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Author of 24 Stories |
Disclaimer : les personnages et l’univers ne m’appartiennent pas, je les ai empruntés (encore) à Mrs Rowling, je promets de les lui rendre après les avoir un peu malmenés.
Pairing : HP/DM
Rating : M (vraiment justifié, ici)
Avertissement : Attention, ceci est une histoire traitant de l’homosexualité, aussi je prierai tous ceux que cela indispose de quitter cette page. Par ailleurs, il se peut que certaines images et paroles choquent certains d’entre vous. Certaines scènes sont également assez détaillées, aussi je préfère mettre en garde les yaoistes légers, histoire que tout le monde sache où on va.
Note de la scribouillarde :
Bonsoir vous :p
Non, vous ne rêvez pas (vous cauchemardez, hin hin), c’est encore moi et mes fonds de tiroirs qui revenons vous rendre visite.
Alors, parlons peu mais parlons bien, cette histoire commence à dater maintenant, mais je me suis décidée récemment à la terminer, principalement pour me prouver que je peux le faire, ce qui n’est pas non plus très évident, compte tenu du sujet et de l’ambiance que j’ai choisie. L’idée m’est venue en écoutant la chanson « Sober Song » du groupe Noir Désir, d’ailleurs chaque chapitre sera illustré d’une ou plusieurs phrases de cette chanson.
Enfin le must ici c’est que vous ne me subirez pas tout le temps, car Myschka a eu l’amabilité d’apporter sa pierre à l’édifice avant de cesser d’écrire du HP, ainsi les chapitres deux et quatre sont-ils son œuvre, j’en profite pour la remercier pour son talent.
Je remercie également Artoung, qui ne cesse de me pousser (est-ce le mot exact ? Je n’en suis pas certaine) à écrire, et qui écrit beaucoup aussi en ce moment (honnêtement, elles tuent trop ses histoires, ça me colle des complexes de fou).
Allez, je vous laisse lire :p
Sober
Oh Lord, hear me please, you have to make me sober…
Des lumières, encore des lumières, les mêmes lumières depuis des heures…
La foule, dense, brûlante.
Les relents d’alcool, de fumée, de sueur et de sexe même.
Toujours les mêmes, accentués par les heures, et par l’excitation qui montait.
Il ne se sentait pas à sa place, trop loin de son univers neutre, bien agencé, propre, et carré.
Mais il était là, il ne savait pas pourquoi, peut-être cet obscur désir, celui de voir de ses propres yeux ce qu’on lui avait raconté.
Lui, si prompt à croire le pire, à imaginer l’horreur et la honte des autres.
Lui si retors, tellement qu’il était ressorti libre de cette guerre qui avait secoué son monde.
Lui si opportuniste qu’il était parvenu à échapper à tout.
Au sang.
Aux combats.
A la prison.
A la mort.
Lui qui avait vendu son propre père pour pouvoir continuer à évoluer dans son petit monde propret, pour pouvoir continuer à « péter dans la soie » comme se plaisait Blaise à nommer son train de vie trop ordonné.
Le jeune homme eut un petit rire.
L’ironie de la situation, sans doute.
Si Blaise avait pu imaginer son délicat fessier sur cette chaise bancale, dans ce club clandestin, minable, glauque.
Si lui-même avait pu imaginer un jour qu’il y mettrait les pieds…
Mais non…
Draco Malfoy n’aurait jamais imaginé faire ce genre de chose.
Lui, si fier.
Fier de sa vie, de ses origines, fier de son apparence et de sa fortune.
Fier même de son futur mariage, épousailles d’affaires.
Fier de se faire encore plus d’argent, avec une héritière fortunée à culbuter en prime.
Il se demanda brièvement pourquoi, alors qu’il était si bien dans sa vie, il était venu ici, pourquoi il s’imposait les immondes odeurs corporelles d’une foule visiblement en proie au delirium ainsi que les lumières aveuglantes des stroboscopes de bazar.
Mais il cessa rapidement de se poser des questions…
Il était venu jouir.
Visuellement, cruellement… sadiquement jouir.
Oh oui…
Depuis qu’il avait entendu cette bribe de conversation au Ministère, il n’avait pensé qu’à ce moment.
Qu’à cela.
Voir cela.
Et jouir de voir cela.
Oh… Depuis le temps qu’il en rêvait.
Depuis le temps qu’il fantasmait sur une éventuelle déchéance de cet homme, de celui qui avait été la clé de tous ses malheurs.
Depuis son enfance, ce nom, il le maudissait, il le vomissait.
Depuis des années il avait des crampes d’estomac à la simple idée que cet homme vivait.
Que cet homme respirait.
Que cet homme baisait.
Oh, comme cela lui avait été pénible, d’imaginer une seule seconde ces yeux trop brillants.
Mais il allait les voir, noyés, embrouillés.
Il n’était venu que pour cela.
D’un geste décidé, Draco Malfoy reposa son verre vide sur le bar et se dirigea vers la porte qu’il guettait depuis le début de la soirée.
« Backroom », tout un concept.
Un concept étiqueté, estampillé « débauche ».
Le videur qui se tenait devant la porta lui adressa un regard peu amène, mais rien n’arrêtait Draco Malfoy.
Un billet plus tard, la porte était franchie.
« Trop simple… » se dit Draco en sentant ses lèvres minces s’étirer en un sourire froid.
Ne lui restait plus qu’à trouver ce qu’il était venu chercher.
« Backroom », ce n’étaient que des pièces, une succession de petites salles, où l’odeur d’alcool et de fumée était plus forte.
Trop forte, parfois, Draco commençait à avoir la nausée.
Mais il continua, juste parce que ce qu’il était venu chercher n’était plus très loin, et il le savait.
Plus que quelques pas.
Plus que quelques battements de cœur.
De son cœur glacé.
De son organe pourri.
Il était près, si près…
oOo
Flash back.
L’ennui gagnait rapidement le jeune Draco Malfoy, il était passé au Ministère régler quelques détails avant son mariage, qui aurait lieu un mois plus tard, il épousait la charmante Pansy Parkinson, son amie d’enfance. Cette union représentait pour lui un investissement des plus juteux compte tenu de la fortune de la jeune femme et du prestige de son nom.
Cela l’aiderait certainement à redorer celui des Malfoy, bien trop entaché par son père et ses actes peu réfléchis. Draco n’avait pas hésité une seconde avant de témoigner contre son Lucius, il n’en avait même ressenti aucune honte, cet homme n’avait jamais été qu’une caricature de parent, trop absent, trop imposant.
Or, Draco préférait être seul maître de son existence.
Il avait lui-même choisi de s’exiler aux Etats-Unis le temps des combats et n’en était revenu qu’après la mort du Lord Noir.
Il avait toujours su que Harry Potter l’emporterait.
Il l’avait toujours détesté pour cela, d’ailleurs, car le courage et l’aveuglement faisaient de lui son antithèse.
Et il le détestait encore plus depuis son retour, parce que les gens l’admiraient, faisaient de lui une icône, le déifiaient, alors qu’il n’était qu’un assassin, un soldat parmi tant d’autres.
Draco, lui aussi, avait tué des gens, mais comme ces personnes n’étaient pas des mages noirs, Draco n’était pas un héros.
Non…
Il se contentait donc de rester dans son coin, à s’occuper de remonter la pente savonnée gracieusement par le Ministère, à tenter de vivre malgré tout.
Heureusement, Draco avait encore quelques amis, dont Blaise Zabini, qui avait été un espion brillant, et avait obtenu grâce à ses efforts un poste confortable de chef d’une brigade d’Oubliators.
Ce jour là, donc, Draco attendait Blaise, qui était pris par une réunions interminable.
Il errait sans but dans les couloirs.
Dans un geste impatient, il regarda sa montre et se rendit aux toilettes, Blaise le faisait attendre depuis plus d’une demi heure, il espérait que c’était important.
Lorsqu’il fut à l’abri dans une cabine, Draco lança un sortilège d’isolation sur la cabine et alluma une cigarette. L’attente le rendait toujours nerveux.
Il ferma les yeux et savoura un instant la fumée qui passait dans sa trachée et allait brûler ses poumons, il pouvait presque voir son chemin dans ses bronches, puis dans ses alvéoles pulmonaires, il visualisait parfaitement la nicotine qui passait dans son sang…
Mais un bruit de conversation le dérangea…
Une conversation qui cependant lui fit tendre l’oreille.
Un goût de secret…
« - Personne ne doit savoir, tu n’imagines pas ce que cela ferait à sa réputation… » disait une voix grave que Draco ne connaissait pas.
« - Comme si c’était mon genre d’aller colporter des trucs pareils… Vas-y, dis moi ! » fit une autre voix, plus jeune.
L’autre soupira tandis que Draco collait son oreille à la porte, intrigué.
« - Il paraît que plusieurs fois dans la semaine, presque tous les soirs même, on peut le trouver dans des arrières salles, en train de faire des choses innommables… »
« - Attends… Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« - J’ai entendu dire qu’il était devenu alcoolique, et que ses excès étaient assez impressionnants. Il mélange l’alcool et le sexe dans des endroits glauques. »
Draco fronça les sourcils.
La voix la plus jeune sonna bouleversée.
« - Oh, par Merlin ! Comment cela se fait-il ? Il a pourtant tout pour être heureux… »
L’autre voix se fit fataliste.
« - Que veux-tu… Cela ne doit pas être facile d’être Harry Potter. »
Sur ces derniers mots, les deux hommes sortirent des toilettes, laissant inconsciemment un Draco Malfoy pétrifié derrière la porte d’une cabine.
Il ne s’aperçut même pas que sa cigarette avait glissé de sa main et se consumait doucement au sol.
Une seule chose tournait dans sa tête.
Potter avait plongé dans la déchéance…
Et il devait voir cela.
Fin du Flash back.
oOo
Et la musique, plus forte, les basses comme des battements de cœur.
Rapides.
Les lumières plus sombres.
Sa respiration s’accéléra lorsqu’il le vit enfin.
Si près, et si loin.
Mais il ne croyait pas encore.
Il devait voir.
Jouir.
Sans son consentement son sang se mit à bouillir.
Sans lui demander son avis, son sexe se dressa, tendit la toile luxueuse de son pantalon.
Juste à sa vue.
Cette chevelure indisciplinée.
Cette posture libérée.
Il était là.
Dans cette obscure pièce saturée de musique violente, en proie à la violence des sens.
Dans cette pièce, dans le cœur de la nuit, Harry Potter ne se servait pas de verres.
Non… Harry Potter n’utilisait même pas ses mains pour boire, il buvait à même le goulot d’une bouteille.
Une bouteille que tenait un homme pour lui.
Le liquide ambré coulait sur son visage, dans son cou.
Sur sa poitrine dévoilée par sa chemise largement ouverte.
Et Harry Potter buvait.
Et Draco Malfoy bandait.
La pièce sentait la sueur, l’alcool, et le sexe.
Le regard vert du héros était flou, celui de Draco était fou.
L’homme qui abreuvait Harry lui glissa quelques mots à l’oreille.
Et le regard vert se dirigea vers Draco.
Le cœur de Draco manqua un battement.
Ce n’était pas Potter, dans ces yeux.
Non…
Dans ces yeux il n’y avait personne.
L’ombre de Potter avança à pas chancelants vers Draco.
Draco ne bougeait pas.
« - Mon ami m’a dit qu’il y avait quelque chose d’intéressant, et quand je regarde, je te vois, Malfoy. Qu’est-ce que tu fais dans ce lieu de débauche ? » demanda Harry d’une voix parfaitement modulée.
D’une voix rauque.
Son souffle empestait le whisky bon marché.
Son corps sentait la luxure.
Draco s’entendit répondre…
« - Je suis venu voir de mes propres yeux le héros se vautrer dans la déchéance. »
Froid, tranchant.
Tellement lui.
Mais Potter n’était plus là, et cette obscure entité qui dirigeait son corps sourit.
« - Alors rince toi bien l’œil, blondinet. » dit-il avant de s’en retourner à l’homme et à sa bouteille.
Draco aurait voulu s’en aller.
Courir loin.
Une violente nausée tordait son estomac.
Il ne savait pas pourquoi il se sentait si mal alors qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait.
Il ne savait pas pourquoi il avait soudain envie de briser cette bouteille qui échappait encore son contenu sur le corps de cet homme qu’il haïssait pourtant.
La nausée se fit insupportable lorsque l’homme déboutonna les derniers boutons de la chemise de Harry.
Draco voulut regarder ailleurs.
Mais partout il y avait des hommes qui buvaient, se caressaient.
Certains faisaient plus, même.
Et quelques secondes plus tard, son regard se porta à nouveau sur Harry.
Harry Potter face à lui.
Harry Potter qui le fixait narquoisement.
Harry Potter dont le pantalon tombait sur ses chevilles.
Harry Potter en train de…
Et l’homme derrière lui qui…
La nausée remit les pieds de Draco dans le bon sens.
Celui de la sortie.
Lumières vives, musique assourdissante.
Draco courait, et ne voyait plus, n’entendait plus.
Hommes dévêtus, bouteilles vides.
Draco ne les voyait plus, cette image restait gravée en lui.
La sortie était trop loin, toujours trop loin.
L’air libre…
La porte claque violement contre le mur.
La rue déserte répercuta le son dans la nuit noire.
Draco tomba à genoux sur le bituma froid, accueillant.
Draco se vida de son malaise juste là…
Et il ne se rendit même pas compte que des larmes coulaient sur ses joues alors que des spasmes douloureux vidaient son estomac.
Non…
Il avait eu ce qu’il voulait.
Et il aurait souhaité ne jamais voir cela.
Et la honte le submergea lorsqu’il se rendit compte qu’il avait malgré tout joui.
A suivre…
En fait tous les chapitres sont construits de cette façon, ces choses là n’ont pas besoin de beaucoup de mots, à mon avis.
J’ose espérer que vous n’avez pas trouvé ça trop nul :)
A bientôt (si vous êtes pas sages).
Baddy
PS : le résumé de « Sober » selon Artoung : « huum so bear! ou quand Draco aime quand c'est poilu », elle a de l’avenir, la petiote :p