serait pas vraiment la vérité, mais… Je suis bien avec toi, et… Ca serait trop bête de couper notre… relation maintenant, non ?
-Si, souffla Yukimitsu, les yeux brillants et les joues sombres.
10.
Sena attrapa la manche du plus grand (il avait été tenté de le prendre par la main, mais les portes des classes étaient ouvertes et déjà que l’équipe était au courant, pas la peine d’étaler l’information à tout le lycée) et le tira vers les escaliers, qu’il grimpa toujours en tirant le pauvre Yuki qui se demandait ce qui se passait.
Une fois sur le toit, Sena fit un tour de regard, trouva quelques lycéens qui mangeaient ici, mais il fit le tour de la tourelle et se trouva dans un angle mort, à l’ombre du bout de bâtiment. Là, Sena relâcha son ami et se tourna vers lui. Yukimitsu était un peu essoufflé, mais il n’eut même pas le temps de reprendre sa respiration.
Sena l’avait embrassé, presque violement, en tout cas très passionné, et avait jeté ses bras autour de son cou. Yukimitsu sembla d’abords s’étouffer dans la bouche de son jeune ami, puis très vite, il se rattrapa et lui rendit son baiser avec la même intensité que celui de la veille. Sena dû se retenir très fort de ne pas gémir. Même s’ils étaient à l’abri des regards, ils étaient exposés à tous les vents et les vents, ça porte bien le son, quoiqu’on en dise. Sauf évidemment si on est dans le sens contraire. Mais là tout de suite, savoir si Yukimitsu et Sena étaient dans le sens du vent ou non n’est pas particulièrement intéressant.
Ils se séparèrent encore plus essoufflés et se regardèrent un petit moment avant de sourire de concerts.
Ah oui, définitivement agréable.
Sena se prit à penser qu’il ne voulait pas quitter les bras de son ami. Et celui-ci semblait penser la même chose. Ce qui fit qu’ils mirent au moins cinq bonnes minutes avant de pouvoir s’extirper de leur embrassade.
En redescendant les escaliers, Sena jeta un coup d’œil à son ami par-dessus son épaule.
-J’ai bientôt un contrôle en anglais.
Yukimitsu se mordit la lèvre et ses doigts se contractèrent légèrement autour de la rampe d’escalier.
-Bien sûr. » Répondit-il.
***
Deux semaines plus tard.
« Sena ! Senaaaa !
Le running back des Devil Bats revint brusquement sur terre en entendant la voix de son ami Monta qui se faisait insistante.
-Huh… Désolé, Monta, je pensais à autre chose.
Le sourire du singe en disait long.
-Ouais, rétorqua-t-il sans se départir de son visage moqueur, je sais parfaitement à quoi tu pensais.
Sena se mit à rougir et détourna les yeux, faisait mine d’être vexé et de se draper dans sa dignité.
Installée sur le Field du lycée, l’équipe de Deimon savourait leur victoire à la finale du Christmas Bowl. Sena grommela dans sa barbe inexistante :
-Oh ça va. C’est juste que hier…
Il se tout et se mordit l’intérieur de la joue. Monta eut un gloussement particulièrement stupide commun à tous les adolescents masculins lorsqu’on vient à parler de sexe.
-Alors comment ça avance ? Demanda-t-il en donnant des coups de coude à son ami.
-Je crois que ça ne te regarde pas vraiment, renifla Sena en levant le menton. Monta haussa les épaules :
-Pas vraiment de ma faute si toute l’équipe avait compris ce qui se passait entre vous. Franchement. Vous n’étiez pas discret dans la façon que vous aviez de vous regardez.
-Oh, tu peux parler, c’est Juumonji-kun qui t’as mis sur la voie.
Ce fut au tour de Monta de renifler avec un faux mépris exagéré.
La veille au soir, Sena et Yukimitsu avaient partagé une très passionnelle séance de caresses et le running back en était sortit grisé et la tête aussi légère qui s’il avait respiré de l’hélium. Quelques instants plus tôt, son esprit était parti se perdre dans ces torriiiiiiiiiides souvenirs.
Au moment où il poussait gentiment Monta qui était en train de se moquer de lui, ses yeux croisèrent ceux de Yukimitsu qui lui adressa un gentil sourire. Il le lui rendit.
La nuit tombait, mais les garçons et les deux filles ne semblaient pas vouloir rentrer chez eux. Kurita avait acheté des gâteaux (plein de gâteaux. Beaucoup de gâteaux. Vraiment. Beaucoup. Genre, BEAUCOUP.) et ils faisant brûler des feux d’artifices contre la terre battue du terrain. Ce qui n’était pas sans leur rappeler une certaine soirée la veille d’un certain match contre une certaine équipe composée de membres de plus de deux mètres. Bien sûr, Hiruma tirait à tout va de ses fusils et divers revolvers, tandis que Mamori tentait (toujours aussi inutilement) de l’arrêter. Tout le monde était heureux et malgré le froid de ce mois de décembre, tout le monde était en simple tee-shirt ou léger pull. À force de s’agiter, évidemment…
La vie était belle, ils avaient gagnés le Christmas Bowl, et demain s’était dimanche. Sena sourit en contemplant sa bande d’amis.
Ses yeux retombèrent sur Yukimitsu et il eut un pincement au cœur en se rappelant que pour son amant, ainsi que pour Kurita, Musashi et Hiruma, c’était fini. Pas de football américain l’année prochaine.
Sena soupira. Il espérait vraiment qu’ils pourraient quand même être avec eux et plus ou moins participer aux activités du club. De toute façon, connaissant Hiruma, aucun doute qu’il obtiendrait de rester rôder autour de son ancienne équipe.
Sena croisa les chevilles et mit une main contre sa poitrine pour réfréner le pic de stress qui ressentit brusquement au souvenir de son entretien avec Hiruma plus tôt dans la journée.
« Fucking nabot.
-Ah… Hum… Oui, Hiruma-san ?
-L’année prochaine.
-O… Oui… ?
-Ça sera toi le capitaine.
-HEIN ?
-Pas la peine de me regarder avec ces yeux de merlans frits.
-Mais… Pourquoi… Je n’ai aucune… Enfin, je veux dire, je ne suis pas comme toi, Hiruma-san…
-Tch. Comme si tu n’avais pas prouvé pendant cette putain de finale que tu avais les qualités pour être chef d’équipe. Me les broute pas trop, fucking nabot, ma décision est prise. »
«SENAAAAA !
Cette fois, Monta avait hurlé directement dans son oreille. Le running back poussa un cri et se tourna vers son ami.
-Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
-Yuki te parle.
Sena se retourna brusquement pour se retrouver face à face avec son ami et petit copain (Glousse…). Il rosit légèrement et baissa les yeux. Yukimitsu avait une expression qui montrait clairement qu’il trouvait adorable la façon qu’avait Sena de se perdre dans ses pensées.
-Excuse-moi. Tu disais ?
-Je te demandais si tout allait bien. Tu avais l’air très absorbé.
-Pas étonnant, avec tout ce qui s’est passé hier soir… Commença Monta avant de se prendre un coup de coude de la part de Sena et un regard mortifié de la part de Yuki.
-Je pensais à la décision d’Hiruma.
-À propos de te nommer capitaine ?
-Oui.
-Ça t’angoisse ?
-Un peu, avoua Sena et détournant les yeux. Il sentit la main du brun se déposer légèrement sur son avant-bras.
-Je suis sûr qu’il a fait le meilleur choix. C’est celui que j’aurais fait aussi.
-Ben pas étonnant, vu la relation que… Cette fois, Monta s’étouffa sur sa banane à cause du coup de lui donna Sena dans le dos. Vraiment. Pourquoi son meilleur ami ne voulait-il pas le lâcher avec ça ?
-De toute façon, continua le numéro 16 en ignorant le commentaire du 80, c’est de Hiruma dont il s’agit. Il ne peut pas avoir fait un mauvais choix.
Sena se mit à pouffer, bientôt suivit de Monta (qui avait réussit à enfoncer le bout de banane coincé dans sa gorge).
-Monta ! Cria soudainement la voix de Suzuna, qui agitait les bras en direction des trois garçons assis un peu à l’écart, viens voir !
Monta se leva et s’éloigna en trottinant. Ce qui fait que les deux bruns restèrent seuls.
Sena laissa couler son regard le long du torse du Yukimitsu avant de remonter finalement sur son visage.
Après environ un mois passé avec le plus grand, il connaissait à présent quasiment par cœur son corps, du moins depuis la tête jusqu’à à peu près les hanches. Sur le torse, il connaissait les points les plus sensibles et à chaque fois qu’ils se retrouvaient pour partager un moment intime, il ne se privait pas d’utiliser ces connaissances. Et il supputait qu’il allait de même du côté de son ami.
Mais ce soir. Oh, ce soir.
Il voulait plus.
Son visage s’enflamma à cette pensée.
Ouh là. Attendez, ne vous méprenez pas. Sena ne se sentait pas encore prêt à faire le grand saut, même s’il avait une confiance absolue et aveugle en son ami. Mais ses sentiments n’avaient cessé de gonfler dans sa poitrine et l’envie de partager de nouvelles choses sur le plan sexuel commençait à se faire sentir.
Et ce soir, ils avaient justement prévu de se voir. Et de passer la nuit ensemble.
L’entreprise avait été délicate. Les parents de Sena étaient en voyage en province pour les funérailles d’un vieil ami que Sena n’avait pas connu et lorsqu’il en avait parlé à Yukimitsu, celui-ci avait répondu qu’il allait être difficile de découcher sans une réelle bonne raison pour sa mère.
Mais, parfois, des miracles arrivent, et la mère en question avait annoncé qu’elle devait laisser son fils seul pour au moins deux jours, travail oblige. Son bon garçon avait donc toute la liberté de se glisser hors de chez lui pour la nuit ou d’accueillir son ami.
Ce qu’ils avaient décidé de faire. Sena ne pouvait s’empêcher de se sentir excité à l’idée d’aller dans la chambre de son ami.
Sena se tortilla sur son séant.
-Pour tout à l’heure… Je te rejoins à la grille ?
Ce fut au tour du visage du plus grand de s’enflammer. Lui non plus n’était pas tout à fait innocent rapport à ce qu’il allait se passer cette nuit-là. Il sembla se mordre les lèvres pour ne pas sourire de façon trop large. Ou de pouffer. (Non. Yuki ne pouffe pas. C’est juste… Trop bizarre)
-Oui. Tu me rejoins à la grille, répéta-t-il un ton plus bas. Sena frissonna.
Pendant les semaines qui avaient suivi la déclaration de Yukimitsu, ce dernier s’était de plus en plus laissé aller lorsqu’ils se retrouvaient seuls, laissant à chaque fois Sena transformé en une petite flaque de chair humaine, baignant dans un après-orgasme des plus lumineux.
Surtout la fois où, pour changer de leurs caresses à la main, Yukimitsu avait gentiment allongé Sena sur le dos et s’était coulé contre lui, frottant leurs érections l’une contre l’autre. L’idée que le mouvement de leur corps ressemblait fortement à un acte sexuel complet ajoutait du piment au plaisir de Sena. Et il fut reconnaissant à ses parents de l’avoir laissé seul chez lui à ce moment. Sinon, il aurait été certain que son cri d’extase les aurait alarmé, si ce n’est les avoir mit au courant.
D’un certain côté, ça vexait Sena de rester en arrière. Lui aussi était capable d’avoir des idées pour « s’amuser », et il allait le prouver !
Ce soir !
Ouais !
…
Sena se sentit rougir. Il savait exactement ce qu’il planifiait de faire, mais malgré sa résolution, il n’était pas très sûr de lui.
Huh.
Il aviserait le moment venu.
Quelques bruits de pétard les firent tourner la tête juste à temps pour voir Monta se faire poursuivre par une fusée en furie, sous le regard goguenard des frères hah-ha.
Ce n’est que deux heures plus tard que la fête prit fin, et il était déjà plus de neuf et demi. Tout le petit groupe s’affaira à ranger et se diriger vers les grilles.
Et comme prévu, Yukimitsu et Sena se retrouvèrent là-bas.
Dans la mesure où l’équipe entière, du moins dans sa partie masculine (ça sent ces choses-là, ces petites bêtes-là. Plus que les filles, quoiqu’on en dise) était (plus ou moins) au courant de la relation qu’entretenait les deux bruns, ils évitaient généralement de rentrer ensemble ouvertement. C’était gênant, même s’il n’y avait plus rien à cacher.
Donc cette fois-ci, ce fut au milieu du group composé de Suzuna, Mamori, Taki, Komusubi et Monta qu’ils entamèrent le chemin du retour.
Puis le groupe se disloqua peu à peu jusqu’à ce que Monta les quitte en levant les pouces vers le ciel en criant « AUDACE MAX, CE SOIR ! » avec un clin d’œil significatif, ce qui lui valut d’être coursé par Sena sur trente bon mètres.
Puis enfin, enfin, ils furent seuls tout les deux.
Un petit silence quelque peu gêné s’installa d’abords entre eux, avant que Sena ne lâche d’une main l’anse de son sac et n’aille glisser ses doigts dans la paume que Yukimitsu.
Si celui-ci fut surpris, il le garda pour lui, mais il baissa les yeux sur Sena avec un sourire charmé. Ses doigts se resserrèrent autour de ceux du running back avant de les entrelacer ensemble. Il n’y avait personne dans la rue. Il faisait nuit noire. Il faisait froid et les joues de Sena piquaient. Mais la main de Yukimitsu était chaude, et c’était agréable.
Le « grand palace Deimon » était typiquement le genre de résidence d’entreprise plutôt aisée, avec des murs en briques et des portes en verre dépoli. Sena levait le nez vers le toit, qu’il apercevait à peine dans la pénombre, tandis que Yukimitsu composait le code (et était obligé de s’y reprendre à plusieurs fois, à cause du tremblement de sa main).
Le clavier digital abandonna finalement la lutte et la porte s’ouvrit. Sena rabaissa le nez et regarda Yukimitsu la pousser et l’inviter à entrer dans le hall.
Un nœud se forma dans son ventre lorsqu’il frotta ses semelles contre le paillasson et rejoignait Yukimitsu devant l’ascenseur. Le trajet s’était déroulé dans le silence, et ce silence s’éternisait ici. Quoiqu’à présent, il était moins maladroit, et plus confiant. Les deux garçons ne disaient rien parce qu’il n’avait besoin de rien dire. Juste être debout côte à côte était suffisamment de paroles pour tout deux.
Une fois à l’étage de l’appartement du plus grand, Yukimitsu sortit ses clés avec une sorte d’inspiration d’air angoissée, comme s’il craignait que sa mère soit encore là, pour une raison quelconque.
Mais la porte s’ouvrit sur la pénombre et le silence, et les deux garçon laissèrent échapper en même temps un soupir de soulagement.
Sena entra à la suite de son ami, enleva ses chaussures et accrocha son manteau avec celui de son aîné.
Yukimitsu lui regarda par-dessus son épaule avant de s’engager dans un couloir, sans pour autant allumer la lumière. Sena le suivit, les mains moites et la gorge en feu. Devant lui, il vit la silhouette à peine découpée par la lumière des réverbères dehors de Yuki passer à travers un rideau de perle en bois, qu’il tint écarté à son ami. (1)
Sena se glissa alors dans la chambre de Yukimitsu, et la première chose qu’il vit fut le bureau face à la fenêtre, croulant sous les livres et les papiers. Cela le fit sourire. Il n’était même pas surpris.
Yukimitsu n’allumait toujours pas de lumière, et Sena le sentait se dandiner légèrement sur ses pieds. Il était mal à l’aise, il pouvait l’affirmer.
Lui non plus n’était pas particulièrement tranquille. Il se retourna vers son ami et lui fit un sourire qu’il ignorait s’il allait être vu par l’autre garçon.
Apparemment ce fut quand même le cas, parce que l’autre garçon en question lui rendit son sourire, et Sena pouvait le voir dans le carré de lumière jaune que projetait le poteau électrique sur le visage de son amant.
-Yuki-san, murmura-t-il.
Il avait les joues brûlantes et une diffuse sensation de chaleur s’était propagée dans tout son corps, transformant ses jambes en cotons et ses bras en caoutchouc.
Il savait parfaitement ce que ça signifiait.
Il avait envie de Yukimitsu.
-Tu veux quelque chose à boire, Sena-kun ? Répondit la voix de son homologue, plus douce et plus basse que d’habitude.
Sena secoua la tête avant de répondre sur le même ton :
-Non. Pas vraiment, non.
Il y eu un silence, et Yukimitsu fit un pas en avant, et son visage apparut entièrement dans le carré jaune de la fenêtre. Il avait les yeux légèrement écarquillés et brillants, ainsi que les joues embrunies. Sena se mordit la lèvre et leva instinctivement le bras, tendant la main vers son compagnon. Celui-ci fit encore un pas et la prit, enlaça ses doigts avec ceux du plus petit, avant de se servir de cette empoigne pour faire levier et le tirer gentiment à lui, tout en continuant d’avancer.
Sena pencha la tête en arrière, se préparant pour un baiser. Il sentit la main libre que Yukimitsu (l’autre était toujours emmêlée avec la sienne) se glisser sous sa veste, à plat dans son dos et appuyer légèrement. Il comprit le message et se serra contre le brun tout en fermant les yeux et en reculant un peu plus le visage en arrière.
Il ne put s’empêcher de pousser un bruit de contentement depuis l’arrière de sa gorge lorsque les lèvres de Yukimitsu trouvèrent les siennes.
Le baiser fut long, lent, presque paresseux. Et Sena pensa juste : « Oh oui. » parce qu’il n’y avait pas d’autre mot pour décrire la sensation qu’il avait lorsqu’il était avec Yukimitsu. Il était définitivement en train de prendre le chemin de la jeune lycéenne follement amoureuse.
Sans même s’en rendre compte, ils avaient glissé à terre, sur le tapis, et Yukimitsu avait lâché la main de Sena pour la glisser dans ses cheveux, approfondissant ainsi le baiser. Sena poussa un petit gémissement, imité immédiatement par Yuki.
Ses deux mains libres, Sena enroula ses bras autour du cou de son ami et serra fort, pressant son torse contre le sien. Yukimitsu poussa un petit soupir qui chatouilla la joue de Sena.
Et soudain, Yukimitsu était sur le dos, les mains sur les hanches du petit brun et celle du running back de part et d’autre de sa tête, et leurs vestes étaient perdues quelques part dans la pénombre de la chambre et ils étaient haletant, tremblant, brûlant de découvrir chaque parcelle du corps de l’autre, chaque centimètre et d’en caresser chaque recoin, chaque courbes, chaque creux, plus, encore plus, toujours plus.
-Je t’aime… Murmura Yukimitsu contre le cou de Sena. Celui-ci eut un sourire sans pour autant répondre, comme les trois autres fois où son amant avait prononcé ces mots.
Il ne savait pas quoi dire. Il était certes certains que ses sentiments étaient plus fort aujourd’hui qu’au début de leur relation, mais il n’était toujours pas prêt à les prononcer lui-même. Pas encore.
En revanche, il se sentait prêt à faire autre chose que de simples caresses, ce soir.
Yukimitsu poussa un couinement peu viril lorsqu’il sentit la main de Sena se presser sur son entrejambe, déjà à moitié en érection. Il décolla son visage de la peau du plus jeune et réussit à fixer son regard sur lui, la bouche entrouverte de surprise. Il trouvait Sena bien hardis, ce soir.
Le running back se contenta de lui répondre avec un sourire, et de plonger le nez dans les clavicules du receiver, y déposant une multitude de baisers papillons et de coups de langue, frottant lentement sa main contre le tissus de la braguette de l’autre garçon.
Celui-ci gémit de nouveau et son dos s’arqua légèrement, poussant en rythme son bassin dans la main de Sena.
Les mains tremblantes, il déboutonna la chemise du plus jeune et la poussa sur ses épaules, avant que Sena lève le bras gauche pour retirer la première manche et découvrir son dos. Sa main droite ne voulait pas cesser les caresses qu’elle prodiguait, et de toute façon, Yukimitsu n’en avait pas vraiment envie non plus.
Il abaissa les mains et déboucla la ceinture du plus jeune, passant immédiatement sa main entre son caleçon et son pantalon et imitant les mouvements de Sena.
Ce dernier poussa un gémissement à son tour et embrassa l’élève de première allongé sous lui. Celui-ci tenta de parler en même temps, mais Sena réussit à glisser sa langue au moment où Yukimitsu ouvrait les lèvres
-Sena-kun, gémit-il contre la bouche de son partenaire, Sena-kun, attend, attend…
Sena se redressa, alarmé. Yukimitsu avait eut le même ton que la première fois qu’il avait eu une érection à cause de Sena, avec une note d’urgence enfouie sous les trémolos provoqué par l’excitation.
-Oui, Yuki-san ?
Yuki-san sourit, et comme les yeux de Sena s’habituait de mieux en mieux à la pénombre, il put le voir presque distinctement.
Yukimitsu le força à se redresser légèrement, et donc d’enlever sa main de son entrejambe. Il en profita pour se redresser également, et de commencer à déboutonner sa propre chemise. Sena se débarrassa du reste de la sienne et entreprit d’aider son ami.
Une fois les deux chemises ayant rejoint les vestes, afin d’avoir de passionnantes discussions entre vêtements, Yukimitsu fit mine de se lever et indiqua le lit d’un coup de menton, les joues cramoisies.
-On y sera sûrement mieux… Non ?
Sena se mit à rougir à son tour et hocha doucement la tête. Il se leva avec son ami et alla s’asseoir sur le bord du matelas. Il leva les yeux sur Yukimitsu, qui était resté debout et le contemplait avec la même expression affamée que tout à l’heure. Sena profita de la seconde pour regarder son amant, debout torse nu dans la lumière jaune du dehors, clairement en érection sous son pantalon d’uniforme noir.
Il resta plusieurs secondes bouche bée. Il crut même pendant un moment qu’il bavait.
Yukimitsu se pencha sur lui, amorçant le mouvement de le pousser en travers du lit, mais Sena résista.
-Ah… Yuki-san… ?
-Oui ?
-Je peux… Je peux t’enlever ton pantalon comme ça ?
Il déglutit, et entendit nettement que Yukimitsu déglutissait aussi, bien que le son soit plus étranglé que le sien. Il leva les yeux sur son amant, dont les siens s’étaient assombris à cause du désir.
-Oui, Sena-kun. Oui.
Sena tendit les mains et défit lentement la boucle de la ceinture du pantalon de son ami. Une fois fait, il utilisa les deux bandes de cuirs pour le tirer contre lui, le nez presque dans le nombril de l’autre garçon. Il fit passer ses jambes entre les siennes et leva les yeux sur lui, attardant ses doigts contre le bouton de sa braguette.
Yukimitsu le regardait avec la bouche ouverte, et il respirait plus bruyamment que d’habitude. Sena ne projetait quand même pas de…
Le running back, sans le quitter des yeux (parce que de toute façon il ne se sentait pas le courage de faire face à ce qui se trouvait sous son nez. Enfin, pas tout de suite), attaqua la fermeture éclair qu’il fit descendre tout en prenant soin d’éviter l’érection juste dessous.
Puis il baissa le pantalon du brun sur ses hanches fines, jusqu’à ce que la ceinture soit assez large autour de ses cuisses pour qu’il puisse le laisser tomber autour de ses chevilles.
Les jambes de Yukimitsu tremblaient, remarqua-t-il. Et de fins frissons les parcouraient.
Il releva les yeux (il ne se souvenait même plus que les avoirs baissés) et murmura :
-Tu es d’accords Yuki-san ?
-Mmmh ?
Yukimitsu n’avait pas l’air d’avoir vraiment entendu. Sena reprit une inspiration, et les joues en feu, redemanda :
-Tu es d’accords pour que je… Tu vois ?
Il laissa sa phrase comme ça, espérant que son ami comprendrait. Il le fixa quelques secondes l’air ahuri, puis se mit à rougir furieusement.
Oh.
Oh.
Donc Sena comptait bien le faire. Ses mains se mirent à trembler incontrôlable et il dû les serrer en poing afin de les calmer.
-Je… Sena-kun, tu es sûr ?
-Oui. Je crois, oui.
-Je… Ça me gêne horriblement.
-Oh… Alors si tu ne veux pas…
-C’est que… (Yukimitsu se mordit les lèvres pour s’être mit tout seul dans la mouise. Quel grand garçon) Ce n’est pas que je n’en ai pas envie mais… J’ai juste peur que te dégoûter…
Sena cligna des yeux plusieurs fois avant de murmurer :
-Impossible d’être dégoûté quand c’est toi, Yuki-san.
Yukimitsu fit un bruit étranglé, quelque chose entre le sanglot et le gémissement. Il prit plusieurs profondes inspirations avant de chuchoter :
-Alors deux choses d’abord.
-Oui ?
-La première, laisse-moi m’asseoir. Ou m’allonger. Ou… Oh, je ne sais pas. Ne pas rester debout.
Sena s’écarta et Yukimitsu se laissa tomber à côté de lui. Sena prit automatiquement l’avantage et le poussa lentement sur ses oreillers, penché au-dessus de lui. Yukimitsu avait abandonné son pantalon sur le sol.
-Et la deuxième ? Chuchota-t-il à son tour.
-Appelle-moi par mon prénom. (Puis, réalisant qu’il avait dit ça de façon brusque et très pas-comme-lui :) S’il te plait ?
Sena écarquilla les yeux avant de sourire. Il se mordilla le coin de la lèvre inférieure, avant de se pencher et de murmurer dans l’oreille de son compagnon :
-… Manabu-san.
Un violent frisson parcouru la peau de Yukimitsu qui en gémit. Ses bras s’enroulèrent autour du cou de Sena et il le tira contre lui, leurs jambes emmêlées et leurs érections en contact. Ils gémirent de concert et Sena se redressa pour se tortiller hors de son pantalon.
Une fois en caleçon à son tour, il se retourna vers Yukimitsu une fraction de seconde avant que son regard ne glisse vers son entrejambe.
Un silence se posa, pendant lequel même leurs respirations semblait s’être arrêtées. Puis il releva lentement les yeux sur Yukimitsu, qui le fixait avec une mine apeurée.
-Yu… (Il se racla la gorge) Manabu-san. Ne t’inquiètes pas.
Enlever le caleçon, il l’avait déjà fait. Il était en terrain certes encore glissant, mais pas complètement inconnu. Il glissa ses doigts dans l’élastique du sous-vêtement du brun et le fit descendre, retenant sans même s’en rendre compte sa respiration.
Yukimitsu eut un gasp lorsqu’il sentit l’air frais de sa chambre caresser son bas-ventre. Il rejeta la tête en arrière et fixa le plafond. Il sentit Sena bouger sur le matelas et la chaleur de sa main contre son genou. Il rabaissa les yeux.
Sena le regardait, allongé entre ses jambes et les siennes repliées sous lui. Ses yeux noisette déjà larges de nature semblaient presque disproportionnés à cette seconde.
-Je… Manabu-san, s’il te plait.
-Mmh ? Yukimitsu ne faisait pas suffisamment confiance à sa voix pour répondre correctement.
-Dis… Dis-moi si je fais quelque chose de mal.
Le plus grand le fixa quelques secondes avant de tendre la main et de caresser de ses doigts tremblants sa joue surchauffée.
-Il… Il y a peu de chance, Sena-kun, répondit le brun sur un ton affectueux. L’autre garçon rosit de plaisir à cause du ton employé puis baissa le nez.
Sena ne pouvait plus vraiment reculer, à présent. Et pourtant, à présent assis entre les jambes de son amant et face à une érection pourtant connue, il ne se sentait plus le même courage qu’auparavant. Il se mordit la lèvre et jeta un coup d’œil à son ami, pour voir qu’il ne le regardait plus. Au contraire, il avait même mis son bras droit sur son visage, l’aile du nez calée dans le creux du coude. Il respirait avec difficulté et Sena pouvait voir sa cage thoracique trembler sous chaque coup que son cœur donnait contre la paroi. Il battait vite. Sa main gauche était perdue et crispée dans les draps.
Et Sena se sentit soudainement incapable de reculer, de changer d’avis, de laisser son ami comme ça.
Sans trop savoir par où commencer, il décida déjà de prendre les choses en main. Littéralement.
Un soupir échappa à Yukimitsu, et un mouvement de ses hanches indiqua qu’il était impatient de sentir plus.
Sena se pencha un peu plus et tira la langue, un peu hésitant, et en donna un petit coup, juste sur le dessous du sexe de son amant.
L’effet fut immédiat, et radical.
Les yeux de Yukimitsu s’écarquillèrent sous son bras, sa bouche s’ouvrit sur un long gémissement guttural et son dos se cambra par réflexe, ainsi que ses jambes qui se replièrent instinctivement.
Sena sentit un choc électrique descendre dans sa colonne vertébrale et une brusque pulsation de sang dans sa propre érection, qui avait été quelque peu oubliée. Il poussa un doux gémissement.
Il leva les yeux et vit que Yukimitsu le regardait du coin de l’œil, par-dessous son bras. Il respirait encore plus laborieusement.
Quelque chose craqua dans Sena. Ça y était. Il savait qu’il allait le faire, et jusqu’au bout. Euh.
Sauf la fin. Enfin. Tout le monde sait, lui comme vous, ce qu’il se passe lorsqu’un garçon atteint le pic de l’orgasme. Ouais, ben ça, Sena n’avait pas particulièrement envie de savoir quel goût ça avait. Malgré ce qu’il avait dit à Yukimitsu il y avait de ça quelques temps déjà.
D’ailleurs ce n’était pas tant que goût qui lui faisait peur, c’était plutôt la texture, et surtout, surtout…
Quoi faire avec ?
Etait-il censé… L’avaler ? Berk. Dégueu. Ça, il n’était sûr de ne pas en être capable. Mais en même temps, difficile de le recracher juste après… Ça serait malpoli… AAARH et puis flûte à la fin, c’était quoi ces questions à un moment pareil ?
Il prit une inspiration et, tenant toujours dans sa main droite l’érection de son aîné, et glissant la gauche de long de sa cuisse vers la hanche, il le prit en bouche, juste le bout.
-OH, SENA ! S’étouffa Yukimitsu en se cambrant de nouveau, plus brusquement cette fois. Son bras glissa de son visage et ses deux mains agrippèrent l’oreiller au-dessus de sa tête.
Sena nota avec un certain plaisir que Yukimitsu n’avait pas utilisé le suffixe honorifique à la fin de son prénom.
Le bras gauche enroulé autour de la cuisse droite à présent redressée contre sa joue et l’autre bras glissé entre son torse et le lit pour pouvoir continuer de tenir l’érection du brun, il inspira par le nez et ouvrit un peu plus la bouche afin d’en prendre plus.
Il avait tenté d’imaginer l’effet que donnerait une fellation donnée de son côté, et il avait pensé que ça serait soit très excitant, soit tout au contraire absolument dégoûtant. Et pourtant ce n’était ni l’un ni l’autre.
Le premier mot qui lui venait à l’esprit était « bizarre ». Mais le sexe de façon générale est un acte bizarre. Alors…
En revanche, les bruits que poussait Yukimitsu, ça, c’était très, très excitant. Sena se retrouva sans même le vouloir à descendre encore plus sur le sexe du brun, à la limite de l’étouffement, poussé et encouragé par les réactions que lui offrait le grand brun.
-Sena, Sena, oooh, Sena… ! Chantait-il doucement, incapable de retenir ses hanches de bouger lentement en rythme avec les mouvements de son petit amoureux. Ses doigts s’enroulèrent dans la chevelure chocolat, et il dû faire un gros effort pour ne pas faire ce que lui dictait son corps –à savoir trop appuyer sur la tête de Sena.
Finalement, le running back avait réussit à trouver un rythme et avait fermé les yeux, se concentrant sur le fait de ne pas s’étouffer en allant trop loin.
Ça ne faisait pas longtemps qu’il prodiguait ses caresses buccales, mais il commençait déjà à avoir mal à la mâchoire, faute d’entraînement.
Ce fut un gémissement plus fort que les précédents qui l’alerta.
-Oh, Sena, je… Stop, arrête, je vais… !
Le cœur du plus jeune s’accéléra. Ça y était, il était parvenu au point critique. Que faire, que faire ?
Son premier réflexe fut de se redresser, et de lâcher de membre de Yukimitsu.
Et réaliser immédiatement que c’était une erreur.
Yukimitsu, qui avait poussa un long cri étranglé au moment où il avait joui, mit plusieurs secondes avant de reprendre tout ses sens, obligé d’attendre que ses yeux acceptent de ne plus se croiser sous l’effet de l’orgasme.
Quand il leva les yeux sur Sena il sentit les cheveux de sa nuque se hérisser.
Sena affichait un air mi-choqué, mi-surpris, ce qui peignait une mixture bizarre sur son visage. En plus du liquide clair qui coulait à présent le long de ses joues et sur son menton.
Yukimitsu le fixa un moment bouche bée, horrifié. Pitié, s’il y avait un Dieu quelque part, qu’il fasse en sorte que le wide receiver ne venait pas de jouir au visage du running back.
Ça serait juste trop maladroit pour supporter.
Sena cligna plusieurs fois des yeux avant d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose. Yukimitsu fut plus rapide, il se redressa et saisit le poignet du brun, avec un air paniqué :
-Je suis désolé, Sena-kun ! Vraiment, vraiment, vraiment désolé ! Je voulais faire attention, vraiment, mais…
Sena le coupa en secouant la tête, avant de tordre le poignet pour attraper la main de son amant. Il rampa jusqu’à lui et se serra contre son torse. Il tremblait, et sa peau était brûlante.
-Ce… C’était bon, Manabu-san ?
Yuki sentit sa bouche s’ouvrir encore plus grande que précédemment.
-Que… Ah… Hum. Oui.
Il rougit, puis tendit la main vers une boîte de mouchoir en papier posé près de la tête de son lit. Il en prit un dans la main droite et, de la main gauche, fit pencher la tête de Sena en arrière. Il entreprit d’essuyer amoureusement le bazar qu’il avait créé.
Sena ferma les yeux sous l’administration et une fois son visage net et propre, il les rouvrit et fit un sourire à Yukimitsu. Celui-ci le lui rendit, avant de murmurer en rougissant profondément :
-Est-ce que… (raclement de gorge, encore) Est-ce que tu veux… Que je te retourne la faveur ?
Oh, vraiment, il n’y avait que Yukimitsu pour tourner ses phrases comme ça. Sena se mit à rougir à son tour, et un élancement de chaleur entre les reins lui rappela que son propre besoin n’avait pas été libéré.
-D’ac… D’accord. Manabu-san, souffla-t-il avec un vois tremblante.
Yukimitsu se mordit les lèvres. En un certain sens, il avait l’air satisfait. Il sourit à son tour, un petit, fin, presque malicieux sourire. Sena sentit la température de ses joues augmenter et des papillons lui voler dans le bas-ventre à cause de l’anticipation.
Ils tournèrent sur le lit, de façon à ce que Sena puisse poser sa tête sur les oreillers, et il s’allongea lentement, avant de serrer les jambes, honteux d’être ainsi exposé aux yeux de son ami. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il le voyait… Pas nu, du moins pas complètement, car en général, leurs pantalon ne dépassaient par leurs cuisses, mais là… Être allongé sous les yeux de Yukimitsu, encore assis à côté de lui, qui le dévorait –oui, dévorait- des yeux, c’était… À la fois gênant et grisant.
-Sena-kun… Commença Yukimitsu en se penchant en avant. Il embrassa gentiment le brun sur le coin de la bouche et glissa sa main gauche entre les jambes serrées de son cadet, au niveau des genoux.
Puis lentement, il la fit descendre, sans brusquer, passant le plat de sa main, à la paume douce mais au bout des doigts usés à force d’avoir tenu des crayons, contre l’intérieur de la cuisse gauche de Sena.
À mi-chemin, il exerça une pression contre la peau de son amant et chuchota, détournant les yeux une fraction de seconde :
-Tu veux bien… Hum, les écarter un peu, s’il te plait ?
Sena se mordit les lèvres, puis pris une brève inspiration. Franchement, il avait voulu faire une fellation à Yukimitsu, et il était normal que l’autre garçon veuille lui renvoyer l’ascenseur. Pas la peine de paniquer comme ça. Et en plus, à en juger l’expression qu’avait eu le numéro 16 pendant qu’il était en train de le faire, ça avait l’air d’être une agréable expérience. Il ferma les yeux.
Il écarta les jambes, et cambra légèrement son dos, d’instinct. Il entendit un bruit étranglé du côté de Yukimitsu et ses doigts se crispèrent légèrement contre la peau de sa cuisse.
Ce fut la main du plus grand qui le touche en premier, le caressant comme elle l’avait souvent fait ces dernières semaines, le mettant à l’aise et détendu, excité.
-Manabu-saaaan… Gémit-il en se cambrant un peu plus, poussant son bassin dans la main de l’interpellé. Le bruit d’étranglement se fit encore entendre. Sena ouvrit un œil et eut un sourire en voyant l’expression de son amant, les yeux immenses et plein de luxure, la bouche entrouverte et le souffle haletant.
-Sena-kun, je…
Il stoppa quelques secondes, et le petit brun dû l’encourager à continuer.
-Oui ?
-Je… Je te trouve vraiment… Vraiment sexy.
Il avait dit le dernier mot en un souffle rauque, les joues pourpres et les yeux brillants. Ce n’était pas la première fois que Sena entendait ce mot à son propos dans la bouche de son amant (la deuxième en fait), mais a cette seconde, il lui envoya des décharges électriques dans les reins. Il gémit.
Yukimitsu se pencha et, sans relâcher le sexe de Sena, l’embrassa sur le torse, le ventre, donnant parfois de timides coups de langue par-ci par-là.
Sena oublia de respirer au moment où les lèvres du plus grand se posèrent sur le pan de peau sous le nombril, juste au-dessus du pubis. Il l’avait déjà fait auparavant, mais cette fois, il s’y attarda plus longuement, collant sa langue sur la peau brune du plus jeune et goûtant au parfum de son gel douche et un peu de sueur.
Sena poussa un couinement étranglé qui était initialement prévu pour être le prénom de son homologue.
Il ferma les yeux, juste une seconde, mais avant même de les avoir rouvert, il se sentit entouré par la chaleur de la bouche de Yukimitsu.
Là aussi, la réaction fut immédiate.
Sena comprenait soudainement très bien pourquoi Yukimitsu avait eu du mal à se contrôler, et pourquoi les adultes faisaient tout un tas de la fellation.
Il se cambra brusquement avec un cri, les yeux écarquillés sous le coup de la surprise. Il avait joui sur le coup, sans même s’en rendre compte.
Hors d’haleine, il baissa les yeux sur Yukimitsu, pour le voir se redresser, manifestement la bouche pleine.
Celle de Sena s’ouvrit, très grande, dans l’esprit décrochage de mâchoire, lorsqu’il vit l’autre garçon déglutir.
Oh.
Oh nom de Dieu.
Yukimitsu se lâchait particulièrement, là. Il leva les yeux sur Sena, en se passant la langue sur la lèvre supérieure, avec quelque chose d’inconnu dans ses yeux jusque-là. Sena eut un gasp malgré lui et un frisson le parcourut.
-Manabu-san, chuchota-t-il en levant la main et en glissant ses doigts dans les mèches noires de son amoureux, caressant au passage sa mâchoire et ses lèvres humides. Yukimitsu ferma les yeux et s’appuya dans la paume du plus jeune avec un soupir d’aise.
-Ça… Allait ? Je veux dire, ça ne t’as pas trop dégoûté… ?
Yukimitsu le regarda un moment avant de répondre avec un petit sourire :
-Impossible d’être dégoûté quand c’est toi, Sena-kun, dit-il en reprenant les paroles de l’interpellé. Celui-ci eut un sourire à son tour.
Yukimitsu remonta le long de son corps et l’entoura de ses bras. Sena se cala contre sa poitrine et emmêla ses jambes avec les siennes.
Ils baignaient tranquillement dans l’après-orgasme lorsque Yukimitsu les secoua un peu.
-Tu veux tirer la couette ? Demanda-t-il avec une voix déjà chargée de somnolence. Sena, qui n’était pas en meilleur état, grommela quelque chose qui ressemblait à une approbation. Yukimitsu se redressa, tira la couette de sous leurs jambes, avec quelques difficultés, et Sena dû soulever les mollets pour lui faciliter la tâche. Puis il la rabattit sur eux, sans même prendre le temps de remettre leur caleçons.
Une fois bien installés sous la couette, Sena se cala un peu mieux contre Yukimitsu et enfoui son visage dans son cou.
-Manabu-san… ?
-Mmh… ? Fit la voix pâteuse du brun
-Tu sais… Je suis vraiment heureux de t’avoir avec nous. Dans les Devil Bats.
Une sorte d’inspiration fit comprendre à Sena qu’il venait de complètement réveiller son ami et que celui-ci s’était soudainement raidi à cause de la remarque.
Sena leva le nez vers lui et l’embrassa sur le menton, pour lui montrer qu’ils tenaient une discussion en terrain amicale.
-Vraiment, reprit-il, lorsque tu es entré sur le terrain, contre les Naga… J’étais… J’étais heureux. Les Devil Bats étaient enfin au complet. C’était…
Il ne trouva plus les mots. Yukimitsu le regardait avec une expression qui donnait à Sena l’envie de fondre entre ses bras.
-C’était extraordinaire. Tu nous a tous coupé le souffle. Vraiment. Ils n’oseront pas le dire, mais…
Une pause, puis il reprit :
-Au match contre les Ojo aussi. Mais comme cette fois, notre relation était… Différente, j’étais bien plus inquiet… Tu me faisais peur, au bord de l’évanouissement sur le terrain.
Yukimitsu eut un petit sourire à ce souvenir.
-Mais, ajouta Sena en faisant remonter sa main le long du dos du plus grand, tu as réussi à nous obtenir la seconde nécessaire pour obtenir la victoire… Combien de personnes peuvent réfléchir aussi vite que ça, je te le demande ? Plaisanta-t-il en chatouillant entre les omoplates du brun. Celui-ci eut un frisson avant de répondre avec un sourire un peu plus large, mais aussi un peu plus triste :
-Hiruma.
Sena se mordit l’intérieur de la joue, l’air pensif.
-Effectivement, concéda-t-il en se retenant de faire une moue. Il leva les yeux sur son ami et les plongea dans ceux si noirs du receiver, avant de continuer :
-Deux fois que tu montes sur le terrain en étant incertain du résultat, et ces deux fois tu poses les bases de notre victoire.
-Oh, vraiment… Se moqua Yukimitsu.
-Vraiment.
Un silence.
Sena se lécha les lèvres avant de reprendre :
-Tu sais, quand Hiruma-san a donné la liste des joueurs réguliers…
Nouveau raidissement dans les membres du numéro 16.
-Je…
Un silence s’éternisa, avant que Yukimitsu, qui n’avait pas quitté Sena des yeux, baissât la tête jusqu’à ce que sa bouche soit au niveau de l’oreille du plus jeune :
-Je vous ai entendu, Sena-kun. Je vous ai entendu.
Sena sourit.
-Merci, ajouta Yukimitsu en déposant un très léger baiser sur sa tempe. Sena rougit. Et encore le pincement, juste au creux des côtes.
-Ça me rendait tellement triste… Murmura-t-il en entourant de ces bras le torse mince du receiver et en serrant fort. Yukimitsu lui rendit son embrassade et enfoui son visage dans la masse chocolat des cheveux de Sena.
Celui-ci releva tant bien que mal le nez et fit un doux sourire à son ami :
-Maintenant je crois que je comprends pourquoi…
Il vit nettement la respiration de Yukimitsu se bloquer une seconde (et de toute façon il sentit son torse cessez de bouger contre le sien), avant de reprendre avec un contrôle mal maîtrisé, à l’évidence.
Sena resta silencieux. Il n’était pas encore prêt à s’engager dans cette voie-là. Et Yukimitsu était prêt à l’attendre sur le bord. Il n’avait pas besoin d’en demander plus. Pour l’instant.
Il colla sa joue contre la poitrine du brun et ferma les yeux, murmurant un petit « bonne nuit » assortit d’une pression des deux paumes contre la colonne vertébrale de son petit ami.
Yukimitsu lui répondit, autant par la parole que par le geste, puis ferma les yeux à son tour, adressant juste avant de sombrer dans le sommeil une prière pour que sa mère ne rentre pas sur un coup de tête.
À suivre…
(1) Et croyez-moi, ça me coûte de dire ça parce que je trouve les rideaux en perles monstrueusement kitsch.
17 pages word. C’est le plus long chapitre de la fic à ce jour. Bref, il s’est passé plein de truc pendant l’écriture de ce chapitre. D’abords le déménagement, puis la lecture du Eyeshield tome 27 (qui m’a transformé en pile électrique pendant deux heures et complètement chamboulé ma vision de Yukimitsu), puis la découverte de Gurren Lagann, qui m’a fait bugger pendant que j’essayais d’écrire le chapitre (« GNNN, Simon, cesse de te mettre à la place de Senaaaaaa ! »)
Mais le voilà, tout beau tout chaud, dites merci à Nanikalice.
Le prochain chapitre sera le dernier. Sera le plus beau. Sera le lemon.