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Books » Twilight » C'était écrit
maielle
Author of 13 Stories
Rated: M - French - Carlisle & Esme - Reviews: 14 - Published: 01-10-10 - Complete - id:5656728
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Bloody Valentine one shot contest

cas: C'était écrit.

avocat de la défense: Maielle

suspects: Carlisle et Esmé

responsabilité: Les personnages appartiennent à S. Meyer

pour participer ou lire les autres OS du concours rendez-vous sur http:/ www . fanfiction . net/ community/ Bloody _Valentine_contest/ 76893/


Je soupire. Encore un jour de garde. Interminable. Long. Difficile. Pénible. Souvent pour ne rencontrer que la misère exacerbée. Misère? Oui, dans tous les sens du terme.

Misère financière, lorsque vous croisez des mamans en détresse, incapables de nourrir leurs enfants, qui n'ont d'autres solutions que de solliciter le centre hospitalier pour un repas chaud, inventant n'importe quel stratagème pour que l'on garde le fruit de leur chair, prêtes à inventer une maladie imaginaire pour qu'il soit juste... au chaud... avec de la nourriture... quand on pense à l'horreur que représente le plateau-repas à l'hôpital... mais au moins, quelque chose, n'importe quoi sera dans l'estomac de leur progéniture et l'aidera à calmer ce trou béant dans son ventre...

Misère affective. Savez-vous ce que c'est que d'écouter une personne qui n'a aucun souci de santé, mais qui se sent tout simplement... seul? Qui n'a d'autres solutions que de venir ici, à l'hôpital, aux urgences, pour que quelqu'un daigne l'écouter... certes, d'une oreille distraite, mais qui l'écoute quand même, parce que tel est son rôle, qu'il a signé pour cela, qu'il a fait des études pour cela.

Misère psychologique des noirceurs humaines, des non-acceptations de leurs destins, des schizophrénies, des autres déviances vers lesquels notre monde qui avance si vite, trop vite pour certains, les entraînent inéluctablement... sans que nous autres, pauvres hères sans remède, puissions faire autre chose que de les adresser à des centres spécialisés qui les détraqueront davantage à coup d'éléctrochocs ou de médicaments neurologiques dévastateurs. Qui ne serviront qu'à enrailler plus encore la machine... parce que la machine a juste besoin d'amour... et qu'aujourd'hui, l'amour, ça se payes au prix fort...

Misère affolante... celle de destins brisés, qu'un accident qui aurait pû être si facilement évité rend inéluctable... vie détruite, avenir à réinventer, jeunes sans espoir pour lesquels il faut quand même savoir ré-insuffler ce germe de désir de croire encore en quelque chose... une goutte d'alcool de trop, une fumée de cigarette qui-soit-disant-fait-rire de trop, une piqûre de trop, un cachet de trop, un acte d'amour sans protection de trop, et là, tout s'écroule, plus rien n'a d'importance que la noirceur d'une existence brisée.

Et pour tout cela, tout CELA, nous sommes là. Nous autres, pauvres humains noyés dans la masse de nos congénères, nous sommes là. Parce que tel est notre rôle. Parce que nous en avons fait le serment. Aider notre prochain. Au moment d'être admis à exercer la médecine, c'est ce que l'on promet: « Je ferai tout pour soulager les souffrances ».

Voilà, c'était pour tout cela que j'avais signé. Et chaque jour qui passait, chaque minute, chaque seconde, j'étais transporté par cet idéal. C'était ce pour quoi j'étais fait. Je n'étais bon qu'à cela. Et pourtant... J'étais vide. Rien ne me touchait. Personnellement. Rien ne m'atteignait. J'étais comme ça. Froid. De la pure glace. Je m'étais forgé une carapace indestructible. Parce que je ne pouvais pas faire autrement. J'avais compris que si je me laissais toucher, ne serait-ce qu'une fois, une seule fois, c'en était fini de ma raison, fini de l'aide que je pouvais apporter aux autres. Cynisme? Oui, sans aucun doute. Mais c'est ce qui me permettait d'exister, de continuer à avancer, de penser que j'avais une existence en tant qu'être humain, d'avoir une place en ce bas-monde. Parce que lorsqu'on travaille aux urgences, ce qui compte, c'est d'être... efficace. Réactif. Et je n'existais que lorsque j'enfilai ma blouse blanche immaculée, armure efficace contre les misères humaines.

Jusqu'à ce soir. Encore un soir de garde. Encore un soir à broyer du noir. Encore un soir... comme tous les autres soirs... nuit interminable dans l'obscurité de ma vie.

Cafétéria de l'hôpital. Beurk. Je chipote, jouant avec cette... comment les soi-disant cuisiniers appellent-ils cela? Oui, Moussaka, aubergine et agneau. Liquide vaisselle et lessive mélangées à mon avis. Je ne donnerai même pas cela à un chaton affamé. Et pourtant! J'aurai dû être humble, j'aurai dû être heureux d'avoir quelque chose à mettre dans mon estomac. Mais j'étais trop détaché de toutes ces turpitudes humaines, ces turpitudes bassement matérielles... ce que mes papilles sentaient, c'était ce non-goût, ce rien... reflet de mon existence. Rien n'avait de saveur dans mon monde.

Pager qui vibre contre ma cuisse. Soupir. Encore quelque chose de grave. Prépares-toi Cullen, prépares-toi, armes ton esprit...

Pas de cris dans les couloirs. Pas de remue-ménage comme tous les soirs... juste cette infirmière dans sa blouse rose... pourquoi est-elle là s'il n'y a rien de grave? Je ne comprends pas.

- « Docteur Cullen, je suis profondément navrée de vous avoir interrompu lors de votre dîner, mais il y a là cette jeune femme... elle ne veut avoir affaire qu'à vous, elle ne réclame que vous... »

- « Pas de problème, je vais m'en charger. Dans quelle chambre l'avez-vous admise? »

- « Chambre 1402 Docteur »

Ah, ironie du sort tout de même! fugitivement, je me rappelle... nous sommes le 14 février, jour de la Saint Valentin! 14 février... je secoues la tête... chambre 14.02!

Que veut dire la Saint Valentin? Rien, sinon encore plus de cas désespérés ce soir. Toutes ces espérances générées par cette fête si mercantile... et tant d'attentes déçues, brisées! Je suis heureux d'être célibataire, je n'ai pas à me soucier de tout ce cinéma autour de la « fête des amoureux ». Faîtes-moi rire plutôt! Fêtes des fleuristes, chocolatiers peut-être. Mais des amoureux? Ah! Si l'amour pouvait se mesurer au nombre de chocolats ou de fleurs qu'on offre en un seul jour, peut-être que cette aurait raison d'être... mais qui a dit que l'amour pouvait s'acheter? Se marquer?

Je secoues la tête. Encore une jeune fille éplorée, cruellement déçue par un chagrin improbable, et dès demain, après quelques paroles réconfortantes, elle aura oublié jusqu'au nom de l'abruti qui l'aura blessé.

J'entre sans prendre le temps de toquer à la porte (après tout, je suis le médecin, nous ne sommes pas à l'hôtel), « Docteur Carlisle Cullen », je me présente formellement, rapidement, succinctement, et sans autres préambules, me saisit de la fiche accroché au bas du lit, sans même jeter un regard à la jeune femme allongée. Blablabla, jargon médical. Elle n'a pas l'air d'aller si mal que ça cette dame. Oui, cette dame. Parce qu'elle a à peu près mon âge.

Et puis... et puis là... je lève les yeux sur ma patiente. Bordel. De. Merde. Un visage en forme de cœur. Un regard éteint. Mais si vert. Si captivant. Et pourtant si absent. Et pour la première fois de ma vie, pour la première fois, j'ai envie que quelqu'un, elle, me regarde autrement, qu'elle me regarde comme un homme. Parce que dès que j'ai posé les yeux sur elle, je me suis senti... vivant. Dur. Comme jamais je ne l'ai été. Je suis le docteur Carlisle Cullen, je ne fais pas ce genre de chose, je ne craque pas physiquement sur une patiente. Jamais. D'ailleurs, je ne craque jamais sur personne. Je suis indifférent aux charmes féminins. Indifférent bordel. Surtout face à une jeune femme meurtrie. Sans défense. Esseulée.

Et pourtant. Son visage en forme de cœur. Si joli. Si doux. Sa chevelure aux reflets incroyables même ici, dans ce contexte hospitalier aux lumières blafardes, ses lèvres charnues et douces, ses petites mains aux longs doigts fins... Non Carlisle, non. Je ne sais pas comment gérer la situation. Parce que je ne l'ai jamais vécu. Bon Dieu. Machinalement, je jette un coup d'œil à sa fiche. Esmé. Oh, comme son prénom lui va bien. Plein de douceur. Mais pourquoi est-elle ici? Qui est le monstre qui a eu le cran et l'audace de blesser un Ange? Elle ressemble à une petite fille recroquevillée dans ce lit. Et mon cœur. Mon cœur que je ne savais même pas exister, bat pour elle. Bat une chamade impossible.

Je me donne un coup de fouet aussi fort qu'un coup de pied au cul, et vais l'ausculter... mes mains tremblent comme jamais cela ne m'est arrivé, même pas lorsque je dépeçais les pieds de cochons pour y faire des sutures. Elle me regarde sans me voir, comme si j'étais invisible. Cruelle déception. Je souris pour la rassurer. Pourquoi ais-je besoin de la rassurer? Je ne sais pas ce qu'est la compassion... je ne sais pas. Alors pourquoi pour elle mes réactions sont-elles différentes de celles dont j'ai l'habitude?

Et brusquement, ses yeux, ses magnifiques yeux verts brillent d'une flamme incroyable.

Comme si elle m'avait reconnu.

Comme si elle m'attendait.

Comme si elle savait qui j'étais.

Comme si elle pouvait lire au plus profond de mon âme.

J'ai l'impression d'être mis à nu devant son regard de braise. Et son sourire! Tout son visage semble s'illuminer lorsqu'elle sourit. Je reste noyé dans son visage, incapable du moindre mouvement. Moi! Durement, j'avale la salive accumulée dans ma bouche, hypnotisé, fasciné, mon corps aussi figé que celui d'une statue. Le monde s'efface, rien n'existe plus qu'elle, son sourire divin, son regard si doux. Tentateur. Elle est mon enfer personnel. Elle est le test de ma résistance. De ma volonté. Elle ne peut qu'être une épreuve pour sonder mes limites, parce qu'elle ne peut pas me vouloir moi. Personne ne peut me vouloir. Personne.

Et pourtant, elle se lève, se rapproche de moi, sensuelle, ses longs cheveux formant comme un halo de douceur autour son visage angélique... elle ne porte pas la tenue réglementaire de l'hôpital, elle est vêtue d'une longue robe blanche en mousseline, douce, fluide, qui la fait ressembler plus encore à une créature divine. Mes yeux perçants s'attardent sur sa fine silhouette, remarquant ses petits pieds menus. Même ses orteils sont parfaits. Pourquoi ne porte-t-elle pas de chaussettes? Elle risque d'attraper froid sur le carrelage gelé me dis-je d'une façon totalement incongrue. Je suis perdu dans la contemplation de cette apparition, paralysé. Impuissant à arrêter sa blanche main lorsqu'elle la pose avec la légèreté d'une plume sur ma joue. Fermant les yeux, je m'enivre de son parfum. Et ne me rends pas compte qu'elle a posé ses lèvres sur les miennes. Un baiser aussi doux et délicat qu'une aile de papillon. Aussi fragile et d'autant plus délectable.

Et ce simple baiser est ma perte. Le feu qui ravage mon cœur depuis que mon regard s'est posé sur elle s'étend, brûlant tout sur son passage, consume chaque particule de mon être, je n'ai plus de raison, la seule chose qui me fait encore être tenir sur mes deux jambes, c'est le désir de me fondre en elle. De laisser la bête parler en moi. Elle ne sait pas qui elle a en face d'elle, elle ne sait pas le monstre qu'elle a réveillé. Et le monstre ne veut plus être muselé, il veut s'exprimer. Ma volonté est anéantie. Et pour la première fois en ce qui me semble être des siècles, mon besoin est plus fort que ma raison. Je n'ai plus d'humanité à laquelle me raccrocher. Je ne suis que pulsions qu'elle a réveillé dans l'innocence de son geste.

Ma main attrape avec vigueur son cou fragile, passant dans ses cheveux... si doux, si incroyablement doux, soie coulant à travers mes doigts, chaque fibre électrisant ma peau hypersensible. Ma bouche s'écrase sur la sienne, cherchant à livrer une bataille érotique avec sa langue, bataille que je ne suis pas sûr de remporter... ses bras fins encerclent mon cou, répondant à l'urgence de notre étreinte... comment peut-elle ne pas avoir peur de moi? De mon désir? Je ne comprends pas, et je n'ai pas envie de réfléchir à cela pour l'instant. Elle me provoque, collant son délicieux corps contre le mien, créant un besoin animal entre nous. Je pousse un rugissement bestial. Jamais un tel son n'était pas sorti de ma gorge, mixe de mon désir primaire et de l'urgence qui l'accompagne.

Je me sens fort, dominateur, puissant comme jamais. Elle me rend comme cela. Elle me libère. Je n'ai plus aucune inhibition, je ne suis plus que sensation. Et je veux plus. Beaucoup plus. Je veux me fondre en elle, fondre dans sa chaleur, la marquer et la proclamer comme mienne. Elle est d'une douceur incroyable, et cette douceur, loin de calmer mes ardeurs, ne fait qu'amplifier ce besoin de possession de sa féminité. Elle s'offre à moi et j'accepte ce cadeau. Parce que plus rien ne compte plus que le feu qui ceint mes reins. Pour nous deux. Je crois devenir fou lorsque ses petites mains viennent se loger dans ma tignasse, griffant avec urgence mon cuir chevelu, puis, sans crier gare, se saisissent de ma bouse, arrachant les boutons au passage... et inexorablement, ses mains se promènent le long de ma colonne vertébrale, soulèvent ma chemise, palpent les muscles de mon dos, laissant des traces brûlantes sur leur passage, puis, dans un mouvement d'un érotisme fou, enrobent mon postérieur, malaxant mes fesses pour me rapprocher d'elle, créant une friction délicieuse et pourtant insuffisante.

Elle me veut comme je la veux. Je peux sentir les effluves de son désir, je peux entendre les battements sourds et puissants de son cœur, précipités, désordonnés, et collé contre elle, ce rythme trouve écho en moi, me donnant le sentiment d'exister. Je gémis dans sa bouche face à son assaut, elle ne peut qu'avoir remarqué comme mon sexe est dur contre elle, dur pour elle. Mes mains, mues de leur volonté propre, glissent le long de son cou de cygne, s'attardent sur la jointure délicate de sa nuque et de son épaule. Sa peau de pêche est veloutée sous mes doigts fébriles, chaude, si chaude. Je rencontre la fermeture éclaire de sa robe, et sans y réfléchir, la fait coulisser, laissant sa robe virginale tomber à ses pieds comme un petit nuage duveteux.

Ma respiration se bloque face à l'apparition parfaite qui s'offre à mes yeux de prédateur. Sa silhouette est longue, fine, déliée et souple, j'en jurais. Sa poitrine voluptueuse est enserrée dans le plus délicat des carcans de dentelle, son ventre est ferme et plat, et sous son slip, là, palpitant, son sexe humide qui m'appelle. Je recule face à sa beauté parfaite, pour mieux l'admirer, pour me délecter de sa vision, pour l'imprégner dans ma mémoire, comme le tableau d'un grand maître dont on ne peut admirer l'ultime beauté qu'en prenant de la distance. Ses yeux brillants me dévisagent avec gourmandise, elle lèche sa lèvre inférieure, ses pupilles brillent de l'éclat de la passion à l'état brut. Elle ôte son soutien-gorge dans un mouvement de grande sensualité, et sourit lorsque ma bouche s'ouvre d'envie face à sa poitrine... ferme, ronde, les tétons bruns et saillants. Des veines bleues qui parcourent son sein blanc comme un bustier naturel. Féminité absolue. Mes yeux doivent brûler de la même intensité que les siens, plus même, cela fait tellement longtemps que je n'ai pas laissé parler ce côté sauvage de ma personnalité.

Ce n'est certainement pas son comportement qui me fera retrouver la raison. Ses blanches mains se rapprochent de mon torse, l'effleurant à travers la chemise. Je ferme les yeux pour savourer la sensation. Inconsciemment, je sens qu'elle déboutonne chaque attache, et soupire lorsqu'elle fait tomber mon vêtement au sol, en effleurant mes épaules dans sa manœuvre. Je ne veux pas ouvrir les yeux, prisonnier du bien-être qui s'insinue en moi, prisonnier de l'anticipation de ses mouvements. Mais lorsqu'elle s'attaque à la boucle de ma ceinture, puis ouvre mon pantalon dans un geste vif, faisant tomber ce dernier avec mon boxer, je ne peux plus rester inactif.

Un grondement sourd résonne dans ma poitrine, emplissant la chambre d'une sonorité bestiale. Elle ne me laisse aucun répit, et à genou devant mon sexe tremblant, elle caresse mes bourses, les prenant dans sa petite main comme un précieux bijou, les faisant rouler dans ses paumes, jouant à me faire languir. Ma respiration commence à devenir difficile. Mais cela n'est rien face au débordement de plaisir lorsqu'elle englobe mon pénis dans sa moiteur. Le fauve est vraiment lâché. J'agrippe fermement sa chevelure, imposant mon rythme, regardant mon sexe entrer et sortir de sa bouche, et bon Dieu, c'était vraiment bon. Sa petite langue me titillait, entrait dans ma fente, puis s'enroulait autour de moi, pour m'engloutir jusqu'au fond de sa gorge. Oh, j'aurai aimé me laisser aller, j'aurai aimé... mais ce que veut la bête en moi, c'est plonger entre ses cuisses longues, découvrir son intimité la plus cachée.

Je relève brusquement sa tête, l'obligeant à se redresser, et sans un mot, écrase mes lèvres sur les siennes, sentant mon goût à travers sa salive, grondant d'un désir plus puissant que jamais. Je la renverse sur le lit, petit Ange fragile face au Démon. Je respire durement, j'ai trop envie de la goûter, dans tous les sens du termes. Et je ne vais pas me gêner, surtout lorsqu'elle commence à bouger ses hanches, que ses mains effleurent ses seins, titillent ses tétons, puis dans une danse sensuelle, se dirigent vers son intimité, écartant ses lèvres, effleurant son clitoris du bout de l'index, la tête renversée, le souffle rauque. C'est moi qui doit être là, ce ne peut qu'être moi.

Sans douceur, j'ôte sa main d'entre ses cuisses, et la remplace par ma bouche, dévorant son petit bouton de rose, léchant, suçant, aspirant sa petite protubérance, mes mains soulevant ses fesses pour avoir meilleur accès, puis plongeant ma langue en elle, me délectant des gémissements de plaisir qu'elle émet, des sucs qui coulent d'elle et dont je m'abreuve avec avidité. Jamais je n'ai eu aussi soif, jamais un nectar n'a été aussi bon. Ses mains s'enfouissent dans mes cheveux, griffant puis appuyant sur mon crâne, comme pour m'encourager... je n'ai pas besoin d'encouragements, je me désaltère de ce qu'elle me donne, mon cœur peut exploser de joie lorsqu'elle crie sa délivrance, ses parois se resserrant autour de ma langue dans un dernier soubressaut de plaisir.

Et puis, sans lui laisser le temps de réaliser, je surplombe son corps, l'embrassant comme jamais je n'ai embrassé personne. Ses longues jambes fuselées viennent d'elles-mêmes s'enrouler autour de ma taille, son bassin vient frotter contre mon sexe en feu, et tout naturellement, je trouve mon chemin en elle. Entrant délicatement. Muselant l'envie de plonger en elle trop fort, trop vite. Parce que nous voulons savourer tous deux l'intrusion. Nos regards rivés, je me laisse aspirer en elle. Par elle. Jusqu'au bout.

Mon. Dieu. Si elle éprouve seulement la moitié du plaisir que je ressens, je serai le plus fier. Je suis chez moi. A ma place. Son corps est fait pour le mien. Pourvu que tout cela ne soit pas qu'un rêve et que je ne me réveille pas haletant de déception. Mais non, cela n'est pas un rêve. Ses doigts tracent leur chemin sur mon dos, griffant ma peau, puis se posant fermement sur mes fesses, m'intimant l'ordre silencieux de me mouvoir. Ordre que j'exécute avec la plus grande diligence.

Oh. J'aime plonger en elle, j'aime sa chaleur qui m'emprisonne, j'aime ses réponses, sentir sa respiration de plus en plus rapide, la fine pellicule de sueur qui tapisse son corps comme une seconde peau, j'aime comme son sexe entoure mon pénis, accompagnant chaque coup de rein, plus profond, plus fort... Osmose totale. Mon sang pourrait bouillir aussi fort dans mes veines que dans les siennes. Chaque mouvement nous rapproche de la délivrance. Mon sexe est de plus en plus gros, signe annonciateur de l'orgasme... qui ne saurait tarder parce que je sens ses parois m'enserrer brutalement, sa respiration se faire plus difficile encore... Comme j'aurai aimé faire durer notre acte d'amour pour l'éternité...

Je brûle comme je n'ai brûlé qu'une fois, une seule fois dans ma vie. Tout se consume sur le passage du brasier, rien ne peut subsister, tout est détruit. Et c'est ce que je ressens. La douleur en moins. Le plaisir, tout le plaisir, rien que le plaisir. L'incandescence parfait de la volupté à l'état pur. La bête a envie de plus, le monstre en moi veut faire durer cette sensation parfaite pour toujours... elle sait qu'elle peut obtenir ce qu'elle veut avec une simple égratignure. Et quel moment plus propice que celui-là? Où elle est abandonnée entre mes mains? Non, Carlisle, non, ne gâche pas tout. Non, je ne ruinerai pas ce moment parfait... même si son sang chante dans ses veines, même si sa chaleur incroyable m'obsède... j'ai tenu toute une vie, toute ma vie, ce n'est pas pour céder en ce moment-ci d'union parfaite entre nos deux âmes.

- « Mords-moi Carlisle, mords-moi, fais-moi tienne pour l'éternité, tu es celui que j'ai attendu toute ma vie... »

Non, comment peut-elle me dire cela maintenant? Comme si elle lisait dans mon esprit et qu'elle autorisait le monstre à reprendre ses droits, comme si elle voulait devenir... comme moi...

- « Je sais que tu en as envie Carlisle, fais-le, je veux être avec toi pour toujours, s'il te plaît... fais-moi tienne, offres-moi une éternité d'amour, celle que tu es le seul à pouvoir m'offrir...»

Ses mots... Ses mots! Ils sont le reflet de mon désir. J'ai été seul pendant si longtemps. Trouver une compagne comme elle, c'était le rêve de cette non-vie. Je rugis violemment. Comme jamais. La bête a gagné.

Je le veux

Je la veux.

Elle le veut.

Elle me veut.

Et je ne peux plus être seul, je veux vivre, revivre encore cela avec elle, encore et toujours. Elle est là pour moi, elle est ma promise. Je n'ai plus de raison depuis longtemps, depuis que je l'ai vu. Mon envie, son envie, notre envie est la seule chose qui compte à présent. Elle m'offre le plus merveilleux des cadeaux. Une vie partagée... à deux.

Me retirant de sa chaleur, je la retourne sur le ventre. Si elle veut connaître la bête, si elle veut partager la vie du monstre, il faut qu'elle sache... que je ne serai pas toujours aussi doux avec elle. L'obligeant à ployer ses cuisses sous elle, je me saisis de ses hanches, la ramenant brutalement à moi et m'empalant en elle, m'enfonçant jusqu'à la garde. Oh, merde. Elle répond à mon assaut, poussant un gémissement de plaisir. J'entends son cœur battre plus vite encore, un rythme impossible, je sens son sexe si mouillé prendre possession du mien. Je domine, je suis sur elle, et pourtant, c'est elle qui dirige nos coups de hanches, c'est elle qui imprime les mouvements, comme si elle marquait notre accord tacite.

La bête hurle son mécontentement... ne te laisse pas dompter par elle... et pourtant, c'est si bon, sa chaleur, mes mains autour de ses hanches rondes, mon sexe glissant en elle, ses fesses si blanches, si accueillantes. Mes coups violents qui trouvent écho dans ses réactions, comme si je ne pouvais jamais assez profondément en elle, jamais assez loin... et pourtant, mon sexe butte dans le fond de son ventre d'une manière impossible. Et ce n'est pas assez. Ça ne pourra jamais être assez. Jusqu'au moment où dans un mouvement plus brutale, je sens ses parois autour de moi, me serrant d'une manière impensable, m'emprisonnant plus durement que jamais.

Et là.

En ce moment de plaisir inouïe, me laissant submerger, laissant les ondes de jouissances prendre possession de nos deux corps réunis, alors qu'elle cries sa délivrance, le venin que je m'efforçais de retenir inonde ma bouche. Avec un dernier coup de rein plus fort, plus violent, mes dents trouvent leur chemin jusqu'à son cou et transpercent sa peau douce, son sang d'Ange coulant dans ma gorge assoiffée pendant que ma semence se répand en elle et qu'elle pousse un autre cri, joie et douleur mêlés indéfectiblement... Je lèche sa blessure pour que son saignement s'arrête. Pour qu'elle se transforme jusqu'à devenir mon égale, ma compagne... une vampire... Comme moi...

Comment savait-elle qui que j'étais au-delà des apparences? Je n'ai pas envie de me poser cette question maintenant, parce que la réponse, toutes les réponses à toutes les questions informulées, nous aurons tout le temps pour y répondre... c'était écrit... et à chaque Saint Valentin, nous n'aurons besoin ni de fleurs ni de chocolats pour simplement nous rappeler cette évidence: c'était elle, c'était moi, ça sera toujours nous. Pour l'éternité...

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