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junon2
Author of 44 Stories

Rated: T - French - Supernatural/Drama - Dean W. & Sam W. - Reviews: 13 - Updated: 11-05-09 - Published: 10-03-09 - id:5418052

Merci à Élise pour la correction

Merci à Lil' Djinn, Lydean, deaina et Jubei-Kazuki pour leur review et soutiens. Merci aux lecteurs anonymes aussi.

Note de l’auteur : Désolée du retard, j’ai repris le travail et la semaine fut plus remplie que d’ordinaire. Je prends quelques libertés concernant le couteau de Berry et son origine, par facilité et pour rester dans l’esprit de la série. Je sais bien que tout n’est pas historiquement vrai dans mon explication, mais vous en m’en voudrez pas, n’est-ce pas ?

POV alterné, présence de POV externe.

Bonne lecture.


Chapitre 4 : Mise au point

Argyle, Minnesota

Peter Johnson gare sa voiture dans l’allée pavée devant son garage. Il soupire, sa soirée avait pourtant bien commencé, mais voilà la belle, qui l’avait allumé, s’était éclipsée rapidement après leur danse. Il l’avait cherchée pendant un certain temps dans la discothèque avant d’abdiquer et de se rabattre sur une autre « proie » susceptible de finir la nuit avec lui. Et il avait trouvé : une moins séduisante et attirante que la blonde, mais suffisamment pour qu’il passe la nuit avec elle. Et il ne s’en plaint pas, la nuit fut plus qu’agréable. Et maintenant, il est devant chez lui à 6 heures du matin, cherchant quelle excuse il va servir à son épouse. Il sait très bien qu’elle s’est inquiétée toute la nuit de ne pas le voir revenir de sa « soirée entre hommes dédiée au football ». Il se doute qu’elle n’est plus dupe de ce mensonge qu’il lui sert à chaque fois qu’il sort pour la tromper avec une inconnue rencontrée au hasard des clubs du coin. Il pense même que certains l’ont croisé et vendu à son épouse. Mais elle reste fidèle à elle-même, et ne lui reproche rien. Non, elle préfère attendre assisse dans le divan, les jambes repliées sous elle qu’il rentre. Il est sûr qu’il l’a trouvera dans le salon, la peau blanche marquée par des cernes, le regard hagard d’avoir veillé toute la nuit.

Et pourtant, il n’éprouve aucun remord, ou presque, parce que cela valait franchement le coup de découcher cette nuit !

Peter sort de sa voiture après quelques minutes à se remémorer sa folle nuit. Un nouveau soupir s’échappe de ses lèvres, se transformant en petit nuage blanc dans l’air glacial de cette nuit hivernale. Il resserre un peu le col de sa veste et se dirige vers la porte d’entrée. Il hésite entre sonner ou ouvrir la porte avec ses clés. Il opte pour la seconde idée, histoire d’éviter la discussion si son épouse dort et ne remarque pas son retour. Avant d’entrer, il jette un regard à la rue dont les trottoirs sont immaculés de neige, les réverbères donnent une lumière diffuse et un peu féerique à l’ensemble, surtout avec les ombres des arbres dessinant d’étranges formes sur le sol.

Il se décide enfin à passer la porte d’entrée avec un faux sourire d’excuse sur le visage.

Etrangement aucune lumière ne s’allume, Suzanne, son épouse, n’apparait pas dans l’encadrement du salon, avec son air mi-heureux mi-déçu sur le visage. Il n’entend pas non plus sa voix qui le questionne depuis le premier étage ou la cuisine. Il règne partout un silence mortel, et la maison est froide. Il allume lui-même les plafonniers du couloir, trouvant soudain rassurant leur lumière artificielle qui éclaire sauvagement tout. Il plisse d’ailleurs un peu les yeux pour s’habituer à la clarté soudaine. Il hésite à appeler son épouse et attend de voir si son geste l’a réveillée.

Toujours ce même silence horrible et pesant, ce même froid inhabituel dans sa maison.

Elle n’aurait quand même pas déserté chez ses parents avec une demande de séparation ? Il l’a peut-être lassée au final avec ses aventures et ses mensonges incessants sur tout et rien. Un nouveau soupir et il se dirige vers le salon, décidé à se prendre un dernier verre de whisky avant d’aller s’allonger et de dormir un peu. Il verra bien demain matin où est Suzanne… En passant il allume la lumière du lustre…

Et se fige immobile, les yeux exorbités… Il retient difficilement un cri dans sa gorge qui se noue.

En face de lui, allongée sur le sol se trouve Suzanne. Les yeux de Peter l’observent, incrédule. Il détaille chaque partie du décor lentement comme pour s’assurer qu’il ne rêve pas. Son épouse est couchée sur le dos, les jambes repliées sur la gauche comme si elle s’était évanouie, juste en face du divan. Sa robe de nuit longue est légèrement remontée sur ses jambes, le tissu blanc est orné d’un rouge carmin au niveau de la poitrine. Elle a les yeux fermés, et ses cheveux noirs sont étalés tout autour de son visage, comme une auréole. Ses bras nus sont disposés presque en croix. Vu de loin, on croirait qu’elle dort sur le sol. Peter s’approche de quelques pas, ses yeux restant sur la gorge dénudée de son épouse. Il se sent nauséeux à cause de la forte odeur de sang régnant dans la petite pièce. Il baise les yeux sur ses pieds et constate qui patauge dans une marre de sang. Il recule alors effrayé, comme si il venait juste de comprendre…

Sa tendre épouse, cette femme serviable et sans histoire, a été assassinée d’une manière horrible durant son absence…

Peter recule pour sortir de la pièce, laissant des empreintes sanglantes sur la moquette caramel. Il se dirige lentement vers le téléphone, l’image de son épouse baignant dans une marre rouge et la gorge déchiquetée présente face à ses yeux. Lentement, comme dans un état second il compose le numéro d’urgence alors que les larmes cascadent doucement sur ses joues, et que la nausée se fait plus forte…


Motel d’Argyle, Minnesota, la vieille au soir

POV Dean Winchester

J’observe de temps à autre Sam qui fait des recherches sur son ordinateur portable. Il semble absorbé par ce qu’il lit sur le net. Je rabaisse mon regard sur l’arme que je tiens en main. J’ai décidé un peu plus tôt de nettoyer notre artillerie, chose que je fais chaque fois qu’une chasse devient frustrante faute de preuves concrètes ou d’indices. Et pendant ce temps-là, Sammy utilise son cerveau pour nous trouver de quoi finir le travail. Il faut reconnaitre que nos interrogatoires de cet après-midi n’ont pas été très instructifs, sauf peut-être celui de mon frangin. Mais il ne m’a rien dit, il est rentré et s’est connecté à Internet avec l’idée de vérifier quelque chose. Depuis, il ne relève pas la tête. Je dépose l’arme sur le lit et me dirige vers la chaise de l’autre côté de la mini table. Je m’y laisse tomber bruyamment mais n’obtient aucune réaction de Sammy, qui reste dans son monde.

« Ok Sammy, et si on mettait en commun nos découvertes du jour ! » Je propose après quelques minutes à l’observer.

Comme par miracle, mon frère relève la tête et me regarde. Il m’offre un rapide sourire d’excuse avant de s’installer plus confortablement sur sa chaise, les yeux sur moi et non plus sur son écran d’ordinateur. J’attends un peu qu’il daigne commencer à parler, mais constate vite qu’il reste dans son mutisme. En gros il veut que je commence et je suppose que c’est parce que lui pense avoir trouvé quelque chose d’intéressant. Je cède et finis par dire ce que je sais.

« Rebecca Wilson est une séduisante jeune femme… Tu aurais du la voir dans son tailleur moulant… » Je commence.

« Dean !?! » m’interrompt Sam avec un air de reproche assez éloquent.

« Ok, je doute qu’elle soit la cause de tout cela… Elle connaissait très bien James Anderson et en était amoureuse. Elle l’a avoué facilement. Elle semble totalement hors du coup… » Je finis par déclarer.

« Oui, si ce n’est qu’elle profite de sa mort quand même… » Me rétorque mon frère avec un air sérieux.

« Par jeu de dominos. Cela n’en fait pas vraiment une suspecte susceptible de pratiquer la magie ou d’invoquer un esprit ! » Je déclare en réponse à ses soupçons.

«Peut-être pas directement, je veux dire on peut envisager que quelqu’un l’ait fait pour elle non ? Après tout, James est la seule victime de la « créature »… et sa mort a eu un effet bénéfique sur la vie de Rebecca… » M’explique-t-il.

« Ok dois-je en déduire que tu n’as rien appris de cette charmante nouvelle voisine de mademoiselle Anderson, et que ta supposition est notre meilleure piste ? » je demande, un peu déçu d’être revenu au point de départ.

« Non, pas vraiment. J’ai vu chez Berry quelque chose d’intéressant. » M’avoue-t-il en replongeant sur son ordinateur portable pour surement me montrer un document.

« Berry ?!? Vous êtes vite devenu amis dis-moi » je le taquine avec un sourire narquois.

« Non, c’est juste que son nom de famille est presque imprononçable… Elle m’a suggérait de l’appeler par son prénom. » Se défend-t-il tout en tournant l’écran vers moi. « Regarde ceci »

Je jette un coup d’œil à l’image affichée dans la fenêtre de navigation. Elle représente un couteau ancien, dont la garde est couverte de symboles mystiques qui me sont inconnus. L’arme semble ancienne. Je lis ensuite la légende associée à l’image. En réalité il s‘agit d’un couteau celte. J’observe à nouveau le dessin et essaye de faire un lien entre cet objet et la jeune femme que Sam a rencontrée plus tôt dans la journée. Je n’en trouve aucun, ce qui me fait froncer les sourcils et relever la tête pour fixer mon cadet, attendant qu’il m’éclaire sur le sujet.

« En fait c’est un couteau de sacrifice d’origine celte, datant d’avant Jésus-Christ. Il est réalisé en fer et possède sur sa garde des symboles de protections et d’invocation. Les druides, les prêtres celtes, l’utilisaient quand il sacrifie à la déesse Mère ou aux divinités païennes de la nature. » M’explique-t-il en complément du document que j’ai sous les yeux.

« Je vois, tu penses que cela pourrait être l’arme du crime. Et quel est le lien avec Berry ? » J’interroge, curieux de savoir comment il va relier les deux.

« Elle en possède un semblable en fait. » Finit-il par lâcher, tout à coup il semble un peu embarrassé par sa découverte.

« Ok, donc elle serait notre assassin. Et elle aurait sacrifié James à une divinité païenne celte, pour obtenir quoi ? De bonne récolte ? Gagner au Lotto ? » Je continue mon interrogatoire sentant qu’il ne m’a pas tout dit.

« Je ne suis pas sûr que ce soit elle, Dean. Le couteau est très vieux, la lame ne doit plus rien tranché. De plus, il est exposé aux yeux de tous sur un meuble dans le salon. Quand je l’ai remarqué, elle n’a pas cherché à le dissimuler. Elle me l’a tendu pour que je l’examine… elle semblait à l’aise avec le fait que je sache qu’elle le possédait. De plus c’est une personne très calme et très douce, loin de la sorcière ou du fanatique habituel… » La défend-il lentement.

« Sammy, on sait tous les deux que les apparences peuvent être trompeuses, non ? » Je rappelle cette triste vérité à mon frère avant d’ajouter : « Elle te plait en fait ? »

« Non, Dean elle ne me plait pas du tout » rétorque-t-il en rougissant un peu. Bingo !

« Allez Sam… » Je commence

« Par contre elle m’a surpris, » m’interrompt-il, « elle a deviné que je mentais sur mon identité, mais elle n’a pas eu l’air choquée. Elle dégage vraiment une gentillesse rare et une grande douceur… C’est étonnant. »

« Je vois… Donc elle a l’arme, mais n’est pas notre « créature ». J’ai bien compris ton idée. » Je demande après avoir digérer ses informations.

« Non, je dis juste que c’est une piste plausible, ce couteau. Mais que pour le moment, on n’est vraiment sûr de rien. » Me répond-il avec un léger sourire.

« Ok, tu sais quoi ? Demain on retournera à deux voir ta gentille demoiselle et on verra ce qu’on peut tirer d’elle. » Je finis par lancer avant d’enchainer « Et si on allait manger ? Je meurs de faim moi ! »


Argyle, Minnesota

La rue habituellement déserte est encombrée pour une fois. C’est étrange de voir tous ces gens, dehors si tôt le matin, alors que le soleil pointe difficilement son nez au-dessus des nuages sombres. Mais l’événement est de taille même si il est morbide. Déjà la mort de James Anderson a suscité beaucoup de conversations et de questions, alors celui encore plus énigmatique de Suzanne Johnson secoue la petite communauté. Il n’y a pas de meurtre à Argyle, petite ville tranquille du Minnesota. D’ailleurs de la mémoire des anciens, c’est la première fois qu’on a ce genre d’affaire. Alors en avoir deux en si peu de temps, il y a de quoi faire naitre le commérage et la peur dans la ville. Certains parlent d’un serial killer qui se serait établi dans la ville, d’autres d’une vengeance personnelle ou plus large et les derniers envisagent que les deux affaires ne soient pas liées.

En tout cas la venue des policiers chez les Johnson a fait sortir de chez eux les habitants de la rue, qui sont maintenant attroupé devant la propriété. Chacun émet son hypothèse sur la raison de la mort de Suzanne et en discute avec son voisin. Pour certains, c’est le mari qui la trompait ouvertement qui est le coupable. Même si il présente un visage dévasté et semble vraiment touché par la perte de son épouse. Pour d’autres, c’est une maitresse qui s’est vengée sur l’épouse. Et parfois on mentionne de nouveau le tueur en série.

Les policiers locaux ont bien du mal à faire correctement leur travail avec cette foule anxieuse et curieuse.

Dean et Sam se sont mêlés aux habitants et recueillent par-ci –par-là des informations sur le couple et la cause de la mort. Une mort horrible selon les premiers arrivés sur les lieux, semblable à celle de ce pauvre James Anderson. Les deux frères se lancent de temps à autres des regards de connivences, pour eux c’est la même créature. Et malheureusement elle semble déterminée à encore tuer. Dean est bien décidé à interroger de nouveau cette Berry, si énigmatique. Sam lui cherche plus de détails, persuadé que c’est par l’accumulation de petites choses qui pourront se recouper qu’ils comprendront ce qu’ils chassent. Dans les deux cas, ce n’est pas trop difficile, les gens sont assez loquaces pour une fois, trop choqués et heureux de pouvoir donner leur impression.

Un peu en retrait se tient une jeune femme habillée d’une longue robe verte émeraude et emmitouflée dans un châle noir. Berry, les cheveux au vent, observe la scène d’un peu plus loin. Elle n’a pas envie de se mêler de trop aux autres. L’inquiétude et le doute se lisent sur son tendre visage. Elle reste parfaitement immobile, ses yeux se posent sur les deux Winchester. Elle sait ce qu’ils sont, des chasseurs, des tueurs. Et elle comprend très bien à qui ils pensent face à ces deux meurtres étranges. Elle sait pertinemment qu’elle est au sommet de leur liste de possibilités, et qu’ils se rapprochent dangereusement d’elle.

Soudain elle frisonne un peu, et balade son regard sur la foule. Quelqu’un l’observe, elle en est sûre. Elle finit par remarquer une jeune femme plus loin, qui lui est inconnue. Cette dernière a les yeux posés sur elle et la fixe de manière insistante. Leur regard reste accrochés un long moment avant que l’autre femme n’offre un gentil sourire à Berry. Cette dernière y répond lentement et doucement avant de détourner les yeux. Son regard rencontre alors celui du plus jeune des frères. Gentiment, elle lui offre aussi un sourire tendre. Ensuite, elle resserre son châle et s’éloigne lentement pour rentrer chez elle, au chaud et surtout en sécurité…


Fin du chapitre 4

Voilà si vous êtes chanceux le chapitre suivant suivra très vite.

Sinon continuez à me donner vos impressions sur Berry, cela m’intéresse et est très instructif.

Bien à vous

Junon



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