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Les Ailes de Gaïa
Scribouilleuse : Shakes Kinder Pinguy
Genre : chronique historique, plus ou moins. Mythologie et prise de tête.
Rating : PG-13
Résumé : Des origines de Gaïa à Van et Hitomi, l’histoire de la planète créée par la volonté des hommes.
Disclaimer : Les personnages reconnaissables ne sont pas à moi, les autres oui.
Note : ça fait trois siècles, je sais, et en plus c'est très court... J'ai eu un mal fou à me décider à le mettre en ligne. Comme le nom l'indique, ce n'est que la transition et le chapitre suivant sera plus long. vv Et prendra moins de temps à arriver. Merci de votre patience... ;; ça me fait plaisir de savoir que certains ne désespèrent pas !
III. Renaissance : Origines Perdues
Transition
11. Morpheus
Morpheus se demandait parfois ce que Folken aurait pensé du plan d'Estrellya. Mais de toute façon, si leur protecteur n'était pas mort, ils n'en seraient pas là ; Estrellya aurait gardé le peu de bon sens qu'elle avait et lui-même ne serait pas en train d'essayer de prendre la place de Van Slanzar de Fanel, le souverain le plus craint et aimé de Gaïa.
Folken ne l'avait jamais encouragé à prendre la place des gens. La première règle que le stratège lui avait apprise était de ne jamais, jamais garder une apparence trop longtemps.
"Tu pourrais te perdre, Morpheus. Reste toi-même, toujours."
Quelques années après la mort de Folken, Morpheus reniait tout cet apprentissage pour devenir la personne que son protecteur avait aimée plus que tout. Il ne se sentait pas particulièrement coupable, mais il espérait plus ou moins réussir à raisonner Estrellya. Tuer Van Fanel ne lui paraissait pas une très bonne idée, ce n'était pas gentil pour Folken qui s'était sacrifié pour son petit frère. Rendre le sacrifice de leur protecteur inutile était idiot du point de vue de Morpheus, mais la vision d'Estrellya était tout autre.
Sa haine ne s’était pas apaisée, loin de là.
Néanmoins, ce qui retenait surtout Morpheus, c'était l'impression désagréable que ça se finirait mal. Il avait un mauvais pressentiment et il avait appris à croire ses pressentiments.
Il se plaça face au miroir et se détailla.
Il était assez grand. C'était pratique pour ses transformations, les Sorciers n'avaient pas pu lui donner le pouvoir spirituel des Morphs, lui devait se contenter de faire avec sa propre matière physique. Heureusement Van Fanel n’était pas très haut et plutôt fin, alors que Folken avait été grand et plus large d’épaule. Morpheus se souvenait d'une fois où il avait tenté de prendre l'apparence de son protecteur, ç'avait été difficile : non seulement Folken avait plus de matière corporelle que lui, mais de plus, tout comme Van il avait un esprit très puissant et ça s'était soldé par un échec.
Morpheus n'avait pas insisté.
Mais cette fois… Cette fois il était allé au bout.
Il continua à s'observer. Il avait un visage régulier, de longs cheveux noirs et lisse qu’il attachait en queue de cheval. Ses yeux étaient bleu foncé, mais Morpheus n'était pas sûr que ce soit leur couleur naturelle car ils avaient tendance à devenir plus clairs.
Cette apparence était la première dont il se souvenait et donc celle à laquelle il revenait toujours, mais il savait, il était presque sûr, que ce n'était pas la sienne, que ce n'était qu'une autre de ses nombreuses transformations ; il avait gardé cette forme pendant si longtemps qu’il avait fini par la faire sienne.
Peut-être y avait-il quelqu'un sur Gaia à qui il ressemblait comme deux gouttes d'eau. Mais Morpheus était réaliste. Cette apparence datait du temps où il était encore sous la coupe des Sorciers, la personne à qui il l'avait "empruntée" était probablement morte.
N'empêche, il aurait apprécié connaître sa véritable apparence.
A quoi il avait ressemblé, d'où il venait.
Il était le seul des Damnés à n'avoir jamais su d'où il venait. Estrellya avait beau être aujourd’hui totalement androgyne, au moins elle savait qui elle était à la base.
Morpheus prit une inspiration.
Deux ans avaient passé. Deux ans pendant lesquels il s'était introduit à Fanélia sous la forme d'un garde, deux ans qu'il suivait Van Fanel, apprenait ses mimiques, essayait de le comprendre, de posséder son esprit.
De copier ce qu'il était.
Ça c'était révélé douloureux et passionnant. Surtout que la forme qu’il réussissait à prendre était une sorte de mélange entre Van Fanel et Darth Atléos. Morpheus sourit à cette pensée. Sur le coup il avait été perturbé, n'avait pas compris comment il pouvait se changer en une autre personne comme ça.
Et puis il avait réalisé assez vite qu'Atléos était de la même famille que Van Fanel. Ce dernier ne le savait pas, ça c'était clair. Par contre Atléos si. Après de rapides recherches, Morpheus avait conclu que soit Atléos était un enfant illégitime de Gho, soit il venait du côté maternel. C'était tout à fait possible, on ne savait presque rien sur la reine Varie.
Il avait longtemps hésité à communiquer cette information à Estrellya avant de décider de se taire, finalement. Atléos n'avait rien à voir dans cette histoire et il valait mieux l'en préserver…
Après bien des difficultés, il avait réussi à accumuler assez d’informations pour pouvoir tenter sa chance. Il avait réussi en grande partie, mais il avait encore eu besoin de s’entraîner. Il était parti de Fanélia un mois auparavant, juste avant l'arrivée de la Fille de la Lune des Illusions. Il regrettait un peu de ne pas l'avoir vue, mais bientôt il en aurait tout le loisir et il avait eu besoin de s'isoler pour s'entraîner.
Dans le miroir, ses traits commencèrent à se modifier lentement. Son visage s'affina, ses cheveux raccourcirent.
Il sentit sa matière corporelle se mettre à changer et bientôt, il ne resta plus de lui que les yeux. C'était le plus difficile, ce qui convoyait la puissance d'un esprit. Et les yeux de Van Fanel n'avait pas qu'une couleur : de brun chaud, ils devenaient sous la lumière des Lunes presque bleu marine, et sous l'émotion, d'un rubis presque transparent.
Morpheus se concentra, ses iris tremblaient presque. Les couleurs se mélangèrent avant de se stabiliser, et il souffla enfin.
Dans le miroir, Van Fanel le regardait avec un sourire satisfait.
"Je suis vraiment trop fort", pensa Morpheus, une lueur de fierté dans le regard.
L'apparence était maîtrisée, il ne restait plus qu'à s'assurer que le charisme l'était aussi. Il se retourna, s'ébouriffa les cheveux et sortit de sa chambre. Estrellya devait être dans son laboratoire.
– Esty ?
Morpheus entra dans le sanctuaire d'Estrellya et celle-ci se retourna avant de se figer en le fixant. L'éclair de haine qui passa dans son regard rassura Morpheus : apparemment, c'était réussi. Estrellya le dévisagea encore un instant avant de secouer la tête d'un air stupéfié.
– Jecha, Morpheus ! Si je ne savais pas que c'était toi…
– Tu m'aurais tué sur le champ, je sais ! Il va falloir que je fasse attention autour de Sora alors, il serait capable de me planter un couteau dans le dos !
Estrellya se leva et lui tourna autour.
– C'est affolant… Tu lui ressembles tant…
– J'espère bien, vu le travail que ça m'a demandé !
Morpheus reprit son apparence habituelle. Etre Van Fanel le fatiguait plus rapidement, il faudrait qu’il travaille son endurance.
– Excuse-moi pour tout ça, dit l'androgyne. Mais ça ne pouvait être que toi, sans Zongi…
– Zongi ne l'aurait pas fait, répliqua Morpheus.
Estrellya eut l’air surpris.
– Comment ça ?
– Les Morphs aspirent l'esprit de la personne qu'ils copient. Bien sûr, leur travail sera toujours plus parfait que le mien, mais quand l'esprit est trop fort, ils peuvent en mourir. Van Fanel a un esprit trop puissant, Zongi serait mort avant même de l'avoir tué !
– Je ne savais pas…
– Ce n'est pas facile, de prendre l'apparence de quelqu'un, Esty.
Estrellya hocha la tête. "Je m'en rends compte…"
Ils gardèrent un instant le silence, puis Morpheus ajouta :
– Je suis prêt, je peux partir quand tu veux.
– Le plus tôt sera le mieux, tu sais ce que tu as à faire ?
Morpheus soupira :
– Oui, oui… J'infiltre Fanélia, je kidnappe la Fille, je reviens, Kiriyo envahit Fanélia. Ça marche.
Estrellya lui sourit, puis d'un geste impulsif le serra dans ses bras.
– Merci, Phé. Bonne chance…
Morpheus connaissait bien Fanélia, maintenant. Des rues à la forêt environnante, en passant par les couloirs et le parc du château. Volant d’apparence en apparence, le cœur battant d’excitation, il avait pénétré la demeure des Fanel une nouvelle fois, sachant qu’à l’intérieur l’attendait la Fille de la Lune des Illusions, Hitomi. Il s’était entraîné à prononcer son nom, à la façon dont l’aurait fait Van Fanel, même si c’était la seule chose dont il ne pouvait pas vraiment être sûr. Avant de pouvoir devenir Van Fanel entièrement, il fallait qu’il sache, il fallait qu’il le voie en compagnie de Hitomi.
Ce ne serait pas difficile. Ils étaient ensemble, après tout, réunis après toutes ces années, et tant d’erreurs. Mais ils étaient ensemble, maintenant, ils avaient compris.
Les choses avaient bougé, depuis qu’il était venu. A Darth Atléos et Allen Schézar s’était ajouté un autre satellite de Van Fanel, Daryan Sailen. Ça ne changeait rien pour lui, mais c’était un amusement de plus.
Il se demanda comment Van Fanel réagirait s’il savait que l’élève de son général était attiré par sa fille-chat, sa « petite sœur ».
Merle.
Aimée, la dernière survivant de sa famille, du moins à sa connaissance
Merle était importante pour Van Fanel aussi, très importante. Morpheus avait beau ne s’intéresser qu’à Hitomi, il ne devait pas oublier les autres, ceux qui faisaient aussi de Van Fanel ce qu’il était. Il fallait qu’il se méfie de la fille-chat, elle avait l’odorat développé, elle pouvait le démasquer s’il n’était pas prudent.
– Van !
Ce fut le premier mot qu’il entendit Hitomi prononcer. Van. Crié, appelé dans un rire, et puis elle surgit le long d’un couloir et Morpheus retint son souffle. Elle était différente de son souvenir. Elle était bien plus belle. Il eut envie de lui parler, d’aller la voir, mais Van Fanel arriva alors, et Morpheus se rendit compte qu’il n’existait plus.
C’était une étrange sensation, désagréable, vexante.
Blessante.
Mais Van Fanel et Hitomi étaient l’un à côté de l’autre et rien ne semblait exister au-delà d’eux. Morpheus se mordit les lèvres, se fondit dans une ombre. C’était une aura qui les enveloppait eux et rien qu’eux, c’était la façon dont ils se regardaient, la façon dont ils évitaient de se toucher. Ils n’étaient conscients que de la présence de l’autre, il n’y avait que l’autre qui avait d’importance, mais ils essayaient de le cacher.
Ça mit Morpheus en colère.
La même colère qu’il avait ressentie quand Van Fanel avait trahi Hitomi pour la sœur de Schézar. Et même s’il essayait de comprendre sa douleur, s’il avait souffert avec lui, il ne pouvait pas accepter cette nouvelle trahison.
Pourquoi ? Pourquoi faisaient-ils ça ? Pourquoi se faisaient-ils souffrir ? Est-ce qu’ils ne voyaient pas à quel point c’était se moquer de ceux qui les enviaient ?
– C’est là que tu te cachais ? Merle, Daryan et moi sortons en ville, tu viens ?
Il y eut de l’hésitation de la part de Van Fanel.
– Je t’interdis de refuser, de toute façon, affirma Hitomi. Tu as besoin de prendre l’air. Ni Bazhram, ni Vidarus ne vont entrer en guerre si tu t’absentes une après-midi du palais !
– Ils le feraient pour m’embêter, marmonna Van Fanel.
– Et de toute façon tu ne le sauras pas avant au moins demain ou après-demain. Viens !
Elle s’empara soudain de son bras, impulsivement, comme par réflexe, et ils se figèrent presque, mais Van Fanel suivit. Elle le lâcha vite, l’air de rien.
Ils faisaient semblant.
Morpheus les observa, des jours et des jours durant. Et ils ne se touchaient pas. Leurs gestes étaient calculés. Ils se parlaient des yeux mais dansaient l’un autour de l’autre, sursautaient lorsqu’ils se tendaient l’un vers l’autre, se surveillaient.
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Morpheus ne voulait pas devoir s’éloigner de Hitomi. Il les suivit toute la journée, jusqu’à ce que la porte de la bibliothèque se referme devant lui. Il hésita, mais bientôt la musique s’éleva et il s’assit par terre, au pied de la porte, cédant à l’appel étrange. Ce n’était pas la première fois, mais il cédait toujours. La musique de Van Fanel était… particulière. Morpheus ferma les yeux, laissa les notes le bercer. Quelle que soit la mélodie, elle le prenait au ventre, réveillait en lui quelque chose… Il ne savait pas quoi, il n’était pas sûr, mais…
Un soir, caché dans l’ombre de sa chambre, il regarda Van Fanel se poser sur le balcon, ses ailes brillant dans la nuit. Hitomi fit semblant de ne pas savoir qu’il était là, mais elle n’éteignit la bougie qu’à cet instant.
Van Fanel resta longtemps sur le balcon, puis de nouveau sembla vouloir s’envoler. Hitomi se redressa alors avec un petit cri de peur, non, de terreur, et Morpheus eut le mouvement de se précipiter vers elle, savoir ce qui n’allait pas. Mais Van Fanel était déjà là.
– Hitomi ! Hitomi ! Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle s’accrocha à lui, et Morpheus se sentit soulagé, encouragea Van Fanel intérieurement. Elle ne répondit pas tout de suite. Elle tremblait. Une main hésitante se posa sur sa tête, Morpheus sentait presque ses cheveux sous sa propre main.
– Cauchemar, souffla-t-elle.
– Une vision ?
– Je ne sais pas… Je ne crois pas…
Elle se redressa et regarda autour d’elle. Morpheus se terra dans les ombres, souhaitant qu’elle le voie, souhaitant qu’elle ne le voie pas.
– Hitomi ?
Van Fanel prononçait son nom de façon bizarre. Morpheus répéta silencieusement, puis fit la moue. Il y avait de l’incertitude dans sa façon de l’appeler. Encore, encore de l’incertitude. Pourquoi Van Fanel ne prenait-il pas simplement ce qui lui était dû ?
– C’est rien, Van…
Il y avait de l’amertume, dans son nom à lui. Peut-être un peu d’incertitude, aussi.
– Je crois que c’était simplement un cauchemar.
Elle regardait dans sa direction. Morpheus en était sûr. Est-ce qu’elle le voyait ? Est-ce qu’il existait ?
– Est-ce… est-ce que tu veux que je reste avec toi en attendant ?
De nouveau, son regard n’était que sur Van Fanel. De nouveau il n’y avait plus que lui qui existait.
– Je… veux bien, répondit-elle.
Van Fanel s’assit au pied du lit. Ils parlèrent, à voix basse, d’elle et de lui, séparément. Comme s’ils pouvaient vivre séparément. Ils parlèrent de son monde à elle et Morpheus avait mal, mal en même temps que Van Fanel, parce qu’il ne connaissait pas ces gens dont elle parlait, parce que ces gens ne devraient pas compter. Il ne devait y avoir qu’eux qui comptaient. Morpheus avait toujours cru que Van Fanel était aimé sans condition. Mais ce n’était pas vrai. Ce n’était pas vrai !
Et c’était normal, puisqu’il ne l’aimait pas sans condition non plus…
Morpheus fronça les sourcils. Lui, il l’aimerait sans condition. Il n’y avait pas de doute, il ferait un Van Fanel bien meilleur que le vrai.
Van Fanel s’endormit le premier, au pied du lit, la tête contre le matelas. Elle se leva, déposa une couverture autour de lui, avant de se recoucher. Lorsqu’elle s’endormit, Morpheus sortit en silence de la chambre, songeur.
Oui. Il ferait un bien meilleur Van Fanel.
-
Allen Schézar partit le lendemain, avec son élève amoureux, pour un pays ou un autre, Morpheus ne savait pas et s’en fichait. Il voulait parler à Hitomi.
Il était temps de prendre la place de Van Fanel. Il viendrait chercher Hitomi et il l’emmènerait ailleurs, loin, pas près d’Estrellya, parce qu’alors elle connaîtrait la vérité. De toute façon, Estrellya n’avait pas besoin de Hitomi pour accomplir sa vengeance.
Morpheus avait tout planifié, d’abord il attendrait qu’elle soit seule et puis il irait la rejoindre. Il lui dirait qu’il l’aimait, et lui prendrait la main, et ils partiraient loin, parce qu’il l’aimait sans condition et Fanélia ne comptait pas, rien ne comptait, sauf Hitomi. C’était comme ça que ça aurait dû être, si Van Fanel avait été un meilleur Van Fanel.
Morpheus suivit Hitomi lorsqu’elle quitta les autres pour se promener dans le parc. Il attendit avec patience le bon moment, le cœur battant.
Elle arriva au Mausolée.
– Bonjour, Folken, dit-elle.
Morpheus tressaillit, surpris. Folken ? C’était là que Folken était enterré ? Il avait souvent vu Van Fanel venir ici, mais il croyait qu’il n’y avait que ses parents et ses ancêtres qui y étaient enfouis… Folken n’avait-il pas été rejeté par Fanélia ?
Morpheus hésita. Avait-il le droit de prendre l’apparence du petit frère que son protecteur avait tant aimé ? Etait-ce trahir ce que Folken lui avait enseigné, de vouloir être quelqu’un d’autre ? Son sentiment de culpabilité le dérangeait un peu. Il aurait peut-être dû refuser, tenter de retenir Estrellya un peu mieux…
– Je ne sais pas quoi faire, Folken, dit Hitomi. Je ne sais pas où j’en suis. Je sais juste que je ne veux pas le quitter. Plus le quitter. Mais à quel point est-ce que ce sont mes sentiments à moi ?
Elle se tut, inspira.
– Je voudrais que les choses soient plus simples.
Morpheus se reprit. Hitomi était malheureuse. Il fallait la rendre heureuse parce que c’était le rôle de Van Fanel, et qu’il ne le faisait pas. Folken était mort, Folken les avait abandonnés. Il n’avait plus de droits sur le comportement de Morpheus.
Il ferma les yeux, sentit son corps se modifier. Il le fit avec soin, beaucoup plus de soin encore qu’il n’en avait apporté lors de ses précédentes métamorphoses. C’était important. Lorsqu’il fut enfin prêt, il prit le temps de la regarder, encore une fois. Elle l’aimerait. Elle l’aimerait parce qu’il était Van Fanel, désormais.
Il sortit de sa cachette, marcha vers elle.
– Hitomi, appela-t-il, mettant dans sa voix un peu d’incertitude, mais de l’espoir aussi, et de l’amour.
Elle se retourna et le regarda, et il voulut sourire, mais n’y arriva pas.
Elle ne souriait pas, elle. Il y avait de la confusion dans ses yeux, de la confusion, et puis, petit à petit de la peur s’installa. Il ralentit, cette fois vraiment incertain.
– Hitomi ?
Elle se leva lentement, recula vers le Mausolée, elle le fixait avec cette peur dans le regard qui le dérangeait. Puis elle ouvrit la bouche.
– Qui êtes-vous ? demanda-t-elle.
Le monde de Morpheus changea.
Transition : fin.
(à suivre)