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Author of 24 Stories |
Bonjour la jeunesse !
Comment ça va chez vous ? Bien ? Ça va pas durer je vus rassure :p
Bon, me revoici pour un second chapitre de cette petite fiction, mais cette fois je ne fais que présenter, le tout ayant été imaginé et écrit par Myschka, et ce avec tout le talent qu’on lui connaît. Ce fut un honneur que d’écrire en commun avec elle, et bien que la miss n’écrive plus pour le fandom HP, je vous conseille tous ses textes car c’est juste brillant.
Pour le blabla d’usage : je ne suis toujours pas JKR, et je n’ai reçu aucune compensation financière pour cette histoire (ô pourquoi ? )
Sachez (au cas où vous auriez zappé la note sur le premier chapitre) que cette histoire contient des scènes potentiellement choquantes, l’ambiance est également assez glauque et peut ne pas agréer tout le monde.
Je tiens également à préciser que ce n’est pas une deathfic.
Merci à tous ceux qui ont lu et reviewé le premier chapitre (j’ai répondu via le site) et un bisou spécial à Artemis, que la grippe rend masochiste :p
Bonne lecture.
Sober 2 :
Aspirin, come on please, I don't want to suffer...
Il était retourné dans le premier club, on lui avait dit qu’il n’était pas ici ce soir.
Qu’il bougeait souvent, au gré de ses envies. Qu’il ne restait jamais longtemps au même endroit.
Draco avait demandé, d’une voix détachée, comme si tout cela ne le concernait pas.
Alors qu’il brûlait de savoir.
D’être sûr.
On lui avait répondu, de vagues balbutiements d’ivrognes.
Et il avait fini par trouver – endroit différent, mêmes vices.
Hommes dévêtus, bouteilles vides.
Et le rythme lourd des basses, comme un battement de cœur affolé, tachycarde.
Encore.
Draco ne savait même pas pourquoi il se trouvait là. Pourquoi il tenait absolument à contempler une fois de plus le spectacle de sa déchéance.
Parce qu’au fond, parce que malgré ce qu’il avait vu plus tôt dans la journée…au fond, il savait.
Qu’il ne s’était pas trompé.
Que c’était bien la même personne.
Pourtant, il était là, comme une éclaboussure claire au milieu de tout de noir, ce rouge sang, ce bleu ecchymose.
Symbole fallacieux de la pureté au milieu du vice.
Quelle ironie, lui qui n’avait même pas de conscience…
Draco reposa son verre de vodka vide sur le bar, paya sans chercher à récupérer sa monnaie, et se dirigea d’un pas décidé vers la petite porte métallique.
Backrooms.
Ce fut aussi facile que la première fois de soudoyer le videur – l’homme semblait plus intéressé par la grosse coupure qu’il tenait désormais à la main que par le fait de savoir si Draco était un habitué ou non.
Le jeune homme blond grimaça à la juxtaposition – comme si lui, Draco Malfoy, pouvait un jour devenir habitué de ce genre d’endroit.
Même enfilade de petites pièces aux portes entrouvertes.
Hommes nus, bouteilles vides.
Odeurs de fumée, d’alcool et de sexe.
Le sexe de Draco se dressa malgré lui – comme un réflexe, et il ne comprenait pas.
Cet effet dévastateur qui lui brûlait les veines, cette appréhension qui lui contractait le ventre, cette chaleur au creux de ses reins.
Encore des pièces, aux portes entrouvertes.
Hommes nus, bouteilles vides.
Alcool et fumée, partout.
Regards absents et trop brillants, corps brillants, de sueur, d’alcool et de sperme. Sexes érigés, luisants, de sueur, de salive et de sperme.
Kiss and swallow.
Odeur de vice, insoutenable.
Draco sentit son érection tendre un peu plus le tissu de son pantalon, en même temps que la nausée commençait de le prendre à la gorge.
Il se demanda brièvement ce qui n’allait pas chez lui, mais il continua son avancée prudente au milieu des corps alanguis, des hommes qui le regardaient mais ne le voyaient pas.
Et toujours, la même question : Où est-il ?
Et non plus : Qu’est-ce que je fais là ?
Parce qu’il avait beau dire, il avait beau s’en défendre et se dire que sa fascination était malsaine, il fallait tout de même qu’il sache.
Qu’il soit sûr.
Comme un leitmotiv qu’on se répète inlassablement pour ne pas perdre la raison.
Draco avait la tête qui tournait.
Hommes nus, bouteilles vides.
Relents âcres de fumée et de sexe dans l’air saturé de rythmes électroniques.
Pas de répit, jamais.
Et toujours pas de regard vert dans sa ligne de mire.
Peut-être avait-il finalement trouvé l’anonymat au milieu de tous ces corps étendus ?
Peut-être était-ce tout de qu’il cherchait, au fond…
Ou peut-être encore Draco s’était-il trompé, peut-être avait-il imaginé cette scène surréaliste, tellement peu en accord avec tout ce qu’il avait connu, cette scène qui détruisait tous les repères qu’il s’était construits depuis tant d’années.
Pourtant, encore une fois, il sentit qu’il était tout près.
Encore quelques pas, juste quelques pas.
Juste pour être sûr.
Ensuite il s’en irait.
oOo
Flash back.
Le lendemain de cette soirée de cauchemar, Draco s’était réveillé avec un goût atroce dans la bouche et un mal de crâne qui aurait concurrencé n’importe quelle gueule de bois carabinée. Il avait ricané amèrement, désabusé, en se disant qu’il ne s’était même pas pris de cuite digne de ce nom qui aurait pu expliquer – compenser – cet état lamentable.
Non.
Seul Potter était responsable du malaise qu’il ressentait, et il ne l’en haït que davantage, si c’était possible. Une telle haine, qu’elle faisait remonter dangereusement sa bile le long de son œsophage et l’étouffait comme un poison. Il dut faire un violent effort sur lui-même pour ne pas recracher immédiatement le maigre contenu de son estomac, et se dirigea lentement vers sa salle de bain.
Une douche et un double café serré plus tard, son visage arborait la même expression froide et méprisante qu’à l’accoutumée, et un rictus déplaisant déformait ses lèvres. Il soupira, satisfait de lui-même.
Il avait vu Potter dans toute la splendeur de sa déchéance et lorsqu’il le verrait plus tard dans la journée, le croisant « comme par hasard » à la sortie de l’académie des Aurors, il ne se priverait pas de remuer la fange et de plonger la réputation du Sauveur dedans.
Il ignora délibérément la boule désagréable qui se formait au creux de son estomac, et sortit de chez lui d’un pas décidé.
Quelques heures plus tard, il s’apprêtait à savourer sa victoire, posté comme un vautour devant l’académie – pour déchanter aussitôt.
Ce n’était pas possible.
Ce n’était pas possible, bordel !
Ce jeune homme qui sortait de l’école d’une démarche timide et maladroite, et qui riait doucement avec ses camarades, ce n’était pas celui qu’il avait vu la veille dans ce cloaque.
Ca ne pouvait pas être lui, ce garçon aux vêtements sages et bien repassés – bien qu’il eût toujours l’air aussi débraillé qu’à l’époque de Poudlard – ce n’était pas lui, cet étudiant modèle que tout le monde regardait avec admiration, qui échangeait quelques commentaires sur les cours de la journée avec deux autres élèves de l’académie.
Ca ne pouvait pas être lui.
Draco s’avança de quelques pas dans sa direction, et l’un des étudiants qui était avec Potter le remarqua – l’héritier des Malfoy le reconnut comme étant Terry Boot, un ancien Serdaigle de la même année qu’eux. Le jeune homme châtain donna un discret coup de coude à Potter, et lui désigna Draco du menton.
Un sourire malveillant étira les lèvres du jeune homme blond et il s’avança encore un peu, les mains dans les poches et la démarche assurée, dans une posture désinvolte parfaitement étudiée.
Potter écarquilla légèrement les yeux, l’air interrogateur. Puis, lorsqu’il reconnut le jeune homme blond, son visage se ferma et devint tout à coup totalement inexpressif. Il haussa les épaules, et tourna simplement le dos à Draco.
Malfoy n’en revenait pas – il-venait-de-l’ignorer ! Délibérément.
Une rage sourde monta brutalement en lui, comme une vague dévastant tout sur son passage, et il dut serrer les poings dans ses poches pour se maîtriser. Il sentit un tic nerveux lui contracter la mâchoire, mais s’efforça de rester impassible.
Potter l’ignorait volontairement ?
Très bien. Il n’allait très certainement pas ce cloporte insignifiant lui gâcher sa joie. D’un pas décidé, il franchit les derniers mètres qui le séparaient de son ancien rival.
« Tiens, tiens, mais qui voilà ? » lança-t-il de sa voix traînante – celle qui horripilait tellement Potter à l’époque de leur scolarité à Poudlard. « Harry Potter. Comment vas-tu depuis hier soir, remis de ta cuite ? Vu la couche que tu tenais, je suis étonné de te voir ici. J’aurais pensé que tu serais resté vautré dans ton lit…ou peu importe où tu t’es endormi hier. »
Il put voir très nettement les épaules du jeune homme brun se tendre, et ce simple spectacle provoqua chez lui un voluptueux frisson de plaisir malsain – oh oui, comme c’était jouissif de traîner le Golden Boy du monde sorcier plus bas que terre !
Harry Potter se retourna lentement, le visage impénétrable – et Draco fut déçu de voir que ses yeux ne flamboyaient pas de colère, comme à l’époque de Poudlard.
« Malfoy », prononça Potter d’une voix neutre – bien trop neutre, et Draco grinça inconsciemment des dents. « J’ignore ce qui me vaut le déplaisir de te voir aujourd’hui, mais je ne me rappelle pas t’avoir vu où que ce soit hier soir, et je ne vois absolument pas de quoi tu parles. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, j’ai autre chose à faire que de t’écouter raconter je ne sais quoi sur moi. »
Et il le planta là, se détournant de lui et continuant son chemin sans un regard supplémentaire pour Draco.
Comme si Malfoy n’avait jamais été là.
Comme si lui-même n’avait jamais été dans ce club la veille.
Comme s’il n’avait rien à se reprocher.
La haine déferla de nouveau en lui, si brûlante que Draco ne put rien faire – rien faire d’autre que de le regarder s’éloigner de lui, avec le sentiment qu’une fois de plus, Harry Potter lui échappait.
Et lorsque le jeune homme brun ne fut plus qu’un point noir au milieu de la foule des étudiants sorciers, Draco se demanda, étrangement désemparé, si ce qu’il avait vécu hier soir avait réellement eu lieu, ou si ce n’était que le fruit de son imagination malade.
Fin du Flash back.
oOo
Et ce soir, il était de nouveau là, dans un endroit qui lui semblait encore pire que le premier.
Il avait même annulé son dîner avec Pansy – la douce Pansy, celle qu’il épouserait très bientôt, l’une des rares personnes capables de le comprendre sans le juger.
Il l’avait délaissée, elle qu’il avait choisie entre toutes, pour se retrouver dans cet antre de débauche.
Juste à cause d’une putain de certitude.
Juste à cause d’un putain de doute.
Juste parce qu’il voulait savoir – être sûr – et trouver Potter.
Voir encore ses yeux verts – ses incroyables yeux verts – embrumés par l’alcool et la fumée. Ses yeux vides et son corps vulnérable.
Juste parce que ça le faisait bander de voir son ennemi de toujours se vautrer dans sa propre merde sans pouvoir ni vouloir s’en sortir.
Encore quelques pas, et il le verrait.
Juste quelques pas…
Et il était là.
En face de lui.
Riant aux éclats, son torse nu luisant de sueur et du whiskey que deux autres garçons lui versaient dessus tandis qu’un troisième léchait avidement son ventre plat.
Une fois de plus.
Hommes nus, bouteilles vides.
Douloureusement beau – presque plus pur dans sa dépravation qu’il ne le serait jamais aux yeux de personne.
Draco se rendit compte que ce qu’il voyait lui faisait mal.
A présent, il n’était plus sûr du tout de vouloir continuer à se repaître de ce spectacle désolant – non.
Honteusement – perversement – excitant.
Le sexe de Draco se tendit encore un peu plus – et cela aussi, cela lui faisait mal. Physiquement et moralement.
Il se dégoûtait – Harry Potter le dégoûtait – mais.
Mais il ne pouvait plus bouger.
L’un des garçons qui versait du whiskey sur le torse de Potter – celui penché au-dessus de son visage qui l’embrassait goulûment à intervalles réguliers – s’interrompit soudain et posa son regard embué sur Draco.
Potter releva la tête, surpris.
Encore une fois – le vert contre le gris.
Et ce désagréable petit sourire mort sur ses lèvres gonflées.
« Qu’est-ce que tu fous là, Malfoy ? » demanda-t-il d’une voix douce – si douce que Draco crut l’avoir imaginée. « La première fois ne t’as donc pas suffi ? »
Et Draco ne pouvait pas répondre.
Parce que tout à coup, il ne savait plus ce qu’il faisait là, de quel droit il se trouvait ici, dans cet endroit glauque et sale.
Parce que oui, évidemment, c’était bien Harry Potter qu’il avait vu la veille, il savait depuis le début qu’il ne s’était pas trompé.
Et Potter aurait beau nier tout ce qu’il pouvait à la lumière du jour, Draco, lui, savait. Potter savait, ils savaient tous les deux et cela aurait dû lui suffire – car il avait bien conscience à présent des regards gênés de Terry Boot et des autres étudiants plus tôt dans l’après-midi.
Tout le monde était au courant.
Personne ne disait rien.
Personne ne dirait rien.
Tant que Harry Potter tiendrait le masque, tant qu’il garderait les apparences et qu’il ne serait pas trop gênant, personne ne s’inquiéterait de son sort.
Il n’y avait que lui, Draco, qui avait ressenti le besoin de constater par lui-même, de voir de ses propres yeux si la rumeur était vraie, de réaliser qui était devenu Harry Potter.
« - Eh bien, tu as perdu ta langue ? » la voix de Potter s’éleva de nouveau, gentiment ironique. « Dommage… »
Draco sursauta, son cœur s’affolant dans sa poitrine – que venait-il de dire ?
« - Qu’est-ce qu’il y a, Malfoy ? Tu manques cruellement de répartie, ce soir… »
« - Ta déchéance se passe de commentaires », répliqua le jeune homme méchamment.
« - Très bien, dans ce cas, que fais-tu encore ici ? » s’amusa Harry en rejetant nonchalamment une mèche de cheveux noirs qui lui tombait sur le visage. « On dirait presque que ça t’excite de regarder… »
Oui.
Oui, Potter avait mis précisément le doigt sur le cœur du problème. Et il appuyait où ça faisait mal.
Draco était excité – par toute cette fange qui entachait l’aura de pureté du Sauveur.
Draco était excité – par Potter. Douloureusement.
Il gémit imperceptiblement lorsque le jeune homme brun se cambra brusquement en exhalant bruyamment sous une caresse un peu plus franche de l’un des garçons sur ses mamelons.
« - Oui », haleta-t-il, « oui. On dirait bien que ça t’excite, Malfoy…dis-moi, et si tu arrêtais de regarder, et que tu agissais un peu, pour une fois, hmm ? »
Sa phrase s’acheva en un gémissement – tellement lascif que Draco crut un instant que son sexe allait exploser. Il était pétrifié – et pourtant.
Comme il avait envie de bouger – de partir, loin d’ici et de cette atmosphère malsaine, de rester et de s’avancer vers Potter, d’empoigner ses cheveux noirs et soyeux et de mordre la peau tendre de son cou.
Harry eut un sourire – à la fois ironique et tendre, et qui lui chavira l’estomac – le cœur ?
Non.
Non – il fallait qu’il parte d’ici tout de suite – alors pourquoi ne pouvait-il pas esquisser le moindre mouvement ?
« - Tu es un lâche, Malfoy… » souffla-t-il avec délice, alors qu’il s’alanguissait entre les bras de ses compagnons. « Regarde-toi, tu es pathétique, tu meurs d’envie de venir me rejoindre, et tu n’oses même pas bouger…Allez, viens, je ne vais pas te bouffer, encore que… »
La vision fulgurante de son sexe dans la bouche de Potter lui traversa brièvement l’esprit et Draco gronda furieusement – très bien.
Si c’était ce que voulait Potter.
Il allait le satisfaire.
Le rythme lourd des basses s’amplifia encore un peu plus, s’accordant à ses battements de cœur, et il congédia d’un geste méprisant les trois garçons qui soutenaient Potter.
Même pour humilier son ennemi, il ne voulait pas partager avec de vulgaires moldus.
Lorsqu’ils furent enfin seuls, Draco se permit un sourire mauvais, détenteur de toutes les promesses de tortures qu’il souhaitait lui infliger et murmura tout contre les lèvres de Harry :
« - Si c’est ce que tu souhaites, Potter…si c’est ce que tu souhaites. Je me ferai un plaisir de baiser cette jolie bouche. A genoux. »
Oui, il allait franchir ce pas volontairement
Celui qui le ferait entrer de plein pied dans l’univers glauque du Survivant.
Celui qui consacrerait sa supériorité sur le Sauveur.
Celui qui traînerait définitivement le jeune homme brun dans la boue.
Si c’était ce que souhaitait Potter.
Il se mordit violemment les lèvres en sentant des mains fébriles défaire la fermeture de son pantalon et ignora délibérément le goût de cendres qui se propageait sur sa langue.
A suivre…
Voilou :)
Comme vous avez dû saisir, nous continuons sur un point de vue du côté de Draco. Peu de personnages entreront en scène dans l’histoire, car c’est plus un périple intérieur, une petite visite guidée de l’enfer qui réside en chacun de nous avec cette question intéressante : jusqu’où pouvons-nous sombrer ? Où se situe ce fond qu’on est censés toucher à un moment où à un autre ?
J’ose espérer que j’avance vers ce but.
Je vous dis donc à bientôt pour un troisième chapitre.
Baddy