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Author of 44 Stories |
Bêta-reader : Alietha (merci ma chère )
Merci à Midona, jasen, Yumi et Mola45 pour leur review. Si vous désirez une réponse plus personnelle, laissez votre adresse e-mail.
Note de l’auteur : ce chapitre se situe fin de la saison 2 épisode 22 (au milieu plus ou moins). Je prends d’énorme liberté avec l’aspect temporel de l’épisode, j’en ai conscience, mais les repères temporels étant rare… Imaginons juste que ma version soit plausible. Il n’y a pas de lien directe avec les chapitre 1 et 2 … le temps a passé.
POV Dean et Samuel Winchester
Bonne lecture.
Troisième nuit
POV Dean Winchester
Je l’ai perdu…
Pendant quelques heures, j’ai perdu Sam avec aucun moyen de le revoir. Il est mort dans mes bras, sans que je ne puisse rien faire. J’ai été impuissant face à sa mort, j’ai raté mon rôle de protecteur, de grand frère. J’ai laissé mon cadet se faire enlever et tuer. J’ai vite compris que j’avais perdu Sammy, et je n’ai rien fait pour empêcher les larmes de rouler sur mes joues, je me sentais vide et désespéré. Je l’ai gardé contre moi, en murmurant des mots dont je n’ai aucun souvenir. C’est Bobby qui m’a ramené à la réalité, qui m’a forcé à le lâcher. Il m’a ensuite aidé à le transporter dans une des maisons vides nous entourant et nous l’avons allongé sur un matelas.
Je suis resté près de Sam, à sangloter et à lui parler même si il ne pouvait plus m’entendre. J’ai refusé de suivre Bobby, de continuer à me battre. A quoi cela me sert-il de combattre les démons ? Je n’en avais plus rien à foutre de ce monde, de cette putain de guerre. Ce n’était plus la mienne, parce que j’avais perdu mon petit frère, parce que j’avais échoué à le protéger. N’avais-je pas assez donné dans cette vengeance ? Que me restait-il maintenant que Sammy n’était plus ? J’avais toujours centré ma vie sur lui, sur le fait que je devais veiller sur mon cadet. J’avais payé cher, trop cher ma vie de chasseur : pas d’enfance, ni d’adolescence, pas de relations stables, pas d’avenir autre que les chasses et toute ma famille était morte. Alors pourquoi aurais-je continué ce stupide combat ? Non, ce n’était plus ma guerre et je l’ai dit platement à Bobby.
J’ai aussi refusé de brûler ou enterrer le corps de mon frère comme Bobby me pressait de le faire. Il était hors de question de faire cela. Non, j’avais encore besoin de lui, d’être avec lui. Mon vieil ami a fini par abdiquer face à ma douleur et mon entêtement. Il m’a alors laissé seul, ne disposant pas du temps nécessaire pour me consoler ni pour me convaincre que cette guerre était à finir. Je suis resté seul avec le corps froid de Sam reposant presque à même le sol. Et je lui ai parlé longtemps, toute la journée. J’ai avoué des choses que de son vivant je ne lui ai jamais dit. Je lui ai expliqué combien il était important pour moi ; combien je l’aimais ; combien j’avais besoin de lui pour vivre. J’ai aussi raconté la souffrance que son départ à Stanford avait laissée en moi, la peur que j’avais d’un jour le perdre à nouveau. J’ai déclaré combien j’étais fier de lui, de ce qu’il avait fait, de ce qu’il était devenu. J’ai vaguement mentionné notre passé.
Combien j’aurais aimé qu’il m’entende et sache tout cela. Pourquoi ne lui avais-je jamais dit avant ?
Comment allais-je vivre sans lui ? Que me restait-il comme solution ? Trainer comme une âme en peine ? Me suicider ? Ou alors…
La solution s’était imposée à moi. Malgré ce que j’avais dit après la mort de notre Père, et envers mes propres principes, je me suis dit que c’était ce que je devais faire. Sammy serait de nouveau là, avec moi et je pourrais encore en profiter pendant quelques années. J’ai rassemblé ce que j’avais besoin et après un dernier regard à son corps, je suis sorti. J’ai rapidement trouvé un croisement perpendiculaire de deux routes. J’avais décidé de faire un pacte avec un démon, de vendre mon âme pour le ramener à la vie ; pour retrouver ma raison d’être et d’avancer. A ce moment-là, je n’ai pas réfléchis plus loin que cela : avoir de nouveau mon frère à mes côtés.
J’ai vendu ma vie au rabais : un an contre la vie entière de Sam. Et je n’ai aucun regret…
Et maintenant, il est là face à moi entrain de manger et de parler de cette foutu guerre contre le démon. J’ai des difficultés à me concentrer sur ce qu’il dit. Je suis déjà étonné qu’il ait accepté de se reposer un peu avant de rentrer chez Bobby et de reprendre la chasse au démon aux yeux jaunes. Sam semble vraiment vouloir se venger et mettre fin à tout cela. Je suis surpris qu’il n’ait aucun souvenir de sa mort, mais au fond c’est peut-être mieux. Pour une fois, j’ai menti à Sammy, je lui ai raconté qu’il était juste blessé et inconscient, avant de le serrer dans mes bras, histoire d’être sûr qu’il soit bien vivant. Il n’a posé aucune question et semble croire que Bobby l’a soigné. Cela me rassure en partie. Mais combien de temps pourrais-je lui cacher la vérité ? Il faudra bien un jour lui avouer ce que j’ai fait ou alors attendre qu’il le découvre lui-même.
Mais pour le moment, je veux juste profiter de sa présence, du temps qu’il me reste à passer avec lui.
« Dean, pourquoi tu souris bêtement ? » Me demande-t-il après une brève pause dans son monologue.
« Oh pour rien… Je suis juste content que tu ailles mieux. » Je mens en le regardant droit dans les yeux. Comment puis-je faire cela à la personne qui m’est la plus chère ?
« Ok… Tu deviens sentimental vieux ! » Me renvoie-t-il avec un mini sourire moqueur sur les lèvres.
« Mais non pas du tout ! C’est toi la fille de nous deux, incapable de te défendre tout seul ! » Je rétorque pour le taquiner, avec un sourire amusé.
Sammy se contente de lever les yeux au ciel et de secouer un peu la tête. Il préfère ne pas me répondre, sachant qu’alors la conversation partira en n’importe quoi et mini chamailleries s’il le fait. Je continue de sourire en le regardant, savourant pleinement sa présence. A partir de maintenant, chaque minute est précieuse et je désire en profiter au maximum. Je désire emporter avec moi un maximum de souvenirs heureux…. Je ne réalise pas encore que le temps m’est réellement compté, en fait. Sam finit son repas et se lève près à prendre la route. Moi, je n’en ai pas envie… Je désire rester encore un peu seul avec lui, hors de cette guerre et de nos chasses habituelles. J’ai besoin d’encore un peu de temps avant de me replonger vraiment dans ma vie, juste quelques heures…
« On devrait y aller, pour rejoindre Bobby au plus vite. » Propose Sammy avec un air déterminé.
« Ça peut attendre demain matin… Il fait nuit, tu as été blessé autant qu’on dorme ici et parte demain très tôt. » Je réponds en lançant un regarde dehors, où il fait déjà nuit.
« Dean… on a une guerre à finir et Bobby a besoin de nous… on ne va quand même pas attendre pour aller le rejoindre ? » Me rétorque-t-il sérieusement.
« Quelques heures de repos ne nous feront pas de mal et ne changeront sûrement rien aux événements ! » Je déclare, peu enclin à me trouver maintenant face à Bobby, « Et puis dis-moi, à quoi vas-tu servir si tu n’es pas en forme ? »
J’offre à Sam mon regard qui sous-entend que la décision est prise et donc la conversation finie. Il le soutient, affichant ouvertement sa désapprobation. Le silence s’éternise alors que nous nous regardons fixement droit dans les yeux. Je suis étonné qu’il n’argumente pas plus que cela pour avoir le dernier mot. Sammy abdique en premier, il détourne le regard et s’éloigne de la table. Il se dirige vers le matelas où plus tôt dans la journée il était couché. Je le vois enlever sa veste et s’allonger, me tournant le dos délibérément. Certes il accepte ma décision et s’y plie, mais il me montre son désaccord en me niant.
J’observe un peu mon petit frère bouder dans son coin. Un sourire amusé se dessine sur mes lèvres et je me mords pour ne pas éclater de rire face à son comportement puéril du moment. Je débarrasse lentement la table et remets les emballages en carton dans le sac en plastique. Je prends mon temps pour faire chaque geste. Je sors ensuite vérifier qu’il n’y a rien dans les alentours sans un regard pour Sammy, qui reste immobile. Après quelques minutes à me dégourdir les jambes dehors, je reviens lentement vers la maison où nous passerons la nuit. Une fois à l’intérieur, je peux constater que Sam n’a pas bougé d’un centimètre et j’imagine qu’il s’est endormi.
Il est temps pour moi aussi de me reposer un minimum, surtout que ces deux derniers jours ont été lourd émotionnellement. J’ai très peu dormi depuis la disparition de Sam au fast-food, obnubilé par le fait que je devais le retrouver. Et là je ressens la fatigue et la douleur dans mes membres qui crient au repos. Il me faut donc trouver à mon tour un matelas pour m’allonger, à moins que je dorme à même le sol… Mes yeux se posent sur Sammy et je me fige.
Et si… ?
J’hésite un peu, les yeux fixés sur Sam. Je m’approche lentement et silencieusement de lui, pour rester à quelques pas. Ce n’est pas dans mes habitudes de chercher un contact physique, j’évite cela autant que possible en général parce que je me sens souvent mal à l’aise. Mais je l’ai perdu pendant quelques heures et je ne dispose plus que d’un an de vie. Étrangement, j’ai besoin de me rassurer qu’il est bien là, en vie avec moi ; besoin d’entendre sa respiration et de sentir son cœur battre ; de ressentir sa chaleur corporelle… Tout ce qui peut me prouver que oui mon frère est bien vivant !
Alors même si je sais que Sammy posera des questions demain, je laisse mon instinct choisir pour moi. Je me débarrasse de mon manteau et m’allonge sur le matelas près de lui. J’attends quelques minutes avant de me rapprocher de lui et de passer un bras autour de sa taille. Ma main frôle la sienne, posée contre sa poitrine, et la tiédeur de sa peau me rassure. Je ferme les yeux soulagé et heureux. Et j’attends que le sommeil me prenne à mon tour.
« Dean, tu es sûr que ça va ? » La voix de Sam brise le silence et me fais légèrement sursauter. Je retire mon bras de sa taille et m’éloigne de lui un maximum.
« Oui, pourquoi ? » Je demande après quelques secondes de silence. Je suis embarrassé qu’il ne dorme pas. Et l’explication quant à mon geste est devenue inévitable, ce qui est source de stress pour moi peu habille avec les sentiments et les mots.
« Sais pas… Peut-être parce que ça ne te ressemble pas de me coller comme cela… D’ailleurs depuis quand on dort dans le même lit ? » Rétorque-t-il toujours en me tournant le dos. Bonne question… Allez Dean trouve une parade, tu fais ça si bien en général…
« Depuis que tu t’es collé à moi sous prétexte que ça te rassurais ! » Je renvois un peu trop agressivement. Mais je me sens acculé, là.
« Oh… Et là monsieur a besoin d’être rassuré, je suppose !» Ironise-t-il. Je préfère ne pas répondre et me contente de fermer les yeux.
« La ferme, Sam… » Je finis par lâcher n’allant pas plus loin. De toute manière comment pourrais-je lui expliquer. J’ai envie de le fuir, d’aller dormir dans mon Bébé, seul et tranquille. Le silence s’installe juste perturbé par nos respirations lentes.
« Et si tu me disais simplement ce qui se passe, Dean. » Finit par proposer Sam d’une voix beaucoup plus clame et posée.
« Rien, il ne se passe rien. » Je lâche dans un soupir. De toute manière, je serais incapable de verbaliser tout ce qui me passe par la tête et que je ressens.
« Pourquoi tu refuses toujours de me parler quand tu vas mal ? » Interroge-t-il subitement, me prenant un peu au dépourvu. « Pourquoi fuis-tu toujours ? »
« Hein ?!? N’importe quoi ! Je ne fuis pas… » Je réponds un peu trop vite pour être vraiment sincère.
« Dean… S’il te plait pour une fois, dis-moi juste ce qui te préoccupe tant… » Plaide-t-il. C’est étrange, je n’ai pas besoin de voir ses yeux de chiots pour lui céder. Peut-être parce que j’ai besoin que cela sorte.
« J’ai… hum… J’ai cru que j’allais te perdre Sammy … » Je murmure d’une voix incertaine.
« Je comprends… J’aurais réagis de la même manière je suppose, si tu avais été gravement blessé… Comme la dernière fois, quand tu as fini à l’hôpital à cause d’une électrocution. Tu te rappelles ? » Dit-il en réponse à ma mini déclaration.
« Hum, je me souviens surtout que tu voulais à tout prix me sauver… » Je réponds avec un petit sourire amusé. Sam peut vraiment être têtu quand il veut, et cette fois-là il a démontré qu’il était bien un Winchester.
« D’accord…voyons… Alors quand tu étais dans le coma ? Chaque fois que tu lâchais un peu plus, j’avais la certitude de te perdre… J’ai ressenti un énorme soulagement quand tu t’es réveillé… » Continue-t-il dans ses exemples.
« C’est bon, je crois que j’ai compris où tu voulais en venir… » Je déclare après un léger soupire. Je préfère qu’on arrête là plutôt que de faire la liste des nombreuses fois où l’un de nous deux à failli y rester.
Le silence se réinstalle, mais cette fois il est confortable. Sam se tourne complètement histoire de pouvoir me regarder. Il m’offre un sourire rassurant et tendre à la fois, et je me sens un peu plus vivant, une douce chaleur se rependant en moi. Il est le seul à pouvoir me faire me sentir bien juste avec un regard et un sourire. J’hésite à le reprendre contre moi, et silencieusement quémande sa permission des yeux. Il ne dit rien, ne fait rien. Cependant je peux lire son approbation. Alors lentement, peu sûr de moi et maladroitement, je me rapproche de lui et repasse mon bras autour de sa taille. Le sourire de Sam s’agrandit un peu me donnant l’impression qu’il n’attendait que cela. A son tour il se rapproche de moi, et pose son front contre mon torse, avant de fermer les yeux. Je me sens bien comme cela avec lui contre moi. La tristesse, la peur, le doute m’ont quitté, je suis juste paisible et heureux. Je ferme à mon tour les paupières et laisse le clame qui m’envahit détendre mes muscles et me conduire vers le repos…
Fin chapitre 3
Un peu plus court désolée. Ensuite je ne le trouve pas super ce chapitre… mais j’ai eu un mal fou à l’écrire. Alors voilà, j’espère ne décevoir personne.